Chapitre 17 – Bulma
Encore une fois, désolée pour le délai!
Celui-ci était un peu plus long à écrire… et avait besoin d'un peu plus d'attention que les autres.
Enjoy 😊
Vide.
C'est ainsi que Bulma retrouva le lit de Végéta le lendemain de sa rencontre avec Raditz et Nappa.
En arrivant sur place, la jeune femme scruta d'abord attentivement la pièce pour être certaine qu'il ne faisait pas encore des pompes quelque part sur le sol. Puis, ne le voyant nulle part, elle finit par conclure qu'il n'était pas là.
Elle déposa le matériel médical ainsi que les tranches de pain qu'elle avait subtilisés de son assiette à déjeuner sur le chariot et alla directement trouver Idris. Celle-ci s'occupait à recoudre l'une des crêtes cervicales d'un soldat blessé, quelques lits plus loin.
-Tu sais où pourrait être Végéta? lui demanda-t-elle. Il n'est pas dans son lit ni aux toilettes parce que je viens d'aider le patient du lit numéro huit à s'y rendre.
Idris leva transitoirement les yeux vers elle pour la regarder.
-Il est parti tôt ce matin, bien avant que tu arrives, répondit-elle avant de reprendre son travail.
-Ah bon? Et pour aller où? Il ne doit pas être bien loin, il tenait à peine sur ses jambes hier matin!
Idris tira sur l'un des fils chirurgicaux avec la délicatesse d'un lutteur, ce qui arracha une plainte au soldat.
- Il doit être à la salle de simulation, en train de s'entraîner. Je ne vois pas ce qu'il pourrait faire d'autre.
-Il est parti… QUOI? s'emporta soudainement Bulma.
Idris interrompit sa procédure pour placer sur elle deux yeux jaunes inquisiteurs.
-Mais il est complètement fou! ajouta la femme aux cheveux bleus. Il était à l'article de la mort il y a cinq jours à peine. Il ne peut pas sérieusement être en train de s'entraîner!
-C'est un Saiyan, se contenta de dire Idris en haussant les épaules, comme si cela suffisait à justifier le comportement de Végéta.
Bulma ouvrit de grands yeux pour signaler qu'il lui était impensable et totalement irréfléchi de laisser quelqu'un d'encore blessé retourner à l'entraînement aussi tôt.
-Ils sont tous pareils, ajouta Idris en constatant son incrédulité. Les Saiyans. Ils ne pensent toujours qu'à s'entraîner, se battre et devenir plus forts. Toujours plus fort. C'est inscrit dans leur code génétique. Tu ne peux rien y faire, ma jolie.
Elle ponctua son affirmation d'un second haussement d'épaules et reprit son travail comme si tout cela n'était qu'une fatalité à laquelle on ne pouvait rien changer. La jeune femme resta un moment à la regarder transpercer la chair bleutée du soldat avec son aiguille. Elle aussi connaissait bien la dévotion des Saiyans pour le combat, l'obsession malsaine de Goku l'ayant toujours un peu dépassé. De constater que Végéta sortait du même moule ne la surprenait pas tant que ça.
Mais si les Saiyans avaient l'obsession pour le combat d'inscrit dans leurs gènes, le caractère de Bulma Brief, lui, y était gravé tout autant.
-Ça, c'était avant de croiser mon chemin! s'exclama la jeune femme en tournant vivement les talons pour se diriger vers la sortie de l'unité médicale.
Mais avant même d'avoir pu faire deux pas, elle fut arrêtée net par Idris qui l'agrippa fermement par le bras. Ses pinces, son aiguille et son fil déposés sur le lit, elle posa des yeux sévères sur elle. Le soldat qu'elle était en train de soigner tenait entre ses doigts le morceau de peau qu'elle était en train suturer. Intéressé par l'interaction qui prenait place devant lui, il les observa tour à tour avec curiosité.
-J'éviterais de m'en mêler si j'étais toi, avertit Idris sombrement.
Bulma fronça les sourcils. Elle n'était pas certaine d'apprécier cette main froide sur son bras, ni le ton de voix qu'elle venait d'utiliser.
- Les Saiyans sont des guerriers particulièrement agressifs et impulsifs. Il est plus… risqué… de les côtoyer en général.
Elle resserra subtilement ses doigts autour de son bras et se rapprocha d'un pas.
-Mais Végéta… il est…
Elle plissa les paupières, l'air de chercher les mots qu'il convenait d'utiliser pour qualifier l'homme qu'elle s'apprêtait à aller sermonner.
- Il est complètement débile, conclut le soldat blessé à sa place.
Les deux femmes se tournèrent pour le regarder.
-C'est un fou, renchérit-il. Il aime tout détruire autour de lui. Il carbure au pouvoir et à la violence.
Bulma leva un sourcil, surprise que ces mots soient ceux choisis pour qualifier le Saiyan qu'elle avait soigné dans les derniers jours. Idris ne réfuta pas le soldat. En voyant le scepticisme se dessiner sur les traits de la jeune femme aux cheveux bleus, celui-ci jugea bon de détailler ses propos.
