Séparés

Astrid était allongée dans une couche de glace et chantonnait sans avoir de réelles paroles en tête. Elle n'avait pas grand-chose à faire. Pas de lecture. Elle n'avait pas de cuisine à faire non plus. Elle était juste seule à attendre son 'jugement'. Elle se doutait que vu les problèmes avec les elfes noirs, cela prendrait du temps pour qu'Odin daigne lui accorder un peu de son temps. Elle restait tranquille et se faisait simplement oublier.

Enfin… oubliée… pas pour très longtemps car Thor vint vers elle.

« Mon frère. »

« Sœur. »

« Même si je suis un peu curieux sur pourquoi une apparence de femme, nous n'avons pas le temps d'en débattre. Père va … »

« N'en dis pas plus. Il va me juger. »

« Oui, mon frère. »

« Sœur, » soupira Astrid. « Et si tu veux m'appeler, appelle-moi Astrid, s'il te plait, Thor. Plus Loki. » Elle se leva et s'approcha de la barrière. « Plus jamais. »

Thor l'observa de la tête aux pieds.

« Père demande également à ce que tu prennes ton apparence… »

« Ce ne sera que celle-ci ou mon apparence féminine. Je ne suis plus le Prince Loki. Je n'en prendrais plus l'apparence. Plus jamais. » Astrid changea son apparence pour celle qu'elle avait adoptée durant toutes ces années. « Il devra s'en contenter puisqu'il ne veut pas de ma forme originelle. »

« Il ne sera pas content. »

« Depuis quand je contente les désirs de ton père ? Je n'ai jamais fait que le décevoir, même quand je cherchais à lui plaire. Maintenant, je ne désire plus qu'à être moi-même. »

« Ce Midgardien sorcier m'en a parlé un peu. Il tient beaucoup à toi. »

« En quoi cela te concerne ? »

Thor ouvrit la barrière pour laisser sortir la Jotunn. Astrid eut un sourire en coin quand elle le vit frissonner. Naturellement, le froid de sa petite tanière de glace se diffusait maintenant partout dans la prison.

« Tu ferais bien de t'y habituer. Je suis aussi froide que la glace. »

« Ce Midgardien ne pourrait pas supporter ce froid. »

« Eh bien considère que je ne suis chaude que pour lui dans ce cas. Mais sache-le, il sait pour ma nature de Jotunn et m'accepte comme telle. Je n'ai aucun secret pour lui. Absolument aucun. »

« Pourquoi te croirai-je ? »

« Pourquoi chercherai-je même à te convaincre ? »

« Tu ne voudrais pas te défendre ? Imposer ton point de vue ? »

« Cela fait bien longtemps que j'ai renoncé à convaincre le moindre Asgardien, Thor. Personne ne m'a jamais cru. Sauf peut-être la reine à l'une ou l'autre occasion. Mais pas à chaque fois malheureusement. » Astrid sortit de sa cellule et se plaça devant le prince héritier. « Nous y allons ? »

« Tu sembles bien pressé. »

« Pressée d'en finir, Thor. Quitte à être malheureuse tout le reste de mon existence, autant que cela se fasse aussi loin que possible de l'attention de ton père. »

« Même s'il pourrait être clément avec toi. »

« Clément ? Odin est capable de clémence ? » Astrid ricana. « Si tel était le cas, il irait de ce pas sur Midgard réclamer la potion qui me ferait dire la vérité quelle qu'elle soit. Il n'en fera jamais rien. Il n'a jamais rien fait pour moi. Je n'ai jamais été qu'un pion pour lui, un pion devenu inutile parce que bien trop rebelle et imprévisible. Le mieux qu'il ait à faire, c'est au mieux m'exécuter, au pire m'enfermer pour le restant de mes jours. »

Elle prit la route de la salle du trône en compagnie de celui qui a été pendant très longtemps son frère.

« Essaie de te défendre, Loki. »

« Oublie. Je n'essaierai même pas. C'est une perte de temps et de salive. »

« Tu la gaspilles bien avec moi. »

« Tu te mets au sarcasme et à l'ironie maintenant, » s'étonna-t-elle. « Voilà qui est nouveau. »

« Je n'ai plus mon petit frère pour m'injecter cette petite dose subtile de façon quotidienne. Il a bien fallu que je trouve une solution. »

Astrid ne put s'empêcher de sourire à cette façon détournée de son frère de témoigner son affection.

