Yo tout le monde ! Comment ça va ? Pour le chapitre d'aujourd'hui, j'ai besoin d'une petite intro pour mettre le décor en place, afin que vous puissiez suivre l'histoire. Comme je suis le genre de personne qui zape la quasi-totalité des intros (oui j'ai honte...), je vais la mettre en gras afin de la rendre bien visible. Comme d'hab on se revoit en bas, enjoy les amis !


Durant l'atterrissage en catastrophe de l'Arche sur Terre, des parties de vaisseaux ont été disséminé un peu partout. L'une d'entre elle était la station agricole, d'où viennent Pike et la mère de Monty. Pour les besoins de ce chapitre, on va partir du principe qu'une autre section a été retrouvée, mais que celle-ci a décidé de vivre par elle-même et de refuser l'alliance avec Lexa. Cependant, tout ce petit monde vit en paix, les membres de la station préfèrent ne pas prendre le risque de cohabiter avec des Grounders sans toute fois leur vouer une haine sans limite, et de son côté, Lexa les laisse tranquille tant qu'aucune attaque n'est lancée à son égard ou à celui de son peuple. Les habitants de ce "nouveau" peuple si l'on peut dire se font appeler Les Marginaux, et vivent tranquillement leur vie en se débrouillant par eux-mêmes.

" - Heda. Les 2 chefs des Marginaux sont ici."

Je me retournai pour fixer Titus avec étonnement, stoppant net mon fascinant débat avec Lexa sur la meilleure façon de punir un coupable de vol. Celle-ci refusait de démordre du fait que couper les mains des voleurs étaient la meilleure façon de faire, et ce quelque soit l'objet volé ou la raison à ce vol. J'étais donc plutôt heureuse d'avoir maintenant un titre officiel, pour ne pas avoir à subir ce châtiment. Eh oui, Lexa m'avait trouvée un boulot : j'étais maintenant cambrioleuse attitrée de Polis. En gros, j'étais chargée de récupérer des objets pour la capitale, mais aussi de rechercher des informations ou des personnes, de m'infiltrer dans des camps un peu louches etc. Enfin sur le papier, ayant pris mes fonctions 2 semaines auparavant, je n'avais pas eu l'occasion de faire des trucs extraordinaires pour le moment... Enfin bref, je regardais Lexa à nouveau avant de lui annoncer que je n'allais pas la déranger plus longtemps et que je la rejoindrais pour le diner. Ils me regardèrent tous d'un drôle d'air.

" - Bah quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ?

- Puis-je parler librement ? demanda Titus.

- Je ne suis pas ta commandante, tu n'as pas à me demander pour parler librement.

- Votre réaction est quelque peu étrange. En temps normal, vous auriez insisté pour rester dans la salle et assister à la réunion."

Il avait raison. J'étais toujours la même casse-pied toujours présente aux réunions pour embarrasser Lexa. Mais là, l'annonce des visiteurs avaient calmé mes ardeurs. Je ne sus pas quoi répondre, ce qui était encore plus choquant. Lexa congédia Titus, en lui ordonnant de garder les visiteurs en dehors de la pièce. Nous nous retrouvâmes à nouveau toutes les deux.

" - Quel est le problème ? Ton comportement est inhabituel.

- C'est rien. C'est juste que tes réunions sont chiantes comme la pluie pour la plupart, alors je vais pas me faire avoir avec celle-là, mentis-je.

- Je te connais Jules, il y a plus que ça. Y a-t-il quelque chose que je devrais savoir à propos des marginaux ?"

J'hésitai quelques secondes.

" - Probablement. Mais je ne sais pas si j'ai envie que tu le saches.

- C'est ton choix, et je le respecte. Mais tu peux me parler si tu en as envie. Je t'écouterai."

Je passai ma main dans mes cheveux, pesant le pour et le contre, et arrivai à la conclusion que notre amitié marchait dans les 2 sens, et qu'elle avait le droit de savoir quelques trucs sur moi. Et peut-être que ça me soulagerait d'en parler.

" - Les 2 leaders marginaux, ce sont mes parents."

Une heure plus tard, Lexa pénétra dans ma chambre.

" - Alors, pourquoi étaient-ils ici ?

- Ils ont exprimé la demande de rejoindre l'alliance et de faire partie des 13 clans.

- Pourquoi ça ?

- Leurs vivres s'épuisent. Il leur devient difficile de chasser sur un terrain qu'ils ne connaissent encore que trop peu. De plus, ils ne parviennent pas à soigner les différentes maladies contractées depuis leur arrivée ici...

