Chapitre 10 :

Emma soigna son entrée dans la dépendance de Regina. Elle essayait tant bien que mal de ne pas mettre le foutoir. Sinon, c'est sûr, elle marquerait des mauvais points.

Elle déposa ses affaires et fût étonnée de la grandeur des lieux. Une chambre indépendante, une salle de bain avec baignoire et un immense séjour. Seule la cuisine était un peu plus réduite, mais tout l'attirail était pourtant complet. Elle se posa brutalement sur le canapé du salon et se mit directement à se penser chez elle. Si bien qu'elle s'endormit.

Lorsqu'elle ouvra les yeux, elle regarda son téléphone. Elle était inondée de messages et d'appels provenant de Killian. Elle décida d'en lire quelques-uns.

« Comment tu as pu oser me faire une chose pareille ? »

« Je te préviens je ne partirai pas, je vais te mener la vie infernale ».

Elle roula des yeux et jeta son téléphone plus loin, excédée. En regardant l'heure, elle remarqua qu'il était 19h.

— Super ! Se dit-elle pour elle-même. J'ai encore fait foirer ma nuit.

Elle jeta un coup d'œil à la fenêtre qui menait sur l'immense manoir de Regina, juste en face. Les lumières étaient allumées. Avait-elle le droit de simplement sortir prendre l'air ? Il lui semblait que la réponse était foutrement non. Elle se dirigea mollement vers la cuisine et ouvrit le frigo. Il était plein. A craquer. Mais elle voulait manger quelque chose de sucré et cela n'avait pas l'air d'être possible. Elle se mit à fouiller de partout, rien n'y faisait. Finalement, dans un élan de faim elle sortit de la dépendance sans omettre de regarder si quelqu'un se trouvait à l'horizon. Elle parcouru la petite cour en courant et sonna à la porte de Regina, en espérant qu'elle soit seule. Au bout d'une longue minute la porte s'ouvra sur elle.

— Swan ! Fit-elle paniquée.

Elle lui attrapa le poignet et la tira brusquement à l'intérieur. Elle jeta un œil à gauche et à droite dans la rue puis referma la porte.

— Qu'est-ce que vous ne comprenez pas quand je vous dis quelque chose ? Nous ne parlons pas la même langue ?

— Désolée, s'excusa-t-elle légèrement perdue. Je voulais manger du sucré alors je me suis demandée si…

— Si vous pouviez une fois de plus vous pouvez abuser de ma gentillesse inconcevable avec vous ?

« Mouais… Ça dépend » se dit-elle.

— C'est ça !

Regina leva les yeux au ciel et lui montra la cuisine de la main. Emma se sentit un peu gênée mais décida d'aller y faire un tour. Si elle trouvait déjà la dépendance immense, c'est qu'elle n'avait pas encore vu la maison qui ressemblait plus à un palace, qui était décorée avec beaucoup de goût et impeccablement rangé, qu'à autre chose.

Au bout de dix minutes à fouiller, Regina pointa le bout de son nez.

— Vous avez trouvé quelque chose ?

— Fouai ! Fit-elle la bouche plein de cookies. J'eshpère ne pas fous avoir foler fotre petit decheuner de demain.

— Vous vous arrangerez avec mon fils.

Emma toussa avec une miette qui était passée de travers.

— Vous avez un fils ? Fit-elle les yeux larmoyants.

Regina la regarda pendant un instant et tourna les talons vers son salon. Emma la suivit en vitesse, trop pressée de connaitre des détails.

— Alors ? Insista-t-elle.

— Oui, il a 16 ans.

— Où est-il ?

— Chez son père.

Emma fronça des sourcils.

— Votre ex-mari n'est pas mort ?

Regina la fixa en souriant.

— Non, il n'est pas mort. Laissez-moi deviner, vous avez discuté avec David ?

— Euh… oui mais il m'a dit que vous étiez veuve.

— C'est soit parce qu'il m'a fait énormément de mal et qu'il le considère comme mort, soit parce qu'il veut le tuer.

Emma sourit.

— Il vous aime beaucoup…

— Je l'aime aussi.

C'était la première fois que la blonde entendait une déclaration sentimentale de la bouche de sa supérieure.

— Vous voulez en parler ?

— De quoi ? Répondit Regina perplexe.

— De votre relation, de ce qui vous a fait du mal.

