Asgard Attaquée
Harry épongeait le front de son épouse. Elle avait pris du poison et avait une forte fièvre, du moins pour elle. Elle avait toujours été d'une certaine fraicheur. Là, elle avoisinait les trente-neuf degrés. Mais il savait aussi que son antidote était efficace et son organisme se défendait déjà. Cela ne le rassurait juste pas qu'Astrid soit obligée d'en arriver à de tels extrêmes pour pouvoir communiquer avec sa fille. C'est monstrueux… et si triste. Quel parent pourrait imposer cela à ses enfants et petits-enfants ? Il semblerait qu'Odin était de ceux-là. Cela le mettait en colère. Mais que pouvait-il y faire ? Il n'était qu'un simple humain face à un ase qui avait beaucoup de pouvoir…
« Comment va-t-elle ? » demanda Frieda depuis le seuil de leur chambre.
Harry tourna la tête et lui fit un sourire rassurant.
« Elle est encore inconsciente mais elle va mieux. Je lui ai donné une potion. »
La jeune fille de huit ans approcha et vint s'asseoir sur les genoux de son père.
« Elle est jamais malade. »
« Elle n'est pas malade, Frieda, » confia son père, sachant que sa fille comprendrait la vérité. « Tu sais qui est ta mère. Tu as lu les histoires. Tu l'as écoutée. Elle a pris un peu de poison pour pouvoir parler avec sa fille. »
« Hela ? »
« Oui. C'est le seul moyen efficace qu'elle connaisse. C'est rude et difficile mais un parent est prêt à tout pour son enfant. »
« Et si un jour elle décide de prendre un poison plus fort pour rester avec elle ? »
« Elle ne le fera jamais. »
« Tu es sûr ? »
« Certain, ma puce, » rassura Harry en serrant sa fille dans ses bras. « Et tu sais pourquoi ? » Elle secoua négativement la tête. « Parce que ton frère et toi, vous êtes ses enfants également et qu'elle vous aime plus que tout au monde. »
« Même plus que toi ? »
« Hmmm… Je suppose, oui. La relation entre un parent et son enfant est différente de celle qu'on deux personnes qui s'aiment. Nous pourrions un jour cesser de nous aimer pour des raisons futiles mais il nous serait totalement impossible de cesser d'aimer nos enfants. Vous êtes nos bébés. Nous avons changés vos couches, nous vous élevons, nous jouons avec vous, nous sommes là quand vous êtes tristes ou quand vous êtes blessés. Nous serons là quand vous irez à Poudlard, nous serons là quand vous en sortirez diplômés, quand vous vous marierez, quand vous aurez vous-même des enfants, … Et si jamais cela devait un jour se faire, nous pourrions mourir pour vous. C'est ainsi que se passe une vraie relation entre un parent et son enfant. Voilà pourquoi ta mère ne prendra jamais un poison mortel de son propre chef. Elle vous aime trop pour vous abandonner. Elle préférerait mourir en combattant plutôt que de faire cela. »
« Oh… Moi aussi, je l'aime. Je vous aime tous les deux. Et Severus aussi. Même si pour le moment, il me tape sur le système ! »
Harry rit doucement.
« Qu'est-ce qu'il a encore fait ? »
« Il a mis une bombabouse dans ma chambre…, » soupira la jeune fille. « Tu veux bien l'enlever s'il te plait ? »
« J'arrive, » accepta le père en se levant.
Décidément, son fils avait hérité du tempérament farceur de sa mère et de James Potter. A croire que cela avait sauté une génération… Pas qu'il n'aimait faire des farces mais il n'en faisait pas des aussi grosses quand même. Les siennes avaient toujours été innocentes. Il ferait bien de prévenir McGonagall puisque Severus rentrerait à Poudlard d'ici quelques semaines. Une quatrième génération de farceurs …
xXxXxXx
« Alors ? » demanda Harry alors qu'ils marchaient sur le Chemin de Traverse. « Tu n'as rien dit ces deux derniers jours. »
Astrid lui prit simplement la main et la serra doucement pour lui faire comprendre qu'elle l'avait entendu mais qu'elle ne savait pas comment lui répondre. Il patienta donc simplement et s'occupa des achats pour la rentrée de leur fils à Poudlard.
