Heya ! On est le 15 du mois ! Ouiiiiiiiiiii ! \o/

J'ai pas grand-chose à raconter, donc je vais juste remercier Andromeda pour son travail de bêta-lectrice, comme d'habitude :3

Bonne lecture~!


- 20 mars 1512 -

Lorsque vous étiez un enfant ou un jeune adolescent, il y avait une loi qui vous empêchait de vous fournir des armes à feu de façon légale, et si vous vous faisiez prendre en possession de ces armes en étant mineur, vous risqueriez de gros ennuis. Cependant, quand vous associez une enfant qui débordait d'idées, et un jeune adolescent brillant, vous arriviez à contourner cette loi afin de pouvoir reprendre un entraînement au tir sans que ce ne soit bruyant et ne vous fasse repérer à des kilomètres.

Et pour une fois, Tami était ravie de battre Law sur un domaine. Qui aurait cru que le tir à l'arc serait sa faiblesse alors qu'il était un excellent tireur avec un pistolet ou un fusil ?

- Merde… pesta le jeune homme alors qu'il touchait encore la cible dans la zone noire.

Il passa l'arc à la demoiselle et partit chercher les flèches pour lui laisser le tour. Tami se mit en place face à la cible et positionna son corps à la diagonale, levant l'arc de son bras gauche, sans toutefois le tendre complètement, tirant la corde avec trois doigts de sa main droite, positionnée juste en dessous des plumes. Elle aligna la pointe de la flèche, le centre de la cible et son œil droit et lâcha la corde, restant parfaitement immobile jusqu'à ce qu'elle entende clairement le projectile se planter. Ensuite seulement, elle abaissa son bras gauche, et constata avec fierté que la flèche n'était pas très loin du centre.

- J'arrive toujours pas à comprendre comment tu fais, soupira Law.

- En fait, je-

- C'était rhétorique, t'embête pas à me répéter comment faire pour la huitième fois, l'interrompit le jeune homme avec un air blasé.

Tami haussa un sourcil en le regardant.

- C'est moi ou tu boudes parce que j'arrive à te battre dans quelque chose ? demanda-t-elle.

- Pardon ?

- Ben c'est vrai, quoi, dès qu'on fait du tir t'es tout ronchon et tu t'énerves pour un rien.

Law ouvrit la bouche pour répliquer, mais dut se rendre à l'évidence qu'elle disait vrai. Pas sur le fait qu'il boudait, mais sur son manque de patience flagrant avec une arme qu'il ne maîtrisait pas et n'aimait pas particulièrement manier.

- Je n'aime juste pas cette arme, finit-il par répondre. Je suis plus à l'aise avec un flingue. Ou des fusils.

Tami leva les yeux au ciel et banda une nouvelle fois son arc, touchant une nouvelle fois la cible proche du centre après avoir lâché la corde.

- Je pense que je vais abandonner l'idée et te laisser faire, déclara le jeune homme avec un air blasé. Je perdrais moins de temps si je travaillais dans la Room à la place.

- Mais non, tu vas t'améliorer, fit la demoiselle, voulant rassurer le garçon.

- Tami, on fait ça depuis plus de trois mois et je suis toujours aussi mauvais, raisonna-t-il. Cet arc est juste pas fait pour moi, c'est pas la fin du monde.

Ce fut au tour de la demoiselle de ne pas savoir quoi répondre. Après tout, Law disait vrai, il n'avait pas progressé d'un pouce depuis qu'ils avaient commencé. Peut-être valait-il mieux admettre sa défaite au lieu d'insister inutilement…


- 23 novembre 1512 -

Law avait encore eu une belle poussée de croissance pendant l'été. Du haut de ses 15 ans, il mesurait désormais 1m75, tandis que la petite Tami de bientôt 13 ans semblait coincée à 1m40. Ce qui la dégoûtait d'ailleurs.

Avec la taille qu'il avait, maintenant, Law s'entraînait régulièrement avec Kikoku, qu'il pouvait enfin manier, comme le nodachi ne faisait plus le double de sa taille. C'était impressionnant de le voir manipuler une arme aussi imposante et lourde avec une telle rapidité et agilité, de l'opinion de la demoiselle.

