Pour Terra Anderson, le monde s'était déjà effondré de nombreuses fois.

Alors, elle s'attendait toujours au pire.

En particulier depuis qu'elle était devenue mère.

Dès la naissance d'Andromeda, elle a tout de suite su qu'elle serait incapable de supporter qu'il arrive quoi que ce soit à l'un de ses enfants. Elle sût qu'elle ferait tout pour leur éviter de vivre ce qu'elle avait vécu.

Alors, elle avait toujours pris toutes les mesures nécessaires pour faire en sorte que sa descendance court le moins de risque possible.

Elle pensait avoir réussi.

Il était près de minuit.

Elle observait la ville agitée à travers la baie vitrée de la salle à manger et salon donnant sur la terrasse.

Elle avait renvoyé chez eux les diplomates d'Andros.

Elle ne voulait plus avoir affaire avec eux.

Elle ne voulait plus avoir affaire à personne.

Dans son être : quelque chose était en train de bouillir et était sur le point d'imploser.

Terence s'approcha d'elle. Elle l'entendit, elle ne pouvait voir son reflet dans la vitre car elle était parfaite, toujours impeccable, lisse et sans réflexions possible.

Il posa une main sur son épaule.

Terra la bougea brusquement. Elle ne voulait pas de contact physique.

Terence retira sa main. Il soupira.

- Terra…

- Tais-toi. Siffla-t-elle entre ses dents.

- Ce contrat… C'était une opportunité en or, tu ne penses pas que…

- Le contrat Terence, c'est à ça que tu penses ? Répondit-elle d'un ton cinglant.

- Je suis tout aussi bouleversé que toi Terra. Crois-moi mais…

- Non Terence, je ne te crois pas.

Terence souffla.

- Terra. D'accord, je ne te demande pas de me croire. Seulement, je suis pragmatique, ce contrat aurait pu nous rapporter gros et nous avions… Plus de chances statistiquement de le remporter que les autres entreprises… Etant donné les nouvelles données dont nous venons d'avoir connaissance.

Terra ne pouvait en entendre plus. Elle se retourna vers son mari et lui dit d'une voix tranchante.

- Les données ! Tu oses employer ce terme dans de telles circonstances ! Tu oses parler de contrat dans de telles circonstances !

- Oui, j'ose !

- Nous nous sommes promis de ne jamais mettre nos enfants en danger !

- Oui et nous nous sommes également promis de leurs offrir un bel avenir ! Et, en perdant ce contrat, nous risquons de perdre à coup sûr l'avance que nous avons sur nos concurrents et compromettre cette promesse.

Terra se tut. C'est vrai, ils s'étaient promis d'offrir le meilleur à leurs enfants quoi qu'ils leur en coutent. Mais, Terra avait l'intime conviction au fond d'elle-même que leur sécurité valait plus que l'opulence. Et depuis qu'elle savait ce qui était arrivée à Tecna cette année, elle avait une sensation désagréable. Celle d'avoir fait fausse route tout ce temps. Elle ne savait pas si elle devait en faire part à son mari. Ils étaient à la fois si semblables et si différents. Bien que dans leurs veines coulaient le même sang, celui d'un monde qui n'était plus, ils ne partageaient pas la même vision des choses. Terra avait vécu dans un endroit que son mari ne connaitrait jamais et elle savait au fond d'elle-même qu'en dehors des circonstances particulières qui les avaient fait vivre sur Zénith, ils n'auraient sans doute jamais fini ensemble.

- Terra. A quoi penses-tu ?

Terra ne répondit pas. Elle n'en avait pas envie et s'en retourna à sa contemplation de la ville. Elle avait mal de tête.

- Tu devrais demander à Athéna de préparer tes médicaments.

- Je les ai déjà pris.

- Il serait préférable que tu en reprennes un peu. Le médecin t'a dit que tu pouvais te le permettre si la situation s'avérait…

- Je sais ce que le médecin a dit Terence. Je le sais parfaitement. Et je ne souhaite pas en reprendre maintenant.

Terence s'approcha d'elle et regarda par la vitre à son tour. Il n'arrivait pas à comprendre où le regard de sa femme se portait. Et c'était normal, elle contemplait le vide. Car lentement, Terra le sentait, son mari également, elle se perdait au fond d'elle-même.

Progressivement, elle redevenait celle qui avait vu, celle qui avait vécu et survécu.

Le bruit des portes de l'ascenseur qui coulissèrent sortit Terence de sa tentative de rejoindre sa femme dans son monde à elle. Le rire d'une de ses filles et de son fils contrastèrent avec l'ambiance lourde qui régnait dans la pièce de vie.

- Andromeda ? Lucio ? Que font-ils ici ? Marmonna-t-il.

Terra ne bougea pas d'un pouce. Les bras croisés sur sa poitrine, elle continua à fixer l'horizon. Terence ne sut trop comment réagir. Logiquement, Tecna était censée rentrer. Seule. Valencia et Lucio devaient dormir chez Andromeda et Electronio. C'était le programme de la soirée.

Pourquoi ses propres enfants iraient à l'encontre du programme ?

Terence se sentait nerveux dès lors qu'il y avait du désordre qu'il soit matériel ou organisationnel. Mais il tâcha de ne pas le montrer et arbora une attitude neutre alors que ses enfants pénétrèrent dans la salle de séjour. Tecna et Valencia se tenaient la main. Terence en les voyant fut renvoyée des années en arrière quand ses deux filles avaient encore trois ans et pleuraient dès qu'on les éloignait l'une de l'autre. Les jumelles étaient encadrées par Andromeda, à la droite de Tecna, et Lucio à la gauche de Valencia. Le jeune garçon avait l'air extrêmement heureux, il discutait avec Andromeda qui semblait être sur la même longueur d'onde que son frère. Tous semblaient… apaisé. Cela faisait bien longtemps que Terence n'avait plus vu ses enfants comme ça. Réunis et heureux d'être tous ensemble. Il ne savait pas si cela l'émouvait. Il aurait voulu se sentir touché comme tout bon parent mais il ne pouvait s'empêcher de penser dans les clous Zénithiens.

