Je ne possède aucun des univers de ce recueil

Défis mensuel consacré aux fratries. Un thème par jour tous les jours du mois de Mai [Papotage, Ecriture, Lecture et Bonne Humeur)

Pourquoi mai ? Eh bien parce que le 31 c'est la journée mondiale des fratries, c'était bien comme point d'orgue ;)

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


SIBLING MAY 2024

APPEL NOCTURNE : Cameron & Jonathan Black (Cameron Black/Deception)

Cameron tournait et retournait dans son lit, totalement incapable de dormir comme c'était le cas depuis des mois, depuis le départ de Jonathan qui s'était échappé de la prison en échangeant sa place avec lui… depuis qu'il l'avait assommé et abandonné, marquant qu'il avait perdu toute confiance en lui pour le sauver. C'était absolument terrible à vivre et même s'il tentait de donner le change aux gens autour de lui, utilisant ses dons d'illusionniste pour montrer que tout allait bien, il ne parvenait pas à maintenir l'illusion en place quand il se retrouvait seul… Cameron finissait toujours se recroqueviller sur son lit alors que les larmes le terrassaient… des larmes de douleur qui l'épuisait, alors qu'il avait l'impression de se sentir vide et abandonné.

Jonathan avait toujours été la personne la plus importante de sa vie. Il était son jumeau, son double et la moitié de lui-même. Il était celui qui le prenait dans ses bras quand les exigences de leur père tournaient à la violence. Il était celui qui l'encourageait, celui qui lui avait permis de sortir de ce cylindre où il avait été enfermé de force par leur père pour tester ses dons à s'échapper d'un endroit clos… sans le soutien de Jonathan, il serait mort asphyxié ce jour-là… et d'un coup il n'avait plus rien et c'était entièrement de sa faute…

Jonathan lui en voulait, mais Cameron arrivait à le comprendre. Depuis deux ans, sa vie avait implosé. Il avait été accusé d'un meurtre qui n'en était pas un par une femme mystérieuse dont le seul but semblait être de les détruire. Cameron avait eu l'opportunité de se rapprocher du FBI pour les aider en échange d'une enquête pour sortir Jonathan de prison, mais au lieu de les aider, une fois qu'ils avaient enfin retrouvés cette femme, le FBI avait signé un accord avec elle… et elle était ressortie… libre de disparaître pour de bon… et Jonathan était toujours en prison… Cameron lui avait fait espérer que tout était fini avant de ne pas pouvoir honorer sa promesse et Jonathan ne voulait plus attendre… C'était si normal… mais Cameron se sentait si désespéré… parce que le FBI traquait vraiment Jonathan maintenant, qu'il disait qu'il était associé avec cette femme et qu'il enchainait les crimes… ce qui n'avait aucun sens…

Jonathan avait vraiment décidé de l'abandonner pour s'associer à cette femme ?

Cette simple question fit redoubler ses larmes… et Cameron n'en pouvait plus… D'un geste, il tendit la main et ouvrit le tiroir. Son seul moyen pour dormir quelques heures depuis six mois était de prendre un somnifère et il en avait plusieurs boites dans sa table de nuit… Il serait facile d'en prendre deux flacons et de fermer les yeux pour de bon… Il n'en pouvait plus d'avoir mal et sa main attrapa l'une des boîtes juste au moment où son téléphone se mit à sonner.

Cameron regarda l'heure : deux heures du matin. Personne ne pouvait l'appeler en pleine nuit, mais l'appareil continuer à sonner. Alors, il posa la boite et le prit. C'était un numéro inconnu et il décrocha prudemment.

- Allo ?

- Ne raccroche pas s'il te plaît.

Cameron sursauta et s'assit sur son lit alors que tout son corps tremblait.

- Johny ?

- Oui Cam, c'est moi.

Jonathan, c'était bien Jonathan au bout du fil et ses tremblements s'accentuèrent alors que les larmes revinrent en force. Son sanglot dut s'entendre dans le téléphone parce que la voix de Jonathan se mis à trembler elle aussi.

- Cam, tu pleures ?

Cameron aurait bien voulu lui répondre que non, mais ses larmes était si violente qu'il continua à pleurer, accroché à ce téléphone comme à une bouée de sauvetage à laquelle il parvint à murmurer entre deux sanglots.