-J'étais en mission avec lui une fois, poursuivit-il allègrement. Je l'ai vu détruire un village entier d'un simple revers de la main juste parce qu'il en avait marre de la mission qu'on lui avait attitrée. Et quand il a appris que Frieza le punirait pour son geste, il s'est mis à rire. À rire, putain! Je vous jure, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond avec lui.
Idris laissa tomber le bras de Bulma, qui était tout ouïe.
- Ce que nous essayons de te dire, Humaine, c'est que Végéta est dangereux, conclut-elle avec fermeté. Alors un conseil; tiens-toi loin de lui si tu veux garder ta jolie tête sur tes épaules.
Bulma se retrouva d'abord secouée par ces avertissements particulièrement alarmants. Ils concordaient bien avec le personnage et il était plutôt facile de croire qu'ils décrivaient l'homme apathique qu'elle avait rencontré sur Terre et dans cette unité médicale.
Il s'agissait d'avertissements particulièrement dissuasifs, qui auraient convaincu n'importe qui d'abandonner l'idée de se diriger vers la salle de simulation de combats.
N'importe qui, sauf Bulma.
Obstinée, elle posa ses poings sur ses hanches, nullement impressionnée par leurs histoires de tueur en série. Des ennemis dangereux, elle en avait rencontré une panoplie pendant ses explorations sur Terre. Souvent, elle s'était fait reprocher son insouciance et ses actions irréfléchies. Et même si cela l'avait positionné dans des situations déplaisantes et risquées à de multiples reprises, c'était ce même caractère un peu téméraire qui faisait d'elle ce qu'elle était.
Et cette fois-ci n'y faisait pas exception.
-Végéta ne me fait pas peur, répliqua-t-elle avec assurance. Il y a des choses qui ne se font pas, et comme tous les soldats sur ce vaisseau, il doit respecter son temps de repos avant de retourner à l'entraînement! C'est mon devoir de soignante d'y veiller.
Et sans un mot de plus, elle sortit de l'unité médicale avant qu'Idris ne la retienne plus longtemps.
Une fois dans le couloir, elle prit tout de suite la direction de la salle de simulation de combat. Pour y être allée à plusieurs reprises au cours des derniers jours dans le but d'y ramasser les soldats blessés, elle connaissait bien sa localisation et s'y rendit sans trop de difficulté. L'énorme pièce circulaire était toujours très occupée et dès qu'elle y mit les pieds, la jeune femme se trouva bien vite au centre de l'attention.
-Je cherche Végéta, déclara-t-elle à l'intention des dizaines d'extraterrestres qui avaient interrompu leur entraînement pour la dévisager.
La plupart d'entre eux lui jetèrent des regards curieux. D'autres l'observèrent comme si c'était elle qui avait un troisième œil dans le front. Puis, l'un des soldats leva timidement le bras pour pointer dans la direction d'une porte située au fond de la pièce. Bulma remercia le soldat d'un bref signe de tête et s'y rendit sans hésitation, puis poussa sur l'interrupteur qui lui permit d'ouvrir la porte. Par chance, son statut de soignante lui donnait accès à toutes les salles d'entraînement du vaisseau.
Derrière la porte, la jeune femme ne tarda pas à découvrir une pièce plus petite, circulaire elle aussi, qui abritait de multiples technologies utiles à l'entraînement. Elle reconnut aussitôt l'imposante silhouette de Nappa, qui dominait celle, plus petite, de Végéta. Raditz, lui, se tenait un peu en retrait et observait le combat qui se déroulait devant lui d'un œil critique. Il fut le premier à remarquer son arrivée dans la salle, et la stupeur s'inscrit dans ses yeux lorsqu'il vit la tempête turquoise se diriger directement vers le duo qui s'affrontait.
-Végéta! s'époumona Bulma.
Sa voix aiguë se répercuta contre les murs. Les Saiyans interrompirent subitement leur lutte. Végéta s'écarta et Nappa, surpris, n'eut pas le temps de compenser pour son transfert de poids. Il s'effondra lourdement sur le sol et lâcha un juron sonore qui fut couvert par les cris de la femme.
-On peut savoir ce que tu fais? vociféra-t-elle en se dirigeant à grands pas vers l'homme à la chevelure hérissée qui la regardait sans comprendre ce qu'on lui reprochait.
Bulma s'arrêta lorsqu'elle fut à moins de deux mètres de lui. Elle planta fermement ses pieds au sol et le défia du regard, plus furieuse que jamais en constatant que son visage était couvert de sueur. Elle aurait aimé être en mesure de voir l'état de ses pansements. Mais Végéta portait sa combinaison de combat, ainsi qu'une armure au plastron teinté d'or et d'argent.
Ce détail la fit sourciller.
Sur le vaisseau, chaque soldat détenait un rang et un rôle bien définis. Bulma avait fini par comprendre qu'il était possible de distinguer ce rang par l'habit qui leur était désigné. Les soldats réguliers, par exemple, étaient drapés d'une armure noire à épaulettes. Les membres plus puissants de l'armée possédaient quant à eux des armures un peu plus sophistiquées, chacune possédant ses propres spécificités permettant de distinguer le rang occupé par celui qui la portait. L'armure de Végéta ne possédait pas d'épaulettes. Retenue par de simples bandes métalliques qui s'attachaient sur ses épaules, l'armature était particulièrement élaborée et sa surface scintillait de mille feux sous l'éclairage au néon de la salle.
