Au Cœur des Ténèbres
La pluie battante fouettait son visage alors qu'il était hissé dans les airs, accroché au treuil, remontant lentement la falaise.
Quand ils étaient arrivés sur place, l'orage battait son plein et Tommy n'avait vu aucun endroit pour atterrir en toute sécurité. La seule solution restait l'hélitreuillage et Buck savait que son mari n'était pas rassuré par cette option.
Il l'avait entendu au son de sa voix et le regard qu'il lui avait lancé en disait long sur ses inquiétudes mais Buck lui avait assuré qu'il serait prudent. Il aimait les montés d'adrénaline mais il avait une famille aujourd'hui et il avait bien trop à perdre à jouer les casse-cous.
Nathan grandissait de plus en plus chaque jour.
Il tenait assis maintenant et commençait à essayer de communiquer. C'était tellement mignon. Buck n'aurait jamais pensé qu'avoir un bébé serait aussi épanouissant. Bien sûr il adorait les enfants mais son fils lui apportait tellement, lui faisant apprendre des choses sur lui-même.
La veille au soir, il avait surpris Tommy lui apprenant à tirer la langue.
Cela faisait plusieurs jours qu'il avait remarqué que leur fils le faisait, sans comprendre d'où cela venait. Il avait sorti son téléphone et les avait filmés à leur insu, avant que Tommy ne s'en rende compte et ne se mette à rire d'avoir été pris en flagrant délit.
Buck sourit malgré la tempête qui faisait rage autour de lui.
Son téléphone débordait de photos et de vidéos de leur famille et il avait envie de le faire exploser de souvenirs. Il adorait littéralement sa famille. Sa vie était tellement parfaite aujourd'hui. Grâce à Tommy, il savait, à présent, qu'il avait le droit à ce bonheur, il y croyait de plus en plus chaque jour.
Il leva la tête vers le sommet.
Il se sentait vivant, vibrant d'adrénaline alors qu'il montait lentement vers la sécurité, tiré par ses collègues du 118. Il avait hâte de les voir, ce n'était pas tous les jours qu'ils se rencontraient sur une intervention. Les voir en pleine action lui manquait terriblement même s'il s'était trouvé une famille au 217, sa première famille du feu aurait toujours une place particulière dans son cœur.
Il passa la main au-dessus de sa tête et fut tiré en sécurité.
Bobby se tenait là, les bras ouverts, prêt à le recevoir dès qu'il serait libéré de sa corde. La chaleur de son étreinte était un baume pour l'âme de Buck, le rassurant et le réconfortant après l'angoisse de la mission de sauvetage.
– Content de te voir, fils, dit Bobby en lui tapotant l'épaule. Sacré sauvetage, hein ?
– C'est mon quotidien, s'amusa-t-il. C'est bon d'être de retour parmi vous tous.
La camaraderie et le soutien de ses collègues du 118 étaient une source de réconfort pour lui, lui rappelant à quel point il était chanceux d'avoir une famille de cœur aussi formidable. Ensemble, ils étaient invincibles, capables de surmonter les pires tempêtes, littéralement et métaphoriquement.
– Alors Buck, tu fais du camion-stop, s'amusa Chimney en lui tapotant l'épaule.
– Si vous m'acceptez à votre bord, leur sourit-il.
– Tu seras toujours le bienvenu, lui assura Hen en le serrant dans ses bras.
Alors qu'ils roulaient sur le chemin du retour à bord du camion du 118, Buck se laissa emporter par la joie et le bonheur de la journée.
Il raconta avec enthousiasme les derniers exploits de Nathan, riant aux éclats en se remémorant les moments de pure hilarité que son fils avait apportés dans leur vie.
– Tu devrais voir ça, Bobby, dit-il avec un large sourire. Nathan est vraiment incroyable. Il grandit si vite, et il a déjà tant de personnalité. C'est comme s'il avait hérité de toutes les meilleures qualités de Tommy et de moi.
Bobby écoutait attentivement, un sourire bienveillant sur le visage. Hen ponctuait chaque exploit de son fils par des « aww » très enthousiastes et Buck se sentait dégouliner d'amour et de fierté très paternel.
