Hermione avait lu tous les livres qui étaient sur sa liste et en avait même pris quelques autres sur la culture sorcière et sur Poudlard. Elle avait essayé quelques sorts simples, comme celui qui fait apparaître de la lumière au bout de sa baguette. Elle en avait réussi quelques uns, difficilement. Sachant qu'elle allait côtoyer des enfants pour qui la magie avait été une réalité pendant toute leur vie, elle fit tout pour rattraper son retard.
Elle pensait être prête, vraiment. Et pourtant…
Un garçon de son âge avait lancé devant elle un sort qu'elle était sûre qu'il était bien trop compliqué pour un enfant de onze ans, surtout en voyant que Percy, un élève de cinquième année, ne le connaissait pas. Mais en plus il a lancé ce sort sans prononcer d'incantation. Et il lui avait dit qu'on pouvait faire de la magie sans baguette.
En se changeant, elle repensa à ses lectures. Elle avait décidé d'entrer à Gryffondor si elle le pouvait car elle avait lu que de grands sorciers sortaient de cette maison. Mais, finalement, serait-ce vraiment adapté pour elle ? Aurait-elle des amis qui prendraient leurs études au sérieux comme elle ? Aurait-elle le calme nécessaire pour apprendre et faire ses devoirs ? Les Gryffondors étaient décrits comme courageux, braves. Rien n'était dit sur leurs études. Les quelques groupes d'élèves portant une cravate rouge et or dans le train semblaient exubérants et bruyants.
Après avoir rapporté Trévor le crapaud à Neville, elle discuta un peu avec lui des maisons de Poudlard. Elle fut choquée de l'entendre dire de manière résignée que s'il n'entrait pas à Gryffondor, sa grand-mère serait déçue. Apparemment, son père avait été un lion et il devait faire aussi bien que lui pour être accepté. Déjà qu'il avait fait de la magie accidentelle très tardivement et en étant mis dans une situation mortelle par son grand-oncle. Hermione fit un discours encensé sur la protection des enfants et sur le fait qu'aucun enfant ne devrait prétendre être quelqu'un d'autre pour plaire aux autres.
Le chemin jusqu'aux bateaux fut difficile. La visibilité était très mauvaise malgré la lampe du très grand homme qui avait rassemblé les élèves de première année. Elle manqua de tomber plusieurs fois à cause d'une racine qu'elle n'avait pas vu dépasser du sol. À chaque fois, elle fut surprise d'être rattrapée par Harry alors qu'il ne marchait pas à côté d'elle à ce moment-là.
Elle n'était pas à l'aise sur la petite barque dans laquelle elle monta avec Harry, Ron et Neville. L'embarcation était à peine assez grande pour les accueillir et semblait vraiment ancienne.
Ses inquiétudes furent balayées par la première vision du château. La magnificence du bâtiment était à couper le souffle. Alors que les barques les emmenaient vers un ponton, aucun élève ne pouvait quitter des yeux les hauts murs, les grandes fenêtre illuminées, les tours fièrement élevées.
Une fois les enfants réunis, Hagrid les confia au professeur MacGonagall qu'Hermione reconnut comme la femme qui était venue informer ses parents de son statut de sorcière. Elle avait bien aimé cette dame âgée qui avait répondu à toutes ses questions avec un sourire attendrit.
Accompagnée des trois garçons avec qui elle avait navigué, Hermione entra dans la Grande Salle lorsque le professeur de Métamorphose le leur demanda. Elle sentait que Neville et Ron étaient très tendus et essaya de leur changer les idées en leur parlant du plafond magique qui était ensorcelé pour refléter le ciel extérieur. Cela n'eut pas un franc succès mais Harry la remercia de l'information. Celui-ci ne semblait pas intimidé par tous les regards des autres élèves. Sa tête tournait dans tous les sens, comme s'il essayait de regarder partout à la fois.
Le garçon aux longs cheveux rigola en voyant le vieux chapeau rapiécé que la Directrice adjointe apporta. Il donna un léger coup de coude à Ron en murmurant quelque chose à propos d'un troll. Le roux lui répondit par un sourire soulagé.
Le Choixpeau chanta à propos des quatre maisons avant que la cérémonie de Répartition commence.
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- Londubat Neville !
Le garçon tremblait lorsqu'il s'assit sur le tabouret.
- Voyons voir ça. Oh, une passion pour les plantes, très bien.
- S'il vous plaît, mettez-moi à Gryffondor.
- Comment ? Mon garçon, je ne suis pas sûr que ce soit la maison la plus adaptée à tes besoins.