Bulma déglutit difficilement en remarquant le détail qui lui sautait maintenant aux yeux.
Elle ne l'avait encore jamais réalisé, mais Végéta n'était pas un simple soldat. Ni même un combattant de grade supérieur.
Il était l'un des trois Généraux de l'armée de Frieza.
Des guerriers soigneusement sélectionnés par le lézard lui-même qui, selon les rumeurs qui couraient sur Terre, étaient particulièrement puissants.
Et bon sang… cette armure qu'il portait fièrement lui allait vraiment, vraiment bien…
-Qu'est-ce que tu fais ici, femme? demanda-t-il d'un ton étrangement posé.
L'appellation qu'il venait d'utiliser pour la désigner la ramena abruptement à la réalité. Si lui était un Général de l'Empire des Cold, elle était Bulma Brief! Et on ne manquait pas de respect à Bulma Brief sans en récolter les conséquences.
-Combien de fois je vais devoir te le dire? J'ai un prénom! Utilise-le! s'écria-t-elle en plantant ses poings sur ses hanches. Et si je suis ici, c'est parce que tu n'es pas du tout en état de faire ça en ce moment!
Elle le désigna d'un geste désinvolte de la main. Il leva le menton, une moue réprobatrice sur ses lèvres minces. Il semblait prêt à répliquer, mais c'est qu'elle n'en avait pas terminé.
-Tu t'es vu? poursuivit-elle une octave plus haut. Tu es vraiment dérangé si tu crois que tu es prêt à t'entraîner! Tu devrais être au lit, en train de te reposer!
Raditz laissa échapper un petit rire. Nappa, lui, fit un pas dans leur direction, les poings serrés le long de ses flancs. Mais l'attention de Bulma ne divergea pas de son présumé patient, dont la stupéfaction initiale s'était tranquillement transformée en quelque chose de beaucoup plus sombre. Au bout d'un moment, Végéta modifia sa position pour lui faire face. Il se redressa imperceptiblement, et imposa sa présence à Bulma. Malgré les mastodontes qu'étaient Nappa et Raditz, son corps drapé d'une armure et ses cheveux en forme de couronne enflammée le rendaient bien plus impressionnant qu'eux, et ce fut ses iris de jais qui fit accélérer son cœur.
-Je vais assumer que c'est ton innocence qui te rend aussi téméraire, dit-il d'une voix mesurée. Mais je te conseille de baisser le ton et de te calmer si tu veux…
-Je me calmerai quand tu auras arrêté de faire le con et de t'entraîner alors que tu encore blessé! coupa Bulma d'une voix forte. Combien de fois je vais devoir te le répéter? Tu n'arriveras à rien du tout si tu t'épuises à…
Cette fois, ce fut elle qui fut coupée dans sa tirade. Le Saiyan n'attendit pas la fin de son discours. Il s'empara brusquement de son bras pour l'entraîner avec lui.
-Hé! Mais qu'est-ce qui te prend! ne put s'empêcher de protester Bulma.
Végéta ne répondit rien, se contentant de l'attirer vers la porte en silence. La jeune femme tenta stupidement de se débattre.
-Tu veux bien me dire ce que tu fais? demanda-t-elle en trottinant derrière lui.
Ils traversèrent la salle de simulation à pas rapides. Les soldats qui s'y entraînaient se figèrent en les voyant arriver et tous ceux se trouvant dans leur trajectoire s'écartèrent révérencieusement pour les laisser passer. Une fois sortis de la pièce, Végéta les entraîna ensuite dans un couloir adjacent. Un peu inquiète de ce qui adviendrait d'elle, Bulma ne put s'empêcher de remettre en question la pertinence de sa petite intervention.
-Lâche-moi, espèce de Saiyan malpoli! s'écria-t-elle, un peu alarmée par l'attitude imprévisible de son ravisseur.
Il s'arrêta net. À peine eut-elle le temps de le réaliser qu'elle sentit qu'on la projetait contre le mur avec une rudesse qui lui coupa le souffle. Végéta se plaça devant elle, leurs corps se faisant face. Il plaqua son bras à côté de sa tête et enserra sa gorge de son autre main.
La voilà tenue prisonnière, coincée entre le mur et le corps d'un Saiyan qui faisait probablement trois fois son poids.
-Femme insolente, cracha-t-il entre ses dents comme du venin. Comment oses-tu me reprocher d'être impoli après ce que tu viens de faire?
Bulma, le cœur battant à tout rompre et le souffle coupé par la surprise, demeura muette. Elle le fixa droit dans les yeux, et elle vit la rage déformer ses traits déjà sévères. Elle savait qu'il ne l'accueillerait pas à bras ouverts en la voyant débarquer pendant son entraînement, mais elle ne s'était pas attendue à ce qu'il soit si dur avec elle. Apparemment, elle avait franchi la limite à ne pas dépasser, et il avait été incapable de contenir la colère qu'elle faisait bouillir en lui.