Ils ne croisèrent pas grand-monde de leur entourage proche. Sauf peut-être Gaby Dursley qui travaillait maintenant au magasin de farces pour sorciers facétieux. Ils devraient peut-être songer à rendre visite à Dudley d'ailleurs, cela devait bien faire quelques mois qu'ils ne l'avaient pas fait. Une petite réunion de famille bien tranquille. Cela leur ferait du bien et peut-être que cela dériderait sa femme puisqu'elle s'était emmurée dans un silence pour des raisons qu'il ne comprenait pas encore.
« C'est juste ce qu'elle m'a dit, » révéla-t-elle finalement.
« Hmmm ? »
« Ma fille. »
« A quel sujet ? »
« Les reliques. »
« Oh. »
« Tu en es le maître absolu puisque tu as pu les rassembler. »
« Je me demande bien à quoi elles peuvent me servir… A part me rendre fou, invisible ou envié des autres, elles n'apportent rien de bien. »
« Parce que tu n'es pas encore mort. »
« Je te demande pardon ? »
« Le véritable pouvoir des reliques ne s'activent qu'à l'approche de la mort. C'est pour ça que tu as pu te servir de la pierre. Parce que tu en étais proche. Tu la comprenais. Tu étais même prêt à l'accepter. Pour pouvoir les utiliser et devenir véritablement le Maître d'Helheim et non pas seulement en avoir le titre, il faut que tu meurs. »
« Merci mais je ne suis pas pressé de mourir. Je trouve encore la vie bien trop intéressante pour songer à la quitter. »
« Alors il faut veiller à ce que tu ne te fasses jamais voler les reliques, sinon ton statut te sera retiré et tes privilèges aussi. »
« Mes privilèges ? »
« Hela a été très vague sur le sujet. Elle ne le dira qu'à toi. » Elle soupira. « Elle est d'ailleurs mal à l'aise. »
« Pourquoi cela ? »
« Le Maître d'Helheim était destiné à devenir son mari, pas son beau-père. C'était la raison première de la création de ces reliques. »
« Ah ! » Harry réfléchit un instant. « Je pourrais peut-être les donner à quelqu'un de bien. »
« Non, Harry ! »
L'homme sursauta en entendant ce ton catégorique.
« Astrid ? »
« Je vais paraître égoïste mais pour une fois que j'aime réellement quelqu'un, il est hors de question qu'on me l'arrache une fois encore. Ton statut, il faut que tu le gardes ! C'est le seul moyen pour que nous restions au moins plus ou moins ensemble même après ton décès. Je … je m'arrangerai plus tard avec Hela pour trouver une solution. »
Harry serra doucement la main de son épouse. Il comprenait. Elle tenait énormément à lui et sa mortalité l'effrayait plus que n'importe quoi. Sauf peut-être pour leurs enfants. Alors qu'elle ait cette possibilité la rendait heureuse d'une certaine façon. Savoir où il serait, comment le retrouver une fois le voile franchi. L'amour pouvait faire des choses étranges… même rendre des gens égoïstes. Mais c'était un égoïsme qui plaisait beaucoup à Harry. Astrid ne demandait jamais grand-chose de la vie. Juste une famille et des personnes qui l'aiment pour ce qu'elle était réellement. Elle avait trouvé cela auprès de lui et elle ne voulait en aucun cas le perdre.
Ils continuèrent donc leurs emplettes et n'en reparlèrent plus. Ce n'était pas important finalement.
xXxXxXx
Astrid était allongée dans l'herbe, le regard tourné vers le ciel bleu. Elle caressait simplement les cheveux de son mari qui lisait, lui aussi allongé, la tête sur son ventre. Elle était perdue dans ses pensées.
Leurs deux enfants étaient partis à Poudlard depuis une semaine et ils avaient enfin un peu de temps pour eux sans se tracasser d'eux. C'était d'autant plus rassurant qu'Harry avait des contacts amicaux à l'école. Notamment Minerva McGonagall et James Weasley. Ce dernier était finalement devenu professeur. Et même si, selon les rumeurs, sa mère lui avait demandé de rendre la vie de Frieda et Severus infernale, il n'en faisait rien et était simplement impartial. Fort heureusement d'ailleurs car même si leur fils ne risquait trop rien en étant à Serdaigle, Frieda, quand à elle, était une Serpentard et était donc la proie naturelle de la haine de quelques indésirables Weasley.
