Un nouveau chapitre, bonne lecture !

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Je voulais voir John et lui parler mais sur le chemin de traverse je suis tombé sur un de mes confrères. Quand nous nous sommes quittés, je n'avais plus la conscience du temps. J'ai marché je ne sais pourquoi vers le quartier mal famé et j'ai finalement loué les services d'une prostituée. Une fois dans la chambre sordide, je suis restée sur le lit qui me dégoutait. Je crois qu'elle m'a parlé puis elle s'est endormi, sans insister. J'ai laissé les gallions et je suis parti.

Je voulais regagner les donjons et retrouver Ann. J'ai besoin de la serrer dans mes bras, j'ai du désir pour elle. Elle est encore jeune mais dans ses yeux c'est une adulte, son attitude est bien plus mature que les autres jeunes filles de son âge.

Pourquoi trouver des excuses ? Je la veux, j'ai le double de son âge et je devrais la protéger. Au lieu de cela je l'entraine dans une relation malsaine et dangereuse. J'essaie de me leurrer.

Je ne sais pas comment je réagirais si elle se refusait à moi, ce qu'elle ne fait jamais. Au fur et à mesure que je m'approche de Poudlard, le besoin se fait plus pressent, je la veux.

La marque tire sur la peau, l'autre fou m'appelle. Sans cette connerie de prophétie, je l'aurais bien tué moi-même.

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Je ne sais plus combien de temps je suis resté inconscient après les tortures qu'il m'a infligées.

Elle était revenue, elle était là avec moi dans l'obscurité, m'empêchant de sombrer complètement dans le néant. Elle ne m'a jamais abandonné mais elle reste dans l'ombre. Sa voix m'appelle encore et encore, je n'entends pas le son juste un immense sentiment de tristesse.

-Severus, Severus, ne t'endors pas, restes avec moi, Severus ne pars pas là-bas !

J'ai fini par me relever. Je me suis dirigé vers la sortie du manoir, les couloirs étaient vides, ils avaient du partir. Un regard vers les étoiles m'indiqua que la nuit était bien avancée. Ce connard ne m'a pas loupé. Il faut que je rentre et que je trouve Ann.

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La mort de Dumbledore

La fin de l'année était toute proche, dans un peu plus d'un mois je serai majeure.

J'étais assise dans la grande salle devant une tasse de thé froid, essayant sans grand succès de me concentrer sur les pages de mon livre de métamorphoses.

Je devais rester dans l'école jusqu'à mon anniversaire, soit tout le mois de juillet et début août et après je serai libre de retourner au manoir. Je ne veux pas qu'il sache où il se trouve et jamais il ne doit y pénétrer.

Il règne une atmosphère lourde, moite, désagréable. Je décide de retourner tôt dans ma chambre, la fatigue est toujours présente quand il me prend ma magie.

Je m'allonge sur mon lit, j'arrive à peine à me souvenir de mes rêves. Des endroits sombres, menaçants, il est là souvent même si je ne perçois que sa présence. Quelque fois, c'est d'un autre monde dont je me souviens, des rires au loin, on m'appelle mais alors que j'essaie de m'approcher, une barrière se dresse et une force invisible m'empêche de continuer. J'ai beau me débattre mais rien n'y fait, je reste prisonnière de ce monde gris.

La nuit est tombée sans que je ne m'en rende compte.

J'entends de grands fracas et les alarmes de l'école. Je me force à me lever et à descendre dans la salle commune. Les élèves courent dans tous les sens, c'est un tourbillon qui m'emporte. Les mangemorts sont entrés dans l'école, le directeur est mort ! En passant devant la grande salle on voit toutes les fenêtres brisées.

je suis la foule, à distance, vers la tour d'astronomie. Au loin un feu semble s'être déclaré. J'apprendrais plus tard que c'est la cabane d'Hagrid qui a été brulée. Je regarde le ciel et découvre l'ignoble marque des ténèbres. La marque de ceux qui ont tué mon père. Celle qui s'efface peu à peu sur son bras.

Mc Gonagall confirme que Dumbledore est mort. C'est là que j'entends la rumeur pour la première fois, c'est Rogue qui a tué le directeur. Potter était là, il a tout vu. Je sais qu'il ne ment pas. Il est donc parti avec les mangemorts. Il est parti, disparu dans la nuit comme un criminel, le criminel qu'il est devenu.

Je regarde cela comme une scène à laquelle je n'appartiens pas. Je suis étrangère à tout ceci.

Plus tard, on s'avise de venir me chercher, ils ont beau m'interroger encore et encore je ne sais rien. Je n'ai pas besoin de mentir, Rogue ne m'a jamais rien dit. Ils le comprennent, me regardent avec pitié, puis dans leurs yeux, j'ai disparu à mon tour. Je n'ai pas eu le temps de penser à fuir Poudlard pour toujours. Les évènements se sont enchainés à une vitesse fulgurante, comme si le temps s'accélérait brusquement.

