Yo tout le monde ! Comment ça va ? Désolée pour le léger retard. Le chapitre qui va suivre est radicalement différent des autres, plus sombre et largement plus tordu. Donc si ça ne vous intéresse pas parce que vous préférez les histoires plus drôles, vous pouvez passer ce chapitre, je n'y ferai que très peu référence dans les OS à venir. Bonne lecture si vous décidez de le lire malgré tout !
" - Wow !
- Je suis d'accord !"
Je me laissai tomber sur l'autre côté du lit puis m'appuyait sur mon bras après avoir repris mon souffle.
" - Alors, la légende est-elle fondée ? lui demandai-je en souriant.
- Arrête de te lancer des fleurs, c'est pas uniquement grâce à toi que c'était génial ! plaisanta-t-il en retour.
- Mais en grande partie, et tu viens d'avouer que c'était génial toi-même !
- Très bien Jules, oui je l'avoue, la légende est bien fondée, mais toi tu n'as rien de gentil à me dire ?
- Pleure pas mon petit Bell, t'as été super toi aussi !
- Tu sais, appeler quelqu'un "mon petit" suivi du diminutif de son prénom après du sexe aussi torride n'est pas super flatteur !"
Je ris, vite rejointe par Bellamy. Je me levai et empoignai le short et le T-shirt me servant de pyjama.
" - Je pense que c'est le signal de départ pour moi, dit-il en se rhabillant.
- Oh non pas du tout ! Tu peux dormir ici si tu veux pas de soucis, c'est juste que je déteste dormir toute nue, désolée si c'est pas très sexy."
Il se recoucha sur le lit où je le rejoignis.
" - Je croyais qu'on avait dit que c'était qu'un coup d'un soir... Ne le prends pas mal, je veux pas être le gars qui se casse après avoir eu ce qu'il voulait sans demander son reste, mais on avait l'air d'accord pour...
- Dire que c'était qu'un truc entre amis d'un soir. Et je ne reviens pas là-dessus, je ne tiens absolument pas à avoir une relation sérieuse pour le moment. Je suis pas en train de te demander de m'épouser Bell, je te propose juste de rester ici cette nuit parce qu'il doit être environ 2 heures du matin et que perso, je n'aurais pas vraiment la foi de retourner dans ma chambre à l'autre bout de la ville.
- Ok, dans ce cas, ouais je reste. Tu veux que je prenne le canapé ?
- On vient de s'envoyer en l'air, je pense qu'on peut aussi dormir dans le même pieu."
Il acquiesça, visiblement heureux de ne pas avoir à bouger dans les heures à venir. Ah, du sexe torride sans se prendre la tête, suivi d'une bonne fin de soirée avec un ami, ma vie était géniale !
" - Comment tu vas toi ? lui demandai-je, un peu inquiète pour lui.
- Tu veux dire maintenant ? Je pense que ça pourrait pas aller mieux !
- Joue pas au plus idiot avec moi. Je veux dire, comment ça va depuis que Clarke et Lexa sont fiancées, je sais que tu as encore des sentiments pour elle...
- Venant de toi, je m'attendais plutôt à un truc du genre "je sais que tu as des sentiments, mais mets-les de côté sinon je te casse en 2"...
- Pourquoi ça ?
- Lexa est ta meilleure amie non ? T'es pas censée être de son côté ?
- Je le suis. Mais c'est pas parce que je suis Clexa jusqu'aux bouts des ongles que je ne me préoccupe pas de toi...
- Clexa ? demanda-t-il mi-étonné, mi-amusé.
- Clarke plus Lexa, c'est plus simple de parler d'elles comme d'une seule entité.
- Je vois. Ne t'inquiète pas pour moi, je vais pas te mentir et te dire que je saute de joie à l'idée de ce mariage, mais j'ai fait mon deuil. La preuve, je commence à voir d'autres filles !"
Il me lança un petit regard lubrique et nous rîmes tous les deux.
" - Coucher avec moi, c'est pas la définition de voir d'autres filles, mais c'est un bon début !
- Oh ça va hein ! On en parle de ta vie sentimentale ? Déjà que j'ai toujours pensé que les mecs t'intéressaient pas...
- Pourquoi choisir, je suis ouverte à tout moi. Par exemple, si t'as envie qu'on remette ça, je suis pas contre."
Bellamy sourit et se redressa, posant ces lèvres sur les miennes. Nous étions repartis pour un tour quand un cri strident résonna sur tout l'étage, en provenance de la chambre de Lexa. Bellamy releva la tête en sursaut.
