Il s'allonge sur le lit et prend son amour dans ses bras. Leur respiration se calme peu à peu et Sanji laisse échapper un petit gémissement.

"Putain, j'ai l'impression de ne plus pouvoir marcher un jour." Dit-il en enfouissant son visage dans l'oreiller pour éviter que les rayons du soleil n'attaquent son visage. L'épéiste ricane en caressant le corps contre lui.

"Dois-je le prendre comme un compliment ?" Dit-il avec amusement en se redressant pour poser sa tête sur son poing et observer le blond grincheux.

"Tu aimerais bien, tête de varech."

"Eh bien, ce n'est plus 'Zoro !~' maintenant ? Tu semblais bien aimer mon nom pourtant." Le blond rougit en enfonçant davantage son visage dans le coussin.

"Tais-toi !" L'assassin éclate de rire en se levant du lit et se positionne devant le blond boudeur avec un grand sourire. Perplexe, le cuisinier hausse un sourcil.

"Quoi ?"

Sans un mot, le vert le prend dans ses bras en mode princesse et sort de la chambre.

"HA ! Qu'est-ce que tu fais ?! Poses-moi tout de suite !" Crie le kidnappé en devenant rouge tomate.

"Tu dois te laver après tout ce qu'on a fait. Et je suis sûr que tu ne peux pas faire un seul pas. Alors ne bouge pas." Dit-il joyeusement en ouvrant une à une les portes de l'étage jusqu'à ce qu'il trouve la salle de bain avec une baignoire.

Il dépose délicatement le cuisinier qui a décidé de rester silencieux, croisant les bras et gonflant ses joues comme un enfant.

"Je peux très bien marcher, espèce d'épéiste de merde." Marmonne-t-il, arrachant un nouveau sourire à la tête d'algue.

"Mais oui, j'en suis sur, mon cœur." Déclare-t-il en faisant couler l'eau jusqu'à ce qu'elle soit juste à la bonne température. Sans se plaindre et profitant de la situation, Sanji se laisse laver par les soins du Marimo, qui est bien plus doux que l'idée que l'on s'en faisait en voyant la montagne de muscles et les cicatrices sur l'ensemble de son corps.

Une fois propre, il est enveloppé dans une serviette et placé sur les toilettes pendant que Zoro se douche à son tour. La vue des grandes griffures sur le dos musclé de l'épéiste donne au blond un petit sentiment de fierté, car il est le seul homme sur terre à avoir touché cette zone du célèbre Roi des Enfers. Puis ils retournent dans la chambre, encore une fois, en mode princesse. Il doit admettre qu'il pourrait s'y habituer.

Ils s'habillent en silence, se demandant ce qu'ils vont faire ensuite. Car la mort est toujours à la porte.

"Marimo, je..."

"J'ai un plan pour m'occuper d'eux, ne t'inquiète pas." Sa voix est lisse, et Sanji a l'impression d'être à nouveau face à l'homme insensible qu'il a toujours connu.

"C'est quoi ton idée géniale ? Parce que je te rappelle qu'ils ne sont pas sans défense. S'ils viennent sans garde du corps, c'est que nous avons beaucoup de chance. Sans te rappeler que s'ils arrivent maintenant, je ne serai pas très utile."

"Ne t'inquiète pas, tu n'as pas à lever le petit doigt. Je vais m'occuper d'eux et les surprendre un par un." Le visage du blond se ferme.

" Tu as l'intention de les tuer, n'est-ce pas ?" Le regard que lui lance l'assassin professionnel donne l'impression qu'il est surpris.

"Bien sûr que oui. Ils veulent te tuer, et je n'ai pas l'intention de leur donner l'occasion de te faire du mal." Il s'approche du blond et l'embrasse. "Maintenant que je t'ai, je n'ai pas l'intention de me séparer de toi. Qu'ils viennent, je les attends." Sanji rougit devant la possessivité du vert, mais fronce les sourcils en réfléchissant à quelque chose.

"Moi aussi... Je ne veux pas te quitter maintenant, mais... rester seul n'est pas la bonne solution, c'est bien trop dangereux." Zoro ouvre la bouche pour ajouter quelque chose, mais il est coupé par la main du blond." C'est pourquoi je vais appeler des personnes que je connais et qui pourront nous aider." L'épéiste devient perplexe.

" Si c'est le cas, pourquoi ne les as-tu pas appelés pour qu'ils t'aident à me combattre ?" Ses yeux bleus se détournent et il prend un air coupable.

