Il était deux heures du matin sur Nocturna, grande métropole Zénithienne. Il ne restait plus que quelques heures avant le début de la semaine de cours. À cette heure-ci, tout élève consciencieux se trouverait au fond de son lit à dormir afin d'être en forme pour la longue journée d'école qui devait suivre. Mais, dans la tour Anders&Cie, au cinquante-troisième étage, une jeune femme tentait, tant bien que mal de se maintenir éveillé. Assisse à son bureau, elle travaillait à la fois sur son ordinateur et sur son téléphone. Des lignes de codes informatiques complexes défilaient sur le premier écran qui était relié par câble au second appareil celui-ci affichant, à intervalles réguliers, un code d'erreur qui faisait, à chaque fois qu'il apparaissait, bouillonner de colère la fée d'ordinaire très calme.

« Ce n'est pas possible ! Pensa-t-elle, il doit bien y avoir un moyen de craquer ce fichu code ! »

- Tecna ? Tu es encore debout ?

L'intéressée dirigea ses yeux sarcelles vers la porte menant à la chambre de sa sœur. Dans l'encadrement de celle-ci, Valencia, sa jumelle, la considérait d'un regard qu'elle jugea fatigué et inquiet.

- Oh, excuse-moi. Je t'ai réveillé ?

Non, la rassura-t-elle en allant s'asseoir sur son lit, je finissais d'étudier. Je ne dormais pas.

Un petit silence s'installa durant lequel Tecna en profita pour tenter à nouveau quelque chose sur son téléphone en pure perte : un message d'erreur s'afficha de nouveau et la fée ne put s'empêcher de râler.

- Tu cherches encore à débloquer ton téléphone ?

La femme aux cheveux magenta ne répondit rien et fixa son téléphone avec un certain dégoût. Quelques jours après leur petite escapade entre amis, ses parents lui avaient annoncé que, désormais, elle poursuivrait à nouveau sa scolarité sur Zénith. Elle avait été désinscrite d'Alféa et toutes ses affaires, bien emballé, avaient été rapatriées dans plusieurs boites bien fermées. Ces dernières trônaient, dorénavant, dans un coin de sa chambre. Symboliquement, elle refusait de les ouvrir comme si le faire marquerait la fin définitive de sa vie d'étudiante à Magix. Tecna avait, bien évidemment, mal pris cette nouvelle. Mais, elle eut beau argumenter, rien n'y fit. Ses parents refusaient de la laisser repartir. De rage, elle s'était précipitée dans sa chambre et s'était emparée de son téléphone afin de contacter ses amies et surtout Timmy dans l'espoir de trouver une solution. Elle avait été surprise de découvrir qu'elle ne pouvait joindre personne. Elle s'était alors précipitée sur son ordinateur de poche afin de se connecter à l'un des différents réseaux qu'elle avait en commun avec les Winx et son petit copain, mais il n'y parvient pas. Elle avait tenté de se créer de nouveaux comptes, sans succès.

Elle avait rapidement compris que ses parents étaient impliqués. C'était une puce d'Anders&Cie qui bloquait tous ses réseaux. Une puce qu'elle ne connaissait pas… Une nouvelle qu'ils venaient tout juste de concevoir et qu'ils testaient sur elle d'une certaine manière. Ce qui ne l'avait rendue que plus en colère en le constatant. Être le cobaye de ses propres parents était particulièrement offensant. Elle avait alors demandé à son frère et sa sœur si elle pouvait emprunter leurs appareils, mais, étrangement, tous deux n'avaient plus accès aux leurs depuis quelques jours déjà. Qui plus est, sans raison aucune, elle s'était retrouvée privée de sortie, ne pouvant aller ne voir aucun de ses amis Zénithiens afin de leur quémander un peu d'aide. Elle se retrouvait enfermée dans une cage. Les robots de la maison la surveillaient et il lui était impossible de s'échapper en volant. Un système de radar aérien dernier cri était en cours de test depuis plusieurs mois déjà. Elle avait donc opté pour la seule solution qu'elle avait : tenté de craquer le système informatique de la puce afin de réussir à réduire l'influence qu'elle avait sur ses réseaux. Malheureusement, elle ne connaissait pas ce modèle ni sa façon de fonctionner. Elle aurait pu la démonter afin de comprendre comme cette dernière fonctionnait, mais cette tâche s'avéra rapidement infaisable. En cause, le fait que la puce était totalement incrustée dans ses appareils, se fondant presque en lui, la rendant, ainsi, quasiment inaccessible. Elle avait aussi usé de ses pouvoirs, mais fut contrainte d'y renoncer très rapidement. Elle ne connaissait pas assez son système de fonctionnement pour se permettre une approche magique. À ce niveau-là, sa magie se révélait être plus un handicap qu'un atout.

Tu devrais arrêter, lui dit sa sœur d'une voix douce, tu sais bien que ça ne sert plus à rien. La rentrée vient d'avoir lieu, tu ne peux plus te réinscrire.

Cette remarque fit soupirer Tecna qui, assisse sur sa chaise de bureau, pencha la tête en arrière et dit d'un ton las :

- Je sais bien… Mais, je ne peux pas disparaître comme ça du jour au lendemain. Je veux parler à mes amis pour leur dire pourquoi je ne suis plus là.

Tu les aimes beaucoup hein ?

La demoiselle aux cheveux magenta hocha la tête avant de poursuivre.

- Pourquoi les parents me font ça ?

Parce qu'ils attendent beaucoup de toi Tec… Tu es la plus intelligente de nous quatre. Tu iras beaucoup plus loin qu'Andromeda, Lucio et moi.