En train de décrocher les flèches de sa cible, elle observait le jeune homme avec un léger sourire. Le nodachi semblait bien plus lui correspondre en tant qu'arme. D'ailleurs il ne semblait plus vouloir la quitter et l'emmenait partout avec lui.

Du bruit attira l'attention de Tami qui tourna la tête pour voir un lièvre dans le sous-bois non loin. Law et elle étaient censé passer en ville dans la soirée, mais prendre un peu d'avance pour le dîner ne serait pas une mauvaise chose. Elle prit une flèche, banda son arc et tira, touchant l'animal en plein cœur.

- Law ! On rentre ! lui lança-t-elle en levant sa proie pour la montrer au jeune homme.

Celui-ci hocha la tête et vint hisser la cible de tir sur son épaule pour retourner en direction de leur bateau de pêche. Law était plus taciturne depuis quelques jours, la demoiselle avait pu le constater, mais quoi qu'elle fasse il ne semblait pas se décoincer.

Alors qu'ils se mettaient à la préparation du repas, elle finit par craquer.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle.

- Quoi ? répondit l'adolescent.

- Tu parles pratiquement plus depuis des jours, fais pas comme s'il y avait rien !

Elle croisa les bras alors qu'elle le regardait en fronçant les sourcils. Law sembla s'énerver.

- Fous-moi la paix.

- C'est ce que j'ai fait, répliqua-t-elle. Pendant plus d'une semaine. Et pourtant tu m'adresses quand même plus la parole, tu réponds par monosyllabe à mes questions, j'ai l'impression de parler à un mur !

- Et alors ?

- Et alors, dis quelque chose !

Elle perdit son air colérique pour un air coupable.

- Enfin c'est vrai, quoi, marmonna-t-elle. Si j'ai fait quelque chose pour te mettre en colère, je…

- Stop, trancha-t-il sèchement. Pas un mot de plus.

Tami se mordit la lèvre inférieure alors que ses yeux devenaient brillants. Elle reposa la pomme de terre qu'elle était en train d'éplucher et partit de l'autre côté du rideau qui séparait la chambre du reste de la cabine.

En la voyant faire, Law poussa un soupir. Il avait vraiment tout gagné…


- Tami ?

La demoiselle ne lui répondit pas lorsque le jeune homme passa la tête de l'autre côté du rideau. Il entra dans la chambre avec un bol de ragoût de lièvre à la main et rejoignit la couchette sur laquelle l'enfant était allongée, lui tournant le dos, enroulée autour de son phoque en peluche.

- Laisse-moi tranquille, dit-elle d'une petite voix quand elle l'entendit faire. De toute façon tu veux plus me parler.

- Arrête, Tami, c'est pas ce que j'ai voulu dire, répondit-il.

La demoiselle lâcha sa peluche et se hissa sur ses bras pour le regarder, un air de reproche sur son visage et ses yeux rougis.

- Menteur.

Bon sang, il n'était vraiment pas doué pour gérer ce genre de situation…

- Écoute, c'est… commença-t-il avant de s'interrompre. Comment dire… J'ai… Je sais pas vraiment comment t'expliquer ça.

Il partit s'asseoir sur sa propre couchette et posa le bol sur la planche qui servait de chevet, avant de poser ses coudes sur ses genoux et de passer les mains sur son visage. Le jeune homme n'avait pas l'air fier. Tami sembla le réaliser et accepta d'écouter ce qu'il avait à dire, quittant sa position allongée pour s'asseoir face à lui.

- J'ai rêvé de Flevance, confia-t-il soudainement.

La demoiselle se sentit aussitôt coupable de l'avoir enguirlandé pour son mutisme.

- C'était pas arrivé depuis très longtemps, ça m'a pris par surprise, continua Law. Revoir mes parents et… Lamy.

Le jeune homme ne lui avait jamais vraiment raconté ce qu'il s'était passé ce jour-là, lorsque sa ville natale avait été détruite et tous ses proches avec. Mais elle en savait suffisamment pour savoir que c'était un sujet sensible et ne tenait pas à insister là-dessus.

