Bonjour !
Jour 8, encore un peu de tristesse, j'en suis navrée.
Merci beaucoup pour vos reviews !
Bonne lecture.

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Jour 8 :
- Prompt : Aromantisme
- Contraintes : Période Maraudeurs ; Narcissa ; Salle de bain des préfets ; Loup-garou ; Anaphore ; "Je suis ce que je suis et je n'en ai pas honte. 'Ne jamais avoir honte', voilà ce qu'il disait, mon vieux père. Il y en a toujours qui te reprocheront quelque chose, mais ils ne valent pas la peine qu'on y fasse attention." ; Insérer un OC


Indifférente

— Quoi ‽ hurla Cygnus.

— Je refuse d'épouser Sirius, répéta Andromeda, les bras croisés, le menton relevé, le regard incendiaire.

— C'est le mari qu'on a choisi pour toi, insista Druella, ses parents ont accepté de le marier à seize ans. D'ici là, tu devras rester à la maison.

— Non. Je suis amoureuse de Ted, je vous l'ai déjà dit.

— Un né-moldu ? Et pourquoi pas un loup-garou tant que tu y es !

— Hé bien, puisque c'est comme ça, je m'en vais !

Andromeda partit en claquant la porte.

Allongée dans l'immense baignoire de la Salle de bain des Préfets, Narcissa réfléchissait. Cela faisait deux ans qu'elle n'avait aucune nouvelle de sa sœur. S'était-elle mariée avec ce garçon ? Était-elle heureuse ? Narcissa pouvait-elle aussi refuser de se marier à l'homme qu'on lui avait promis ?

Le visage de Lucius Malefoy s'invita dans ses pensées et elle le repoussa. Elle n'avait pas envie de l'épouser. En réalité, elle ne voulait épouser personne. La nouvelle était arrivée peu de temps après qu'Andromeda ait été reniée. Ses parents voulaient visiblement éviter un nouveau drame et avaient préféré prévenir leur benjamine avant la fin de ses études. Son futur mari avait déjà quitté Poudlard, mais elle se souvenait de lui. Il était courtisé par de nombreuses jeunes filles qui se pâmaient devant lui, mais il lui était indifférent.

Ses amies collectionnaient les amourettes et essayaient de tomber enceintes pour mettre le grappin sur un bon parti. Elles tombaient amoureuses trois fois par an. Elles s'amusaient, disaient-elles, beaucoup. Narcissa n'en voyait pas l'intérêt. Ils la laissaient tous indifférente. Narcissa ne comprenait pas, l'idée même d'être touchée par quelqu'un la révulsait et envisager de partager sa vie avec Lucius la dégoûtait. Elle voulait être seule. Elle voulait être indépendante. Elle voulait être libre.

Demain, le Poudlard Express la ramènerait à Londres et sa vie changerait peu après. Tout était préparé pour un mariage en grande pompe pendant l'été. Mais Narcissa ne voulait pas ça. Pouvait-elle refuser de se marier à l'homme qu'on lui avait promis ? Son amie Freya pensait que oui. Mais Narcissa avait peur. Peur de ce qu'elle était. Peur de ce qu'elle ressentait. Peur de ce qu'elle ne ressentait pas. Tout était là, en réalité. Narcissa ne ressentait pas. Freya disait qu'elle était unique et que c'était beau d'être unique. Mais Freya ne pouvait pas comprendre. Elle était issue d'une famille plus ouverte que la sienne, elle n'avait pas été reniée par ses parents pour sa répartition à Serdaigle comme l'aurait été Narcissa si elle avait laissé le Choixpeau le faire. Freya s'affichait avec des filles dans la Grande Salle pendant que Narcissa se cachait pour parler avec elle. Freya disait :

— Je suis ce que je suis et je n'en ai pas honte. « Ne jamais avoir honte », voilà ce qu'il disait, mon vieux père. Il y en a toujours qui te reprocheront quelque chose, mais ils ne valent pas la peine qu'on y fasse attention.

Pouvait-elle avoir raison ?

L'eau refroidissait. Narcissa sortit de la baignoire et se sécha avec des gestes automatiques. Elle renfila son uniforme et rejoignit son dortoir pour terminer sa valise. Sur le quai de Pré-au-lard le lendemain, elle croisa le regard de Freya.

Pouvait-elle avoir raison ?

Narcissa ne détourna pas ses yeux du paysage qui défilait par la fenêtre jusqu'à leur arrivée à Londres. Elle empoigna sa valise, descendit les marches du wagon et aperçut ses parents. Une main se posa sur son épaule pour attirer son attention.

— Bonne chance.

— Merci Freya, toi aussi.

Narcissa releva les yeux. Lucius était avec eux, un bouquet entre les mains. Il souriait. Elle avança d'un pas. Puis un autre. La liberté, ça n'existait que dans les contes pour enfants. Narcissa avait un devoir à accomplir. Après tout, on lui demandait de l'épouser, pas de l'aimer.