" - Wow, je sais pas ce qu'elles sont en train de faire, mais c'est flippant !
- Sauf que Clarke n'est pas là, elle est partie à Arkadia avec sa mère ce matin ! dis-je en me rhabillant en 4ème vitesse. Ramène-toi !"
Je pénétrai dans la chambre, talonnée par un Bellamy torse nu, et me jetai sur le lit de Lexa, qui faisait visiblement une crise de panique, un putain de cauchemar ou un mélange des 2.
" - Lexa, l'interpellai-je en lui agrippant les épaules, c'est moi ! Lexa réveille-toi !
- Costia !"
Elle se releva en sursaut manquant de m'assommer au passage.
" - Hey, Lex. C'est moi, c'est Jules. Tout va bien, ça va aller, je suis là."
Je ne me souvenais pas l'avoir déjà vu dans un état pareil. Elle haletait et transpirait, secouée régulièrement par de violents spasmes, à 2 doigts de pleurer.
" - Jules ?
- Je suis là, t'as fait un cauchemar. Tout va bien."
Je la serrai instinctivement dans mes bras, elle ne bougeait pas d'un quart de millimètre. Je regardai Bellamy, toujours dans l'encadrement de la porte.
" - Désolée Bell, mais est-ce que tu pourrais retourner dans ma chambre et partir dès qu'il fera jour ?
- Bien sûr je comprends. Je vais retourner dans ma tente.
- Merci. S'il te plait, demande à Indra de te raccompagner, elle garde la tour cette nuit."
Il acquiesça et tourna les talons.
" - Bell ?
- Ne t'inquiète pas, je n'en parlerai à personne.
- Merci."
Je me décollai lentement de Lexa pour aller chercher une serviette et lui essuyer le front.
" - Tu veux me parler de ce qui vient de se passer ? Ou tu préfères dormir ?
- Reste avec moi.
- Ok, fais-moi de la place."
Je m'allongeai à ses côtés et entrecroisai mes doigts dans les siens, pour lui faire comprendre que je ne partirais pas.
Je me réveillai le lendemain matin, éblouie par la lumière filtrant à travers les barreaux de la fenêtre. Me souvenant de l'endroit où j'étais, je tentai d'attraper ma montre que j'avais bazardé sur un meuble la nuit dernière, mais fus incapable de bouger à cause d'un point mort étalé sur mon corps.
" - Hum Clarke, arrête de bouger comme ça... murmura-t-elle en resserrant son emprise autour de ma taille.
- Si Clarke débarque, crois-moi Lexa on va bouger toi et moi ! Et pas de la bonne façon."
Elle se releva et me dévisagea, comme pour s'assurer que je n'étais effectivement pas la personne qu'elle pensait que j'étais. Après ce qui paraissait être une éternité, elle semblait avoir fini d'assembler les pièces du puzzle et se souvenir que j'étais dans sa chambre parce qu'elle m'avait demandé de rester, et non parce que je m'y étais introduite pour abuser sexuellement d'elle au milieu de la nuit.
" - Ta fiancée va rentrer d'une minute à l'autre, je ferais mieux d'y aller.
- On a déjà dormi ensemble avant, tu ne risques pas grand-chose.
- Oh mais Clarke ne me fait pas peur ! Seulement, vous êtes fiancées depuis, genre, 1 semaine et demie, et Clarke est déjà partie pour un trip de 24 heures, alors je n'ai pas envie d'être témoin de ce qui va arriver à la seconde où elle va rentrer dans cette chambre !
- A savoir ?
- Baise post-fiançailles Lexa. Amuse-toi bien, même si je n'ai pas trop de doute là-dessus !"
Je ne voulais pas parler de ce qui s'était produit la nuit dernière, parce que si Lexa voulait en parler, elle savait que j'étais là pour l'écouter. Mais d'un autre côté, Lexa n'étais pas le genre de personne à se confier facilement, même si ça s'améliorait avec le temps.
" - Tu veux me parler d'elle ?
- De qui tu parles ?
- Tu sais de qui je parle. Tu as hurlé son nom quand je t'ai réveillé au milieu de la nuit."
Elle ne répondit pas.
" - Ok, si tu ne veux rien me dire, écoute seulement ce que j'ai à te dire. Costia, où qu'elle soit actuellement, ne peut qu'être heureuse pour toi. Tu ne la trahis en rien en te mariant avec Clarke. Et Clarke n'est pas Costia, elle ne va partir, de quelques manières qu'elles soient.