Et, sur Zénith, l'efficacité primait. Lucio et Valencia avaient cours demain. L'examen des jumelles approchaient et Andromeda devait être en forme pour le travail.

Cette joyeuse réunion ne pouvait durer plus.

Il rompit le charme.

- Puis-je savoir ce que vous faites tous là ?

Les quatre nouveaux venus se figèrent. Terence savait que le ton qu'il employait avait un effet conséquent sur eux. Il ignorait également comment se sentir par rapport à cela. A son grand étonnement, c'est Andromeda qui prit la parole.

- Nous rentrons à la maison.

- Il me semble que ce n'est plus ta maison ici et qu'il était convenu que ta sœur et ton frère logeraient chez toi cette nuit.

- Ce n'est pas chez moi. C'est chez Electronio. Et, étant donné que Valencia et Lucio sont à ma charge, je pense qu'il est préférable qu'ils dorment ici ce soir avec leurs deux sœurs.

Terence se sentit bousculé. Jamais Andromeda ne s'était montrée aussi effronté. Il voulut dire quelque chose mais, à cet instant précis, Terra se détourna de sa contemplation pour faire face à ses enfants. Elle ne dit rien mais, avec elle, un simple mouvement faisait se taire tout le reste de la famille.

D'un ton calme, elle fixa tour à tour : Andromeda, Lucio, Valencia avant d'arrêter son regard sur Tecna et déclara :

- Andromeda, prends Lucio et Valencia et laisse nous seuls avec ta sœur.

La réponse ne se fit pas attendre.

- Non.


Tecna avait paniqué, elle devait le reconnaitre, lorsque sa mère avait déclaré vouloir se retrouver seule avec elle. Enfin, seule, il y aurait eu son père mais elle savait pertinemment qu'il aurait fait plus office de soutien que de véritable accusateur. Depuis toute petite, elle devait l'avouer, la déception qu'elle craignait le plus : c'était celle de sa mère. Sa mère n'était jamais en colère, jamais triste. Elle arborait toujours un air glacial et intouchable. Elle lui faisait peur… Elle avait eu peur de lui ressembler lors de sa première année à Alféa car tout à chacun la décrivait comme elle aurait décrit sa mère : froide, sans émotions, insensible.

Alors oui, Tecna avait paniqué.

Et jamais elle n'aurait crut qu'Andromeda, sa chère Andromeda, ne s'oppose à l'ordre de leur mère. Déjà qu'elle réponde à leur père, c'était quelque chose d'assez impensable venant d'elle.

- Comment ?

- J'ai dit non, maman. Ce soir, nous allons discuter et nous allons le faire tout ensemble.

Tecna tiqua. Andromeda avait réellement appeler leur mère : « maman » ? D'aussi loin qu'elle se souvienne, jamais aucun d'entre eux ne s'était permis d'appeler leur mère ainsi. Pour quelle raison d'ailleurs ? En fait, elle ne se souvenait pas que leurs parents leur aient formulé une quelconque interdiction à ce sujet. Cela avait dû se placer naturellement avec les années.

A sa grande surprise, sa mère sourit. Mais ce n'était pas un sourire qui se voulait rassurant ou sympathique.

- Vous voulez que l'on discute ? Alors, nous allons le faire.

Le ton de Terra Anderson était tranchant mais également emplit de tension. Comme si elle allait exploser d'une minute à l'autre. Les quatre enfants Anderson échangèrent un regard. Ils n'avaient jamais vu leur mère ainsi.

Leur père semblait lui-même un peu décontenancé mais tâcha de garder bonne figure. Comme pour reprendre la situation en main, il essaya de faire preuve d'un semblant d'autorité en ordonnant à Lucio de se rendre dans sa chambre. Cependant, Andromeda ne l'entendit pas de cette oreille.

- Lucio va rester avec nous. Ce n'est plus un enfant et son avis compte autant que les nôtres.

- Je veux rester. Confirma le jeune garçon.

Terence déglutit. Terra ne dit rien. Ses bras demeuraient toujours croisés et, elle, très digne.

- Je souhaite que Tecna soit réinscrite à Alféa. Déclara Androméda.

Valencia et Lucio hochèrent la tête avec fermeté.

- Nous sommes tous au courant du pacte que vous avez passé avec elle. Et nous sommes contre.

- Voyez-vous ça… répondit Terence, et en quoi cela vous regarde ?

- Ça nous concerne parce que ça rend Tecna malheureuse.

- Oui et également parce que vous prenez des décisions sur nos vies à Lucio et moi sans nous demander notre opinion.

- Vous n'allez pas me dire que ne plus avoir la pression de la réussite ne vous convient pas ? Continua leur père, aux vues de vos résultats et de votre motivation en général, vous devriez plutôt être heureux n'est-ce pas ?

- C'est vrai que je suis content de me dire que je peux faire ce que je veux. Commença Lucio.

- Mais ce n'est pas la question ! Vous ne pouvez pas faire du chantage à Tecna comme ça ! Vous ne pouvez pas décider arbitrairement de nos vies sans nous en parler !

- Valencia Cristal Anderson, ne prends pas ce ton avec moi ! Je suis ton père !

- Raison de plus pour que tu m'écoutes !

Cette réponse laissa Terence sans voix. Il ne sembla pas comprendre en quoi cela était une raison suffisante. Tecna intervient.