– Je suis sûr qu'il est aussi courageux et déterminé que ses deux papas, affirma Bobby.
Buck baissa les yeux en rougissant.
– Il nous a gratifié d'un véritable fou rire, lâcha-t-il pour changer de sujet. Son tout premier, j'ai cru qu'il ne s'arrêterait jamais.
– Laisse-moi deviner, lâcha Chimney. Tu as déchiré une feuille de papier ?
– Comment tu sais ? s'étonna-t-il.
– C'est un classique, Buck, lâcha Bobby. Je crois que les bébés en général aime le bruit et le trouve drôle.
– Et la tentation est grande de répéter le mouvement juste pour les faire rire, confirma Hen.
– Je confirme, je crois qu'on en a fait des confettis, rit-il.
Tout le monde dans la cabine se mit à rire avant que Hen ne demande à voir de nouvelles photos de son petit garçon.
La fierté gonfla le cœur de Buck à l'idée que tout le monde aime autant Nathan.
Il était tellement reconnaissant d'avoir Tommy et leur fils dans sa vie, et chaque moment passé avec eux était une bénédiction qu'il chérissait.
Il était conscient de la chance qu'il avait et pour la première fois de sa vie, il ne vivait plus dans l'attente du retour de bâton.
C'était vraiment un grand pas dans sa vie.
– Tommy m'a dit que tu allais passer le concours d'ambulancier ? demanda soudain Chimney.
– Ouais, eh bien, répondit-il en rougissant. Je veux me rendre un peu plus utile que je ne le suis actuellement. Je me dis que ça ne peut pas faire de mal d'avoir plusieurs cordes à son arc.
– Eh bien, il est très fier de toi, affirma Chimney. Il n'arrête pas de dire à quel point son mari est courageux et intelligent. Il faudra lui dire un jour que la lune de miel est terminée.
– Ah ouais ? le taquina Buck. Et peux-tu me dire quand ma lune de miel s'est terminée au juste ?
Chimney ouvrit la bouche comme un poisson, avant de la refermer ne sachant pas quoi répondre, faisant rire tout le monde.
Cependant, alors qu'ils se rapprochaient de la caserne, l'ambiance joyeuse se transforma soudain en tension alors que la radio de Buck s'anima. Le message de détresse de Tommy résonna dans l'habitacle, brisant le calme de la soirée.
« Mayday, Mayday,… »
– Tommy ? lâcha Buck. Tommy, dis-moi ce qui se passe ! Tommy ?
Un frisson glacé parcourut l'échine de Buck alors qu'il essayait désespérément de répondre, mais la radio restait muette. Son cœur se serra d'angoisse alors qu'il imaginait les pires scénarios. Que se passait-il ? Pourquoi Tommy avait-il lancé un appel à l'aide ?
– Merde, merde, merde, murmura-t-il, sa voix emplie d'inquiétude. Tommy, réponds-moi !
Son esprit était en ébullition, tourmenté par les pensées sombres alors qu'il envisageait le pire. Il se sentait impuissant, pris au piège dans un monde de ténèbres où le danger menaçait de le dévorer tout entier.
Alors qu'ils arrivaient enfin à la caserne, Buck sauta du camion et se précipita à l'intérieur, son cœur battant la chamade. Il était prêt à tout pour rejoindre Tommy, pour le sauver de ce quoi que ce soit qui le menaçait.
Bobby était déjà en ligne avec dispatch pour essayer d'en savoir plus alors que Buck contactait le 217.
– Buck ! lâcha Bobby en montant de nouveau dans le camion. Tu montes avec nous, on va sur place.
– Accroche-toi, Tommy, murmura-t-il en priant pour que son mari soit en sécurité. Je suis en route.
Le désespoir et la peur l'envahirent alors qu'il se préparait à affronter l'incertitude qui l'attendait. Il ne savait pas ce qui allait se passer, mais une chose était certaine : il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour ramener Tommy à la maison, sain et sauf.
Et avec cette détermination farouche qui faisait battre son cœur, Buck se lança dans l'inconnu, prêt à affronter les ténèbres pour retrouver la lumière de sa vie.
