C'était le soir sur Zénith. La ville de Nocturna marqua ce passage à l'heure nocturne avec des lumières moins intenses qu'en journée.

Dans l'une des villas de la luxueuse banlieue de Nocturna, où se trouvaient la plupart des résidences diplomatiques, une jeune femme aux cheveux châtains se préparait doucement à la reprise des cours vérifiant sur l'écran holographique incrusté à son bureau si elle avait bien fait tous les exercices demandés par leurs professeurs durant la période de congé. Et, il y en avait pas mal. De ce fait, cela avait beau être une simple vérification, cela ne lui prenait pas mal de temps. Afin de se donner un peu de courage, elle s'était connectée simultanément connectée sur Zenithconnected et sur MagicalNetwork, deux messageries différentes, l'une qui permettait de ne communiquer qu'entre Zénithiens et l'autre avec le reste de la dimension magique. Elle n'utilisait que rarement la seconde, elle ne s'y était inscrite que pour parler avec Tecna qui affectionnait beaucoup ce réseau pour parler avec ses amis de Magix au point d'en déserter la première.

Elle avait donc ouvert ses deux messageries espérant tomber sur son amie qui, à cette heure-ci, devait sûrement déjà être de retour à Alféa. Elle attendait avec impatience de ses nouvelles. Elle n'avait pas revu la jeune femme depuis sa soirée d'anniversaire surprise. Malheureusement, durant le reste du congé, elle avait été contrainte de suivre son père qui était en déplacement. Décidément, la carrière diplomatique de son paternel l'empêchait parfois de faire bien des choses…

« Si seulement les choses étaient différentes. »

Les pensées de la jeune femme commencèrent à dériver vers sa mère et ce qu'aurait pu être sa vie si… Elle se secoua brusquement la tête. Il était inutile de se perdre en hypothèses. Le passé était passé. Seuls le présent et l'avenir comptaient. C'est ce que lui avait souvent répété son père quand sa fille lui faisait part de ses remords. Néanmoins, penser à sa mère, même brièvement, avait éveillé une douleur dans le cœur d'Iris qu'elle avait cruellement besoin de partager avec quelqu'un. Mais qui ? Même si elle était proche de Neutronio, Inès, Valencia et les autres, Tecna était la seule à connaître son histoire de famille dans les plus infimes détails. Elle ne se voyait donc pas se confier à qui que ce soit d'autre à ce sujet.

La jeune femme se détacha de ses cours un bref instant pour jeter un œil sur ses messageries. Aucune notification sur ZénithConnected si c'étaient celles de son groupe de classe. Elle jeta un coup d'œil sur MagicalNetwork et fut étonnée de ce que sa boîte à message affichait.

« Vous n'avez aucun contact sur MagicalNetwork, souhaitez-vous rechercher quelqu'un ? »

« Comment ça, aucun contact ? » Se demanda la Zénithienne en se rapprochant de l'écran.

La jeune femme n'avait guère que Tecna en amie sur ce réseau. Comment se faisait-il qu'elle ne s'affiche plus dans ses contacts ? Tout à l'heure, elle avait ouvert la messagerie sans vraiment en regarder son contenu, car elle avait souhaité s'atteler au plus vite à l'étude. Elle l'avait seulement laissée ouverte dans l'attente d'une notification qui, clairement, n'arriverait plus jamais.

Iris était décontenancée. Comment son amie avait pu disparaître ainsi de la toile de Magix ? Et sans la prévenir ? Cela ne lui inspirait rien de bon. Elle s'empressa alors de se rendre sur ZénitConnected afin d'envoyer un message à son amie… Qu'elle ne trouva pas non plus dans sa liste de contact. Sa conversation avec elle avait disparu.

- C'est quoi ce bordel ? Se demanda-t-elle à voix haute tout en se rendant sur les nombreuses conversations de groupe que Tecna et elle avaient en commun.

Sur chacune d'entre elles, la demoiselle aux cheveux magenta avait disparu sans que personne ne s'en aperçoive. Personne n'avait reçu de notifications de la part de la messagerie leur précisant qu'un membre du groupe était parti ou avait supprimé son profil. Et, tout le monde s'en étonna quand Iris leur souligna sa disparition. Néanmoins, les réactions étaient d'intensités très variables en fonction du groupe. Si les amis proches, « leur bande », se sentaient particulièrement perturbés vis-à-vis de ça, les vagues connaissances d'école et les quelques groupes de joueurs sur lesquels les deux jeunes femmes se trouvaient ne semblaient pas y accorder plus d'importance que cela. Juste des vagues « Ah bon », « Ah oui », « c'est étonnant », « elle aurait pu prévenir quand même » firent suite au message dans lequel elle leur partageait son inquiétude.

Cela la frustra.

Les Zénithiens étaient tous les mêmes.

« Ping »

Un petit son retentit dans la chambre.

C'était une notification. Une notification de MagicalNetwork.

Iris, pensant que c'était son amie, s'empressa de la lire et ne cacha pas sa déception quant au contenu du message qui disait seulement :

Eh, Iris Nova, Timmy Windor (Magix) souhaite entrer en contact avec vous ! Acceptez-vous ?

Timmy ? Timmy ? Le petit copain de Tecna ? Oui, fort probablement. C'était le seul Timmy qu'elle connaissait.

Il lui envoyait une invitation par message à l'instant même où elle s'inquiétait pour son amie.

Étrange coïncidence.

La demoiselle haussa le sourcil. Elle avait une fâcheuse tendance à faire cela lorsqu'elle était suspicieuse.

Quelque chose clochait.

Néanmoins, elle accepta tout de même la demande du jeune homme et reçut, dans l'immédiat, un message de sa part.

Timmy Windsor : Bonjour Iris. Je suis Timmy, le petit ami de Tecna. Accepterais-tu de faire visioconférence ?

« Qu'est ce que c'est que cette question ? » S'interrogea la jeune femme.