"Eh bien... Je... Je n'avais pas vraiment de raison de vivre. Je ne voulais impliquer personne, et je ne voulais certainement pas être responsable de la mort d'une des rares personnes que je pouvais appeler un ami. Mais..." Sanji regarde le visage de l'homme que son cœur aime. "Maintenant, je ne veux plus mourir. Je veux être avec toi, continuer à être avec la bande, supporter les cris de Luffy, les mensonges d'Usopp, les réprimandes de Nami, les histoires de Robin, la mignonnerie de Chopper, la musique de Brook et les inventions de Franky." Il s'avance pour se placer juste en face de l'épéiste. "Mais surtout, les disputes que j'ai avec toi, les bagarres que j'ai avec toi, les problèmes que tu causes toujours, le fait que je doive toujours aller en ville pour te trouver, ton habitude de boire comme un trou, ta façon d'être gentil avec les enfants, la force que tu dégages pour protéger tes amis, la dévotion que tu as pour tes rêves et cette habitude de toujours tenir tes promesses." Ils se regardent dans les yeux, voyant l'âme de l'autre. "Je veux être avec toi parce que tu es la personne qui me pousse à être meilleur chaque jour, à toujours garder un œil sur moi et à me faire chier des que quelque chose ne va pas pour me distraire de ma mélancolie." Il embrasse les lèvres devant lui. "Tu es devenue ma raison de continuer aujourd'hui. Alors prends tes responsabilités."

Zoro l'écoute sans chercher à l'arrêter, et sent son cœur se gonfler de plus en plus à chaque mot du blond. D'un geste doux, il prend les mains pâles et les porte à ses lèvres.

"Je prendrai toutes les responsabilités du monde, si cela signifie rester avec toi. Je te protégerai des menaces pour que tu restes libre. Je t'encouragerai dans tes nouveaux projets, et supporterai tes sautes d'humeur." Dit-il d'un ton taquin, ce qui lui vaut une tape sur l'épaule avant de reprendre les mains de Sanji dans les siennes. "Tu es la lumière qui m'empêche de sombrer dans l'obscurité. Ton sourire est le meilleur remède que je connaisse pour retrouver ma bonne humeur. Tu es peut-être un coureur de jupons, mais nous savons tous que tu ne ferais jamais de mal à une femme. Ta cuisine est la meilleure que j'aie jamais mangé, alors..." Il pose sa main sur sa joue inondée de larmes. "Est-ce que tu partagerais ta vie avec un crétin comme moi ?"

Sanji est en train de pleurer toutes les larmes de son corps et d'un bond, il entoure les épaules larges et rassurantes de l'homme de sa vie.

"Bien sûr, espèce d'idiot ! Je veux être avec toi, vivre avec toi et vieillir avec toi !" Il pleure de bonheur et Zoro sourit comme il n'a jamais souri de sa vie. Il le fait tourner dans la pièce et l'embrasse passionnément.

Mais le bonheur est de courte durée car 3 voitures noires s'arrêtent devant la maison. D'un mouvement brusque, Sanji se précipite à la fenêtre qui était encore ouverte et regarde les portes s'ouvrir sur des hommes armés, ses frères et son père.

"Merde, ils sont déjà là." Son visage pâlit drastiquement et il regarde Zoro avec angoisse. "Qu'est-ce qu'on fait ?" Zoro attache ses épées à sa ceinture et remet ses bandeaux pour cacher son visage.

"Tu restes ici pendant que je m'en occupe."

"Mais-"

"Non, tu ne peux pas te battre, tu es leur cible. Alors reste tranquille. Je promets de revenir vivant. C'est une promesse." Il pose son front sur celui du blond. "Tu me fais confiance ?" Sanji le regarde avec appréhension, mais finit par se détendre.

"Je te fais confiance." Zoro embrasse son front avant de se diriger vers la porte de la chambre.

En bas, on sonne et les frères hurlent d'ouvrir.

Avec un dernier regard, Zoro ferme la porte sur un Sanji mort de trouille. Mais le prince ne va pas rester là à ne rien faire. Une fois la porte fermé, il attrape son téléphone et appelle les personnes qui peuvent les sortir de là.

"Allo ? C'est Sanji, j'ai besoin que tu amènes le plus de gars armés chez moi. Il est temps que je brise mes chaînes."


Zoro ferme silencieusement la porte de la chambre. Devant lui, le long couloir mène à un escalier en colimaçon. Rester dans le couloir lui donne un avantage en 1 contre 1, mais il est plus facile à toucher avec une arme à feu. S'il n'y a pas de nouveau renfort, il doit faire face aux trois princes, à la princesse, au roi de la pègre et entre 6 et 10 gardes selon qu'ils étaient 4 ou 5 par voiture. Soit un maximum de 15 personnes... Ça pourrait être pire.

À l'entrée, on martèle violemment la porte.

