J'espère que vous êtes toujours avec moi !

Bonne lecture !

4

La nuit fut courte et émaillée par les réveils toutes les deux heures. Vers 04 heures du matin, Jack râla si fort que Sam se réveilla tout à fait.

– Je crois qu'on peut se mettre d'accord sur le fait que je n'ai pas de commotion cérébrale mais que j'ai vraiment besoin de dormir… grogna-t-il.

Sam écarta la lampe qui lui servait à vérifier l'état de ses pupilles et concéda :

– Ouais… Je crois que le risque est écarté.

Elle modifia le réglage de sa montre et se rallongea.

– Rendors-toi, je ne t'embêterai plus.

Elle pivota et se coucha sur le flanc, tourné vers l'extérieur du lit, dos à Jack, dans l'espoir de lui laisser le plus de place et d'intimité possible.

Mais, moins de cinq minutes plus tard, la main de Jack s'égara vers elle et le bout de ses doigts effleura la courbe de sa fesse.

Elle tourna un peu la tête :

– Quelque chose ne va pas ?

– Tu es trop loin…

Un sourire monta sur les lèvres de Sam. Ainsi donc, elle n'était pas la seule à ressentir le manque de lui. Roulant lentement, elle lui fit face.

Sa grande main chaude grimpa sur sa hanche, caressa sa cuisse et l'attira à lui.

– Plus près… ordonna-t-il.

Il ne fut satisfait que lorsqu'elle reposa sa tête sur son épaule et qu'il put enrouler son bras autour d'elle dans un geste de possession pour le moins inédit.

Ils n'avaient pas vraiment eu le temps de bâtir une vraie relation jusque-là. C'était tout au plus du bon sexe entre deux adultes conscients qu'ils enfreignaient les règles qu'ils avaient jurés de servir.

Ils s'endormirent ainsi enlacés jusqu'à ce que l'alarme de Sam ne sonne une nouvelle fois.

– Quoi encore ? gronda Jack en peinant à ouvrir les yeux.

– Rendors-toi, Jack. C'est mon réveil. Je dois me préparer pour aller bosser… J'ai un briefing à 09h00.

Jack hocha la tête, sa colère se dissipant comme neige au soleil, sans pour autant qu'il ne libère sa compagne de son étreinte ensommeillée.

– Jack… Je dois me lever….

– Encore une minute…

Elle rit doucement et déposa un tendre et doux baiser sur ses lèvres.

Le bras qui reposait autour de ses épaules se resserra au lieu de se détendre et sa langue taquina la sienne. Sam ne put retenir un petit soupir langoureux, bientôt suivi d'une supplique :

– Jack… Janet sera bientôt là… Et tu ne veux pas vraiment qu'elle me trouve dans tes sous-vêtements... n'est-ce pas ?

Jack ronchonna et la libéra, à regret.

Sam se faufila dans la salle de bain, se déshabilla et renfila ses habits de la veille. Elle avait encore le temps de passer chez elle, prendre une douche et se changer avant d'aller à la Montagne. Elle mit le boxer dans le panier à linge et plia le tee-shirt sur le dessus du coffre.

Elle ressortit sans bruit, enfila ses chaussures et se dirigea vers le salon pour récupérer le reste de ses affaires.

Elle était sur le point de quitter la maison, lorsqu'elle heurta presque Janet sur le seuil.

– Salut Sam !

– Eh Janet ! Comment ça va ?

– Bien. Alors ? Comment s'est passée la nuit ?

– Plutôt bien. Pas de signe de commotion. Il a dormi. Je dois filer ! On se voit plus tard à la Montagne ?

– On peut déjeuner ensemble si tu veux ?

– Entendu ! Tu viens me chercher ?

– Je n'y manquerai pas !

Les deux femmes se croisèrent, l'une entrant, l'autre sortant et, le temps que Janet pose son sac sur la table du salon, le moteur de la voiture de Sam s'éloignait déjà.

oOo

Sam jouait avec la nourriture dans son assiette, la faisant passer d'un côté à l'autre avec sa fourchette sans réellement la manger. Janet n'était pas dupe de son stratagème.