Le ministre a été renversé et Rogue a été nommé directeur de Poudlard quelques jours plus tard. Le ministère devait être en piteux état pour que l'on nomme le meurtrier du directeur à sa place !

J'étais la seule élève restée à l'école cet été-là. Il rentra dans la grande salle d'un air martial, sa cape tournoyant autour de lui, entouré d'un homme et d'une femme patibulaires. J'étais là depuis des heures à lire devant une tasse de thé. J'avais chaud avec mon uniforme. Ces détails insignifiants se sont gravés dans ma mémoire plus que son regard à cet instant précis. J'avais espéré qu'il avait disparu à jamais de ma vie mais cela ne se pouvait pas, son fil du destin tendait vers moi à travers les dimensions du temps et de l'espace.

Il vint directement à moi et sans même un bonjour me pris par le bras et m'entraina vers les donjons, vers un endroit que je connaissais très bien. Les deux autres ricanaient de toutes leurs dents jaunes pourries. Il leur claqua la porte de son bureau au nez. Cela calma leur hilarité, s'ils voulaient du spectacle, ils en seraient pour leurs frais.

- Qu'avez-vous dit ?

- Rien.

Ils vous ont interrogée ?

- Oui.

- Qu'avez-vous dit

- Rien.

Il était visiblement en proie à l'agacement et la méfiance. Il usa de legilimens mais sans grand succès. Je ne savais rien, lui mieux que les autres pouvait le confirmer. Sa bouche prit un pli dur. Un étrange rictus qui le rendait plus laid que d'habitude ce qui n'était pas facile.

Allez dans ma chambre.

J'eu la faiblesse d'un moment d'hésitation.

- Vous ne vous rappelez plus du chemin ?

Pour la première, fois je me permis de répondre.

- Je ne rappelle pas y être allée de moi-même.

Manifestement surpris, il réagit avec brusquerie.

- 6Allez-y maintenant !

Je m'exécutais. Je savais qu'il emploierait la force si besoin, il avait le visage des mauvais jours. Il verrouilla immédiatement la porte derrière moi.

Je ne pouvais entendre ses paroles à travers la lourde porte de bois, juste des échos durs. Je m'assis sur la chaise devant la petite table bizarrement placée face à une fenêtre magique dont les rideaux sont perpétuellement tirés.

Un temps indéterminé plus tard, un elfe apparu et apporta un plateau de thé et des gâteaux. Une tasse de thé calme de tout. Alors je bus. Mes affaires aussi furent apportées. Alors comme cela j'aménageais dans sa chambre ? Le fait que je sois encore mineure pour quelques jours n'allait gêner personne, à qui aurais je pu m'adresser ?

Il rentra et ferma la porte dernière lui.

Vous êtes aux yeux des autres serviteurs des ténèbres ma maitresse. Vous ne devez sous aucun prétexte révéler la nature de nos relations. Il en va de votre sécurité. Ne vous éloignez jamais de ma chambre et de moi.

- Vous n'avez rien à dire ?

- Et si je refuse ?

Nous n'avons pas le luxe de ces enfantillages.

Qu'avais-je à répondre à cela ? Je n'avais pas le luxe des enfantillages.

Il s'est approché de moi et le don de soi s'est immédiatement élancé vers lui plus fort que jamais. Il a fermé les yeux savourant chaque instant où ma magie l'enveloppait. La douleur familière se manifesta sans tarder juste moins forte que parfois.

- Je vous ai manqué ?

P- as la peine de mot Ann, l'accueil que vous venez de me faire est sans ambiguïté !

Il a beau plonger son regard dans le mien pour fouiller mon âme, je ne suis qu'une poupée de chiffon entre ses bras. Je n'ai pas fuis Poudlard, il a raison je l'ai attendu bien sagement dans l'école.

Il fit servir le repas dans la chambre et nous mangeâmes en silence. Il m'indiqua la salle de bain. Je me suis changée et j'ai gagné le lit. Il n'était plus là et je savais sans vérifier que la porte était verrouillée. Je me glissais dans ce lit étrangement opulent et moelleux. Je me suis endormie refusant de penser à ce qui se passait. Il m'a réveillée en se glissant dans le lit à son tour et en me serrant contre lui. Ses gestes sont doux quand il me touche. Il pose ses lèvres dans mon cou et le plaisir me traverse. Je sais qu'il ne dort pas. Je finis par me rendormir. Quand le matin arrive, il n'est plus là. Il n'a pas laissé un mot.