Sa nature Zénithienne lui souffla, au creux de l'oreille, de refuser la vision avec le spécialiste. Elle ne le connaissait pas, ne l'avait jamais rencontré en vrai, mais, peut-être, parlé deux ou trois fois durant une session gaming avec son amie. Cela n'était pas suffisant pour demander de se voir en face à face dès le premier échange ! Sur sa planète, ce comportement était plus que suspect.

Mais, une autre partie d'elle-même tentait de la convaincre de laisser cette logique de côté. Après tout, Tecna avait disparu de la toile sans prévenir et sans raison, elle ne parvenait plus à entrer en contact avec elle et son petit copain tentait, en urgence, de parler avec elle. Cela pouvait être lié. Il était peut-être arrivé quelque chose à Tecna sur Magix. Quelque chose de terrible. Et, pour en avoir le cœur de Net, il n'y avait qu'une seule chose à faire : accepter la proposition de Timmy.

Puis, en même temps, cela lui permettrait de jauger ce jeune homme dont son amie n'avait de cesse de lui parler depuis quelques années. Elle était curieuse de voir à quoi il ressemblait et s'il était vraiment bienveillant envers sa sœur de cœur.

La tentation était trop grande.

Elle se décida et lança elle-même la visioconférence.


Tecna était allongée, la tête en bas, les jambes en l'air, sur le canapé de la salle de séjour. À intervalles réguliers, elle soupirait tout en regardant l'horloge numérique en face d'elle changer de chiffres et le feu dans l'âtre se réguler toute seule.

Elle s'ennuyait à mourir.

Valencia et Lucio étaient à leurs cours de soutien et ne rentraient pas avant minuit.

Elle ne savait pas avec exactitude où se trouvaient ses parents et ça valait peut-être mieux pour eux comme pour elle qui n'avait que de la haine à leur transmettre.

Elle avait abandonné l'idée de se connecter à quoi que ce soit. Plus le temps passait, plus elle comprenait que c'était mission impossible. Il fallait qu'elle trouve autre chose.

Mais, pour l'instant, elle n'avait aucune idée, sa tête demeurait complètement vide et cela la démoralisait. Elle souffrait de ne plus voir ses amis. Leurs folles énergies lui manquaient. Elle adorait le tourbillon d'agitation dans lequel elles la plongeaient et elle regrettait amèrement de ne jamais leur avoir notifié l'impact positif qu'ils avaient sur sa vie.

Et Timmy… Dieu qu'il lui manquait. Au-delà des conversations et des instants partagés, le fait de se tenir contre lui, de le serrer, l'enlacer, l'embrasser… Son absence physique en bref était le plus dure à supporter pour elle.

Jusqu'à ce jour, elle ignorait que l'on pouvait dépendre aussi fortement de quelqu'un. Enfin, de quelqu'un d'extérieur à sa famille. Car, ses séjours prolongés à Alféa l'avaient aussi fait souffrir de l'absence de sa jumelle. Elle pouvait communiquer avec elle, mais elle ne pouvait pas la tenir de ses bras quand cette dernière était triste, lui sauter dessus pour rigoler ou la chatouiller pour l'embêter…. Elle pensait que, de par leur gémellité, Valencia serait la seule avec qui elle ressentirait ce besoin de présence physique.

Néanmoins, Timmy lui avait démontré le contraire. Elle le comprenait en cet instant où elle était condamnée à ne plus « jamais » le revoir.

Elle soupira.

Qu'allait-elle bien pouvoir faire maintenant.

Tu pourrais arrêter de soupirer ? lui dit une voix.

Tecna tourna la tête. Assisse sur un fauteuil individuel, une femme d'âge mûr aux cheveux noirs courts était occupée à lire un livre numérique.

- Tu veux que je m'arrête de respirer aussi ?

Pourquoi pas. Répondit Andromeda sans lever les yeux de son écran.

- Sympa…

Je ne vois aucune raison de t'accorder ma sympathie étant donné que je suis dans l'obligation de te surveiller.

La fée de la technologie envoya un regard assassin à son aînée qui, imperturbable, semblait poursuivre sa lecture.

- Rien ne t'y oblige.

Si.

Tecna soupira une nouvelle fois.

- Arrête de soupirer. Et assis toi convenablement.

La demoiselle ne bougea pas d'un pouce ce qui fit tiquer son interlocutrice. Depuis quand sa cadette était-elle aussi indocile ? Elle s'en posa d'autant plus la question lorsque cette dernière décida d'aller titiller ce qu'elle savait être sa corde sensible.

- Tu as des nouvelles de Benoît ?

Elle ne répondit pas, mais Tecna vit ses mains se crisper légèrement sur sa tablette.

- Et Electronio, ton mari, comment va-t-il ?

Elle avait bien insisté sur le statut matrimonial du presque trentenaire.

- Il va bien. Il a beaucoup de travail.

Comme d'hab quoi.

Qu'est ce que tu cherches à insinuer Tecna ?

Moi ? S'étonna innocemment la jeune femme, mais rien du tout. Je demande juste de leurs nouvelles.

- Ne joue pas à l'idiote avec moi. Tu ne fais jamais rien sans avoir une idée derrière la tête. Sur ce point-là, tu tiens de père et de mère.

Un point partout. Balle au centre. Cette fois, c'était Andromeda qui touchait sa sœur là où cela faisait mal. La fée de la technologie détestait s'entendre dire qu'elle ressemblait à ses parents. Et c'était particulièrement difficile de l'entendre dans le contexte actuel, car cela lui rappelait cruellement comment ses géniteurs l'avaient aisément mené en bateau depuis son entrée à Alféa. Elle était persuadée que ses parents avaient fini par céder à ses supplications et que le fait d'obtenir les meilleures notes dans les matières générales suffirait à les satisfaire en retour. En fait, c'était loin d'être le cas. Ses parents avaient simplement décidé de la laisser fréquenter l'école des fées pour la maintenir occupée et comptaient, dès le départ, l'en retirer pour qu'elle puisse passer son stupide concours d'entrée aux grandes écoles Zénithienne.

