Salut tout le monde, je vous ai rédigé un court chapitre pour cette histoire. Le prochain sera plus long.

Jaq et Gus suivent les Sauveteurs et vont rencontrer Orville.

Bonne lecture.


Chapitre 3 : Demain est un autre jour

Après avoir perdu la trace de Médusa, Jaq, Gus, Bernard et Bianca se trouvaient à l'aéroport pour prendre un avion qui les emmènerait au Bayou du Diable. En espérant atteindre leur destination avant l'horrible mégère.

Bernard courait pour ne pas rater l'avion. Mais Bianca, ayant plus de bagages que lui, était aidé par Jaq et Gus. Et cela les ralentissait.

- Vite, Miss Bianca. Jaq ! Gus ! haleta Bernard à ses compagnons. Sinon Médusa arrivera avant nous au Bayou du Diable !

- Je m'excuse, mais la valise d'une dame est toujours plus lourde que celle de Monsieur ! s'exclama Bianca.

- Trop grosse valise ! ajouta Jaq en courant. Zugk-zugk !

Ensembles, ils montèrent pas l'escalator. Une fois arrivés au sommet, Jaq insista pour aller loin des humains qui menaçaient de les écraser. Ils arrivèrent vers une cabane avec une pancarte sur le toit disant « Albatros Air Service ». Ils montèrent la rampe et déposèrent leurs bagages sur une balance. Bernard leva les yeux et lit sur le tableau accroché au mur.

- Notre avion décolle à 6h45… (Il blêmit en voyant l'horloge indiquer sept heures du matin.) Oh non, nous l'avons raté ! (Assez contrarié, il s'adressa à ses amis.) Vous voyez, si vous…

- Ce n'est pas de notre faute si Miss Bianca a une grosse valise ! râla Jaq indigné.

- On… on… on ne pouvait pas faire plus vite ! ajouta Gus.

Il eut un concert de protestations entre les trois souris.

- Allons, allons, allons, messieurs, ne vous tourmentez pas, fit Bianca pour inciter tous à se calmer. M. Bernard, vous savez bien que les avions ont toujours du retard.

- Albatros 13 à tour de contrôle ! Albatros 13 ! résonna un voix par communication radio.

Bianca en fut réjouie.

- Ah, j'avais raison. Quelle chance, mes amis !

- Donc, nous ne sommes pas en retard ? demanda Jaq.

- Non.

Mais Bernard ne partagea pas l'enthousiasme de sa collègue. Il semblait très apeuré.

- De la chance ? Avec le vol 13 ?

Avec détermination, il vint reprendre sa valise.

- Il vaut peut-être mieux prendre le train.

Il se tourna pour partir, mais la voix à la radio le fit stopper.

- Réveillez-vous, saperlipopette ! Vous allez répondre ? Remuez-vous un peu ! Allô ? Allô ? Y a-t-il quelqu'un en bas ?

- Mais qui parle ? demanda Gus, intrigué, ne connaissant pas la radio.

Bernard se dépêcha de grimper sur le bureau et baissa le micro à son niveau.

- Euh… A…A…llô ? Euh… enchanté…

- Où étiez-vous donc passé ? s'exclama la voix excédée dans la radio.

- On est près de vous ! Ma collègue a emporté tout son nécessaire et…

- Dites-moi, l'ami, la piste est-elle dégagée ? Puis-je atterrir ? La circulation ici est plus dense que les puces sur un chien de chasse...

Tout à coup, il y eut un fort bourdonnement alors que ce qui ressemblait à un avion à réaction passant à toute vitesse, créant un souffle de vent qui renversa Bernard. Pendant que la voix parlait, elle s'interrompit plusieurs fois.

- Waouh ! Espèce de pilote du dimanche à la noix ! Vous êtes cinglé ? Dites-moi, vous avez obtenu votre brevet dans une pochette surprise ?

Bernard tourna le bouton de volume de la radio, mais la voix maintenant plus forte lui faisait encore plus mal aux oreilles.

- Mais qu'a-t-il dit, Monsieur Bernard ? demanda Bianca qui regardait l'extérieur de la cabane.

- Mais qui parle ? demanda Gus interloqué.

- Je rougirais de vous le répéter, répondit abruptement Bernard.

- Eh bien, donnez-lui plutôt l'autorisation d'atterrir, lui suggéra Bianca avec douceur.

Bernard revint vers le micro et s'adressa alors au pilote à la radio.

- Euh… Capitaine ? Vous… euh… vous avez l'autorisation d'atterrir.

- Eh bien, il était temps, les copains ! répliqua la voix.