- Je sais, souffla-t-elle, là n'est pas le problème...
- Alors explique-moi. Je ne veux pas te pousser mais...
- Je ne peux pas.
- Peut-être que si tu en parlais, pas forcément à moi, mais à Clarke ou même Indra...
- Je ne peux pas en parler, dit-elle calmement. C'est bien là le problème. J'aimerais, je t'assure, mais à chaque fois que je veux en parler, je n'arrive pas à formuler des mots cohérents à voix haute."
Elle se leva et chercha un moment dans sa commode, avant de ressortir un carnet de l'un des tiroirs.
" - Tu veux m'aider ? Lis-ça s'il te plait.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Je n'arrive pas à émettre des mots oralement, alors je les inscrits sur papier.
- Je peux pas lire ça.
- Si tu peux, je te le demande.
- Non, je veux dire littéralement. Je peux pas le lire, j'ai progressé en trigedasleng, mais pas assez pour lire un bouquin.
- Ne t'inquiète pas pour ça, c'est en anglais."
Je ne pris pas la peine de lui demander pourquoi son journal intime était écrit en anglais. Je lui adressais un petit signe de la tête avant de prendre le carnet et de retourner dans ma chambre. Je m'assis sur mon lit et ouvris la première page, qui ne comportait qu'une seule phrase en son centre.
Costia est morte aujourd'hui.
J'entre dans ma chambre. J'aperçois quelques lueurs en provenance de mon lit. Des bougies. Costia aime les bougies. Je souris en observant les pétales de rose étalés partout dans la pièce. Elle était supposée voyager, se rendre à la nation des glaces pour négocier la paix. C'était le travail qui lui avait été confié. Je ne sais pas pourquoi j'ai accepté qu'elle parte, j'avais un mauvais pressentiment, mais elle m'avait convaincues après des heures et des heures. Maintenant, je sais pourquoi j'avais ce mauvais pressentiment. Je m'enfonce un peu plus dans la pièce, sans me demander pourquoi elle est déjà de retour, j'imagine qu'elle a voulu me surprendre. Sur mon lit, je trouve une boite. Mon sourire s'agrandit, elle n'est pas dans la chambre, mais le contenu de cette boite m'indiquera probablement où la retrouver. Ce n'est pas le cas. Ou plutôt si c'est le cas. Je retire le couvercle pour y trouver une lettre et une nouvelle boite, plus petite que la précédente. Je lis les mots inscrits, et comprends ce que je m'apprête à trouver ensuite. Guidée par le minuscule espoir qu'il ne puisse s'agir que d'une plaisanterie dictée par le sens de l'humour particulier de la personne que je pensais être l'amour de ma vie, je vérifie le contenu de la boite. Ce n'est pas une plaisanterie. Je m'effondre sur le sol, et je ne bouge plus, ne parle plus. Le temps passe. Impossible de dire si je reste quelques minutes ou plusieurs heures dans cette position avant que Titus ne me trouve. Il se précipite vers moi, je ne dis rien. Il remarque ensuite la boite et la fait chuter dans la précipitation. Son contenu s'écrase sur le sol dans un bruit sourd qui me hantera à jamais.
" - L'amour est une force. Et le sien pour vous lui aura coûté beaucoup. Elle n'a rien avoué. Veuillez accepter cet humble présent afin qu'il vous rappelle à jamais ce qu'il en coûte de vous aimer." lit Titus à voix haute. Il jure quelque chose à propos de la nation des glaces, puis me sort de la pièce, détachant ainsi mon regard de celui vide de Costia. Du moins, de ce qu'il en reste.
Je refermai le carnet d'un coup sec, plus que dérangée par ce que je venais de lire. Je savais ce que la nation des glaces avait fait à Costia, mais Lexa ni personne d'autre ne m'avait jamais dit jusqu'où ces salopards étaient allés. A quel point fallait-il être dérangé pour faire un truc pareil ?! Je balançai le carnet sur le bout opposé de mon lit, déterminée à ne plus m'en approcher. Sauf que je ne me pouvais pas me résigner, Lexa savait qu'elle mettrait son âme à nue en me donnant son journal, je lui devais de le lire jusqu'au bout. Je le repris du bout des doigts et ouvris prudemment la seconde page. Celle-ci était plus soignée que la première, moins haineuse. Les lignes tremblantes, tâchées d'empreintes de ce qui devait être des larmes, écrites rapidement sans ménagement étaient remplacées par des phrases plus nettes, plus construites, plus propres. Même la calligraphie était différente, comme si Lexa s'était appliquée à écrire ces lignes, alors que les anciennes n'étaient là que pour soulager sa haine et son désespoir. Je repris ma lecture.
Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de sa mort. Cette année a été dure, très dure. Mais j'ai compris que l'amour est une faiblesse. J'ai réussi à survivre en m'accrochant à ces mots. L'amour est une faiblesse. Aujourd'hui est le seul jour de faiblesse que je vais m'accorder, le seul où je ne serai pas Heda, où je pourrai être cette petite fille brisée à qui elle a sauvé la vie, quand elle avait 14 ans, i ans de celà. A l'époque où je n'étais qu'Alexandria kom Trikru, et non Heda, commandante de 12 nations. Aujourd'hui, je vais oublier les hommes des montagnes pour me souvenir de tous ces moments que je chérirai à jamais sans pouvoir l'avouer. Je me souviens parfaitement de ce jour. Le jour où je l'ai vu pour la première fois.
Ce sont les seules lignes inscrites sur la seconde page. Alexandria, je ne savais pas que c'était son vrai prénom... Je feuilletai rapidement les pages à suivre, tout était écrit au présent, comme si elle revivait toutes les scènes qu'elle inscrivait, pages après pages, lignes après lignes.
J'ai froid. J'ai peur. Il fait noir, je ne peux rien distinguer. A peine quelques jours auparavant, je m'entrainais avec Anya, qui ne cessait de me répéter que même si cet entrainement était dur, il me permettrait de survivre si je venais à être choisie par l'esprit d'Heda. Malheureusement, il ne m'est d'aucune utilité dans la situation actuelle. Mes mains sont liées dans mon dos, un bandeau me couvre les yeux. Je décèle plusieurs présences dans la pièce à mes côtés, aux bruits de sanglots et à la respiration saccadée de certains de mes compagnons de fortune. Je veux parler, demander si quelqu'un sait ce qui est en train de se passer, mais le bâillon couvrant ma bouche m'en empêche. Les minutes passent, je compte 12 autres personnes dans la pièce, 13 peut-être. Après une attente interminable, des pas se font entendre. Un des individus s'approche, avant de demander à son ou ses confrères dans un anglais parfait s'ils sont sûrs de ce qu'ils ont ramené. Ce qu'ils ont ramené, à savoir nous. Je sens le souffle de l'individu contre mon oreille. La terreur m'envahit. Je déteste ça, ce n'est pas moi. Sur un champ de bataille, je peux mettre à terre n'importe qui, quelque soit sa taille ou sa carrure, sur un champ de bataille, je n'ai pas peur. Mais ici, privée de ma vue et de la possibilité de me déplacer à ma guise, je ne suis qu'une fille comme les autres : effrayée, affamée, seule.
" - Ils sont ici depuis plusieurs jours, il est peut-être temps de s'en assurer tu ne crois pas ?" gronde une voix masculine, forte.
La personne à mes côtés retire mon bandeau, ainsi que celui de tous les autres prisonniers, que je reconnais être les 8 autres nightbloods, ainsi que d'autres personnes de mon âge que je connais de vue.
" - Très bien les mômes, dit en trigedasleng l'homme qui a retiré nos bandeaux. Vous êtes ici car vous détenez tous au moins une information sur Heda. Les règles du jeu sont simples : vous parlez, vous vivez. Sinon, adieu."
Je sais qu'il a raison, nous savons tous des choses sur Heda. Nous, les nightbloods, avons le potentiel pour être choisi par l'esprit d'Heda, et parmi les prisonniers restant, je distingue le second d'Indra, ainsi que celui de Gustus. Nous sommes 14 prisonniers, âgés de 10 à 18 ans, quelque soit l'information qu'ils recherchent, ils la trouveront sans trop de difficulté.
" - Très bien, reprend l'homme, qui veut commencer ?"
Personne ne répond.
" - Comme vous voudrez. Vous avez donc choisi la manière forte. Toi, avec moi."
Il empoigne par les cheveux le second d'Indra et l'entraine dans une pièce au fond du couloir sombre se dessinant entre les roches froides de notre prison, suivi par son complice. Aucun d'entre nous n'ose parler. Après ce que me semble être des heures, je relève enfin la tête pour détailler un petit peu mes camarades. Mon regard d'attarde sur les cheveux blonds rougis par le sang de la fille se trouvant à ma droite. Elle est belle. Très belle. Elle doit être à peine plus vieille que moi. Quand elle comprend que je la dévisage, elle se retourne et me sourit, alors que je regarde le sol, gênée.