- Ouais, absolument tous les trucs qui étaient supposés leur tomber sur le coin de l'œil leur sont effectivement tombés sur le coin de l'œil. C'était prévisible. Et tu vas faire quoi ? Je veux dire, ils t'ont envoyé de faire foutre la dernière fois, tu ne peux pas les accepter comme ça.

- Effectivement, reprit-elle, j'ai convoqué les ambassadeurs. Tes parents viennent de repartir et nous tiendrons une réunion demain matin, je préfère te prévenir vu ta fâcheuse tendance à débarquer partout et tout le temps.

- Hé ! m'offusquai-je ne lui donnant une tape amicale sur l'épaule. Je préfère être renseignée !

- Cependant, continua-t-elle en m'ignorant, il faut que tu saches que vu l'emplacement stratégique de la station marginale, il y a de fortes chances pour que le conseil vote favorable à leur adhésion. Et tu comprends que je ne peux pas aller à l'encontre de leur avis sans raison valable.

- Evidement ! Quand tu seras là-bas, tu as plutôt intérêt à agir en tant que Heda et non en tant que Lexa ma meilleure amie, sinon je te botterai les fesses !

- C'est ce que je pensais. Mais il y a autre chose dont nous devons discuter. Si le conseil vote pour leur intégration, des mesures de sécurité devront être prises, afin de parer toute attaque éventuelle.

- C'est sûr que c'est suspect de les voir débarquer comme ça. Il y a des probabilités pour qu'ils tentent de te renverser de l'intérieur. Ce qui serait stupide et prévisible, mais comme ils ont refusé ta protection la première fois, ils sont assez crétins pour essayer...

- Ce ne sont pas les termes que j'aurais employé, mais oui. Le protocole de rigueur dans cette situation est d'envoyer un espion quelques jours sur place, afin de recueillir quelques informations et minimiser le danger."

J'étais entièrement d'accord avec elle. On était jamais trop prudent, surtout depuis le coup de Pike, il fallait mieux être sur nos gardes, mais pourquoi elle m'en parlait à m... Et merde. Je venais de comprendre où elle venait en venir.

" - Tu veux m'envoyer c'est ça ? Je suis la cambrioleuse attitrée, ça fait partie de mon boulot pas vrai ?

- Au début, je ne considérais même pas l'idée de t'en parler. Je comptais envoyer quelqu'un d'autre sans même te prévenir, pour que tu ne te retrouves pas dans cette situation...

- Mais comme tu me connais, tu as compris que je n'aurais pas apprécié !

- Il y a de ça. Mais c'est aussi parce que tu es la meilleure Jules. Quand tu te concentres vraiment, tu sais être discrète..."

Je ne relevai pas la petite pique, sans doute parce qu'elle était en train de bien flatter mon égo surdimensionné !

" - Tu sais déchiffrer les gens, en clin d'œil tu arrives à repérer qui ils sont réellement et ce qu'ils pensent, et tu as côtoyé de près ou de loin tous les marginaux. Tu vois cette tour, depuis que notre peuple s'est installé ici, personne n'a réussi à l'infiltrer. Pas une seule personne, alors que certaines ont étudié la configuration de cet endroit et le fonctionnement de la garde pendant des mois ! Toi, tu étais à Polis depuis 2 jours, et tu as atteint la salle du trône sans te faire repérer.

- C'est vite dit, j'ai failli passé par la fenêtre !

- Parce que tu as la capacité de concentration le plus pitoyable qu'il m'ait été donné de voir. Si tu n'avais pas été distraite par la vue, tu serais ressortie comme tu étais entrée.

- Mais tu ne m'aurais pas rencontrée, quelle perte immense pour toi ! Et tu sais ce qu'elle te dit ma capacité de concentration ?!

- Jules, je t'ai fait plus de compliments que je n'en ai jamais fait à personne...

- A part Clarke.

- A part Clarke, et toi c'est tout ce que tu en retiens ?

- Je vais le faire.

- Tu es sûre ?"

Non je ne l'étais pas. Mais j'étais la cambrioleuse de Polis, de Lexa, je devais être digne de mon titre.

" - Oui. Je suis et je serai à tes côtés à présent. Si c'est ce qui est de mieux pour nous tous, je ne vois pas de raison de refuser.

- Merci."

Elle se leva et repartit vers le hall, mais se ravisa et me regarda à nouveau.

" - Tu ne veux toujours pas me dire quel est le problème avec tes parents ?"

Je l'invitai à s'assoir. Il était temps d'en parler.


