Eawyn s'extirpa de son tonneau hérissé de flèches et gagna le rivage. Ils avaient semé les orques grâce au courant, mais il ne faudrait pas longtemps pour qu'ils soient rattrapés. Elle essora ses cheveux imbibés d'eau et vida ses bottes de toute l'eau contenu. Elle se sentait alourdie. Elle grimaça en constatant qu'il ne lui restait aucune arme, même la petite lame qui l'avait suivie dans sa geôle était restée coincée dans la gorge d'un ennemi. Et ce n'était pas avec les deux haches et l'épée récupérés sur les cadavres qu'ils iraient loin.

— Debout !

— Kili est blessé, il lui faut un bandage.

— Les orques nous talonnent, on se met en route, ordonna Thorin.

— En route pour ou, soupira Balin, las.

— Pour la montagne, nous sommes tout près.

— Il y a un lac entre nous et cette montagne, nous n'avons rien pour le traverser.

— Alors contournons le, resta optimiste Bilbon.

— Les orques nous rattraperont et nous n'avons pas d'armes.

Les nains approuvèrent.

— Il faudrait trouver un moyen de gagner Lacville et y trouver des armes, ainsi qu'un médecin pour Kili, approuva Eawyn.

— Je vais bien, grogna le prince.

Eawyn coula sur lui un regard lui intimant de se taire.

— Les flèches de orques ne sont rarement que des flèches.

Les deux princes blanchirent. Eawyn avait déjà entendu parler des poisons des forces du mal et elle avait espéré ne jamais voir si les rumeurs étaient fondées.

— Bandez sa jambe, vite, je vous donne deux minutes.

Le silence s'abattit soudainement, la sensation d'être observé les forçant à se préparer au combat. Dwalin fut le plus rapide et s'interposa entre l'archer qui les menaçait et Ori. Une flèche transperça son arme de fortune. Une autre désarma Kili.

— Refaites ça et vous êtes morts.

La guerrière comprit bien vite qu'il s'agissait d'un homme de Lacville et qu'ils tenaient là une chance de s'en sortir. Néanmoins, la première impression ne laissait présager rien de bon. Heureusement, Balin le remarqua également et il était sans doute le nain le plus diplomate présent.

— Excusez-moi, vous êtes de Lacville, si je ne me trompe pas ? Le bateau que vous avez là, il ne serait pas à louer, tenta-t-il.

L'archer se détendit et arrêta de les menacer. La tension se dissipa légèrement. L'homme se détourna d'eux et emporta un des tonneaux jusqu'à son bateau qu'il commença à charger en vue de son départ. Voulant entrer dans ses bonnes grâces, Eawyn se saisit du tonneau à côté d'elle. Elle fut bien vite imitée par Bilbon puis les nains sur ordre de Thorin.

— Ma Dame, ce n'est pas à vous de faire cette tâche !

L'homme lui retira sa charge et la transporta lui-même jusqu'au quai. Elle lui offrit un sourire charmeur. Elle était loin d'être à son avantage après une telle fuite, mais il restait un homme et ils avaient vraiment besoin de ce bateau. Elle ignora le regard pesant qui brûlait son dos, regard qu'elle savait appartenir à Fili.

Une fois tous les tonneaux chargés, les nains se rassemblèrent autour de l'homme pour attendre sa décision. Balin décida qu'il était judicieux de continuer de négocier.

— Ces bottes ne sont pas de premières jeunesses et ce manteau non plus, improvisa-t-il. Aah et vous avez sans doute des bouches affamées à nourrir, combien de loupiots ?

— Un garçon et deux filles, répondit machinalement le batelier.

— Et votre femme, une beauté, conmtinua sur sa lancé Balin.

Eawyn retint une grimace en voyant le dos du batelier se crispé, son regard se perdre au loin.

— C'était une beauté, oui…

— Je suis navré, s'excusa aussitôt Balin. Je ne voulais pas…

— Oooh ça va, ça va, perdit patience Dwalin. Ces politesses.