-Ta misérable vie ne doit pas t'être chère pour t'aventurer à me donner la leçon devant mes soldats, ajouta-t-il en serrant un peu plus la main autour de son cou.
La menace était claire, et plutôt affolante venant de sa bouche. Idris ne l'avait pas avertie pour rien. Les histoires du soldat ne s'appuyaient pas que sur du vent. La mort de Yamcha aurait probablement dû lui servir de leçon. La réputation de Végéta n'était plus à faire au sein de l'Empire de Frieza. Il était l'un des soldats les plus puissants de l'armée. Il était un tueur imprévisible, froid, et cruel. Il était dangereux, et mieux valait ne pas se retrouver en travers de son chemin. Les soldats qui s'étaient empressés de s'écarter pour le laisser passer dans la salle de simulation le savaient bien, eux.
Bulma avait été bête d'ignorer tous ces signaux d'alarme. Elle et son maudit caractère l'avait mené tout droit dans la gueule du loup, et la voilà à la merci de ce guerrier impitoyable, son cou encerclé par la main d'un tueur, ensevelie sous ses menaces alors qu'il était prêt à faire craquer ses vertèbres comme une simple brindille.
Elle était vulnérable, sa misérable vie, comme il le disait si bien, dépendante de ces doigts qui s'enfonçaient dans sa chair avec de plus en plus d'insistance.
Mais…
La situation était empreinte d'une dualité palpable.
Plus les secondes passaient, le silence rompu par leurs respirations accablées par la peur d'un côté et la rage de l'autre, plus il devint évident que cette main sur son cou n'était pas si menaçante, finalement. Ses doigts sur sa peau se voulaient convaincants, mais ils ne serraient pas. Sa poigne autour de son bras était ferme, mais ne la blessait pas. Son regard ténébreux se voulait inquiétant, mais la lueur d'excitation qu'elle pouvait y lire ne le rendait pas très convaincant.
Bulma avait beau être prisonnière, elle savait qu'il lui laissait la liberté de se débattre si elle le voulait. Si elle avait d'abord douté que sa vie soit réellement en danger, les secondes passées dans cette étreinte qui se voulait agressive la persuadèrent qu'elle ne l'était pas vraiment.
C'est pourquoi, au bout d'un moment à tenter de calmer son rythme cardiaque qui s'affolait délicieusement, elle lui répondit avec douceur.
-Tu es un Général, souffla-t-elle enfin d'une voix douce.
La colère qui s'était gravée sur le visage de Végéta s'estompa un peu.
-Hein? demanda-t-il, confus.
- Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu étais l'un des Généraux de Frieza?
Il fronça les sourcils, scruta ses yeux bleus, et parut encore plus déboussolé par sa question.
-Qu'est-ce que ça change que j'en sois un ou pas?
-Si j'avais su, je n'aurais probablement pas défié ton autorité devant tous ces soldats, confia-t-elle. C'est ça qui te rend en colère?
Il plissa les paupières, analysant probablement sa question avant d'y répondre. Elle sentit qu'il desserrait un peu sa poigne, n'y laissant qu'une simple pression qui, étrangement, fit accélérer les battements de son cœur.
-En partie, répondit-il d'une voix grave.
-J'en prends note alors, murmura-t-elle en lui adressant un sourire.
Ses yeux noirs se posèrent sur ses lèvres qui s'étaient étirées. Il serra la mâchoire, souffla de l'air par le nez et sa propre bouche forma une mince ligne. Elle savait qu'elle l'avait déstabilisé. Il s'attendait probablement à ce qu'elle soit effrayée. Il n'était pas habitué à ce que ses menaces soient accueillies avec un sourire.
-Mais ce n'est pas que ça, ajouta-t-il en plongeant de nouveau dans ses yeux bleus, vraisemblablement insatisfait.
Son visage s'assombrit, et Bulma fut traversée d'un frisson qui n'avait rien à voir avec la peur.
-Quoi alors? demanda-t-elle en sentant l'excitation grimper d'un cran. Qu'est-ce qui te rend si furieux si ce n'est pas ton autorité bafouée par une pauvre Humaine comme moi, hein?
Elle releva un peu la tête vers le haut, comme pour lui offrir une meilleure prise sur son cou et lui indiquer par le fait même qu'il ne l'effrayait pas. Son sourire s'élargit, et elle lui tira la langue en riant. S'aventurer à plaisanter dans une telle situation aurait pu paraître téméraire, mais la lueur qui se reflétait dans les iris du Saiyan lui disait qu'elle pouvait se le permettre.
Et elle n'avait pas tort.
Végéta fut déconcentré de nouveau, sûrement parce qu'elle était aussi à l'aise en sa présence pourtant intimidante. Ses yeux noirs se promenèrent furtivement le long de sa mâchoire, puis vers sa clavicule et son épaule, qui était partiellement dénudée en raison de la pression exercée sur le tissu bleu de sa robe. Ses traits sévères devinrent moins crispés, et sa respiration, légèrement plus profonde. Bulma prit plaisir à l'observer se détendre. Les lumières blanches du couloir se reflétaient magnifiquement sur sa peau cuivrée, faisant ressortir ses pommettes saillantes et sa mâchoire anguleuse.
