BONUS STAGE - Thomas Marvolo Riddle.

Bon aller, il est temps de rendre mon tablier.

Bonjour à toi, Ami Lecteur, et merci de nous avoir suivi jusqu'aux toutes dernières pages d'Un Monde à sa mesure. J'espère que tu as apprécié la lire autant que j'ai pris plaisir à l'écrire.

Merci à ceux qui ont laissé un petit mot, ou une question. J'adore vous lire et voir vos réactions face aux événements qui parsèment l'histoire. Merci à ceux qui ont ajouté cette histoire en fav' ou en suivi ! Merci aussi aux lecteurs de l'ombre, j'espère que l'on se reverra, au fil d'une autre histoire !

Ai-je abusé ? Oui, clairement. Quand la fiction d'origine ne faisait que 9 petits chapitres, je suis arrivée à la somme non négligeable de 90... foutus... chapitres. Soit 81 de trop, quand j'avais promis que ça serait simple et sans prise de tête.

Bordel !

Si tu es arrivé jusqu'ici, petit lecteur, sache que tu as lu l'équivalent de 248 pages A4. Ou de près de 120 000 mots. Ca va ? Si tu n'étais pas déjà traumatisé, j'ai bien fini de t'achever ?

Comme j'avais quelque chose comme... 30 chapitres d'avance, quand tu liras ces derniers mots, je serais probablement déjà passée à ma dernière fanfic : To kill my man. Un ptit Drarry tranquille et... non. C'est faux. On veut du sang, et du drame, et des larmes. Hinhinhin !

Je rédige en même temps un petit HPLM : Exuvies, qui lui, pour le coup, sera tranquillou. Je crois que l'un des tout premier lemon que j'ai lu (ouais on appelait ça lemon à l'époque, on le fait toujours aujourd'hui ?), c'était un HPLM. Il était tellement bien, extrêmement bien écrit... c'était une époque où les fics avaient plutôt toutes une tonalité très très sombres. Mais malheureusement, je parle d'une époque que les moins de... ok, mais malheureusement on ne le trouve plus sur la plateforme.

Comme on m'a fait la remarque qu'on ne savait pas trop ce qui se passait dans la tête de Tom (Bah, oui, on suivait Harry, les gars), voici un mini-bonus pour traverser rapidement son esprit tordu.

Bonne toute toute dernière partie bonus !

Bisous et merci encore !

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Thomas Marvolo Riddle n'avait jamais accordé sa confiance à personne. Aussi, quand Maddy lui présenta le nouvel employé du Manoir, il songea qu'il ferait mieux de s'en débarrasser, comme il l'avait fait avec tant d'autres par le passé.

Cependant, quand il croisa le regard assassin de l'homme qui le toisait avec tant de dédain, il crut qu'il allait se noyer dans un océan de mépris vert émeraude et il se sentit… étonnamment vivant.

Harry Potter.

C'était ainsi qu'il se faisait appeler. Naturellement, aucune trace de lui ne figurait dans les registres. Cet homme était… un fantôme. Un fantôme avec une force considérable, c'était indéniable. Et c'était aussi… une énigme à résoudre… précisément le genre d'aura de mystère qui l'attirait.

Tom avait toujours adoré les mystères.

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Au départ, c'était juste divertissant de voir Potter désespérément tenter de l'éviter. Tom adorait la façon dont ce type sortit de nulle part le fusillait du regard comme s'il avait commis le pire des crimes. (Bon, ok, peut-être l'avait-il fait, mais ça, personne ne le savait.)

Harry Potter semblait curieusement tout autant attiré que répugné par lui et oh Merlin, que Tom aimait en jouer ! Voir cet homme le menacer, gronder et le repousser de toutes ses forces ne lui donnait qu'une envie : le faire céder.

Oui, Thomas Riddle avait envie de posséder ce garçon. Peut-être même le tuer, juste un peu.

Et sans doute bien d'autres choses encore.

Ce n'était qu'un jeu, rien de sérieux. Juste une manière de tuer quelques heures.

Oui. Juste de quoi… passer le temps.

Et le temps avait passé.

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Ce garçon savait décidément beaucoup trop de choses.

Quand il vint à l'esprit de Tom qu'il devrait probablement définitivement s'en débarrasser, histoire de se protéger, d'éviter tout futur problème inutile, c'était déjà trop tard. Il ne pouvait plus. Parce que… parce que Merlin que cette raison était ridicule ! Il était Lord Gaunt. Il avait défié toutes les lois de la nature, il avait commis plusieurs fois l'irréparable.

Il était impitoyable.

Dangereux.

Manipulateur.