- Mais ma grand-mère a dit que mon père était un Gryffondor…
- Et tu n'es pas ton père. Ni ta mère. Tu es toi, une personne unique. Quoiqu'en dise ta grand-mère, tu dois suivre ta propre voie.
- Je… Je pense que vous avez raison.
- Bien, je vais donc te répartir à…
POUFSOUFFLE !
.oôOÔOôo.
- Granger Hermione !
Prenant une inspiration pour se donner du courage, la jeune fille alla d'un pas décidé s'asseoir sur le tabouret.
- Oh, voici un esprit intéressant. Quelle soif de savoir ! Il est dommage qu'il soit guidé par un tel manque de confiance en soi.
- J'ai pleinement confiance en moi !
- Oh, vraiment ? N'as-tu pas lu tout le programme de première année par peur d'être en retard sur tes pairs ? Ne crains-tu pas de n'avoir aucun ami en raison de ta volonté d'apprendre tout ce que tu peux ?
- C'est… Oui, c'est vrai.
- Je vois que tu voulais aller à Gryffondor mais je ne pense pas que cela te conviendrait. Les lions ont de nombreuses qualités mais leur scolarité n'est pas leur priorité pour la plupart. Non, je vais plutôt te mettre avec les…
SERDAIGLE !
.oôOÔOôo.
- Potter-Peverell Harry !
Toutes les têtes se tournèrent vers le garçon qui s'était avancé en entendant son nom. Potter ? LE Harry Potter ? Pourquoi Peverell ? Les Sangs-purs pensaient tous que la lignée des Peverell s'était éteinte. Et pourquoi le garçon semblait-il sautiller en marchant ?
- Oh. Et bien ça, je ne m'y attendais pas. C'est bien la première fois que je vois ça. Vous êtes combien, là-dedans ?
- Salut, moi c'est Harry. Les autres, c'est Susie, Jeremy, Charlie, Fritz, Gabriel et Cassidy. Ils sont avec moi depuis que je suis tout petit.
- Je vois. Enfin non, je ne vois pas comment cela est possible mais je ne suis plus surpris par les possibilités apportés par la Magie. Ça rend mon travail plus compliqué. Vous avez tous des personnalités bien différentes, comment vais-je faire pour vous répartir ?
- Répartissez Harry, répondit Susie, c'est lui qui va devoir vivre avec les autres, après tout. Nous ne sommes même pas des sorciers.
- Certes. Hmm… Je vois beaucoup de courage. Une grande ambition. Ton intelligence est non négligeable également… Sincèrement, tu pourrais aller dans toutes les maisons. Mais je sens que domine chez toi une grande loyauté. À ces âmes qui t'accompagnent mais aussi à ton gardien que je ne parviens pas à voir dans ton esprit – encore quelque chose de curieux. Je pense que le mieux pour toi sera…
POUFSOUFFLE !
.oôOÔOôo.
- Weasley, Ronald !
Le roux était extrêmement stressé. Les quelques amis qu'ils s'étaient fait dans le train avaient été répartis ailleurs qu'à Gryffondor. Les seules personnes qu'il connaîtrait seraient ses frères dont il voulait se détacher.
- Encore un Weasley ? Mais vous êtes combien dans cette génération ?
- Sept, il y a encore ma sœur l'année prochaine. Allez, mettez-moi à Gryffondor, qu'on en finisse.
- L'idée de rejoindre les lions ne semble pas t'enchanter. Ah, je vois. Tu ne veux pas rester dans l'ombre de ceux qui sont déjà passés avant toi. Pourquoi irais-tu forcément à Gryffondor ?
- Tous les Weasleys vont à Gryffondor, c'est comme ça.
- Par Merlin, non ! Cette génération est bien inhabituelle pour ça. Honnêtement, bien que tu sois brave, je ne te vois pas t'épanouir parmi les lions. Non, je pense que tu auras plus ta place à…
POUFSOUFFLE !
Ron jeta un œil en direction de ses frères, craignant leur réaction. Il souffla de soulagement en les voyant applaudir comme tout le monde, un grand sourire aux lèvres. Fred et George lui montrèrent leurs pouces en l'air et Percy lui fit un clin d'œil.
Il rejoint la table des blaireaux, s'installant à côté d'Harry qui était assis face à Neville.
- Potter, hein ? Tu ne nous avais pas dit ton nom de famille.
- C'est pas important, et c'est Potter-Peverell, mon gardien m'a officiellement adopté quand j'ai eu quatre ans.
Ron se retourna vers la table des Serdaigle qui était juste derrière lui et fit un grand sourire à Hermione. Il s'était douté que la fille se retrouverait chez les corbeaux.
Ils étaient tous à leur juste place.