- Tu es notre père. Tu devrais te demander ce qu'on ressent quand tu prends des décisions à notre place. Nous ne sommes pas des objets que vous avez en votre possession mais des êtres humains. Nous avons le droit à une relation égale avec vous surtout à notre âge !

Terra Anderson qui n'avait rien dit jusqu'alors rigola de façon particulièrement amère.

- Ça ne te va pas bien de nous dire ça hein ?

- Mère ? S'étonna Lucio.

Terra planta son regard empli de désespoir dans les yeux de Tecna.

- Cela te va bien de nous parler d'une relation égale, d'honnêteté hein Tecna ?

- Mère, je …

- Quand comptais-tu nous le dire hein ? Dit-elle avec une rage difficile à contenir.

- Mère, je ne vois pas de quoi…

- Quand comptais-tu nous dire que tu as failli mourir ?! Hurla-t-elle.

Un silence de mort suivi cette déclaration alors que Lucio, Valencia et Andromeda lancèrent un regard choqué à Tecna qui demeura comme figée sur place.

- Oui, rigola sa mère, nous avons appris ce que tu as fait sur Andros pendant le diner. Peu après que tu sois partie avec ce Nabu… « Un sens du sacrifice admirable », « une héroïne sur Andros », « une reconnaissance éternelle ». Voici tout ce que nos invités ont dit sur toi. Et tu sais ce qui a été le pire ?

- Terra. Tu ne devrais pas… commença Terence.

Mais Terra ne l'écouta pas. Elle était dans tous ses états. Son corps tremblait de toutes les émotions qui la parcouraient et que seul son regard semblait pouvoir transmettre à son entourage.

- Le pire, ça a été de l'apprendre de leur bouche et de les entendre me demander ensuite « comment j'ai pu survivre à une telle épreuve. », « trois semaines passées au cœur de la dimension Oméga, ce n'est pas rien. » Et moi, qui devait réagir comme si j'étais au courant alors que je n'en savais rien !

- Tecna, tu… Commença Androméda.

- Pourquoi ne nous as-tu rien dit Tecna ? L'interrogea son père avec une douceur que Tecna ne lui connaissait pas.

- Faragonda a tâché de vous contacter plusieurs fois, dit-elle la voix étranglée, mais elle n'a jamais réussi à vous joindre directement. Elle vous a laissé des messages.

Les regards convergèrent vers Andromeda cette fois.

- C'est toi qui devais prendre les messages d'Alféa Andromeda, non ? l'interrogea Valencia.

L'ainée Anderson ravala sa salive avant de reconnaitre quelque chose dont elle avait honte… Et ce d'autant plus en apprenant la terrible nouvelle à côté de laquelle elle était passée.

- Mère et Père m'avaient demandé de ne pas faire passer ce qui concernait Tecna en premier plan… Puis, j'étais si en colère contre toi Tecna que durant toute une période, j'ai ignoré tout ce qui pouvait te concerner directement. Je suis désolée…

- Je… Je m'en doutais. Quand Faragonda m'a dit qu'elle n'avait pas su vous joindre pour vous annoncer que… Je… Je lui ai dit que vous aviez sûrement reçu le message mais que Zénith était une planète où on s'isolait beaucoup quand on ressentait des émotions fortes et que c'était votre manière d'entamer le deuil.

- Pourquoi ne pas nous en avoir parlé en rentrant ? Demande Valencia.

- Je ne voulais pas t'inquiéter Val, ni toi Lucio. Et, pour le reste, je savais que ça ne vous intéressait pas.

- Comment peux-tu dire une telle chose ? S'exclama sa mère toujours aussi à fleur de peau.

- Parce que c'est la vérité ! Andromeda vient de reconnaitre que vous ne vous vous intéressiez à ma scolarité à Alféa alors que c'est l'une des choses qui me rend la plus heureuse dans la vie ! Et ça ne concerne pas que moi ! Vous êtes incapables de voir que Valencia et Lucio ont un talent artistique et que c'est ce qu'ils aiment, incapable de voir à quel point Andromeda aimait Benoit et à quel point elle est malheureuse dans son mariage aujourd'hui.

- Tecna… dit son père.

- Vous ne nous demandez jamais comment on va, vous n'acceptez pas nos amis, vous décidez de tout à notre place et vous ne vous intéressez qu'aux résultats scolaires !

- Tecna…

- Une fille de plus ou de moins franchement quelle importance ? Si j'étais vraiment morte, vous auriez sûrement reporté vos envies de grandeurs sur Valencia ou sur Lucio. L'embarras du choix avec quatre enfants !

- TU DEVRAIS AVOIR HONTE ! Hurla Terra.

- JE N'AI PAS HONTE DE CE QUE JE PENSE ! Rétorqua-t-elle sur le même ton.

Sans qu'elle n'ait le temps de la voir arriver, Tecna se prit une gifle sur la joue gauche. Elle resta interdite alors qu'elle entendit ses sœurs, son père et son frère haleter sous le choc. C'était la première fois que sa mère levait la main sur elle… Et sur quelques membres de la famille que ce soit. On pouvait reprocher bien des choses à l'égard de ses parents mais la violence physique n'en avait jamais fait partie.

Tecna avait mal. Elle avait connu bien pire dans sa vie. Elle avait affronté des créatures maléfiques, des sorcières et sorciers. Elle avait survécu trois semaines dans la Dimension Oméga. Alors, une gifle, ce n'était pas grand-chose à côté.

Et, pourtant, la douleur qu'elle ressentait à cet instant précis était l'une des plus horribles qu'elle n'ait jamais eu à endurer.

- Terra ! Finit par s'exclamer Terence.

Cette intervention de son père sortit Tecna de sa torpeur.

Elle osa rediriger son regard vers sa mère.

