Il était aux environs de six heures du matin sur la planète de Magix. L'obscurité laissait doucement place au jour et les premiers rayons du soleil levant s'amusèrent à taquiner les silhouettes des six fées encore endormies à travers les fenêtres dépourvues de rideau de la pièce.

Cela faisait un peu près deux heures qu'elles s'étaient endormies et la plupart d'entre elles ne risquaient pas de se réveiller de sitôt : les émotions de la veille et le stress des dernières semaines accumulé avaient sur elles l'effet d'un puissant somnifère.

Seule Tecna semblait échapper à la règle et n'avait de cesse de se tourner et se retourner dans le canapé dans l'espoir de se rendormir. En vain, les rayons de ce coquin d'astre l'avaient tiré des bras de morphée dans lequel elle s'était rapidement blottie. La fée avait toujours été très sensible à la lumière. En effet, elle était originaire d'une grande métropole Zénithienne spécialisée dans la robotique. Celle-ci s'était développée, en toute logique, dans une zone climatique favorable au développement des droïdes, androïdes… à savoir : une zone froide limitant le risque de surchauffe. Ainsi, il y faisait constamment froid et sombre : un temps hivernal permanent en somme qui ne permettait donc pas de faire bronzette.

Les premières semaines qu'elle avait passé sur Magix, Tecna avait porté des lentilles spéciales permettant à ses yeux de s'adapter progressivement à cette forte luminosité tout en les protégeant efficacement. Avec le temps, elle avait réussi à se faire à cette lumière trop accrue à son goût, mais une chose à laquelle elle n'arrivait, au grand jamais, à se faire était bien le lever de soleil qu'elle jugeait beaucoup trop brutal. De ce fait, et ce depuis trois ans, elle était toujours debout à l'aube. Un comble quand l'on pense que, sur Zénith, elle restait au lit jusqu'en début d'après-midi.

« Bon ben, je crois bien que je n'ai plus le choix… Je ne pourrais plus me rendormir. » Pensa la fée de la technologie en se redressant dans le canapé.

Avec l'esprit encore quelque embrumé par le manque de sommeil, elle contempla ses amies qui, encore profondément endormies, étaient éparpillées un peu partout dans la pièce commune de leur dortoir.

Elle sourit en se remémorant les bons moments qu'elles avaient passé ensemble quelques heures plus tôt. Emballées dans des couvertures avec, en main, une bonne petite boisson bien chaude, elles avaient discuté durant plusieurs heures de choses et d'autres. Il y avait eu de nombreux fous rires qui réussirent à faire oublier à Tecna la soirée assez moyenne qu'elle avait passé la veille qu'aucune de ses amies n'avait eu la décence d'évoquer et elle leur en était plus que reconnaissante.

Au bout d'un moment, un détail frappa la fée de la technologie. La couche de Layla était vide. Elle s'était déjà levée.

- Bizarre… Pensa-t-elle tout en se levant pour aller se faire un thé.

C'est alors qu'elle la vit, debout, sur le balcon. Elle s'empressa d'aller la rejoindre tout en évitant d'écraser les endormies qui parsemaient, de façon disparate, le sol.

- Hey Layla, déjà debout ?

La fée des fluides, accoudée à la rambarde, se retourna légèrement tout en lui offrant un large sourire. Puis, elle porta à ses lèvres la tasse de chocolat chaud qu'elle avait à la main, en bu une gorgée et lui répondit, non sans une certaine pointe d'ironie :

Finement observer Tec ! On ne peut rien te cacher à toi.

Voyant son amie tiquer un peu, elle s'empressa de lui préciser :

- C'est du second degré.

Je sais ce qu'est le second degré. Merci.

Oui, mais on est bien d'accord que tu as parfois dur à le repérer.

En guise de réponse, la jeune femme aux cheveux magenta s'accouda, elle aussi, au côté de son amie et se mit à contempler la fin du lever du soleil.

Layla, quant à elle, continua de sirota son petit chocolat puis poursuivit :

- Je me suis levée tôt pour aller courir. Je le fais chaque matin, mais je dois aller chercher ma tenue dans ma chambre. Fred dort sûrement, j'ai un peu peur de la réveiller.

Je peux t'en prêter une si tu veux…

- Sérieusement ? S'exclama-t-elle avec soulagement, merci Tecna ! Tu n'imagines pas à quel point ça m'angoisse de la réveiller ! Elle est pire que les Trix quand on perturbe son sommeil.