- Pardon, s'excusa-t-elle. J'aurais pas dû te crier dessus…

- J'aurais dû dire quelque chose au lieu de te laisser cogiter dans ton coin, réfuta l'adolescent. Ce que je voulais dire tout à l'heure quand je t'ai demandé d'arrêter, c'est que tu n'y étais pour rien et que c'était stupide de mettre mon comportement sur ton dos. C'est tout.

Tami se leva de sa couchette et vint s'asseoir à côté de Law pour l'enlacer.

- Je suis désolée quand même, déclara-t-elle.

- D'accord, d'accord… soupira le jeune homme avec un discret sourire, passant un bras autour de la demoiselle. Moi aussi je suis désolé. La prochaine fois je te laisserai pas dans le noir comme ça, ok ?

- Ok…

Un silence confortable s'installa alors que les deux jeunes profitaient de la chaleur de l'autre et du réconfort du câlin.

- On peut attendre demain pour sortir, dit soudainement Tami.

Law se rappela qu'ils étaient censés aller voir en ville dans la soirée, mais étant donné les circonstances, ce n'était pas plus mal.

- Ouais. On peut attendre demain, acquiesça-t-il.


- 24 novembre 1512 -

Se promenant au milieu de la foule, les deux jeunes parlaient médecine. Le jeune homme était parvenu à envoyer une candidature pour passer un examen en candidat libre qui lui ouvrirait la porte à tous les domaines qu'il étudiait. C'était la première étape dans son objectif de rafler tous les diplômes qu'il convoitait. Une feuille des notes prises par Law dans la main, Tami l'aidait à réviser.

- Veine petite saphène ? demanda-t-elle.

- Elle démarre sur le côté du pied et remonte dans le mollet pour se relier à la veine poplitée.

- Bien, maintenant- oh !

Le jeune homme posa sa main dans le dos de la demoiselle pour l'aider à reprendre son équilibre et fusilla du regard la femme qui venait de la bousculer.

- Laisse tomber, soupira Tami. On est dans une foule, ça arrive.

Ils se remirent donc à avancer.

- Je disais, veine porte ?

Law lui prit la fiche des mains et la fourra dans sa poche sans même la consulter.

- Je préfère que tu regardes devant toi quand tu marches. Elle part de la veine splénique et de la veine mésentérique pour rejoindre la veine mésentérique supérieure.

Tami lui adressa un regard perplexe.

- Elle part du pancréas et rejoint la deuxième vertèbre lombaire, simplifia-t-il. Juste ici.

Il posa deux doigts sur la vertèbre en question et la demoiselle hocha la tête.

- C'est quand même compliqué tout ça, il y a beaucoup de veines dans le corps humain, nota-t-elle.

- Ouais. C'est un peu compliqué de toutes les retenir, mais jusqu'à maintenant j'ai pas fait de faute.

- Grosse tête.

- Merci.

Tami eut un sourire amusé alors qu'elle levait les yeux au ciel, posant au passage son regard sur la prime d'un pirate inconnu au bataillon. Elle reprit bien vite une expression plus neutre, réfléchissant.

- À quoi tu penses ? lui demanda le jeune homme.

- Qu'est-ce que tu veux faire, plus tard ? lui demanda-t-elle en réponse. Je sais que tu veux passer tes diplômes, mais si tu travailles dans un hôpital ou une clinique…

Elle n'osa pas formuler la suite.

- Je sais, répondit Law, comprenant ce qu'elle voulait dire. Quoi qu'on fasse, de toute façon, il sera toujours en train de nous courir après, j'ai l'impression. Malgré tous les efforts de Cora-san, on est pas vraiment libre tant que cet enfoiré est là, dehors. Je peux oublier l'idée de rester un civil, et la révolution, c'est pas pour moi.

Il était parfaitement inutile qu'il évoque la Marine, aucun des deux n'avait oublié ce qu'ils leur avait fait.

- Pour être honnête, ça fait un moment que je pense à la piraterie, admit-il. Tu imagines si j'arrivais à mettre la main sur le One Piece ? Je trouve que ce serait une belle revanche sur la vie.

- Une revanche, répéta la demoiselle avec amusement. Dis-le que tu rêves de partir à l'aventure.

- Comme si tu ne le savais pas déjà, ricana-t-il. Tu me connais trop bien à mon goût.