Elle ne vit pas ses yeux humides qui menaçaient à tout moment de laisser s'écouler un flot de larmes. Elle ne vit que sa main droite toujours en l'air. Prête à retomber à la moindre parole.

Alors, elle fondit en larmes.

Avant que quiconque ne puisse réagir, elle se dirigea vers l'entrée, entra dans l'ascenseur et appuya sur le bouton du rez-de-chaussée.

Alors que Tecna venait de partir en pleurant, tous fixèrent encore Terra, choqués par la scène qui venait de se jouer sous leurs yeux.

Terra laissa retomber sa main droite. Elle baissa les yeux et la fixa.

Tous se demandèrent ce qu'il se passait dans sa tête à cet instant précis.

- Maman, qu'est-ce qui t'a pris ?! S'exclama Andromeda.

- Pourquoi tu l'as giflé ? S'écria Lucio à son tour au bord des larmes.

- Chérie, je suis d'accord avec eux. Qu'est-ce que… Pourquoi… ?

- Comment a-t-elle pu croire une telle chose ?

Cette phrase, Terra l'avait murmuré tout en continuant à fixer la main avec laquelle elle venait de gifler l'une de ses filles.

- Pardon ?

- Si elle était morte, je ne m'en serais jamais remise…

- Ça, c'est que tu aurais dû lui dire. Maintenant, c'est trop tard. Déclara Valencia en fixant l'entrée de la pièce

- Je…

- C'est stupide. Totalement stupide. Marmonna-t-elle.

- Où est-elle allée ? Demanda Terence complétement dépassé par la situation.

- Je pense deviner. Je vais chercher quelques affaires pour la nuit et je vais la rejoindre.

Valencia ne laissa pas à son père le temps de répondre et prit la direction de sa chambre. Lorsqu'elle fut hors de vue, Terra laissa s'échapper ses larmes.

- Mère ? S'étonna Lucio, tu pleures ?

Terra fit signe que non de la tête. Pour la forme.

- Maman… Grommela Andromeda, tu…

Terra recula vers le mur le plus proche et se laissa glisser jusqu'à ce qu'elle se retrouve assisse par terre. Les larmes s'écoulaient silencieusement sur son visage. Elle ne se recroquevilla pas, elle demeura la plus droite possible.

Son fils s'approcha d'elle, il ne savait pas comment réagir. Il se sentait sur le point de pleurer lui aussi.

- Terra…

- Père, dit Lucio avec émotion, elle est bizarre.

Voyant son fils au bord des larmes et, visiblement, très impacté par la situation, Terence se ressaisit. C'était lui le père, c'était à lui de gérer la situation, c'était son rôle. Il livra ses instructions.

- Lucio, va aider Valencia en haut. Andromeda et moi nous allons nous occuper de votre mère.

Il avait beau avoir pris le ton le plus autoritaire possible, Lucio ne bougea que pour se tourner vers Andromada dont il cherchait l'approbation.

- Vas-y. Lui intima-t-elle.

Ce n'est qu'à cet instant que Lucio obéit et partit en direction de l'escalier. Terence demeura un peu interdit en réalisant que son propre fils ne le considérait peut-être pas comme une véritable figure d'autorité. C'était étrange. Qu'avait-il raté ?

Alors qu'il était plongé dans sa réflexion, Andromada s'agenouilla près de sa mère et la secoua par l'épaule sans obtenir la moindre réaction de sa part.

- Papa ?

- Hein ? Euh, oui Andromeda ?

- C'est vrai que maman est étrange. Elle ne réagit pas du tout. Qu'est-ce qu'on peut faire ?

- On va devoir l'amener à son lit. Puis nous appellerons son médecin.

- Le docteur Katerina ?

Terence secoua la tête. Katerina était le médecin officiel de la famille, elle s'occupait de tous les problèmes relatifs à la santé physique. Mais le souci de Terra se situait ailleurs et ce depuis bien longtemps.

- Ta mère a… Certains problèmes…

Andromeda soupira avant de déclarer :

- D'accord. Faisons ça. Une fois que tout se sera calmé, il faudra que l'on ait une discussion.


Lucio avait tenu tout le temps de sa montée des escaliers mais il avait fini par éclater en sanglots une fois arrivé en haut.

C'était étrange, cela ne lui arrivait pas tant que cela de pleurer.
Par moments, il le faisait dans sa chambre quand il était sûr que personne ne pouvait l'entendre mais là il avait éclaté à la portée des oreilles de tous. Il savait très bien qu'Andromeda, sa mère, son père et sûrement Valencia avaient dû l'entendre. Il ne s'était pas caché cette fois.

Et c'est avec une profonde tristesse qu'il entra dans sa chambre.

La porte commençait à se fermer dans son dos puis se rouvrit toute seule.

Lucio tourna la tête, Valencia se tenait dans l'encadrement de la porte : les yeux humides.

- Tu veux… un câlin ?

Lucio hocha la tête et vient se blottir contre sa sœur. Il n'en menait pas large, elle non plus visiblement et ils pleurèrent dans les bras l'un de l'autre.

Une fois sa mère mise dans son lit, Andromeda se détourna d'elle et reprit la direction de la salle de séjour. Elle grimpa les marches deux par deux et failli manquer la dernière dans sa précipitation. Elle se dirigea droit vers la porte de Lucio.

Lorsqu'elle l'ouvrit, elle découvrit son petit frère et sa petite sœur assisse sur le lit du petit dernier. Tous deux étaient encore en train de pleurer mais se tenait par la main. Visiblement aucun n'avait les mots pour réconforter l'autre et c'était normal.

Qui pouvait leur en vouloir ?