La guerre et la douleur avait rendu ces gens bien haineux mais Harry ne s'en formalisait pas trop. Tout ce qu'il savait, c'était que James avait un grand cœur et qu'il ne s'attardait pas sur ces choses-là.
Astrid sentit soudain son mari se redresser et lui jeta un coup d'œil. Le livre qu'il lisait était sur la métamorphose humaine. Il cherchait à devenir animagus. Il ne l'était pas encore. Elle l'observa simplement se concentrer et user de magie.
Elle vit avec amusement son nez se raccourcie et devenir triangulaire. Des vibris se mirent à lui pousser et sa peau se couvrit progressivement de poils. Ses oreilles se déplacèrent sur sa tête et son corps rétrécit à un point qu'il devint un petit chat noir.
« Miaw. »
Astrid sourit en apercevant cela et passa une main sur son pelage. Elle le découvrit doux et soyeux. Son geste fut rapidement accueilli par un ronronnement fort et continu.
« Très belle métamorphose, mon amour, » dit-elle. « Il ne te reste plus qu'à t'habituer à ce corps maintenant. »
« Miaw. »
Le chat noir se mit à lui lécher les doigts, la faisant rire doucement. Astrid se redressa et attrapa l'animal pour le coller tout contre son cœur. Il était doux et ne sortait même pas ses griffes, complètement en confiance. Une boule de poils affectueuse et aimante. Son petit mari était plein de surprises. Et le chat noir lui seyait bien comme représentation de sa personnalité. Il avait eu beaucoup de malheur de sa vie et pourtant cela ne l'avait pas empêché d'être à la fois social et indépendant.
Elle le caressa longuement et lui donna quelques baisers sur les salières avant de se relever et de le ramener à l'intérieur de la maison.
xXxXxXx
Harry et Astrid observaient le ciel, allongé dans l'herbe tendre.
« Tu vois là ? » demanda-t-elle.
« Ce truc qui miroite ? »
« Oui. »
« Qu'est-ce que c'est ? »
« Un portail. »
« Un portail vers quoi ? »
Astrid se redressa et se tourna vers son mari. Elle lui prit doucement et la plaça contre la sienne, paume contre paume.
« Il se passe un événement tous les cinq milles ans, » révéla-t-elle en faisant tourner doucement sa main pour permettre à leurs doigts de se superposer également. « Nous l'appelons la convergence. C'est quand les différents royaumes s'alignent à la perfection. Des portails s'ouvrent entre eux et il nous est permis de passer d'un royaume à l'autre sans avoir recours au Bifrost. »
« Oh… C'est un événement important, je suppose ? »
« Assez oui. Je suppose qu'ils doivent préparer un énorme banqu… »
Astrid s'arrêta en sursautant en entendant un fracas au sol non loin d'elle. Elle se leva et se dirigea vers l'objet qui s'était écrasé. Elle le toucha et l'examina de près. Cela venait d'un portail et elle en connaissait même la provenance. Cela l'effrayait même un peu.
« Qu'est-ce que c'est ? »
« Un aileron d'un chasseur asgardien. »
« Un chasseur ? Un avion ? »
« Tu peux le comparer à un avion oui. Mais un de ces petits appareils de vos milices midgardiennes. »
Elle avait levé les yeux vers le portail et réfléchissait. Si les chasseurs asgardiens étaient de sortie, c'était que la cité d'argent était attaquée… Harry qui regardait son épouse comprenait vaguement ce qu'il se passait dans sa tête car il lui posa une question.
