38 : Nos étreintes.
(l'ordre des événements n'est pas du tout fidèle à la chronologie de la série, vous êtes prévenus)
1 : première étreinte
Maura, sur ses hauts talons habituels, dans sa veste rouge, sac au creux du coude, dans un pantalon moulant qui faisait que les policiers autour d'elle laissaient trop facilement leurs regard tomber, était à l'affut dans la rue devenue scène de crime devant l'immeuble de sa collègue et seule amie. Elle aperçu Korsak et Frost avec d'autres policiers près du véhicule de la prison. Ils avaient Hoyt. C'est tout ce que Maura savait d'ailleurs. Korsak l'avait appelé il y a un peu moins d'une demie heure pour lui dire que ces jours d'angoisse étaient terminés, Hoyt était arrêté, une balle avait traversé ses deux mains, son acolyte était mort, et Jane était blessée. Cette dernière information avait fait bondir Maura de son canapé et elle avait couru à sa voiture pour venir au plus vite. Elle s'était alors rendue compte que l'adresse envoyée par message par l'équipe était celle de Jane et elle avait conduit bien au dessus des limites de vitesse, un écart qu'elle ne faisait jamais.
Sauf une fois auparavant. Pour Jane aussi. Quand on l'avait appelé pour dire qu'elle avait été retrouvée dans la cachette de Hoyt, et qu'elle était blessée. Elle était arrivée rapidement sur place, et bien qu'à l'époque elle était la collègue qui construisait un début d'amitié avec la détective farouche du bureau des homicides, Korsak l'avait accueillie en lui expliquant la situation. Jane avait des scalpels plantés dans les mains, et si lui avait essayé de l'aider, elle avait réclamé Maura, et seulement Maura pour la soigner. Alors la légiste, bien que plus habituée à s'occuper des morts que des vivants, avait accepté et le capitaine avait fait en sorte de leur laisser l'intimité dont l'italienne avait besoin. Maura l'avait libérée des scalpels, et rapidement elles s'étaient retrouvées à l'hôpital, prise en charge par le meilleur chirurgien, Maura présente grâce à son influence, vérifiant que tout se passait parfaitement bien pour la femme, essayant de faire en sorte qu'elle récupère ses mains au plus proche de celles d'avant. Puis elle avait suivi Jane pendant toute la rééducation de ses mains, et elles s'étaient encore rapprochées, devenant les meilleures amies.
-Capitaine! Détective! Appela la légiste en allant vers les deux hommes qu'elle connaissait.
-Docteur Is-
-Où est-elle? Demanda Maura, coupant le jeune homme toujours très poli et qu'elle adorait mais là elle était préoccupée.
Korsak pointa du doigt l'ambulance derrière, et la blonde suivit le mouvement pour voir le véhicule, dont les portes arrières étaient ouvertes, et sur la petite marche un corps emmailloté et immobile. Jane. Les cheveux dans tout les sens, enroulée dans une couverture de survie, mais ouverte devant elle. Le teeshirt dessous était taché de sang et de terre, et probablement fichu, elle portait une veste qui avait un trou dedans, et qui avait l'air brulée. La légiste ne savait pas ce qu'il s'était passé mais elle était très inquiète, surtout que le torse de son amie, là où il y avait la peau lisse de l'italienne, qui était visible habituellement avec ces teeshirts, s'étendait un grand pansement blanc. Elle était blessée. Mais ce qui faisait le plus peur à la blonde c'était le regard de la détective. Cette dernière était assise, les coudes reposant sur ses genoux, ses mains se frottant comme elle faisait dès qu'elle était angoissée ou apeurée, ses pouces essayant d'effacer les cicatrices au milieu de ses paumes, et elle avait le regard dans le vague, le front marqué par la concentration et les pupilles par la peur et l'épuisement. Sans un mot Maura s'approcha, doucement comme si elle avait peur de l'effrayer, mais assez vite pour être proche et sure qu'elle allait bien.
-Jane? Murmura-t-elle près d'elle.
L'italienne sursauta légèrement, sortie de ses pensées mais sembla s'apaiser en remarquant que c'était la légiste, une personne de confiance devant elle.
-Hey. Souffla-t-elle alors.
-Comment vas tu? Demanda doucement Maura en posant son sac dans l'ambulance et s'asseyant à l'arrière près de la femme.
-Des petites blessures sans gravité. Assura l'italienne.
-Je suis désolée d'arriver si tard, de ne pas avoir pu m'occuper de tes blessures, comme quand...Fit Maura, en jetant un oeil aux mains de son amie.
-Tu ne pourras pas toujours me sauver j'imagine, alors je dois accepter que certaine fois d'autres me mettent des pansements. Sourit doucement Jane. Et puis cette fois mes blessures n'engagent en rien mon avenir.
-Je vérifierais ça plus tard. Argua alors la légiste qui avait du mal à faire confiance quand il s'agissait de soin sur les personnes qui comptait pour elle. Seulement elle réalisa que sa phrase pouvait avoir un sens inquiétant et elle se reprit. Je veux dire que je vérifierais que tes blessures on été parfaitement soignées, mais ça à l'air d'aller. Rattrapa-t-elle, laissant un petit silence ensuite alors qu'elles se regardaient. Tu vas bien n'est ce pas? Demanda-t-elle de nouveau.
-Oui, je vais bien. Souffla la détective.
-Et comment va ta peur? Continua Maura en repensant aux mots de son amie peu de temps avant quand elle s'était réfugiée chez elle pour la nuit, inquiète.
-Elle a beaucoup grimpé quand j'ai réalisé que j'étais encore une fois à sa merci. Mais maintenant...Jane soupira et regarda ses mains, puis le véhicule de la prison qui s'éloignait avec l'escorte de police, et revint enfin au doux visage de son amie. Maintenant je vais bien. Plus forte. Ajouta-t-elle.
-J'en suis ravie. Souffla alors Maura. Elle laissa un cours silence, sentant que finalement l'inquiétude était encore un peu là. Je...Elle se racla la gorge. Je m'excuse pour ce que je vais faire mais j'en ai besoin et je crois que ça peut aider. Annonça-t-elle avant de se pencher.
Dans un mouvement doux mais maladroit, elle passa ses bras autour de la brune, collant leurs hanches, alors qu'elle serrait son dos et ses épaules, dans ses bras, reposant son visage sur l'épaule la plus proche. Jane se tendit une fraction de seconde, avant de se tourner légèrement pour enlacer la taille de son amie, cachant son visage dans les cheveux dorés. C'était la première fois qu'elles s'enlaçaient. Et pourtant elles se connaissaient depuis longtemps maintenant, étaient de plus en plus amies, et avaient traversé des choses compliquées, mais jamais il n'y avait eu d'étreinte. Maura avait eu envie quand l'italienne s'était réveillée à l'hôpital après sa chirurgie des mains. Seulement la situation n'y était pas très propice et Jane souffrait, alors elle s'était contentée de poser une main de soutien et de réconfort sur le bras de Jane. Mais ce soir, elle pouvait, ce soir Jane n'avait pas mal physiquement. Et apparement, elles en avaient toutes les deux besoin, parce que Jane la serrait avec sa force douce, et si la légiste avait voulu lui procurer du réconfort, elle en recevait aussi énormément. Peut-être était ce une chose qu'elles devraient faire plus souvent.
5 : étreinte d'accomplissement
La nuit était douce mais la journée avait été longue. Elles étaient levées depuis des heures sur une journée qui devait être une de repos, mais qui avait été tout sauf cela. Ce qui devait être une des plus grosses courses de Boston à laquelle Jane et Maura participaient ensemble, parce que la légiste l'avait demandé à son amie, était devenue pour elles une enquête des plus stressante et rapide, mais non moins compliquée. Et quand elles avaient fini par attraper leur coupable, Jane et son ego avaient prit le dessus. Elle avait parié qu'elle pouvait faire cette course en entier, et même si elle avait fini par enquêter elle était bien décidée à la faire du début à la fin. Alors que tout les participants étaient rentrés, que les bénévoles nettoyaient les rues et ramassaient tout ce qui avait été installé pour le bon déroulé de la course, la détective et Maura arrivaient près de la ligne d'arrivée improvisée. Jane n'avait pas eu besoin de beaucoup de mots pour la convaincre de venir courir avec elle. Mais maintenant, elles étaient à quelques mètres de la fin et souriaient, épuisées, mais ravies. Et elles se provoquèrent, courant plus vite sur la fin, alors qu'elles étaient déjà à bout de souffle, mais les acclamations des Rizzoli aidaient clairement. Surtout pour Maura, elle avait si peu l'habitude d'être poussée avec bienveillance et encouragée, mais avec cette famille l'acclamant autant qu'ils le faisaient pour Jane, elle se sentait capable de tout. Et quand elles passèrent la ligne d'arrivée tenue -et surement récupérée aux bénévoles- par les Rizzoli, Jane et Frankie, à vélo, crièrent comme si elles avaient réussi une grande chose, un exploit même. Et Maura rit en se tournant pour regarder la détective qui dû sentir son regard parce qu'elle se tourna avec cet immense sourire rayonnant et fit le petit pas les séparant, l'attirant dans une grande étreinte, ses longs bras encerclant tout son petit corps.
-On l'a fait jusqu'à la fin avec une enquête au milieu. Rit doucement Jane près de son oreille.