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Ce matin, je réalise que je suis totalement seule. Ma mère me manque plus que jamais. Je me sens si seule dans ce monde absurde. Je me rends bien compte que les ténèbres sont en train de gagner. Je regarde le monde magique se donner à ses nouveaux maîtres, une bande d'assassins, alors qu'ils ont laissé mon père pourrir en prison pour un crime qu'il n'avait pas commis ! Un elfe a laissé la gazette du sorcier sur la petite table, les quelques gros titres me donnent la nausée. Son portrait à lui trône en bonne place avec le mot directeur en gros caractères. Il arbore cet air hautain et menaçant qu'il affectionne tant.

Je n'ai aucune idée de l'avenir.

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Trois jours après, ou plutôt trois nuits après, alors que j'étais déjà dans le lit, il est rentré dans la chambre brusquement et a immédiatement verrouillé la porte. Il semblait perdu, en proie à des tumultes intérieurs violents, ce que je n'avais pas vu chez lui auparavant.

Il fit alors un geste que je n'oublierais jamais, il a enlevé ses vêtements magiquement. Il était presque nu devant moi. Un corps d'homme, dur, avec des zébrures rougeâtres, sanguinolentes, des bleus aussi, une constellation de la souffrance. Il me regardait comme un prédateur. Une faim étrange, obscène.

- Ann, regarde-moi !

- Parle Ann, dis quelque chose !

- Professeur…

- Non pas professeur, Severus, appelle moi Severus, tu es dans mon lit, nous partageons tout, même notre magie.

- J'étais terrifiée, statufiée. Je n'arrivais plus à réfléchir, un geste serait peut-être dangereux.

- Dis Severus !

- Severus…

Mot étrange dans ma bouche.

Il me tira à lui par les jambes à travers le lit. Ma chemise de nuit remonta sur mon ventre dévoilant ma culotte. Il caressa mes jambes, le visage tordu dans une étrange grimace. Il me plaqua sous lui sans brusquerie, enfouissant son nez dans mon cou. Le don de soi l'enveloppa sans tarder et il gémit. J'étais extérieure à la scène, je refusais de comprendre ce qui était en train d'arriver. Pourtant je partageais maintenant sa couche chaque nuit, cela devait arriver. Ma magie au lieu de me défendre, me trahit une nouvelle fois et s'intensifiât en se donnant à lui. Son visage prit une expression de bien-être, d'extase même.

- Je ne suis pas beau mais toi tu n'es pas belle ! j'entendit comme un écho, « tu n'es pas elle ».

C'était étrange car il n'avait pas remué les lèvres.

Il m'embrassa sur la bouche, ses lèvres étaient chaudes. Il me serra fort et m'embrasse encore et encore. Chaque fois ses baisers sont plus profonds plus intenses. Ses mains me caressent impudiques. Il s'arrête avant d'aller plus loin encore. Le don de soi rayonne comme jamais.

- Professeur…

Je ne sais même pas quoi dire

- Appelle moi Severus

Je ne le peux.

- Tu veux que j'arrête ? C'est le moment Ann, le moment de me dire d'arrêter ! Dis le Ann ! Tu sais n'est-ce pas ? Tu le sais ce qui arrivera si tu ne me dis pas d'arrêter ! tu le sais ! Tu ne refuses pas mes caresses, mes baisers ! Je ne m'arrêterais pas Ann. C'est ainsi.

je n'arrive pas à formuler le moindre mot.

- Tu as eu d'autres hommes ?

Mon regard agrandi d'horreur à une telle supposition le fait sourire, d'un petit sourire fier et satisfait. Et pourtant c'est vrai, il n'y a jamais eu que lui. Depuis des années, mon temps libre se passe à sa proximité, depuis des années il a pris toute la place, depuis des années…

Je sais à présent que nous ne ferons bientôt plus qu'un. Je dépose ma main sur sa poitrine pour le repousser mais cette vaine tentative se transforme en une caresse. Tout me porte à m'unir à lui et dans le même temps une répulsion irrépressible me vrille le ventre, me déchire de l'intérieur. Il grogne de plaisir inconscient de ce que je ressens et m'embrasse profondément.

Il me semble qu'il a murmuré « pourquoi toi ».

J'ai voulu sombré dans le néant mais rien ne l'a permis. La déchirure est insupportable alors que j'accueille ses gestes, ses caresses et que mon esprit se défend contre les illusions du pouvoir. Chaque caresse est tout à la fois pur plaisir et souffrance. Je découvre ce que c'est d'être touchée et de toucher à mon tour, cette intimité particulière du corps et de la magie. Il est devenu mon monde, il a tout pris, obscurité et lumière. La puissance de sa magie est sans commune mesure, sait-il qu'il peut ouvrir les dimensions ? Alors que mes mains glissent sur ses bras, sa magie s'enroule autour des miens et me caressent me faisant gémir et vibrer. Ses yeux sont deux lacs noirs brûlants, et je brûle et je suffoque. Il s'allonge sur moi et plus rien de nous se sépare, alors qu'un plaisir inconnu nait dans mon ventre une douleur venue de nulle part me fait sombrer dans l'inconscience.