« Pour répondre à ta question, notre relation n'a jamais été la même que celle que j'ai avec ton père. Même si je n'arriverai probablement jamais à te convaincre, te parler n'a jamais été un gaspillage de salive. Ce n'était rien de plus qu'une relation… fraternelle. »

Ils continuèrent à avancer en silence et avaient presque atteints la salle du trône.

« Loki, attends. »

Astrid s'arrêta et croisa le regard bleu ciel de son frère.

« Quoi ? »

« Ce que tu as dit dans la tour, juste après l'invasion. »

« Etait la vérité, Thor. »

« Je ne t'ai pas abandonné, » fit le Prince en secouant la tête. « Je te le jure, jamais je ne t'aurais abandonné. »

Astrid soupira et se pinça l'arête du nez.

« Ecoute-moi bien, Thor. Je n'en ai rien à faire si tu me crois ou non mais voilà ce que j'ai à te dire. Tu te sentirais comment quand, corps battu et affaibli ou même ton propre pouvoir ne suffit presque plus à pouvoir entièrement te soigner ? Quand tu cries le nom de ton frère et du gardien du Bifrost lui-même pour réclamer leur secours des mois durant et que tout ce qui te répond c'est l'horrible écho de ta voix éraillée à force d'hurler de douleur ? Je t'ai appelé d'innombrables fois. Je t'ai supplié de venir me chercher parce que je ne pouvais même plus me sortir de cette impasse tout seul. J'étais perdu, effrayé… et torturé. Tu m'avais fait la promesse que tu ne me laisserais jamais tomber et que tu viendrais toujours à mon secours quand je t'appellerais. Tu n'as pas tenu ta parole. »

« Je te croyais mort ! » rétorqua Thor pourtant touché par les paroles de la brune. « Si j'avais su que tu avais besoin d'aide, je serais venu. Mais pourquoi envahir Midgard ? »

« Parce que c'était l'ordre qu'on m'avait donné. J'avais le choix entre obéir et résister. Résister signifiait plus de tortures et j'étais à bout, Thor. En attaquant, j'avais une chance d'y réchapper mais aussi de t'alerter. Tu as fait exactement ce que je voulais. Tu m'as stoppé. Tu as empêché l'invasion. Et je m'attendais parfaitement à être jugée pour crime envers l'un des royaumes d'Yggdrasil. Mais à l'époque, je ne voulais pas subir ce sort injuste. »

« Et pourquoi aujourd'hui, tu le fais alors ? Qu'est-ce qui a changé ? »

Astrid se tut.

« Loki. »

« Je ne répondrais pas à cette question, » fit-elle sur un ton catégorique.

« Pourquoi ? »

« Parce que cela n'apporterait que plus d'ennuis et que j'ai suffisamment souffert à cause de vous. Cela n'arrivera plus jamais. »

« Tu pourrais t'enfuir. Tu en as le pouvoir. Pourquoi tu n'as même pas essayé ? »

« Pour que vous capturiez Harry afin de me faire chanter ? De me torturer plus que je ne l'ai déjà été ? Non. C'est la seule façon que j'ai de le protéger de vous. » Elle soupira. « De toute façon, Asgard n'est plus capable de me surprendre. Vous ne pourrez jamais faire pire que les Chitauris. Même si vous essayez, vous en serez à jamais incapables ! »

« Qu'as-tu subi exactement entre les mains des Chitauris ? »

« Notre conversation s'arrête là, Thor, » coupa Astrid en marchant vers la porte. « Nos échanges me manqueront probablement autant qu'à toi. »

Elle poussa elle-même les grandes portes de la salle du trône et s'avança avec assurance vers le roi d'Asgard, sans peur et déterminée à ce que tout cela se termine une fois pour toutes. Tant qu'Harry, Severus et Frieda étaient loin, en sécurité sur Midgard, elle était capable de tout supporter, même la pire des injustices ou des tortures, tout simplement parce que cette fois-ci elle avait quelque chose à protéger avec l'élan du cœur.

« Loki Laufeyson. »

« Je m'appelle Astrid Potter … Laufeydottir, s'il faut insister sur ce dernier point. Loki est mort lors de l'invasion des Chitauris, Roi Odin. »

« Tu es ici pour … »

« Expier les fautes commises sur Midgard il y a une quinzaine d'années. Je vous en prie, Roi Odin, abréger cette pièce de théâtre et énoncer la sentence. Je suis lasse de vos petits jeux avec moi. Enfermez-moi ou tuez-moi, cela n'a aucune importance. »

« Loki. »

Astrid serra la mâchoire.