Leurs queues de cheval battaient encore l'air, elles ne s'étaient pas vraiment arrêtées, et leurs jambes étaient dans un même mouvements, les faisant se balancer au milieu de la rue. Mais leurs torses étaient pressés ensemble, les visages enfoncés dans les douces épaules, comme si elles essayaient de fusionner. Elles n'avaient pas eu besoin de beaucoup d'étreintes pour devenir expertes en la matière. Maura n'avait que peu d'expérience en câlin, mais à chaque fois que ça arrivait avec Jane, elle se sentait plus complète, comme si l'italienne déclenchait quelque chose en elle. La légiste ne savait pas ce qu'il se passait, l'émotion qui se créait, mais elle savait qu'elle voulait répéter l'expérience souvent. Et qu'elle détestait le moment où Jane s'écartait. Ce soir encore, même si la femme lui souriait, elle détestait l'espace soudain entre elles.
Elle se retrouva enlacée par Frankie et Angela ensuite, Frank lui offrant un geste plus éloigné, et elle pu constater que l'émotion créé dans les étreintes de Jane, ne venait que d'elle. Cela l'amena à une première conclusion, le sentiment ne venait pas de l'étreinte, mais de son amie. Ce que ça signifiait, elle n'en savait rien, mais elle savait qu'elle finirait par comprendre, il suffisait d'expérimenter encore les étreintes avec Jane.
23è : étreinte de consolation
Maura était devant les écrans du poste de police qui retranscrivaient depuis des heures les images de sa meilleure amie attachée à un lit dans un endroit qu'ils avaient mis bien trop de temps à localiser. Elle venait de passer des heures à essayer de trouver comment sauver Jane, et finalement c'est grâce à elle qu'ils avaient trouvé des réponses. Maintenant toute l'équipe était parti la chercher et la légiste était seule, attendant impatiemment que tout se résolve. Elle voulait retrouver Jane en vie, et que le poids de la peur écrasant sa poitrine disparaisse. Cela faisait des heures qu'elle était terrifiée, elle avait eu un léger soulagement quand ils avaient trouvé l'endroit où la brune était retenue, et maintenant qu'elle voyait le boulanger sur l'écran, encore une fois très près de Jane, la peur était revenue au galop. Et puis soudain l'image trembla comme tout le reste dans la pièce et Frost plaqua le suspect au sol pour lui passer les menottes, Korsak et les policiers tenant leurs armes. Puis le capitaine, sur que leur kidnappeur était bien attaché rangea son arme et se précipita près du lit pour défaire les liens des pieds et des mains de la détective. Et Maura sentit le soulagement l'envahir et elle se brisa dans un sanglot, maintenant qu'elle n'était plus tenue par l'angoisse, et qu'elle savait que Jane était en sécurité, son corps se détendait et craquait. Une main sur sa bouche, essayant d'étouffer le son de son sanglot, elle continua de regarder les écrans, voyant Jane assurer à tout le monde qu'elle allait bien, elle refusa l'aide d'un ambulancier, se disputa avec Korsak qui n'était apparemment pas en accord avec sa décision, et Maura gloussa seule. C'était un peu nerveux, mais surtout elle était si soulagée de retrouver sa meilleure amie bientôt et de voir qu'elle était toujours bien elle même. Puis l'équipe quitta les lieux et Maura n'eut plus d'images. Ils allaient normalement bientôt rentrer, et elle se mit à tourner en rond dans les bureaux de l'équipe, essayant d'être le plus patiente possible. Elle l'était normalement, sauf quand il s'agissait de sa meilleure amie.
-Docteur Isles? Appela doucement Cavanaugh en entrant dans la pièce. Elle va bien, ils reprennent le chemin et seront là dans une dizaine de minutes. Quinze au plus d'après le capitaine Korsak. L'informa-t-il.
-Merci. Je vais les attendre. Fit la blonde.
Il semblait lui aussi rassuré. Mais pas autant que Maura l'était. Et après quelques minutes d'attente dans le bureau, elle décida qu'elle allait les attendre en première ligne et descendit. Elle sortit et en haut des marches du commissariat, elle attendit. Le temps sembla interminable, elle vérifia sa montre plusieurs fois dans la même minute. Elle rebondissait presque sur ses talons, et faisait tourner ses chevilles, ses pieds lui faisant mal d'être restée si longtemps debout à regarder ses écrans et s'inquiéter. Mais la douleur lui semblait quelque chose d'abstrait en cet instant parce que la vie de Jane avait été en jeu pendant les dernières heures où elle avait été la captive d'un homme persuadé d'être son mari. Et il y a avait quelque chose dans cette image de Jane mariée, vraiment mariée et pas captive, qui dégoutait la blonde, une pensée qu'elle avait eu plutôt déjà et qu'elle avait laissé de côté, qu'elle essayait encore d'oublier. Elle ne la comprenait pas et surtout actuellement, elle n'avait pas lieu d'être.
Elle se sortit de ses pensées en voyant les voitures de police arriver devant, en bas des marches. Celle de Korsak était juste devant elle, et Jane sortit par la portière arrière, dans un pantalon et un haut bien à elle, ceux qu'elle avait plus tôt dans la journée, la veste du capitaine sur ses épaules. Elle avait dû récupérer ses propres vêtements, refusant de sortir dans la longue jupe et le haut que son ravisseur lui avait fait porté. Maura se mit à sourire légèrement en la voyant devant elle, bien en vie, debout, libre et surtout elle même. Rapidement elle dévala les escaliers devant le poste et une fois en bas, Jane était juste devant elle, comme si elle l'attendait, un sourire discret au coin des lèvres, si discret que la légiste pensait être la seule à pouvoir le voir, le comprendre.
-Jane. Souffla-t-elle.
Elle aurait voulu pouvoir dire autre chose, mais son cerveau en était incapable. Elle ne savait pas quel mot former, elle ne se souvenait plus comment lui demander si ça allait, comment elle se sentait, elle était à court de mot.
-Je vais bien. Assura la brune.
La légiste ouvrit la bouche et la referma, deux fois. Elle ne sembla pas voir que les autres s'étaient écartés les laissant seules, restant pas trop loin pour Frost et Korsak, essayant de garder un oeil sur les deux femmes pour être sûrs qu'elles étaient en sécurité mais en leur donnant l'intimité du moment intense en émotion qu'elles semblaient toutes deux traverser. L'italienne l'avait vu et se sentait plus à l'aise d'une certaine manière. Et pourtant quand les bras de Maura entourèrent ses épaules alors qu'elle se mettait sur la pointe de pieds pour essayer d'être à sa hauteur, en cachant son visage dans les boucles brunes, elle se tendit légèrement. Elle ne l'avait pas vu venir et Maura le sentit. Mais avant qu'elle puisse se retirer, la détective fondit et enlaça sa taille serrée dans la jupe, tout en enfonçant à son tour son visage dans les mèches dorées. Et elles se tinrent ainsi, en silence, comme si elles essayaient de se fondre ensemble ou de se cacher du monde. Peut-être même les deux en même temps.
-Tu dois faire ta déposition? Demanda Maura sans bouger pour autant.
-Demain matin, à la première heure. Avant je dois rentrer dormir. Répondit Jane en la serrant un peu plus.
-Viens à la maison. Je te ferais à manger, ta mère sera surement là, mais ensuite tu pourras dormir dans la chambre d'amis et je t'emmènerais demain. Proposa Maura en glissant une main entre les omoplates de la grande femme.
-Je ne vais pas déranger? S'assura Jane en se redressant doucement.
-Bien sur que non. Et ça me rassurerait de savoir que tu es là et en sécurité. Souffla la légiste en regardant la détective dans les yeux.
-Alors je viens. Accepta Jane avec un doux sourire, une main toujours tombée sur la taille de la blonde. C'est bien d'avoir une meilleure amie en fait. S'amusa-t-elle.
-Je trouve aussi. Rétorqua Maura, aussi amusée.
Elles ne pensèrent même pas à prévenir les autres, elles tournèrent simplement des talons retrouvant la voiture de la légiste et prenant la route ensemble pour rentrer dans la maison de Maura où elles passaient beaucoup de leurs soirées surtout depuis qu'Angela avait été abandonnée par son mari et vivait dans la maison d'invité de Maura qui l'avait gentiment accueillie.
56è : étreinte de pardon
Les dernières semaines avaient été extrêmement mouvementées. Après avoir retrouvé son père biologique l'année dernière, Maura avait essayé de rester loin de cet ADN de maffieux qu'elle aurait préféré ne jamais avoir. Mais il semblait que ça l'avait rattrapé très vite et à sa plus grande surprise quand son géniteur avait reçu une balle, elle s'était sentie protectrice, extrêmement touchée de le voir entre la vie et la mort. Et les choses s'étaient envenimées si vite qu'elle ne saurait exactement expliqué ce qu'il s'était passé. Seulement après le tir sur son père biologique, Jane et elle avaient vécu leur première -et peut-être dernière, elle l'espérait- rupture amicale. Maura avait été si en colère et l'italienne lui avait bien rendu. Elles s'étaient disputées partout où elles se croisaient, même au travail ou d'habitude elles étaient si professionnelles. Maura avait déposé sa démission. Et puis Jane comme à son habitude avait trouvé le moyen de la faire revenir, en plus de trouver des informations sur sa mère biologique. Mais la légiste était restée en colère, et leur amitié au point mort. Puis pour une enquête elles avaient dû prendre la route ensemble, bien poussées par l'équipe et Angela. Et tout c'était envenimé plus encore en quelques temps, mais pour le meilleur finalement.
Elles s'étaient faites attaquées, la voiture emboutie, elles avaient perdu connaissance, reprit, puis elles avait essayé de fuir quand on leur tirait dessus, Maura avait été gravement blessée à la jambe, elle avait poussé la détective à lui ouvrir la jambe pour la sauver. Elle avait perdu connaissance et Jane avait paniqué mais bien sur elle l'avait gardé contre elle, le protégeant de tout comme elle le pouvait. Leurs ravisseurs les avaient retrouvé, elles avaient presque été noyées et Maura délirante avait trouvé un moyen de communiquer avec l'équipe pour qu'ils les sauvent. Korsak les avait trouvées, elles avaient été mises en lieu sûr, les coupables arrêtés, et elles avaient eu le droit à un passage à l'hôpital.