La fée de la technologie rigola légèrement à l'allusion tout en essayant de se figurer Frédérique entrain d'attaquer la jeune métisse. Elle n'avait jamais eu vraiment l'occasion de parler à la fée rêves : elle se trouvait dans l'année inférieure à la leur et passer plus de temps à dormir et sortir qu'étudier ce qui faisait qu'elles n'avaient pas spécifiquement d'atomes crochus. Néanmoins, même si ses réactions, que beaucoup jugeaient disproportionnées, étaient sujettes à plaisanteries, Tecna avait parfaitement à les comprendre. Le sommeil était, pour Fred, la façon la plus naturelle d'accéder çà la source même de sa magie. Comme elle avec la technologie. Elle réagissait un peu pareillement lorsqu'on tentait de la décoller de ses écrans et autres gadgets… De manière plus moindre, bien évidemment.

Mais, la source du pouvoir de Layla était naturelle, omniprésente dans la vie de tous les jours, à l'inverse de la sienne ou de celle de sa colocataire. Ainsi, la jeune femme aux cheveux magenta comprenait pourquoi elle et les autres avaient parfois du mal à se figurer que certaines fées aient besoin de se connecter ainsi à leur source magique plus matérielle, superficielle…

« Voici un élément de cours sur les bases de la magie qu'il aurait été intéressant d'approfondir en première année. Je devrais le suggérer au professeur Adastrus. » pensa-t-elle avant de se tourner vers Layla.

Bon, suis-moi, on va essayer de te trouver ce qu'il faut.

Les deux fées repartirent dans le dortoir et tentèrent de le traverser le plus discrètement possible tout en évitant, une nouvelle fois, les corps endormis de leurs amies.

Une fois dans sa chambre, la citoyenne de Zénith ouvrit son armoire et désigna l'endroit où ses quelques vêtements de sport, parfaitement pliés, étaient rangés.

- Prends ce que tu veux !

Layla ne se fit pas prier. Elle trouva rapidement son bonheur. Les tenues de sport de Tecna étaient tout ce qu'il y avait de plus sommaires et cela la rassurait. Habituellement, elle se fichait bien de ce qu'elle portait pour courir, mais elle avait du mal avec la mode Zénithienne qu'elle jugeait un peu trop… Étrange.

Donc, sans trop de gêne, après avoir fait son choix, elle commença à se changer tandis que la jeune femme aux cheveux magenta, plus pudique, s'installa à son bureau et plongea la tête dans ses bouquins.

Histoire de la magie, métamorphose, potion, sortilège et maléfice… Tant d'ouvrages et tant de choses à retenir pour les examens marquant la moitié de l'année.

Elle ne put retenir un soupir. Tecna avait beau ne pas rencontrer de soucis quant à la bonne compréhension et à la mémorisation de ses cours, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir stressée et oppressée par le temps qui passait et la rapprochait doucement, mais sûrement de cette étape fatidique de sa scolarité.

- Tec ? Dis une voix qui la tira instantanément de ses ruminations.

Oui ?

Je suis prête, je vais aller courir. Si ça te dit, tu peux venir avec moi.

La banalité de la question prêtait à sourire, mais un combat intérieur fit rapidement rage chez la fée de la technologie. Elle était très tentée de suivre son amie : courir lui permettrait de faire le vide dans sa tête chose dont elle aurait bien besoin, mais, en même temps, il lui semblait plus judicieux de rester ici à étudier dans le calme.

Courir ou travailler ? Se détendre ou étudier ?

Voici une question qu'elle détestait se poser.

Vas-y sans moi, commença-t-elle en se retournant vers son interlocutrice, je vais…

La jeune femme ne put finir sa phrase… Ni se retenir de partir dans un grand éclat de rire. En face d'elle se trouvait Layla dans une tenue de sport des plus étonnantes : elle portait son jogging, ses baskets et le haut de pyjama de Musa ! Le mélange était cocasse !

Pas peu fière de l'effet qu'elle produisait, la jeune femme métissée prit la parole, un grand sourire aux lèvres :

- Ton t-shirt est trop serré pour moi. Je préfère garder le haut de Musa pour courir, j'y suis bien à l'aise.

Et… Tu ne préfères pas lui prendre… Directement un survit'… puisque tu es là ? articula laborieusement Tecna.