Il était vraiment magnifique.
La jeune femme déglutit en s'imprégnant de lui. À cette distance, il lui était impossible d'ignorer cette attirance physique qui la distrayait, elle aussi. Elle fit disparaitre son sourire en se mordant inconsciemment la lèvre inférieure. En la voyant faire, Végéta sembla se rappeler de la raison pour laquelle il l'avait entraîné jusqu'ici.
-Je n'aime pas qu'on me dise quoi faire, expliqua-t-il rageusement en la fixant de nouveau dans les yeux. Je n'aime pas qu'on se mêle de mes affaires.
Il enserra un peu plus son cou et s'approcha davantage d'elle.
-Et surtout… souffla-t-il avant de laisser sa phrase en suspens.
Il inclina son corps vers l'avant, comme pour se faire encore plus menaçant, plus intimidant. Bulma sentit la paroi métallique et dure de son armure s'appuyer sur son abdomen. Il était si près maintenant qu'elle pouvait sentir la chaleur qu'il dégageait.
Et bon sang! Il bouillonnait!
L'air autour du corps de Végéta s'agita dans un curieux tourbillon, et la température grimpa de quelques degrés. Bulma avait déjà été témoin de ce phénomène dans le passé. Elle savait qu'il s'agissait de son Kî, et que cette démonstration de force avait pour but de se faire plus menaçant. Le Saiyan était tellement impressionnant, malgré sa stature plutôt conventionnelle, que l'objectif fut facilement atteint. Les jambes soudainement tremblotantes, Bulma fut tentée de s'écraser, soumise par la force incandescente qui émanait de lui et qui lui brûlait le visage.
Végéta en profita pour lui exprimer sa colère.
-Surtout, je déteste qu'on me prenne pour un faible, conclut-il d'une voix basse.
Bulma battit des cils. Elle l'observa sans prendre la peine de cacher sa perplexité.
-Un faible? répéta-t-elle sans trop comprendre.
Elle le vit montrer les dents en grognant. Cette attitude, ainsi que la vision de ses canines étrangement plus longues et acérées que celles d'un Humain, lui rappela que, malgré leurs similarités, Végéta appartenait à une espèce extraterrestre bien différente d'elle. Elle baissa les yeux pour contempler l'aura violacée qui vacillait autour de son corps. Cette fois, la chaleur qui en émanait provoqua en elle une sensation bien différente. Elle sentit ses joues s'enflammer. Sa respiration déjà accablée devint laborieuse, et la tension palpable qui régnait autour d'eux se propagea jusqu'au bas de son abdomen. Elle observa avec curiosité cette bouche tendue par l'agressivité, ainsi que ces dents immaculées, et se demanda innocemment ce que ça ferait d'y promener sa langue.
En le voyant là, devant elle, entouré de cette aura flamboyante, avec ce visage aux traits glorieux et cette prestance magnifique, elle se dit qu'il avait l'air de tout, sauf d'un faible. Qu'il croie que cette pensée puisse même lui effleurer l'esprit était absurde.
-Espèce d'imbécile! C'est pour ça que tu m'attaques? s'emporta-t-elle. Je ne t'ai jamais pris pour un faible! C'est toi qui prends plaisir à me rappeler comment je suis minable, je te rappelle!
-Tu peux m'expliquer pourquoi tu fais tout ça, alors? demanda-t-il en plissant le nez.
-Pourquoi je fais quoi?
- Pourquoi tu tiens à me soigner? À me nourrir, à me donner de la médication? Pourquoi viens-tu interrompre mon entraînement pour me dire que je dois retourner au lit?
Bulma ouvrit la bouche, incertaine de la réponse qu'elle devait lui donner.
-Je… ne sais pas. Tu es blessé. Tu as besoin de soins. C'est… normal? Non? balbutia-t-elle, certaine que cette réponse ne le satisferait pas.
-Normal? Pour les Humains, peut-être! s'emporta-t-il avec dédain. Je suis un Saiyan, je te rappelle!
- Saiyan ou Humain, dans l'état où tu es, n'importe qui aurait besoin d'aide!
- De l'aide… Tu crois vraiment que j'ai besoin de ton aide? riposta-t-il avec fureur. Tu vois? C'est ça qui me dégoûte le plus. Ta pitié!
- La pitié? Mais je n'ai pas…
- Tais-toi! coupa-t-il rageusement en s'approchant encore un peu plus.
Le visage du Saiyan n'était plus qu'à quelques centimètres du sien maintenant. Il était si près que Bulma sentit son souffle chaud glisser sur sa joue, et un frisson la sillonna jusqu'à sa nuque. Le contexte lui rappela ce qui s'était déroulé dans l'unité médicale, quelques jours plus tôt. Cette fois par contre, les mains du guerrier la tenant toujours prisonnière contre le mur, il lui était impossible de se dérober. D'autant plus que Végéta avait l'air bien plus en colère et dangereux que lors de l'épisode précédent.
Toute personne saine d'esprit se retrouvant dans cette situation aurait automatiquement été prise de panique. N'importe qui aurait voulu mettre fin à cette altercation au plus vite, et aurait cherché à s'éloigner le plus possible de ce meurtrier sanguinaire qui avait posé sa main sur sa gorge.