Je me réveille avant l'aube dans ses bras. Il me caresse doucement, son regard est insondable. Ses doigts s'attardent sur mes lèvres, je les baise. Il sourit étrangement. Je réalise qu'il est étendu quasi nu à mes côtés, son corps ne porte plus aucune trace de blessure et la marque est presque invisible.

- Ne sortez pas de la chambre aujourd'hui. Demandez aux elfes de vous apporter les livres et les parchemins dont vous avez besoin. Je vous demande de ne pas aller dans le labo non plus. Compris ?

- Oui

Il m'embrasse longuement et profondément avant de se lever pour aller dans la salle de bain. Quand il ressort quelques minutes plus tard, je vois qu'il a changé, des glamours sans doute.

Je dors encore un peu et la journée commence. Les heures passent et je suis complètement vide, flottant sur un nuage.

Je ne lui ai pas dit d'arrêter. Je n'ai pas voulu qu'il arrête malgré la douleur que j'ai tu, pas un seul instant. Je reste immobile sur la chaise. A l'intérieur de moi, le chaos règne, je voudrais crier et je crois que j'aimerais tout détruire, oui tout détruire. De petits crépitements de magie apparaissent sur ma peau. Ma magie est déstabilisée, incontrôlable, j'ai peur de bouger, comme si la moindre rupture d'équilibre m'entrainerait dans la violence.

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Il est rentré dans l'après-midi.

Il voyait bien que j'avais obéit et il en semblait satisfait.

Il m'a embrassé et a commencé à me caresser. Puis il a sorti une petite boite de sa poche. C'était un pendentif avec une pierre noire opaque, la chaine semblait en métal, ce n'était pas très beau. Il défit mon uniforme et déboutonna mon chemisier dévoilant mon corsage. Il caressa mes seins, je baissais les yeux. Je ne le repoussais pas pourtant, il me laissait le temps, je le savais, savourant tout à la fois la caresse et mon consentement. Il me mit le bijoux.

- Je te demande de le garder en permanence. Ann, je vais probablement mourir dans les jours qui viennent, tu ne dois pas l'enlever, il sera ta protection quelque soit ce qu'il adviendra de moi.

- Merci.

- Dis mon prénom

- Severus

- Dis-le encore

Pourquoi c'était si important pour lui ?

- Severus.

Il m'entraina vers le lit et tout en m'embrassant il continua de me déshabiller.

Il est temps Ann, pas de retour en arrière…

Il entra en moi, je n'eus pas trop mal. Il était lourd. Je ressentis du plaisir et de la souffrance, nos fils du destin s'unissant comme nos magies. Je sentis des larmes sur mes joues, sans trop savoir pourquoi je pleurais. Le don de soi inonda la chambre, c'était tellement beau. Le plaisir le submergea le laissant surpris et sans souffle, haletant regardant autour de lui incrédule les ondulations irisées de magie blanche qui naissaient de nos deux corps unis.

La lumière disparut petit à petit et nous nous regardions étonnés.

- Tu as mal ?

- Non

Ma voix était faible mais ne trembla pas. J'eu mal en me redressant. J'avais du sang sur mes cuisses et sur mon sexe. Je me levais et allait dans la salle de bain. Il me suivit. Il avait l'air très fort tout à coup. Il me jetait des coups d'œil alors que je me lavais. Je le regardais aussi.

Le don de soi s'était totalement déployé quand nous avions fait l'amour. Expression étrange, car il n'y avait pas d'amour. Pourquoi ne m'étais-je pas défendue ? Est-ce que je l'aimais sans me l'avouer ? Je l'avais laissé faire. J'avais profondément honte tout à coup, réalisant que pas un instant je ne l'avais repoussé bien au contraire, je l'avais accueilli en moi, je l'avais caressé aussi l'encourageant à prendre davantage, ivre de cette magie, du don de soi.

Je l'ai hais pour cela mais moi je me dégoutais. De quoi avais-je l'air ? Je me regardais sans me reconnaitre. Comment avais-je pu m'oublier à ce point ? Toutes mes promesses ? Tout le mal qui régnait sur le monde sorcier, tout ce qu'il était lui, le mangemort, plus puissant désormais, le plus puissant peut-être.

Il nettoya le lit d'un coup de baguette et nous nous couchâmes. Je m'endormis assez vite, comme si cela était le plus naturel du monde. Je refusais d'analyser, de comprendre la portée de ce qui venait de se passer. J'avais honte. Je n'avais pas le luxe des enfantillages avait-il dit. Cela faisait bien longtemps que je n'étais plus une enfant.