" - Tu vas bien ?" me demande-t-elle.
Je hoche la tête pour toute réponse.
" - Tu es une nightblood c'est ça, la seconde d'Anya il me semble.
- Oui. Et toi, pourquoi ils t'ont embarqué ?
- Ma mère est la guérisseuse de Heda. Je fais partie des quelques personnes à pouvoir entrer dans la tour à ma guise."
Nous discutons de tout et de rien encore quelques minutes, afin d'oublier l'endroit où nous sommes, avant que l'homme ne refasse irruption dans la salle. Seul.
" - Au suivant, dit-il froidement.
- Qu'est-ce que vous lui avez fait ?! Où est-il ?!"
Je m'époumone, essayant désespérément d'avoir une réponse. La fille blonde tente de me retenir, en vain. L'homme s'approche et me soulève.
" - Tu seras la suivante."
Elle crie et se jette sur l'homme de toutes ses forces. Malheureusement, celui-ci mesure 2 fois sa taille et la repousse d'un simple coup de pied. Il s'apprête à m'emmener quand elle se relève une dernière fois, le suppliant de la prendre à ma place. Notre ravisseur émet un rire malsain et me repose.
" - Très bien, si tu ne veux pas voir ton amie mourir, je suis prêt à te faire cette faveur."
Je comprends le sens caché de cette phrase. Je crie à m'en déchirer les cordes vocales, mais rien n'y fait, la fille blonde disparait dans le tunnel. Et le schéma se répète, il revient et m'embarque. Je ne me débats pas, sachant que ça ne sert à rien. Puis il ouvre une nouvelle porte et me jette dans la pièce. J'aperçois les corps des 2 malheureux avant moi, je ne sais pas s'ils sont encore vivants l'un ou l'autre, et je n'ai pas le courage de vérifier. De toutes façons, je vais bientôt être comme eux. Mourir ou parler, le choix est vite fait. Hors de question d'apporter une quelconque information pouvant nuire à Heda. Un colosse d'au moins 2 mètres me ramasse et me menotte au mur du fond. Il me demande si je suis prête à parler, je lui crache au visage. Il s'apprête à me frapper, mais un rire incontrôlable provenant du fond de la pièce l'arrête net.
" - On peut savoir ce qui est si drôle ?
- Allez, avoue que si tu n'avais pas été la victime, t'aurais trouvé ça drôle ! Elle a du cran ! Je crois que je vais rester pour celle-là."
Une silhouette s'approche, un morceau de pain dans la bouche, mais je ne parviens pas à la distinguer clairement. Le colosse me frappe au ventre, violemment.
" - Plus disposée à parler ?
- Vas te faire foutre", lui répondis-je en anglais.
La silhouette rit à nouveau aux éclats, et reprend un morceau de pain.
" - Mais en plus elle parle anglais ! Si c'est pas merveilleux !"
La torture continue quelques minutes de plus, et je finis par m'évanouir sous les coups et les rires incessant.
Je me réveille quelques temps plus tard, dans la même pièce. Cette fois-ci, 14 corps en comptant le mien jonchent sur le sol, et non plus 2.
" - Merde t'en as tué 2 ! râla un des hommes. On t'avait dit d'y aller doucement !
- Y aller doucement ? Une brute pareille ? Vous aviez la foi dis-donc !"
Je reconnais cette voix. Le fou de tout à l'heure riant aux éclats en me regardant souffrir.
" - Tu ferais mieux toi peut-être ? répondit le colosse.
- Je suis persuadée que oui ! Je vais me mettre en place, amène-moi celle qui parle anglais, on va s'amuser elle et moi !"
Je tremble, je suis nettement plus terrorisée par ce dérangé que par la brute de tout à l'heure. Celui-ci me porte et m'attache à nouveau avant de quitter la pièce sous les ordres du fou.
" - Tu sais ma jolie, tu ferais mieux de parler."
Sa voix a quelque chose d'étrange. Elle est trop douce pour être réelle. Il prend un morceau de viande et le porte à sa bouche.
" - Qui est mort ? lui demandai-je.
- Pardon ?
- Un de tes amis a dit que deux d'entre-nous étions morts. De qui s'agit-il ?
