Chapitre 6 :

— Vous avez viré Killian ? Dit Emma, hallucinée.

— Disons que je n'ai pas besoin de personnes comme lui dans mon équipe. Je respecte toujours grandement le choix de mes partenaires, même si rares sont les refus que j'ai dû essuyer mais si on ne respecte pas mon choix, je suis intransigeante. Ça a été le cas de M. Jones, qui est allé jusqu'à m'attraper par les hanches pour arriver à ses fins.

Emma ne cessait d'être surprise. Était-ce réellement l'homme qu'elle avait connu ? Où était-ce simplement toujours un flic avec de grandes responsabilités qui s'amuse avec une femme qui en a presque tout autant. Jusqu'au beau jour où le pouvoir se perd et la sincérité avec…

— Je… je suis désolée. Je veux dire, je vous présente toutes mes excuses pour le comportement qu'a pu avoir Killian avec vous. Je vais de toute manière lui en toucher deux mots.

— Cela ne me fera pas revenir sur ma décision Miss Swan !

— Je le sais Mme Mills…

Emma s'enfuit retenant presque ses larmes. Elle n'était pas particulièrement triste de devoir avoir un affrontement avec Killian ou de le quitter si nécessaire. Non, ce qu'il lui faisait mal étant simplement le fait d'être trahie. Si le Maire n'avait pas été aussi honnête avec elle, aurait-elle été cocue jusqu'à la fin de ses jours ?

Elle décida que finalement, Killian n'était pas digne qu'elle fasse un déplacement de plus en son nom. Elle ouvrit un message pour tout lui annoncer par SMS. Lâche certes, mais à la hauteur de ce qu'il avait su lui apporter.

« Killian, je ne sais pas comment tu as osé me mentir et vouloir me tromper par la même occasion. Retourne à NY stp, nous deux c'est terminé. Perso, je reste ici, on peut m'apporter beaucoup j'en suis sûre. »

Elle ne dû pas attendre longtemps pour que son téléphone vibre entre ses doigts.

« Emma, elle t'a fait perdre la tête, tu n'as pas les idées claires. Rentre à la maison, on parle ».

La blonde leva les yeux au ciel et se retint de ne pas exploser son téléphone à même le sol.

« Killian, rentre à NY »

Elle attendait là, devant son téléphone, que celui-ci vibre à nouveau mais rien n'y faisait. Il s'agissait certainement de la rupture la plus simple qu'elle ait eu à assumer. Elle était tellement dans ses pensées qu'elle ne remarqua pas la Mercedes noire qui s'était arrêtée à son niveau.

— Un problème Swan ?

Emma sursauta tant elle ne s'attendait pas à ce qu'on lui adresse la parole. Devant l'air interrogateur de Regina elle répondit :

— Non disons que je ne sais pas où aller dormir. Vous m'aviez dit qu'un hôtel existait dans le centre c'est ça ?

Regina ne répondit pas et lui ouvrit simplement la portière passager de son véhicule. Sans vraiment prendre le temps de réfléchir, Emma se glissa dedans.

— Je vais vous emmener chez Zily.

— Qui ?

— Ma sœur.

Emma se tut. Comment allait pouvoir être une soirée avec cette ravissante rousse qui ne lui avait pas décoché un simple mot depuis son arrivée ?

— C'est très gentil vous savez. Je vais plutôt prendre un hôtel.

— Vous avez vu l'heure ? Laissez-moi vous proposer un lieu pour la nuit puis demain vous vous débrouillerez comme une grande si c'est cela qui vous chagrine.

— Et pourquoi votre sœur ?

Regina ne répondit pas. Emma regarda son visage dans la pénombre. Elle s'amusait à regarder les détails à l'aide des réverbères qui l'éclairaient toutes les 3 secondes. Son regard glissa jusque dans son décolleté. Même sa poitrine paraissait parfaite. Elle continua sa course jusqu'à ses jambes. Il est vrai que celles-ci pouvaient donner envie, surtout à peine dissimulée par sa robe remontée par sa position assise.

— Miss Swan ?

— Oui ? Répondit Emma prise sur le vif.

— Nous sommes arrivées.

Elle ne manqua pas de la remercier avant de la voir s'en aller brusquement avec sa voiture. Lorsqu'elle se tourna vers la maison, elle se demanda comment il serait possible que Zelena sache qu'elle arrivait. Elle ne se posa que très brièvement la question car lorsqu'elle eut sonné, elle se trouva directement en face de la rouquine qui tenait son portable à l'oreille.