– Sam, il faut que tu manges !

Carter sursauta et réalisa ce qu'elle faisait. Elle repoussa son assiette dans un coin de son plateau et saisit la coupe de gelée bleue dans laquelle elle plongea sa cuillère.

La première bouchée lui apporta un souffle de plaisir et apaisa un peu son estomac.

– Comment ça s'est passé ? demanda-t-elle enfin à son amie.

La Doc n'avait pas besoin de demander pour savoir de quoi elle parlait. Les pensées de Sam semblaient toutes mobilisées sur un seul objectif en ce moment.

– Tu avais vu juste. Il était grincheux. Mais à part ça, tout allait bien. Je commençais à me demander comment j'allais le sortir du lit pour l'installer dans son fauteuil quand Daniel est arrivé et m'a aidée. Il avait apporté le café et des donuts. Jack semblait content de le voir. Je les ai laissés tous les deux et je suis venue au SGC.

Sam hocha la tête et prit une nouvelle cuillère de son dessert. Elle semblait toujours perdue dans ses pensées.

– Il a dit que tu pensais qu'il ne remarcherait pas… dit-elle enfin.

– Quoi ? Non ! pesta Janet. Il m'a demandé de lui dire la vérité. J'ai répondu que ça faisait partie des risques. Pas que c'était inévitable.

Sam sembla sortir de ses idées noires.

– Tu crois que je pourrais l'aider ?

– Eh bien… Oui, sans doute. Il a besoin d'un soutien moral et matériel en ce moment mais… ça va être difficile, Sam. Tu es souvent hors monde en ce moment…

Sam repoussa son dessert à moitié mangé et se leva.

– Excuse-moi, Janet. Il faut que j'y aille.

Surprise, la Doc acquiesça et regarda son amie s'éloigner d'un pas vif.

Quoi qu'elle ait prévu de faire, Sam Carter semblait bien décidé à le mener à son terme.

Samantha Carter entra dans le bureau du Général Hammond après y avoir été invitée.

– Major Carter, asseyez-vous, qu'est-ce qui vous amène ?

Sam prit place et noua ses mains sur ses genoux, avant de demander :

– J'aurais besoin de congés, Mon Général.

– De congés, Major ?

Hammond n'aurait pas pu être plus surpris par cette requête. D'ordinaire, il devait littéralement la mettre dehors de la base même lorsqu'il mettait SG 1 hors rotation.

– Puis-je savoir pour quel motif ?

– Raisons personnelles.

– Et quand souhaiteriez-vous ce congés, Major ?

– Dès à présent si c'est possible, Mon Général.

Cette fois, Hammond faillit tomber de sa chaise.

– J'ai un stock de jours que je n'ai pas pris, alors, avec votre permission, je voudrais pouvoir en disposer maintenant.

Il n'en fallut pas plus pour que le vieux général commence à se douter de ce qui se passait réellement.

Il soupira longuement, se donnant le temps de réfléchir à la situation puis, il demanda, d'une voix douce et amicale :

– Et après, Sam ? Que feras-tu lorsque ton congé aura pris fin et qu'il ne sera toujours pas remis ?

Les yeux de Sam s'écarquillèrent de surprise, permettant à son parrain de savoir qu'il avait vu juste.

– Je ne sais pas encore, finit par bredouiller Sam, confuse et troublée. Peut-être que je demanderai un congé sans solde…

– Sam, voyons, tu n'y penses pas ! Et ta carrière ?

– Ce n'est pas le plus important pour le moment !

– Je ne suis pas d'accord !

