Je ne possède aucun des univers de ce recueil
Défis mensuel consacré aux fratries. Un thème par jour tous les jours du mois de Mai [Papotage, Ecriture, Lecture et Bonne Humeur)
Pourquoi mai ? Eh bien parce que le 31 c'est la journée mondiale des fratries, c'était bien comme point d'orgue ;)
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
SIBLING MAY 2024
SEPARATION FORCEE : Raymond & Charlie Babbit (Rain Man)
Charlie tentait de ne pas montrer à quel point il était dévasté par la décision qui avait été prise par les médecins qui venaient de trancher en faveur de Bender et d'un retour de Ray à Wallbrock. Le jeune homme avait parfaitement compris qu'ils s'étaient tous mis d'accord pour les séparer et qu'il avait perdu avant même d'ouvrir la bouche pour prononcer le moindre mot. Il fallait dire qu'il y avait les trois millions de dollars donnés par leur père dans la balance et la relation avec Ray avait été parfois difficile, mais sur les derniers jours les deux frères s'étaient trouvés et comprit.
Ils avaient beau dire qu'il était impossible de nouer des liens avec un autiste en une semaine c'était faux. Bien sûr, il y avait eu des cris et de l'incompréhension, au début, mais il fallait un temps d'adaptation, c'était nouveau pour lui. Toute sa vie on lui avait caché qu'il avait un grand frère… un frère différent des autres, autiste, refermé sur lui-même, mais un vrai grand frère avec lequel il avait apprit à nouer des liens parce que quand on était frères, peu importait la maladie, il existait un lien inné que personne ne pouvait briser.
Bien sûr, Charlie savait que vivre avec Ray serait compliqué, qu'il devrait toujours faire attention à lui, qu'il devrait anticiper tout ce qu'il pourrait faire et arranger sa maison en conséquence, mais ça, ce n'était pas grave. C'était Ray… Ray qui avait été celui des deux à pencher la tête pour poser son front contre le sien, réclamant le contact de son cadet alors que peu de personne pouvait le toucher. C'était un signe, ça, non ? C'était bien qu'il voulait rester vers lui, que malgré sa maladie il savait qui il était et qu'il l'aimait à sa manière, non ? En tous cas, Charlie l'aimait et en se levant ce matin, il savait que la journée serait compliquée parce qu'il se mit à pleurer à peine il s'assit sur le bord de son lit pour se lever.
Il pleurait parce qu'il allait devoir emmener Ray à la gare, le remettre à Bender et le voir repartir pour Wallbrock… et jamais le jeune homme n'avait eu aussi mal depuis la mort de sa mère. Les larmes furent longues à maitriser, mais il savait qu'il devait le faire. Il devait accompagner Ray à la gare. S'il ne le faisait pas, Bender l'attaquerait en justice et il serait bien capable de réussir à lui interdire de le revoir pour le reste de sa vie.
Charlie se maitrisa donc maladroitement, se redressa et s'habilla avant d'aller voir comment aller Ray. Il avait installé son lit comme il le voulait, avait déplacé sa télé dans sa chambre, lui avait acheté ses boules soufflées au fromage préféré et avait déposé toute une pile de livre dans l'étagère… et dans ce cocon qu'il avait aménagé un peu rapidement et qu'il aurait pu améliorer au fur et à mesure, Ray se sentait bien. Il le voyait parce qu'il se déplaçait naturellement, à l'aise et qu'il lui fit un geste de la main quand il entra dans la pièce.
- Tu es prêt Ray ?
- Prêt, je suis prêt, répondit son frère.
Charlie sourit et lui tendit sa veste et sa petite télévision portative. Ça, c'était un cadeau qu'il voulait qu'il emmène, peut-être qu'il se rappellerait que c'était lui qui lui avait offerte.
Le trajet en voiture fut compliqué. C'était le dernier qu'ils faisaient ensemble avant très longtemps, les émotions de Charlie refirent surface et il enfila rapidement ses lunettes de soleil. Elles étaient larges, opaques… idéales pour cacher ses yeux rougis.
A la gare, tout lui parut étrange. Déjà il y eut le face à face avec Bender duquel il serra la main pour ne pas se le mettre définitivement à dos avant de ne pas s'empêcher de pouvoir murmurer.
- Prenez bien soin de lui, je vais venir le rechercher dans pas longtemps.
Bender ricana.
- Il vous faudra un bon avocat.
- Je vais en trouver un.
Bender perdit son sourire et partit en direction du train après avoir donné une tape sur l'épaule de Charlie. Il ne le prenait pas au sérieux, mais il avait tort.
Et puis, il y avait l'attitude de son frère. Le nez dans sa télévision, Ray ne fit pas vraiment attention à son petit frère qui dut le rappeler pour lui dire que cette séparation n'était que temporaire et qu'il viendrait le voir dans 15 jours… Ray avait hoché la tête, notant la date mentalement et semblant apprécier de le revoir dans 15 jours.
15 jours… le temps qu'il lui fallait pour contacter un avocat, pour se renseigner sur ses droits et pour tout faire pour le ramener là où il devait être : auprès de lui. Parce qu'aujourd'hui il devait subir cette séparation forcée, mais ce n'était que provisoire, il se le promit… même s'il ne parvint pas à retenir ses larmes lorsque le train se mit en marche… des larmes violentes, cachées par ses lunettes de soleil, mais qui coulèrent sur ses joues alors qu'il tremblait doucement et qui le laissèrent planter là pendant plus d'une demi-heure avant de parvenir à bouger. Il ne pouvait pas craquer, Ray avait besoin de lui.