Puis à un moment dans tout cela il avait été évident que malgré tout ce qu'elles venaient de traverser leur amitié était plus forte, et qu'elles avaient besoin l'une de l'autre. Maura avait réalisé que vivre sans l'italienne n'était pas vraiment possible, sans son géniteur c'était facile, elle l'avait fait toute sa vie, et bien qu'elle avait réussi de nombreuses années sans la détective, maintenant qu'elle connaissait la vie avec elle, elle ne pouvait envisager de reprendre un quotidien sans celle qui comptait le plus dans sa vie.
Quand finalement Maura fut libérée de l'hôpital, son pied devait éviter de toucher le sol, elle avait encore mal, mais elle savait sa jambe sauvée -grâce à l'italienne- et que bientôt elle pourrait remarcher. En rentrant chez elle, aidée des deux frères Rizzoli, elle vit Angela en arrière plan, ravie de la revoir à la maison, et juste devant, qui avait ouvert la porte, Jane qui la regardait avec des yeux qu'elle ne lui avait jamais vu avant mais qui communiquait que des sentiments positifs, doux, affectueux. Rapidement elles se retrouvèrent dans le canapé, Angela les poussant à parler, et elles hésitèrent, non habituées à cela, mais elles s'excusèrent finalement. Puis il y eut un silence, et Maura soupira, fatiguée d'être en colère depuis tout ces jours.
-Tu m'as manqué. Souffla-t-elle, comme un aveu qu'elle avait peur de dire, ne sachant pas si elle avait le droit.
-Toi aussi. Répondit Jane. Le boulot et ici sans toi, c'est beaucoup trop de temps avec ma mère sans personne d'intéressant.
Et Maura ne pu retenir un rire, le premier depuis longtemps, et il s'éternisa quand Angela répondit et que les deux femmes Rizzoli lui offrirent une petite joute verbale. Finalement Jane cessa le combat quand la main de Maura effleura accidentellement sa cuisse alors que la femme s'ajustait dans le canapé. Elles se retrouvèrent côté à côte mais l'une comme l'autre légèrement tournées pour se faire face. Et sans un mot, parce que ce n'était pas nécessaire, elles se penchèrent, les bras s'enroulant autour de l'autre, les visages se réfugiant dans le cou de l'autre femme, les cheveux sur le passage ne les dérangeant pas. Elles se serrèrent longuement, avec tant d'affection, comme si elles essayaient de rattraper ces jours de disputes et de colère avec cette étreinte. Maura soupira en essayant de s'enfoncer plus dans l'autre femme, retrouvant ce sentiment délectable toujours non identifié.
77è : étreinte de soutien
Les mois, les enquêtes, les sorties et les soirées s'étaient accumulées. Elles avaient échangé plein d'étreintes avec ou sans réelles raisons. Elles aimaient ça l'une comme l'autre apparement. Maura n'avait toujours pas mis de mots sur le sentiment qu'elle avait, ne le comprenant pas vraiment. Mais ça ne l'empêchait pas de recommencer, d'étreindre Jane, parce que ça lui faisait toujours se sentir mieux. Et maintenant qu'elle se réveillait pour la deuxième fois suite à sa chirurgie, elle repensait à certaine de ces étreintes dans son état médicamenteux. Celles offertes quand elle avait retrouvé sa mère biologique et qu'elle lui avait parlé comme une collègue, incapable de plus. Puis celles partagées quand Maura était en larme après avoir été rejetée par Hope, sa génitrice, mais aussi Cailin sa demie soeur. Cette fois là, Jane l'avait tenue pendant des heures, la berçant, lui disant que tout irait bien, qu'elle n'était pas seule. Ça avait été comme une étreinte de plusieurs heures, elle avait presque eu l'impression de fusionner avec sa meilleure amie. Et la dernière à laquelle elle pensa, qui avait été plus courte mais presque aussi forte était celle devant les décombres du bâtiment effondré, juste après qu'elle ait dit à Jane qu'elle allait donner son rein anonymement à sa soeur Cailin malgré tout ce qui était arrivé. Cette étreinte avait été du soutien, de l'affection, de l'admiration, teinté d'inquiétude pour elle. Et Maura s'était sentie aimée et soutenue au point qu'elle se sentait enfin capable de tout. Et Jane lui avait promis, au creux de l'oreille, d'être là en permanence pour elle. Et elle l'était.
-Bonjour docteur Isles. Souffla la voix chaude de la détective.
-Bonjour. Marmonna la blonde. Eau. Réclama-t-elle, sentant sa gorge sèche.
En deux secondes, un verre d'eau avec une paille était devant elle et elle bu quelques gorgées. Elle était sur le point de parler quand le bruit des talons résonna. Elle cru s'entendre marcher une seconde, avant de comprendre qui c'était.
-Bonjour Maura. Détective. Salua Hope à la porte ouverte de la chambre individuelle.
-Que faites vous là? Gronda Jane, sur la défensive.
La légiste lui prit la main, reconnaissante qu'elle la protège autant mais voulant au moins que sa génitrice explique sa présence. Elle était toujours blessée par elle, mais elle n'avait toujours spas choisit si oui ou non elle laissait une chance à Hope d'être dans sa vie si la médecin le voulait vraiment.
-Je voulais juste m'assurer que tu allais toujours bien. Répondit Hope, l'air inquiète comme une mère mais aussi mal à l'aise comme une personne qui avait fait beaucoup d'erreur et ne savait comment agir. Exactement ce qu'elle était, et son attitude le retranscrivait.
-Je vais bien. Jane s'occupe de moi et me veille. Angela passe souvent. L'équipe aussi. Argua la légiste, qui avait été vaseuse mais se souvenait des allers et venues. Je vais très bien, j'ai ma famille. Ajouta-t-elle, plus dure, en serrant la main de sa meilleure amie.
Hope laissa son regard tomber sur leurs mains, puis sur Jane et enfin revint sur sa fille.
-Je vois cela. Souffla-t-elle. Je sais que je ne mérite rien. Mais si un jour on pouvait parler, se voir, tout ce que tu veux, j'adorerais. Et je te serais à jamais reconnaissante. Ajouta-t-elle avant de se retourner pour sortir, mais au dernier moment elle se tourna. Je suis heureuse pour vous deux, vous vous faites beaucoup de bien semble-t-il.
Et elle disparu, laissant les deux femmes un peu désarçonnées. Elles échangèrent un regard, les sourcils froncés, dans l'incompréhension. Elles ne comprenaient pas exactement le sous entendu que venait de faire la médecin. Il était évident qu'elles étaient complémentaires et se permettaient d'évoluer, d'être plus à l'aise et ouverte avec les autres, et surement plein de petites choses diverses qui leur avaient permis d'être meilleures dans leur travail et plus heureuses dans leurs vies. Mais c'était le commentaire sur le fait d'être heureuse pour elles deux, comme si elles étaient quelque chose, comme si leur relation avait évolué depuis que Hope les avait rencontrées. Pourtant rien n'avait changé, quelques étreintes de plus et beaucoup de pleurs de la part de Maura, mais entre elle et Jane rien n'avait changé. Elles ne comprenaient vraiment pas. Alors Jane haussa les épaules et vint s'asseoir près de Maura, sur le lit, sans lâcher sa main.
-Tu vas bien? Demanda-t-elle.
-Oui. Assura la légiste. Je ne m'attends à rien. J'ai donné mon rein à Cailin pas pour qu'elle ou Hope m'aiment, juste parce qu'elle mérite une belle vie, elle a assez souffert de ma présence, ou plutôt de mon absence, je pouvais bien faire cela pour l'aider. Remarqua-t-elle.
-Tu n'y es pour rien Maura. Bien sur Cailin a vécu dans ton ombre sans vraiment le savoir, mais c'est entièrement de la faute de Doyle et son père. Argua Jane, toujours aussi sur la défensive. Tu ne leurs dois rien.
-Je le sais Jane, tu me l'as déjà dit et on en a parlé cent fois. Mais tout va bien, je ne fais pas cela pour me racheter. J'ai donné mon rein parce qu'elle en avait besoin et que je le pouvais. Maintenant tout redevient comme avant. Sourit tendrement la légiste.
Elle n'avait pas l'habitude encore d'avoir la détective pour la protéger, elle ne se faisait pas à l'idée d'être si crûment défendue et protégée. Elle caressa avec la pulpe de son pouce le dessus de la main de son amie, la remerciant d'être présente, elle savait qu'elle n'avait pas quitté son chevet depuis qu'elle était entrée à l'hôpital, cela faisait donc deux jours que Jane vivait dans sa chambre.
-Comme avant? Releva l'italienne. Tu ne veux vraiment pas reprendre contact avec elles? Interrogea-t-elle.
-Non. Je ne sais pas. Je ne crois pas. Marmonna Maura, avant de laisser un profond soupir s'échapper. Je crois que j'ai besoin de temps. Admit-elle avant de serrer plus la main de son amie. Penses tu que je doive prendre la décision dès maintenant? Demanda-t-elle.
-Bien sûr que non. Prends tout ton temps Mau', rien ne presse. Et tu as entendu Hope, c'est quand tu veux, elle sera là si tu veux. Mais rien ne t'y oblige. Donc prends le temps dont tu as besoin. Remarqua l'italienne.
-Merci. Souffla la légiste. Si j'ai besoin d'en parler, tu seras toujours d'accord?
-N'importe quand Maura. Accepta Jane avec un doux sourire. Puis elle laissa un silence avant de reprendre. D'accord, question autre maintenant. Est ce que dans ton état post-opératoire le câlin est contrindiqué? Demanda-t-elle, affichant un sourire hésitant au coin des lèvres dans le but de dédramatiser la situation.