« Je vous en prie, Mère, ne vous mêlez pas de cela. Et … si vous avez eu un tant soi peu d'amour pour moi, s'il vous plait, appelez-moi Astrid. Loki est mort. »

« Tu es pourtant là. »

« En tant que femme et citoyenne midgardienne, non en tant que prince banni d'Asgard. » Elle détourna le regard de la reine pour fixer le roi dans les yeux. « Votre sentence, prononcez-la. Elle est toute arrêtée, je le sais très bien. Je sais comment cela fonctionne. Plus vite nous en aurons terminé, mieux ce sera pour tout le monde. »

xXxXxXx

Harry transplana devant les grilles de Poudlard et s'avança vers elles. Il fut chaleureusement accueilli par son filleul.

« Qu'est-ce que tu viens faire ici ? » lui demanda James avec un sourire en l'embrassant.

« Je viens apporter une bien mauvaise nouvelle à Severus et Frieda, » soupira-t-il. « Astrid n'est plus là. »

« Quoi ? Comment cela ? Vous avez divorcé ? »

« Non. Nous avons été séparés. Astrid a été récupérée par les siens et … Elle a été arrêtée. »

« Pourquoi ? »

« Tu te souviens de New York ? L'attaque extraterrestre ? »

« Oui mais … quel est le rapport ? »

« Astrid est Loki. »

« Quoi ?! »

Harry arrêta son filleul en le saisissant par le bras pour le calmer.

« Pas de panique. Oui, je suis marié à un dieu nordique qui se déguise en femme et oui, ce dieu nordique a attaqué New York il y a des années. Mais Loki était sous imperium. Ou du moins quelque chose d'équivalent. »

James fronça les sourcils.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Les créatures qui ont envahis New York, ils l'ont torturé pour le forcer à envahir notre planète. Tu connais mon histoire, ce que la guerre nous a fait à ta mère, à moi, à nos proches … »

« Scorpius m'a l'une ou l'autre fois parlé de ce que son père a du faire comme sacrifices et ce qu'il risquait s'il n'obéissait pas. » Le jeune homme inspira. « Je peux t'aider ? »

« Dans l'immédiat, pas vraiment. Je ne sais pas trop ce que je peux faire. Déjà commencer par informer mes enfants de la situation serait un bon début. » Ils firent quelques pas. « Et ne dis rien à ta mère ou ton oncle concernant Astrid. »

« Pourquoi ? »

« Même si aux yeux des sorciers, Astrid a été innocentée, les Moldus la recherchent toujours activement. Si jamais ta mère apprend que mes enfants sont à moitié extra-terrestres, que crois-tu qu'elle va faire alors qu'elle me hait comme la peste et est prête à faire n'importe quoi pour me faire souffrir ? »

« Elle risque de faire une grosse bêtise comme prendre contact avec ces Moldus ? »

« Exactement. Astrid s'est sacrifiée et a caché l'existence de nos enfants au peuple qui l'a élevée uniquement pour les protéger. »

« Tu en es sûr ? »

« Certain. Elle me l'a dit en jouant avec les mots comme seule elle peut le faire. Elle aime ses enfants et en a déjà perdus quatre en quelque sorte. Elle n'en perdra pas d'autres. »

« D'accord. » Ils pénétrèrent dans le château et prirent le chemin de la Grande Salle. « Tu as de la chance, ils sont tous les deux à l'étude. »

« Quoi ? Même Frieda ? »

« Oui, même elle, » sourit James. « Elle est plutôt bonne élève. Et Severus… »

« … est un jeune garçon particulièrement intelligent avec un la salle manie de ton oncle à faire des farces, je sais. Il tient ça de sa mère… et de mon père. »

« Ca a sauté une génération ? »

« Pas vraiment, » répondit Harry. « J'étais juste bien trop en danger tout le temps pour réfléchir à faire une farce digne des Maraudeurs. »

« Ah … les célèbres Maraudeurs… » James rit doucement et secoua la tête. « Miss et Mr Potter, » fit-il ensuite en entrant dans la salle.

Les têtes des élèves et du surveillant se dirigèrent vers les deux nouveaux arrivants.

« Papa ? » firent directement Severus et Frieda.

« Venez, les enfants, » dit directement Harry. « Nous devons parler. C'est important. »

Les deux enfants se levèrent avec leurs affaires et rejoignirent leur père, intrigués.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda Severus en arrivant à sa hauteur.