C'est n'importe quoi. Je ne suis pas plus intelligente que vous trois ! s'exclama-t-elle en se redressant pour faire face à sa sœur.

Tu plaisantes ? Je te rappelle que tu as sauté trois années à l'école ! Et c'est pour éviter que tu ne te tournes les pouces jusqu'à ce que tu sois en âge de passer l'examen d'entrée aux études supérieures que nos parents t'ont laissé aller à Alféa !

Valencia regretta immédiatement ses paroles en voyant les yeux de sa jumelle s'écarquiller.

- Attends une minute… C'est uniquement pour ça qu'ils m'ont laissé y aller ? Ça veut dire que, dès le début, ils comptaient me retirer d'Alféa avant que je n'obtienne mon diplôme ?

- J'imagine…

Tout ça pour passer un examen…

La jeune femme aux cheveux magentas se leva et se laissa tomber, face contre oreiller, sur son lit au côté de sa sœur. Cette dernière s'allongea aussi ses mains soutenant sa nuque, elle fixait le plafond. Le lit était à deux places comme celui qu'elle avait dans sa propre chambre ce qui était assez pratique. La demoiselle entendit rapidement les pleurs de sa sœur étouffée dans le tissu.

- Tec ?

Ce n'est pas juste…

Je sais… Mais toi, au moins, tu as eu la chance de profiter de deux ans et demi de répit. Loin de la maison et des contraintes… Tu es bien la seule d'ailleurs.

Ces mots, Valencia les avait prononcés d'un ton très amer qui fit se redresser la fée de la technologie. Toujours allongée sur le ventre, elle se mit à observer sa sœur. Elle savait que cette dernière souffrait beaucoup de sa place dans la famille. Elles avaient le même âge et, par la force des choses, s'étaient retrouvées en compétition, bon gré mal gré, au niveau de leurs notes. En particulier parce que c'était la seule façon pour elles d'attirer le regard de leurs parents. Malheureusement pour sa sœur, Tecna avait toujours eu de très bonnes notes sans avoir à fournir beaucoup d'efforts. Ses parents lui avaient donc accordé une certaine attention à laquelle ses frères et sœurs n'avaient jamais eu droit. Même s'ils se doutaient que ce n'était pas non plus une position très agréable pour elle, ils l'avaient tous trois envié à de nombreuses reprises.

- Je peux te dire quelque chose d'égoïste Tec ?

Si tu veux.

Tu ne me jugeras pas ?

Pourquoi je le ferais ?

Parce que c'est vraiment très égoïste.

Dit toujours.

Même si je suis triste pour toi, je suis contente que tu restes à la maison pour de bon. Je n'aimais pas quand tu étais à Alféa.

Pourquoi ?

Parce que tu étais loin. Je déteste qu'on soit séparées.

Moi aussi Val. Je n'aime pas ça.

Pourtant, tu es toujours repartie. Et tu as encore envie de le faire. Dit-elle avec un léger ton de reproche.

À ses mots, Tecna se leva et se dirigea vers l'un des cartons contenant toutes les affaires qui avaient été ramenées de sa chambre d'Alféa. Elle se mit à fouiller dedans et, tout en le faisant, elle répondit à sa sœur.

- Oui, j'ai toujours envie de partir parce que… parce qu'ici, ce n'est pas la vraie vie. Ici, je ne peux pas décider de ce que je vais faire, ni de qui je vais voir. À Alféa, dès que les cours étaient finis, je pouvais décider de sortir avec une ou plusieurs de mes amies, de voir Timmy, de créer un jeu vidéo, de jouer toute la nuit, de ne rien faire…

Tecna cessa finalement de farfouiller et sortit de sa boîte un cadeau de taille moyenne. Elle se dirigea à nouveau vers le lit, paquet en main, en poursuivant :

- Lorsque Faragonda m'a proposé de venir à Alféa, pas une seconde je n'ai pensé y aller sans toi. Je me suis dit que, vu qu'on était jumelles, on devait certainement avoir toutes les deux une part de magie en nous. Lorsqu'ils m'ont annoncé que je passerai l'évaluation de mesure de l'essence, je les ai suppliés pour que tu la passes toi aussi. Je voulais que tu partes avec moi, qu'on apprenne la magie ensemble et qu'on s'éloigne toutes les deux de la pression qui règne ici.

Tu ne m'avais jamais dit ça…

Je ne voulais pas que tu te sentes offensé. Père et mère ont refusé catégoriquement que tu passes cette évaluation, car ils te croyaient incapable de la réussir.

À ce commentaire, Valencia sentit ses yeux se remplir de larmes. Elle savait bien que, dans le fond, ses parents la considéraient comme la plus incapable des quatre. Elle avait beau ne pas ménager sa peine en termes de travail scolaire, elle arrivait difficilement à maintenir une moyenne satisfaisante aux yeux de Terence et Terra. Dans une société où montrer trop d'émotions en public était jugé indécent, la jeune femme aux cheveux clairs ne se sentait pas à sa place. Elle était constamment à fleur de peau. La moindre remarque transperçait son cœur de toute part. Lorsqu'elle était petite, elle avait déjà laissé, maintes fois, toute sa colère et sa tristesse s'échapper d'elle en public. Un enfer pour ses géniteurs. Aujourd'hui, même si elle avait bien assimilé qu'agir de cette manière était inconcevable, elle ne se sentait pas mieux pour autant. Elle avait besoin d'exprimer, d'extérioriser toute cette sensibilité qui faisait partie d'elle et qui la torturait jour après jour.