3 jours plus tôt, j'étais posée tranquillement dans mon lit à parler de mes problèmes de famille avec Lexa. 3 jours plus tôt, je pouvais sortir pour aller tranquillement boire un café. 3 jours plus tôt, je pouvais aller chercher Raven pour boire un verre et draguer en paix. Et surtout, 3 jours plus tôt, je n'étais pas attachée les bras en l'air avec une putain de corde au plafond de la salle servant de prison des abrutis de marginaux que dirigeaient mes parents ! C'était ma faute, je le savais ! Quand Lexa m'avait demandée si j'étais sûre de mon coup, si je ne voulais pas que quelqu'un me suive de loin au cas où quelque chose arriverait, j'aurais dû me douter qu'elle proposait ça parce qu'elle était sûre qu'il y avait 90% de risques pour que ça se termine comme ça ! Moi, emprisonnée, à cause d'un manque d'attention ! Mais quelle débile j'étais ! Après avoir parlé à ma meilleure amie des soucis avec mes parents, j'avais pris la décision de partir le lendemain dans la matinée pour leur camp. Elle m'avait bien entendu conseillé de prendre le temps de me préparer, ce que je n'avais bien entendu pas fait. Ce qui devait arriver arriva : après 2 jours d'espionnage intensif, je n'avais toujours rien repéré d'anormal, et j'avais décidé de rentrer informer Lexa. Sauf que j'avais tenu à m'approcher du camp plus près que durant les 48 dernières heures, afin d'écouter un peu aux portes et d'en savoir plus. Mais en voyant un gamin se faire harceler moralement et physiquement par 4 petits cons plus âgés, j'avais volé à son secours. Ma bonté me perdit. Le gamin me prévint du garde s'approchant de moi, mais trop tard, j'avais à peine eut le temps de me retourner que je me pris une puissante décharge dans la face avant de m'évanouir lamentablement sur le sol. Et voilà, je m'étais réveillée attachée. Et je n'arrivais même pas à atteindre le bouton que j'avais positionné sur mon thorax sur lequel je devais appuyer afin de prévenir Lexa que j'étais mal. " - On ne sait jamais ! Si jamais tu te fais prendre on le saura et on pourra intervenir." qu'elle avait dit ! Alors qu'on savait toutes les deux le fond de sa pensée, ce n'était pas "si tu te fais attraper", mais "quand tu te feras attraper". Et malheureusement, elle avait vu totalement juste... J'analysais la situation. La bonne nouvelle, c'était que je portais toujours mes fringues et que mon visage était toujours caché par l'épais turban enroulant mes cheveux, le morceau de tissu cachant le bas de ma figure, ainsi que par les lunettes recouvrant mes yeux. Autrement dit, j'avais encore mes chances pour n'avoir l'air que d'une simple grounder. La mauvaise nouvelle, c'était que la corde était maintenue au plafond grâce à une poulie, continuait jusqu'à l'autre bout de la pièce en suivant le plafond, où elle se glissait dans une autre poulie pour être fixée au sol près de la porte, et que le système semblait solide, donc impossible à briser même en secouant tout dans tous les sens. Merde, la solution habituelle était inenvisageable, j'allais devoir réfléchir, qu'est-ce que j'avais fait pour mériter ça !? Heureusement, je n'eus pas à me creuser la (petite) cervelle très longtemps. Le système général était très bon, mais il y avait une faille : mes mains étaient très grossièrement attachées. Quelques malheureux nœuds se battaient en duel pour retenir mes mains prisonnières. De la corde en plus ! Et mes pieds n'étaient même pas attachés au sol, ça en devenait presque insultant. Je fis appel à mes braves abdos qui, au prix d'efforts surhumains dont je les remercierai gracieusement plus tard avec un bon bain chaud et un beau mec/une belle fille pour les masser, me permirent de me hisser la tête en bas et les pieds en l'air afin que je puisse atteindre les nœuds avec mes dents. Non, je n'allais pas ronger la corde, même si cette idée m'avait traversée l'esprit - pourquoi ça avait d'ailleurs été ma première idée ? -, mais j'allais me servir de mes dents pour défaire les pitoyables nœuds me retenant prisonnière. Je calai mes pieds dans la corde, appuyait sur le bouton d'urgence pour prévenir Lexa où ca ça tournerait mal, ce qui arriverait probablement, afin d'avoir un point d'appui et de reposer mes abdos, et me mis au travail. 5 minutes plus tard, alors que j'avais déjà défait 2 nœuds, une voix résonna dans la pièce, que je reconnus instantanément. Et pas seulement parce qu'il s'agissait du gars qui m'avait électrocutée, non, il s'agissait d'une bien plus ancienne connaissance.

" - Qu'essayes-tu de faire grounder ?

- Je chasse le cerf ! A ton avis, j'essaye de m'échapper !" répondis-je, sachant que même si je savais qui il était, il était bien trop imbu de lui-même pour reconnaitre le son de ma voix.