Sam leva les yeux de ses mains qu'elle fixait depuis que la conversation avait pris une tournure plus personnelle. Elle fixa le Général et lâcha :

– Il a pris un tir qui m'était destiné, Mon Général. Le Colonel O'Neill a littéralement utilisé son corps comme bouclier pour me protéger ! Je dois être là pour lui durant sa phase de rééducation. Je lui dois bien ça ! Je devrais être à sa place. En fait, j'aurais pu mourir s'il n'avait pas fait ce qu'il a fait.

Hammond avait lu les comptes-rendus médicaux et il savait que Sam avait raison.

– Entendu. Je t'accorde trois semaines de congés. Et ensuite, peut-être que tu pourrais accepter de travailler un peu au laboratoire. Tu pourrais avoir des horaires adaptés et je pense qu'il serait même possible que tu travailles depuis chez toi lorsque les projets ne nécessitent pas ta présence sur la base… proposa-t-il. Je verrai avec Daniel et Teal'c pour les réaffecter en renfort ponctuel sur d'autres unités en attendant.

– Je serais hors rotation ? demanda-t-elle avec espoir.

– Si c'est vraiment ce que tu veux, alors oui. Au moins le temps qu'on puisse voir comment ça évolue…

– Entendu. Merci, Mon Général.

Elle hésita puis, carra les épaules et décida de jouer franc-jeu avec son parrain :

– Mais, je dois vous prévenir que, s'il l'accepte, je compte m'installer chez le Colonel O'Neill à compter de ce soir pour l'aider.

Hammond haussa les sourcils :

– Je croyais qu'il avait du personnel pour veiller sur lui…

– Il les a tous renvoyés et… enfin, son état m'inquiète. Je préfère rester près de lui.

Hammond ne se rappelait que trop ce qu'il avait lu dans le dossier de Jack O'Neill sur son état lors de la première mission Abydos. Un nouveau traumatisme pouvait le faire replonger…

– Je mettrais une note dans vos dossiers autorisant la situation même si ce n'est plus vraiment utile, du moins pour l'instant. Le Colonel étant en arrêt maladie et vous affectée au laboratoire, vous n'êtes techniquement plus dans la même chaîne de commandement tous les deux, déclara le Général.

Sam sentit le soulagement l'envahir et les larmes monter à ses yeux mais elle essaya de les refouler tant qu'elle se trouvait dans le bureau de son supérieur.

Hammond sentit son émotion et se contenta d'ajouter :

– Disposez, Major. J'attends de vous que vous me teniez informé de l'évolution de la situation.

Sam se leva et le salua formellement :

– Bien sûr, Mon Général. Je le ferai.

En quittant le bureau de Hammond, Sam était un peu perdue. Walter lui jeta un regret discret mais ne fit aucun commentaire lorsqu'il la vit effacer rapidement une larme sur sa joue.

Carter se dirigea d'abord vers l'infirmerie.

Janet l'accueillit dans le confort de son bureau et la fit asseoir en voyant que son amie était sur le point de se briser.

– Sam ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce que ça va ? Tu es bien pâle tout à coup !

Sam s'efforça de retrouver un visage serein avant de déclarer :

– Le Général m'a accordé trois semaines de congés. Ensuite, je serai affectée au laboratoire de recherches.

– Il te retire de SG1 ?

– À ma demande.

Janet comprit alors ce qui motivait son amie.

– Tu comptes t'occuper de lui, n'est-ce pas ?

Sam se contenta de hocher la tête en silence, priant pour que Janet comprenne et ne lui pose pas de questions auxquelles elle ne pouvait pas répondre.

Mais la Doc se contenta de sourire et de rétorquer :

– En même temps, vu l'état de la maison lorsque tu m'as appelée hier, je peux comprendre…

Sam laissa échapper un petit rire qui faillit s'achever en sanglot. Alors, Janet lui prit les mains et ajouta :

– Je serai là autant que tu auras besoin de moi, d'accord ? N'hésite pas à m'appeler, de jour comme de nuit. Je viendrai.

– Merci, Janet. Je suis sûre que Daniel et Teal'c vont m'aider aussi…

– J'en suis certaine. Vous êtes une famille.