- Mais, poursuivit sa sœur en posant une main rassurante sur son épaule, moi je pense que tu l'aurais réussi cette évaluation. À l'école, j'ai appris à ressentir la magie, à sentir sa présence, ses vibrations. Et, je la sens en toi, palpiter, vibrer, cherchant à s'exprimer. Je suis certaine que, un jour, tu maîtriseras parfaitement le potentiel que tu possèdes.

Tu es sûre ?

Absolument certaine. D'ailleurs, tu savais qu'un pouvoir pouvait se réveiller grâce à une passion ? Tiens, c'est pour toi.

En voyant la boîte légèrement emballée que sa sœur lui tendit, Valencia ne put se retenir de rire.

- On a encore oublié de s'offrir nos cadeaux.

- Oui, je ne sais vraiment pas comment on fait !

La demoiselle aux cheveux clairs sourit et fouilla dans la poche du pull qu'elle portait au-dessus de son pyjama. Elle en sortit un petit emballage cadeau qu'elle donna à Tecna en échange du sien.

- Bon anniversaire Tec.

Bon anniversaire Val.

Avec deux semaines de retard ! conclurent-elles en chœur.

Tecna fut la première à découvrir son présent. Il s'agissait d'un collier en or simple soudé/relié à une petite plaque sur laquelle était gravé le nom de sa sœur ainsi que sa date de naissance. La fée de la technologie reconnut tout de suite la gourmette que sa jumelle avait portée, tout comme elle, jusqu'à l'âge de trois ans. À partir de là, elles étaient devenues trop petites pour leurs poignets d'enfants.

- Comme ça, le jour où tu repartiras, je serais toujours un peu avec toi.

Tout en disant cela, la jeune femme sortit de sous son pull un collier similaire qu'elle portait déjà autour du cou.

- Et toi, tu seras toujours un peu avec moi.

Émue par ce cadeau très symbolique, Tecna s'empressa de porter le bijou à son cou avant de déclarer :

- Merci Val, Je ne l'enlèverais jamais.

Les deux sœurs s'échangèrent une étreinte puis, brûlante de curiosité, Valencia s'empressa de déballer et d'ouvrir la boîte contenant le présent de sa sœur. Et, ce qu'elle vit la laissa sans voix. Dans cette dernière se trouvait l'appareil photo dont la jeune femme avait toujours rêvé. Il n'était pas à la pointe de la technologie comme ceux que l'on pouvait trouver sur Zénith, mais elle s'en fichait. Les appareils de sa planète étaient beaucoup trop perfectionnés à son goût. Avec ces derniers, impossible de ne pas obtenir une photo parfaitement cadrée avec une excellente luminosité. Pourtant, c'était dans l'imperfection que l'art se révélait. Tout cela ne laissait ainsi pas beaucoup de place à la créativité des passionnés de photos.

Wouah, s'exclama-t-elle en se saisissant, avec précaution, de l'appareil, il est… Magnifique ! Je… Je ne sais pas quoi dire.

Tecna sourit face à l'engouement de sa sœur qui examinait l'appareil sous toutes les coutures. Elle était l'une des rares à savoir qu'elle était passionnée par la photo. Lorsqu'elles étaient encore toutes petites, la famille Anderson avait eu l'opportunité de visiter une galerie dans la banlieue chic de Noctura. Sur place, des photographies d'un célèbre artiste de Magix y étaient exposées. Il y en avait de toutes sortes : paysages, portraits, mise en scène ou prises sur le vif. Leurs parents, venus plus pour affaires que par intérêt pour l'art, avaient décidé de repartir au bout d'une heure, mais cela avait paru une éternité pour trois de leurs enfants. Tecna s'y était ennuyée à mourir ne voyant pas l'intérêt de s'intéresser, plus de trois minutes, à un vulgaire arrêt sur image. Andromeda n'avait, quant à elle, pas eu l'opportunité de définir si ce qui était exposé lui plaisait ou non et, pour cause, en tant qu'aînée elle avait eu le devoir de veiller sur le benjamin qui venait d'apprendre à marcher et commençait à expérimenter ses premières bêtises. Valencia, elle, était passée d'une toile à l'autre, fascinée, mais, ça, la fille aux cheveux magentas, trop occupés à chercher de la distraction sur sa console, ne l'avait remarqué qu'une fois sortie. Sur le chemin du retour, il lui avait semblé que les yeux de sa sœur brillaient d'un éclat qu'elle n'avait plus vu depuis qu'elles allaient à l'école.

Alors, depuis ce jour et à chaque anniversaire, Tecna avait toujours cherché à alimenter cette petite lueur qui illuminait le regard de sa jumelle. Jusque là, elle lui avait offert des books-photos, des entrées pour des expositions… Mais, cette année, elle avait voulu frapper un grand coup en lui offrant cet appareil sur lequel, elle le savait, Valencia fantasmait depuis longtemps.

Une façon, elle l'espérait, que sa sœur subisse un électrochoc et fasse enfin ce qu'elle aime, ce qui la rend heureuse. Car, c'était dans l'art que l'intelligence de sa sœur allait être reconnue. Elle en était certaine.

- Je ne sais pas comment te remercier. C'est si…

La meilleure façon de me prouver ta reconnaissance, c'est de l'utiliser. N'abandonne pas ton rêve sans te battre pour lui.

Ces quelques mots allèrent droit au cœur de Valencia qui se jeta dans les bras de la fée de la technologie. Elles restèrent quelques instants blottis ainsi l'une contre l'autre profitant de l'étreinte qu'elles partageaient et du silence. Tecna se mise soudainement à bailler. L'instant complice qu'elle partageait avec sa sœur l'avait détendue. La tension accumulée cette dernière semaine se mise à redescendre et les heures de sommeil sur lesquelles elle avait rogné commençaient à se faire sentir. Elle était fatiguée.