" Ouvre, le déchet ! A moins d'être un cadavre ! ?" L'épéiste grogne à ces mots en serrant d'avantage la poignet de Wado. Il se dirige vers l'escalier et ouvre la première porte de l'étage pour s'y engouffrer. L'effet de surprise est essentiel dans cette situation, de plus on peut pousser les ennemis dans les escaliers pour gagner du temps.

"Tu es manifestement mort ! Ou alors tu te caches comme un minable ! Allez, vous autres ! Défoncez cette porte !" La porte sort de ses gonds et le rez-de-chaussée est envahi par les gardes, puis par le reste de la famille Vinsmoke, sauf la sœur qui attend dans la voiture. Si elle avait eu le choix, elle ne serait pas venue, mais elle ne peut pas désobéir à son père, d'autant moins qu'il n'a plus aucun scrupule à les éliminer s'il n'est pas satisfait.

"Hé ho ! Sanji ! On vient te chercher ! Je me demande comment le Roi des enfers t'a tué, ça fait un moment qu'on est dans sa ligne de mire, il a dû s'acharner sur toi toute la nuit !" Zoro sourit un peu à cette réponse, car il a effectivement bien pris soin de lui, mais pas de la manière dont il le pense.

Le bruit des pas qui s'approchent de l'escalier le met en alerte et il se cache dans l'angle mort. Il ferme les yeux pour se concentrer uniquement sur le bruit des marches en bois qui grincent.

La personne qui monte les marches a une démarche régulière, mais elle s'arrête en plein milieu de sa course.

"Arrête, Yonji. Laisse un garde prendre les devants, rien ne garantit que le Roi des enfers soit parti." Dit une voix autoritaire qui doit venir de Judge.

"Hein ? Sérieux ? Ce type doit être parti depuis longtemps après avoir repeint la pièce avec ses tripes." Se plaint le plus jeune des frères.

"C'est un ordre." Faisant la moue, il redescend les marches pour laisser passer plusieurs gardes. "Fouillez toutes les pièces de cette maison."

"Oui, monsieur !" Entendant l'ordre, Zoro dégaine ses épées et se positionne pour embrocher la première personne qui passe à sa portée.

Le bruit de plusieurs personnes montant les escaliers est clairement audible, sans qu'elles n'essaient de se faire discrètes.

De sa position, l'assassin voit le premier garde passer devant lui, puis deux autres, le dernier s'approchant de la porte où il est caché.

Mais avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, il se retrouve avec une lame dans l'estomac et la gorge, l'empêchant d'alerter les autres hommes qui ont encore le dos tourné. Sans perdre de temps, il saute sur le deuxième homme, qui se retourne parce qu'il a vu quelque chose dans sa vision périphérique, mais tout comme le premier, il n'a pas pu crier.

"Atten-" Le troisième n'a pas pu terminer sa phase.

"BANG !" Le quatrième a tiré dans la panique, mais la balle s'est logée dans le mur et il s'est effondré à son tour sur le sol. Quatre de moins.

"Qu'est-ce qui se passe là-haut ? !" Le bruit des pas précipités dans les escaliers ne laisse pas le temps à l'épéiste de se cacher, alors il fait la seule chose qui lui semble intelligente à ce moment-là. C'est-à-dire foncer tête baissée dans le ventre du premier garde à atteindre le haut des escaliers, entraînant les trois derniers garde avec lui.

Zoro réussit à s'accrocher à la balustrade pour ne pas tomber à son tour. Pendant une milliseconde, son regard croise celui du roi de la pègre, qui écarquille les yeux à sa vue. D'un geste rapide, il remonte à l'étage pour se mettre à l'abri des regards.

"VOUS ! TUEZ-LE ! JE VEUX QU'IL MEURE ! Ichiji, Niji et Yonji, venez !"

"Quoi ? ! Pourquoi ? ! On veut se battre aussi !" Hurle Niji avant d'être attrapé par le cou par son père et forcé de sortir de la maison.

"On ne discute pas mes ordres !" D'une démarche rapide, la famille sort en trombe de la maison. Le Roi des enfers serre les dents de colère.

"Merde !" Ces lâches vont s'enfuir, et Sanji ne sera pas en sécurité tant qu'ils ne seront pas morts. Il doit les empêcher de prendre la voiture, mais il ne peut pas non plus laisser les gardes atteindre le Cook.

"BANG !" Une balle ricoche devant lui, l'empêchant d'avancer et de poursuivre les fugitifs. Mais il n'a pas dit son dernier mot. A toute vitesse, il se précipite vers la chambre de Sanji pour atteindre la fenêtre ouverte.

"BANG ! BANG ! Bang ! BANG ! Bang !" Le bruit des coups de feu résonne dans la maison, mais d'autres coups de feu sont également tirés à l'extérieur.

