Bonjour à toustes,

Désolée pour l'absence depuis quelques jours, la vie est parfois impossible à concilier avec une écriture quotidienne.
Attention, ce texte est triste.

Bonne lecture !

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Jour 7 :
- Prompt : Homophobie
- Contraintes : Période Maraudeurs ; Remus Lupin ; Le lac ; Anaphore ; Terminer le texte par un point d'interrogation
Attention, pour ce texte, il y a des TW : pensées suicidaires, homophobie, homophobie internalisée


Monstre

Les genoux remontés sous son menton, Remus observait le lac. Enfin, c'était un bien grand mot. Il réfléchissait. Non, il cogitait. Non, il ruminait.

La nuit tombait sur Poudlard et la Lune montrait son premier croissant. Remus aimait cette période autour de la nouvelle Lune, quand le loup ne l'influençait presque pas, quand ses pensées n'étaient pas parasitées par le monstre qui avait élu domicile dans sa carcasse trop maigre.

Il était trop anormal pour ce monde. Il n'aurait jamais sa place nulle part. Il savait que dès sa majorité – qui approchait beaucoup trop vite – il devrait s'enregistrer au Ministère. Il serait considéré comme une créature dangereuse. Rien d'autre. Une bête sanguinaire. Pour une transformation une fois par mois. Une transformation dont il n'était pas responsable et dont il ne voulait pas. Il savait aussi qu'il ne serait jamais heureux. Trouver du travail serait difficile, quand bien même il était presque en tête de leur année, mais trouver l'amour serait impossible.

Ce monde rejetait les gens comme lui. Il les avait entendus, chez les moldus et chez les sorciers. Sale pédé. Tafiole. Monstre. Remus était un monstre, il le savait depuis longtemps. Avoir compris qu'il était tombé amoureux de son meilleur ami n'avait fait que le confirmer. Son seul espoir était que personne ne se rende jamais compte de rien. Il pourrait essayer de sortir avec la petite Amber qui lui courait après depuis des mois, ça ne serait pas si terrible qu'il sache qu'il ne l'aimerait jamais. Qu'il ne la désirerait jamais. Il ne serait qu'à moitié un monstre, ça serait mieux que rien.

Remus soupira. Il n'avait pas la moindre envie de se coltiner Amber. Elle était gentille, mais elle gloussait trop et elle avait trop de seins. Il n'aimait pas les seins, ce n'était quand même pas de sa faute. Mais s'il ne sortait avec aucune fille, on lui poserait des questions. Les autres finiraient par trouver ça bizarre. Même Peter sortait avec Mary depuis peu. Mais il ne supporterait pas le regard dégoûté de ses amis s'il devait justifier pourquoi il n'était avec aucune fille. Il ne voulait pas les voir lui tourner le dos. Il craignait la peur dans leur regard dans le dortoir s'ils savaient la vérité. S'il savait. Plus jamais il n'aurait le droit de dormir dans son lit parce qu'il avait encore fait un cauchemar. Plus jamais il ne le laisserait caresser ses cheveux pour le réconforter après la énième lettre de ses détestables parents. Plus jamais il ne s'endormirait la tête sur son épaule dans la salle commune. Il le détesterait. Peut-être même qu'il le traiterait de déviant.

Avec un geste rageur, Remus essuya les larmes qui dévalaient ses joues. Il n'avait pas demandé à être comme ça. Il n'avait pas demandé à être un loup-garou. Il n'avait pas demandé à être gay. Il voulait que tout cela change. Il souhaitait que ça s'arrête. Le lac était noir maintenant et les étoiles se reflétaient dedans. C'était beau. Tout le contraire de lui. Il serait si facile de s'y plonger et d'y sombrer, n'est-ce pas ?