« Pas ici. »

« Dans mon bureau ? » proposa James. « Suivez-moi, » fit-il après un signe de tête d'Harry.

Il ne leur fallut pas plus de dix minutes pour arriver dans son bureau.

« Qu'est-ce qu'il y a, Papa ? » demanda Frieda. « Pourquoi tu es là ? Et Maman, elle est où ? »

Harry soupira et demanda à ses enfants de s'asseoir. Il en fit autant.

« Votre mère est à Asgard, les enfants. Elle... elle y est retenue prisonnière. »

« Mais… elle avait le pouvoir de s'enfuir ! » s'exclama Frieda. « Elle nous apprit comment nous battre ! Comment user de notre pouvoir de glace ! Rien ne peut l'égaler ! Surtout pas le sien ! »

« Elle ne s'est pas battue, » expliqua brièvement Harry.

« Pourquoi ?! »

« Pour nous, » comprit Severus qui avait l'intelligence vive de sa mère. « Si elle s'enfuyait, elle aurait été traquée, et nous aussi. Elle nous protège. »

« Exactement. »

« Mais comment elle s'est retrouvée là-bas en premier lieu ?! »

« Une attaque a eu lieu à Asgard, » répondit Harry. « Nous y sommes allés et nous avons sauvé une personne importante dans le cœur de votre mère. »

« La reine, je suppose, » commenta Severus.

« Maman a toujours dit qu'elle ferait presque n'importe quoi pour sa mère. »

« Ils sont fort liés l'un et l'autre, » confirma Harry. « Votre mère l'aime beaucoup. Et elle vous aime tout autant, voire même plus. Je voulais que vous soyez au courant. »

Ses deux enfants vinrent directement l'enlacer et ils restèrent ainsi un moment. Harry réconforta ses enfants.

« Promettez-moi une chose, les enfants, » fit-il en les écartant pour les regarder dans les yeux. « Tant que je n'ai pas trouvé une solution, n'utilisez votre pouvoir de glace ou tout autre chose que votre mère vous ai apprises uniquement si vous êtes en danger de mort ou en contact avec des Asgardiens. Vous pouvez faire ça pour moi ? »

« Promis, Papa, » firent-ils. « On ne les utilisera qu'en cas d'urgence. »

« Et pas avec des terriens, » ajouta Severus avec sérieux.

Harry baisa ses deux enfants sur le front.

« Je vous aime. »

« Nous aussi, on t'aime Papa, » fit Frieda. « Mais tu ne peux rien faire pour Maman ? »

« J'y réfléchis, » fit le père. « Je vais informer par contre Dudley et Drago de la situation également. Si jamais je dois m'absenter, ils s'occuperont de vous. »

« D'accord, » dit directement Severus. « Mais sois prudent Papa. Se battre contre des Asgardiens est autre chose que Voldemort. »

« Qui t'a dit ça ? »

« Maman nous a parlé d'Asgard et de leurs guerriers et pour la guerre, j'ai ouvert des livres d'histoire. »

« Ah. » Harry sourit. « Ta mère serait contente d'apprendre que tu es si sérieux dans tes études. »

« Je préférerais qu'elle me le dise elle-même. »

« Elle te le dira, » promit Harry. « Je vais tout faire pour la ramener. Je vous le promets. »

Il embrassa encore ses enfants avant de se tourner vers James.

« Je veille au grain, » promit-il à son parrain. « Et je resterai en contact avec Drago Malfoy également. Tu as besoin de quelque chose, même un coup de main, je répondrai présent, quoi que puisse dire ma mère ou Oncle Ron. »

« Merci, James. »

« Nous sommes une famille. Décomposée et recomposée, apparemment avec des sangs de différentes origines et des pouvoirs venant d'au-delà du cosmos mais nos liens restent les mêmes. Les liens du cœur. Personne ne pourra nous les arracher et même si je n'en ai plus le nom depuis longtemps, je reste encore un Potter dans l'âme. »

Harry sourit et serra son filleul dans ses bras pour le remercier. L'instant suivant, il partait et quittait Poudlard. Là, il prit directement la direction du Manoir Malfoy. Il allait kidnapper quelques instants Drago pour le ramener chez Dudley. Il allait parler aux deux hommes en même temps afin de ne pas perdre de temps.