Mais pas Bulma.
Malgré sa vulnérabilité évidente, malgré les menaces et le mépris qui teintait l'attitude et les paroles de son assaillant, Bulma, elle, était aux prises avec une émotion bien différente que la peur.
Cette chaleur enveloppante. Ces mains rudes sur sa peau. Ce corps musclé étendu sur le sien. Ce regard ténébreux qui la scrutait avec intensité. Cette odeur envoûtante qui se dégageait de lui.
Végéta était partout. Et sa présence, plutôt que de solliciter l'envie de fuir, électrifiait chacun de ses sens de façon délicieuse. Et plus longtemps il la gardait captive, plus grande était cette émotion irrationnelle qui lui tenaillait les entrailles.
Bulma avait envie de cette proximité. Elle aimait cette tension qui lui faisait perdre la tête et qui l'envahissait dès qu'il était près d'elle. Et là, maintenant, plutôt que d'avoir peur de lui, elle se trouvait à désirer plus que ce simple contact sur son cou et son bras.
Végéta, toujours immobile devant elle, sembla réaliser que son attaque n'avait pas l'effet escompté. Les yeux rivés dans les siens, il étira un coin de sa bouche pour lui offrir un demi-sourire, plus arrogant que jamais. Sa main remonta imperceptiblement le long de son cou, et il raffermit sa prise sur son poignet pour l'écraser plus fortement contre le mur. Le cœur de Bulma s'affola dans sa poitrine et son corps se tendit un peu plus. Ces petits gestes, cette fois, n'avaient clairement pas pour objectif de l'intimider.
-Écoute-moi bien, femme, gronda le Saiyan d'une voix sourde. Je ne veux rien savoir de ton aide. Et je ne veux surtout rien savoir de ta pitié.
Son sourire s'effaça et il redevint sérieux. Ses yeux noirs se posèrent furtivement sur sa bouche, avant de revenir se planter dans les siens.
-Alors à partir de maintenant, tu vas me laisser tranquille. C'est compris?
Sa question demeura en suspens. Muette, l'esprit un peu brouillé, Bulma se mit à réfléchir sur ses capacités à répondre à sa demande.
Il voulait qu'elle le laisse tranquille. Ça, elle le comprenait bien.
Mais en serait-elle capable?
Depuis cette fameuse soirée sur Terre, depuis cet instant où leurs regards s'étaient croisés pour la première fois dans cette rue achalandée de la Cité de L'Ouest, Végéta la hantait. Nuit et jour, ses pensées étaient constamment incommodées par ce Saiyan à l'attitude exécrable qu'elle s'était, bien malgré elle, retrouvée à soigner. Sa raison avait beau lui crier de l'ignorer et de se laisser à le détester comme elle le devrait, sa tête, son cœur et son corps, eux, en disaient autrement. Tous ces moments passés auprès de lui au cours des derniers jours avaient amplement suffi à le lui confirmer.
Et ce moment ne faisait pas exception.
Car malgré la simplicité de la question qu'il venait de poser, Bulma était incapable de formuler la réponse attendue. Son esprit, pervers, malsain, obsédé, ne pouvait rien faire d'autre que de s'imaginer en train d'embrasser éperdument ces lèvres qui se trouvaient à quelques centimètres des siennes.
Tentée de lui répondre que non, elle ne le laisserait pas tranquille, la jeune femme entrouvrit la bouche pour parler.
Mais elle retint ses paroles en voyant les yeux de Végéta diverger une seconde fois vers ses lèvres.
De nouveau, il s'était trahi.
Car si elle était aux prises avec un désir indomptable, lui n'était pas bien mieux. Sa fureur était réelle. Son agressivité était authentique. Mais, tout comme Bulma, celle-ci était supplantée par un autre sentiment. Et pour le moment, Végéta avait beau réciter un discours hostile, ses actions, elles, parlaient un tout autre langage.
Encouragée, c'est donc avec un demi-sourire identique à celui du Saiyan que la jeune femme répondit.
-Tu es certain que c'est ce que tu veux? chuchota-t-elle en faisant glisser son regard vers leurs corps qui se touchaient.
Végéta accueillit sa question avec un silence. Elle le vit plisser les paupières, puis serrer la mâchoire. Il était furieux de l'entendre remettre en question ses désirs. Pour manifester son mécontentement, il ne trouva pas mieux à faire que de l'écraser un peu plus contre le mur. La sensation de son armure qui s'appuyait contre ses seins arracha un gémissement à la jeune femme, une réaction qui n'échappa pas au Saiyan, dont le corps se tendit encore un peu plus.
Le sourire de Bulma s'étira. Sa respiration s'accéléra. Elle avait plus que jamais envie de consommer cette luxure qui la faisait languir depuis des jours. Sa bouche entrouverte mourrait d'envie de s'écraser contre celle de cet homme qui lui faisait littéralement perdre la tête.