Je sentis la corde lâchée et m'étendis lamentablement de tout mon poids sur le sol.

" - C'est pas sympa ! J'avais presque fini, tu m'enlèves la gloire d'avoir trouvé par moi-même la faille dans le système de sécurité high-tech ! ironisai-je.

- Je suis surpris de constater que les grounders ont un sens de l'humour. Mauvais, certes, mais un sens de l'humour.

- Mais moi je ne le suis pas de constater que tu es suffisamment con pour ne pas faire la différence entre celui des grounders et celui de..."

Il me frappa avec la crosse de son arme, m'ouvrant la lèvre et me renvoya au sol, alors que je venais de me relever. Quel salopard ! J'avais mal en plus avec ses conneries maintenant ! Il s'apprêtait à recommencer quand l'adorable gamin que j'avais sauvé plus tôt entra dans la salle en hurlant.

" - Nevi arrête !" cria-t-il en empoignant son arme.

Malheureusement, du haut de ses 8 ans, il ne pouvait pas faire grand-chose contre Nevi qui avait 3 fois son âge et sa taille.

" - Jellal ! Papa et Maman t'ont dit 100 fois de ne pas m'embêter quand je travaille !

- Oui, et ils ont aussi que tu devais t'occuper de moi ! Et t'es qu'un nul d'utiliser Papa et Maman pour te défendre alors que t'as 25 ans ! T'es mon grand frère, alors tu dois me surveiller, et tu l'as pas fait, alors arrête de lui faire du mal ! continua-t-il en me désignant du doigt. Quand les grands méchants garçons m'embêtaient, c'est elle qui m'a sauvée, et toi t'étais même pas là !"

Nevi se désintéressa de moi pour se retourner vers Jellal.

" - Ecoute Jellal, crois-moi, elle ne t'a pas sauvé. Moi je t'ai sauvé quand je l'ai empêché de te capturer pour te ramener à sa commandante. Ils sont dangereux, et ce n'est pas parce que les parents ont décidé qu'on avait besoin d'eux qu'il faut les considérer comme des personnes comme nous. Ce sont des sauvages.

- Tu dis n'importe quoi ! Je suis sûr qu'il y a des grounders très gentils, c'est même eux qui ont proposé de nous aider !

- Alors pourquoi auraient-ils envoyé un des leurs pour nous espionner ?

- Mais arrête, c'est même pas un grounder ! C'est Jules !"

Au moment où je l'avais sauvé tout à l'heure, Jellal m'avait regardé dans les yeux, et il avait su. Il avait su que c'était moi. Nevi bondit sur ses pieds et empoigna mon turban, mes lunettes et mon écharpe avant de les balancer sur le sol.

" - Eh doucement ! J'ai eu un mal de chien à les avoir !"

Il me souleva par le col, tandis que mes mains étaient toujours liées.

" - C'est vraiment toi ? Qu'est-ce que tu fais ici ?!

- Je crois que c'est légèrement de ta faute ça. Comme je disais, je ne suis pas surprise de constater que tu es suffisamment con pour ne pas faire la différence entre le sens de l'humour des grounders et celui de ta petite sœur.

- Julia..." dit-il, sous le choc.

Jellal me sauta dans les bras (façon de parler, j'étais toujours attachée), et j'embrassai la tempe de mon petit frère. Je regardai Nevi d'un air supérieur, même si j'étais plus bas que lui.

" - Ravie de te revoir grand frère", mentis-je.


" - Nous sommes allés la voir i jours. 3 jours ! Nous nous sommes agenouillés devant elle, et elle nous envoie un de ses soldats pour nous espionner !" hurla mon père.

J'étais à genoux sur le sol, les mains attachées dans le dos. Nevi avait eu la bonté/lucidité d'esprit de remettre mes vêtements correctement, afin de cacher mon visage et de ne pas faire paniquer instantanément mes parents en me livrant à eux comme il en avait l'ordre.

" - Kifrin, calme-toi. La première chose à faire, c'est de parler avec ce grounder afin de savoir pourquoi Heda l'a-t-il envoyé..."