Sam essuya une larme traîtresse et répliqua en serrant fort ses mains :

– Nous sommes une famille, Janet.

oOo

Jack était avachi dans le canapé devant un match de hockey lorsqu'une voiture se gara dans son allée. Le son du moteur lui était familier et il sut qui allait franchir la porte avant même d'entendre la voix de Sam déclarer :

– C'est moi…

Il se contenta de lever le bras par-dessus le dossier pour qu'elle sache où il se trouvait.

Carter posa ses affaires puis le rejoignit, s'asseyant près de lui, sur l'accoudoir.

– Il est tôt, qu'est-ce que tu fais ici ? questionna Jack en faisant semblant de rester concentré sur le match.

Sam pouvait néanmoins deviner à la tension dans ses épaules qu'il était intrigué par sa présence chez lui en pleine après-midi.

– J'ai pris un congé.

Le regard perçant de Jack se posa immédiatement sur elle mais il ne posa pas de question. Il se contenta de la scruter un moment puis, il soupira, ayant manifestement obtenu la réponse qu'il cherchait au fond de ses grands yeux, un peu rougis par les larmes qu'elle avait versées un peu plus tôt.

Il se redressa avec un grognement frustré, lui laissant la place de s'installer plus confortablement près de lui. Sam obéit à l'ordre tacite et s'assit, faisant aussitôt semblant de s'intéresser au match.

À la mi-temps, Sam se leva et disparut dans la cuisine.

Elle revint un moment plus tard et rapporta de quoi boire et une assiette remplie de mini sandwichs appétissants. Jack la remercia et en prit un, un peu méfiant quant aux capacités culinaires de son Second. Un sourire fleurit sur son visage après la première bouchée et il s'exclama :

– Wow ! C'est excellent !

Elle rit au compliment et avala un sandwich.

– Je croyais que tu ne savais pas cuisiner, observa-t-il, manifestement curieux de savoir si ses compétences allaient au-delà de la collation de base.

– En fait, je suis plutôt bonne cuisinière…

– Donc pendant tout ce temps hors monde, tu nous as mentis en nous laissant croire que tu allais brûler nos repas ! s'amusa Jack.

– Eh bien… J'ai peut-être un peu exagéré… oui… Mais Daniel adore tellement cuisiner !

Jack rit de bon cœur cette fois et le cœur de Sam soupira de soulagement : c'était la première fois depuis sa blessure qu'elle l'entendait rire de la sorte.

Lorsque la collation fut terminée, Carter récupéra les verres et l'assiette et nettoya tranquillement dans la cuisine. Elle profita de la distraction de Jack pour se rendre dans la chambre principale. Elle défit rapidement le lit, déposa les draps dans une panière avec le reste du linge sale et se remit des draps propres et frais. Puis, elle se rendit dans la buanderie et lança une lessive.

Une fois ces tâches achevées, Sam décida qu'elle avait bien mérité une douche mais, elle voulait d'abord savoir à quoi s'en tenir pour ce soir. Alors, elle retourna dans le salon.

Soit le match était terminé, soit Jack avait zappé. La télévision diffusait à présent des rediffusions de vieilles séries. Sam s'assit sur la place toujours libre à côté de l'homme et déclara :

– J'ai un sac de voyage posé à l'arrière de ma voiture.

Jack la toisa, comme s'il cherchait à comprendre pourquoi elle lui balançait ça comme ça, avant de rétorquer :

– Tu ne peux pas rester. Je ne veux pas que tu aies des problèmes à cause de moi. Je te remercie de ton aide mais je peux me débrouiller tout seul.

Il laissa passer un silence, pensant qu'elle allait répliquer, s'énerver, enfin peut-être réagir. Mais, voyant qu'elle l'écoutait simplement, il ajouta :

– En plus, Daniel m'a envoyé un message disant qu'il passerait avec Teal'c et des vidéos ce soir…

– Parfait. Je vais lui dire de ne pas prendre à dîner, je vais m'en occuper.