Evidemment, la diplomatie n'était l'affaire que d'un seul nain, les autres n'en avaient que faire.

— Qu'est-ce qui vous presse, se méfia le brun.

— Ça ne vous regarde pas !

— J'aimerais savoir qui vous êtes et ce que vous faites sur ces terres.

— Nous sommes de simples marchands, nous venons des montagnes bleues et nous allons voir des parents dans les monts de fer.

— De simples marchands dites-vous ?

L'homme semblait clairement amusé par les mensonges de Balin. Ils allaient jamais réussir à la convaincre.

— Nous avons besoin de vives, des outils, d'armes, s'invita Thorin ruinant le peu de crédibilité qu'il restait à l'histoire de Balin. Pouvez-vous nous aider ?

— Je sais d'où viennent ces tonneaux.

— Oui et alors ?

— J'ignore quelles affaires vous faisiez avec les elfes, mais ça c'est mal fini.

Tous se dévisagèrent en silence.

— Personne n'entre dans Lacville sans l'accord du maître, sa fortune provient du commerce avec le royaume des forêts. Il vous mettra aux fers plutôt que de risquer la colère du Roi Thranduill.

Evidemment, les Elfes comme les Hommes dans un lieu si reculé n'avaient guère d'autres possibilités pour commercer. Thorin fit signe de donner plus. Ils n'avaient pas le choix.

—Il doit y avoir moyen d'entrer dans la ville sans être vu, insita Balin.

— Oui, mais pour cela il vous faut un contrebandier.

— Pour lequel nous paierons le double.

Il réussit enfin à retenir l'attention du batelier. Eawyn imaginait très bien que la ville était extrêmement pauvre et qu'y nourrir trois enfants relevait d'un défi quotidien. Ce paiement lui assurait quelques semaines de tranquillité.

— Très bien.

Il leur fit signe de monter ce que la compagnie s'empressa de faire. Bien vite le bateau quitta le quai et s'enfonça dans la brume. Eawyn en profita pour s'éloigner de ses compagnons de voyage, elle s'installa auprès du batelier.

— Merci de nous avoir acceptés à bord, Maître Batelier.

— Bard, la reprit-il.

Elle hocha la tête, il était vrai qu'ils ne s'étaient même pas présentés.

— Eawyn du Rohan, se présenta-t-elle.

— Que fait une Dame au milieu de ces rustres ?

La guerrière eut un sourire amusé qui illumina son visage fatigué.

— Je me le demande chaque jour. Je ne pensais pas que partir nouer des liens commerciaux avec les nains de Monts de Fer serait une telle aventure, reprit-elle l'histoire de Balin.

Bard ricana.

— Pouvons-nous passer un accord, Dame Eawyn ?

— Dites-moi ?

— Je préfère que vous disiez que vous ne souhaitez pas répondre plutôt que de reprendre les mensonges de ces nains.

— Faisons ainsi, approuva-t-elle.

Ils s'accordèrent à échanger des banalités, se racontant des épisodes sans importance de leur vie respective, Eawyn en profitant pour glaner des informations sur Lacville et ses environs. Cela pourrait leur servir une fois sur place. Elle admira la dextérité dont faisait preuve Bard en slalomant entre les ruines qui jonchaient le lac. Elle le félicita de les avoir sortis de là. Ils n'auraient jamais pu se repérer seul sur ce lac.

Fili oscillait entre l'inquiétude pour son frère et la colère qui le rongeait de voir ce maudit Batelier sympathiser avec son amante. Un gémissement de douleur ramena son attention vers son frère. Plus le temps passait, plus Kili s'affaiblissait. Il refusait d'y penser, mais il savait que la guerrière avait raison et qu'un poison s'attaquait à lui. Il savait également qu'aucun médecin des Hommes, surtout pas dans cette sinistre ville, serait capable de le soigner. Bien sûr, il n'abandonnerait jamais, mais la réalité était là.