- Je tombe de sommeil. Dit-elle en commençant à s'étirer.

- Tu ferais mieux d'aller te coucher.

Tu veux dormir ici ?

Sans répondre, Valencia se glissa sous les couvertures. Lorsqu'elles étaient petites, les jumelles avaient pris l'habitude de dormir dans le même lit. Elles partageaient d'ailleurs la même chambre à l'époque. Mais, en grandissant, leurs parents avaient tenu à les éloigner un peu. Ainsi, elles s'étaient retrouvées dans des chambres à part, mais possédant une porte commune qu'elles laissaient, la plupart du temps, ouverte. Chacune d'elle possédait un grand lit capable d'accueillir deux personnes ce qui leur permettait, de temps en à autre, d'effectuer un petit voyage dans le temps et de revivre l'époque où elles se racontaient des histoires sous leur cabane de couvertures.

Mais, il n'y eut pas d'histoires ce soir-là. Tecna était si fatiguée que, à peine allongée, elle plongea dans le sommeil.

Valencia, quant à elle, ne trouva pas le sommeil tout de suite. Comme sa jumelle l'avait si bien prédit, son cadeau l'avait un peu secoué. Elle avait posé ce dernier sur la table de nuit et ne pouvait s'empêcher de le fixer comme si elle avait peur que, en le lâchant des yeux une seule seconde, il ne disparaisse. Elle aimait ça, la photographie, et elle avait souvent pesté après son téléphone portable qui ne donnait pas le rendu qu'elle souhaitait. Elle avait passé des heures et des heures à se renseigner sur la qualité des divers appareils existants… Puis, elle devait le reconnaître, quand elle voyait des photos qui n'étaient pas d'elle, elle ne pouvait s'empêcher de faire des remarques du style : « Le cadrage n'est pas génial », « la luminosité aurait pu être diminuée ici afin de… » ou encore « ça aurait été bien de faire un focus sur cet élément… Tu vois, si l'arrière-plan avait été plus flou, cela aurait mis en avant l'objet sur la table. ». Pourtant, elle n'était pas du genre à critiquer. À cela, elle préférait la discrétion. Mais, quand il s'agissait de photo, ça la démangeait. Elle devait dire un truc, montrer qu'elle s'y connaissait. Et, quand elle rencontrait quelqu'un avec qui en discuter, ce n'était ni une ni deux, elle se lâchait.

Oui, maintenant qu'elle y pensait, cet art la passionnait.

Mais serait-elle seulement capable de prendre des photos un tant soit peu correctes ? Au fond, si elle n'avait jamais fait la démarche d'acheter elle-même un appareil, c'était, en partie, dû à sa peur d'être déçue, de faire de mauvaises photographies. Elle avait peur d'échouer et de sentir la honte lui monter avec cette petite voix dans sa tête qui en profiterait alors pour lui dire : « Petite idiote, tu pensais réellement avoir du talent ? »

« Mais, en soi, pensa-t-elle en sentant déjà la voix faire surface, c'est Tecna qui m'a offert l'appareil. C'est elle qui croit que j'ai du talent, pas moi. »

Une manière pour elle de se déculpabiliser, à l'avance, d'un potentiel échec.

« Alors, tu la décevras, lui susurra la petite voix, c'est inévitable. »

Cette nouvelle angoisse, elle la balaya du revers de la main. Non, elle ne décevrait pas sa sœur. Elle ne l'avait jamais déçue, elle le savait, et ce n'est pas aujourd'hui que cela commencerait. Et, comme pour le prouver, elle sortit de son lit, saisissant son appareil et se rendit à l'extérieur en passant par la porte coulissante donnant sur la terrasse.

Du cinquante-troisième étage, elle avait une vue imprenable et, malgré le froid, elle se mit à tester les différentes fonctionnalités de son appareil.

Elle sourit : elle avait toujours rêvé de photographier Nocturna et ses lumières en pleine nuit. C'était un exercice à la fois périlleux et terriblement enrichissant d'un point de vue technique. Mais c'est justement ça qu'elle trouvait passionnant.

Elle passa une bonne demi-heure à tenter de saisir, du mieux qu'elle le pouvait, les nuances colorées de la ville perçant l'obscurité naturelle de Zénith puis finit par rentre, vaincue par le froid qui lui mordait la peau et la prenait doucement à la gorge. Doucement, elle déposa l'appareil sur la table de nuit et alla s'allonger au côté de sa sœur déjà endormie.

Valencia sentait monter en elle un sentiment de satisfaction et de plénitude qu'elle n'avait que rarement ressenti… Avoir enfin un appareil entre ses mains lui procurait une sensation incroyable : celle que l'impossible devienne enfin possible. Son rêve de devenir artiste ne lui semblait plus si absurde tout d'un coup. Le cadeau que lui avait fait Tecna était le plus beau qu'elle pouvait espérer. Et son enthousiasme redescendit un peu lorsqu'elle se rendit compte de la situation dans laquelle cette dernière se trouvait : elle était coincée ici alors qu'elle s'était construit un semblant de vie ailleurs. Une vie qui lui appartenait, qui lui plaisait, qui lui ressemblait.

C'était injuste.

Elle devait l'aider.

Je veux que tu repartes… Ensemble, on trouvera une solution. Murmura-t-elle en sombrant doucement dans les méandres du sommeil.