– Sam… protesta Jack.

– Hammond m'a sortie de ta chaîne de commandement jusqu'à nouvel ordre, Jack et je lui ai dit que je comptais m'installer chez toi. Enfin, si tu ne me posais pas trop de problèmes… ironisa-t-elle tout en scrutant avec attention l'expression successivement confuse puis surprise sur les traits du Colonel.

Il était tellement stupéfait qu'il en resta bouche bée.

– Alors ? insista-t-elle.

– Hum ? grogna-t-il, cherchant à éviter le sujet.

– Mon sac ?

Résigné, Jack finit par lui offrir un simple hochement de tête avant de retourner à son émission.

Sam disparut durant quelques minutes puis Jack l'entendit rentrer et se diriger vers sa chambre avec ses affaires.

Elle ne semblait pas encline à prendre la chambre d'amis…

Jack soupira. Il était déchiré entre son désir de l'avoir là auprès de lui, à chaque instant de ce calvaire qu'était devenue sa vie et une culpabilité qui lui lacérait le cœur.

Samantha Carter était la plus merveilleuse, la plus belle et la plus intelligente des femmes avec qui il avait eu l'honneur de servir… En fait, elle était une femme extraordinaire à tous les égards. Le simple fait qu'elle supporte la présence d'un grincheux comme lui pour Commandant aurait dû lui valoir une médaille. Alors, que pouvait-il faire à présent ? Il était devenu un tel fardeau… Il ne voulait être le poids mort de personne et encore moins des gens qu'il aimait.

La colère bouillait dans ses veines, mêlée d'amertume et d'apitoiement.

Il voulait tellement la repousser, l'empêcher de voir les côtés les plus sombres de son âme. Mais il en était bien incapable.

Elle avait rampé sous sa peau, lentement, insidieusement, depuis ce premier briefing et à présent, il ne pouvait plus respirer loin d'elle.

Il entendit le bruit de la douche au loin et réalisa qu'il était peut-être temps pour lui de sortir de ce canapé. Jack attira son fauteuil près de lui et, avec un peu de concentration et beaucoup de forces dans les bras, parvint à se glisser sur le siège. Il ramassa ses jambes, l'une après l'autre et les rangea sur le marchepied.

Il reprenait son souffle lorsque Sam posa ses deux mains sur ses épaules. Il sentit un parfum fruité sucré et agréable l'envelopper comme elle se penchait vers lui pour lui murmurer :

– Super ! Et si tu te rafraîchissais un peu et te changeais avant que les gars n'arrivent ?

Jack réalisa qu'il n'avait pas pris de douche depuis plusieurs jours et qu'il puait vraiment. Il se demanda comment Sam avait fait pour le supporter si longtemps dans cet état.

– Ouais… Ce serait peut-être une bonne idée…

Sam déposa un baiser léger sur sa joue rugueuse de barbe, comme un remerciement pour sa bonne volonté. Elle le poussa jusqu'à la salle de bain et laissa la porte ouverte pour leur offrir plus de liberté de mouvement.

– Déshabille-toi, ordonna-t-elle tout en réglant la température de l'eau.

Dans tout autre contexte, Jack aurait trouvé ces mots incroyablement excitants, surtout lorsqu'ils sortaient de la bouche de cette femme. Mais, depuis qu'il ne sentait plus rien à partir de la taille, cette idée lui paraissait moins séduisante…

Il retira son tee-shirt pendant que Sam s'agenouillait et lui enlevait ses chaussettes. Puis, il prit appui sur ses bras pour soulever son bassin, afin que Sam puisse retirer le reste de ses vêtements. Il fut aussi surpris qu'elle de découvrir qu'une partie de son anatomie avait réagi malgré lui à cet épisode de déshabillage. Il posa rapidement une main maladroite sur son aine et murmura, espérant détourner son attention :

– Tu peux me passer le gant et le savon ?