« Tu veux y aller ? »
« Si j'y vais, il est possible que je ne puisse jamais revenir. »
« C'est pourquoi tu n'iras pas seul. »
« Et les enfants ? »
« Je vais prévenir Drago, » répondit simplement Harry en haussant des épaules. « Il sait déjà que tu es divinement particulière. Si jamais il doit prendre nos enfants pendant les vacances, alors soit. Mais il est hors de question que je laisse mon épouse partir seule pour le pays qui la veut prisonnière, en particulier quand il semble avoir des problèmes sur place. Je ne sais que trop que parfois, même avec les meilleurs gestes du monde, le passé ne peut être racheté et il y aura toujours des enfoirés pour nous jeter la pierre et nous accuser de tous les maux du monde. »
« D'accord, tu viens. Mais prends la baguette avec toi. Autant que tu aies toute la puissance possible. Et ça. »
Elle lui tendit une dague qu'elle venait de faire apparaitre.
« On croirait qu'on part en guerre… »
« Ce serait bien possible. Les chasseurs asgardiens sont en général en hangar et ne sortent que pour défendre la cité. S'ils sont de sortie… »
« Cela sent les ennuis. »
« Pour une fois que je ne les génère pas. » Elle vit son mari récupérer les reliques de la Mort qu'il avait fait venir à lui par magie. « Bien. Transforme-toi. Il va falloir décoller. »
« Je peux prendre un balai. »
« Et se faire abattre par le premier chasseur qui passe ? Non. Nous y allons en tant qu'animaux et après on fera tout par voie terrestre ou magique. Je te guiderai. »
« D'accord. Ensemble. »
Ils s'embrassèrent rapidement avant de prendre chacun une forme animale. Harry devint le chat noir et Astrid prit la forme d'un aigle. Elle se saisit du félin dans ses serres et s'envola vers le portail flottant dans le ciel.
Quand ils arrivèrent de l'autre côté, ils furent témoins d'un véritable chaos. Des vaisseaux attaquaient la cité qui était déjà la proie des flammes. Rester dans les airs, même en tant qu'animaux, n'était pas du tout sécurisant et l'aigle plongea vers le palais à grande vitesse. Elle se posa dans le jardin et reprit directement forme humaine.
« Suis-moi, » ordonna-t-elle en sortant ses dagues.
Elle tua immédiatement deux êtres à la peau pâle et aux oreilles pointues mais vêtues d'armures sombres et quelque peu disgracieuses… Des elfes noirs. Mais n'étaient-ils pas supposés être éteints depuis l'époque de Bor, le prédécesseur d'Odin ? Quoi qu'il en était, avec la convergence, cela ne présageait que désordre et chaos. Un chaos qu'elle n'appréciait pas du tout car il mettait en danger la vie de ses enfants.
« C'est l'apocalypse ici, » commenta son mari en la suivant au petit trot.
« Pire que ça, » répondit Astrid. « Tue tout être comme eux. Ne t'en prends pas aux Asgardiens. »
« Et comment je fais la différence ? »
« Tu sauras la faire aisément par leur armure, crois-moi. »
« D'accord. Où allons-nous ? »
« J'ai un mauvais pressentiment de tout ceci. Allons dans les appartements de ma mère. »
« La bonne nouvelle dans cette histoire, c'est que je vais la rencontrer. »
« … » Astrid frappa encore deux elfes noirs au corps à corps et expédia un troisième à travers la fenêtre d'une impulsion magique. « J'aurais préféré dans d'autres circonstances. »
« Moi aussi, Avada Kedavra ! » Harry grogna. « Et dire que j'avais abandonné les combats… »
Ils continuèrent leur route jusque de riches appartement.
« SORCIERE ! »
Astrid pressa le pas et passa les portes largement ouverte. Les deux sorciers virent une femme richement vêtue bien qu'à l'ancienne, maintenue immobile par un elfe énorme et en armure. Et il y en avait un autre, bien plus petit et svelte. Il était d'ailleurs le premier à se montrer à visage découvert, tous les autres portant un masque pour le dissimuler.
« Relâchez-la, » ordonna-t-elle immédiatement.
« Qui es-tu, étrangère ? » demanda le plus petit.
« Une jeune fille qui déteste qu'on fasse du mal à sa mère, » répondit Astrid d'une voix dure.
Elle nota toutefois que son mari n'avait pas été repéré. C'était peut-être une bonne chose. Elle n'en fit rien paraître et essaya de gagner du temps.