Ils avaient appris la presque mort de Tecna il y a quelques minutes de cela, des mots durs avaient été échangé et Andromeda avait la sensation qu'ils n'étaient pas au bout de leur peine concernant leur situation familiale.

Il y avait une plaie qui s'infectait dans cette famille depuis des années et, d'un seul coup, on avait décidé de la traiter.

Andromeda ne savait pas trop si cela en valait encore la peine. Parfois, quand une blessure n'a pas été traité assez vite et bien, elle s'infecte et devient une menace pour le reste du corps. Il est, dès lors, préférable d'amputer.

Peut-être bien qu'il serait nécessaire d'amputer leur famille. De laisser leurs parents derrière et de partir, se serrer les coudes. A tr….

Non pas à trois…

A quatre.

Andromeda s'approcha de son frère et de sa sœur. Elle se mit à leur hauteur et les somma de la regarder.

- Je vous promets de ne jamais plus vous laisser tomber. On restera ensemble quoi qu'il arrive d'accord ?

Valencia lui sourit à travers ses larmes tandis que Lucio se jeta sur elle pour l'enlacer. Andromeda lui rendit son câlin et interrogea sa sœur.

Tu sais où est partie Tecna ?

- Je … Je pense qu'elle est partie chez Eva.

- On va lui laisser un peu de temps seule d'accord ? D'ici une petite heure on lui enverra un message pour savoir si elle veut qu'on vienne la chercher.

- Elle n'a pas pris son téléphone. Renifla Valencia.

- Alors, on enverra un message à Eva et si elle nous dit qu'elle n'est pas chez elle, on partira la chercher d'accord ?

Valencia et Lucio hochèrent la tête. Lucio tira sur sa manche.

- Tu ne vas pas rentrer chez toi hein ?

- Non Lucio. Désormais mon chez moi, c'est avec Tecna, Valencia et toi.


Lorsque Tecna arriva devant chez Eva, elle n'avait pas fini de pleurer. Ses pas l'avaient naturellement mené ici. Son amie vivait dans un quartier pas très propret de la ville qui était, mine de rien, peu éloignée de chez elle. Environ une trentaine de minutes à pied. Au début de l'adolescence, Tecna s'était souvent permise de se rendre chez Eva malgré l'interdiction de ses parents de se rendre dans ce quartier. C'était l'un des rares à ne jouir d'aucune luminosité. Les dizaines de ruelles le composant n'avait droit à aucun éclairage public. Seules les lumières émanant des différentes habitations éclairaient les rues. Aucune navette n'y circulait non plus. Tout le coin était piéton.

C'était ici que se trouvait la population la plus pauvre de la ville, dans un ensemble de buildings d'une vingtaine d'étage chacun. D'apparence, aussi beaux et modernes que les autres, l'intérieur n'avait rien à voir avec ceux des quartiers plus aisés comme celui de Tecna ou d'Iris.

Tecna était venue ici plusieurs fois. Elle avait eu l'occasion d'entrer chez Eva et de constater le confort sommaire dans lequel elle vivait. Chaque appartement ne comportait que trois pièces : une salle de bain, une salle de séjour et une chambre alors que la plupart des locataires étaient des familles. Les installations technologiques basique étaient bien présentes. Il y avait un écran holographique, le téléphone, la connexion au réseau : c'était du haut débit mais cela s'arrêtait là. Il ne fallait pas pousser.

Tecna se dirigea vers l'entrée de l'un des immeubles et sonna à l'étage des Ivanov. Elle n'avait pas prise son téléphone. Et elle n'arrivait pas à se calmer. C'était très étrange, ça ne lui était jamais arrivée. Une voix tout à la fois chaleureuse et fatiguée par les années répondit dans l'interphone. Cela faisait bien longtemps que la projection holographique ne marchait plus.

- Oui ? Qui est-ce ?

- Meena… C'est… Désolée de te déranger.

- Oh, mon petit poussin¸ s'exclama la voix désormais bien éveillée, Eva ! Eva, c'est la petite Teccy, va vite lui ouvrir trésor. Désolée ma petite chérie, le système d'ouverture de la porte est bloqué. Eva descend t'ouvrir. Que fais-tu dehors à une heure pareille ?

- Je…. Je suis désolée.

- Arrête de t'excuser mon petit trésor. Je vais raccrocher pour te préparer un bon chocolat et tu nous expliqueras tout une fois en haut !

Le son se coupa. Tecna patienta quelques instants dans le froid de la nuit Zénithienne jusqu'à ce qu'une silhouette familière apparût derrière la porte vitrée de l'immeuble. Eva la regarda l'air fatiguée et confuse tout en déclenchant l'ouverture de la porte manuellement. La porte coulissa et Tecna entra tout en tentant, tant bien que mal, de retenir ses dernières larmes.

- Bah, Tecna…

- Eva, je suis désolée de venir vous embêtez… J'ai… J'ai dû vous réveillez.

- Penses-tu, ma grand-mère voulait tout savoir de notre petite réunion de ce soir. On venait juste de finir ! Et jamais tu ne la dérangeras, tu devrais le savoir depuis le temps !

Voyant que son intervention ne semblait pas calmer son amie, Eva passa son bras autour de ses épaules et la poussa vers l'ascenseur.

- Allez, on monte. Tu m'expliqueras tout et je parie que ma super mamie est déjà en train de nous préparer un bon chocolat !

Les mains enroulées autour d'une tasse fumante de chocolat chaud, Tecna avait retrouvé un semblant de calme. La grand-mère d'Eva, à qui tout le monde prêtait le surnom affectueux de Meena, lui avait passé un plaid sur les épaules et attendait avec un silence compréhensif que la jeune femme leur explique les raisons de son état.