— Tu sais qu'on a besoin de lui vivant, plaisanta son frère malgré la douleur.

Fili haussa un sourcil.

— Le batelier.

— Garde tes forces au lieu de dire des âneries !

Kili sourit.

— Je suis content que tu l'ais rencontrée en tout cas, quoi qu'en dise les autres, insista le brun. Entre vous deux, c'est… Ça se voit.

— Repose-toi maintenant.

Fili força le brun à reposer sa tête contre son épaule pour qu'il dorme un peu. Il tenait son poignet entre ses doigts pour se rassurer et ses yeux restaient fixés sur le batelier. Tout irait bien, il pouvait avoir confiance.

— Il m'énerve cet homme du lac. grogna Dwalin. On pourrait s'en débarrasser en le jetant par-dessus bord.

— Bard, il s'appelle Bard, s'exaspéra Bilbon.

— Comment le savez-vous, s'étonna Bofur.

— Euuuh je lui ai demandé ?!

— Peu importe son nom, je ne l'aime pas.

— Nous ne sommes pas obligés de l'aimer, seulement de le payer, tempéra Balin. Dame Eawyn pouvez-vous me remettre votre part ?

La guerrière s'empressa de rejoindre le nain et de lui remettre l'entièreté de sa bourse. Elle espérait qu'il restait de l'or dans Erebor pour renflouer ses poches.

— Il y a un petit problème, il nous manque dix pièces…

— Gloin, rappela à l'ordre un Thorin à l'air amusé.

Comme un seul homme, les nains se redressèrent et fixèrent l'horizon. La guerrière se retourna, cherchant du regard ce qui avait bien pu rendre les nains si silencieux. A travers la brume et les nuages se dressait le fameux pic solitaire. Elle le repéra bien vite, elle comprit l'importance de l'instant, ils n'étaient plus si loin.

— L'argent, vite, donnez-le moi, les pressa Bard.

— Nous vous paierons quand nous aurons nos provisions pas avant.

— Si vous tenez à votre liberté, faites ce que je dis. Il y a des gardes.

— Ils vont nous repérer !

— Cachez-vous dans les tonneaux et restez calme, ordonna-t-il de nouveau.

Tous finirent par s'exécuter non sans râler.

— Pas vous Dame Eawyn, je ne vous ferai pas cet affront, la retint-il par le poignet alors qu'elle allait prendre place dans un des tonneaux.

Fili se renfrogna.

— Cela ne va-t-il pas vous attirer des ennuis ?

— Ne vous inquiétez pas.

Elle se contenta d'acquiescer faisant confiance à Bard pour la protéger de quelconque problème.

— Qu'est-ce qu'il fait, questionna Dwalin à peine deux minutes plus tard.

— Il parle à quelqu'un, lui répondit Bilbon. Il nous montre du doigt. Ils se serrent la main.

— Maître Sacquet, cessez de leur donner des raisons de douter, le réprimanda Eawyn. Taisez-vous tous maintenant.

Des centaines de poissons leur tombèrent dessus avant qu'ils ne puissent s'offusquer de ses paroles. Elle fut bien contente de ne pas avoir eu à subir ce traitement. Ils allaient traîner cette horrible odeur pendant des semaines.

— Nous pouvons reprendre notre route, annonça-t-il

— Que leur avez-vous dit pour acheter ma présence, se renseigna la rohirrim.

— Que vous étiez une mercenaire en quête de travail qui a été attaqué par des bandits. La vérité en somme, sourit-il.

— Comment ?

— Je ne suis pas un idiot, Ma Dame.

Ils échangèrent un sourire entendu.

— Halte ! contrôle de marchandise.

— Quelque chose à déclarer ?

— Rien, hormis que je suis fatigué, gelé et pressé de rentrer. Ah et il faudrait un laisser passer pour cette Dame, elle veut chercher du travail en ville. Elle a été attaquée en chemin et dépouillée de tout, les autres sont morts.

