Cet texte a été écrit pendant la 175ème nuit d'écriture du Forum Francophone de site (le FoF). Il fallait le rédiger sur les thèmes « Seuil » et « Confession » en deux heures. Pour plus de précisions sur le jeu ou le forum vous pouvez m'envoyer un MP.
Chapitre 2 : Entretien avec un vampire
La sorcière quitta la pièce, et avant de franchir le seuil, elle adressa à Tom un regard mi-amusé mi-calculateur. Le jeune mage lui jeta un regard agacé, puis il réalisa qu'une conscience lui sondait habilement l'esprit. La jeune femme était une legilimencienne et son évaluation mentale était plutôt subtile.
Le jeune Voldemort feignit de ne pas ressentir la discrète intrusion. Il se replongea dans le souvenir de sa conversation avec Abraxas Malefoy et son père. Tom fit mine de rassembler les informations sur le mystérieux mage noir qui devait le recevoir. Il revécut en un instant la scène où il avait habilement manipulé les deux Malefoy. Une conversation menée d'une main de maître avec un soupçon de flatterie, des promesses qui n'en étaient pas, des menaces pleines d'élégance, de sournoises séductions, et bien sûr, une touche de légilimencie bien maniée.
C'est à ce moment-là que la sorcière réalisa qu'elle était découverte. Son regard se fit moins moqueur. Un peu de respect fit même son apparition dans son attitude désinvolte.
« Le maître d'hôtel et notre juriste ne devrait pas tarder », promit-elle en laissant Tom dans la petite pièce sans fenêtre.
Dès qu'elle referma la porte, le jeune mage noir sortit sa baguette pour mieux analyser son environnement. La gargouille qui dormait se réveilla aussitôt et se pivota vers lui. Une petite sculpture et une statuette de marbre se tournèrent aussi vers lui. Même les personnages représentés sur les deux tapisseries médiévales semblèrent s'intéresser à lui. Pourtant rien ne parut vouloir l'attaquer. En tout cas pour le moment.
Tom jeta plusieurs sortilèges pour évaluer la quantité de magie et les potentielles menaces de la pièce. Curieusement la table cabossée et le chandelier posé dessus paraissaient tout de suite très hostiles.
L'évaluation fut de courte durée car la porte se rouvrit sur la même jeune femme qui transportait par magie un cercueil de bois sombre.
« Ce n'est pas pour toi, plaisanta-t-elle. Celui-ci est déjà occupé. »
Tom lui jeta un regard noir, mais concentra son attention sur le cercueil, tout en surveillant la totalité de la pièce.
La sorcière fit léviter le cercueil et le déposa contre le mur presque à la vertical. Puis elle ouvrit le cercueil comme si cela était tout à fait normal.
« Andris ? C'est bon. Nous sommes arrivés.
— Je m'en doutais à l'odeur du sang qui bouillonne jeune fille, lui répondit une voix rauque et fatiguée. Son sang est très différent du tien.
— Cher visiteur, je vous présente un autre pensionnaire du manoir. Andris, vampire de son état. »
Le vampire sortit maladroitement du cercueil et se dirigea vers une chaise sur laquelle il s'assis.
« Et ? Donc… vous êtes le juriste en charge des contrats magiques ? s'enquit poliment Voldemort.
— Je crains que non jeune homme. Magda tu manques à tous tes devoirs. Voudrais-tu faire les présentations correctement. »
La jeune femme leva les yeux au ciel, comme si les civilités avaient encore de l'importance au XXème siècle.
— Andris est impliqué dans les recherches en magie du sang menées par notre maître. Quand à notre invité, il se présente sous le nom de Voldemort. En tout cas, c'est le nom qu'il a donné à nos amis les Malefoy.
— C'est un nom qui sonne français, remarqua Andris. Je ne connais pourtant aucune famille nommée Voldemort.
— C'est le nom que je me suis construit, expliqua fièrement Tom.
— Donc tu n'étais pas assez fier de ton propre nom, lança perfidement Magda.
— Un nom est un nom, mais la puissance et le talent comptent au moins autant, et si je ne me trompe pas, notre invité n'a pas à rougir de son ascendance. »
Tom ne put s'empêcher de frémir. Comment ce vampire pouvait connaître sa filiation avec Salazar Serpentard ? Et comme pour lui répondre, Andris reprit la parole.
« Le sang prélevé par le heurtoir à l'entrée. Il possède des caractéristiques magiques que je n'ai croisé que parmi les sorciers indiens. Les charmeurs de serpents. Or ce talent très rare en Europe. La seule lignée anglaise était a priori éteinte.