« A qui ai-je le déplaisir de parler ? »
« Je suis Malekith. »
« Oh … le sorcier des anciennes histoires concernant les elfes noirs, » résuma-t-elle. « Et que faites-vous à Asgard, Malekith ? A part menacer ma mère, naturellement. »
« Je viens récupérer ce qui est mien. »
« C'est-à-dire ? »
« Tu poses beaucoup de questions. »
« On me le dit souvent. C'est l'un de mes défauts. Mais peut-être pourrais-je vous aider ? »
Elle n'en avait pas du tout envie mais comme elle voulait gagner du temps, c'était sa seule possibilité qui permettait à la reine Frigga de ne pas se faire embrocher par l'épée qui était tout contre son flanc. Elle la regardait avec reconnaissance, elle la reconnaissait malgré son apparence et elle semblait avoir confiance en elle. Elle savait qu'elle mentait. C'était déjà ça. Elle la connaissait que trop bien.
« Il vient pour l'Ether, » révéla Frigga.
Astrid fit un bref hochement de tête pour faire comprendre qu'elle avait entendu et garda le regard fixé sur Malekith.
Elle entendit soudain deux pas rapides mais invisibles et comprit que son mari passait à l'action. Elle saisit immédiatement l'occasion. Et quoi de mieux que se transformer et récupérer sa forme originelle pour s'en prendre à l'elfe qui était de toute évidence un sorcier à en juger par ses performances. Astrid usa de magie élémentaire essentiellement, surtout la glace qui était le propre des Jotunns.
Un hurlement de douleur la fit soudain se retourner et elle vit avec horreur son mari être transpercé par l'épée de son ennemi.
« HARRY ! » s'exclama-t-elle.
Ce fut son erreur car elle fut propulsée contre un mur tête la première et elle perdit connaissance mais pas sans entendre un bruit qu'elle ne connaissait que trop bien. La foudre. Thor était là. C'était pour le mieux.
Quand elle revint à elle, à peine quelques minutes s'étaient écoulées. Elle se redressa et avisa les lieux. Asgard… Les appartements royaux… un elfe noir …
« MERE ! » cria-t-elle en se levant.
Elle tituba mais se rattrapa rapidement. Ce fut toutefois pour s'arrêter dans son élan quand elle vit la reine Frigga bien portante agenouillée auprès de …
« HARRY ! »
Elle ignora la présence de Thor et d'Odin et accourut auprès de son époux.
« Astrid, » murmura ce dernier.
« Shhh… Tout ira bien. » Elle apposa sur le flanc blessé de son mari ses mains qui s'illuminèrent d'un halo vert et guérisseur. « Je m'occupe de tes blessures. »
« Loki ?! » s'exclama Thor en reconnaissant son pouvoir.
Elle ne réagit pas, le regard fixé sur son mari. Elle entendit toutefois des pas derrière elle.
« Laissez-moi le soigner ! » fit-elle d'une voix dure. « S'il vous plait. »
Les pas s'arrêtèrent. Tout ne fut plus que silence. Elle gardait son regard fixé dans celui de son compagnon et lui fit un sourire rassurant.
« Tu as une bosse, » fit soudain Harry, un peu plus alerte.
« Je me suis cognée la tête contre le mur. »
« Ah… Il va falloir arranger ça. »
« Tu t'es regardé ? Tu as plus besoin de soins que moi, Harry. Tu ferais peur à nos amis. »
« Ils en ont vu d'autres, crois-moi. »
« Une blessure par arme blanche ? » demanda Astrid en relevant un sourcil dubitatif. « Vous êtes tous des sorciers. C'est à peine si vous savez vous servir d'une dague pour la plupart, » ajouta-t-elle plus en plaisantant.
« Mouais… »
Harry resta immobile et ferma simplement les yeux.
« T'évanouis pas. »
« Tu préférerais que je crie oh combien j'ai mal ? »
« Epargne mes jolies petites oreilles, d'accord ? Je vais me payer une bonne tranche de hurlements incessamment sous peu. »
Harry hocha silencieusement la tête et un sourire apparut sur son visage. Les soins furent rapidement finis et il put se redresser en position assise.