Après cela, nous le fîmes souvent. Le don de soi ne m'épuisait plus autant. La douleur, elle, demeura ainsi qu'une sensation de déchirement chaque fois que je m'abandonnais dans ses bras. Elle me rappelait que j'étais vivante, ici et maintenant. Nous traversâmes ainsi les semaines jusqu'à ma majorité officielle.

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Le jour J arriva sans gâteau ni bougie mais la marque disparue. Je souhaitais préparer mes affaires et rentrer au manoir. Il s'y opposa fermement. Pour une fois je lui tins tête. Il ne s'énerva pas. Il m'interdit juste de sortir de l'enceinte du château et de ses appartements. Je fus tentée de me battre mais le don de soi me mettrait en échec. Ce lien m'empêchait toute tentative de le blesser.

Je ne trainais pas dans les couloirs de l'école avec les mangemorts qui hantaient les lieux désertés. Je ne sortais que pour aller à la bibliothèque. Je prenais tous mes repas dans les appartements privés.

Un jour, alors que mes bras étaient chargés, je vis tapis dans un coin sombre le frère Carrow. Il me regardait l'air mauvais, avec envie aussi. Lorsque je passais feignant de l'ignorer pour entrer dans le bureau de Rogue, je l'entendis clairement cracher « putain », la putain de Rogue. Je réalisais que pour beaucoup, je serai cela désormais, la putain de Rogue le meurtrier, le mangemort. Rogue veillait à ce que les Carrow ne me touchent pas. Le frère aurait bien voulu partager de la potion de Rogue, la sœur me détestait car elle voulait ma place…

Rogue passait aussi du temps à l'extérieur, je ne sais trop où, il ne me parlait quasiment pas. Quelques échanges sur les potions, les livres que je lisais, comme un professeur à une élève. Les nuits, c'était encore moins, de simples regards suffisaient à comprendre.

Un soir que cela avait duré longtemps à la douce lumière de chandelles magiques, il avait caressé mon corps encore et encore, jusqu'à ce que je gémisse de plaisir, avait déposé des baisers et m'avait montré comment le toucher, puis il s'était endormi contre moi, sereinement.

Il me réveilla au milieu de la nuit par des murmures incohérents, j'entendis cependant distinctement le prénom Lily. Il l'avait prononcé d'une voix jamais entendue, chaude, aimante, tendre, suppliante. Je ne pouvais me méprendre sur ce que je venais d'entendre et de percevoir. Il savait aimer, il aimait, il avait cette voix. Cette voix avait dit « Lily ». Cette voix qu'il n'aurait jamais pour moi.

Je me suis endormie à mon tour, l'esprit vide et l'âme en sommeil. Le haïssant un peu plus, me dégoutant davantage. La douleur que j'ai ressentie fut plus forte que toutes les migraines que j'avais endurées. J'aurais voulu crier. Au déchirement intérieur s'ajouta la douleur du cœur. J'avais espéré qu'il m'aime aussi.

Il n'était plus là à mon réveil. J'ai enfouis consciencieusement cet épisode dans les débris de ces journées. Je n'ai jamais pu l'oublier.

En me brossant les cheveux, je me suis aperçu que mon teint avait pris une jolie couleur rosée. Mes cheveux brillaient. Les effets de la chronomancie s'étaient complètement estompés. Était-ce l'effet du don de soi ? Si je n'avais pas cet air vide, je serais presque jolie. Je ne crois pas avoir été aussi belle à l'extérieur qu'à cet instant.

La rentrée vint. Les élèves étaient moins nombreux. Potter et ses amis, beaucoup de Gryffondors manquaient à l'appel. L'atmosphère était plombée quand Rogue prit la parole comme naguère Dumbledore. Pense-t-il à lui quand il parle ? Je surprends des regards étonnés à mon égard, dont celui de Malfoy.

Le festin est servi. Je mange avec appétit. On ne parle pas beaucoup, tout le monde est sur ses gardes. Bien sûr personne n'ose me questionner.

Alors que nous quittons la grande salle pour rejoindre nos dortoirs, je regarde Rogue qui me fait signe de le rejoindre. Le nouveau préfet tente de m'interpeller mais il est trop tard, Rogue est à ma hauteur ainsi que Sluggorn.

Melle Low ne dort plus dans le dortoir.

Sans un mot de plus, il laisse professeurs et élèves trop abasourdis pour répondre.

Avant la fin de la semaine, je suis la putain de Rogue pour toute l'école. Même les serpentards se tiennent sur leurs gardes avec moi. Je ne sus que bien plus tard, qu'il était considéré comme le bras droit de l'autoproclamé seigneur des ténèbres. Titre pompeux et ridicule.

