Petit mot de l'auteure : écrit pour un atelier de la fabrique à plumes, sur Le tourbillon de la vie de Jeanne Moreau !


La salle était remplie.

Une foule d'artistes, de mondains, de mécènes, de gens de la haute comme ils disent là d'où elle vient. Une masse compacte, hétéroclite, des gens qui n'ont eu de cesse de la presser, de l'interroger sur les œuvres de son père. Une foule qui ne lui a laissé aucune minute de répit.

Pourtant, elle l'avait vu dès l'instant où elle était rentrée dans la pièce.

Elle avait vu de loin cette figure majestueuse pénétrer la salle bondée. Ses yeux avaient alors croisé les siens, et elle avait retrouvé les deux opales bleues qu'elle avait tant aimé. Là, le plus riche des mécènes aurait bien pu lui faire la plus belle des propositions d'achats, Marianne n'en aurait eu cure. Toute son attention était dirigée vers Héloïse.

Héloïse qu'elle avait pensé ne plus jamais revoir de toute sa vie.

Héloïse qui était pourtant venue au salon où elle vendait, prétextant à son mari l'envie d'embellir sa collection, en réalité pour revoir la femme qu'elle avait aimé.

Héloïse qui lui avait ensuite soufflé de la rejoindre plus tard, arborant ce curieux sourire qui lui avait tant plut.

Elles avaient passé la nuit ensemble, la blonde lui murmurant les mots d'amour dont Marianne s'était tant languie. Une nuit belle, tendre, brûlante de baisers disséminés sur son front et d'autres zones plus cachées.

Et maintenant que le jour était revenu, Héloïse se rhabillait, sous le regard songeur de Marianne. Se retrouveraient-elles un jour ? Rien n'était moins sûr. Après s'être retrouvées et réchauffées, elles allaient maintenant se séparer de nouveau. Ainsi en allait le tourbillon de la vie...