- Regardez ! Regardez ! Le voilà ! s'écria Bianca excitée en regardant par la fenêtre.

Toutes les souris avaient les yeux vers l'extérieur. Elles pouvaient apercevoir un albatros portant un foulard et une casquette de pilote sur la tête.

- C'est lui notre moyen de transport ? s'étonna Jaq abasourdi.

- Zugh-zugh ! ajouta Gus.

- Ah, quel vol gracieux ! commenta Bianca émerveillée. (Puis elle se tourna vers son collègue.) Dire que vous parliez de prendre le train, peureux que vous êtes.

- Peureux, moi ? s'offusqua Bernard. Ah mais non, mais pas du tout ! Moi, j'adore le train ! Il y a le restaurant et ils servent du Roquefort…

Il haleta sous le choc en voyant l'albatros rater la rampe d'atterrissage.

- TIREZ SUR LE MANCHE !

L'albatros se redressa et atterrit sur la piste avec un grand bruit strident. Les souris coururent vers lui au moment où il ajusta ses lunettes et s'épousseta. Il s'agissait d'Orville, le principal moyen de transport des souris.

Le grand oiseau se nettoya en fredonnant un air de « Into the Wild Blue Wonder ».

- Êtes-vous… euh, êtes-vous blessé ? bredouilla Bernard en s'approchant de lui.

- Non, lui assura Orville avec confiance. Quelle atterrissage ! Amené et plus réussi, je crois bien !

- Magnifique atterrissage ! ajouta Gus réjoui en remuant la tête.

- Eh ben bravo, répliqua Bernard exaspéré. (Il se tourna vers Bianca et les deux autres souris en chuchotant.) Nous allons prendre le train. Au fond, c'est plus sûr.

Mais Orville, qui l'avait entendu, s'offusqua, se sentant insulté.

- Le train ?! Plus sûr ? Écoutez moi, fiston, je pilote comme je respire !

- Si vous pouvez nous emmener loin, ce sera parfait, répondit Jaq.

- Et vous êtes magnifique, Capitaine, s'émerveilla Bianca avec douceur.

- Flatteuse ! Appelez-moi Orville, ma petite dame, répondit l'albatros flatté.

- Il est de la plus haute importance que nous allions au Bayou du Diable ! leur rappela Bernard étant la seule souris à être sérieuse.

- Une p-p-p-p-petite f-f-f-f-f-fille a besoin de nous ! ajouta Gus apeuré.

Mais Orville leur tapota les deux têtes avec désinvolture.

- On va y aller ! Y a pas le feu ! Vol 13 ! En route pour le bleu des cieux dans quatre minutes !

Et il recommença à fredonner alors qu'il s'apprêtait à repartir.


Peu après, les souris se dirigèrent vers une rampe avec « Albatross Airlines » brodé sur le côté. Bernard compta les marches de la rampe au fur et à mesure.

- Sept, huit, neuf, dix, onze, douze…(Puis il reparut angoissé.) Oh, c'est pas vrai ! Miss Bianca ! Jaq ! Gus ! Il y a treize marches à la passerelle !

- Et alors ? demanda Jaq en haussant les épaules.

- C'est quoi le problème ? ajouta Gus confus.

Mais Bianca ne fit que rire de la peur superstitieuse de son collègue.

- Vous n'avez qu'à sauter par-dessus la dernière.

Bernard s'accrocha à la rampe et saute la dernière marche sur un siège passager fabriqué à partir d'une boîte de sardines vide. Bernard replia la couverture et que Bianca se poudra le visage. Jaq et Gus prirent place à la boîte à sardines juste derrière les deux Sauveteurs.

Orville fit son annonce avant le vol.

- Le Capitaine Orville vous salue. Bienvenue à bord de l'albatros. Veuillez attacher vos ceintures et ne pas fumer pendant le décollage. Détendez-vous et faites confiance au pilote !

- On-on-on-on va vraiment s'envoler ? demanda Gus toujours abasourdi, n'étant pas habitué à voyager en plein vol.

Après avoir resserré sa ceinture, Bernard lut une liste de contrôle.

- Lunettes en place ? demanda-t-il.

- O.K. répondit Orville en resserrant ses lunettes.

- Volets position décollage ?

-O.K. répondit l'albatros en remuant ses ailes.

- Gouvernail ?

- O.K. à droite et à gauche, répondit Orville en remuant les plumes de sa queue.

Bernard lut la dernière phrase de la liste avec appréhension.

- Si vous ne réussissez pas à décoller du premier coup… recommencez !