Dans les trois écoles se trouvant dans les environs de la ville de Magix, la première journée de cours s'achevait doucement et, à Fontaine-Rouge, bien que l'intégralité des apprentis chevaliers était arrivée la veille, beaucoup avaient déjà repris leurs bonnes habitudes. Dans l'ensemble des chambres, le bazar régnait déjà. C'était à se demander comment cela était possible. C'était, en tout cas, ce que se disait un spécialiste aux cheveux roux et aux lunettes rouges en ramassant les vêtements que son camarade de chambre avait éparpillés un peu partout dans la pièce.

En effet, chaussettes, chemises, pantalons et caleçons propres (du moins, il l'espérait sinon il avait un mystère de plus à résoudre à savoir : comment faisait Riven pour salir ses sous-vêtements aussi vite et il préférait ne pas en connaître la réponse) se trouvaient négligemment abandonnés à même le sol. Timmy ne comptait pas ranger les affaires de son camarade, loin de là. Préférant que ce dernier apprenne lui-même à gérer son bordel, il se saisit de ce qui traînait dans sa partie et jeta le tout sur le lit de son ami. Vu que c'était l'endroit de la chambre où il passait le plus clair de son temps, enfin quand il y était, il n'aurait d'autre choix que de le ranger.

Par moment, le spécialiste aux yeux noisette se demandait parfois si Riven ne venait pas d'une famille un peu maniaque en termes de rangement. Cela expliquerait pour le jeune homme aimait le désordre. Lorsqu'on n'est pas chez soi, on a tendance à aller à l'encontre des contraintes qui nous étaient imposées au domicile familial. Timmy croyait en cette théorie. Sa mère et sa sœur avaient toujours été assez brouillonnes. Elles n'avaient jamais été très organisées et laissaient, ainsi, les tâches ménagères s'accumuler ci et là jusqu'à ce que la pile de linge ou de vaisselle ne leur rappelle brutalement leurs existences de par leurs imposantes tailles. Lui avait toujours été méthodique et, lorsqu'il avait été en âge de les aider, il avait cherché à remettre de l'ordre là où il n'y en avait pas… Ou plus.

« Bip bip »

Le son familier de la messagerie de son téléphone le ramena à la réalité. Timmy abandonna alors son rangement pour se diriger vers son portable qu'il avait, au préalable, déposé sur son bureau. Il le déverrouilla et constata qu'il ne s'agissait que d'un bref message de Sky lui demandant de le rejoindre tout de suite près du lac Rocallus.

« Tout de suite ? Pourquoi tout de suite ? » S'interrogea-t-il.

Tout en jetant un coup d'œil à grand sac qu'il n'avait pas encore déballé, il se mit à hésiter, ne sachant pas trop si cela valait la peine qu'il se déplace. Il avait quelque chose d'important à finir et il n'était pas certain qu'il y avait une réelle urgence en ce qui concernait le prince d'Eraklion. Néanmoins, il n'eut plus vraiment de raison d'hésiter quand ce dernier lui envoya trois nouveaux messages à la suite qui disaient juste :

« C'est urgent Timmy. »

« Réellement urgent. »

« Viens vite ! »

« D'accord, je serais là dans dix minutes » finit-il par répondre.

Rapidement, il glissa son portable dans la poche de son pantalon, enfila ses chaussures, saisit sa veste ainsi que les clés de sa moto et prit la direction de la porte. Néanmoins, avant de sortir, il lança un nouveau coup d'œil à son unique sac, encore fermé, puis finit par partir, une moue déçue sur le visage.

Près d'une dizaine de minutes plus tard, il marchait en direction du lac préférant laisser sa moto sur le bas-côté de la route plutôt que de tenter de zigzaguer entre les arbres composant la forêt qui entourait la masse d'eau. L'engin étant la propriété de l'école, mieux ne valait-il pas l'abîmer le lendemain de la rentrée. Tout en marchant comme tout au long de son trajet motorisé, le spécialiste s'interrogeait sur la raison pour laquelle son camarade requérait sa présence à ce qui devait être un rendez-vous avec sa petite amie.

- Timmy ! Par ici ! s'exclama une voix que le jeune homme ne connaissait que trop bien.

Alors que le lac entrait dans son champ de vision, il aperçut, une vingtaine de mètres plus loin, rassemblés à son bord, un petit groupe au milieu duquel s'agitait le bras de la princesse de Solaria. Cela le rassura, si Stella et le reste des Winx étaient présents, cela voulait dire que Sky ne requérait pas sa présence pour qui lui vienne en aide dans sa vie sentimentale… Car oui, à l'époque où le prince d'Eraklion était fiancé avec la jeune princesse Diaspro, il avait dû en faire des choses : bidouiller son téléphone afin que son père, le roi, ne le géolocalise pas lorsqu'il était en rendez-vous avec Bloom, créer un sosie virtuel de son royal ami pour que ce dernier converse avec sa fiancée ce qui était une tâche pénible pour lui… À un moment donné, il lui avait même commandé un hologramme. Autant le reconnaître, le spécialiste roux avait fini par lui dire sa façon de penser. Il adorait rendre service, mais quand même.

Tout en se remémorant ces souvenirs, les pas du jeune homme l'avait amené jusqu'au petit groupe qui, il le constata rapidement, était constitué de Riven, Sky, Bloom, Stella, Flora, Musa, Layla et…

Il s'arrêta net en remarquant son absence.