Il grogna rien qu'à l'idée d'avoir affaire à la fouine en colère dans toute sa splendeur. Décidément, Asgard se targuait d'être protectrice et bienveillante sur le papier, dans les faits elle foutait la merde partout sur Midgard et n'était même pas foutue de chercher la vérité ! C'est tellement plus facile de s'en prendre au parfait bouc émissaire !

xXxXxXx

Astrid pénétra dans ses appartements. Etrangement, la sentence d'Odin avait été clémente. Et c'était pire que tout. Enfermée dans ses quartiers comme un enfant pas sage jusqu'à nouvel ordre. Elle avait eu droit à cette clémence grâce à Thor et la reine Frigga. Surtout la reine.

Le seul bémol dans cette histoire était que le roi avait usé de bracelets magiques pour l'obliger à apparaître devant que d'une seule façon, en tant que Loki. Il rejetait sa nature jotunne et aussi la nouvelle identité qu'elle s'était forgée.

C'était pire que tout à ses yeux.

Astrid se dirigea vers le miroir de plein pied qu'elle avait dans sa chambre et s'observa un instant. Elle retrouvait ces traits masculins qu'elle avait depuis longtemps abandonnés. Elle ne pouvait pas les effacer. Elle ne pouvait même pas être un Jotunn ou même prendre une forme animale. Elle était bloquée dans ce corps, cette apparence, jusqu'à ce qu'Odin en décide autrement et lui ôte ces bracelets qui lui enserraient désagréablement les poignets.

Sinon, pour le reste, elle avait toujours une grande partie de sa magie. Juste limitée à ses quartiers. Comme d'habitude quand il était puni comme un enfant pas sage…

Eh bien soit. Elle vivrait avec. Pour commencer, réorganiser ses appartements. Après tout, elle avait changé en plus de quinze ans. Elle avait encore des intérêts semblables mais en élevant ses enfants, elle s'était ouvert à d'autres activités et hobbies.

En somme, elle avait du travail à faire.

xXxXxXx

Harry passait beaucoup de temps à faire de recherches dans la vieille bibliothèque des Black mais également celle des Potter et des Malfoy. Drago avait accepté, vu la situation et après explication de qui était réellement Astrid, de lui laisser libre accès à son immense bibliothèque. Le Sang-Pur l'aidait même à l'occasion dans ses recherches.

L'idée était de trouver un moyen de voyager jusqu'à Asgard ou de trouver un moyen non létal de communiquer avec Helheim puisqu'il n'arrivait pas à se servir de la pierre de résurrection en ce moment. Et quand bien même il y arriverait un jour, ce ne serait que pour parler avec ses parents et non Hela elle-même.

Des mois s'écoulèrent et l'année scolaire se termina sans qu'Harry n'ait trouvé une solution. Astrid n'était pas prête d'être libérée. Heureusement, ses enfants étaient compréhensifs. Tristes, en colère, inquiets mais très compréhensifs. C'était un autre royaume, dès lors les démarches étaient beaucoup plus limitées pour ne pas dire nulles.

« Encore un échec ? » demanda Drago un soir alors qu'ils logeaient tous au Manoir Malfoy.

« Oui, » répondit Harry dans un soupir.

L'homme se tourna et vit le Sang-Pur lui tendre un verre de whisky. Il l'accepta volontiers après cette énième longue journée plongé dans de vieux grimoire poussiéreux.

« A croire qu'on ne trouvera jamais une solution à ton problème… »

« Techniquement, j'en ai une, » soupira Harry en faisant tournée la chevalière des Gaunt qu'il portait dorénavant en permanence sur lui.

Il en valait de même pour les deux autres reliques.

« Mais elle n'est pas envisageable dans l'immédiat. »

« Pourquoi cela ? »

« Parce que cela signifierait mourir et abandonner mes enfants. » Il trinquait avec le blond. « Et je pense que tu me connais suffisamment pour savoir que ce n'est pas près d'arriver. »

« Pas tant que tes enfants ont besoin de toi, » confirma Drago avec un hochement de tête. « Tu es un père dévoué avant d'être un mari fidèle. Une qualité que toute femme digne de ce nom accepterait avec bonheur. Savoir que la famille est en sécurité entre les mains d'un homme de confiance… »

« On ne peut pas dire que cela a toujours été le cas… »

« Tu as fait ce que tu as pu pour Albus et Lily, Harry. Tout le monde le sait. Tu étais le meilleur d'Angleterre et tu as travaillé jusqu'au bout pour Lily. Tu n'as jamais renoncé. Astrid te connait et sait que tu feras le choix qui s'impose pour vos enfants. Sinon pourquoi t'aurait-elle renvoyé ici ? »