Il avait légèrement changé l'histoire pour faciliter son entrée dans la ville, Eawyn essaya de prendre un air apeuré et fragile.

— Et voilà, tout est en ordre.

Le soulagement fut de courte durée quand un autre homme arriva.

— Chargement de tonneaux vides venant du royaume des forêts, seulement ils ne sont pas vides. Si je me souviens bien tu es enregistré en tant que batelier non comme pêcheur.

— Allons Alfried, un peu de coeur, il faut que les gens mangent.

— Ces poissons sont illégaux, videz les tonneaux. Eeet veuillez raccompagner cette per-sonne au rivage, nous n'avons pas besoin d'autres mendiants.

— Je vous demande pardon, s'offusqua Eawyn.

— Vous m'avez très bien comprise.

Un sourire cynique étira les lèvres de la guerrière.

— Vous avez raison, raccompagnez-moi au rivage Maître Batelier. Je me ferai une joie de raconter à sa majesté le Roi Thranduill avec quel genre de personnes il commerce, lui qui m'avait garanti que je pourrais reconstruire ma vie ici après que les siens m'aient secouru. Il jugera sans doute ne plus avoir besoin de faire l'aumône à un tel peuple.

Eawyn pria pour que son bluff fonctionne.

— Quand les gens mourront de faim, que le peuple sera aux aboies…

— Ce n'est pas mon problème.

— Et quand les émeutes débuteront, ça sera votre problème ?

— Arrêtez.

— Toujours à défendre le peuple, hein Bard. Il ne jure que par toi, mais un jour ça changera.

— Levez la herse !

Un soupir de soulagement franchit les lèvres de la guerrière.

— Merci de votre intervention, Dame Eawyn. Il fallait évidemment que cette vermine sorte de sa tanière aujourd'hui…

Le regard de la rohirrim se perdit sur les habitations délabrées, les rues sales, les habitants en haillons… La ville était en piteux état. Elle ne tiendrait plus très longtemps avant de s'effondrer sur elle-même et disparaître. Elle plaignait Bard et sa famille de vivre dans un lieu aussi sinistre.

— Dépêchons !

Il commença à renverser les tonneaux. Bien vite tous les nains furent libres.

— Tu n'as rien vu, ils n'ont jamais été là, Bard acheta le silence. Je te fais cadeau du poisson.

Bard partit à grands enjambés à travers les rues. Il fallait se hâter et surtout ne pas se faire repérer. Plus ils progressaient, plus la pauvreté se faisait visible. Évidemment, une troupe de nains et un hobbit ne pouvait pas passer inaperçu au milieu des Hommes. Bien vite les gardes les rattrapèrent. Eawyn resta sagement auprès de Bard, prenant un air aussi choqué que les autres villageois alors que les nains se débarrassaient rapidement de tous les gardes à l'aide de tout ce qui leur tombait sous la main. Ils dissimulèrent rapidement les corps. Les passants reprirent leur activité l'air de rien.

— Que plus personne ne bouge !

— Je m'en charge, chuchota Bard à l'oreille de la Dame.

Il alla à la rencontre du nouveau venu.

— Qu'est-ce que vous manigancez ?

— Moi ? je ne manigance rien.

Un bruit attira l'attention du garde. Bard se saisit rapidement d'un vêtement sur la table alors que la rohirrim se dissimulait au mieux.

— Regarde, ça irait bien à ta femme.

— Tu connais ma femme, questionna l'autre.

— Aussi bien que tous les hommes de cette ville.

L'autre arracha le vêtement des mains du batelier avant de partir, énervé. Eawyn soupira, cette journée n'en terminait pas, gagner la sécurité de la demeure de Bard. A peine sorti d'un problème qu'un autre surgissait. Bain, le fils de Bard arriva justement à cet instant pour les prévenir de nouveaux ennuis. Le batelier avait agacé trop de gens.