-Non, il ne l'est pas. Au contraire. Tant qu'il est doux et que ça n'appuie pas sur la plaie. Sourit tendrement Maura.
Et Jane afficha un plus grand sourire, se déplaça légèrement pour s'ajuster, relâchant la main de la légiste de manière à passer ses bras autour de son corps pour la serrer contre elle, moins serré qu'habituellement, plus doucement, un peu craintive de lui faire mal. Maura ferma les yeux en glissant son visage dans le creux du cou de son amie, tout en passant ses bras autour de sa taille, la serrant un peu plus fort, juste comme elle en avait besoin. Pour la première fois depuis sa sortie du bloc opératoire, elle se sentait plus vivante et heureuse.
91è : étreinte de victoire
Maura servit le quatrième verre de limonade qu'elle avait préparé plus tôt et le posa sur le petit plateau qu'elle avait. Elle le prit et monta à l'étage. D'habitude en dehors d'elle, ou de sa mère Constance quand elle était de passage, seule Jane venait à l'étage, quand elle dormait dans la chambre d'amis. Mais aujourd'hui, dans sa salle de bain adjointe à sa chambre, il y avait le frère et la soeur Rizzoli avec leur collègue Frost. Elle les avait appelé au secours en début d'après midi quand elle avait réalisé que plus aucun robinet ne donnait d'eau quand elle l'ouvrait, et qu'en rentrant dans sa salle de bain il y avait eu un léger tapis d'eau sur le sol. Elle avait paniqué et c'était souvenu que Frankie mais surtout Jane se débrouillaient en plomberie, leur père -partit depuis des mois maintenant et dont personne n'avait de nouvelles- leur ayant apprit une bonne partie de ce qu'il savait. Et la détective l'avait souvent aidée pendant son adolescence, alors elle savait s'y prendre. Ils étaient en train de jouer au baseball quand Maura avait appelé sa meilleure amie, alors elle était venue avec son partenaire et son frère pour de l'aide. Cela faisait trois heures maintenant qu'ils travaillaient dans sa salle de bain, ils avaient mis le temps mais avait trouvé l'origine du problème. Maura était restée dans sa chambre à travailler tout le long, gardant un oeil sur eux, sur Jane surtout, mais aussi pour être là si ils avaient besoin de quoi que se soit. Après un long moment, elle avait vu l'italienne se relever en s'essuyant le front, et avait réalisé que bien qu'ils étaient tous humides et plongés dans les quelques millimètres d'eau, ils avaient l'air assoiffés. Alors elle était descendue quelques minutes pour aller leur chercher des verres bien frais.
Quand elle arriva à l'étage, Jane était de nouveau couchée au sol, son frère et Frost accroupis de chaque côté d'elle, lui donnant les outils dont elle avait besoin. Et la blonde se retrouva à être très admirative, voir un peu en extase devant les biceps contractés de la femme et les abdominaux visibles sous le débardeur.
-J'ai...Elle se racla la gorge avant de reprendre. J'ai des boissons pour tout le monde.
Elle posa le plateau, et leur tendit les verres tour à tour, la brune en dernière qui lui sourit de gratitude et avala la moitié du verre ensuite, avant de le reposer.
-Normalement j'ai fini dans deux minutes. Annonça-t-elle en se rallongeant pour s'y remettre.
Et sans même s'en rendre compte, le regard de la blonde profita de l'instant pour admirer chaque petit morceau de Jane. Si ni elle ni la concernée ne se rendaient compte de ce qu'il se passait, Frost et Frankie, eux buvaient leurs verres, accroupis, en échangeant un regard complice. Ce n'était pas la première fois qu'ils notaient que l'échange entre les deux femmes étaient intime, qu'elles se regardaient avec bien plus d'intérêt que deux amies le feraient. Ils savaient aussi que Jane ne se rendait compte de rien et que Maura n'avait pas compris ce que ça sous entendait.
-C'est bon! Je l'ai! S'exclama Jane en faisant encore quelques mouvements avant de se redresser. Frankie, remet l'eau. Réclama-t-elle.
Son frère ne discuta pas, ne prenant même pas la peine de lui faire remarquer qu'elle pourrait lui demander plus gentiment. Il disparut et revint quelques minutes après en disant que c'était bon. Maura s'approcha pour se tenir à quelques petits centimètres de sa meilleure amie, devant le lavabo, les deux hommes derrière elles. Jane souffla, marmonnant quelques petits mots, la légiste se demandant à côté si elle faisait une prière, avant de la voir tendre la main et ouvrir doucement le robinet. Il y eut une seconde de silence, tous retenant leur souffle. Ce n'était pas la première fois que Maura assistait à une réparation de plomberie à la Rizzoli. La toute première avait été avec Frank senior, depuis c'était arrivé que chez Jane, ou chez elle, elle voit la détective en action, essayant de réparer la plomberie. Et à chaque fois elle était impressionnée. Mais surtout à chaque fois, quand l'eau sortait du robinet, comme là, il y avait cette explosion de joie, les quatre ravis et fiers, s'exclamant ensemble. Les deux hommes échangèrent une accolade, et Jane leva les bras au ciel en signe de victoire avant de se tourner vers sa meilleure amie avec un grand sourire rayonnant, et baissa les bras pour la ramener contre elle. Maura lui rendit l'éteinte sans hésiter, reconnaissante, et se fichant de l'état mouillé, en sueur et sale de la brune. Bien qu'elle aimait la propreté et l'ordre, si Jane offrait une étreinte Maura plongeait dedans, quelque soit la situation, elle s'en fichait, elle voulait juste enlacer sa meilleure amie et se plonger dans sa chaleur, respirant son parfum au creux de son cou.
-Merci. Souffla-t-elle près de l'oreille de la femme.
Les deux hommes à côté s'étaient séparés, elles les entendirent annoncer qu'ils descendaient prévenir Angela, mais elles ne bougèrent pas, continuant de se serrer.
-Je suis dégoutante. Réalisa Jane, en essayant de se retirer de l'étreinte.
-Je m'en fiche. Argua Maura en la serrant. Tu m'as redonné une maison complètement fonctionnelle, je vais pouvoir prendre un bain ce soir, alors je me fiche que tu sois sale.
-Bien. Souffla Jane en la serrant un peu plus.
Elles restèrent encore un peu, juste parce que c'était bon, parce que ça faisait du bien à elles deux, elles avaient si peu souvent d'affection, parce que Jane les fuyait avec tout le monde sauf sa meilleure amie -et encore jamais au poste- et Maura était mal à l'aise avec tout le monde sauf l'italienne. Finalement elles se détachèrent pour tout ranger et la détective sauta dans la douche, avant d'enfiler des vêtements propres gardés dans la commode de la chambre d'amis, et qui au vu de leur odeur avait été lavés par sa meilleure amie. Propre, elle redescendit et trouva les autres pour une bière, dans le salon de jardin, une place l'attendait sur la petite banquette juste à côté de Maura qui lui souriait brillamment en la voyant arriver.
132è : étreinte de réconfort
Maura regarda sa meilleure amie glisser sa tasse de thé sur le comptoir, face à elle. Jane avait ce regard si déboussolé et inquiet pour elle. Et la légiste savait qu'elle avait l'air de ne pas avoir dormi depuis des jours, elle était échevelée, le maquillage avait coulé, elle portait un teeshirt qu'elle possédait depuis de nombreuses années avec le jogging emprunté à Jane. Cette dernière l'avait remarqué dès qu'elle était arrivée, mais elle n'avait rien dit, elle avait esquissé un sourire et demandé à la blonde comment elle allait.
-Tu ne veux pas mangé quelque chose chérie? Demanda Hope en s'approchant posant une main sur le haut de son dos.
Elle et Maura s'étaient rapprochées, après que la détective aie poussé longuement tout le monde à laisser une chance à l'autre, et surtout elle avait promis à Maura d'être là, tout le temps. La blonde ne se sentait pas encore assez forte pour faire face à sa mère biologique, elle avait peur de ne pas savoir comment agir, de quoi parler, mais en fait avec Hope c'était simple et fluide, parce qu'elles se ressemblaient tellement. Mais Jane restait toujours. Pas qu'elles en avaient encore besoin, mais elle avait promis et tant que Maura ne lui demanderait pas de partir, elle ne le ferait pas. Et jamais la légiste ne lui demanderait, parce que finalement l'italienne vivait pratiquement chez elle, dormant dans sa chambre -anciennement chambre d'amis, mais devenu la sienne- la plupart du temps, avec Maura quand elle en avait besoin, comme après son don de rein. Mais ce soir, si Jane et Hope étaient là c'est parce que Maura venait de voir un morceau de sa vie s'envoler.
-Non merci. Refusa-t-elle poliment, avant de regarder la brune en face d'elle qui semblait essayer de se recroqueviller. Tu n'y es pour rien Jane.
-Je n'aurais pas dû chercher alors que tu étais heureuse. Marmonna la détective.
-Tu as bien fait. Souffla la légiste. Et puis il serait reparti de toute manière.
Ian, l'homme qu'elle avait aimé durant les dernières années, qu'elle avait nommé l'amour de sa vie devant les deux femmes plus tôt, était arrivé quelques jours avant. Médecin autour du monde, il était rarement à Boston, mais quand il passait, il restait toujours chez Maura, et à chaque fois la blonde lui sautait au cou quand il arrivait. Ce qu'elle avait fait. Mais cette fois Angela et Jane avaient appris pour sa présence et l'avait rencontré. Et Jane, éternelle détective, avait senti quelque chose de louche, d'après ces propres mots, et avait cherché. Maintenant Ian s'était envolé rapidement et Maura ne savait pas si elle pleurait son départ comme elle l'avait souvent fait ou si elle pleurait parce qu'elle avait appris pour les activités illégales de l'homme et que par conséquent elle lui avait dit qu'elle ne pouvait plus jamais le voir.