« Je sais que tu as raison, Drago… Mais cela n'empêche pas que c'est dur. La savoir là-bas sans possibilité de la contacter. L'impossibilité d'aller là-bas car les portes du Bifrost sont fermées à tous les Midgardiens depuis des siècles. Il ne me reste plus que les chemins oubliés ou Helheim. Mais même là, ces savoirs sont très anciens et pour la plupart oubliés à cause des législations de plus en plus restrictives envers les anciennes magies… »

« Mais fidèle à toi-même, tu ne renonces pas. »

« Pas encore, » confirma Harry. « Mais viendra un jour où, quand Severus et Frieda n'auront plus besoin de moi, je ferai ce que j'ai à faire pour sauver ma femme. »

« Même si cela signifie mourir ? »

« Oui. J'ai un statut particulier. »

« Lequel ? »

« Tu te souviens de mon mariage ? »

« Comment l'oublier ? Même le mien n'a pas été aussi magnifique ! A mon grand regret. »

« Les mots de la prêtresse, tu t'en souviens ? »

« Hmmm… vaguement… »

Harry rit doucement.

« Je suis Maître d'Helheim techniquement. Enfin… je le serai à ma mort. »

« Comment cela se fait ? »

« Un acte que j'ai fait de mon vivant, durant la guerre. Je ne te dirais pas quoi car il faut que je le reste pour que mon plan fonctionne si je me résigne à cette solution. Mais les faits sont là, je suis destiné à en devenir le Maître en compagnie de ma belle-fille. »

« Tu t'es engagé sur un plan hautement plus élevé que le nôtre en te mariant à Astrid. »

« Je sais. Et je l'ai fait par amour. »

« Tu savais que tu aurais autant d'ennuis ? »

« Je savais les risques concernant Astrid et son possible rapatriement et enfermement. Je ne savais pas pour mon statut. Mais d'un autre côté, ce n'est pas plus mal que je l'ai. Il faut juste que je comprenne tous les tenants et aboutissants et que je puisse me servir des pouvoirs que cela incombe… »

« Quelle que soit ta décision, sache que même si c'est la pire, je serai toujours là pour ta famille. » Drago soupira. « Même les deux Dursley, même s'il est peu probable qu'ils aient un jour besoin de moi vu leur âge. »

« Viendra un jour où ce sera nous qui aurons besoin d'eux. »

« Peu … probable. »

« Je parlais des enfants en général. »

« Ah. Peut-être. »

Ils n'échangèrent plus que quelques mots sur des sujets plus légers avant qu'Harry aille se coucher, épuisé.

xXxXxXx

Des coups furent donnés à sa porte. Astrid ne répondit pas dans un premier temps. Elle n'avait pas envie d'avoir affaire à quiconque à Asgard. A vrai dire, pas même la reine. Même si elle avait usé de son influence pour qu'elle ait la clémence d'Odin, elle la croyait réellement coupable des horreurs de New York. Pas responsable, juste coupable. C'était cela le pire et cela la blessait énormément.

Toutefois, elle ferma son livre et se leva quand on essaya d'ouvrir sa porte. Personne n'y arriverait, elle avait depuis longtemps ensorcelé ses appartements. Mais elle ne voulait pas qu'on abîme sa porte pour autant. Si elle avait pu placer le sortilège du fidelitas, empêchant ainsi quiconque de non invité de voir quoi que ce soit à l'intérieur, pas même Heimdall, elle ne savait pas trop ce qu'il en était pour le son.

Elle ouvrit la porte et sortit pour la mettre contre et empêcher quiconque de voir ce qu'i l'intérieur et ainsi briser le fidelitas par inadvertance.

« Vous interrompez ma lecture une fois de plus et ce livre deviendra une arme mortelle, » fit-elle en préambule à son visiteur.

Elle en avait marre d'être dérangée par les gardes. Là pour le coup, il s'agissait de Thor et ses amis. Sif eut un ricanement.

« Comme si tu étais une menace pour nous, Loki. A la moindre erreur de ta part, tu es en prison. »

« Et c'est pour cela que vous me cherchez, n'est-ce pas ? Pour que je commette une erreur ? »

« Ce serait tentant, » fit-elle avant d'être interrompue par Thor.

« Nous sommes venus te chercher pour que tu nous accompagnes à la chasse. »

« Sans façon. »

« Parfait, » sourit Sif.

« Je ne te laisse pas le choix, Loki, » contra Thor.