L'urgence dans les messages de Sky, la présence de l'intégralité des Winx mise à part sa petite amie… Cela ne lui disait rien qui vaille. Il était loin d'être bête, si elle n'était pas là, si elle était mise, volontairement ou non de côté, c'était bien parce qu'on souhaitait lui parler d'elle… Ou parler en son nom…

Parler en son nom… À cette idée, Timmy commença à avoir des sueurs froides. Et si… Tecna ne voulait plus de lui ? Le quittait, mais n'osait le lui dire en face ? Maintenant qu'il y pensait, ils ne s'étaient plus parlé depuis, au moins, une bonne semaine. Pourtant, ils avaient pris l'habitude d'échanger tous les jours par messageries. À cet instant, l'esprit rationnel du jeune homme se laissa envahir par les émotions, si bien qu'il en oublia tout ce qui l'avait empêché, jusque là, de s'inquiéter de son silence virtuel à savoir qu'elle l'avait prévenu qu'elle ferait en sorte d'avancer sur leur projet afin que ce dernier ne soit totalement opérationnel pour le premier essai prévu à la rentrée. Lui-même lui avait d'ailleurs dit qu'il serait plus indisponible que la normale, car sa sœur, qu'il affectionnait beaucoup, lui avait concocté un programme marathon pour ses congés auquel il ne pourrait sûrement pas échapper. Toute la rationalité semblait s'être échappée de lui et il ne put que bégayer :

- Te-Tec-Tecna n'est p-pas av-vec vous ?

À l'instant où il prononça ces mots, Riven se mit à rigoler bruyamment alors que Stella, Bloom et Layla tentèrent de cacher un sourire moqueur. Le spécialiste à lunettes se sentit rougir de honte. C'était toujours pareil. Si la fée de la technologie avait été là, elle aurait souri… D'un véritable sourire bienveillant qui lui aurait fait oublier l'existence de cette légère moquerie. Puis, lorsqu'ils se seraient retrouvés seuls, il lui aurait fait part de sa honte et elle lui aurait juste répondu qu'il ne devait pas faire attention, qu'ils étaient bêtes parfois et qu'elle aimait beaucoup quand il se mettait à bafouiller et à bégayer. En disant ça, elle se saurait mise à le faire aussi tout en rougissant et… Mais, à quoi cela servait-il d'y penser ? S'il était là, c'était bien pour se faire larguer non ?

Non Timmy, c'est justement de ça dont on voulait te parler. Lui répondit la fée de la musique tout en agrémentant son petit copain d'un coup de coude dans les côtes.

- Aie !

Ça t'apprendra à te moquer. Justifia-t-elle.

Ça va, si on peut plus rigoler…

Il n'y a rien de drôle à cette situation. Dit Bloom qui avait repris son sérieux.

- Voyons, comme si ça ne te faisait pas rigoler de voir notre ami se faire dessus.

Timmy voulut soupirer de soulagement, mais se retient. Si cela avait réellement été ce qu'il pensait, jamais Riven ne se serait fichu de lui. Il avait beau l'air comme ça, mais le spécialiste aux cheveux violet savait quand il pouvait se permettre ou non une moquerie ou quand il fallait faire preuve de solidarité. En l'occurrence, il était, à ses yeux, sûrement le seul de leur groupe à avoir compris la nature profonde de sa relation avec Tecna. Si elle avait voulu le quitter, jamais il ne serait permis une telle plaisanterie.

Cela le rassurait… Du moins, dans un premier temps car il déchanta rapidement.

- On ne sait pas vraiment comment te dire ça. On doit te dire que, nous aussi, on est encore sous le choc… Commença Flora.

Voyant qu'elle cherchait ses mots et que l'angoisse montait chez le spécialiste roux, Layla préféra prendre les devants.

- Tecna n'est plus à Alféa. Ses parents l'ont désinscrite et on ne sait plus la joindre.

Les oreilles de Timmy sifflèrent. Il avait bien entendu ?

« Tecna n'est plus… Mais non, ce n'est pas possible. Elle m'aurait prévenu… Du moins, par messages. À moins que… »

Un peu perplexe, le petit groupe, qui s'apprêtait à voir le jeune homme réagir de manière plus violente, vit ce dernier fouiller les poches de sa veste à la recherche de son petit ordi portable. Une fois qu'il le trouva, il s'empressa de l'allumer, s'asseyant à même le sol, afin de consulter les réseaux sur lequel ils étaient amis avec Tecna et il constata avec stupeur que le compte avait lequel il communiquait jadis avait été supprimé de manière définitive. Et, il eut beau chercher, il ne trouva aucun réseau social sur lequel Tecna subsistait encore.

- Quoi !? Mais…

- On a aussi fait le tour de tous les réseaux sur lesquels on l'avait en amie, mais son compte n'existe plus. Dis Bloom en le regardant taper rapidement sur son petit clavier.

- Oui, c'est peine perdue.

Je n'y crois pas… Même son profil sur MagixiGamer est introuvable ! marmonna Timmy entre ses dents.

Les membres du petit groupe échangèrent un regard interrogateur, mais s'abstenir de tout commentaire. Il ignorait que Tecna avait eu un profil sur ce réseau même cela n'avait rien d'étonnant en soi. Elle adorait les jeux vidéos néanmoins ce qui leur paraissait surprenant c'est que cette plateforme était réservée à des joueurs pros. Pour Riven, il fut d'autant plus surpris, car Timmy avait pour ambition, à l'époque où il était rentré à Fontaine-Rouge, de devenir gamer professionnel et, pour cela, entrer dans l'équipe de MagixiGamer. À ce jour, il n'avait pas encore réussi, mais Riven le soupçonnait aussi de ne pas y concentrer beaucoup de temps. Le geek qu'il était avait passé tant d'années à se sentir mal vis-à-vis des autres que, ayant trouvé un environnement et des amis qui, pour une fois, lui convenait à merveille lui avait permis de découvrir les joies des jeunes de son âge : les sorties, les échanges… Il s'était pas mal éparpillé, mais peut-être était-ce un mal pour un bien. Le spécialiste aux cheveux hérissés se figurait bien mal son ami passer son temps sur des jeux. Surtout que, maintenant, il semblait avoir des objectifs bien plus intéressants et qui lui correspondaient mieux.