-Pourquoi tu l'aimes? Demanda la brune, surprenant les deux femmes.
-Parce qu'il m'a toujours comprise, acceptée et aimée quand personne ne l'a jamais fait. Répondit Maura.
Le visage de Hope tomba de peine et de gêne, sachant qu'en temps que mère elle aurait dû être là pour elle, seulement elle ne l'avait jamais fait. Mais la légiste ne releva, trop préoccupée par la colère qui traversa le visage de Jane.
-Je l'ai toujours fait. Gronda l'italienne. Mais moi je l'ai fais en étant près de toi, en te protégeant.
-Oui, mais lui est attiré par moi et aime coucher avec moi. Ce n'est pas vraiment le même type de relation Jane. Argua la blonde.
-Ce n'est- Hope, l'air choquée, s'interrompit réalisant qu'elle s'était trompé tout ce temps. Maura la regarda surprise, ne sachant pas ce qu'elle allait dire, un peu perdue. Rien. Fit alors sa mère. Qu'est ce qu'on peut faire pour toi?
-Je ne sais pas. Rien? Répondit la légiste, un peu perdue.
-Un câlin peut-être? Proposa Hope.
Maura haussa les épaules, incertaine, à part sa meilleure amie elle n'avait que peut enlacé des gens dans sa vie, et encore moins un parent alors elle ne savait pas à quoi ça rassemblait exactement. Bien qu'Angela des fois la serrait dans ses bras quand ça n'allait pas, et elle le faisait comme elle l'aurait fait avec n'importe lequel de ses enfants, mais ce n'était pas pareil, surtout qu'Angela et Hope étaient deux femmes qui s'entendaient à merveille mais qui étaient très différentes.
-Tu peux essayer quand même? Demanda Jane avec un léger sourire, toujours accoudée sur le comptoir de la cuisine.
La légiste hésita une seconde mais finit par hocher la tête vers sa mère. Cette dernière sourit et doucement elle passa ses bras autour des épaules de sa fille, laissant une main reposer sur son dos et l'autre le côté de sa tête. Maura reposa son visage sur le buste de sa mère, et ferma les yeux. Ça avait quelque chose de réconfortant d'être tenu ainsi, c'était très différent des étreintes avec Jane, pas aussi fort, ça ne lui donnait pas le sentiment d'être plus forte que tout, d'être plus vivante que jamais, mais elle se sentait apaisée d'une certaine manière. Elle rouvrit les yeux en sentant un baiser sur ses cheveux et vit le sourire de Jane en face. Elle était peu habituée à sa mère et l'italienne hocha doucement la tête surement pour lui dire que ça allait et d'en profiter, ce qu'elle fit. Et quand Hope la relâcha légèrement, elle se redressa sur sa chaise avec un doux sourire.
-Ça aide, c'est vrai. Reconnu-t-elle.
-Besoin de plus? Je peux essayer aussi. Proposa Jane, qui s'était approchée de l'autre côté d'elle. Je ne suis pas ta mère, mais je suis musclée et je tuerais tout ceux qui veulent te faire du mal. Je voulais tuer Ian, mais tu as dis non. Gloussa-t-elle.
Les deux femmes rirent et Maura glissa sa main dans celle de sa meilleure amie qui posa l'autre sur son épaule, se regardant droit dans les yeux. Hope reconnu l'échange, vit l'amour non dit entre elles et comprit que si elles n'étaient pas dans une relation, elles le seraient un jour, quand elles ouvriraient les yeux. Et elle, elle décida que c'était son signal. Elle se releva et reposa une main dans le dos de sa fille.
-Je vais y aller. Te laisser dormir. Je serais là, avec Angela, pour le petit déjeuner demain. Annonça-t-elle avant d'embrasser son front. Puis elle fit quelques pas et regarda la détective. Je vous la laisse Jane, prenez soin d'elle.
-Je serais là demain, je ne décampe pas et la veille. Assura Jane en lui lançant un coup d'oeil pour garder son attention sur son amie.
Hope quitta la maison, la porte claquant et Maura se leva. Devant l'italienne, elles se fixèrent puis elles se retrouvèrent complètement enlacées en un quart de seconde, Maura serrant les hanches de la détective qui avait enroulé ses bras autour de son dos, dans un câlin d'ours pour que la femme se sente prise en charge, en sécurité, aimée. Et c'est ainsi que Maura se sentait, profitant pleinement de cette étreinte si forte qui lui faisait complètement oublié Ian et qui lui redonnait envie de tout vivre. Après tant d'étreintes avec la détective, Maura se rendait compte de quelque chose de très important, il y en avait deux sortes avec Jane. La première, était douce, rapide, quand elles n'avaient pas vraiment le temps, qu'elles n'avaient pas vraiment de raison et que par conséquent elles étaient un peu gênées de s'enlacer, ou alors que quelqu'un était à côté, c'était plus réservé, plus retenu. Agréable, mais pas aussi fort. La seconde était des étreintes plus longues, plus fortes, les impliquant complètement, pas juste les bras tout le corps, les impliquant émotionnellement, prenant tout leur temps. Ces étreintes là étaient plus profondes et Maura les aimait tant, parce qu'elles étaient propres à elles, à Jane.
164è (+165è) : étreinte d'anniversaire
Maura était dans l'appartement de la détective, avec les amis et la famille de celle ci l'attendant. Il était tard, la journée avait été très longue, l'enquête particulièrement compliquée, Maura comme Jane avaient été en danger, mais comme toujours l'italienne l'avait sauvée, les avait sauvées. Et maintenant elle attendait la détective pour célébrer enfin son anniversaire comme elle le méritait, pas forcément comme elle le voulait, plus comme Angela le voulait, mais au fond Jane serait touchée, tout le monde le savait, elle n'était pas aussi froide et dure à cuir qu'elle aimait le penser. Après de longues minutes d'attente, Jane passa la porte et ils lui souhaitèrent tous son anniversaire, sauf la blonde qui ne cria pas comme les autres, mais se contenta de sourire grandement et de regarder sa meilleure amie sans même se rendre compte de tout l'amour que son regard transmettait. Jane embrassa tout le monde tour à tour, les remerciant, et se retrouva vite avec une bière en main près de la légiste qui se rapprocha aussi, et elles se retrouvèrent collées l'une à l'autre comme des aimants alors qu'elles discutaient avec tout le monde. Puis, comme il était déjà tard, Angela présenta le gâteau qu'elle avait fait avec les bougies dessus. Jane les souffla et le gâteau fut découpé et servit pendant que tous offraient leur cadeau. Et le dernier fut celui de Maura. Elle avait passé des jours à chercher, demandant de l'aide à la principale concernée qui ne l'avait finalement pas aidé une seconde. Alors la blonde était un peu inquiète de sa réaction, incertaine de si ça allait lui plaire ou non. Mais quand Jane ouvrit la boite et découvrit son cadeau, ses yeux se mirent à briller alors qu'elle regardait Maura qui paniquée lui expliqua ce que c'était comme si elle n'avait pas compris. Et tel une enfant, l'italienne se mit à sautiller sur place, incroyablement heureuse, en délaissant la boite de chaussure pour enlacer la blonde.
-Merci, merci, merci. Répéta la détective en la serrant contre elle, mais toujours agitée.
C'était un nouveau type d'étreinte, devant tout le monde, émotionnelle, mais pas vraiment tendre. Et pourtant Maura aimait aussi, parce que c'était la brune, c'était sa joie, et elle se sentait heureuse de lui avoir fait plaisir. Elle avait trouvé le bon cadeau, et elle avait ramené cette petite étincelle de joie enfantine dans le regard de l'italienne, même si ça ne durerait pas, elle avait réussi pour un instant et cela l'inondait d'un bonheur qu'elle n'avait pas imaginé.
Le gâteau terminé, les verres aussi, la fatigue les rattrapant ils partirent tous, tour à tour. Frankie déposa sa mère chez elle, Maura décidant de rester pour ranger. Enfin c'était son excuse, elle voulait juste plus de temps avec Jane, juste avec elle. Mais elle rangea quand même le désordre, laissant la brune détacher les décorations enfantines installées par sa mère.
-Pas trop agacée par cette fête finalement? Demanda Maura en s'essuyant les mains après avoir rangé toute la vaisselle, et essuyé le comptoir.
-Non, ça nous a fait du bien je pense. Surtout après cette enquête. Reconnu la brune.
Maura hocha la tête, tout à fait d'accord avec cela et reposa le torchon. Elle se déplaça, sortant de la cuisine et s'approcha de Jane.
-Je vais rentrer. Te laisser dormir. Souffla-t-elle.
Elles se regardèrent sans rien dire, puis Jane fit le pas les séparant et la légiste se retrouva enveloppée dans les bras de sa meilleure amie. Et c'était chaud, réconfortant, doux, tout ce dont elle avait besoin. Maura se fondit dans elle, son visage dans ses boucles brunes. Elle n'avait pas réalisé avant que ça arrive à quel point après une telle journée elle avait besoin de Jane contre elle, la serrant comme si elle avait peur qu'elle parte, comme si elle était tout. C'était ça. Une partie de ce sentiment encore non identifié, c'était ça. Quand elle était dans les bras de la détective, Maura se sentait entière parce qu'elle avait l'impression d'être le tout de la détective.
-Reste. Mon lit n'est pas aussi confortable que le tien, et il nous faut partager mais ce ne serait pas la première fois. Murmura Jane, contre la peau de son cou, juste à côté de là où était le pansement. Reste. Répéta-t-elle.