"Mais qu'est-ce qui se passe ? !" D'un mouvement brusque, il ouvre la porte et se retrouve nez à nez avec un pistolet chargé et un œil saphir qui le regarde avec surprise, avant d'être attrapé par le col et d'être jeté dans la pièce, la porte se ferme d'un coup sec.

"Qu'est-ce qui te prend de faire irruption comme ça ! Imagine que je te tire dessus par surprise !" Gueula le blond en verrouillant la porte sans baisser son arme et en restant sur le qui-vive.

"Mais tu n'as pas tiré, alors si tu veux m'engueuler fais-le plus tard, cuisinier de merde !" Grogne le vert en se précipitant vers la fenêtre qui était encore ouverte. Ils ne l'avaient pas fermée de toute la nuit ? Ils espéraient que les voisins ne leur en voudraient pas trop de ne pas les avoir laissés dormir et de s'être réveillés au son des coups de feu.

On lui saisit la main avant qu'il ne saute.

"Attends, tête de mousse ! Il y a des alliés dehors, je les ai appelés et ils doivent s'occuper des Vinsmoke. Reste ici, s'il te plaît." Dit Sanji d'une voix suppliante et inquiète, en lui serrant la main de toutes ses forces dans une vaine tentative de le retenir.

Voyant le blond en proie à l'angoisse, Zoro s'éloigne de la fenêtre et prend son amour dans ses bras. D'abord surpris, Sanji finit par lâcher prise pour l'entourer à son tour de ses bras.

" Tout va bien, Cook. Je t'ai promis de revenir vivant." Lentement, il se détache des bras chauds et regarde dans les yeux bleus inquiets. "Mais je sais aussi que tu ne dormiras jamais tranquille tant qu'ils seront là." Il recule d'un pas pour se dégager de l'étreinte. "Et moi-même, je ne pourrai jamais vivre une vie normale tant qu'ils seront une menace." Il se retourne et saute par la fenêtre avant que le blond n'ait le temps de l'arrêter.

Dehors, c'est une véritable scène de combat. Des inconnus se battent contre les trois derniers gardes qui sont ressorti de la maison et les princes de la pègre. Mais la vue d'une personne manque de faire un arrêt cardiaque au célèbre Roi des Enfers.

"Sanji !" Un garçon coiffé d'un chapeau de paille court à toute berzingue vers la maison avant de sauter directement au premier étage."Sanji ! TU VAS BIEN ?!"

Zoro est encore bouche bée devant l'arrivée de son meilleur ami avant que quelqu'un ne lui crie dessus.

"Hé, Roi des Enfers ! Et si tu nous donnais un coup de main, yoi !" Un grand homme avec une tête d'ananas atterrit juste à côté de lui pour donner un coup de poing à l'un des gardes qui s'était précipité sur l'épéiste.

"Marc-" Il s'arrête juste à temps, se rappelant qu'il est actuellement le roi des enfers. Mais le tatouage sur sa poitrine lui fait écarquiller les yeux. Il le connaît. Puis ça fait tilt.

"Le Phénix du Shirohige..." Le blond regarde autour de lui avant de le fixer.

" Alors tu es le fameux Roi des enfers. Tu n'as pas l'air si terrible." Il reçoit un regard plat de l'assassin avant qu'il brandit sa lame et tranche en deux le garde qui s'était relevé.

"Je devrais en dire autant du second de Barbe Blanche. Que faites-vous ici ?" Marco affiche un sourire amusé.

"Notre ami commun nous a appelés pour l'aider à se débarrasser des parasites qui en veulent à sa vie. Nous avons déjà mis la main sur la princesse, qui s'est rendue sans faire d'histoire, mais les autres risquent d'être plus compliqués." Il dit en désignant Judge, qui se battait contre plusieurs personnes, dont un homme aux cheveux noirs et aux taches de rousseur.

"Ace ?"

"En mission, il préfère se faire appeler Hiken, alors s'il te plaît, ne le répète pas." Zoro est de plus en plus confus. Le frère de Luffy fait partie d'un des plus grands gangs de la ville et il n'a jamais eu cette information ?! Sérieusement, que fait son informateur ? A moins qu'ils ne soient de mèche, car à bien y réfléchir, il n'a jamais été en mission pour éliminer un membre de ce clan, à l'exception d'un certain Barbe Noire, mais c'était uniquement parce qu'il les avait trahis.

Marco est attiré par quelque chose et laisse Zoro en plan.

"Nous nous en occuperons plus tard. Nous devons d'abord maîtriser les princes et Judge ! Allez, gamin !" L'assassin grogne à la réplique, marmonnant qu'il n'est pas un gamin avant de se jeter dans la bataille, essayant d'atteindre le premier prince aux cheveux rouges qui se bat déjà contre un homme androgyne du nom d'Izou.