« Ah … cela ne m'avait vraiment pas manqué. »
« Et moi donc, » rit Astrid. « Ca va ? »
« J'irai mieux une fois de retour à la maison. »
Elle hocha la tête et lui fit un bref baiser avant de l'aider à se relever. Astrid se tourna alors vers la famille royale d'Asgard. Si la reine Frigga lui faisait un sourire et était curieuse certainement de l'identité de son compagnon, Odin n'était pas particulièrement heureux de le voir, même plutôt le contraire, et Thor entre deux chaises.
« Loki, ôte ton déguisement, » ordonna le roi.
« Je n'en porte aucun. »
« Cette apparence. »
« A ce compte-là, » fit-elle en lâchant la main d'Harry. « Autant que je montre qui je suis réellement. »
Elle reprit son apparence bleue et froide et fusilla le roi de ses yeux rouges.
« Astrid…, » soupira Harry.
« Laisse. Il veut jouer avec les déguisements, alors soit. Voilà qui je suis. Pas un homme. Pas un guerrier. Je suis un sorcier, un Jotunn et je me sens mieux dans la peau d'une femme ! Voilà ! Je l'ai dit ! » Le Jotunn grogna. « Viens, Harry. Il faut que tu rentres. »
« Et toi ? Tu rentres avec moi ! »
« Jamais ils ne me laisseront partir. Je savais que ce serait un voyage sans retour. Mais toi, il faut que tu rentres. »
« Tu as été jugée innocente ! »
« Pas à Asgard ! » s'écria le Jotunn bien qu'avec une once de tristesse dans la voix.
Elle lui prit la main et reprit l'apparence d'Astrid pour ne pas avoir à le blesser.
« Ecoute. Nous savions que ce jour arriverait tôt ou tard et que je devrais subir l'injustice d'Asgard. Aucun d'eux ne comprend la magie comme nous. Aucun d'eux ne peut voir la différence entre ma nature profonde et une manipulation d'un tiers. Aucun d'eux ne pourra comprendre mes actions gryffondorienne alors que je suis un Serpentard dans l'âme. Ce qui me console, c'est que ton peuple le peut. Il sait la vérité. C'est le principal pour moi. Au final, la justice, ou injustice plutôt, d'Asgard n'a aucune valeur à mes yeux. Par contre, toi, ta vie, elle en a. Alors s'il te plait, repars pour Midgard. Je me débrouillerai. »
Elle l'embrassa passionnément. Un baiser douloureux. Un baiser d'adieu.
« Non, Astrid… »
« Shhh… Tout ira bien. Tu es roi. Ne l'oublie pas. Tu comprends ? »
Harry fronça les sourcils et regarda son épouse dans les yeux. Elle cherchait sans doute, à mots cachés, à lui transmettre un message. Sa main douce et fraiche serra la main du sorcier qui tenait sa baguette. La baguette de sureau…
« Je trouverais un moyen, » murmura-t-il.
Une promesse.
« Quand bien même tu n'en trouves pas, cette séparation ne sera jamais éternelle, » murmura-t-elle en retour.
Elle le repoussa lentement, à regret, et se tourna vers Thor.
« Fais en sorte qu'il retourne à Midgard, » lui dit-elle d'une voix calme, le visage fermé.
Toutefois, elle ne put s'empêcher d'énoncer la menace suivante.
« Mais si j'ai le malheur d'apprendre qu'un asgardien lui a fait du mal, je détruis Asgard jusque ses fondations, suis-je bien claire ? »
« Tu tiens à un Midgardien alors que tu as voulu détruire ce royaume il y a même pas quinze ans. »
« Vous ne comprendrez jamais rien à ses motivations, Asgardien, » fit durement Harry. « Vous ne comprendrez jamais le cœur d'un sorcier, ni même celui d'un Jotunn. »
« Un Jotunn n'a pas de cœur. C'est un monstre incapable d'aimer. »
« Vraiment ? Alors pourquoi justement un Jotunn est prêt à se sacrifier et devenir votre prisonnière pour me sauver et me permettre de retourner à Midgard ? Hmmm ? » Silence. « J'attends une réponse. »
« Tu n'en auras pas, Harry, » soupira Astrid en secouant la tête. « Ce sont des Ases. Ils te considèrent comme un enfant, de ce fait, inférieur. »
« Et toi pas, Loki ? » demanda le Roi Odin. « Thor nous a parlé de ta tentative d'invasion… »
« Mais quelle bande de cons ! » s'exclama Harry. « Astrid, finalement, ta famille elle craint ! Et ta mère ? Elle est même pas foutue de dire un mot ne serait-ce que pour mettre le hola ! »
« Langage, Harry. Tu t'adresses à une famille royale. »
Toutefois le ton d'Astrid n'était pas fâché. Elle était lasse de tout cela.