— Ok ok Reg, elle est là. Bah ouais de rien. Bisous à demain. Ah oui c'est vrai c'est dimanche. Bah à lundi.

Elle raccrocha et fixa Emma qui ne trouva rien à dire.

— Bon bah entre ! Finit-elle par dire en haussant les épaules.

— Merci beaucoup pour ton… hospitalité.

— Elle m'a été un peu forcée ! Répliqua-t-elle en souriant.

— Tu n'es pas la sœur de Mme Mills pour rien j'imagine.

Elles rigolèrent ensemble et Zelena la débarrassa de ses affaires avant de l'inviter au salon lui demandant si elle voulait boire quelque chose. Emma accepta poliment et elles se mirent à discuter de tout et de rien comme de vieilles amies qui ne s'étaient pas vues depuis des lustres. Après quelques verres et un coup dans le nez, Emma se mit à raconter toute son histoire avec Killian.

— Bah dis-moi ! Je ne sais pas où tu es allée le chercher mais Regina dit vrai… Si elle t'affirme quelque chose c'est que c'est le cas. Ce n'est pas une menteuse.

— J'ai cru le comprendre.

Un silence régna.

— Qu'est-ce que tu comptes faire ? Demanda Zelena.

— Plus rien, je l'ai largué. Lâchement, par SMS. Problème réglé.

— Je vois.

Emma se mit à trouver que Zelena était une magnifique femme. Alors que leur proximité était à son paroxysme, la blonde prit son courage à deux mains, fortement accompagné d'alcool et se pencha pour l'embrasser. A peine eut-elle effleuré ses lèvres que Zelena se recula et fit quelques pas en arrière.

— Hop hop hop! Fit-elle simplement en remuant les mains. Mauvaise idée.

Emma se rendit compte de la stupidité désespérée de son geste et se confondit en excuses.

— Excuse-moi. En plus ce n'est pas cool, je sors juste d'une relation et je n'ai besoin de rien actuellement.

— D'un peu d'affection visiblement ? Je suis désolée tu ne le trouveras pas avec moi…

— Non j'imagine désolée, je ne sais même pas si tu aimes les femmes.

— C'est pas la question Emma… Tu es absolument ravissante. Et vraiment s'il n'y avait pas d'entraves… Je te sauterai volontiers dessus, que je sois un lot de consolation ou non.

— Il est où le souci si ce n'est pas ça ?

Zelena jeta un œil à l'horloge qui affichait 1h00 du matin.

— Il faut qu'on dorme Emma. Je t'expliquerai.

Emma haussa les épaules et suivit son hôte jusqu'à la chambre qu'elle lui avait préparé pour dormir.


Le lendemain, la blonde s'étira dans le lit. Les draps blancs sentaient la fraicheur. Elle jeta un coup d'œil vers le réveil qui annonçait 9h. Elle se leva, s'habilla et se dirigea vers la cuisine d'où se propageait une délicieuse odeur de café et de viennoiseries.

— Salut Zelena ! Fit-elle en se frottant les yeux. Bien dormi ? Ça sent super bon.

— Coucou Emma.

La rouquine lui déposa une tasse de café. Après avoir réclamé du lait, Emma prit son courage à deux mains.

— On doit discuter d'hier soir ?

— Non Emma, pas spécialement. T'étais ivre. Et toutes les personnes ivres font des choses stupides.

— Eh ! C'était pas stupide ! Je l'ai fait parce que j'en avais envie voilà tout.

Zelena prit un air sérieux.

— Ecoute Emma. Avec ton histoire avec Killian, ma sœur etc je pense qu'il n'est pas possible que nous nous rapprochions plus. En revanche, je te propose que nous soyons de bonnes amies. Je t'apprécie beaucoup.

— Ta sœur ? Qu'est-ce qu'elle a à voir là-dedans ?

Zelena roula des yeux.

— Elle ne t'a jamais fait une allusion ou quoi que ce soit ?

— Euh…

— Voilà ! C'est ma sœur Emma. Première repérée, première servie. Désolée si t'as l'air d'un morceau de viande avec cette phrase. Elle me tuerait si elle apprenait que je t'ai mis le grappin dessus avant elle.

Elle explosa de rire en pensant à la situation.

— On va bien se marrer non ?

— Euh… Non… Balbutia Emma. Je ne pense pas personnellement et si tout cela pouvait rester entre nous ça m'arrangerait même. Du coup… Je… L'attire ?