Sam s'exécuta, un léger sourire flottant au coin de ses lèvres. Si léger que Jack se demanda s'il ne l'avait pas imaginé.

Jack se lava tandis que Sam mettait ses affaires sales dans le coffre et disparaissait brièvement dans la chambre pour lui en ramener des propres. Elle lui avait choisi un pantalon de survêtement neuf et un tee-shirt soigneusement repassé.

Elle lui prit le gant des mains et lui savonna le dos avec douceur puis, elle lui porta une bassine d'eau claire pour qu'il se rince. Une fois propre et habillé, elle sortit de l'armoire de toilette son nécessaire de rasage et le laissa bien en vue sur le lavabo avant de sortir.

Jack comprit le message.

Lorsqu'il la retrouva une demi-heure plus tard, Sam était dans la cuisine. Une délicieuse odeur se dégageait des poêles qu'elle manœuvrait avec dextérité.

– Daniel et Teal'c devraient bientôt arriver, lui dit-elle avec un doux sourire.

Elle avait mis la table pour quatre et avait même coupé trois roses jaunes dans le jardin arrière qu'elle avait disposées dans un vase.

La maison sentait le propre, la bonne nourriture et un parfum de femme, délicat et fragile. On aurait dit un rêve aussi parfait qu'improbable. Jack sentit son cœur se serrer dans sa poitrine.

Sam versa les ingrédients dans un plat, arrosa généreusement de crème et enfourna le tout.

– Voilà, j'ai terminé ! s'exclama-t-elle en contournant l'îlot central pour venir déposer un baiser sur les lèvres de Jack.

Il glissa sa main sur sa nuque, sous ses courts cheveux blonds, la gardant près de lui pour prolonger l'instant. Sam se redressa en attendant frapper à la porte.

– Ah ! Je crois que les voilà !

Elle fila d'un pas léger vers l'entrée pour ouvrir à leurs amis.

Daniel s'avança en premier et embrassa Carter sur la joue tout en lui tendant une boîte à gâteaux de belle taille. Comme Sam fronçait les sourcils, son ami rétorqua :

– C'est Teal'c qui a insisté !

Le Jaffa entra à son tour et approuva gravement, comme s'il s'était agi d'une mission de la plus haute importance et pas d'un passage à la boulangerie. Il désigna aussi les boîtes de DVD qu'il tenait fièrement à la main.

– Donnez-moi vos vestes les gars, proposa Sam en les débarrassant.

Les deux hommes rejoignirent Jack au salon pendant que Carter rangeait les vêtements dans l'entrée.

Quelques bières plus tard, Jack semblait plus détendu et Daniel racontait leurs aventures sur P2X-567 avec SG 4. Teal'c se contentait de compléter de temps à autre le récit de l'archéologue tout en grignotant des chips.

Sam s'éclipsa un moment en cuisine et revint en déposant le plat sur la table.

Le repas se déroula dans la bonne humeur et Teal'c donna un coup de main bienvenu pour la vaisselle avant que l'équipe ne s'installe dans le salon pour le film.

Jack s'était assis dans le canapé avec l'aide de Daniel mais, les gars avaient laissé la place vide à côté de lui. Sam se posa sans y réfléchir et, alors que le générique commençait, elle regroupa ses pieds sous elle et s'appuya nonchalamment contre l'épaule de Jack. Ce dernier glissa son bras derrière elle, sur le dossier du fauteuil pour qu'elle soit plus à l'aise. Profitant de la pénombre complice, il effleura le front de Sam d'un baiser et murmura :

– Merci pour ce soir, Sam… Désolé d'avoir été un tel connard…

Sam ne répondit pas et se contenta de ramener sa main, abandonnée sur son épaule, contre son cou.

Le film achevé, il était fréquent que Teal'c insiste pour en mettre un second mais, ce soir, les gars prétextèrent un briefing de mission le lendemain matin pour rentrer plus tôt.