« Pars, s'il te plait. Il n'y a pas que nous dans la balance. »
Harry se figea et les deux époux échangèrent un regard. Un dernier.
« Très bien. Pour eux. Mais je reviendrai ! » Il soupira, résigné. « C'est par où, le Bifrost ? »
« Thor, » fit simplement Astrid. « Et n'oublie pas. Un cheveu, un seul, et Asgard est détruite. »
« Je n'ai pas peur de toi, mon frère. »
« Tu devrais. Pour protéger mon mari, je serai capable de tout. »
« Ton… ton mari ?! »
« Oui. Mon mari. Maintenant, ramène-le sur Midgard ! Je subirai le châtiment que le roi Odin jugera digne de mes méfaits. »
Tout en disant cela, elle avait repris son apparence d'origine. Elle ne voulait plus avoir ne serait-ce qu'un lien avec le Loki qu'elle était autrefois. Elle s'était forgée une nouvelle identité, une nouvelle vie, elle avait bien l'intention de rester qui elle était.
L'ordre de l'emmener fut ordonné. Elle se laissa escorter jusque dans la prison royale. Elle retint un sourire quand elle vit les gardes se brûler la peau en tentant de la saisir. Elle ne fit toutefois aucun commentaire et parcourut le chemin dans le plus grand silence. Et une fois dans sa cellule, le mur magique refermé, ainsi que la barrière magique qui l'empêchait de s'échapper, elle se créa un cocon de glace afin d'être plus à l'aise et surtout empêché les Asgardiens de vouloir rester longtemps dans sa cellule pour la malmener.
xXxXxXx
Harry marchait en compagnie de Thor pour rejoindre le Bifrost.
« Comment avez-vous connu mon frère ? »
« Pourquoi vous répondrai-je ? Vous dénigrez ceux de notre espèce et vous êtes incapable de voir la vérité. »
« Quelle vérité ? »
« Astrid a été torturée et a envahi Midgard de telle façon à ce que cela se remarque. Quand on sait que Loki est le dieu de la ruse et des tromperies, une attaque de front n'est clairement pas sa façon de faire ! Vous qui la connaissez depuis tous ces siècles, vous auriez du vous en rendre compte. »
« Loki a perdu l'esprit depuis qu'il a appris avoir été adopté. »
« Non. Elle n'a pas perdu l'esprit. Elle avait simplement peur. Vous dépeignez les Jotunns comme des monstres sanguinaires et sans cœur. Déjà apprendre que l'on a été adopté n'est pas facile à vivre pour un enfant, et plus il est agé, plus la nouvelle est difficile à accepter car cela remet en question toute une vie ! De là s'ajoute l'horreur de ses origines puisqu'elle en avait le point de vue de votre peuple, rien de plus étonnant qu'elle ait pété un câble ! Elle était perdue et effrayée et ne savait plus ce qu'elle devait croire ou non ! Cette réaction est normale chez toute personne ayant été adoptée. Manque de bol pour vous, vous l'avez annoncé à une puissante sorcière après de nombreux siècles alors que vous auriez pu le lui annoncer quand elle était enfant. Apprendre qu'on a été adopté après avoir été sauvé est toujours mieux que de découvrir la vérité en plein combat et apprendre que nous n'avons été en réalité un pion sur l'échiquier. Astrid n'a jamais été qu'un pion dans le jeu diplomatique de votre père, Prince Thor. Elle en a énormément souffert. Malgré cela, elle a quand même protégé Midgard en vous obligeant à contrattaquer et à l'arrêter. C'était tout ce qu'elle voulait. Qu'on l'arrête. »
« Pourquoi ? »
« Parce qu'attaquer n'a jamais été sa décision. Elle devait obéir ou souffrir une nouvelle fois pour avoir refusé. » Harry secoua la tête. « Je perds mon temps. Astrid m'a prévenu que votre peuple était incapable de voir la vérité tout simplement parce qu'elle excelle dans l'art du mensonge. »
« Ca, c'est la vérité. Loki est un maître dans cet art. »
« Mais elle ne ment pas toujours. Et il existe des moyens de la forcer à dire la vérité. Mais comme Odin ne lui laissera probablement pas l'opportunité de se défendre puisqu'elle ment tout le temps… » Harry soupira et secoua la tête. « Ramenez-moi chez moi, que j'aille faire comme tout mari impuissant digne de ce nom puisse faire, crier à l'injustice et supporter son épouse en espérant que l'avenir lui apporte une solution à son problème d'ordre divin. »
« Vous aimez Loki, » nota Thor.