Je voulus lui répondre, mais me ravisai pour voir comment mon frère allait gérer la situation. Et aussi parce qu'il m'avait bâillonnée... Bon d'accord, c'était la vraie raison pour laquelle je la fermais. Nevi n'était pas un méchant garçon, il était juste un peu idiot parfois. Il n'avait jamais été sûr de lui, et mes l'opinion de mes parents comptaient énormément à ses yeux, il avait besoin de leur approbation en permanence. Je n'étais pas comme lui, j'étais la rebelle, la voleuse, celle qui sortait de sa chambre en douce pour aller rejoindre ses amis, qui avait du répondant, que ce soit avec nos parents ou avec des étrangers... Et il détestait ça. Parce qu'on me remarquait et pas lui. Je pouvais pas lui en vouloir, il n'était que le petit garçon bien sage qui obéissait à tous les ordres, aussi les gens avaient commencé à ne plus se préoccuper de lui. Quand Jellal était né, il était tout content ! Il pensait qu'il pourrait enfin avoir quelqu'un qui le comprenait, quelqu'un dont il pourrait prendre soin. Mes parents étaient des gardes comme je l'avais dit à Lexa plus tôt, ils étaient très occupés et ne s'occupaient que rarement de nous. Nevi s'était fait une mission d'éduquer notre jeune frère. Et il l'avait fait. Mais il avait en même temps endossé le rôle du méchant parent aux yeux de Jellal : celui qui grondait, qui faisait faire les devoirs, qui avait toujours l'air sévère... Quelqu'un devait avoir ce rôle, et ça aurait dû être nos parents, mais ça n'avait pas été le cas. Nevi avait ce rôle. Et moi, j'étais la grande sœur sympa, celle qui lui ramenait des bonbons, qui jouait avec lui, qui se moquait de Nevi. J'avais le beau rôle, évidement, je n'étais que rarement là, passant tout mon temps avec Charlie ! Et à l'époque, je ne comprenais pas que la sévérité de Nevi était nécessaire, et que je lui avais laissé gérer tout, tout seul. Nevi n'était pas le méchant de l'histoire à l'époque, ni aujourd'hui : c'était nos parents.

" - Papa, Maman, croyez-moi, le fait que Heda ait envoyé quelqu'un est bien moins problématique que la personne qu'elle a envoyé.

- Qu'est-ce que tu veux dire Nevi ?"

Je l'entendis soupirer, puis il s'approcha de moi afin de me délier les mains.

" - Tu veux leur dire ou je le fais ?

- Qu'est-ce que tu fais ? s'écria mon père. C'est un grounder ! Il est dangereux !

- Justement, reprit mon frère, ce n'est pas un grounder, c'est là qu'est notre problème..."

Je baissai mon foulard et mes lunettes et me relevai, avant s'enfin regarder mes parents dans les yeux.

" - Salut, papa, maman. Vous allez bien ?

- Oh mon Dieu... Julia."

Ma mère s'approcha et me serra dans ses bras, répétant à quel point elle était reconnaissante de me revoir en vie. Papa ne bougeait toujours pas, stupéfait. Il finit malgré tout par ouvrir la bouche.

" - Julia ? Mais... Comment ? Et pourquoi es-tu ici ? Qui t'a envoyé ?"

Que faire ? Mentir ou tout lui dire ? Je mis quelques secondes à décider...

" - Je suis la cambrioleuse attitrée de Polis, Lex... je veux dire Heda m'envoie afin de vérifier que vous suiviez à la lettre les conditions de l'alliance et que vous n'essayiez pas de lui tendre un piège. Quand vous m'avez enfermée tout à l'heure, j'ai envoyé un message d'alerte à la commandante, et elle sera là d'une minute à l'autre."


20 minutes plus tard, j'étais de retour à la case départ : moi, attachée, avec des chaînes de métal ce coup-ci et un gars me surveillant. Marvin il me semblait, on était dans la même classe quand on avait 9 ans. En apprenant que Lexa allait arriver, mes parents avaient trouvé que la meilleure solution était de m'enfermer à nouveau. Stupide. Lexa allait pas être contente ! Déjà que ça devait l'emmerder de venir...

" - Marvin, appelai-je, eh Marvin !"

Pas de réponse.

" - Marvin ? Maaaarrrrvvvviiiiinnnnn ? Tu m'entends ? Eh oh je suis là !"

Toujours rien.

" - Marvin ! Tu sais, je suis quelqu'un de très agaçant et de très bavard en général. Alors crois-moi quand je te dis que je vais dire ton nom jusqu'à ce que tu me répondes ! Marvin, Marvin, Marvin, Marvin, Marvin, Marvin, Marvin, Marvin, Marvin, Marv...

- Quoi ?!

- Ah tu vois, je le savais ! Je m'ennuie, tu veux bien discuter avec moi ?

- Non."

On dirait ma première conversation avec Lexa !

" - D'accord, dans ce cas ton attitude et ton expression me feront la conversation !"