De son côté, Timmy se sentait totalement dépassé, décontenancé. Tecna venait de disparaître de sa vie… Comme ça, d'un coup. Plus aucun moyen de la contacter, de la voir… Sans même savoir pourquoi. Tecna ne lui avait que rarement parlé de sa famille comme lui l'avait fait avec la sienne. Tous deux se trouvaient dans une situation familiale particulière. Lui avec son père absent, elle avec ses parents autoritaires. Elle n'avait jamais voulu lui en dire plus à ce sujet et il avait respecté son choix avec lequel il était en total accord. Tous deux préféraient, lors de leur séjour à l'école, oublier l'ambiance pesante qui régnait chez eux. Néanmoins, elle savait qu'il avait une sœur aînée tout comme il connaissait l'existence de son frère et de ses sœurs. Donc, alors que le petit groupe cherchait une solution et que Stella demeurait étrangement muette, il se mit à rechercher leurs traces sur le réseau interplanétaire.

Rien n'en ressortit. Aucune trace d'une quelconque Valencia ou Andromeda Anderson et à encore moins du petit frère à part quelques articles consacrés à la société que gérait leurs parents. D'agacement, il referma avec brutalité son petit ordinateur alors que Stella s'exclama très soudainement :

- IRIS NOVA !

L'intégralité du groupe sursauta avant de se retourner vers la princesse de Solaria qui affichait un sourire satisfait.

- Ça ne va pas de crier comme ça ?! s'écria Layla qui avait visiblement été, de tous, la plus surprise par le cri de son amie.

- Iris Nova, c'est la personne avec qui Tecna parlait par messages avant l'épreuve des duels. Elle nous a dit que c'était une amie. Si on arrive à la joindre, elle pourra peut-être nous aider.

- C'est une bonne nouvelle ! Dis Hélia, Timmy n'a plus qu'à…

Ce n'est pas aussi simple. Répondit-il sans le laisser finir, Tecna communiquait sur une messagerie privée. Ce qui veut dire qu'on ne peut entrer en contact qu'avec quelqu'un dont on possède l'identifiant ou avec qui on a un ami en commun. Si le profil de Tecna existait encore, j'aurais pu facilement la trouver, mais là, c'est impossible.

L'identifiant, c'est la série de chiffres qui se trouve en dessous du nom du contact ? demanda Stella.

Oui, il y a en 12..

Timmy se prit le visage entre les mains. Il ne se sentait pas très bien. Alors qu'il échangeait avec ses amis, il avait recherché le nom d'Iris Nova sur son ordinateur et n'avait absolument rien trouvé à son sujet. Il était clair que ses réseaux sociaux, si elle en avait, étaient privés. Rah, comme il s'en voulait aujourd'hui de n'avoir jamais consulté une seule fois la liste d'amis de Tecna. Peut-être aurait-il pu en retenir un nom ou deux. Il lui était déjà arrivé de jouer en ligne avec certains, mais ils avaient tous des pseudos. S'ils lui avaient peut-être donné leurs vrais prénoms, il ne s'en rappelait plus. Il était complètement coincé.

- Merde. Dit-il à haute voix.

- T'inquiète pas Timmy, on va trouver une autre solution. L'assura Musa.

- Oui, c'est pour ça qu'on est là. Lui dit Flora.

Une main s'agita alors devant le visage du spécialiste avec, dans celle-ci, un tout petit bout de papier sur lequel il était noté quelque chose.

265 490 873 620

12 chiffres…

- Tadada ! Avec ça, tu pourras retrouver l'amie de Tecna ! Lui dit la princesse de Solaria avec un grand sourire.

Une rangée de regards étonnés convergèrent dans sa direction. Layla fut la première à s'exprimer.

- Attends, comment est ce possible ? C'est une blague ? Tu sais que ce n'est pas le moment ?

Ehhh, ce n'est pas une blague. J'ai piqué le téléphone de Tecna ce jour-là… Pour lire ses messages et j'ai vu les chiffres. Dit-elle un peu gênée par le regard inquisiteur que lui lançait sa camarade ?

Et ?

Ben je m'en suis souvenue. Je ne suis pas idiote non plus.

Mais, c'était il y a plus de deux semaines ! s'exclama Musa.

J'ai bonne mémoire. Comment pensez-vous que je me souviens sans problème de toutes les tenues que vous avez porté le mois dernier ?

Riven ricana légèrement avant d'ajouter, d'un ton sarcastique :

- Parce tu es la reine de la mode ?

Cette remarque sembla vexer la princesse de Solaria qui lui tourna le dos. Elle aimait beaucoup les vêtements et n'était pas toujours très portée sur les études : c'était un fait. Mais, elle en avait souvent marre qu'on ne la réduit qu'à cela. Néanmoins, lorsqu'elle se sentait sur le point d'exploser à ce sujet, elle pensait à Tecna qu'elle, elle doit le reconnaître, avait tendance aussi à être réduire à sa passion pour la technologie, à Layla et son caractère fort, Bloom et ses airs de leaders qui l'énervaient parfois, Musa, la pauvre orpheline et à Flora et son étiquette de « fille douce et souriante ». Oui, chacune de ses amies était victime d'étiquettes et d'idées préconçues. Même si ses dernières possédaient, parfois, une part de vérité, elles n'en demeuraient pas moins parfois lourdes à porter. Néanmoins, le fait de prendre conscience qu'elle n'était pas la seule à subir ce poids comme elle n'était pas la seule à l'infliger aux autres, elle arrivait à mettre les choses en perspectives comme elle le fit en ce moment. Passant outre la remarque du spécialiste bourru, elle se retourna, le sourire aux lèvres.