- Okay, je fais ça pour te faire souffrir. Tu es contente ? Depuis que j'ai appris que je ne pourrais plus jamais retourner à Alféa, je n'ai plus moyen d'entrer en contact avec mes amis qu'ils vivent ici ou ailleurs dans la dimension magique ! Je n'ai même pas le droit de sortir d'ici et tu n'arrêtes pas de me coller !

Me faire souffrir hein ? Je suis désolée de te l'apprendre, mais c'est raté. Benoît n'est pas un sujet de conversation qui éveille en moi un quelconque sentiment négatif.

Et positif peut-être ?

À ça, la femme aux cheveux noirs ne répondit rien, se contentant d'éteindre sa tablette.

- Je sais que tu étais amoureuse de lui.

Andromeda se leva et se dirigea vers la cuisine.

- Pourquoi est-ce que tu fais toujours ce que les parents te demandent ?

C'est plus simple comme ça. Marmonna sa grande sœur.

- Tu es bien sûr ?

Oui. Il suffit de te regarder pour s'en rendre compte. Répondit-elle avant d'entrer dans la pièce.

La fée se redressa dans le fauteuil. La réponse que sa sœur venait de lui fournir la laisse perplexe. Elle n'avait pas l'impression qu'obéir à leurs parents aveuglément était plus simple que prendre ses propres décisions. Certes, elle était coincée ici et le restera sûrement jusqu'à ce qu'elle atteigne le même niveau de docilité que son aînée, mais elle trouvait ce sort plus enviable que celui d'Andromeda. Elle aussi était prisonnière finalement. Et sûrement bien plus qu'elle.

La vision de Tecna se troubla. Ses lunettes avaient glissé de son nez et, à l'aide de l'un de ses doigts, elle remédia à ce problème et les replaça parfaitement. Elle vit rapidement à nouveau clair. Ce geste, en somme très anodin pour tous les porteurs de lunettes, la rendit nostalgique. La fée de la technologie repensa à Timmy. L'année de leur rencontre, sa paire était complètement déréglée si bien qu'il devait sans cesse remettre en place ses montures sur l'arête de son nez. Et, elle doit bien le reconnaître aujourd'hui, ce petit geste lui donnait un certain charme. Cela accentuait ce côté timide qu'elle affectionnait particulièrement chez son petit ami. Les deux années qui suivirent, le rouquin tâcha de faire plus attention à ses montures qui, déréglées, étaient plus, pour lui, un handicap qu'un avantage en situation réelle de combat. Néanmoins, il lui arrivait, distrait comme il est, d'oublier de les réparer. Et Tecna avait, ainsi, à nouveau l'opportunité d'observer ce geste qui l'avait charmé autrefois.

Remettant une mèche de ses cheveux en place, la demoiselle se demanda si son copain voyait bien net pour l'instant.


Tout en soupirant devant l'écran de son ordinateur portable, Timmy remonta, à l'aide de son majeur, ses lunettes sur l'arête de son nez alors que, assis à ses côtés, Musa, Layla, Flora, Stella, Bloom, Sky et Riven commençaient à s'impatienter.

Après avoir envoyé une demande d'amie à Iris Nova sur MagicalNetwork, la princesse de Solaria avait téléporté le petit groupe dans le dortoir d'Alféa, car le temps avait commencé à se gâter et que ce n'était, pour eux, certainement pas le meilleur moment pour que le portable du spécialiste roux ne prenne l'eau. Ils avaient, visiblement, été bien inspirés, car, désormais, c'est une véritable drache (1) qui s'abattait sur le monde magique. Le petit ordinateur de Timmy, aussi sophistiqué soit-il, ne serait très certainement pas sorti indemne de cette douche improvisée et cela aurait été dommage, car Iris avait, assez rapidement, accepté l'invitation qu'il lui avait envoyée par contre cela faisait cinq bonnes grosses et longues minutes qu'ils avaient proposé à Iris une discussion vidéo et celle-ci n'y avait pas répondu.

Ce silence de sa part les inquiétait parce qu'il voulait généralement dire beaucoup. Peut-être que Tecna était avec son amie ? Peut-être ne voulait-elle pas leur parler ? Peut-être qu'Iris hésitait à leur faire parvenir une information importante ?

Assis sur les canapés de la salle commune, tous étaient en attente d'une réponse et d'un signe de la jeune femme. Mais rien. Elle était toujours en ligne, mais semblait vouloir demeurer muette. Quelle déception.

Elle ne répondra pas ! s'exclama Layla avec un brin d'impatience et de frustration.

- Je peux la comprendre, le message de Timmy semblait un peu tendancieux. Ricana Riven.

Riven… Grinça Musa entre ses dents.

- Oh, ça va, je cherchais juste à détendre l'atmosphère.

Une petite musique résonna soudainement dans la grande pièce et tous les regards, à l'origine tournés vers le spécialiste aux cheveux hérissés, convergèrent vers l'ordinateur. Sur l'écran de ce dernier, la photo de profil d'Iris Nova était affichée en grand avec, juste en dessous d'elle, l'icône d'une caméra ainsi qu'une croix. Alors que le jeune homme aux lunettes rouges répondait à l'appel, l'ensemble du groupe se ressembla, du mieux qu'il le pouvait, autour de lui et du fauteuil sur lequel il se trouvait avant d'entrer dans le cadre.

Quasiment instantanément, une demoiselle aux cheveux châtains apparut à l'écran et sursauta en constatant qu'elle ne fasse pas face à une personne, mais à huit ! Cela la laissa sans voix si bien que Flora prit l'initiative de lancer la discussion.