— A mon sens, oui elle te trouve très séduisante. Elle est aussi très secrète et c'est compliqué de savoir ce qu'elle pense réellement. Mais tu pourras demander à David. Il doit avoir le même pressentiment. Par contre, si tu penses qu'elle va se battre pour toi… Tu peux toujours courir. Tout est servi à Regina Mills sur plateau d'argent. Mais j'imagine que tu ne la connais pas encore suffisamment pour savoir tout ça.

Emma déjeuna sans un mot par la suite, perdue dans ses pensées. Elle finit par remercier son hôte. Elles s'échangèrent leur numéro de téléphone avant que la blonde se dirige vers la porte.

— Oh et au fait ! L'appela Zelena avant son départ.

— Mmh ?

— Ne t'attache pas, ne tombe pas amoureuse. Regina n'est pas comme ça. Si tu veux t'amuser uniquement je te conseille de foncer.

Emma acquiesça et ferma la porte. Elle marcha sous le froid glacial de ce dimanche à peine ensoleillé. Elle pensa tellement à Regina qu'elle failli trébucher plusieurs fois sur des cailloux plus gros que la moyenne. Elle était indescriptiblement attirée par elle, c'est vrai. Mais était-ce une bonne idée ? Cette femme pourrait ensuite la contrôler comme bon lui semble sous le chantage. Bien qu'elle dise que ce n'était pas dans ses manières de fonctionner, Emma émettait un doute à ce sujet. Non, pour le moment, il fallait rester droite, ne pas sortir des rangs. Travailler et rentrer chez soi. S'amuser à l'extérieur du travail. Cela ne lui avait-il pas servi de leçon bon sang ?

Lorsqu'elle leva les yeux elle aperçut le poste de police. Elle avait machinalement marché jusqu'ici. C'est vrai qu'elle n'avait nulle part d'autre où aller. Elle n'allait pas rentrer chez elle, elle n'était pas sûre que Killian eût quitté les lieux et elle ne souhaitait pas du tout devoir subir une confrontation et l'étalement des mensonges qu'il n'avait même pas cherché à nier.

Elle jeta un œil à son téléphone. Des appels manqués. Beaucoup. Raison de plus pour qu'elle ne rentre pas.

En moins de temps qu'il n'en fallu pour le dire, le ciel s'assombrit plus encore et commença à pleuvoir fortement.

Emma décida d'entrer pour se mettre à l'abri. Elle préférait encore pencher sur son histoire de meurtre que de faire quoi que ce soit d'autre. Elle fût étonnée de trouver le poste ouvert. Normalement aucun agent n'était sur place le dimanche, seulement sous astreinte. Elle se promena tranquillement dans les couloirs jusqu'à tomber nez à nez sur Graham paniqué. De la sueur perlait de son front et sa chemise était à moitié ouverte.

— Emma… Tiens… Salut ça va ? Balbutia-t-il en boutonnant sa chemise du plus vite qu'il le pouvait. Qu'est-ce qui t'amène un dimanche ?

— Je te dérange peut-être ?

La blonde explosa de rire pendant que Graham se triturait les doigts nerveusement.

— T'inquiète Graham, ce n'est pas moi qui vais pouvoir te juger, tu le sais bien. Bon, et c'est qui l'heureuse élue ?

Elle se mit sur la pointe des pieds pour essayer d'apercevoir si du monde se trouvait dans la pièce.

— Ecoute Emma, part s'il te plait !

— Quoi ? Répondit-elle catastrophée. Tu oses ?

— Bon aller viens de toute manière je dois fermer boutique là.

Il entraina Emma dehors un peu de force et ferma le poste.

— Ah ! C'était un petit plaisir solitaire du coup ? S'amusa-t-elle.

— T'as tout compris. Bonne journée Emma.

Et il s'enfuit comme s'il ne voulait pas être confronté à plus longue interrogation. Lorsqu'il eut tourné le coin de la rue, la blonde sortit ses propres clefs et rentra dans le poste. Elle voulait examiner les moindres détails de sa petite virée matinale. Quelle ne fût pas sa surprise lorsqu'en entrant dans la salle de réunion plus loin, une odeur fruitée délicieuse vint lui lécher les narines. Il s'agissait du parfum de Mme Mills, elle en était persuadée.

Sans s'être trompée elle toqua à la porte ouverte du bureau du Shérif pendant que Regina enfilait ses bas à lumière tamisée, le pied sur le fauteuil. Elle leva les yeux et sursauta.

— Miss Swan ! Pourquoi je ne m'étais pas doutée qu'il s'agissait de vous ? Vous me suivez ou quoi ?