- Hum... Je sais plus trop moi ! Pas un nightblood ça c'est sûr, c'est pas un sang noir qui y est resté. Il me semble que c'est un petit rouquin, qui est mort sur le coup parce que cet abruti de colosse lui a défoncé le crâne dans le mur et... Une petite blonde, oui c'est ça ! Encore la faute de ce débile, il lui a cassé la colonne cervicale sans faire attention."
Je me remémore leur visage à tous. Il n'y a que 2 blondes dans notre groupe, l'une d'entre elles est une nightblood. Je retiens mes larmes en comprenant la situation. Le fou se rapproche de moi.
" - Hey ça va ? Mes condoléances pour tes amis, mais c'était un accident. Je te jure que j'ai essayé d'arrêter l'autre psychopathe quand il y allait trop fort, mais je n'ai réussi que pour toi et le petit brun grassouillet."
Je ne veux pas le croire. Mais il est honnête, je l'entends, mais je refuse qu'il le soit. Il n'a pas le droit d'avoir un ton aussi condescendant alors qu'il est responsable de leur mort.
" - Comment tu t'appelles ?"
Je ne réponds rien. Il s'approche de mon épaule et la déboite d'un coup sec. Je hurle de douleur.
" - On recommence. Comment tu t'appelles ?"
J'ai résisté pendant près d'une heure avec le colosse, mais lui me fait craquer au bout de quelques secondes.
" - Alexandria."
Il remet mon épaule et je hurle à nouveau.
" - J'aime mieux ça. Enfin, le fait que tu répondes, pas ton prénom. Je peux t'appeler Lexa ? Je trouve que a sonne beaucoup mieux !
- Non.
- Surprenant, répond-il ironiquement, en riant à nouveau. Tant pis, je vais le faire quand même. Ecoute-moi Lexa, je vais te dire quelque chose. Je m'en fous de leur plan à ces 3 idiots. Tu vois, moi, j'aime voler des trucs. C'est mon métier. Avec eux, j'ai le plan en or : s'ils réussissent leur petit plan, ce qui serait très surprenant, je profite de la panique pour dévaliser toute la ville, s'ils échouent, ce qui est plus probable, je me tire avec leur butin pendant la nuit. Dans les 2 cas, c'est le jackpot pour moi. Je vais être honnête, kidnapper des gens ne fait pas grand-chose, mais j'apprécie tout de même que les gens que je kidnappe s'en sorte sans trop de dommages. C'est pour ça que j'ai pris la place du colosse. Je vais te donner quelques coups et te déboiter l'épaule à nouveau, et ensuite, je mentirai en disant que j'ai fait tout ce que j'ai pu mais que tu n'as rien dit."
Il est fou, vraiment fou. Tant qu'il a ce qu'il désire, il se fiche des dommages collatéraux provoqués autour de lui.
" - Tu es vraiment fou... lui dis-je.
- Fou ? Pourquoi fou ? Enfin, je sais que je le suis, mais folle sera plus correcte je pense."
Il enlève le foulard de sa tête. Ou plutôt elle enlève, car derrière le morceau de tissu se cache le visage d'une jeune fille de mon âge à peu de chose près.
" - Mais... Quel âge tu as ?
- 16 ans pourquoi ? demanda-t-elle en me fracassant la mâchoire d'un coup de poing. Je sais que ça a l'air jeune, mais toi il se peut que tu sois commandante à 16 ans."
Elle redonne un coup dans mon épaule.
" - Désolée, s'excuse-t-elle avant de faire une longue entaille avec son couteau dans le creux de mes reins. Voilà c'est fini. Je viens de te sauver la vie !"
J'expulse l'air de mes poumons pour la première fois depuis le premier coup, et crache un peu de sang par terre. Elle me détache et me soulève dans ses bras.
" - Fais semblant d'être évanouie."
Je m'exécute, sans vraiment savoir pourquoi je lui obéis.
" - Au fait Lexa, je m'appelle Costia."
Oh. Bordel.
Mes yeux cols m'empêchent de voir où elle m'amène. L'air est plus frais que dans les 2 salles que j'ai visité précédemment. Costia me pose sur le sol froid. Enfin, me jette serait plus exact.
" - Lexa, tu peux ouvrir les yeux."
J'entrouvre mes paupières. Mes yeux s'habituent lentement à l'obscurité. Je me trouve dans une cage. Littéralement. Elle s'éloigne quelques instants avant de revenir, une assiette dans une main et des morceaux de tissus dans l'autre. Elle pose la nourriture à mes pieds. J'avance afin de me servir, mais elle me met une petite claque sur le dos de la main.
" - Touche pas c'est à moi ça !