— La lignée Serpentard n'est tout à fait éteinte, corrigea Voldemort fièrement. Le nom s'est éteint, mais pas le sang.
— Et son héritage ? demanda Magda. Le fourchelangue ?
— Je le maitrise naturellement. »
La sorcière tendit le doigt et invoqua sans baguette un aspic qui tomba au pieds de Voldemort en sifflant de fureur.
« Il suffit. Par ici, siffla Voldemort au serpent qui était prêt à le frapper.
— Un siffleur, réalisa le serpent.
— C'est cela, souffla le jeune mage. »
Tom présenta sa main au serpent et l'invita à s'installer autour de son poignet, mais Magda fit disparaître le serpent.
« Très impressionnant, apprécia Andris. Vous avez une idée d'où vient ce don ?
— La légende dit que Salazar lui-même l'a développé au contact des serpents dans les marécages et l'a transmis à ses héritiers.
— La saveur de votre sang me ferait pencher vers une autre hypothèse.
— Laquelle ? demanda Voldemort avec une politesse menaçante.
— Je pense qu'il y a une vouivre dans votre généalogique. Le fourchelangue n'est pas tout à fait la seule trace qui reste de ce métissage.
— Je suis de sang-pur, trancha Voldemort d'un ton péremptoire. Je suis le dernier héritier de Salazar Serpentard et je ne vous permettrai pas d'insulter la qualité de mon ascendance sans en demander réparation, cracha-t-il en brandissant sa baguette.
Magda voulut intervenir, mais Andris la devança.
« C'était juste une hypothèse. Je peux très bien faire erreur, dit-il en levant les mains en signe d'apaisement.
— C'est évident qu'il s'agit d'une grossière erreur, grinça Tom les dents serrés. Maintenant nous avons assez perdu de temps. Je suis ici pour rencontrer votre maître, pas pour me faire insulter par une créature sous-humaine.
— Nous devons évaluer ce que vous pouvez offrir à notre maître, expliqua Magda prudemment. Notre maître est très occupé. Il ne se dérange que…
— Quelles formes de paiement pourraient intéresser votre maître en contrepartie de son expertise ? interrogea froidement Voldemort.
— Des rumeurs nous sont parvenues au sujet de la chambre de Salazar Serpentard, reprit Andris. Elle aurait été rouverte il y a quelques années. Est-ce que c'était de votre fait ?
— Si vous attendez une confession de ma part ? ironisa Tom.
— La Chambre des Secrets, poursuivit Andris. Les secrets de Salazar Serpentard sont certainement de nature à intéresser notre maître. Est-ce que c'était vous ?
Le jeune mage se tut et réfléchit à cette possibilité. Par précaution il dressa des barrières d'occlumencie et examina ses options. Ce qu'il pouvait révéler et ce qu'il ne pouvait pas.
« Je suis bien à l'origine de la réouverture de la Chambre des Secrets, admit-il non sans satisfaction.
— Vous avez vu le monstre de Serpentard ? s'enquit Magda fascinée. Il existe vraiment ?
— Il existe vraiment, confirma Tom. C'est un magnifique et majestueux basilic.
— Le Roi des Serpents en personne, murmura Andréis.
— J'ai récolté du venin et des écailles de plusieurs mues avant de quitter Poudlard si cela peut intéresser votre maître.
— Inutile il y en a déjà sur le marché noir, répliqua Magda en balayant la proposition de la main. Principalement en provenance d'Asie. C'est cher mais cela reste accessible.
— Est-ce qu'il y avait des livres ? interrogea Andris. Des notes ? Les carnets d'expériences de Serpentard ?
— Non il n'y en avait pas un seul, répliqua Tom avec un air narquois
— Mais le basilic s'en souvenait, n'est-ce pas ? compris Magda.
— Toutes les connaissances expérimentales de Salazar et... de tous ses descendants, les connaissances mémorisées et protégées par l'usage du fourchelangue.
— Il se pourrait bien que nous ayons trouvé la monnaie d'échange pour les services de notre maître, conclut Andris. »
Encore un charmant pensionnaire du manoir ! :)
L'idée que le basilic soit le réceptacle des connaissances de Salazar me vient d'Harry Potter et les méthodes de la rationalité, écrit par Less Wrong et traduit par AdrienH. C'est une fic à lire absolument. Pétunia épouse un biochimiste et ils adoptent Harry qui débarque à Poudlard avec un esprit logique et armé de la méthode scientifique. Lisez-la plutôt en français car les concepts logiques, mathématiques et psychologiques sont déjà difficiles à suivre en français alors en anglais...
La suite sera l'entretien avec celui qui rédige les contrats du mage noire. Vous apprendrez enfin le service que Voldemort sollicite ;)