- Peut-être, mais des fois c'est bien pratique, répondit-elle.

Law perdit son sourire alors qu'il levait la tête vers le ciel.

- Et toi, tu viendrais avec moi ? demanda-t-il après quelques secondes.

Ce fut au tour de la demoiselle de perdre son sourire.

- Oui… mais pas tout de suite, finit-elle par répondre.

- C'est-à-dire ?

Elle prit le temps de réfléchir à comment lui expliquer son raisonnement.

- Je me dis qu'être pirate, ça veut dire qu'on a des primes sur la tête quand on se fait connaître, commença-t-elle. Et que Doflamingo en entendrait parler, et que ce serait facile de nous retrouver pour lui. Et bon, tu sais comme on s'est déjà imaginé le mettre hors d'état de nuire…

- Tami, on se défoulait juste, intervint Law. Je veux me venger autant que toi, mais-

- Je sais, on a jamais décidé de faire quoi que ce soit. Mais imagine si on avait les informations nécessaires ?

L'adolescent se tut, regardant la demoiselle avec un mélange de compréhension et d'inquiétude.

- Je veux partir à l'aventure avec toi, mais avant ça, je veux qu'on tienne la promesse qu'on a faite à Cora-san, déclara-t-elle. Je veux qu'on soit libres.

- Tu aurais un moyen de détruire Doflamingo ? se surprit à demander le jeune homme.

- Pas encore, réfuta Tami. Mais si je devenais capable de trouver tous les renseignements qu'on voudrait, on pourrait s'en servir pour le faire tomber.

Elle leva les yeux vers Law et il se surprit à penser qu'ils avaient tous les deux beaucoup changé depuis les événements de Minion Island. Leur situation les avait amené à mûrir plus vite pour pouvoir endosser les rôles des adultes absents de leur vie, mais il leur arrivait aussi de se montrer très immatures, comme pour contrebalancer.

Pourtant, à cet instant, Tami semblait si sûre d'elle…

Bien sûr, malgré cette déclaration il aurait préféré qu'elle se contente de lui répondre "oui" et ne l'accompagne pour le reste de sa vie, là où il pourrait la protéger, mais il fallait se rendre à l'évidence : elle avait raison. Tant que Doflamingo ne se retrouvait pas mort ou derrière les barreaux, ils seraient constamment sous sa menace.

- Je veux apprendre à m'infiltrer, continua-t-elle. Je veux savoir comment chercher et trouver les informations et je veux les vérifier moi-même pour être sûre qu'elles soient vraies. Comme ça, je pourrai t'aider, et on pourra venger Cora-san comme t'arrête pas d'en parler.

- J'ai jamais dit que je voulais venger Cora-san, fit Law en haussant un sourcil.

- Si, dans ton sommeil.

L'adolescent tira la visière de son bonnet nordique sur son visage pour cacher la légère rougeur de ses joues.

- Et quand ce sera fait, qu'il ne pourra plus rien faire, reprit Tami. Je te rejoindrai, et on pourra le faire, ce tour du monde !

Elle le regarda avec des étoiles dans les yeux à cette perspective, affichant un grand sourire.

- Ce sera dangereux, pointa Law. Et difficile.

- Comme d'être pirate, répondit-elle. Ou d'avoir tes diplômes de médecine.

Il ne put s'empêcher un léger sourire amusé. Décidément.

Mais après tout, Cora-san était mort pour s'assurer qu'ils seraient libres. C'était bien pour qu'ils puissent choisir eux-même leur futur, non ?

- En attendant, si tu veux, je peux t'appeler "Captain" gloussa-t-elle avec un air espiègle.

- Je croyais que tu voulais devenir informatrice ?

- Oui, mais je travaillerai quand même pour toi, donc est-ce que ça ferait pas de moi ton premier membre d'équipage ?

La logique se tenait.

- Touché.

- En plus, si tu ne le dis à personne, il n'y aura pas de problème, éluda l'enfant. Ton équipage, la Marine, Doflamingo, personne ne saura !