— C'était il y a 15 ans. Ça n'a plus aucune importance.

— Pourquoi avoir gardé son nom alors ?

Regina la regarda fixement dans les yeux.

— Pour avoir le même nom que mon fils.

— C'est une excuse qui tient la route.

— C'est surtout que ce n'est pas une excuse !

— Si vous le dites.

La brune haussa les épaules.

— Vous comptez partir maintenant que vous vous êtes remplie la pense ?

— Vous voulez me mettre dehors ? Personnellement je prendrai bien un petit verre avec vous. Imaginez si quand je sors vous avez des voisins qui observent ou un vieux monsieur qui se balade ?

— Swan…

— Allez ! On est plus à ça près.

Regina finit par soupirer et céder à la demande de son invitée. Elle lui offrit un verre et s'assit sur le canapé avec le sien. Emma en fit de même, en veillant à ne pas trop s'approcher d'elle.

— Parlez-moi de vous ! Lança Emma sûre d'elle.

— Non.

Ça avait l'air catégorique. La blonde ne savait pas s'il fallait qu'elle insiste ou non. Elle s'était peut-être laissée tenter suite à un grand nombre de gentillesses venant de son hôte.

— Alors parlez-moi de moi, et expliquez-moi quelle est votre technique pour faire fuir Killian d'ici.

— C'est simple, je connais bien votre ancien patron. Je l'ai appelé pour qu'il redonne un poste à M. Jones. Loin d'être chef, il recommencera à l'étage le plus bas. Avec possibilité d'évolution si bonne conduite bien sûr. Comme vous ne revenez pas à ses côtés, le transfert a été plus simple.

— Mmh, je vois… Quand va-t-il le contacter ?

— C'est normalement chose faite.

Emma observa un silence religieux avant de reprendre une inspiration.

— Merci…

— De ?

— Pour tout ce que vous faites pour moi.

— Je ne le fais que pour moi Swan, je vous l'ai déjà dit.

— Mmmh mmh…

Regina la regarda un instant, hésitante puis finit par laisser sortir ce foutu mot qu'elle n'arrivait jamais à prononcer.

— Désolée.

— Pourquoi ?

— Que vous soyez la victime de cette histoire mais que ce soit lui qui retourne à New York, chez vous, dans votre poste, avec vos affaires. Je sais que ma commune est bien moins importante.

Emma fût profondément touchée par cet élan de douceur et elle décida de rassurer Regina comme elle le pouvait.

— Finalement, je n'ai plus trop envie de retourner à NY. Les gens ici sont vraiment gentils, je m'y plais. C'est calme, ça me fait du bien. Bon, il y a juste ma… patronne qui est un peu trop sévère mais qui n'ose pas me dire qu'elle a tout fait pour que ce soit Killian qui parte et pas moi parce qu'elle est très attirée sexuellement par moi.

— Votre patronne m'a l'air d'une femme parfaite et vous devriez ne pas penser que le monde tourne autour de vous. Sinon je pourrais également dire que vous vous plaisez dans cette commune, compte tenu du charme incarné qui se trouve en face de vous en ce moment-même.

Emma ne put retenir un rire sincère. Devant le sourire de réponse de Regina, elle n'hésita pas une seule seconde. Elle se pencha rapidement, déposa sa main sur la nuque de la brune et frôla ses lèvres avec les siennes. Elle finit par l'embrasser en caressant sa joue de son pouce puis se recula, étonnée.

— Tu ne dis rien ? Demanda-t-elle un peu confuse.

— Que veux-tu que je dise ?

Emma déglutit avant de reprendre.

— C'est un geste d'affection. Tu m'as demandé de ne pas me comporter comme ça…

— Oui effectivement Emma, je te l'ai demandé. Et je sais aussi pertinemment que tu es une tête de mule qui n'écoute rien.

Sa voix était particulièrement douce et calme, ce qui ne manqua pas de surprendre Emma.

— Ça ne te met pas en colère ?

— Ça peut se faire.

— Je vais trop loin ?

— Tu es en train.

Emma se redressa sur ses jambes et s'étira.

— Tu rentres ? Demanda Regina.

— Au point où j'en suis, je comptais passer la nuit avec toi.

Regina arqua un sourcil.