Profitant que Daniel et Sam parlaient avec animation de la prochaine mission, Jack attira l'attention de Teal'c :

– Eh, T ? Tu voudrais me rendre service ?

– Qu'y a-t-il pour vous aider, O'Neill ?

– J'aimerais que tu m'aides à me coucher, si ça ne t'ennuie pas… Les passages de ce fichu fauteuil au lit sont encore un peu difficiles et je ne veux pas imposer ça à Sam si je peux l'éviter. Je suis un peu plus lourd qu'elle, même si elle ne se plaint pas…

Teal'c hocha la tête de compréhension et, attrapant facilement son ami, il l'assit dans le siège roulant avant de le pousser jusqu'à la chambre. Le Jaffa souleva à nouveau Jack et l'allongea aisément sur le lit.

– Avez-vous encore besoin de mon assistance ? demanda-t-il.

– Non, merci, Teal'c. Tu es vraiment un frère, tu sais !

Le Jaffa lui fit un petit salut heureux.

– Passez une bonne nuit, O'Neill.

– Ouais, je suis sûr qu'elle le sera. Dors bien aussi !

Teal'c se retira et Jack entendit encore quelques éclats de voix dans la maison avant que le bruit de la porte qui se ferme lui annonce que les gars étaient partis. Sam prit le temps de vérifier toutes les fenêtres et la porte de derrière avant de pénétrer dans la chambre, trouvant Jack allongé et somnolent. Il semblait calme, presque serein.

– Je vais t'aider à passer quelque chose de plus confortable, proposa-t-elle.

Jack ouvrit les yeux et murmura :

– Je peux aussi bien dormir comme ça, tu sais… Tu n'es pas obligée…

– Je sais.

Elle sortit son tee-shirt de nuit de la commode et le déposa sur le lit. Puis, elle commença par défaire ses pantoufles et ôter ses chaussettes. Elle lui massa un peu les pieds pour faire circuler le sang puis, elle fit glisser son pantalon de survêtement et le déposa sur la chaise, soigneusement plié. Jack en profita pour retirer son haut et enfiler le tee-shirt qu'elle lui avait sorti.

– Est-ce que ça t'ennuie si je dors comme ça ? demanda-t-il, sachant qu'enfiler un bas de pyjama serait encore une épreuve pour Sam qui devrait soulever le poids de ses jambes inertes.

– Aucun problème, si je peux en faire autant, plaisanta-t-elle en commençant à se dévêtir.

Jack la regarda enlever son jean puis déboutonner lentement sa chemise. Lorsqu'il se rappela de relever les yeux vers son visage, il réalisa qu'elle le fixait et qu'elle souriait. Un sourire taquin et sexy.

Ainsi donc elle faisait exprès… C'était une facette d'elle qu'il découvrait… Bien sûr, il savait qu'elle était audacieuse et enthousiaste au lit. Il lui suffisait de se rappeler leur première fois, sur P4X je ne sais quoi… Bon sang, c'était la douche la plus chaude de sa vie… Il ne le lui avouerait jamais mais, il s'était caressé plus d'une fois en repensant à ce moment.

Sam dégrafa les attaches de son soutien-gorge mais ne le retira pas immédiatement, le laissant planer, seulement tenu par ses seins tendus. Elle portait une lingerie fine, en dentelle bleue, loin de sa lingerie de sport en coton qu'il avait coutume d'apercevoir lorsqu'ils étaient en mission. Le coloris faisait ressorti sa peau pâle. Elle était sublime.

D'un léger mouvement d'épaules, Sam fit glisser le sous-vêtement le long de ses bras et le jeta sur la chaise, par-dessus sa chemise. Elle termina en faisant glisser sensuellement la culotte assortie qui termina sa course au sol. Puis, elle fouilla dans son sac de voyage et enfila un mini short en soie fleuri et un débardeur coordonné.

Elle tira les draps pour recouvrir le corps de Jack avant de se coucher près de lui et d'éteindre.