Parfois, je suis appelée en plein milieu des cours. Il enfouit son nez dans mon cou et me respire. Je surprends des regards étonnés, interrogateurs de sa part. Il ne me montre jamais de brutalité ni de cruauté. Quand je le caresse, quand je lui procure des sensations agréables, si agréables qu'il ferme les yeux et entrouvre les lèvres, il semble enfin serein. Il aime quand je le touche ainsi. Est-ce seulement de la tendresse ? Des petits scintillements apparaissent sur sa peau et la mienne. De la belle magie nait ainsi. Il me regarde toujours étonné. Parfois je me demande si je ne suis pas comme ces autres femmes qui se vendent dans les ruelles sombres. Je n'ai pas eu le temps de rêver à l'amour. Je sais qu'il n'y en a point ici. Alors quelle signification donner à cela ?

Je ne sais pas quel regard j'ai dans ces moments-là. Je suis douce, j'aime être douce mais j'ai l'impression de mourir doucement à chaque fois.

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Depuis Hallowenn, je suis moins fatiguée. Alors qu'il réclame plus souvent le don de soi, cela ne déstabilise plus autant ma magie.

La tension est encore plus forte. Des incidents se multiplient au sein même de l'école. Londubat et la fille Weasley semblent être les meneurs. Malfoy traine une tête de cadavre et curieusement fanfaronne moins qu'avant.

Rogue est appelé de plus en plus souvent hors de l'école. Ce soir, alors que je rentrais de la grande salle, Carrow m'a sauté dessus. Je l'ai envoyé s'écraser contre le mur et je lui ai envoyé un sort de fouet. Cela fait des mois que je comprime ma magie, elle s'exprime enfin, froide, dure, implacable. A cet instant, j'ai envie de lui faire très mal. Il recule lorsque je m'approche. De proie je suis devenue prédateur. Je veux le faire souffrir. Je lève ma baguette et je voie la peur, la peur démente, s'inscrire dans son visage. Il ne doit son salut qu'à un groupe d'élèves qui surgit du couloir. Ils se taisent brusquement livides, ont-ils deviné que j'allais prononcer un sort impardonnable ? Que cet être ignoble serait un exécutoire à toute ma souffrance ? Il s'en est fallu d'un cheveu.

Je ne me reconnais plus, je ne reconnais plus ma magie, mes sentiments, tout se mélange.

Carrow n'a rien dit à personne et ne m'a plus jamais approchée. Rogue l'aurait peut-être achevé qui sait. Il dit souvent que l'on ne doit pas toucher à ce qui n'est pas à soi. Je ne touche jamais à ses affaires, l'idée ne me traverse même pas l'esprit.

Noel est arrivé. L'école s'est vidée à nouveau. Les décorations paraissent artificielles tant le cœur n'y est pas. Je suis plus seule que jamais dans le réfectoire désert. Je ne lis pas la gazette du sorcier qu'un elfe m'a apportée. Je n'ai que faire du monde. Je suis enfermée dans le château.

Je me promène dans le parc, j'aimerais m'envoler à nouveau. Je repense à mon père, à ma mère. Tout est si loin à présent. Je n'arrive pas à penser au futur. Le seigneur des ténèbres va-t-il gagner la guerre ?

En tant que maitresse de Rogue, je pourrais m'approcher assez prêt pour tenter de le tuer ou du moins tuer ses proches, pour venger mes parents. Je mourrais probablement, mais cela serait une délivrance, un monde où il serait roi serait un enfer. L'idée germe en moi. Pour l'instant, je ne sais rien de ce qu'il fait. Dans un coin de mon esprit, je vois Rogue prendre sa place sur le trône noir, plus puissant encore si jamais il découvre qu'il peut traverser les dimensions de l'espace et du temps. Je préfère mourir que de voir ce jour maudit.

Une nouvelle année est arrivée.

C'était le neuf janvier quand il l'a fait presque toute la nuit. Il semblait ne jamais se rassasier de caresses et de baisers. Alors que l'aube se levait et qu'il s'accorda un peu de sommeil, je priais pour qu'il ne prononce pas son prénom à elle. Pas cette nuit particulière, où beaucoup fut donné, où j'ai songé que j'aimerais mourir enfin et m'envoler pour toujours. J'ai lancé un sort à mes oreilles pour ne pas entendre ces quatre lettres, pour ne pas entendre cette voix particulière. Derrière ses paupières closes je devine qu'il pense à elle, qu'il imagine ses mains à elle, qu'il goutte ses lèvres à elle. S'il pensait à moi pourrait-il me faire autant de mal ?

« Je ne suis pas belle, je ne suis pas elle ».