— J'espère que tu plaisantes ! S'enflamma un peu la brune. Il y a une différence entre un baiser volé parce que tu ne peux plus te passer de moi et l'hospitalité dans mon lit. Ça, c'est une réelle preuve d'affection.

— Tu as vraiment des notions de preuve d'affection bizarre. Tu en as manqué ?

La brune ne répondit pas et fronça un peu les sourcils. Emma se douta qu'elle avait dû toucher un point sensible et ne s'attarda pas sur le sujet. Elle se rassit.

— Parle moi de toi… Tenta-t-elle de nouveau en déposant sa main sur celle de Regina et en exerçant une légère pression.

Regina dégagea sa main sans aucune violence ou animosité et elle lui répondit :

— Que veux-tu savoir ?

— Comment tu es devenue Maire de cette ville ?

— J'ai été forcée par ma mère à faire de la politique. Zily et David rigolaient tout le temps parce que j'étais la petite dernière et que j'avais l'habitude d'avoir ce que je voulais. Mais ce n'est pas toujours la place la plus tranquille. Pour ma part en tout cas, mes parents attendaient beaucoup de moi et voyaient une grande carriériste. Ils ont basé tous leurs espoirs sur moi et m'ont empoisonné l'existence. Tout ça pour quoi ?

— Regarde où tu en es maintenant, ils doivent être drôlement fiers de toi.

— Ils sont morts Emma, avant que je prenne les rênes de la ville. Donc, je me demande à quoi tout cela a pu servir.

Emma se tut. Elle était très douée pour faire toute sorte de gaffe.

— Je suis vraiment… Pardon.

— Je n'ai versé aucune larme à l'annonce de leur décès Emma. Ne te sens pas gênée.

Emma continua tout de même à paraitre peu sûre d'elle vis-à-vis de sa dernière remarque. Regina le remarqua rapidement et lui agrippa la mâchoire, sans omettre d'enfoncer légèrement ses ongles au niveau de la base de son cou et l'embrassa plus fougueusement que ce qu'avait fait la blonde auparavant.

Lorsque le baiser fut terminé, Emma resta dans l'incompréhension la plus totale.

— Tu… ?

— Je t'ai embrassé oui. Je suis meilleure physiquement qu'avec les mots doux parfois.

Emma sourit.

— Tu sais dire des mots doux ? Tu m'impressionnes drôlement.

Elles rirent calmement.

— J'ai peur Regina.

— De quoi Emma ?

— De beaucoup de choses.

Regina soupira et se leva pour se servir un autre verre, sans manquer de proposer à Emma d'un geste du menton, qui l'accepta bien volontiers.

— Eh bien… Fit-elle en se rasseyant. Visiblement nous sommes parties pour avoir toute la nuit devant nous alors dis-moi ce qui te tracasse.

— Déjà Killian, répondit-elle après une grande inspiration pour se donner du courage. J'ai peur de lui, de ses réactions, de ce qu'il pourrait faire. Il pourrait rapidement être violent, ne plus vouloir partir de chez moi et me mener la vie très très dure. J'ai vu comment il s'est comporté avec son ex alors qu'on n'était pas encore ensemble.

— Et tu t'es dit que c'était le mec parfait, du coup ?

— J'ai fait une erreur ok ? J'aime beaucoup les bad boys qui se la jouent un peu, c'est cliché mais c'est réel.

— Et c'est tout ce dont tu as peur ?

— Non, Regina. Réfléchis ! J'ai peur de toi aussi.

— De moi ? Ecoute j'ai conscience de la réputation que je peux avoir et de certains surnoms qu'on puisse me donner. Mais je ne suis pas foncièrement méchante et je ne te ferai aucun mal.

— J'ai peur de tomber amoureuse de toi Regina.

Devant l'absence de réponse de la brune, Emma s'empressa de se justifier.

— Je sais ce que tu m'as dit, je sais que je n'ai pas le droit. Que ça te rebute et que tu ne l'accepteras jamais. Je ne te dis pas que c'est le cas actuellement, je dis juste que je vais avoir du mal à te résister encore longtemps et par la force des choses, j'ai peur de te perdre…

Elle attendait impatiemment une réponse, le cœur battant à une vitesse insoutenable, quand la porte d'entrée de Regina s'ouvra sur David qu'elle avait envie de maudire cette fois.

— Reg, dit-il sans faire vraiment attention à sa présence, Zily est passée récupérer Henry. Il est tombé de scooter.