Bonjour à toustes,

Petit ficlet du jour, avec un Peter un peu seul et en détresse !
Bonne lecture !

...

Jour 14 :
- Prompt : Nouveaux pronoms
Contraintes : Période Maraudeurs ; Ecrire à la 3e personne ; Volière ; « Il fait sombre dans ce placard » ; Insérer un OC


L'ange gardien

Peter avait l'oreille collée au panneau de bois et il écoutait. Il tentait de deviner au son des voix, à la pesanteur des pas, qui venait dans la volière. C'était un de ses jeux préférés parce qu'il était seul pour y jouer et que personne ne se moquerait s'il se trompait. D'ailleurs personne ne connaissait ce jeu. Et personne ne connaissait sa cachette. Il l'avait découverte peu après son entrée à Poudlard, par hasard, alors que sa lettre avait roulé jusque là. Curieux, il avait mis son doigts dans le trou du plancher, entre la paille souillée de fientes et le panneau s'était débloqué. C'était un réduit qui avait peut-être servi à stocker des choses autre fois, il n'y avait désormais plus que des plumes et des courants d'air. Quand il se sentait trop seul ou quand on riait de lui, il venait là.

Des pas lourds résonnèrent au dessus de lui et il se tordit le cou pour écouter. De la poussière tomba sur le bout de son nez. Il éternua bruyamment.

— Qui est là ?

Peter plaqua ses mains sur sa bouche. Quelqu'un prononça une formule qu'il ne connaissait pas et une lumière dorée le traversa. Quelques instants plus tard, la trappe s'ouvrait et la lumière du jour lui faisait plisser les yeux.

— Qu'est-ce que tu fais là ?

— Rien du tout, grommela Peter d'une petite voix fluette.

Zut, il détestait quand sa voix faisait ça.

— Il fait sombre dans ce placard. Tu te caches ou on t'a enfermé ?

Le ton était curieux, pas agressif pour une noise. Peter leva le regard vers le haut. Un immense garçon, costaud et au visage carré le fixait. Il y avait un semblant de sourire sur ses lèvres et il lui tendit la main.

— Je me cachais.

— Mais pourquoi ?

Peter haussa les épaules. Il n'avait pas envie de raconter toute sa vie à ce grand dadais de Poufsouffle. Il ne comprenait sûrement pas. La main tendue attendait toujours alors Peter la saisit et sortit de sa cachette. Il lissa les pans de sa cape et de sa jupe avec fébrilité pour retirer la saleté.

— Comment tu t'appelles ?

— Abi… Peter, répondit-il finalement en se reprenant.

— Abi ou Peter ?

— Peter.

Le garçon haussa un sourcil et le parcourut de haut en bas.

— Pourquoi tu portes l'uniforme des filles ?

— Parce que tout le monde croit que je m'appelle Abigail, murmura Peter avec les joues en feu.

— Mais tu t'appelles comment en vrai ?

— Peter, insista-t-il. Mais mes parents ont choisi Abigail, ils ont cru que j'étais une fille.

— Oh, je vois. Pourquoi tu dis pas à tout le monde que t'es un garçon dans ce cas ? Tu peux aller voir le professeur Dumbledore, il modifiera. Il a l'air impressionnant, mais il est pas méchant.

— Le directeur me fait un peu peur. Et puis, j'en ai parlé à quelqu'un, mais des filles ont entendu et se sont moquées. Depuis elles m'appellent exprès très fort dans les couloirs « LA petite grosse stupide ».

— Et ce quelqu'un se moque aussi ?

— Oh non, Lily est très gentille, elle a accepté tout de suite de m'appeler Peter et de dire il, mais je lui ai demandé de ne pas en parler.

Le garçon lui tendit de nouveau la main.

— Au fait, je m'appelle Aaron. On va aller voir ta directrice de maison, une fois qu'elle aura changé tout ça sur les registres, plus personne ne pourra se moquer. J'y veillerai.

Peter hésita. Il n'y croyait plus vraiment, cela durait depuis trois ans. La main d'Aaron était pourtant tentante, s'il l'avait accepté, peut-être que les autres pourraient aussi. Peter rêvait de pouvoir dire à tout le monde qu'il était un garçon et qu'il voulait changer de dortoir. Il aimait bien ses copines, mais il ne se sentait pas à sa place avec elles. Il posa sa paume dans celle de son nouvel ami, elle paraissait petite dans celle de ce grand qui devait être en dernière année. Les doigts tièdes se refermèrent sur les siens et Peter eut alors la certitude que tout allait bien se passer. Et si ce n'était pas le cas, il avait désormais une sorte d'ange gardien.