-Bien sur. Assura Maura, serrant un peu plus fort ses bras autour d'elle, pour ne pas la laisser s'éloigner, pas encore, elle n'était pas prête. Le silence les enveloppa de nouveau, alors que leurs respirations se calaient ensemble, leurs poitrines montant et descendant dans un même mouvement. Et Maura se sentait plus légère, plus apaisée, à sa place. Je t'aime, Jane. Murmura-t-elle.
-Moi aussi. Répondit la brune sans hésiter.
Elles se l'étaient déjà dit. Une ou deux fois. Quand elles étaient passé tout près de la mort, qu'elles avaient eu peur de se perdre. Un peu comme aujourd'hui. Mais d'une certaine manière Maura le vivait différemment ce soir, peut-être parce que les autres fois, elles ne se touchaient pas en le disant. Cette fois elles étaient au milieu d'une de ces étreinte très forte alors qu'elles se le disaient, lui donnant une autre dimension. Mais Maura ne voulait pas trop y penser, la journée avait été assez compliquée comme ça, maintenant elle voulait juste passer du temps avec sa meilleure amie, être contre elle, et dormir avec elle. Elle dormait toujours mieux avec Jane. Cette dernière relâcha légèrement l'étreinte de manière à l'entrainer avec elle vers la chambre. Maura la vit ranger son arme dans la table de chevet, et elles se déshabillèrent, la légiste enfila un teeshirt prêté par Jane, et elles se glissèrent dans les draps. Pour la première fois, elles se pressèrent ensemble sous les draps pour s'endormir.
200è : étreinte de réalisation
Maura rentra tard, elle avait eu un léger problème à la morgue, après la fin de l'enquête, alors elle avait dû rester plus tard. Trop tard. Mais quand elle entra dans son salon, Jane était là, dans le canapé, l'attendant, et il y avait la théière avec sa tasse préférée sur la table basse. L'italienne l'entendit entrer et se tourna.
-Susie m'a prévenue. Je lui avais demandé de me dire quand tu partais. Alors je t'ai fais ton thé. Sourit doucement Jane.
-Merci. Souffla Maura.
Elle posa son sac sur le bureau derrière le canapé, laissa aussi ses talons juste à côté et vint se glisser près de la brune sous le plaid dans les coussins, en attrapant sa tasse. Elle glissa ses pieds douloureux sous la cuisse de sa meilleure amie et celle ci en prit un pour le masser. D'une manière d'une autre les choses avaient changé ces dernières semaines. Et en même temps elles avaient encore traversé une grande épreuve. Jane était tombé enceinte de Casey après avoir refusé sa demande en mariage, juste après d'ailleurs avoir révélé à la blonde qu'elle aimait Casey quand il était loin, elle détestait l'avoir au quotidien. Maura le savait déjà, elle n'aimait pas particulièrement l'homme, et finalement la détective aussi, c'était l'idée de quelqu'un dans sa vie qu'elle aimait. Mais elle était tombée enceinte. Elle avait eu peur, n'en avait parlé qu'à Maura, et surtout après des discussions entre elles, il avait été décidé que Jane aurait son bébé et que Maura serait toujours là avec elle pour l'élever. Alors la blonde s'était impliquée, avait surveillé l'alimentation Jane, l'avait emmenée vers les bons médecins pour son suivi de grossesse, avait parlé d'affaires pour bébé avec elle. Elle l'avait aussi surprotégée et disputée quand la brune essayait de boire du café.
Et puis une enquête avait mal tourné et Jane avait perdu le bébé.
Maura avait perdu le bébé.
Elles avaient perdu l'avenir qu'elles avaient commencé à se construire.
Puis Jane était sortit de l'hôpital et avait fait tout son temps d'arrêt de travail dans la maison de Maura. Presque tout ses vêtements et ses affaires étaient là. Cela faisait trois mois qu'elles avaient perdu le bébé. Et donc autant de temps que Jane était chez la légiste. Cette dernière ne s'en plaignait pas, bien au contraire. Elle aimait avoir quelqu'un, ne pas être seule chez elle, jamais, même si ça arrivait moins depuis le début de son amitié avec l'italienne, mais c'était encore mieux de l'avoir chez elle. Elles allaient ensemble au travail, rentraient ensemble, passaient leur journée de repos à faire quelque chose à deux, Maura travaillait et lisait avec la brune regardant un match à côté. C'était domestique. Maura aimait ça. Et elle aimait aussi les étreintes qui allaient avec. Jane l'enlaçait devant la télé, pour dire bonne nuit si elle ne lui laissait pas juste un baiser sur la tête ou la joue. La détective était affectueuse. Juste avec elle. La perte du bébé qu'elles planifiaient ensemble les avait rapprochées plus que jamais, les rendant presque co-dépendantes, mais elles n'en parlaient pas, jamais. Ni les autres d'ailleurs. Bien que des rumeurs couraient au poste sur elles deux puisqu'elles arrivaient et repartaient ensemble. Leurs amis et la famille de Jane, ainsi que Hope et Cailin avaient surement noté le changement puisqu'ils ne pouvaient jamais voir l'une sans l'autre en dehors du travail, mais personne ne disait rien. Ou en tout cas rien à elles.
Maura gémit quand la brune trouva le point de fatigue dans son pied.
-Tes mains sont merveilleuses. Soupira-t-elle sans réfléchir.
-Tu es bien la seule à me dire cela. Surtout qu'elles n'ont plus vraiment leur beauté ou leur dextérité d'avant. Remarqua Jane, qui ne parlait jamais de ses cicatrices, sauf avec Maura.
-Elles sont parfaites comme elles sont Jane. Assura la blonde. Elle laissa masser l'autre pied en sirotant son thé, ignorant le match à la télé que la détective semblait suivre. Puis elle reposa sa tasse, replia ses jambes sous elles et se glissa vers son amie, se collant à elle. Automatiquement Jane passa un bras autour de ses épaules. Comment vas tu? Lui demanda-t-elle.
-On a passé la journée ensemble sur l'enquête, tu as gardé un oeil sur moi tout le temps. Mes repas sont controlé par ma mère. Tout va bien. Assura Jane, avant de se tourner plus vers son amie, remettant une mèche derrière son oreille. Je vais bien Mau', il n'était pas temps que je devienne mère, se sera pour plus tard. Mais je vais mieux.
-Tu me dirais si ce n'était pas le cas? Demanda la légiste, glissant son bras autour de la taille de la brune, inquiète.
-Je te dis toujours tout Maura, alors bien sur que je te le dirais. Assura l'italienne. Je vais bien. Appuya-t-elle.
Et doucement elle ramena plus son amie contre elle, la serrant dans une tendre étreinte, un peu maladroite au vu de la position, mais toujours agréable et comme Maura les aimait. Alors elle se fondit dedans, reposant sa tête dans le creux de l'épaule de l'italienne. Les choses avaient changé, et Maura commençait à comprendre. Le temps passé avec Jane, vivre avec elle, les traumatismes partagés, les situations dangereuses, les sauvetages in extrémis de la détective, avait permit à Maura de commencer à comprendre le sentiment non identifié. L'italienne était devenue sa collègue, son amie, sa meilleure amie, elle n'avait cessé d'évoluer dans son coeur, et elle était devenue progressivement le centre de sa vie. Elle était devenue celle qu'elle était grâce à Jane. Elle avait une famille très élargie grâce à elle.
Ce sentiment non identifié. C'était de l'amour. Pas amical. De l'amour pur.
Maura réalisait maintenant qu'elle voulait que Jane reste chez elle, reste toujours, la prenne dans ses bras à chaque instant. Elle tombait amoureuse de sa meilleure amie. Et cela expliquait qu'elle et Jane avaient été incapable depuis qu'elles avaient entamé cette amitié d'entretenir une relation avec un homme. Et Maura comprenait aussi pourquoi il avait été si facile de se remettre du départ et de la trahison de Ian. De tout traverser. Elle avait été capable de tant de choses qu'elle n'aurait jamais fait sans la détective. Mais incapable d'avoir une relation amoureuse. Parce qu'elle en avait déjà une même si rien n'était dit avec Jane. Quand l'étreinte se desserra légèrement mais que l'italienne la garda contre elle pour regarder le match, elle ne pu que se demander si Jane ressentait pareil, si elle avait conscience des sentiments que Maura ressentait.
248è : étreinte de retrouvailles
Maura prit sa valise sur le tapis roulant de l'aéroport et la posa au sol. Sortant la poignée, elle posa son sac à main contre, sur le dessus du bagage roulant, sa veste dessus, la laissant juste dans sa robe. Elle soupira, fatiguée et alla vers l'escalator pour rentrer. Elle venait de passer trois semaines, dix neuf jours et vingt heures pour être exacte, à l'autre bout du pays, loin de sa morgue, loin de sa maison, loin de sa famille et ses amies, mais surtout loin de Jane. Elle avait hâte de la retrouver. Elle était partie pour un évènement professionnel important, et il avait été très intéressant, mais les jours passant le manque de Jane avait prit le dessus. Et les derniers jours, elle avait été maussade, tout le monde l'avait remarqué, ses collègues légistes, scientifiques et techniciens de morgue lui avaient tous demandé si elle allait bien. Elle avait dit oui bien sur. Comment dire autre chose? Elle ne se voyait pas leur dire que sa meilleure amie qui vivait pratiquement sous son toit, dont elle tombait amoureuse lui manquait tant qu'elle avait l'impression de se moins bien respirer loin d'elle. Si elle avait été une fleur, sans Jane elle aurait fané. Mais elle venait enfin de rentrer à Boston, elle serait bientôt chez elle. Peut-être pouvait-elle passer par chez l'italienne avant. Elle savait que en son absence, Jane était allé voir sa mère et Bass, mais elle dormait de nouveau dans son propre appartement, alors qu'il y avait eu de nombreuses nuits -presque toutes en fait- avant son départ où elle avait dormi chez Maura. Au point de faire leurs machines ensemble, leurs courses à deux, et que la légiste soit plus surprise de se lever le matin sans la trouver que l'inverse. Donc maintenant, elle devait passer à l'appartement de Jane pour la ramener chez elles.