« Et qu'est-ce qui pourrait me forcer à vous suivre ? »

« Un ordre de Père. »

« Hmmmpff. »

Astrid s'examina un instant et jugea sa tenue correcte pour faire du cheval. Elle ne ferait rien d'autre. Une petite balade lui ferait peut-être un peu de bien. Elle ne chasserait pas toutefois. Elle leur laisserait ce plaisir. Elle ferma plus soigneusement sa porte et y apposa différents sortilèges, ases et midgardiens, afin d'empêcher quiconque d'y entrer.

« Très bien. Puisque je n'ai guère le choix, je vous suis dans votre activité barbare. »

« Ce n'est pas une activité barbare, » grognèrent les guerriers.

« Vous m'en direz tant. Tout ce qui fait couler le sang est barbare à mes yeux. »

« Et depuis quand, Mr j'envahis un royaume et cause la mort et la destruction sur mon passage ? » demanda Sif, mauvaise.

Astrid soupira et fit un simple geste vers le couloir pour les inviter à passer devant. Jamais elle n'accepterait avoir un guerrier asgardien derrière lui au risque de se faire attaquer. Elle n'était pas stupide.

« Vous attendez quoi ? Le déluge ? »

« Le déluge ? »

« Ragnarok ? » grinça-t-elle des dents en guise d'explication.

Thor comprenant où elle venait en venir, ne fit que soupirer et prit la tête. Les guerriers le suivirent et Astrid ferma la marche. Ce serait potentiellement une longue journée…

Ils se rendirent à l'écurie et Astrid sella rapidement son cheval. Elle le flatta longuement avant de se mettre en selle. Elle agita ses cheveux et les releva en un chignon lâche pour ne pas en être gênée lors de la chevauchée. Elle suivit ensuite les autres au pas à travers la ville. Le regard des citoyens sur lui, empli de haine, lui rappela qu'elle avait cette apparence masculine qui ne la définissait plus depuis longtemps.

Elle donna un coup de talon et dépassa les quatre guerriers et Thor pour sortir plus rapidement de la ville et ne plus subir ces regards qui l'énervaient. Elle entendit le bruit des sabots la suivre bien plus rapidement et sut que Thor avait lui aussi accéléré le pas.

« Tu n'as pas l'intention de t'enfuir, n'est-ce pas ? »

« Pour que tu ailles t'en prendre à mon mari après ? » siffla-t-elle en retour sans même le regarder. « Même pas dans tes rêves les plus fous. »

« Alors pourquoi accélérer le pas ? »

« Cette apparence me rend malade, Thor. Tout simplement. Je suis une femme ! »

« Alors là, on a tout entendu, » ricana Sif en arrivant à leur hauteur. « Toi, une femme. Même une femme a plus d'honneur que toi ! Une femme s'assume au moins ! »

« Je n'ai que faire des propos d'une guerrière qui a le béguin sur l'héritier du trône ! Je suis une femme mariée et une épouse modèle qui a choisi de se sacrifier pour la survie de son mari. Mais aucun asgardien ne pourrait comprendre quel est le véritable pouvoir de l'amour ou de la magie. »

« Explique-nous, » proposa Thor.

« Expliquer la magie à des à des guerriers d'Asgard est aussi facile qu'apprivoiser une acromentule. Tu m'excuseras, Thor, mais je ne suis malheureusement pas Rubeus Hagrid. Ce que tu me demandes est impossible. »

« Pourquoi cela ? »

« Parce que vous êtes réfractaires à la magie, tous autant que vous êtes. Un comble pour toi, Tonnerre. »

« Pourquoi tu dis cela, mon frère ? »

« Sœur ! » s'écria Astrid, énervée. « Je suis éventuellement ta sœur ! Plus ton frère ! Cette … cette apparence ne convient plus ! C'est Odin qui m'oblige à la garder sans possibilité d'en changer ! Je ne peux même pas prendre ma forme originelle ! Je suis bloquée dans cette enveloppe que j'exècre juste parce qu'il espère que tout redeviendra comme avant ! Il n'en est rien ! Plus rien ne sera jamais comme avant ! Jamais ! » Elle donna un coup de talon et fit partir son cheval au galop. « Yaah ! »

« Mais qu'est-ce qui lui prend ? » demanda Fandrall

« Il souffre, » répondit Thor à son ami. « Enfin, je crois. »

« C'est de Loki qu'on parle, » ricana Sif. « C'est impossible. »

« Justement, je pense que si, » soupira le prince. « Nous ne le connaissons finalement pas. »

Astrid, avec son ouïe fine, les entendit mais ne s'arrêta pas et continua sur sa lancée à travers les bois.