- Tu as mangé un demi-poulet i peine 20 minutes...
- Et alors ? Mon métabolisme nécessite beaucoup de nourriture. Debout, je vais panser tes blessures.
- Ils ne vont pas trouver ça bizarre, que tu t'occupes de moi comme ça ?
- Parce que tu trouves que je m'occupe de toi ? Je suis responsable de ton kidnapping, je me suis marrée pendant que tu te faisais torturer, puis je t'ai collé un coup de poing dans la mâchoire, déboité l'épaule - 2 fois - et tailladé le bas du dos avec un couteau, avant de te laisser t'affamer dans une cellule froide. Panser tes blessures n'est pas ce que j'appelle m'occuper de toi. En plus, je fais ça dans mon intérêt, si ça s'infecte, tu y restes, et je n'y tiens pas plus que ça. Serre les dents."
Elle me remboite l'épaule pour la deuxième fois de la journée.
" - Pourquoi veux-tu que je reste en vie ?
- Je t'aime bien c'est tout. T'as du cran, de l'intégrité puisque tu n'as pas encore parlé, et que je pense que tu ne parleras pas, et tu es plus qu'agréable à regarder."
Je n'arrive pas à m'empêcher de rougir. Elle soulève mon haut pour nettoyer la plaie qu'elle a laissé sur mon dos.
" - Voilà ma belle, c'est fini ! Je te vois demain."
Elle sort et ferme la grille derrière elle. Je m'appuie au mur derrière moi et me laisse tomber sur le sol. Je ferme les yeux, épuisée par cette longue journée.
" - Lexa. T'endors pas", m'appelle-t-elle à travers les barreaux.
Je lutte pour soulever mes paupières. Elle me lance son assiette à travers l'espace séparant les barreaux du sol.
" - Mange.
- Je croyais que tu avais besoin de beaucoup manger...
- Après réflexion, je vais aller faire un petit tour dehors ce soir, et si j'ai besoin de courir, je regretterai cette assiette. Si tu ne la manges pas, personne ne le fera..."
Elle ment, je le sais. Elle a été prise de remords en me laissant là, seulement je n'arrive pas à déterminer pourquoi. J'avale la moitié du contenu de l'assiette.
" - Pourquoi tu fais ça ? T'allier à eux je veux dire.
- Je te l'ai déjà dit, ça arrange mes affaires.
- Mais tu ne ressens vraiment rien pour toutes les personnes que tu blesses sur ton chemin.
- L'amour est une faiblesse Lexa. Je l'ai compris quand j'avais 8 ans et que mes parents sont morts sous mes yeux."
Je ne dis rien et termine mon assiette avant de lui renvoyer.
" - Dors Lexa, demain est un nouveau jour comme on dit.
- Où sont les autres ?
- J'en ai pas la moindre idée.
- Tu mens.
- Non, je m'en fous c'est différent. Où qu'ils soient, il n'y a que toi qui m'intéresse. D'autres questions ?
- Pourquoi tu parles anglais ?
- Je trouve que ça sonne bien, et c'est moins connu que le trigedaslung, donc plus facile pour communiquer discrètement. Bonne nuit Lexa."
Elle jette un dernier coup d'œil à mes blessures avant de rajouter :
" - Enfin, façon de parler."
La journée du lendemain se déroule exactement de la même façon, ainsi que celle d'après et celle qui lui succède. Costia me réveille à l'aube, me traine dans la salle de torture, me frappe une ou deux fois puis discute avec moi. Cependant, au fil des jours, je remarque qu'elle ne met plus autant de cœur à la tâche. Elle y va de moins en moins fort, et j'ai même l'impression que parfois, ça l'ennuie de me faire du mal. Après notre petite séance quotidienne, elle me ramène dans ma cellule, m'apporte à manger, me parle des autres prisonniers amenés en même temps que moi et reste jusqu'à ce que je m'endorme. 8 jours que nous sommes enfermés ici, je rejoins ma cellule pour le huitième soir.
" - Costia, je peux te poser une question ?"
C'est la première fois que je l'appelle par son prénom, que je m'adresse à elle comme si elle était quelqu'un d'autre que mon bourreau.
" - Bien sûr princesse.
- Ne m'appelle pas princesse... Qu'est-ce qui a changé ?
- Je t'appelle princesse si j'en ai envie. Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Toi, tu as changé au cours de ces 8 derniers jours.
- C'est faux.