Mais les bras et le corps puissants de Végéta prévenaient tout mouvement. Impuissante, il ne lui restait plus qu'à espérer qu'il ne se désiste pas comme elle l'avait fait dans l'unité médicale, et que ce soit lui qui finisse par céder. Rien qu'à voir le bleu se refléter dans la brillance de ses yeux noirs, elle savait qu'il brûlait d'envie, lui aussi, de mettre un terme à cette tension insoutenable. Mais quelque chose, la colère, la fierté, ou peut-être même l'aversion, le retenait de passer à l'action.
Alors Bulma attendit patiemment, haletante, fiévreuse, électrisée.
Jusqu'à ce qu'enfin, inévitablement, Végéta abandonne son dur combat intérieur.
Il rajusta la position de son corps pour mieux l'écraser contre ses courbes.
Il prit une profonde inspiration, goûtant l'air qu'elle expirait avec délice.
Sa main sur son poignet se fit soudainement plus douce, alors que celle sur son cou glissa tendrement le long de sa mâchoire, transformant sa prise ferme en caresse délicate.
Sa bouche s'entrouvrit, et il pencha son visage vers l'avant, parcourant les derniers centimètres qui les séparaient.
Et c'est ainsi que leur altercation devint une étreinte.
Bulma sentit d'abord la chaleur de ses lèvres effleurer doucement les siennes. Elle inspira profondément à son tour, profitant de cette sensation dont elle avait tant rêvé au cours des derniers jours. Son souffle était devenu saccadé, l'anticipation et le désir de sentir qu'enfin, un contact physique se concrétisait la rendant fébrile. Elle releva doucement la tête pour ajouter une pression sur la lèvre supérieure de Végéta avec sa lèvre inférieure, puis y fit glisser sa langue pour le goûter. Il réagit en ouvrant encore plus la bouche, et la jeune femme entendit que sa respiration à lui aussi était devenue erratique.
Bulma n'aurait jamais imaginé qu'un baiser avec lui soit aussi doux et mesuré. Avec leur caractère explosif et leurs constants affrontements, elle aurait cru à quelque chose de beaucoup plus féroce, de plus sauvage, bestial même. La position dans laquelle ils se retrouvaient, tous deux immobiles, haletants l'un contre l'autre en se touchant à peine, ne reflétait en rien le désir viscéral qui les liaient depuis le jour de leur première rencontre.
Certainement, cette légère caresse ne leur suffirait pas. La jeune femme avait envie de plus. Et clairement, Végéta aussi. C'était leur esprit combattif qui les empêchait de s'abandonner pleinement à ce dont ils avaient besoin, à ce que leurs corps demandaient désespérément. Cette ébauche de baiser n'était que le témoin du désir incontrôlable qui les liait, un désir impossible à ignorer malgré leurs différends, et qu'ils ne savaient pas comment gérer.
Mais l'envie, ainsi que la sensation de leurs bouches qui se frôlaient incessamment, finit par les emporter tous les deux.
-Kayt… grogna Végéta contre les lèvres de Bulma, avant de finalement l'embrasser à pleine bouche.
La femme l'accueillit avec un gémissement sourd. Tout son corps se raidit, et comme par instinct, elle répondit au baiser.
La voilà, la férocité à laquelle elle s'était attendue. Le voilà, ce sentiment d'urgence, cette impériosité qu'elle s'était imaginée. La douceur et l'incertitude s'étaient complètement volatilisées. Végéta les avait littéralement pulvérisés, sa bouche s'animant impérieusement contre ses lèvres, effaçant les doutes jusqu'au tout dernier.
Le Saiyan serra la mâchoire de Bulma dans sa paume pour l'inciter à relever le visage, et ainsi en ajuster l'angle pour ajouter encore plus de profondeur à leur baiser. Ses doigts avides et beaucoup plus désireux s'enfoncèrent dans sa chair. Son autre main, celle qui emprisonnait toujours son poignet, se mit à caresser sa peau incessamment. La jeune femme se cambra, son corps entier électrisé par les sensations que Végéta lui procurait.
Bulma s'était maintes fois imaginée se retrouver dans les bras de ce Saiyan au caractère insupportable. Mais jamais elle ne se serait doutée que ce soit aussi bon.
Malgré la brusquerie avec laquelle il l'embrassait, sa bouche était douce. Ses lèvres goûtaient infiniment bon. Son souffle, rapide, désordonné, était chaud contre son visage. Son corps était enveloppant, apaisant. De tout son être se dégageait une incroyable puissance, une force palpable qu'il semblait lui transférer en l'embrassant avec passion contre ce mur froid et terne.
Satisfaisant et excitant à la fois, c'était comme s'il s'agissait d'un besoin vital auquel ils devaient répondre. Jamais Bulma n'avait été embrassée de cette manière. Jamais ça n'avait été aussi excitant de sentir une bouche s'écraser contre la sienne.
Jamais un baiser n'avait été aussi bon que celui-ci.
Si bon, qu'elle en oublia même de respirer.