Law prit le temps de la réflexion. L'idée n'était pas bête. S'il était le seul de l'équipage à connaître son existence, alors peu importe si l'un de ses futurs hommes s'avérait être un traître (après tout, on ne savait jamais), elle resterait à l'abri. Et pour peu qu'elle soit suffisamment prudente, il n'y avait aucune raison qu'elle ne décroche une prime... Alors l'attention de la Family serait concentrée sur lui et elle pourrait fouiller à loisir afin de dénicher les fameuses informations qui leur seraient utiles…

Peut-être même qu'il pourrait trouver un moyen de la faire passer pour morte auprès de Doflamingo et sa clique, histoire qu'ils ne pensent même plus à chercher après elle.

- Finalement, je trouve que c'est une bonne idée, acquiesça-t-il.

Oui, il se sentait plutôt volontaire pour jouer l'appât. Mais avant ça, il voulait décrocher ses diplômes.


-1er février 1513-

Law était tranquillement allongé sur sa couchette, plongé dans l'un de ses livres quand il entendit Tami chantonner de l'autre côté du rideau. Curieux, il se leva pour passer la tête et voir ce qu'elle faisait. Elle était assise à table, balançant ses jambes, ses boîtes de crayon ouvertes à côté d'elle.

Le jeune homme s'approcha pour regarder ce qu'elle dessinait, se demandant ce qui la mettait de si bonne humeur et haussa les sourcils.

Elle était en train de coloriser ce qu'il comprit être un Jolly Roger en forme de virus, avec un visage souriant à l'intérieur, similaire à celui de la Family, la barre qui le traversait en moins. Sur la page voisine il y avait diverses versions qu'elle semblait avoir essayé de créer avant de jeter son dévolu sur celui-ci. Certains avaient une forme de cœur, ce qui le fit sourire étant donné qu'il lui avait dit vouloir nommer son équipage Heart, en l'honneur de Rosinante. D'autres croquis embrassaient déjà la forme du virus, d'autres n'avaient que le sourire, d'autres encore n'étaient que des parodies du Jolly Roger de Doflamingo. Elle semblait y avoir beaucoup réfléchi.

Sans un bruit, le jeune homme revint au niveau de sa couchette, arborant un sourire fourbe.


- 2 février 1513 -

- Law ? appela la demoiselle.

- Ouais ?

- T'aurais pas vu mon carnet à dessin ? Je le trouve plus.

- T'as cherché sous le coffre de ton lit ?

Tami partit vérifier immédiatement alors que le jeune homme enfilait son vieux manteau gris.

- Je dois aller faire un truc en ville, je t'aiderai à chercher en rentrant, lui lança-t-il avant de sortir de la cabine.

Son sourire fourbe revint à la charge dès qu'il fut dehors. Il tapota la poche de son manteau où il avait glissé le carnet et se mit en route. Le jeune homme le lui rendrait une fois qu'il serait de retour, il devait juste le lui emprunter pendant un moment. Il avait hâte de voir sa tête.


- 5 février 1513 -

Tami releva la tête de sa vaisselle lorsqu'elle entendit la porte de la cabine.

- Alors, ce colis ? lui demanda-t-elle.

- Je l'ai.

La demoiselle tourna la tête vers Law, mais il n'avait rien dans les mains. Elle pencha légèrement la tête sur le côté, curieuse, alors qu'il commençait à retirer son manteau. La casserole et l'éponge qu'elle avait dans les mains tombèrent dans l'évier en éclaboussant son tee-shirt d'eau de vaisselle, mais elle n'y fit pas attention, son regard fixé sur ce que le jeune homme portait sous ce fameux manteau.

Celui-ci afficha un grand sourire, exhibant fièrement son sweat à capuche flambant neuf. Les manches, la capuche et toute la zone des épaules était noires, le reste du tronc était en jaune, et brodé sur ce jaune, il y avait encore du noir. Son Jolly Roger. Celui qu'elle avait imaginé quelques jours plus tôt et qu'elle n'avait pourtant jamais montré à Law.

- D'où est-ce que tu sors ça ? demanda-t-elle dans un souffle, son visage prenant une intéressante couleur piment.

- Je t'ai vue travailler dessus, et j'ai décidé qu'il me plaisait, déclara-t-il en réponse. Je te présente donc le Jolly Roger officiel du futur équipage des Heart.