« On ne peut rien vous cacher. Elle est ma femme. Nous nous sommes mariés il y a presque quatorze ans maintenant. Et nous vivions heureux. Votre peuple a encore une fois détruit sa vie. Je ne vous félicite pas. Après on s'étonne qu'elle devienne sombre et amère. Mais avec tout ce que vous lui faites subir, puis ce que ce monstre qui l'a contrôlée comme une vulgaire marionnette lui a fait, pas du tout étonnant qu'elle soit sombre et amère ! La trahison, le mensonge, l'abandon, la torture, ces choses détruisent le cœur et fait sombrer l'esprit dans la folie ! Astrid en était pas loin. Elle a juste trouvé une lueur d'espoir en moi parce que je lui ai montré ce qu'aucun de vous n'a pu faire durant tout ce temps alors qu'elle en avait tellement besoin ! »
« Quoi donc ? »
« De l'amitié, de la reconnaissance, de la compassion, de la compréhension, de l'aide, … et de l'amour. Voilà ce que je lui ai principalement offert et dont vous, Asgardiens, êtes incapables. Astrid n'est pas un monstre, elle est un être vivant avec un cœur et des sentiments. Elle les cache peut-être bien mais elle en a. Et vous l'avez détruite durant tout ce temps au lieu de la soutenir. Au final, les monstres… c'est vous. »
« Comment osez-vous ? »
« J'ose parce que j'ai vu ce que cela fait de traiter ainsi un puissant sorcier comme vous le faites. Vous avez de la chance qu'Astrid, ou Loki, peu importe son nom, puisse éprouver des sentiments comme l'amour ou la compassion. Vous avez de la chance qu'elle ait un cœur ! J'ai du combattre un mage noir qui, quand il était enfant, subissait des épreuves équivalentes ! Et il est devenu un monstre assoiffé de sang et de pouvoir ! Astrid ne l'est pas. Bien au contraire, elle se contente de peu et en est épanouie tout simplement parce qu'elle est entourée de personnes qui l'aiment ! C'est tout ce qu'elle n'a jamais demandé et tout ce que vous lui avez toujours empêché d'avoir. »
« Nous l'aimons ! »
« Vraiment ? Quel parent arracherait un enfant à sa mère dans ce cas ? Odin l'a fait ! Par quatre fois ! C'est là que la descente aux enfers d'Astrid a commencé. L'annonce qu'elle était en réalité adopté et un Jotunn n'a fait qu'empirer les choses car elle se sentait déjà exclue et mal aimée. Son état psychologique avant qu'elle ne me rencontre, elle vous le doit ! Vous l'avez presque détruite. Et maintenant qu'elle a à nouveau le bonheur et surtout qu'elle est une victime au même titre que les New-Yorkais, vous lui arrachez tout et la détruisez à nouveau ! Je regrette qu'elle ait décidé de venir ici vous apporter son aide ! Vous ne la méritiez pas ! »
Ils continuèrent leur chemin dans un lourd silence et ils arrivèrent au Bifrost. En moins temps qu'il ne lui en fallut pour le dire, Harry se retrouva sur Terre. Aux Etats-Unis … Il soupira et fit route pour le MACUSA. Il devait vite rentrer en Angleterre et annoncer la terrible nouvelle à ses enfants.
Défi galactique
Défi Sarah et Voirloup n°249 - Placer le mot Proie
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