À bout de souffle, Bulma ouvrit la bouche pour prendre une inspiration. Mais Végéta, lui, voyait quelque chose de plus essentiel que de renouveler ses réserves d'oxygène, et insista pour que leur baiser effréné ne soit pas rompu. Aussitôt qu'il sentit qu'elle lui échappait, il plongea de nouveau pour faire prolonger cette folie qui leur faisait perdre la tête. Sa langue glissa sur les lèvres de Bulma. Elle l'accueillit volontiers, et le laissa s'aventurer dans sa bouche. Un grognement sourd s'échappa de la poitrine de Végéta lorsqu'elle se mit également de la partie, et qu'elle se laissa aller à le goûter avec sa propre langue.
Le baiser se prolongea. Il s'éternisa, sans perdre de son intensité, et au bout d'un moment, sans même que leurs bouches et leurs langues ne se délient, Bulma sourit. Ceci ne freina pas Végéta, qui continua d'embrasser ses lèvres étirées, goûtant ce bonheur avec un enthousiasme qu'il ne contrôlait plus depuis plusieurs minutes déjà.
C'est que l'esprit pervers de la jeune femme commençait sérieusement à se manifester. Leur étreinte était beaucoup trop sensuelle, beaucoup trop exaltante pour ne pas éveiller un désir encore plus charnel. Si un simple baiser avait le pouvoir de la transporter à ce point… qu'en serait-il si elle le laissait faire… plus? C'était déjà si bon qu'elle avait du mal à s'imaginer ce que ça ferait de laisser ce Saiyan musclé et apparemment très habile s'étendre sur elle, nu, excité, pendant qu'il la baisait contre ce mur.
L'anticipation rendait Bulma particulièrement téméraire. Peu importait s'ils étaient en plein milieu de ce couloir, probablement même filmés par l'une des caméras de surveillance. Peu importait s'il était un mercenaire puissant aux morales d'un tueur en série. Peu importait s'il était un extraterrestre ou l'un des Généraux de Frieza responsable de l'attaque sur Terre.
Ce baiser ne lui suffisait pas. Elle avait envie de plus.
Mue par un désir incontrôlable, elle se risqua donc à bouger son bras libre. Elle appuya doucement sa main sur la paroi métallique de son armure. Elle en apprécia d'abord timidement les contours, déçue que ce ne soit pas sa peau de cuivre sous ses doigts. Elle s'aventura ensuite plus bas, et son épiderme entra en contact avec le tissu élastique de la combinaison de Végéta. L'habit était si serré qu'il était possible de suivre les contours de ses abdominaux avec précision. Jamais elle n'avait senti de musculature aussi développée que celle-là. Elle pouvait aisément sentir tous les détails, alors qu'il bougeait avec langueur contre elle pendant qu'il continuait de l'embrasser. Ses doigts, naturellement attirés par le chemin que faisait le V bien défini au bas de son abdomen, descendirent lentement.
Très lentement.
Jusqu'à ce qu'ils effleurent cette partie de lui où la tension se faisait grandissante.
Et c'est là que tout s'arrêta.
Soudainement, Végéta s'écarta pour mettre fin à leur étreinte. Il le fit avec autant de brusquerie qu'elle avait commencée et Bulma, stupéfaite, ouvrit grand les yeux pour le regarder. En moins d'une fraction de seconde, il s'était éloigné d'elle de plusieurs mètres. Son visage avait pris une teinte un peu rosée, mais ses yeux noirs, eux, ne brillaient plus du tout.
Plusieurs secondes s'écoulèrent pendant lesquelles tous deux s'observèrent en cherchant leur souffle, encore troublés et confus de ce qui venait de se passer. Végéta fut le premier à briser cet échange silencieux en montrant les dents, un air de profond dégoût se dessinant sur ses traits.
-Laisse-moi tranquille, cracha-t-il d'une voix forte.
Et avant même que Bulma ait pu même songer à répliquer, il disparut dans un coup de vent.
Seule, haletante, et encore un peu désorientée, la jeune femme porta sa main maintenant libérée vers son cœur qui tambourinait avec force dans sa poitrine. Elle referma les yeux, tentant d'ignorer cet horrible sentiment de vide et de froid qui venait de se créer. Le dos encore appuyé contre la paroi métallique glacée du mur, elle frissonna de la tête aux pieds. Le contraste de température était frappant maintenant que Végéta était parti, emportant avec lui la chaleur incandescente de son corps. Elle porta son autre main à son cou, à l'endroit même où il avait fait mine de vouloir l'étrangler. Sa peau y était encore tiède, une empreinte thermique qu'il avait laissée sur elle et qu'elle n'était pas près d'oublier. Elle caressa sa peau comme il l'avait fait quelques secondes plus tôt, et se mordit également les lèvres, les goûtant avec bonheur en réalisant qu'elles avaient aussi gardé la trace de leur passion.
Bulma, abandonnée dans ce couloir désert, regrettait désespérément le départ de Végéta.
Car même s'il était un Général de l'armée qu'elle considérait comme une ennemie, même s'il était ce Saiyan dangereux et imprévisible qu'il valait mieux ne pas côtoyer, même s'il venait de la traîner jusqu'ici de force pour l'intimider sauvagement, elle ne pouvait absolument rien y faire. Tout cela ne changeait absolument rien à ce qui venait de se passer.
Ce baiser qu'ils venaient d'échanger était, et de loin, le plus inoubliable de toute sa vie.