Tami voulut répondre quelque chose, mais son cerveau semblait avoir court-circuité. Et dans son sadisme sous-jacent, lorsqu'il la vit devenir de plus en plus rouge avant de finalement cacher son visage dans ses mains, Law ressentit une bouffée de fierté.


- 18 avril 1513 -

Law grimaça alors qu'il lisait un chapitre de son livre le plus récent, qui traitait principalement des anatomies génitales, des maladies transmissibles et d'éducation sexuelle. Oh il ne s'y mettait pas aussi tard dans ses études par volonté, mais tous les ouvrages qu'il avait lus à ce sujet lui semblaient terriblement obsolètes.

C'était donc un plaisir de voir que celui-ci, qui venait de sortir, était le plus complet et mis à jour avec les dernières découvertes. L'autrice, le docteur Wimsy, avait fait un excellent travail, mais il se sentait un peu moins satisfait en constatant tout ce qu'il avait manqué, et surtout… Ce que Tami aurait pu avoir le malheur de découvrir seule.

Il avait décidé de prendre des notes juste pour s'assurer d'avoir tout compris et d'être capable de lui expliquer clairement. Il referma le livre et poussa un soupir.

- Tami ? Il faut qu'on parle, lui lança-t-il.

La demoiselle sortit la tête de derrière le rideau et en voyant son air sérieux, elle déglutit, mais s'approcha pour s'asseoir en face de lui.

- J'ai fait quelque chose ? s'inquiéta-t-elle.

- Non, mais on doit avoir une conversation importante, expliqua le jeune homme. J'ai enfin pu mettre la main sur un traité fiable, et je dois t'expliquer certaines choses.

- Ah ? Euh… d'accord, répondit Tami, peu sûre d'elle.

Law lui montra un schéma qu'il avait gribouillé à partir du livre et commença ses explications, lui apprenant la biologique de base du corps féminins, et donc les différents organes qui servaient à la reproduction.

- Et lorsqu'une fille atteint la puberté, son corps commence à changer. Elle grandit, sa voix mue, un peu comme pour les garçons, expliqua-t-il patiemment. Des poils vont commencer à pousser sur les jambes, sous les bras, sur le pubis, sa poitrine va se développer… Et elle va avoir ses menstruations.

- Et c'est quoi ? demanda curieusement la demoiselle.

- Basiquement, ici tu as les ovaires et les trompes de Fallope, répondit-il en pointant les organes sur le schéma. Tes ovaires vont se mettre à produire des ovules qui voyageront par les tubes jusqu'à l'utérus. C'est dans ce cas là qu'il est possible de tomber enceinte.

Elle le regarda d'un air perplexe devant le terme. C'est vrai qu'elle n'avait probablement jamais entendu ce terme, étant donné l'endroit où elle avait grandi.

- Porter un bébé dans son ventre jusqu'à ce qu'il naisse, simplifia-t-il.

- Oh.

- Je reprends. Il y a une couche sur les parois de l'utérus, l'endomètre, qui va se mettre à s'épaissir, et à la fin du cycle, si l'ovule n'est pas fécondé, alors l'endomètre va "s'auto-détruire" pour reprendre sa taille normale, et sera évacué sous la forme de pertes de sang qui sortiront par le vagin.

Tami pris quelques secondes à regarder le schéma, sourcils légèrement froncés lorsqu'elle releva la tête vers le jeune homme.

- Donc en grandissant, je vais perdre du sang par là ? résuma-t-elle.

- C'est ça, et à partir du moment où ça arrivera pour la première fois, ça devrait se répéter tous les mois. J'ai lu aussi que ça pouvait te donner mal au ventre, alors on va s'assurer que tu aies toujours de quoi te sentir mieux, ok ?

- Ok ! Merci de m'avoir expliqué ! sourit l'enfant.

Elle reposa les yeux sur le schéma avant de poser une autre question.

- Comment on fait les bébés ?

Law ne répondit pas tout de suite, pris de cours. Il se passa une main sur la nuque et poussa un soupir. Visiblement il avait bien plus de choses à lui apprendre qu'il ne le pensait…


Merci aux mécènes qui me soutiennent : Andromeda, Clixia, Mariam Pizette et portgas yuwine !