Elles s'étaient souvent appelées durant les trois dernières semaines, depuis son départ. Elles avaient échangé des messages, au moins un millier à ce stade. Elles avaient parlé de leurs proches et des enquêtes, Maura incapable de rester en dehors de la vie de l'équipe, elle voulait savoir ce qu'il se passait en son absence. Détestant à chaque jour un peu plus l'écart entre elle et la vie du commissariat et surtout la détective. Encore Jane. Ces trois semaines avaient pu lui faire comprendre qu'elle était assez accrochée à Jane pour ne plus savoir vivre sans elle. Elle était dépendante. Et après dix neuf jours et vingt heures elle avait besoin de la voir rapidement. C'est l'italienne qui l'avait emmenée à l'aéroport, alors elle devait prendre un taxi pour aller chez elle maintenant. Mais quand elle arriva en bas de l'escalator elle réalisa qu'il y avait une grande et belle femme brune bien connue devant elle. Jane était là, tenant un petit carton improvisé avec ce qu'elle avait dans sa voiture et son 'Docteur Isles' écrit dessus. Elle avait un doux sourire et cet air timide que Maura aimait tant. Elle s'approcha en tirant sa valise et s'arrêta devant elle. Elles se fixèrent, immobiles, se souriant et se perdant dans le regard l'une de l'autre.
-Salut. Souffla finalement l'italienne.
-Que fais tu là? Murmura la blonde, les yeux brillants d'émotions, la voix très douce.
-Je suis venue pour toi. Pour te ramener à la maison. Pour te voir. Sourit Jane, les joues rougies.
-Tu voulais me voir? Releva Maura, souriant un peu plus.
-Oui, tu es partie trois semaines, on ne reste jamais sans se voir aussi longtemps. Depuis qu'on se connait on a presque jamais été séparées plus d'une journée. Alors...Sous entendit la brune en passant une main dans ses cheveux, l'autre tenant le carton le long de son corps.
-Tu m'as manqué aussi Jane. Sourit la légiste qui sentait ce qu'elle allait dire, sans qu'elle est besoin de le dire. Je me disais justement que j'allais prendre un taxi pour aller chez toi avant de rentrer avec toi chez moi. Ajouta-t-elle.
Et elles se sourirent. Heureuses, ravies. Maura voulait plus, elle voulait se fondre en elle. Mais elle ne savait pas si sa meilleure amie voulait, alors elle fit un petit pas, pour se rapprocher et Jane sembla comprendre. Elle passa ses bras autour des épaules de la blonde qui se pressa immédiatement contre elle, serrant la fine taille de l'italienne dans ses bras. Elle s'écrasa contre le cou de Jane qui glissa son nez dans les cheveux dorés avant de laisser un baiser juste là où elle avait profité du doux parfum qui lui avait tant manqué. Maura soupira de plaisir. Elles n'étaient pas dans sa maison, mais elle était chez elle. Dans les bras de celle qu'elle aimait c'était là sa place. Si heureuse, elle tourna doucement la tête, frottant le bout de son nez contre la peau tendre de la brune, et celle ci embrassa de nouveau sa tête. Elles faisaient de petits mouvements s'offrant des attentions, comme si elles se cherchaient. Puis leurs joues s'effleurèrent, et elles bougèrent encore, laissant leur nez se caresser alors qu'elles plongeaient dans le regard l'une de l'autre. Maura perdit le fil des choses, du temps, de la vie autour, elle oublia même que c'était Jane sa meilleure amie et non Jane celle avec qui elle sortait qui était devant elle. Elle caressa de nouveau leurs nez, plusieurs fois avant de se pencher et de laisser un petit baiser sur les lèvres fines de l'italienne. En le faisant elle réalisa son acte et s'attendit à ce que Jane se recule, mais ce n'est pas du tout ce qui arriva. Au contraire, la détective la serra plus fort et appuya le baiser, bien qu'elle n'ouvrit pas les lèvres. Puis elles se regardèrent, partageant un sourire.
-Je te ramène à la maison? Proposa la brune.
Maura hocha la tête et son amie prit sa valise, toujours aussi chevaleresque. Elle glissa sa main sur le biceps de la brune et la suivit vers le parking. Elle ne savait pas si c'était juste le manque qui les avait amené à ce baiser, si ça allait se reproduire, si il fallait en parler. Mais ce qu'elle savait, c'est qu'elle voulait profiter de chaque minute avec Jane ce soir, et qu'elle penserait à leur baiser, à elles plus tard.
289è : étreinte de félicitation
Maura était installée au comptoir, sur sa tablette regardant ses mails concernant son roman qu'elle avait commencé à écrire l'année dernière et finit depuis près d'un mois. Jane l'avait lu. Et aimé. Alors la légiste avait commencé à le proposer à des éditeurs. Elle avait cherché des maisons d'éditions, fait des recherches dessus, et envoyé son manuscrit. Depuis chaque jour elle vérifiait ses mails pour ça et en trouvait bien d'autres, surtout à propos du travail. Ce soir, elle était encore rentrée du poste avec Jane, comme tout les soirs depuis des semaines. Et en arrivant l'italienne lui avait dit que pour une fois elles n'allaient pas commander et Maura allait se détendre, qu'elle elle prenait en charge la cuisine et lui préparait le repas. Jane restait d'habitude loin des tâches ménagères, comme si ça l'aidait à prouver au monde entier qu'elle n'était pas une femme au foyer. Mais quand ça arrivait, Maura savait qu'elle allait passer un moment délectable. Alors elle avait hâte de goûter aux pâtes maison que l'italienne préparait devant elle. Cela faisait une heure qu'elle cuisinait et que Maura était sur son ordinateur. Elle n'avançait pas vite, la plupart du temps elle relevait les yeux pour regarder la détective et se laissait prendre par la femme, comme hypnotisée. Et en cet instant, c'était exactement ça, elle regardait Jane fourrer la pâte et la replier pour la fermer, les mains en suspend sur son clavier. Jane était tellement belle, élégante à sa manière, forte et si unique. La blonde tombait encore pour elle malgré tout ces mois à savoir qu'elle était amoureuse. Mais en plus de ça l'italienne était en train de lui préparer le repas, quelque chose qu'elle ne faisait pour personne, juste pour Maura. Si cette dernière n'avait pas été amoureuse, elle serait tombée avec une telle attention. Alors elle l'admirait, profitant de la concentration de la femme pour la fixer. Et Jane dû le sentir car elle releva le regard entre deux pâtes, et haussa un sourcil interrogateur. Prise sur le fait, Maura attrapa son verre de vin pour prendre une gorgée, détournant ainsi son attention, tout en essayant d'ignorer le rougissement qu'elle sentait envahir ses joues. Incapable d'affronter les yeux de la détective, elle reposa son verre et regarda de nouveau son écran. Elle avait un nouveau mail en attente. Elle l'ouvrit et vit de suite qu'il était une réponse à son manuscrit. Elle parcouru les quelques courtes lignes et se figea.
-Une maison d'édition veut me rencontrer, elle est intéressée par mon roman. Souffla-t-elle.
-Tu as dis quoi? Demanda Jane, la légiste ayant parlé trop bas alors qu'elle était devant l'évier, remplissant une casserole d'eau.
-Une maison d'édition est intéressée par mon roman. Ils veulent me rencontrer. Répéta Maura.
Le sourire de Jane s'agrandit immédiatement, ses yeux brillants et la blonde se sentit soudainement tant admirée qu'elle fut presque timide et se mordit l'intérieur de la joue.
-Mais Mau, c'est incroyable. Sourit grandement la détective.
-Oui. Murmura la légiste, lâchant le regard de son amie pour regarder sa tablette, une erreur parce que sans le regard de Jane elle se sentit soudainement incapable. Mais ils veulent me rencontrer. Et Jane, tu sais que je ne suis pas douée avec les gens, ils vont me trouver étrange, comme tout le monde, et puis ils ne me publierons pas. Soupira-t-elle.
-Ils vont voir ce que j'ai toujours vu. Que tu es un génie maladroit avec les gens mais une personne extraordinaire. Ils vont t'adorer et tu seras le prochain best-seller. Sourit Jane en mettant l'eau à bouillir avant de s'essuyer les mains sur le torchon qu'elle avait attaché à sa ceinture plus tôt.
-Que toi me vois ainsi. Murmura Maura en la regardant s'approcher d'elle. Elle soupira de bonheur quand la main fine et longue se posa sur le haut de son dos. Seulement toi.
-Et ma famille. Et nos amis. L'équipe. Tes parents. Ta famille agrandie. Lista la brune. Elle posa sa seconde main sur le comptoir près de la tablette lisant le mail en se penchant le long de sa meilleure amie. Ils disent qu'ils trouvent ton romain incroyable et très intéressant, qu'ils veulent te publier. C'est dans la poche. Remarqua-t-elle.
-Tu n'en sais rien. Rétorqua la blonde en se tournant légèrement sur le tabouret de bar, se retrouvant encore plus près de la brune.
-Bien sur que si. Ils ont vu à quel point tu avais écrit un super roman. Tu as juste à te présenter, dire qui tu es, mais avec ton titre total, Docteur Maura Dorthea Isles médecin légiste en chef du Commonwealth du Massachusetts. Et si avec ça ils ne te publient pas c'est que vraiment c'est des idiots. Argua Jane, sans se reculer, sa main sur le dos de la blonde maintenant sur son épaule et l'autre tombée sur la cuisse légèrement dénudée de la femme.