La fée de la technologie regarda autour d'elle. Le petit appartement de son amie était l'endroit le plus apaisant qu'elle connaissait. Il était un peu encombré d'un tas d'objet peu commun sur Zénith. Il y avait beaucoup de livres papiers, des parchemins manuscrits, des morceaux de cristaux divers et variés dans une étagère vitrée, des bijoux faits de perle et un instrument à percussions que Tecna n'avait jamais su identifier. Le sol et les murs étaient recouverts de tapis et tapisseries aux motifs brodés complexes. Ils étaient tous l'œuvre de Meena qui dormait dans cette même pièce. Dans un des coins, il y avait une petite cuisinière et de quoi ranger à manger pour deux jours tout au plus.

Tecna s'était toujours sentie étrangement bien dans cet appartement.

Meena était, contrairement à ses parents, une personne emplit de bonnes intentions, d'empathie et de compréhension. Meena était Zénithienne. Elle avait vécu toute son enfance dans un peuple coupé du reste de la planète dans les montagnes enneigées. C'est de là qu'elle tenait tout son savoir-faire manuel : broderie, cuisine, connaissances médicinales. Elle avait fui sa peuplade à l'adolescence pour étudier puis s'était encore enfuie de Zénith pour voyager cette fois-ci laissant derrière elle son fils qui fut confié aux services sociaux Zénithiens. Elle avait fait le tour de la Dimension Magique et était revenu sur Zénith pour s'occuper de sa petite fille. La première fois qu'Eva l'avait amené chez elle, Tecna s'était très rapidement attachée à cette grand-mère si pétillante et attentionnée. La jeune femme n'avait qu'un grand-père dans sa vie et on ne pouvait pas dire qu'il était en état de reconnaitre sa propre famille. Elle considérait que Meena correspondait aux critères du grand-parent idéal. Et elle soupçonnait de l'avoir un peu adopté. Cette dernière ne pouvait s'empêcher de l'appeler par des surnoms affectueux, lui pincer les jours et lui offrir l'asile et une oreille attentive quand elle en ressentait le besoin.

- Alors mon petit poussin, tu te sens mieux ?

- Un peu. Merci Meena.

- Il n'y a pas de quoi Teccy.

- Tu veux nous raconter ce qu'il s'est passé ? L'interrogea Eva.

Tecna hocha la tête avant de se lancer dans le récit de la soirée ou, enfin, d'une partie de la soirée. Elle raconta son retour chez elle avec Andromeda, Lucio et Valencia. Comment l'ambiance était bonne entre eux, à quel point cette complicité lui avait manqué. Elle leur parla de la discussion houleuse qui avait débuté entre les « enfants » et les adultes de la maison, elle mentionna brièvement son séjour dans la Dimension Oméga, le concours de circonstances qui avait fait que sa famille n'avait pas été mise au courant et le fait qu'elle ne leur en ai pas parlé. Puis la gifle que sa mère lui avait donnée.

Nul instant ses deux interlocutrices ne l'interrompirent. C'était un véritable monologue écouté religieusement par sa famille de cœur.

A la fin de ce dernier, Tecna but enfin une gorgée de son chocolat chaud qui, entre temps, avait beaucoup tiédi (c'était comme ça qu'elle le préférait) et elle se sentit instantanément soulagé d'un poids.

C'est Meena qui prit la parole en première.

- Je suis du côté de ta mère.

Tecna crut s'étouffer avec la seconde gorgée qu'elle était en train de boire. Eva donna également son opinion.

- Je suis de son avis aussi.

- Pourquoi ?

Meena entoura les mains de Tecna des siennes et la regarda de ses yeux empreint d'amour maternelle et de tendresse.

- Ne te fâche pas mon poussin. Je ne suis pas d'accord avec tes parents en ce qui concerne ton école. Qu'ils ne prennent pas en compte tes sentiments est un manquement à leur devoir de parents. Mais, tu as commis la même erreur qu'eux.

- Comment ça ?

- Tecna, tu as toujours été quelqu'un de très douée dans le domaine relationnel même si nous savons que tu en doutes. Déclara Eva avec un sourire.

La fée de la technologie regarda les deux femmes avec confusion. Elle n'aurait jamais classé le relationnel comme son point fort. Il suffisait de voir combien de temps elle avait pris pour faire part de ses sentiments à Timmy.

- Tu n'as jamais été la personne la plus populaire, poursuivit son amie, mais, tu as toujours possédé cette capacité unique de te lier profondément aux autres. Je ne t'ai jamais connu d'amitiés superficielles.

- Sais-tu pourquoi ? l'interrogea Meena.

Tecna secoua la tête.

- Car tu ne mets pas de filtre sur tes émotions. Tu les exprimes dès que tu les ressens sans chichis et sans compromis.

- C'est faux. Je …

- Oui, tu dois certainement penser à toutes les fois où tu ne l'as pas fait. Et c'est là qu'elles s'accumulent et qu'elles finissent par exploser. Pour le meilleure et pour le pire. Comme ce soir. Tecna, quand je dis que je suis du côté de ta mère, c'est pour la raison suivante : tu lui as reproché de n'avoir aucun amour pour toi. Et je pense que c'est la chose la plus terrible que tu puisses dire à une mère.

- Mais… C'est vrai. Elle était en colère. Elle n'était pas… pas triste.

- Il y a de quoi quand même, intervient Eva, tu lui as caché que tu avais failli mourir.

- Et je ne crois pas que ta mère ne ressentait aucune tristesse. Bien au contraire. Chez certaines personnes, la colère sert à dissimuler une tristesse bien profonde. Comme pour toi lorsque tu lui as dit ces choses que tu ne pensais sans doute pas.

Tecna se remise à pleurer.

- Si… Si… Je le pensais

- Mon poussin… Depuis cet événement terrible que tu as vécu cette année, quelles émotions as-tu ressenti ?