Il ne fallut pas beaucoup de temps à Thor pour le rattraper. Toutefois, ses quatre amis n'étaient pas là.

« Tiens, tiens… tu lâches tes amis pour moi… C'est nouveau ? »

« Ils sont partis traquer des traces de gibier. »

« Considérant le fait que je suis actuellement sur des traces de gibier, c'est une perte de temps, tu peux les appeler. »

Son cheval était effectivement sur quelques traces. Il ne les avait pas cherchées, c'était juste un coup du sort.

« Discutons d'abord. Il faut que tout cela cesse. »

« Que quoi cesse, Thor ? » soupira Astrid.

« Ton comportement. »

Elle fit arrêter sa monture et se retourna sur sa selle.

« Mon comportement ! Tu te fous de ma gueule, Thor ?! J'ai quitté mon mari et je suis une prisonnière exemplaire ! Je ne fais pas de vague et je ne tente pas de m'enfuir ! »

« Tu n'es pas un prisonnier… ou prisonnière… peu importe. »

« Pas pour moi ! Je me sens femme, Thor ! Et je me sens enfermée ! Je ne peux pas vivre avec mon mari comme je l'entends ! Je ne peux pas paraître comme je le souhaite ! Et on me traite comme si j'étais un enfant pas sage ! »

« Tu es un enfant pas sage. Ton comportement lors de l'invasion l'atteste ! »

« J'AI SAUVE MIDGARD ! »

« Alors dis-moi comment ! »

« En donnant l'alerte ! Tu crois vraiment que si je voulais vraiment dominer le monde, je l'aurais fait de manière aussi frontale et stupide ?! Je ne suis pas comme toi, Thor. Je ne me bats pas à la force de mes poings ! Je réfléchis, je manipule et je joue de ruses pour arriver à mes fins ! Dans ce que j'ai fait, il y a quinze ans. Il n'y a rien de tout ça. Rien n'était subtil. J'ai agi comme tu l'aurais fait afin de donner l'alerte et que tu m'arrêtes parce que j'étais moi-même prisonnière ! »

« Prisonnier de qui ? » Astrid détourna le regard et serra les rênes. « Parle-moi, Loki. »

« Il s'appelle Thanos. C'est un seigneur de guerre. Il a à son service toute une armée de mercenaires. Il en a même adopté certains si j'ai bien compris. Les chitauris que tu as vus, ce n'étaient que des fantassins. Ce n'est rien comparé à sa véritable puissance. Et comme tu l'as tenu en échec, il reviendra pour toi. »

« Quoi ? »

« Tu es la cible de l'Ordre Noir, mon frère. Prends garde à toi car je serai impuissante contre lui. »

En entendant des bruits de sabots, Astrid sut que les quatre guerriers se rapprochaient. Elle fit faire un demi-tour à sa monture et fit route pour la cité.

« Où vas-tu ? » demanda Thor.

« Je retourne au palais, » répondit-elle en faisant de son mieux pour cacher ses émotions.

« Mais nous… »

« Chasse si cela te plait. Réfléchis si cela te plait. Fais ce que tu veux. Mais ne me tourmente plus à faire une activité que j'exècre sous prétexte que tu veux me parler ! »

Sur ces mots, elle partit au galop pour Asgard.

« Quelle mouche le pique ? » demanda Fandrall. « Il adore chasser pourtant. »

Un chat argenté et brumeux vola vers eux et la voix d'Astrid s'en échappa.

« J'ai toujours détesté la chasse ! » corrigea-t-elle avec colère.

Le chat disparut en volutes de fumées et laissa les cinq guerriers sans voix pendant un moment.

« C'était quoi ça ? » demanda Sif. « Loki a appris de nouveaux tours ? »

« Il semblerait, » soupira Thor. « Mais pour une fois, celui-ci n'a rien à voir avec les farces qu'il faisait autrefois. »

Ils suivirent la piste laissée par un cerf mais le prince n'avait déjà plus autant d'entrain que ses amis. Il réfléchissait à ce que son frère, ou sa sœur – il ne savait plus sur quel pied danser avec Loki – lui avait dit. Il était triste de le voir ainsi si en colère, si triste, si esseulé, et il était même sûr d'avoir vu pendant un instant de la peur dans son regard, juste au moment où il parlait de Thanos et de l'Ordre Noir. Qui qu'il puisse être, cet être devait vraiment être puissant pour effrayer ainsi son petit frère.


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