Quand je me suis préparée pour les cours, le miroir me renvoya l'image d'une jeune femme rayonnante, belle. Je sus que ce n'était pas le fruit de mon imagination quand je vis son regard sur moi, étonné, étonné sans doute comme toujours de me voir moi et non pas elle. Il ne dit pas un mot mais ne sortit pas brusquement non plus. Il hésitât puis d'un ton plus doux qu'à l'accoutumé me demanda si j'avais mal.

Non je n'avais pas mal physiquement.

Nous arrivâmes ensemble dans la grande salle sous le regard gêné des professeurs et des élèves. Nous ne faisions plus semblant.

Les jours qui suivirent furent identiques aux précédents. Hormis qu'à une certaine date du mois, je n'ai pas eu mes règles. Je me disais que cela arrivait. Un autre mois passa et je sus. Je ne lui dis pas. Au printemps, il était de toute façon absent quasi continuellement. Il ne voudrait pas de cet enfant. Il me ferait sans doute avorter et pour cela une simple potion suffirait. Mme Pomfresh nous avait donné des cours sur ces questions. Elle avait parlé d'amour. Curieux que ni lui ni moi n'avons pensé à prendre des précautions. Lui surtout devait savoir y faire. Peut-être cela n'était il pas concevable pour nous car il n'y avait pas d'amour ?

Curieusement il ne s'aperçu de rien. De l'absence de règles, du léger embonpoint que la nuit il pouvait deviner en caressant mon ventre, de cette nouvelle vie qui me faisait rayonner de l'intérieur.

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Le jour où il partit.

Je fus comme les autres convoquée dans la grande salle. Il nous informa qu'Harry Potter était revenu. Et soudain Harry surgit dans la pièce le défiant. Un combat s'ensuivit et il s'enfuit comme une ombre noire sans balai. Le répit fut de courte durée car Voldemort nous demanda de livrer Harry Potter. Les serpentards étaient partant pour le faire. Mcgonagall demanda à ce qu'ils soient enfermés au sous-sol. Je ne les suivais pas. Je lui dis que je voulais me battre contre eux, contre lui. Je ne sais pourquoi elle me crut sans hésiter.

Je participais à la mise en place des boucliers et je vis l'armée de pierre de l'école prendre vie. Si je n'avais pas eu le bébé, j'aurais aimé mourir en combattant. Il fallait que je sois prudente. Le bouclier ne tint pas longtemps et les combats atteignirent l'école. Je pris position de telle manière à ne pas pouvoir me faire surprendre par derrière. A l'abri des regards je déploie ma magie et je constate que ma force est décuplée. Je ne retiens pas mes coups. Je vois les évènements comme un film, c'est la guerre, des jets de magie illuminent les pièces, des pans de mur explosent. Je vois au loin un géant. Je jette un sort de gel sous ses pieds, il vacille et tombe lourdement, cela fait gagner du temps.

Je vois Potter courir vers le bureau du directeur, je décide de le suivre. Il fait appeler la pensine. Il verse des souvenirs. Cela doit être important pour qu'il regarde ces souvenirs en plein milieu des combats. Quelques minutes plus tard, il sort, les larmes plein les yeux, il ne m'a pas vu tapie dans l'ombre.

Je m'approche et plonge à mon tour pour découvrir que ce sont ses souvenirs à lui.

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Quand je quitte la pensine, je m'assoie sur le sol. Alors c'était cela, il aimait, il aimera toujours la mère d'Harry, il a dit « à jamais ». J'ai mal au cœur. Peut-être qu'au fond de moi j'avais peut-être toujours un peu d'espoir. Ma main se pose sur mon ventre. Il ne voudra jamais de nous. Je vomis.

Je marche à travers le château en me protégeant des attaques. Plus tard, je ferais en sorte d'effacer de leur mémoire mon existence, plus tard. Toutes ces années à étudier la chronomancie vont me servir finalement.

J'ai froid de l'intérieur. Un mangemort m'a attaquée à ce moment-là. Je me suis défendue avec une rage froide. C'est la première fois que je tue quelqu'un. J'avance sans savoir exactement où je veux aller. Il faut que je protège mon bébé. Des loups-garou surgissent. Je me défends, j'en tue plusieurs, je ne retiens pas mes coups. Il faut que je me cache dans une pièce, aller vers la sortie, c'est se retrouver au milieu des combats. Alors je m'enfonce dans les donjons, je retrouve des élèves tétanisés, blessés. Je les aide de mon mieux.

La rumeur nous parvient, Voldemort a perdu. Les combats s'arrêtent brusquement.

Nous restons encore quelques heures tous ensemble avant que des professeurs viennent nous chercher et nous conduisent vers ce qu'il reste de la grande salle, nous assurant qu'il n'y a plus de danger. Des élèves me tiennent par la main car je suis la plus grande de ce groupe. Minerva nous accueille, elle semble si fatiguée à cet instant malgré la victoire. J'entends des cris, des pleurs. Je blottis contre moi les plus petits pour qu'ils ne voient pas le sinistre spectacle.