Tecna renifla bruyamment.

- Je… Je me suis sentie très seule. J'avais… J'ai cru que j'allais mourir… Quand j'ai su que ma famille n'était pas au courant, je me suis sentie horriblement insignifiante. Andromeda ne m'aimait pas et je le savais, Lucio grandissait sans moi et me considérait presque comme une étrangère quand je rentrais à la maison… ça me faisait déjà mal. Puis, mes parents… Ma mère… Ils ont toujours passé leur temps à me trainer à droite à gauche sans réellement s'intéresser à moi. Et… je sais pas…

- Tu te sens négligée par eux ?

La fée de la technologie hocha tristement la tête.

- Je crois, déclara Meena, que cette soirée a été révélatrice d'un côté comme de l'autre.

- Je n'en ai pas parlé avec mes parents parce que je pensais qu'ils allaient me retirer de l'école. Et pour les autres, je ne sais pas… J'ai voulu en parler avec Andromeda une fois mais je n'ai pas réussi. Les mots sont restés coincés dans ma gorge et je ne lui ai sorti que des horreurs… Lucio est trop jeune pour que je me confie à lui et j'ai eu peur que Valencia s'inquiète trop à mon sujet si je lui en parlais.

- Oh Tecna…

L'intéressée releva la tête et vit que Meena et Eva avaient toutes deux les yeux humides. Elles semblaient sur le point de verser quelques larmes. Elle s'interrogea. Était-ce l'annonce de sa presque mort qui les mettaient dans cet état ? Cette perspective la mit soudainement mal à l'aise.

Heureusement pour elle, le téléphone d'Eva se mit à sonner. Sa grand-mère la rabroua.

- Ma chérie, tu as vu l'heure ? Comment se fait-il que ton téléphone soit toujours allumé ?

- Je l'avais coupé grand-mère mais j'ai préféré le rallumer à l'arrivée de Tecna. Et j'ai bien fait. Regarde qui appelle Tec !

Eva montra son écran à son amie qui y vit le nom de sa jumelle inscrit en grand caractère. Elle se mit à tâter ses poches réalisant quelque chose.

- Mon téléphone, je l'ai oublié à la maison !

- Preuve que tu n'étais pas dans ton état normal, déclara Eva en décrochant, allo Val ? Je te rassure tout de suite Tecna est chez moi.

La jeune femme s'interrompit et un air d'étonnement traversa son visage.

- Oh ! Euh. Bien sûr, je te la passe.

Eva tendit le téléphone à son amie en lui faisant une grimace. Tecna le saisit.

- Allo Val ?

- Non, c'est Andromeda.

- Andromeda ?

- Oui, rigola légèrement sa grande sœur, désolée pour la mauvaise surprise !

- Oh non, tu…

- Je plaisante. Détends-toi. Valencia se doutait que tu serais chez Eva. Elle voulait te rejoindre mais Lucio était assez bouleversé. Je lui ai dit que ce serait mieux que tu sois un peu seule et qu'on prenne un peu de temps avant de t'appeler. Euh, le truc, c'est qu'elle s'est endormie avec Lucio. Trop d'émotions en une fois.

- Ah…

- Enfin. Je voulais m'assurer que tu étais bien chez ton amie et pas dans la rue.

- Oh… Merci.

- Est-ce que tu vas bien ?

- Je… Je sais pas…

- J'imagine que tu ne veux pas rentrer à la maison.

- Euh… Non pas … Pas tout de suite.

- Tu as besoin que je te dépose quelque part ?

Tecna regarda Meena et Eva. Comme si ces dernières lisaient dans ses pensées, elles hochèrent la tête en chœur.

- Non… Je vais rester ici cette nuit…

- D'accord. Tu as raison, repose-toi bien. Dors autant que tu peux et tiens-moi au courant par messages ou appel quand tu te sentiras prête à bouger.

- Euh… Okay… Mer… Merci.

- De rien, tu remercieras Eva et sa famille. Ne t'en fais pas pour les cours demain, vous avez tous besoin de dormir.

Tecna hocha la tête sans rien dire. C'était bizarre de parler avec sa grande sœur sans ressentir la moindre colère.

C'était bizarre qu'elle se comporte comme une grande sœur avec elle.

- Bonne nuit…

- Tecna ! Une dernière chose.

- Quoi ?

- Je t'aime petite sœur. Dors bien.

Avant que Tecna ne puisse réagir, Andromeda avait raccroché. Tecna fixa le téléphone et sentit à nouveau ses yeux la picoter.

- Tu restes dormir ici ma petite Teccy ?

Tecna hocha la tête en tentant d'essuyer ses larmes.

- Alors, tout le monde au lit et que ça saute.


Dans le lit double que Tecna et Eva partageaient dans la chambre de cette dernière, la fée de la technologie fixait le plafond. Jamais elle n'était jamais allée se mettre aussi vite au lit. Il y a encore dix minutes, elles parlaient toutes les trois avec Meena dans la salle de séjour. Il y avait eu le coup de fil puis chacune était partie se coucher. Meena dans le canapé lit de la salle de séjour, Tecna et Eva dans la chambre.

La jeune femme se sentait comme assommée. Elle avait eu trop d'émotions en une journée. Pourtant, elle ne voulait pas dormir. Elle pensait trop aux retrouvailles avec ses amis, à sa réconciliation toute fraiche avec Andromeda, la gifle de sa mère et…

« Je t'aime petite sœur. »

Cette phrase lui tournait en tête. C'était étrange.
Sa grande sœur lui disait qu'elle l'aimait. Lucio et Valencia étaient bouleversés. Puis, les yeux humides d'Eva et de Meena.