- Bonjour. Tu es Iris, l'amie de Tecna ? On ne te dérange pas trop ? Merci d'avoir répondu à notre message.

Euh, bonsoir. Oui, je suis bien Iris… Euh, je ne m'attendais pas à tomber sur autant de monde… Je suis un peu surprise. Dit-elle en grattant la base de la nuque, chose qu'elle faisait quand elle était un peu gênée.

- Oui, je suis désolé… Marmonna Timmy avec embarras.

Lorsqu'il parla, la Zénithienne sembla remarquer sa présence dans le groupe et s'exclama :

- Oh, tu dois être Timmy ! Contente d'enfin te voir !

Euh, de même.

Un blanc suivit. Blanc que, Stella, la fée de la lumière ne comptait pas laisser s'installer. Fidèle à elle-même, elle préférait aller droit au but, et ce malgré sa royale éducation.

- Est-ce que Tecna est avec toi ?

Tecna ? Elle n'est pas à Alféa ? Répondit la Zénithienne avec un sincère étonnement, vous n'avez pas encore eu votre rentrée ?

Si, hier… Dis Flora.

- Oui et notre directrice nous a dit que Tecna n'était plus inscrite. Surenchérit Bloom.

- Elle nous a dit que ses parents l'avaient désinscrite durant les vacances. Conclut Musa avec une certaine colère dans sa voix.

À la suite de cette déclaration, Iris sembla troublée.

- Euh, je… Oh mince… Je ne savais pas qu'elle n'était plus… Enfin que ses parents… La dernière fois que je l'ai vu, c'était le lendemain de son retour sur Zénith, pour son anniversaire puis, je suis partie avec mon père… J'attendais un message de sa part.

Tu n'as eu aucune nouvelle d'elle ? Lui demanda Timmy.

Non, c'est pour ça que j'ai répondu à ton… euh, votre message. Je pensais qu'elle avait eu un souci avec sa messagerie, car je ne la trouvais plus dessus.

- On a eu le même problème.

Ça doit être ses parents. Répondit Iris avec désarroi, ils avaient autorisé qu'on fasse une sortie pour son anniversaire. Depuis qu'on se connaît, ça n'était jamais arrivé ! Évidemment, ça devait bien cacher quelque chose.

L'ensemble du petit groupe s'échangea des regards entendus. Les parents de leur amie n'étaient pas des plus tendres, la plupart d'entre eux avaient pu le constater lors du bal, mais delà à imaginer qu'ils n'autorisaient pas leur fille à célébrer son anniversaire comme elle le souhaitait… Cela les dépassait.

- Irbis… Commença Bloom.

- Iris.

Ah oui, pardon, Iris. Si on t'appelle aujourd'hui, c'est pour te demander si tu pouvais nous aider à entrer en contact avec Tecna.

Il faudrait déjà que je le fasse moi-même. Hum… Je pourrais passer chez elle demain après mes cours ou même avant.

Bonne idée.

Les étudiants de Magix et la Zénithienne parlèrent encore un très bref instant avant de décider, d'un commun accord, de raccrocher et de se rappeler à 17 h pile le lendemain.


Le lendemain matin, Iris se leva aux aurores. Sur Zénith, les cours commençaient très tôt. À sept heures pour être précis. Un vrai supplice pour ceux qui n'y étaient pas habitués. Pourtant, sur la planète technomagique, c'était comme ça. Dès le plus jeune âge, on apprenait aux enfants à se lever tôt pour travailler dur, et ce jusque tard le soir. On les préparait ainsi à la vie qu'ils devraient mener après les études.

Or donc, ce matin-là, la jeune Iris se leva vers cinq heures et demie. Elle prit une douche et un solide petit-déjeuner en présence de son père qui, de par son emploi de diplomate, était toujours debout très tôt. Il était étonné de croiser sa fille de si bonne heure. Il n'était que six heures et il lui connaissait une certaine tendance aux pannes d'oreiller. Généralement, son unique enfant se levait une demi-heure avant les cours et partait en catastrophe.

Déjà debout ? lui avait-il demandé en consultant son agenda sur son portable.

- Oui. Je…

Elle hésita. Devait-elle parler à son père de sa visite quelque peu impromptue chez les Anderson ? Elle savait que son père, bien que les tenant en haute estime sur le plan professionnel, ne les appréciait pas particulièrement. Même s'il ne l'avait jamais exprimé à haute et intelligible voix, les réserves qu'il avait émises pour le dîner d'anniversaire de Tecna et Valencia en étaient, à ses yeux, une preuve largement suffisante. Elle choisit donc de se taire. Non pas pour lui cacher des choses, mais parce que cela lui demanderait beaucoup de salive, de temps et d'énergie pour qu'elle le convainque de la laisser y aller dès le matin.

- J'ai décidé de reprendre du bon pied. Le concours est bientôt.

Cette phrase fit sourire son père.

- Je suis content de l'apprendre. Je suis sûr que tu t'en sortiras très bien, mais ne te surmènes pas. C'est tout ce que je te demande.

Oui papa. Répondit-elle tartinant ses toasts.

Bien, je vais y aller, dit-il, prends ton temps pour manger. On se voit ce soir.

- Bonne journée.

Alors qu'elle entendait le vaisseau qui transportait son père s'en aller, Iris appuya sur son bracelet qui s'illumina un bref instant. Quelques micros-secondes après, la porte de la salle à manger s'ouvrit laissant place à ce qui semblait être un robot de forme humaine. C'était Memox, son robot-serviteur, un humanoïde. À son service depuis ses quinze ans, Iris l'avait toujours considéré comme une sorte d'ami. Il avait beau être fait de métal, d'acier et autres composants électroniques, Memox avait développé une sensibilité qui lui était propre et qu'elle jugeait semblable aux sentiments humains.

- Bonjour, Iris, vous m'avez appelé ?

Oui Memox, pourrais-tu m'accompagner quelque part s'il te plaît ?