Mlle Low vous n'êtes pas blessée ? On m'a dit que vous aviez défendu l'aile nord.

Je ne suis pas blessée. Où puis-je accompagner les élèves ?

Vers la salle de divination, cette partie de l'école n'a pas été touchée.

Nous y allons.

- Merci Ann. Et…Elle hésite un instant…Il n'est pas mort, pas encore. Il a été retrouvé gravement blessé. Nous ne savons pas s'il survivra.

Je me contente de hocher la tête. J'accompagne les élèves vers la salle de divination. Des parents arrivent et c'est en pleurant qu'ils serrent leurs enfants dans les bras. Quelques mercis. Je m'assoie. Je ressens tout à coup une immense fatigue. Un combattant de l'ordre vient me voir et me demande mon identité.

- Merci Melle. Vous êtes la seule élève de la maison serpentard à vous être battue contre vous savez qui.

- La seule ?

- Votre famille va venir vous chercher ?

- Je n'ai plus de famille.

- Vous savez où aller ?

Sa voix est douce à présent, je ressens sa compassion pour moi.

- Oui j'ai une maison.

- Ne restez pas seule, vous pouvez nous joindre dès que vous aurez besoin. Il me glisse un bout de parchemin dans les mains. Patrick Nichols, auror.

- Merci.

Alors qu'il s'éloigne, un elfe apparait et me tend en souriant à manger. J'ai faim et soif, je ne m'en été pas aperçue. Je mange, la nourriture est bonne. La fatigue commence à diminuer. Je m'efforce de finir ma ration car il faut désormais penser au bébé.

Je décide de me lever et me dirige vers l'infirmerie. Un chaos sans nom règne. Je remarque les dégâts mais aussi qu'il y a beaucoup moins d'élèves puisque les parents sont venus les chercher.

J'avance doucement, je tremble un peu. Mme Pomfresh me demande si j'ai besoin de quelque chose. Je la rassure. Elle me regarde intensément quand je vais dans l'allée, elle sait qui je vais voir.

Il faudra que je lui lance un sort d'oubliette.

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Il est là, ses vêtements déchirés, encore maculés de sang et de poussière. Sa chemise a été rabattue sur son torse pour soigner la morsure. Il est pâle, gris comme si la mort l'avait déjà recouvert de son voile. Je tire le rideau pour nous isoler. Il ne se réveille pas à mon approche et c'est mieux ainsi. Ma magie s'élance vers lui mais je la retiens, je donne mais je songe à nous préserver. J'arrête quand je sens que la fatigue arrive. Il a repris une couleur normale. Délicatement je jette mon sort informulé pour qu'il oublie l'essentiel de notre relation. Je ne peux haïr ce corp souffrant mais je hais tous ces moments qu'il m'a pris. Je hais cette nuit où il m'a appelée Lily dans son sommeil. Je hais ce « à jamais » qui me condamne au néant. Alors j'ai détruit tous les souvenirs, même ceux anodins où nous travaillons ensemble, où un semblant de nous avait sa place. J'essaie de détruire la honte et le désespoir, l'absurdité d'un lien si pur, si beau et pourtant si vain. Il ne voudra pas de nous.

Je pose ma main sur mon ventre. La vie est là.

Je me lève, en partant pour toujours de Poudlard, je lance des sort d'oubli. Je m'attarde en réfléchissant à ne rien oublier moi-même.

Alors je vais saluer McGonagall qui sera sans doute la nouvelle directrice.

- Ann, je suis désolée, si désolée, j'ai essayé d'intervenir…

- Ne le soyez pas, vous n'auriez rien pu faire de plus. Je vais quitter l'école à présent. Les aurors m'ont interrogée, je crois que je n'ai rien de plus à ajouter.

- Vous êtes la seule de votre maison à avoir défendu l'école.

- Ma famille n'a jamais adhéré à la théorie des sangs purs, jamais. Au revoir professeur.

- Au revoir Ann.

Je lançais le sort d'oubli alors que je me retournais en fermant la porte.

A la lisière du domaine, je me demandais si j'allais me retourner une dernière fois mais non cela n'aurait pas eu de sens.

Je transplanais vers mon manoir. Les lieux étaient tristes. Je fis passer une annonce pour recruter deux elfes de maison. Un couple me fut envoyé et ils avaient l'air gentil mais très craintifs. Ils se mirent aussitôt au travail. Je redécorais les pièces de vie, effaçant des années de négligence. Je ne suivrais pas la tradition familiale, je voulais un semblant de vie normale. Je ne chargerai pas mon enfant de ce fardeau.

Depuis la mort de ma mère, pour la première fois, un horizon se dessinait enfin, un futur où je pourrai vivre, vivre à nouveau.