- Je suis désolé… je suis tellement désolé… pardon… je t'aime Johnny… pardon…

A l'autre bout du fil, Jonathan frissonna. Il tentait de garder la tête froide pour aller au bout de son plan, mais toute la soirée, il avait pensé à son frère et un quart d'heure plus tôt, il avait émergé du sommeil en pensant qu'il était mort et qu'il était seul… Cela l'avait terrifié comme jamais il n'avait été terrifié en six mois et il avait eu envie d'entendre le son de sa voix, pour être sûr qu'il allait bien… mais il n'allait pas bien et c'était de sa faute… Lui aussi en proie à ses émotions, il chancela et se laissa glisser le long du mur de sa chambre d'hôtel s'asseyant sur le sol et répondant pour essayer de le calmer.

- Tu n'as rien à pardonner Cam, c'est moi, tu m'entends ? C'est moi.

- Je suis désolé… pardon Johnny, répondit une nouvelle fois son frère et il comprit que c'était bien pire qu'il ne le pensait.

- Cam, écoute-moi, tu m'entends Cam. Je t'aime moi aussi, tu le sais bien ? Cam, calme-toi s'il te plaît… Tu n'as rien fait… Tu ne m'as pas perdu…

- Je te demande pardon, je ne te ferais plus de mal… Je vais mettre un terme à tout ça… je… tu seras libre de vivre ta vie…

Et ces derniers mots terrifièrent Jonathan qui bondit sur ses pieds parce que non seulement il ne l'écoutait pas, mais en plus il était en train de lui dire qu'il aurait bientôt à ne se soucier que de lui… A demi-mot, il était en train de lui dire qu'il allait mourir ? qu'il allait se suicider… Il en était là ? Comment son frère pouvait-il en arriver là ? C'était pour lui, il le savait… mais cela voulait dire qu'il n'avait pas compris ? Certes, Jonathan était en colère, mais s'il était parti c'était surtout parce qu'il avait su qu'il ne pourrait pas faire tomber cette femme par des moyens classiques et qu'il avait décidé de la rejoindre pour la faire tomber de l'intérieur… Il allait s'associer avec elle pour mieux la détruire, mais Cameron n'avait pas compris… Il pleurait, parlait de suicide… et il ne l'entendait pas…

- Cam… Cameron, tu m'entends ? Cameron ? Cameron ?

- Johnny ?

- Oui, tu m'entends Cam ?

- Oui, hoqueta le jeune homme.

- Je t'en prie Cam, écoute-moi, tu m'entends, écoute-moi s'il te plaît. Ne fais pas de bêtises, ne te suicide pas Cameron, je ne pourrais pas vivre sans toi… Tu ne comprends pas… Je suis partie pour nous, pour essayer de la faire tomber de l'intérieur. Tu m'entends ? Ne te tue pas, je t'en prie…

Cette fois c'était Jonathan qui pleurait parce qu'il était loin, trop loin pour le rejoindre à temps et que Cameron semblait au plus mal. Si jamais il finissait de plonger, s'il s'ouvrait les veines ou s'il avalait une boite de médicaments il ne serait pas là pour le sauver et cela le détruisait.

- Ce n'est pas un mensonge, je t'en prie Cam, il faut que tu me croies. Je vais la faire tomber.

- Mais tu es accusé d'avoir commis des crimes avec elle, ça ne finira jamais et je ne veux plus te voir en prison… je suis fatigué…

Cameron pleurait à chaudes larmes et ses sanglots déchirèrent le cœur de Jonathan.

- Non Cam, je t'en prie, je ne veux pas te perdre.

- C'est vrai ?

- Bien sûr que c'est vrai. Je t'aime Cam, j'ai été en colère c'est vrai, mais j'ai toujours pensé à nous… comme quand elle t'avait kidnappé pour traverser la salle piégée. On a fait semblant de se disputer, tu te rappelles ?

- Mais c'était si réel.

- Nous sommes des illusionnistes, tu te rappelles ? On peut faire croire n'importe quoi aux autres.

- Alors, tu ne me détestes pas ?

- Bien sûr que non. Tu es la personne la plus importante de ma vie Cam, n'en doute jamais et accroche-toi. Encore quelques jours et on mettra un terme à tout ça, ensemble, comme toujours.

A l'autre bout du fil, Cameron hocha doucement la tête alors que ses larmes cessaient. Ils étaient toujours deux finalement, il ne l'avait pas perdu et il répondit d'une voix plus stable.

- Ensemble…

Ce simple mot redonna le sourire à son frère. Il n'allait pas le perdre aujourd'hui, heureusement que son instinct lui avait dit de lui téléphoner.