Une fois dans le noir, elle vint se lover contre lui et Jack murmura :

– C'était quoi tout ça ?

– Quoi ? demanda-t-elle innocemment.

Il rit doucement.

– Tu le sais très bien. Ce petit numéro de charme…

– Oh ! Ça !

– Oui, ça ! taquina-t-il en enroulant son bras autour d'elle pour la rapprocher.

– Eh bien, disons que je menais une expérience…

Au silence qui suivit, Sam sut que Jack essayait de savoir quoi faire de cette information. Alors, elle passa une jambe douce entre les siennes, immobiles et caressa son torse d'une main câline. Elle récolta un léger grondement de plaisir en réaction mais Jack souffla aussitôt après :

– Qu'est-ce que tu fais, Sam ? Tu sais que je ne peux pas…

La main coquine s'égara plus bas sur son ventre, dessinant le tracé de ses abdos musclés avant de glisser carrément par-dessus son boxer. Elle ronronna en sentant un renflement familier et rassurant sous sa paume.

– Et moi, je pense que si…

– Sam… lâcha Jack à voix basse, je ne crois que pas que j'arriverai à contrôler quoi que ce soit… C'est juste un réflexe…

Sam retira sa main et la remonta sur sa poitrine tout en déposant un baiser doux et chaud sous sa clavicule.

– Moi, je dirais que c'est encourageant, susurra-t-elle.

Il rit un peu, soulagé de découvrir qu'elle n'allait le pousser là où il n'était pas prêt à se rendre et l'embrassa. Elle répondit à son baiser en fondant contre lui, laissant échapper un petit soupir et Jack eut soudain une idée.

Après tout, s'il ne pouvait pas prendre du plaisir, il pouvait au moins lui en donner… Il lui restait suffisamment de ressources avec ses mains pour la satisfaire…

Il approfondit lentement le baiser et pivota en s'accrochant à elle pour se tourner sur le côté. Ainsi sur le flanc, il était plus libre de ses mouvements et commença à laisser sa main droite vagabonder sur le corps de Sam. D'abord sa hanche, puis, le contact soyeux de son short et la douceur de sa cuisse. Carter gémit un peu et agrippa son tee-shirt, l'encourageant tacitement à poursuivre. Il remonta lentement, se faufilant sous le débardeur léger pour caresser son dos nu en de longs gestes tendres. Elle se cambra contre lui et ronronna lorsque sa main saisit un sein offert à ses caresses. Jack taquina le mamelon par-dessus la soie, jouant avec le téton dressé. Sam semblait encore plus sensible à travers l'obstacle léger du tissu raffiné. Finalement, il passa dessous et empauma son sein avec un soupir tout en embrassant son cou et son épaule nue.

Sam appuya son front contre son épaule et mordilla le dessous de sa mâchoire rasée de frais.

– Plus… supplia-t-elle.

Jack sourit et sa main traça son chemin sous l'élastique de son short, la trouvant chaude et humide pour lui. Il commença à la caresser sensuellement, alternant douces pressions, effleurements taquins et délicieuses intrusions dans son cœur serré et palpitant. Sam haleta lourdement, murmurant son prénom en signe d'approbation. Jack enfonça deux doigts dans sa chaleur et commença un lent mouvement de va-et-vient, frottant son clitoris avec le talon de sa main à chaque passage. Lorsqu'il sentit qu'elle était prête à basculer, il accéléra et l'embrassa, absorbant son cri d'abandon tel un souffle de vie.

Il accompagna ses soubresauts de plaisir de quelques caresses apaisantes avant de la garder simplement dans ses bras pour lui permettre de redescendre doucement.

– Merci… soupira-t-elle en embrassant son torse.

– À ton service, plaisanta-t-il en rebasculant lentement sur le dos, l'attirant contre lui.

Il la sentit s'endormir peu de temps après et ne tarda pas à la rejoindre dans un sommeil calme et profond.

A suivre