Je le détaillai plus attentivement, il avait toujours un air un peu stupide sur le visage, et un regard fuyant et hésitant. Il avait une arme, mais semblait la porter uniquement parce qu'il en avait l'obligation. Je me souvenais de ce petit garçon tout gentil et mignon, pacifiste dans l'âme. Il ne devait pas apprécier d'être là !

" - Laisse-moi deviner Marvin. Tu n'étais pas fondamentalement contre une cohabitation Skaikru/Trikru, mais comme tes parents défendent les miens bec et ongles, tu te retrouves bloqué ici."

Il regarda le sol.

" - Très bien, ne me parle pas si tu veux mais je sais que j'ai raison..."

5 minutes de silence passèrent avec qu'il ne me regarde à nouveau.

" - Comment c'est là-bas ?

- Comment ça ?

- La capitale, la vie avec les grounders ? Comment c'est ?

- C'est génial à vrai dire. Polis est magnifique, et nos 2 peuples commencent à fusionner là-bas. Je peux t'y emmener si tu veux, quand Lexa arrivera je lui demanderai de t'amener dans nos bagages."

Il hésita quelques secondes, puis émit un refus silencieux. Toute sa vie était ici, je comprenais qu'il n'ait pas envie de tout recommencer à zéro. Quelques secondes plus tard, Nevi suivit par Jellal entrèrent dans la salle. Ce dernier me sauta dessus, tandis que notre grand frère me détachait.

" - Heda vient d'arriver, elle demande à te voir dans la tente principale avec papa et maman. Ils sont déjà là-bas, tu peux aller les rejoindre."

Je serrai Jellal dans mes bras.

" - Dis Jules, quand tu auras fini avec tout ça, tu viendras nous voir des fois ?

- Bien sûr mon ange. Et toi, tu as intérêt à venir découvrir la capitale ! Dis, tu peux nous laisser avec Nevi quelques minutes, je viendrai te voir avant de repartir."

Il acquiesça sagement et sortit. Je me levai et regardai mon frère dans les yeux.

" - L'invitation est valable pour toi aussi Nevi.

- Me rendre à la capitale grounder ? Plutôt mourir...

- Tu serais surpris tu sais. Nevi, je suis vraiment désolée pour tout.

- On n'était même pas sûrs que tu sois toujours en vie...

- Je sais. Et je suis désolée aussi pour tout ce qui s'est passé sur l'Arche, je n'avais pas conscience de tout ce que tu sacrifiais pour Jellal et moi à l'époque. J'aurais dû t'aider plus.

- C'est tout ?

- Oui. Je sais que tu voudrais que je sois désolée pour avoir rejoint les grounders comme tu penses, mais je ne le suis pas, c'est la meilleure chose qui me soit arrivée depuis...

- Depuis Charlie.

- Ouais.

- Heda... C'est ta nouvelle Charlie ?

- Oui et non. C'est Lexa, c'est tout."

Voyant qu'il ne pouvait pas me comprendre et que je ne pouvais pas lui dire ce qu'il voulait entendre, je me rapprochai de lui et lui murmurai :

" - Je sais que depuis que les grounders sont ici, tu ne les vois que comme des sauvages meurtriers, et que tu es contre cette alliance. Mais si jamais un jour tu veux essayer de voir plus loin que ça, je serai là pour toi grand frère. Je t'aime Nevi.

- Je t'aime aussi Jules."

J'embrassai sa joue et sortis rejoindre Lexa.


" - Tu peux pas savoir à quel point je suis contente de te revoir !" criai-je en pénétrant dans la tente.

4 de ses gardes étaient postés dehors, 8 autres gardaient les chevaux, et Indra était dans la pièce avec Lexa et mes parents. Je m'assis lourdement sur un des canapés et attrapai le verre que mon père ou ma mère avaient offerts à Lexa.

" - Tu vas pas le boire j'imagine ?"

Elle secoua la tête.

" - Ils n'essaient pas de t'empoisonner tu sais ! N'est-ce pas ?" demandai-je avant de boire une gorgée.

Mon père secoua la tête et je descendis le verre avant d'engloutir 3 gâteaux. Lexa leva les yeux au ciel.

" - Tu ne t'arrêtes jamais de manger ?

- Mfourquoi tu fis fa ?

- Oublie."

J'avalai ma nourriture avant de regarder enfin mes parents.

" - Alors, j'ai manqué quoi ?

- C'est plutôt à nous de te poser la question ? répliqua mon père. On te croyait morte, et tu débarques comme ça, en tenue de grounder et en nous annonçant que tu es un de ses petits chiens ?!

- Attention à ce que vous dîtes... menaça Indra depuis le coin.

- Indra. Laisse-le parler, ordonna sa commandante.