Alors qu'elle tentait de calmer son fou rire, Layla contempla le coin de chambre de la citoyenne de Mélodie. C'était d'un bordel sans nom. Un véritable contraste avec la partie dans laquelle elle se trouvait. Elle avait beau ne pas être une maniaque de l'ordre, elle n'était pas fada de la politique zéro rangement de Musa. D'ailleurs, à vue d'œil, il ne semblait n'y avoir aucun survêt un tant soit peu propre à enfiler. Puis, fouiller dans ce capharnaüm risquait de prendre du temps avec la garantie certaine de railleries de la part de qui vous savez parce qu'on avait osé toucher à ses affaires.

Et, il faut dire ce qu'il est, la princesse d'Andros, aujourd'hui, avait la pure flemme de gérer tout ça.

- Non, aujourd'hui, je préfère éviter tout incident d'ordre diplomatique. Dit-elle en cherchant à caricaturer son père

Au lieu de se calmer, le rire de son amie ne fit que redoubler aux suites de cette imitation ce qui fait sourire la fée des fluides. C'était bon de voir Tecna de si bonne humeur, elle qui avait l'air si préoccupée il y a quelques heures de cela.

- Bon, trêve de plaisanterie. Donc, tu ne viens pas ?

Non, répondit la jeune femme aux cheveux magenta en reprenant son sérieux, je vais étudier un peu en attendant que les autres ne se réveillent.

- Tu es trop sérieuse… Soupira Layla. Enfin… Tu as raison, profites du calme ! On se revoit au petit-déj.

La fée de la technologie, plutôt soulagée qu'elle ne lui fasse pas la leçon, lui fit un petit sourire et, tout en se replongeant dans ses cours, lui souhaita un bon jogging.

Mais, alors qu'elle pensait avoir le champ libre pendant au moins une bonne heure, elle entendit du remue-ménage dans la salle commune.

- Layla, bordel, c'était ma main ça !

Oups, désolée Bloom, je ne t'avais pas vu…

Tecna poussa un profond soupir. Quand la terrienne était réveillée, c'était pour de bon. Elle ne se rendormirait pas. Son heure studieuse semblait compromise.

En effet, peu après, la jeune femme à la chevelure rousse vint toquer à sa porte dans l'espoir d'y trouver un peu de compagnies mettant définitivement fin à son projet.

De son côté et le sourire aux lèvres, la princesse d'Andros descendait les escaliers, heureuse de savoir que les deux fées se tiendraient compagnie pendant qu'elle courait. Étudier dès le matin, il ne fallait pas être un génie pour savoir que l'univers s'opposerait à cette idée. Elle n'avait fait que lui donner un léger coup de main.


Comme promis, un nouveau chapitre de TZ pour le 18 juillet !

Court, je vous l'accorde. Pour l'heure, c'est le seul à faire cette longueur. Lorsque je l'ai écris, j'ai hésité à le poursuivre au delà du départ de Layla mais je me suis rapidement dit qu'il était parfait comme ça. Comme vous pouvez le constater, je pose encore le décor, je prends mon temps. J'aime travailler sur les relations des personnages. Ainsi, j'ai eu envie de consacrer un ptit bout de cette histoire à Tecna et Layla. Je n'ai pas vraiment l'habitude d'écrire sur ses deux personnages. Quand j'étais petite, je dois reconnaitre que l'arrivée de Layla dans la série m'avait un peu.. énervée ? Il n'y avait déjà pas grand chose sur notre fée de la technologie alors qu'une nouvelle se mette à lui piquer le peu d'écran qu'on lui accordait ! Enfin, j'étais petite aussi, ne me juger pas !

Enfin, Layla qui fait exprès de réveiller Bloom pour ne pas laisser Tecna toute seule et l'empêcher de réviser... N'est y pas beau ? Ces deux fées ne se jetteront jamais dans les bras l'une de l'autre, ce n'est pas dans leurs caractère mais elles ont toutes deux leurs façons bien à elles de se prouver leur affection.

Je crains que cette petite note soit bourrée de fautes en plus d'être confuse. J'espère que vous m'excuserez pour cela.

J'espère que ce chapitre tout en légèreté vous aura plu ! J'ai hâte de poster le 4 et le 5 (que j'affectionne particulièrement)

A la prochaine,

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