Avant vos cours ?

La demoiselle hocha la tête ce qui fit sourire l'humanoïde.

- Je vois. Je viens d'apprêter une navette. Elle sera là dans 45 secondes et 35 dixièmes.

Parfait.

Iris s'empressa de se lever et de se diriger vers la porte laissant les restes de son déjeune traîner sur la table. Ce n'était pas un problème : les robots ménagers se chargeraient de débarrasser à sa place.

Lorsqu'elle se retrouva dehors, Memox à sa suite, la navette se trouvait déjà dans la cour dans la villa. Elle s'empressa d'y grimper, son fidèle compagnon sur ses talons.

« Bonjour et bienvenue dans notre navette de transport personnalisée ! Merci d'avoir choisi la compagnie Noctransport pour votre voyage. Où souhaitez-vous vous rendre ? »

- À la tour Anders & CIE.

«Tour Anders & CIE. Étant donné le trafic routier actuel, nous vous recommandons d'employer la voie aérienne afin d'arriver le plus rapidement possible à destination. Enclencher l'option vol ? »

Iris soupira. Il aurait été plus simple de partir avec le vaisseau de son père plutôt que d'employer les transports publics. Ce dernier, en temps que véhicule diplomatique, disposait en permanence de l'option vol. D'ordinaire, elle l'employait pour se rendre à l'école. Cinq minutes de vol à peine puis le vaisseau repartaient, grâce au pilote automatique, tout seul vers le lieu de travail du comte. Dans une navette « publique » ainsi que dans les véhicules des citoyens lambdas, le vol n'était rien de plus qu'une option lors des trajets. En cas de trafic, il était possible d'emprunter une voie aérienne. Plus libre et donc plus rapide. Néanmoins, cette dernière coûtait assez cher, les Zénithiens ne l'utilisaient donc qu'en cas de réelles urgences.

- Combien de temps cela me prendrait-il d'atteindre Anders & CIE sans employer la voie aérienne ?

Cela lui prenait 15 min en vol. Elle le savait, elle avait déjà fait ce trajet quelques fois avec le véhicule de son père.

« Durée estimée du trajet sans vol : 50 minutes. Enclencher l'option vol ? »

- Enclencher l'option vol.

« Scan de la rétine. Rétine scannée. Iris Nova identifiée. Débit de 500 cryptomonnaies de votre compte au compte de la société Noctransport en cours. Débit de 500 cryptomonnaies effectué avec succès. Vol enclenché. Passagers sécurisés. Arrivée prévue à la tour Anders & CIE dans 14 minutes et 33 secondes. Noctransport vous souhaite un bon voyage à son bord. »

La navette sortit doucement de la propriété par l'allée qui menait au portail. Une fois celui-ci franchi, elle prit le chemin du centre-ville. L'engin flottait dans les airs, mais ne volait pas. Pas encore.

- Pourquoi ? Lui demanda soudainement l'humanoïde.

Comment ça pourquoi ?

Pourquoi souhaitez-vous vous rendre chez votre amie sans en informer votre père ?

Parce que papa n'apprécie pas les parents de Tecna. Il n'aime pas que j'aille là-bas. Et, si je le lui disais, il me demanderait pourquoi je veux y aller.

Memox sourit.

- Et, vous ne lui auriez pas menti en lui donnant les réels motifs de votre expédition.

Exactement et, autant mon père apprécie Tecna, autant il me dirait que ce ne sont pas mes affaires.

Je m'en doutais.

Des klaxons mécontents se firent soudainement entendre. Le véhicule venait de pénétrer le centre de Nocturna et, le moins que l'on puisse dire, c'est que les bouchons qui s'y formaient y étaient spectaculaires. Des ceintures apparurent et attachèrent les deux passagers de manière solide avant de s'élever dans les airs.

- Je peux comprendre que le fait que votre amie n'ait pu rejoindre son école à Magix vous inquiète, mais que compter vous faire une fois là-bas ? Il est plus que probable qu'on ne vous laisse pas entrer ni la voir d'ailleurs.

Je sais… Marmonna Iris en se cramponnant à son siège alors que la navette était secouée, j'avoue que je n'ai aucun plan, mais j'ai donné ma parole à ses amis. Je la tiendrais.

« Mais pourquoi on bouge autant ? pensa-t-elle avec angoisse, ça ne secoue pas autant dans la navette de papa. »

Comme s'il lisait dans ses pensées, Memox lui fournit une réponse.

- Les champs de gravitation de navettes publics ne sont pas aussi stables que ceux des vaisseaux misent à disposition du corps diplomatique. Les secousses y sont beaucoup plus vives et désagréables à supporter. C'est pour ça qu'on ne rencontre, généralement, que ce genre de vaisseaux sur la voie aérienne.

Mais, c'est injuste…

L'option vol est disponible pour tous, mais n'est agréable que pour une minorité. Ainsi, les citoyens moyens pensent avoir accès à tout et refuser, de son propre chef, l'opportunité d'une voie plus rapide. En vérité, c'est une inégalité sociale… Parfaitement camouflée.

Pourquoi tu ne me l'as jamais dit ?

Vous n'avez jamais cherché à utiliser d'autres transports que la voiture de votre père et vous ne me l'avez jamais demandé. Au-delà de ça, je n'ai trouvé aucun moment pour vous en parler. Le contexte ne s'y prêtait pas.

Pas besoin de contexte. Quand quelque chose que tu juges important à me dire te vient à l'esprit : dis-le-moi. Je ferais pareil.

Comme vous voulez !

Une dernière chose. Je trouve injuste que tu me vouvoies et que je te tutoie. Alors, soit on fait l'un, soit l'autre. Que décides-tu ?