- En effet, mais pas que ! Mais pas que… J'ai plus d'un tour dans mon sac.

J'ai trouvé ! S'exclama Timmy soudainement, Stella, tu es géniale !

Le petit groupe se rapprocha du spécialiste à lunettes. Sur l'écran de son ordinateur, ils purent voir la photo d'une jeune femme aux cheveux châtains courts retenue par un bandeau vert. En dessous de son image de profil, son nom était écrit en grosses lettres : Iris Nova. Et, écrit en tout petit, le summum, le Saint-Graal : en ligne.


Bonsoir tout le monde,

Voici enfin un nouveau chapitre... Je peux vous dire que j'en ai passé du temps à le corriger ! Je vous le cache pas, la première partie a été plus facile à écrire que la deuxième (pour laquelle, je pense, j'aurais pû faire mieux). J'ai beaucoup aimé écrire la scène entre Tecna et Valencia. Si vous avez lisez avec attention mes petits mots depuis le début, vous devriez savoir que j'ai toujours rêvé de donner une jumelle à notre fée de la technologie. A l'époque, je ne savais pas comment l'introduire mais, aujourd'hui, j'en suis plus que satisfaite !

Pour la seconde partie, je voulais vous parler de la relation Tecna/Timmy. Je suis, là aussi, assez contente de moi. Si la série originale à une fâcheuse tendance à faire, de leurs instants romantiques, quelque chose de tristement maladroit et, de ce fait, ridicule, ou alors hyper geek, je prône là un couple mignon et avec un bon équilibre car, soyons clairs, c'est bien l'un des rares couples où il n'y a jamais d'histoires. Beaucoup trouvent que les couples avec de la tromperie, de la suspicion de tromperie, de la jalousie, des crises, ... Sont des couples plus que passionnant. Pas moi, un couple sans histoire, ennuyant si vous préférez, est un couple qui marche. Savoir être à deux, simplement, c'est plus dur qu'on ne le croit. Ainsi, j'aime imaginer TxT comme un couple équilibré. Vali vala.

Je voulais aussi que ce soit Stella qui aide à retrouver Iris sur le réseau. J'imagine bien cette sympathique fée avoir une incroyable mémoire. Pour moi, comme je vous ai décris son parcours scolaire rapidement plus tôt, Stella est une personne très douée, très intelligente mais qui fonctionne à la motivation. Saviez-vous qu'il existait deux types de personnes à haut-potentiel ? Ceux qu'on connait le plus, sont ceux de l'hémisphère gauche. Les petits génies en somme. C'est là que la plupart d'entre vous situerait Tecna en général. Ensuite, il y a ceux de l'hémisphère droit. C'est là qu'on rangerait les "cancres" si vous voulez. Des enfants ayant des capacités mais qui ne les exploiteraient pas assez, qui ont des soucis à l'école malgré le fait qu'ils aiment apprendre, qui se laissent facilement distraire mais qui, à l'inverse des hémisphères gauches très linaires, sont plus créatifs. J'y rangerais, là, plus Valencia et Stella. Après, tout cela est grossièrement résumé, il existe de nombreuses nuances. On ne peut pas catégoriser quelqu'un ainsi que son intelligence, sa manière de réfléchir, de façon catégorique.

Donc, donc, pour "l'évaluation" que Tecna a passé, je voudrais déjà remercie mon amie Gylfie7 (Wattpad) pour le nom (évaluation de mesure de l'essence) car je n'étais vraiment pas inspirée. En fait, il ne s'agit pas d'un test. A priori, j'imaginais plutôt des enfants, en grande majorité, se rendre dans un lieu à une date bien précise afin que des magiciens chevronnés, ne se réunissant qu'une fois par an, évaluent le potentiel magique de l'enfant en le soumettant à des simulations, stimulations diverses et variées. L'objectif étant de voir comment la magie réagit à ces stimulis et d'évaluer le... potentiel (déjà dit) de l'individu... Enfin bref. Vu qu'il était déjà impensable pour les parents de Tecna qu'elle soit dotée de pouvoir, il l'était encore moins que la petite Valencia (car, comme vous l'avez lu et compris, Valencia est un peu la honte de ses parents selon leurs critères) n'en soit pourvu aussi.

Sinon, si vous êtes français ou intéressé par la culture française, le titre vous aura sûrement fait pensé à la devise du pays : "Liberté, égalité, fraternité" et, si ce n'est pas le cas, sachez qu'elle a impacté le choix du nom de sa chapitre. De base, ce dernier devait s'appeler "Amour, amitié, fraternité". Seulement, j'avais récemment vu une vidéo parlant du sexisme de la devise française. Car, oui, fraternité est un terme désignant uniquement le sexe masculin. Sororité est son équivalent féminin que vous n'aviez, très certainement, jamais entendu auparavant. Avez-vous remarqué que des nombreux termes féminins étaient tombés dans l'oubli ? Jusqu'à aujourd'hui, on employait énormément le mot masculin "Auteur" avec un "e" pour désigner une autrice. Maintenant, vous entendez de plus en plus l'équivalent féminin.

Enfin, voilà, j'aurais passé la soirée à travailler sur ce chapitre pour le poster. Pfiou. J'aurais pu attendre demain pour le poster mais je voulais que ce soit aujourd'hui. C'est bête mais il me semblait avoir lu quelque part que la date d'anniversaire de Timmy était le 15 février et vu qu'il apparait dans ce chapitre... A la revoyure !

Merci d'avoir lu,

Memori Plume