Je ne possède aucun des personnages du manga.

Un recueil de textes courts sur l'univers du manga Goldorak, nous plongeant dans un instant ou une pensée des protagonistes de l'histoire

Ce texte a été publié pour la première fois dans le cadre d'un défi whump. J'ai décidé de publier aussi dans le fandom d'origine.

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


QUELQUES TEXTES SUR LE PRINCE DE L'ESPACE

Un lit pour deux

Il y avait des nuits plus compliquées que d'autres, des nuits qui lui refusaient le sommeil, surtout lorsqu'elles s'ouvraient sur une Lune Rouge… une Lune qui annonçait, peur, mort, destruction et flot de sang… le privant de sommeil ou lui provoquant de terribles de cauchemars, des cauchemars si douloureux qu'ils réveillaient son ancienne blessure au bras infligée par les hommes de Véga… Une blessure qui ne guérirait jamais vraiment et qui se ravivait régulièrement.

Cette nuit-là, Actarus était épuisé avant même de s'allonger. Il y avait eu une lutte violente, un combat âpre et tout son corps lui faisait mal. Il n'aspirait qu'à dormir de longues heures, mais la Lune Rouge l'avait fait trembler. Ils reviendraient à l'attaque dès le lendemain…

A bout de force, le prince d'Euphor s'était laissé tomber sur son lit. Son corps s'était mis à trembler et il avait réussi de justesse à ravaler ses larmes avant que son épuisement ne le rattrape et que le sommeil n'arrive à le vaincre.

Sauf que son sommeil ne fut pas réparateur, bien au contraire… les cauchemars dépassèrent en violence tous ceux qu'il avait l'habitude de faire. Ce n'était pas seulement la destruction d'Euphor et la mort de ses parents qu'il revécu, mais ce fut l'extinction de la Terre, son annihilation totale et la mort de cette famille qu'il s'était reconstruite. Il vit la mort de Rigel, de Mizar, d'Argoli… Il assista à l'exécution de Vénusia… dût assister à la torture à mort d'Alcor… et quand ce fut le professeur, ce père de cœur qui lui avait sauvé la vie, il ne put retenir un grand cri.

D'un bond, il se redressa sur son lit, tremblant de tous ses membres, en pleurs et totalement déboussolé… si déboussolé qu'il s'écarta vivement de la personne debout devant son lit qui venait de poser sa main sur son bras. Il recula, comme si c'était une agression, perdu encore dans les images atroces qui ne voulaient pas quitter sa rétine.

- Eh doucement grand frère… doucement…

Cette voix, cette voix douce et apaisante… Une voix qui dissipa les images de mort et lui laissa entrevoir le visage inquiet de sa petite sœur.

- Actarus… Grand frère…

- Phénicia ?

C'était plus une question qu'une constatation, mais la jeune femme lui sourit et s'assit doucement sur le bord du lit.

- Oui c'est moi, dit-elle en glissant une main apaisante dans son dos, c'est moi. Tout va bien, ce n'était qu'un cauchemar et…

La jeune fille n'eut pas le temps de finir sa phrase. Toujours bouleversé, le jeune homme venait de s'écrouler en avant et elle eut juste le temps de le réceptionner dans ses bras. Avec tendresse, elle l'attira contre elle, posa sa main sur sa nuque et se mit à le bercer.

- Tout va bien, ne t'en fais pas.

- Je suis tellement épuisé Phénicia, j'ai l'impression que je n'y arriverai pas.

- Chut, ne perds pas espoir, regarde, tu pensais que j'étais morte moi aussi, mais je suis là… L'espoir existe, ne le perds pas…

- Je suis fatigué…

- Je le vois, dit Phénicia en l'agrippant doucement pour l'allonger avec elle dans le lit. Il faut que tu dormes.

Actarus ne dit rien, mais se laissa faire. Phénicia lui caressa doucement les cheveux et le laissa déposer sa tête dans son cou. Elle comprenait son abattement. Elle sentait les hématomes, les côtes fêlées et les coupures dans son dos. Le combat avait été violent, difficile. Il avait bien failli y laisser sa vie et cela durait depuis des mois… La peur de revivre la destruction d'Euphor était tout le temps présente dans son esprit.

- Essaie de dormir un peu, je vais rester vers toi.

- Tu n'es pas obligé, tu…

- Tu es mon grand frère, tu veilles toujours sur tout le monde, laisse-moi prendre un peu soin de toi, murmura-t-elle en lui donnant un baiser de réconfort sur le front. Dors…

Actarus hocha doucement la tête, ferma les yeux et se laissa aller, là, dans les bras de sœur, plongeant dans le sommeil en quelques secondes. Phénicia le regarda s'endormir, fit glisser ses doigts le long de sa joue et lui déposa un deuxième baiser sur le front.

- Repose-toi grand frère… Je t'aime…