Alors que le vaisseau se posait, Memox médita sa préposition. Iris savait que l'humanoïde n'était pas programmé pour répondre à ce genre de demande. Généralement, ils étaient plutôt utiles aux Zénithiens dans leurs tâches quotidiennes, mais la jeune femme ne supportait de se servir trop de lui. Pour elle, il était plus l'équivalent d'un ami. Il agissait comme tel même s'il n'était pas inné pour lui de réagir et penser de certaines manières. Néanmoins, sa programmation lui laissait une grande liberté d'apprentissage. Si certains en usaient pour leur apprendre à faire des tâches parfois très ingrates, Iris tentait de lui faire assimiler la complexité et la subtilité du langage et du comportement humain. Un exercice périlleux qui s'avérait être, en réalité, plus un travail de patience et de bienveillance.

- Bien. Nous sommes arrivés. Que comptes-tu faire maintenant Iris ?

IMPROVISER !


Affaler sur son bureau, Iris soupira et profita de cette pause entre deux heures de cours pour faire le récapitulatif de sa matinée. Sa mission avait été un échec total. Comme elle s'en doutait, elle n'avait pas pu entrer dans le gratte-ciel et, si Memox n'avait pas été là, dieu seul sait ce que le robot de l'entrée lui aurait fait subir lorsqu'elle avait tenté d'insister. Étant donné qu'elle avait du temps avant le début de son cours, la demoiselle s'était donc mise en planque pas trop loin. Elle espérait, de ce fait, croiser Valencia qui avait cours dans la même école qu'elle. Malheureusement, elle n'avait pas pensé au fait que la jeune femme se déplacerait en navette. Lorsqu'elle avait vu cette dernière sortir du garage, elle s'était rendu compte de deux choses la première étant que la demoiselle aux cheveux blancs se trouvait bel et bien dans le vaisseau, la seconde, qu'elle devait aller en cours aussi. Si Memox avait déjà anticipé ce détail en faisant venir une navette pour elle, elle avait oublié qu'elle n'avait plus assez de cryptomonnaie pour lancer l'option vol.

Si bien qu'elle dû se taper tous les bouchons jusqu'à son école.

Résultat ? Presque une heure de retard. Et, sans motif.

Soit, si elle était en retard sans motif valable, la direction avait décidé qu'elle devrait rattraper cette heure à la fin des cours.

Elle ne doutait pas que son père était déjà au courant. Les écoles Zénithiennes étaient fortes pour informer les parents des moindres faits et gestes de leurs progénitures au sein de leurs établissements.

La jeune femme décida de se lever et se dirigea vers le couloir. Son professeur tardait. Tant mieux, cela lui laissait un bref instant de répit pour souffler. Elle sortit de sa classe en nourrissant l'espoir secret de croiser l'un de ses amis et peut-être Valencia. Mais, cela était sûrement peine perdue. Son école était la plus grande de la ville. Il existait plus d'une dizaine de classes de dernières années et elle n'avait aucun camarade viable dans la sienne. Elle était en classe quatre et Valencia se trouvait en classe treize. Géographiquement, leurs salles de cours n'étaient pas très proches l'une de l'autre. Qui plus est, elles n'avaient aucun cours en commun, car les élèves étaient répartis en fonction de leur niveau. Elle était dans les premières et Val dans les dernières. Sa meilleure chance de la croiser aurait été à la pause déjeuner. Encore aurait-il fallu qu'elles fréquentent le même réfectoire, car l'école en possédait plusieurs.

Techniquement, les deux jeunes femmes ne se croisaient pas.

Et, statistiquement, elles avaient peu de chance de le faire.

Rares étaient les élèves qui se mélangeaient à d'autres niveaux que le leur.

« Mince, je ne suis vraiment pas plus avancée qu'avant… »

Néanmoins, une discussion entre deux élèves (qui semblaient être de la classe trois si elle se fiait à la couleur de la cravate qu'elles portaient) la sortit de ses pensées et elle fit de son mieux pour tout écouter discrètement.

- Tu as entendu la rumeur ?

Quoi ?

Valencia Anderson de la classe treize, il paraît qu'elle ne va plus venir à l'école pendant une bonne semaine.

Quoi, elle est encore en vacances ?

Non, mais il paraît qu'elle a une sœur qui est revenue de Magix et que leurs parents veulent qu'elles se remettent à niveau ensemble. Le directeur a vite accepté. Faut dire que la pauvre fille en a bien besoin. Tu te rends compte ? La classe treize ! Franchement, je ne sais pas où elle suit des cours après la classe, mais aucun ne risque que je m'y rende. Quand on voit le résultat.

Tu imagines si sa sœur est aussi nulle qu'elle ?

Iris se retient d'intervenir à l'entente de cette dernière phrase. Ce n'était déjà pas facile de ne pas s'énerver en les entendant dénigrer ainsi Valencia, mais si ces petites commères s'en prenaient à sa meilleure amie, elle ne parviendrait pas à se contenir plus longtemps. Heureusement, elle n'eut pas à le faire.

- Mademoiselle Nova, comment cela se fait-il que vous ne soyez pas dans votre salle de classe ?

Oh, professeur Gond… Je…

Votre délégué de classe m'a déjà informé de votre retard inopiné ce matin. Vous êtes sur une mauvaise pente. Je vous retire cinq points. Maintenant, rentrez que nous puissions débuter la leçon.


À la Fontaine-Rouge, un jeune spécialiste aux cheveux roux attendait, avec impatience, un coup de fil qu'il jugeait très important. Important au point même qu'il avait prétexté être souffrant afin d'échapper aux cours de l'après-midi.

Assis sur le bord de son lit, Timmy rongeait son frein. La veille, il avait été convenu qu'Iris l'appelle vers 17 h, mais, là, il était déjà 18 h passée et il n'avait toujours pas eu de ses nouvelles. De nombreux scénarios catastrophes tentaient de se frayer un chemin vers son cerveau et il tenta de les repousser du mieux qu'il pouvait. Néanmoins, l'attente le rendait fou. Il avait besoin de savoir si Iris avait su joindre Tecna.