Il envisageait les choses à grande échelle. Son ambition était de faire mettre à genoux le monde entier. Il ne pouvait pas se permettre de… de…

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Quand Harry lui avait avoué venir du futur, Tom n'avait pas accordé foi à ses paroles. Qui aurait pu le croire ? Bien sûr, il avait remarqué qu'Harry semblait en savoir plus qu'il ne devrait, ce qui était... intrigant. Mais pas au point de croire qu'il n'était pas de cette époque. Tom n'aimait pas les mensonges, ni que l'on se moque de lui, mais il était incapable d'en vouloir à Harry plus d'une journée. Il ne pensait d'ailleurs pas que ce dernier lui mente sciemment. Du point de vue de Tom, c'était juste un jeune homme un peu dérangé (Bien que diablement sexy).

Ce n'était vraiment qu'après l'affaire de Maddy, que Tom avait commencé à considérer Harry comme un partenaire sérieux. Pour tout dire, il avait vraiment pris plaisir à ruiner la vie de cet homme, Thompson, et... cette vengeance lui avait ouvert d'autres portes, d'autres possibilités, l'éloignant un peu du meurtre.

En l'aidant à mener à bien cette vendetta, Harry avait prouvé qu'il était digne de se tenir aux côtés de Tom et de le servir.

Hum.

Ou peut-être même un peu plus que ça.

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Il ne se souvenait plus exactement quand les choses avaient dégénéré. C'est à dire quand fréquenter Harry était devenu pour lui aussi naturel (ou nécessaire) que 'respirer'.

Il avait essayé de supprimer ces sentiments, d'en faire abstraction et de s'éloigner un moment pour se retrouver lui-même. Mais tout ce qu'il avait réussi à obtenir, c'était un bon mal de tête et une bonne dose de frustration.

Quand il était devenu évident que Thomas Marvolo Riddle était incapable de faire quoi que ce soit sans Harry Potter, alors il n'avait plus eu qu'à assumer et tant pis pour le reste.

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L'Albanie... Tom se souviendrait pour toujours de ce pays. Il revoyait Harry en train d'acclamer son équipe sportive, Harry en train de manger un sandwich, Harry en train de lui faire découvrir une spécialité locale, Harry dans un photomaton, Harry dans la forêt, Harry nu dans la chambre d'hôtel... attendez, c'était insupportable, non ?

Mais surtout, Tom se rappelait d'Harry penché sur son épaule, le taquinant sur sa posture d'une voix moqueuse : « Si tu insistes pour lancer ton sort de cette façon, Tom, ton Patronus ressemblera tout juste à une limace ! »

Il se trompait, bien entendu. Comment le Patronus de Lord Gaunt aurait-il pu être une limace ? Non il était plus majestueux. Comme un basilic ou un serpent.

Ou un... lion.

Bon sang ! Il était clair qu'il était devenu un cas désespéré !

Bon.

Il n'aimait pas s'attarder sur cette partie de l'histoire.

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Alors qu'il avait toujours été un solitaire, Tom avait fini par apprécier le temps passé avec Harry. C'était... réconfortant… de savoir que quelqu'un se battait avec lui, à ses côtés. De savoir que quelqu'un était prêt à risquer sa vie pour lui...

Quand... Harry avait posé le diadème sur sa tête, Tom avait senti son propre cœur s'arrêter. Le garçon l'avait habitué aux comportements stupides, mais cette fois-ci, cela atteignait des sommets.

Alors, quand cette immonde chose lui avait proposé un marché, il n'avait pas hésité. Il avait cédé sa propre liberté pour celle d'Harry et il n'avait jamais trouvé le courage de s'en plaindre depuis.

Et puis tout s'était enchaîné un peu trop vite. Il avait sondé l'esprit d'Harry et avait... paniqué. Il ignorait comment, mais le garçon l'avait ramené. Non. C'était encore pire... non seulement il l'avait ramené, mais il avait aussi... rafistolé son âme. Il y avait quelque chose d'autre en lui qui ondulait parfois. Une étrange énergie. Comme une présence... pas menaçante, non, mais plutôt rassurante... presque... aimante.

Et Harry avait disparu.

Renvoyé sans ménagement d'où il venait.

Et Tom avait voulu en finir.

Ce n'était pas beau à voir, le désespoir à l'état pur.

Maintenant que son âme était restaurée, il pouvait sentir son cœur se broyer dans sa poitrine.

Et puis l'abomination l'avait emmené avec elle et Tom avait découvert qu'il ne savait rien du monde.

La douleur était toujours là, moins forte qu'auparavant. Moins tenace. Moins persistante.

Il ne savait pas exactement d'où cela venait, mais sa magie n'était plus aussi sombre, aussi tourmentée qu'avant. Sous les rayons du soleil, des reflets argentés y dansaient parfois.

Quand Harry lui manquait trop, il lançait un Patronus, ou n'importe quel autre sort, et il avait la stupide impression que le garçon était toujours un peu auprès de lui. C'était à la fois une consolation et une torture, une atroce douleur douce-amère qui le hantait jour et nuit.

Il attendait, patiemment.

Bien sûr, il s'occupait, il ne restait pas sans rien faire : il pensait à Harry, menait des guerres, défaisait des dieux.