- Pour commencer, repris-je, je ne suis pas un des petits chiens de Lexa. On est amies, meilleures amies - nan sérieusement, on est même plus que ça, je l'ai mis en couple avec sa copine actuelle, vous savez, Clarke Griffin, la fille d'Abigail Griffin ! d'ailleurs...

- Jules, viens en au fait, me coupa la principale concernée.

- Ouais désolée. Enfin bref, on est amies, et il se trouve que j'ai un travail à Polis maintenant ! Vous voyez, je me prends en main ! C'est pas ce que vous vouliez ?"

Lexa eut la présence d'esprit de ne pas faire remarquer que je ne vivrais pas 3 jours par moi-même.

" - Amies ? s'étonna ma mère. Avec une grounder ?

- Bah ouais ! Mais bon, ma vie, ni celle de Nevi et Jellal, ne vous a jamais trop intéressée, donc que je ne vais pas m'étendre sur le sujet. Toujours est-il que je suis là pour assurer que vos intentions ne sont pas nulles quoi !"

Mon père se leva et s'approcha de Lexa qui ne broncha pas.

" - Toi ! Pour qui te prends-tu ?! Tu avais dit que tu réfléchirais à une potentielle alliance, et au lieu de ça, tu nous envoies notre fille pour nous détruire de l'intérieur ! Misérable petite...

- Papa, le coupai-je d'un ton sec. Tu vois cette fille là-bas dans le coin ? Je peux t'assurer qu'elle est à 2 doigts de sortir son épée et de te trancher en 2, donc si j'étais toi, je m'assiérais bien gentiment. Et à ton avis, pourquoi elle a envoyé quelqu'un ? Vous acceptez une alliance refusée des mois auparavant d'un coup, alors que vous n'aviez même pas subit d'attaque. C'est suspect non ? Lex... Heda avait des raisons de se méfier tu ne crois pas ? Alors sois honnête, pourquoi ce changement d'avis soudain ? Tes loyaux sujets commenceraient à douter de maman et toi ? Ils réalisent enfin que si vous restez repliés sur vous-même vous allez tous mourir ?"

A son regard, je vis que j'avais tapé juste. Ma mère, moins fière ou moins stupide, se tourna vers Lexa.

" - Heda, malgré cet incident, pouvons-nous encore espérer une alliance ?

- Non. Mais je peux vous proposer quelque chose de différent. Je m'assure de votre protection et fournis des vivres, mais en échange, je fais cette terre mienne.

- Qu'est-ce que ça veut dire ?!

- En clair papa, elle vous colonise. A prendre ou à laisser ! Tu préfères être vouer à une mort certaine ou être dominer ?

- Très bien !"

Ma mère l'avait devancé, sachant pertinemment qu'il refuserait. Elle au moins comprenait que c'était leur seule chance. L'affaire étant résolu, je me levai de table et sortir.

" - Lexa, t'as amené mes fringues ? Mon armure était trop lourde pour que je la mette en infiltration et elle commence à me manquer.

- Demande à Nyko, il est près des chevaux."


Je les laissai discuter des termes de leur arrangement. Je savais que je devrai confronter mes parents un jour ou l'autre, mais pas aujourd'hui. C'était encore trop tôt. J'enfilai mon armure puis allai voir Jellal dans sa tente.

" - Salut mon grand, comment tu vas ?

- Jules ! Qu'est-ce qui s'est passé ?!

- Pas grand-chose, papa et maman ont accepté de s'allier avec Lexa en quelques sortes (je préférais lui épargner les détails), du coup on va pouvoir se voir plus souvent !

- Tu... Tu ne restes pas ?

- Je ne peux pas. Ma place est à Polis.

- Je peux venir avec toi, comme on avait dit ?

- Jellal, tu es maintenant un grand garçon, alors je vais te laisser le choix : si tu veux venir avec moi, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour t'emmener. Mais ça impliquera plusieurs choses, des problèmes avec papa, maman et Nevi entre autres. Tu devras vivre avec moi, dans ma chambre, et même si je ferai de mon mieux, je ne suis pas sûre de pouvoir bien m'occuper de toi. Mais si c'est ce que tu veux, alors fais tes valises. Par contre, tu peux aussi choisir de rester ici, avec Nevi. Tu peux lui parler, le convaincre que les grounders ne sont pas tous des bêtes sanguinaires. Tu sais, les gens de l'âge de papa et maman ne peuvent plus changer maintenant, alors c'est à nous de faire comprendre aux gens de notre âge et aux plus jeunes que nous pouvons vivre en paix. Alors c'est toi qui vois Jellal. Partir ou rester. Choisir de te battre ou de te replier."

Il versa quelques larmes qui me fendirent le cœur.