Eawyn sourit, attendri, quand les enfants enlacèrent leur père. Elle espérait sincèrement qu'ils n'allaient pas leur attirer d'ennui. Ils avaient déjà perdu leur mère.

— Papa ? Pourquoi y a-t-il des nains qui sortent de nos toilettes et qui est cette femme ?

— Ils vont nous porter chance ?

La rohirrims jeta un regard moqueur aux nains.

— Vous empestez, Maîtres Nains, se moqua-t-elle.

— Un mot de plus et je t'enlace jusqu'à ce que l'odeur s'imprègne, la menaça Fili à son oreille.

Bard revint avec des vêtements pour tout le monde. Eawyn en récupéra qu'elle devina appartenir à la défunte femme du batelier. Elle s'installa sur une chaise dans un coin, attendant que Thorin ne décide de la suite. Il fallait qu'ils trouvent un moyen de rejoindre l'autre rivage. Il leur fallait donc des armes et un autre bateau. Le terme de leur aventure arrivait.

— Qu'est ce que ça !

La voix de Thorin attira l'attention de Bilbon et Eawyn.

— Nous avons payé pour des armes, s'impatienta Gloin. Des armes forgées.

— Vous ne trouverez pas mieux si ce n'est dans l'armurerie de la ville.

Bilbon grimaça, la rohirrim soupira, Bard n'aurait pas dû dire ça.

— Thorin, prenons ce que l'on nous donne et partons, suggéra Balin.

— Oui faisons cela, approuva Eawyn. Nous avons suffisamment mis cette famille en danger.

— Bien partons !

— Vous n'allez nulle part.

— Pardons ?

— Des espions surveillent la maison et probablement toutes les rues et quais de la ville, il vous faut attendre la nuit.

A peine le jour déclina que déjà la compagnie partait à l'assaut de l'armurerie. Eawyn remercia les enfants de Bard et leur donna la seconde bourse qu'elle gardait sur elle. Elle espérait qu'ils pourraient s'offrir quelques repas et un ou deux vêtements.

Il ne leur fallut pas bien longtemps pour trouver l'armurerie et un moyen d'y entrer. Eawyn resta à l'extérieur pour réceptionner les armes avec une moitié de la compagnie. Ils allaient pouvoir reprendre leur voyage plus sereinement.

Le bruit soudain provenant de l'intérieur lui tira un tressaillement. Ils étaient repérés. Ils n'eurent pas le temps de s'enfuir que deux lances leur barraient la route. Les gardes étaient vifs. Et ils n'avaient toujours pas d'armes.

Ils furent traînés jusqu'à la demeure du maître. Ils auraient bien peu de chance de s'en sortir libre. Eawyn rabattit la capuche de sa veste sur sa tête. Le bras droit du Maître l'avait vu avec Bard.

— Aah ennemis de l'État !

— Une bande de mercenaires !

— Taisez-vous donc, vous ne savez pas de qui vous parlez. Ce n'est pas un vulgaire criminel, il s'agit de Thorin, fils de Thrain, fils de Thror !

— Nous sommes les nains d'Erebor. Nous sommes là pour reprendre notre terre.

Elle écouta à peine le discours de Thorin songeant à quel point ils allaient mettre ces gens en danger. Le feu du dragon… Bard avait sans doute raison. Sans compter la malédiction des lieux.

— Moi. Moi, je réponds de lui. J'ai fait un très long voyage pour venir jusqu'ici et si Thorin dit quelque chose, il tiendra sa promesse.

Un sourire flotta sur les visages de certains, d'autres se tournèrent vers elle pour qu'elle en fasse de même. Ce qu'elle se garda bien de faire, elle ne mettrait pas son honneur en jeu quand il fallait justifier de nains et d'or. Bilbon était bien naïf.

— Vous n'avez pas le droit d'entrer dans cette montagne.

— Tout m'en donne le droit.

Alors que la compagnie rejoignait la demeure du Maître, Eawyn serra brièvement le bras du batelier s'excusant à voix basse du chaos qu'ils allaient déclencher.