- ET C'EST PARTI ! hurla Orville en se mettant à courir.

Orville courut vers le bord de la tour, frissonnant le long de la rampe. Pendant ce temps, Bernard se tint au bord de son siège, visiblement aussi effrayé par l'avion que par le numéro 13.

- Je persiste à dire que nous aurions dû prendre le train ! commenta-t-il, s'accrochant à son siège avec angoisse.

Même Jaq et Gus n'étaient pas très rassurés. Tous deux s'agrippèrent à leurs sièges, tandis qu'Orville se dirigeait vers le bord de la tour.

- On va s'envoler ! Pas s'écraser ! hurla Jaq.

- Zugh-zugh ! ajouta Gus.

Orville sauta en l'air et redescendit. Alors qu'il s'approcha de la rampe de décollage, Bernard ferma les yeux et les souris de Cendrillon poussèrent des cris d'effroi tandis que l'albatros tomba du bord de la tour. Il chuta très rapidement vers le sol pendant que Bianca appréciait émotionnellement la balade, ses compagnons réagissant sous le choc.

- Oh, j'adore les décollages ! s'exclama-t-elle extasiée.

Mais juste au moment où il semblait qu'Orville était sur le point de s'écraser, il se redressa et survola les voitures et les camions dans les rues en contrebas. Au grand soulagement de Jaq et Gus réalisant qu'il n'y avait plus de danger.

Bianca ne put s'empêcher de commenter le vol d'Orville.

- Capitaine, vous volez divinement ! On se croirait être dans les montagnes russes !

Soudain, un feu de circulation devant eux devint rouge, mais Orville le traversa. Bernard regarda derrière lui la circulation qui s'était arrêtée.

- Ah ben, nous avons grillé un feu rouge.

- C'est grave ? demanda Jaq en haussant les épaules.

Mais Bianca resta indifférente et rétorqua avec amusement :

- Allons ! Allons ! Ça m'arrive. Bernard, ne soyez pas grognon, mon cher !

Elle donna un baiser à son collègue qui lui fit oublier tous ses angoisses. Et elle s'adressa aux deux souris à l'arrière.

- Jaq ! Gus ! Profitez du vol !

- Oh oui, oui, oui, Miss Bianca ! répondit Gus réjoui en regardant autour de lui.

Orville survola la ville de New York et dépassa la Statue de la Liberté.

Approchez

Le soleil va briller

Vous allez trouver le beau temps

Approchez et chantez

Quand la nuit se décolore

Et se transforme en aurore

Oubliez et chantez

Rassemblez vos espérances

et puis, priez la chance

Oubliez et chantez

Pensez au jour qui va paraître

Penchez-vous à la fenêtre

Et regardez

On va repeindre en rose les nuages

On va essuyer les pleurs

Les gouttes de pluie sur les fleurs

Sur les fleurs

Tous en chœur

Si vous voyez des ombres

Qui font peur au grand soleil

Ne craignez rien

Tout va très bien

Demain il va faire beau

Car demain c'est un autre monde

Un jour nouveau

Demain sera le plus beau jour

Plein d'espoir et d'amour.

Orville survola un littoral avec un phare, puis d'une nuit d'orage paradisiaque avec des vagues se brisant contre les rochers. Malgré une pluie battante, l'albatros continua de voler tandis que les quatre souris s'abritèrent sous un parapluie.

Enfin, la pluie cessa et Bernard ferma le parapluie, mais le secoua et le posa à côté de lui. Orville vola sous un arc-en-ciel devant quelques fleurs. À ce moment-là, le soleil se coucha et la nuit recouvrit tout. Jaq et Gus contemplèrent les cieux avec émerveillement.

- Ça nous fera quelque chose à raconter à Cendrillon, dit Jaq avec extase.

Il continua de voler, la lumière de la pleine lune le guidant. Pendant ce temps, Bernard consulta un guide pour se faire une meilleure idée de ce qu'était le Bayou du Diable. Bianca, cependant, était à moitié endormie sur un oreiller, l'écoutant à peine, tandis que Jaq et Gus étaient profondément endormis.

Remarquant que son livre touristique n'intéressait personne, Bernard finit par s'endormir à son tour. Orville vola à l'horizon, dans l'espoir d'atteindre leur destination.


En rédigeant cette histoire, j'ai appris quelque chose sur Bernard que j'ignorais, étant jeune. Bernard est atteint de triskaïdékaphobie, c'est-à-dire la phobie du nombre 13. Il est donc très superstitieux. Je ne l'avais jamais remarqué auparavant.