Elle était si appréciée que ça pour que son entourage se sente si affectée par sa potentielle disparition ?
Elle s'était pourtant souvent dit qu'avec ou sans elle personne ne verrait la différence.
Tecna ne l'avait pas réalisé auparavant.

Elle s'en voulait.

- Tu ne dors pas ? Chuchota Eva.

- Pas encore. Répondit Tecna sur le même ton.

D'abord dos à elle, Eva fit volte-face dans le lit afin de se rapprocher d'elle et minimiser le bruit qui pouvait potentiellement nuire au sommeil de sa grand-mère.

- Tu sais … Je réalise pas vraiment que tu as failli mourir mais je suis sûre d'une chose : c'est que je suis heureuse que tu aies survécu et je ne suis sûrement pas la seule à le penser.

- Merci Ev'

- Bonne nuit. Bailla cette dernière.

Étrangement, cet aveu d'Eva lui avait fait du bien. Tecna sombra peu de temps après, assommée par toutes ses émotions accumulées au fil de la soirée.


Salut les gars,
J'espère que vous allez bien !
Bienvenue dans ce nouveau chapitrreeeeeee

Et, si vous avez eu la voix de Léna Situation en tête en lisant ces trois lignes, vous savez ce que je suis en train de regarder au moment où je fais cette mise à jour.
Fun fact, c'est curieux, je ne suis pas une fan de la première heure de Léna mais je regarde les vlogs d'août depuis l'an passé. Je trouve ça relaxant.
BREF !
Je papote mais dieu seul sait que j'ai besoin de me vider la tête.
JAMAIS, je n'ai été aussi rapide entre ce moment où je me dis "tiens, je posterai bien un chapitre" et "Y a plus qu'à écrire la petite note et je poste" ! Y a littéralement eu une heure. Je n'avais pas vraiment prévu ça, mais en une fois. Pouf. Iconique (je suis tellement influençable, je suis désolée pour ça).
Je vais d'abord vous parlez de ma vie parce que j'aime mettre du contexte. Je sais pas si je l'ai déjà écrit dans mes petits espaces blabla là, mais j'ai écris un roman qui fait environ 500 pages. Ça fait deux ans que je bosse dessus et je m'étais fixée de l'envoyer à des maisons d'éditions durant ce mois d'août. Bon, la vie : c'est ce qui arrive quand tu as d'autres projets. J'ai été très occupé donc je ne suis pas certaine de tenir mon objectif pour le 31 août mais on y croit. Le truc, c'est que je fais une fixette monstre sur la syntaxe en ce moment. A la base, je me suis dis "pas grave" puis, en checkant les maisons d'éditions qui pourraient correspondre à mon livre, je me suis dis "ce serait tellement bête de pas être lu uniquement parce que j'ai négligé la forme". Donc, là je relis, je note les passages où la syntaxe est pas ouf et je recorrige. Et c'est vraiment pas la partie que je préfère. En même temps, je trouve que c'est un beau respect que j'ai envers moi-même. Car j'ai déjà fait l'erreur d'envoyer un roman à un concours de jeunes auteurs il y a presque quatre ans. Bon, il faisait que 150 pages... Et je ne m'étais pas bien relue, j'avais négligé cet aspect. ERREUR ! Bref, il faut savoir trouver son équilibre entre pas assez vérifier et trop vérifier. Moi, après cette correction, j'enverrai. Je suis au stade où je sais que c'est pas la perfection mais c'est la perfection à laquelle je peux prétendre à ce stade de ma vie. Vous saisissez l'idée ?

Enfin, le rapport avec ce chapitre ? Ben, j'ai relu ce chapitre, je l'ai trouvé super agréable à lire. Fluide dans le style. J'ai vu direct les tics de syntaxe douteux que j'ai et j'étais trop fière. Dans l'ensemble, je le trouve super bon mon style là. En tout cas, je prends plaisir à relire et vu que je suis ma plus grande critique...

Ce chapitre, ça a été un des plus rapides à écrire également. J'avais hâte de mettre en scène la famille Anderson ensemble. Et ça rend bien je trouve. Je me dis cependant que Lucio fait plus jeune que douze ans quand il parle. Normal finalement car, à la base, je voulais qu'il vraiment plus jeune que ses soeurs et lui donner huit ans. Cependant, j'ai trouvé que c'était incohérent avec l'âge des parents et tout. J'ai vraiment des penses bêtes avec les âges des persos, certaines temporalités. L'essentiel se trouve toujours dans les petits détails, les vrais savent ;)
Je voulais vraiment inclure la période de Tecna sur Oméga d'une façon ou d'une autre. Il fallait y faire allusion. Et j'ai réussi ! Trop fière je suis. Vous ne trouvez pas que cet aspect de la série est complétement négligée ? Moi, si. Je pense que les fans de Tecna sont tous assez unanime à ce sujet.

Que dire de plus ? Que dire... Hummm. Ah oui, Tecna a oublié son téléphone chez elle, je ne sais pas justifier ça. Donc, on dira que c'est magique :D

Ne vous inquiétez pas si je tarde à mettre à jour. Je ne compte pas abandonner cette histoire, bien au contraire. Je suis très persévérante sur mes projets d'écriture. Cependant, j'ai une fâcheuse tendance à manquer de rigueur. Je commence d'autres petits projets et je carbure à l'inspiration. La régularité sur une œuvre n'est pas au rendez-vous et je m'offre donc une petite marge de manœuvre. Pour l'instant, le chapitre 24 est fini mais le 25 est compliqué. J'ai dur à organiser mes idées de façon harmonieuse. J'en vois doucement le bout cependant.

Merci beaucoup pour votre lecture ! Qu'en avez-vous pensé ?

Je vous dis à bientôt pour la suite !

Affectueusement,

Memori Plume