Le jeune homme lança un regard impatient en direction de son bureau qui se posa, par la suite, sur le seul sac qu'il n'avait pas encore déballé, qui se trouvait à son pied. Dans ce sac se trouvait l'invention qu'il avait mise au point avec sa petite amie. Il soupira en y pensant. Le temps passait et ils n'avaient pas encore fait les essais dont ils avaient discuté avant les vacances. Si cela continuait ainsi, ils risqueraient de louper le coche…

Timmy devait le reconnaître, il mourrait d'envie d'ouvrir le sac et de poursuivre le perfectionnement de leur invention, mais, il ne pouvait s'y résoudre. Cette invention était leur œuvre à tous les deux. Il la présenterait à deux. Il n'y toucherait plus jusqu'à ce que sa petite amie soit de retour à Magix. Il s'en était fait la promesse.

BIP BIP BIP

La sonnerie de sa messagerie prit le jeune homme par surprise le sortant ainsi de ses pensées. Ce dernier se précipita vers son bureau et prit l'appel. À son grand soulagement, Iris apparut enfin sur son écran.

- Bonjour Timmy. Je m'excuse du retard. J'ai eu… Quelques soucis…

Le spécialiste lui lança un regard interrogateur tout en se demandant s'il était préférable ou pas de lui demander de fournir plus d'amples explications à ce sujet ou pas. Serait-ce indiscret ? Inapproprié ?

« Rah, comme c'est compliqué ! » pensa-t-il avec frustration.

- Euh… Il n'y a… Pas de soucis. Pas de problèmes. Je n'attendais pas depuis longtemps de toute façon. Enfin, si, mais… non. Enfin… Laisse tomber. Ce n'est pas grave. Est-ce que tu as des nouvelles de Tecna ?

La demoiselle secoua la tête. Et une longue discussion débuta entre les deux jeunes gens.


Il était près de 18 h 30 lorsque Riven rentra de sa classe de combat qui était, sans conteste, pour lui, le meilleur cours qui puisse exister. Depuis tout petit, il était passionné par tout ce qui se rapportait aux faits d'armes, aux histoires de chevaliers. Se battre pour un idéal avait toujours été quelque chose de fascinant pour lui, gamin isolé et solitaire. Il s'était inscrit à Fontaine-Rouge dans ce but, devenir un chevalier des temps modernes et se battre pour des nobles cause, pour un objectif noble.

Il n'avait été pas été facile pour lui d'accéder à cette école si réputée dans la dimension Magix. Il faut dire qu'il ne venait pas d'un milieu noble ou même un peu bourgeois et qu'il avait, derrière lui, un parcours peu orthodoxe. De plus, être un spécialiste impliquait aussi de se soumettre à une certaine discipline ce dont il n'avait pas l'habitude. Il s'était, plus d'une fois, laissé tenter par les ténèbres… Au sens propre, il avait succombé à Darcy lors de sa première année et c'était, de nombreuses fois, laisser emporter. Il aurait pu être renvoyé… Plus d'une fois. Mais, c'est Saladin n'était pas considéré comme l'un des hommes les plus justes de la dimension pour rien. Il avait la capacité, que Riven jugeait extraordinaire, de lire le cœur des gens. Le directeur de Fontaine-Rouge lui avait, lors d'une discussion fortement animée, déclaré qu'il ne l'avait exclu de son école, car il savait qu'il avait bon cœur et soif de justice et qu'il était persuadé qu'il était capable de faire de grandes choses.

Le spécialiste devait le reconnaître, ses mots l'avaient touché et, depuis, il s'était rangé, calmé. Pour la première fois de sa vie, il avait l'impression de compter, d'exister. On avait confiance en lui, on croyait en lui.

Et ça, ça changeait tout.

Pour ça, il était prêt à faire tous les efforts du monde.

Ça en valait la peine.

Le jeune sourit en atteignant la porte de sa chambre. Il allait prendre une bonne douche puis il se dirigerait vers le réfectoire pour dîner. Une bonne soirée en perspective. Enfin, cela était sans compter Timmy qu'il retrouva viser sur sa chaise de bureau, les yeux dans le vide. Lui qui s'était demandé, avant sa dernière heure, si son colocataire avait réussi à joindre sa petite amie, il n'était pas certain de vouloir connaître la réponse. Il n'était pas très doué pour réconforter ses proches et il ne voulait pas voir le jeune homme s'effondrer. Même s'il avait parfois dur à le reconnaître, il tenait beaucoup à son ami à lunettes. Il le considérait comme une sorte de petit frère qu'il avait le devoir de protéger. Bien entendu, il savait qu'il était parfaitement capable de se défendre seul et pourtant.

Quand il avait appris que le jeune homme avait été abandonné par son père, il s'était senti pris d'un élan d'affection pour lui. Lui avait toujours son père. Un père sévère et détestable à ses yeux. Un contre-exemple parfait. Mais, au moins, il avait une figure paternelle et c'était toujours ça de pris. Mais, malgré tout, pendant un p'tit temps, il avait mal tourné.

Timmy, lui, n'avait jamais eu de père et c'était devenu quelqu'un de bien.

Il ne supportait pas qu'on s'en prenne à un chic type comme lui.

- Hey, Tim ! Alors, des nouvelles ?

Timmy ne répondait rien. Il semblait réfléchir. Son visage était aussi grave que lorsqu'il cherchait à résoudre une opération complexe ou qu'il réfléchissait à une stratégie d'attaque ou de défense lors des classes de combats.

- Je t'ai couvert pour cette aprèm. Ne te fais pas de soucis, personne n'a remarqué ton absence.

Toujours aucune réaction. Le jeune homme aux cheveux hérissés tenta un trait d'humour.

— Ça ne change pas trop de d'habitude d'ailleurs !

Toujours aucune réponse. Riven finit par s'approcher de lui afin de le secouer.