Pour cela, il avait dû renoncer à quelques petites choses, des menus détails, mais il espérait, oh oui, il espérait, qu'Harry ne lui en tiendrait pas trop rigueur, quand ils se reverraient.

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Cinquante années s'étaient écoulées.

Tom avait enfin mis sa vie en ordre, ou du moins il le croyait. Il se tenait maintenant devant une maison, un petit pavillon niché dans une banlieue tranquille, entouré d'un jardin un peu fouillis, où les fleurs sauvages et les herbes folles se mêlaient dans un désordre charmant. C'était tellement "Harry"...

Il avait mis des années à retrouver cette adresse et, maintenant qu'il était enfin là, il hésitait, l'estomac noué par un étrange trac.

Il avait passé des heures à observer de loin, caché dans les ombres, fixant les silhouettes qui entraient successivement chez son compagnon.

Car c'était toujours son compagnon, n'est-ce pas ?

Il passa une main gantée nerveuse dans ses cheveux, un geste qu'il n'aurait jamais laissé transparaître auparavant. Déglutissant difficilement, il se morigéna intérieurement : c'était idiot, bien sûr ! Se cacher ainsi n'était pas digne d'un grand mage. Bon sang ! Il avait gagné des guerres, terrassé des dieux ! Il était devenu... plus... que tout ce qu'il aurait pu imaginer. Et il était là, paralysé par la simple perspective de revoir l'homme pour qui il avait tout sacrifié...

Dans un accès de rage contre lui-même, il appuya sur la sonnette et les rires à l'intérieur s'atténuèrent soudainement.

Merde.

Il pouvait encore fuir.

Il en avait encore le temps.

5. Il entendit des pas se diriger dans sa direction.

4. Il fixa la porte comme si elle était un épouvantard qui allait révéler son pire cauchemar.

3. Il tenta de se recoiffer rapidement. Pourquoi ne s'était-il pas mieux habillé ?

2. Il mit une main dans sa poche, puis la retira rapidement. Trop décontracté. Ne devrait-il pas plutôt dire quelque chose ? Mais quoi ? Ou alors... devait-il prendre une posture particulière ? Peut-être quelque chose de séduisant ou mystérieux, comme autrefois ?

1. La clenche s'abaissa doucement. Est-ce qu'Harry allait se souvenir ? Allait-il... l'accepter, après tout ce temps ? L'incertitude le paralysait. Cela faisait si longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus.

La porte s'ouvrit.

Tom inspira profondément.

Et le temps sembla s'arrêter.

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FIN


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Et voilà ! On a fini ! Merci encore de vos messages et d'avoir suivi UMASM !

J'espère que l'on se reverra un de ces quatre ! (Peut-être aurais-je aussi le plaisir de lire vos fanfics ? ;-) )

Bisous !

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Héléna stoppa son errance.

Quelque chose avait changé.

Une sensation subtile, mais puissante, envahissait son corps comme si ses muscles avaient retrouvé leur vigueur d'antan.

Elle inspira profondément.

C'était là.

Elle le sentait.

Elle n'avait plus ressenti cela depuis des centaines d'années : ce souffle de vie qui la traversait soudainement.

C'était douloureux.

Des larmes coulèrent de ses yeux.

Elle ne voulait pas y croire.

Elle laissa son corps flotter jusqu'à la lourde porte du château, l'observa avec crainte et hésita. Jamais elle n'avait osé espérer la franchir à nouveau, et la simple idée d'essayer la paralysait d'appréhension. Et si... et si elle échouait ?

Un pas retentit derrière elle. Elle se retourna et découvrit Albus Dumbledore, les mains derrière le dos, qui la regardait avec compassion. Elle détourna les yeux pour les reposer sur la porte et murmura : "Cela fait si longtemps que je ne suis même plus certaine de savoir comment faire."

Dumbledore sourit : "Il suffit juste de se lancer."

Cela semblait si simple... Elle cessa de flotter et ses pieds touchèrent les pierres du hall. Elle imagina la fraîcheur du sol la traverser et frissonna à cette pensée.

Elle inspira profondément et fit un pas en direction de la porte. Comme si Poudlard avait deviné ses intentions, le bois lourd des battants trembla, les gonds grincèrent sous leur poids et le parc du château se dévoila enfin.

C'était décembre, mais le soleil brillait comme en plein été. Héléna plaça une main en coupe au-dessus de ses yeux pour les protéger. Elle avança lentement vers l'extérieur, posant précautionneusement un pied après l'autre, comme si elle craignait d'être brutalement renvoyée entre les quatre murs.

Elle sentit son cœur se broyer sous le bonheur.

Elle se tourna vers Dumbledore, resté à l'intérieur, et sourit.

Enfin.

Elle riait.

Elle riait et pleurait en même temps.

Et, alors que le Directeur hochait la tête dans sa direction, elle disparut dans un souffle de vent.

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