" - Je t'aime Jules. Mais j'aime aussi Nevi, et si je pars il sera tout seul avec papa et maman...

- Je comprends. Alors reste dans ce cas. Je te promets que je viendrai te voir aussi souvent que je peux, et toi harcèle Nevi pour le faire venir à Polis. Et n'aie pas peur d'insister, tu sais comment est notre grand frère !"

Il rit et me serra fort contre lui, je lui rendis son étreinte avant de repartir vers la place centrale, où Lexa était déjà sur son cheval. Etant venue à pieds, je n'en avais pas. Elle me tendit une main pour me faire monter sur le sien.

" - Tu vas bien ?

- Oui", répondis-je calmement.


C'était inhabituel de ma part d'être aussi peu bavarde, elle décida que le moment n'était pas bien choisi pour discuter.

Quelques heures plus tard, j'étais de nouveau dans ma chambre, couchée sur mon lit, ne trouvant pas le sommeil. J'entendis ma porte s'ouvrir et vis Lexa s'allonger à côté de moi.

" - Clarke n'est pas là ? demandai-je innocemment.

- Si, mais je lui ai dit que ma meilleure amie avait besoin de moi ce soir, et elle a compris.

- Qu'est-ce que je dois en retenir, de l'entretien avec mes parents ?

- Ils font partie intégrante de l'alliance entre les 13 nations à présent. A l'exception près que leur terre ne leur appartient plus.

- Ils m'ont juste emprisonnée pour les avoir espionné, c'était pas forcément la peine d'aller aussi loin...

- Au contraire, ça l'était. Je fais ce qui est de mieux pour mon peuple, et tu fais partie intégrante de mon peuple."

Je me redressai pour la regarder.

" - C'est pour moi que tu as fait ça ? Pour me venger ?

- Non, je ne peux pas te venger si je ne sais pas de quoi tu as besoin d'être vengé.

- Je te l'ai dit Lexa, mes parents n'étaient pas là pour nous, c'est tout.

- Je sais que c'est faux. Mais si tu n'es pas prête très bien. Je compte quand même dormir ici."

Le silence envahit la pièce, mais je n'arrivais toujours pas à dormir.

" - Aujourd'hui, j'ai forcé mon petit frère à choisir entre sa grande sœur et son grand frère. Et le pire dans tout ça, c'est que je me sens mal qu'il ne m'ait pas choisi. Je suis une sœur horrible.

- Aujourd'hui, j'ai menacé les parents de ma meilleure amie de les torturer des heures durant si jamais ils la blessaient à nouveau. Je suis un commandant horrible.

- Vraiment ?

- Je ne devrais pas favoriser une personne à mon peuple, alors oui.

- Non pas ça, tu les as vraiment menacés ?

- Oui."

Une larme coula sur ma joue, ce qu'elle eut la subtilité de ne pas faire remarquer. Tout remontait à la surface.

" - Mes parents sont les gardes qui ont arrêté Charlie. Il voulait me faire sortir, me sauver, mais mes parents ont favorisé leur travail à leur fille, une fois de plus. Sauf que cette fois là, mon meilleur ami en est mort. Et quand ils ont voulu s'expliquer, j'ai hurlé en bouchant mes oreilles pour ne pas les entendre. Tout ce que je pouvais distinguer, c'était mon prénom, c'est pour ça que je le déteste. Ils n'ont pas tué mon meilleur ami, mais ils ne l'ont pas sauvé non plus, alors qu'ils auraient pu."

Lexa se retourna. Son regard en dit plus long que tous les mots du monde, et il m'apaisa. Quelques minutes plus tard, je me retournai et m'enfouis sous les couvertures.

" - Merci Lexa.

- Je t'en prie. Jules ?

- Oui.

- Je ne dirai à personne que tu as pleuré, sauf si tu es trop insupportable. Tu sais à quoi t'en tenir."

Je souris silencieusement, avant de m'endormir.


Tout d'abord, oui, je sais, personne sur l'Arche n'est supposé avoir de frère ou de sœur. Mais j'avais vraiment envie d'inclure Nevi et Jellal à l'histoire, alors j'ai pris la liberté de passer outre cette règle et de contourner le scénario, même si j'ai horreur de faire ça. J'avais envie de faire un OS centré sur la famille de Jules, pour qu'on comprenne un petit peu d'où elle vient, et je pense que nous aurons l'occasion de revoir Nevi et Jellal ! Dîtes-moi ce que vous en avez pensé dans les reviews ! Et comme cet OS n'était pas des plus joyeux, je vous promets que le prochain sera plus drôle ! Encore merci à tous je vous aime !

Kisses - DW