- MEC, réagis ! C'est flippant à la fin !

Le spécialiste roux sortit de sa torpeur et cligna des yeux, surpris par cette soudaine brutalité.

— Riven, merde ! Je réfléchissais, pas besoin de t'emporter comme ça !

- Alors, réponds quand je te parle ! Tu as eu des nouvelles de Tecna ou pas ?

Timmy se remit à fixer un point en face de lui sauf que, cette fois-ci, son regard était différent. Il s'était fait plus dur et déterminé. Riven s'apprêtait à le secouer à nouveau lorsqu'il finit par dire :

- Je vais aller sur Zénith.


Bonjour, bonsoir tout le monde !

Comment allez-vous en cette période de confinement ? Ici, cela fait pile-poil une semaine que le nôtre a commencé. Je ne peux pas dire que cela me fait particulièrement plaisir de rester enfermer chez moi mais j'ai, au moins, la chance d'avoir un jardin.

Si le chapitre 10 a pris du temps à sortir, c'est pour de nombreuses raisons additionnées entre elles. J'ai été complétement perturbée par le changement qu'à apporter le confinement et j'avoue avoir eu dur à écrire. J'ai une soeur qui a fait un aller-retour à l'hôpital au milieu de la nuit (je vous rassure, ce n'était pas à cause de la pandémie). Elle est revenue quelques heures plus tard mais je dois vous avouer qu'elle nous a fait flipper sur le coup. J'écris surtout le soir/début de nuit donc... Ouais, j'ai pas trop avancé ce soir là. Le lendemain soir, ma mère a perdu le goût et l'odorat donc on a flippé aussi. Le surlendemain, mon médecin a dit que ma mère était atteinte du Covid-19. Du coup, on est confinement ++ pour l'instant. On peut même pas sortir pour les courses. Heureusement, y a la famille ;)

Pour ma part, j'ai eu l'excellente idée de passer mon premier jour de confinement dans mon jardin sans manteau. Je suis donc tombée malade. Et je suis longue à me rétablir. Il est probable que je sois Covid-19 positif comme ma mère. Ce qui expliquerait que ma sinusite se traîne. Mon système immunitaire est un peu débordé XD

BREF, point d'inquiétude ! Néanmoins, tout ce blabla pour vous dire : on rigole, on se plaint mais le virus se propage vite. La preuve étant qu'on peut l'attraper sans s'en rendre compte. Ma mère avait fait 24h de fièvre légère avant le confinement ( moi aussi d'ailleurs) et elle n'a pas eu d'autres symptômes par la suite que cette soudaine perte d'odorat et de goût. Elle va, d'ailleurs, très bien. Elle pète la forme d'ailleurs. Ce qui rend ce virus dangereux, c'est surtout, à mon avis, qu'il se déclara chez les gens de manière drastiquement différente. J'ai appris, récemment, le décès d'une personne du même âge que ma mère du Covid-19. Elle n'était pas à risque. Comme vous pouvez le constater, on réagit tous très différemment à ce virus et je ne sais pas trop à quoi ça tiens d'ailleurs. Alors, ne soyons pas égoïste. Restons chez nous ! Je sais que c'est hyper chiant surtout quand on est jeune et qu'on se dit qu'on ne risque rien du tout si ce n'est une petite fièvre et des repas sans goûts et sans odeurs mais, pour une fois, pensons aux autres en priorité. Plus vite on élimine cette merde, plus vite on revit comme avant ! Croisons les doigts pour que ce soit rapide et faisons du bruit pour les aides soignants, les médecins et les commerçants encore ouverts ! Ils prennent des risques et ils se fatiguent beaucoup ! (Soit-dit en passant, dans ma commune, on les applaudit à 20h, je trouve ça magnifique. J'ai jamais vu autant de voisins faire la même chose en même temps XD).

BREF BREF, revenons à nos poissons,

Vous vous souvenez quand je vous ai dis qu'Iris était un personnage d'une BD Winx ? Et ben, Memox aussi ! Je l'aime beaucoup trop ce personnage et je me suis dis que c'était une bonne idée de l'ajouter !

J'avais aussi envie de développer Iris ainsi que son école mais je n'ai pas encore eu beaucoup de temps pour le second point. Cela viendra en temps voulu, ne vous inquiétez pas.

J'avoue que je manque de choses à vous dire sur ce nouveau chapitre. D'ordinaire, j'ai plein de blablas sur chaque mais, ce soir, je vous avoue que je suis assez crevée (voir plus haut) et pressée. Ma soeur m'attends. Et oui, j'ai un agenda chargé même en restant chez moi ! (Je blague évidemment, c'est la seule chose prévue dans ma journée XD). Je dois vous le dire, sincèrement, c'est pas mon chapitre préféré. Faut dire que je l'ai écris dans un drôle d'état d'esprit, dans un drôle de contexte. Enfin voilà. Ce chapitre s'appelle : Flou. Je voulais jouer sur la vision de Tecna et Timmy,la situation est un peu confuse/ floue dans ce passage et dans la vie réelle que je vis aussi eeeeeettt j'avais la chanson "Flou" d'Angèle en tête.

Soit dit-en passant, avez-vous remarquer le petit (1) dans le chapitre ? Normallllll, je sais pas si vous savez mais je suis belge ! Donc, j'emploie parfois des belgicismes et je n'ai jamais pris le temps de les expliquer ! Alors, qu'est ce que la drache en belgique ? Et ben, c'est tout simplement, une pluie soudaine et forte. Et, des draches, croyez moi, on en a souvent par chez nous !

Voilà voilà.

Stay home les petits gens ! Pour passer le temps, n'hésitez pas à jouer avec vos pairs et faire chier votre animal de compagnie (je dis ça parce que j'arrête pas d'embêter mon chat. La pauvre, elle doit rien comprendre).

Merci d'avoir lu :)

A bientôt,

Memori Plume.