-Jane. Soupira la blonde, touchée, presque en larmes.
-Tu es une femme merveilleuse et tu es capable de tout, je le sais, à toi d'y croire maintenant. Poussa un peu plus la détective.
Maura la regardait dans les yeux, plus émue à chaque mot. Ne sachant que dire ou que faire, elle tendit les mains pour s'agripper aux hanches de sa meilleure amie, comme si elle cherchait à se stabiliser. Elle tourna légèrement la tête, laissant reposer sa joue sur la main de Jane sur son épaule. Et l'italienne sembla comprendre ce dont elle avait besoin, s'avançant du dernier pas entre elles, se retrouvant entre les jambes de Maura, et elle l'enlaça, la ramenant tout en douceur contre son torse. La blonde laissa sa tête reposer contre la poitrine de la détective, fermant les yeux, laissant Jane l'apaiser. Avec la femme dans sa vie, Maura savait qu'elle était capable de tout, elle avait toujours les bons mots pour elle. Seulement en cet instant la légiste oubliait son livre, sa carrière d'écrivain qui pouvait se lancer, elle ne pensait qu'à l'italienne. Jane qu'elle aimait. Jane qui vivait chez elle et cuisinait pour elle. Jane qu'elle avait embrassé il y a des semaines sans que ça n'arrive de nouveau, sans qu'elles n'en parlent et sans que ça n'abime rien entre elles. Jane qui était toujours là pour elle.
Elle devait lui dire.
Elle devait le dire, devait le sortir d'elle.
Elle releva la tête et Jane qui avait déposer un baiser dans ses cheveux avant la regarda, à quelques centimètres de son visage. Elle lui sourit doucement et Maura fondit.
-Je t'aime. Murmura-t-elle.
-Moi aussi. Sourit simplement l'italienne.
Maura soupira, fermant les yeux en secouant la tête quelques secondes, puis la regarda de nouveau droit dans les orbes noires. Elle ouvrit la bouche pour parler, mais rien. Elle laissa son front retomber contre la poitrine de la détective qui caressa ses cheveux dorés.
-Je suis tombée amoureuse de toi. Murmura-t-elle.
Et les mains continuèrent leur chemin dans ses mèches dorées, alors que le coeur sous elle s'affolait progressivement. Après un court silence, Jane émit un rire tendre, sans une once de moquerie, en amenant une main sous la mâchoire de la blonde pour lui faire relever la tête. Maura le fit et découvrit les beaux yeux tendres et le sourire si adorateur que l'italienne posait sur elle.
-Je l'ai toujours été. Je t'ai aimé dès les premiers jours. Mais je voyais bien que tu ne l'avais pas encore comprit. Alors j'attendais. Sourit tendrement Jane.
-Tu m'attendais? Demanda Maura.
-Oui. Je t'aurais attendue dix ans si il avait fallu Mau'. J'ai toujours su que c'était toi. Sourit la détective en caressant tendrement les joues pâles.
-Jane. Pleura la légiste en se levant pour se presser complètement contre la femme athlétique.
-Je suis là, je ne vais nul part Maura. Assura l'italienne en la serrant contre elle, avant de faire s'effleurer leur nez. Puis je t'embrasser? Demanda-t-elle.
Et Maura se hissa sur la pointe des pieds pour presser ses lèvres contre celles de la brune. Le baiser fut plus aimant, plus passionné, plus enivré, plus audacieux que celui à l'aéroport. Les lèvres s'entrouvrirent, les deux femmes se goutant comme elles y avaient si souvent pensé. Et Maura glissa une main dans le bas du dos de la brune pour la ramener contre elle, l'autre remontant dans ses cheveux. Et les baisers s'enchainèrent, longuement, les deux femmes s'adorant.
-Bien que je t'aime, je veux vraiment réussir ce diner pour toi. Souffla Jane contre ses lèvres. Alors laisse moi cuisiner, ensuite on mange et ensuite j'espère que tu me laisseras te tenir et t'embrasser des heures.
-Oui. Je veux tout ça. Accepta Maura.
Mais elle l'embrassa encore une fois, voulant profiter de l'étreinte et de ce nouveau elles deux juste une seconde de plus.
295è : étreinte d'engagement
Maura ouvrit les yeux et se tourna dans le lit à la recherche du corps chaud contre lequel elle s'était endormi. La veille, elles avaient diné, avant de se prélasser dans le canapé, s'embrassant et se tenant aussi serré que possible. Puis Maura avait tiré la brune derrière elle, l'emmenant dans sa chambre. Elles n'avaient pas parlé, ni d'elles ni d'avenir, rien. Elles s'étaient embrassées, puis avaient fait tomber leurs vêtements, partageant alors leur première étreinte nues avant de tomber dans les draps. Et elles avaient passé la moitié de la nuit à faire l'amour. Puis il y avait eu encore des baisers, et finalement Maura s'était installée contre le corps nu et chaud de celle qu'elle aimait, et cette dernière l'avait tenue pour s'endormir. Alors Maura était très étonnée de se réveillée seule. Elle glissa sa main sur la place contre la sienne. Ni chaude ni froide. La brune était sortit du lit dans le dernier quart d'heure surement. Maura à son tour sortit du lit, enfila une culotte en dentelle bleu nuit prise dans son tiroir, attrapa la chemise de la détective et l'enfila par dessus. Elle attacha quelques boutons en descendant et trouva l'italienne servant deux cafés.
-Bonjour. Fit-elle en s'approchant.
Sans réfléchir, elle vint se coller à Jane vêtue de son jogging et de son haut de la BPD, posant ses mains sur ses hanches et pressant un baiser sur ses lèvres. Mais la brune ne bougea pas, ne lui rendant pas le baiser. Maura le sentit et recula d'un pas comme si elle avait été brûlée. Elle allait bégayer des excuses en s'écartant, quand Jane attrapa son poignet.
-Pardon Mau'. Fit rapidement l'italienne en tirant doucement sur son poignet pour la ramener contre elle, passant sa main libre dans le dos de la femme. J'ai attendu ça longtemps tu sais, et te voir dans ma chemise au réveil après cette nuit incroyable avec toi, m'a fait...Elle hésita une seconde, cherchant ses mots. Mon cerveau s'est arrêté d'accord? Sourit-elle.
-Tu ne regrettes pas? Demanda la légiste.
-Bien sur que non. Sourit Jane. Jamais je ne regretterais. Sauf si toi tu le fais.
-Non. Je voulais ça. J'ai aimé. Je t'aime. Fit rapidement Maura.
-Moi aussi Mau' tellement. Souffla la détective.
Les deux femmes se détendirent et leurs corps se pressèrent ensemble, Jane enlaçant la blonde de ses deux bras, alors que Maura venait caresser son visage du bout des doigts avant de l'amener à ses lèvres. Mais elle laissa l'italienne entamer le baiser cette fois. Et celui ci se fit lent, délectable, amoureux. Et quand elles séparèrent leurs lèvres, en un regard elles se fondirent ensemble. Jane légèrement penchée, attrapa les cuisses nues de la légiste pour la soulever et Maura l'enlaça immédiatement de ses jambes et ses bras pour se coller complètement à elle, essayant de fusionner une fois de plus avec celle qu'elle aimait. Dans les bras aimants de Jane, avec plus aucun sentiment retenu, la blonde se sentit parfaitement à sa place.
-Je ne veux plus que tu partes. Murmura Maura.
-Alors je ne partirais plus jamais. Assura la détective.
Maura releva la tête pour la regarder, légèrement au dessus de la brune pour une fois.
-Alors emménage vraiment. Pas comme ces derniers mois où tu vis là mais avec tout qui t'attend chez toi. Emménage vraiment. Réclama la blonde en caressant la joue plus mâte sous elle.
-D'accord. Accepta l'italienne avec un doux sourire.
Soulagée, Maura laissa son front reposer contre le sien.
-Avec toi je me sens si forte. Murmura-t-elle comme si elle dévoilait un secret.
-Si complète. Ajouta Jane. Avec toi, je me suis toujours sentie à la maison.
-Moi aussi. Tu es ma maison et ma famille depuis si longtemps. Sourit tendrement la légiste. Et j'ai mis tellement de temps à comprendre pourquoi j'aimais tes câlins. Je pensais que c'était parce que j'avais peu eu d'étreintes avant. Mais ce n'est que les tiennes qui me donnaient ce sentiment d'être si complète. Parce que c'était toi.
Jane lui sourit tendrement et la posa sur le comptoir près d'elles, mais continua de la garder très serrée. Et il y eut des baisers, encore, l'étreinte ne se desserrant pas.
500è : étreinte d'amour à vie
Maura soupira de plaisir, le nez contre la gorge de la brune, ses bras autour de sa taille. Jane avait les mains posées sur le satin blanc de la robe de la blonde, sur son dos, et le nez dans les cheveux dorés parfaitement coiffés. Elle déposait des baisers par moment. Tout comme Maura le faisait contre sa gorge. Les gens autour étaient silencieux, les regardant. Et elles se balançaient sur la musique, dans un même mouvement, comme si elles n'étaient qu'une seule entité. Leurs deux alliances brillaient dans la lumière de la salle principale d'une des grandes maisons Isles prêtée par Constance et Arthur. Angela avait supervisé la nourriture. Frankie et Tommy avaient été les témoins, Susie et Cailin les demoiselles d'honneur. Les mères de Maura l'avaient conduite à l'autel. Korsak avait conduit Jane. Et elles s'étaient dit oui devant tout le monde. Elles dansaient devant les invités comme si ils n'existaient pas. Parce qu'elles se fondaient ensemble, dans cette étreinte amoureuse qui leur était propre. Elles avaient trouvée la personne qui leur faisait se sentir à la maison, à leur place, avec juste une étreinte.