- Le jour où je suis arrivée, tu as ri pendant les 20 minutes de torture que j'ai subi. J'ai vraiment cru que tu étais folle à lier, d'autant plus que quand ça a été à ton tour de me faire du mal, ça a l'eut l'air de t'amuser. Mais aujourd'hui, tu m'as à peine touchée, tu me donnes des nouvelles des autres... Pourquoi ton comportement a-t-il autant changé ?"
Elle rougit. C'est la première fois que se dessine sur son visage une émotion humaine. Elle tente de le cacher en vain. Elle ouvre la grille de ma cellule et entre à l'intérieur.
" - Qu'est-ce que tu fais ? Tu vas avoir des ennuis si tes amis arrivent.
- Tu te soucies de mon sort ?"
Je veux répondre que non, la réaction la plus logique, la plus normale, la plus saine d'esprit qui soit. Je devrais la détester, vouloir sa mort dans d'atroces souffrances, mais je n'y arrive pas. Alors je lui dis la vérité.
" - Oui."
Elle sourit sincèrement, elle semble vraiment heureuse que je me préoccupe de ce qu'il peut lui arriver.
" - Ne t'en fais pas. Personne d'autre que nous n'est venu ici en l'espace de 8 jours, ce n'est pas aujourd'hui qu'un de ces débiles va venir se pointer.
- Pourquoi prendre le risque ?
- Je prends beaucoup de risques. Je ne suis pas quelqu'un de réfléchi. Intelligente oui, mais pas réfléchie. Et pour toi ça en vaut la peine."
Je rougis.
" - Alors, qu'est-ce qui a changé Costia ?
- Tout. Toi. Moi. Nous.
- Il y a un nous ?
- Je suis suffisamment prétentieuse et imbue de moi-même pour prétendre que oui.
- Tu es complice de mon kidnapping, tu m'as frappé, coupé, blessé, affamé.
- Je sais.
- Le simple fait que tu puisses espérer qu'il y ait un nous est une aberration.
- Je sais.
- Et le fait que j'en sois réduit à l'espérer également est effarent.
- Je sais.
- Et...
- Je sais. Lexa, crois-moi sur paroles, je sais tout ça. Je sais que tout ça est totalement fou. Tu voulais savoir ce qui a changé ? I jours, tu n'étais qu'une Heda potentielle, une de ces gosses appelés à devenir commandant à un âge ridiculement jeune parce qu'ils sont nés avec un sang de couleur noir. I jours, tu n'étais qu'une fille qui connaissait les secrets de Heda, une fille capable d'être la clé qui leur permettrait de faire un coup d'état magistral, qui me permettrait de passer le reste de mon existence avec la gloire d'avoir commis le plus beau cambriolage de l'histoire. Maintenant, tu es la fille qui anime mes rêves. Peu de choses ont changé, je reste une voleuse et j'en suis fière, je suis toujours à la recherche de fortune, je me fous toujours des gens que j'écrase sur mon passage, sauf quand il s'agit de toi. Si je réussis mon coup, ça aura impliqué ta mort, et je ne veux pas de ça. Et crois-moi, ça m'emmerde à mort. Je ne veux pas t'aimer, mais pourtant c'est le cas. L'amour est une faiblesse, ça n'a jamais été aussi vrai qu'en ce jour.
- Ce n'est pas de l'amour, c'est impossible. On ne peut pas tomber amoureux dans ces circonstances, en si peu de temps. Ça va à l'encontre de toutes les lois de la logique, du bon sens, de l'univers tout entier.
- Je sais. Mais que veux-tu, je suis une voleuse, respecter les lois n'est pas dans mes principes.
- C'est totalement insensé...
- Je sais.
- J'ai envie que tu m'embrasses, finis-je sans même réaliser que ces mots sont bel et bien sortis de ma propre bouche.
- Je sais", répond-elle.
Elle me plaque contre le mur et me regarde droit dans les yeux.
" - Je t'aime, dit-elle.
- Je sais.
- C'est ma réplique ça."
Elle sourit et pose ses lèvres sur les miennes. Le baiser se fait plus intense, je perds totalement le contrôle de mon corps, de mon âme. Je ne sais plus où je suis, encore moins depuis combien le baiser dur. Elle retire son manteau, passe sa main sous mon haut sans se détacher de moins. Je sais que je ne dois pas faire ça, mais pour la première fois de ma vie, j'emmerde toutes les règles qui régissent mon existence. Jusqu'à ce que ce bruit sourd se fasse entendre. Costia se décolle de moi et récupère son manteau Je sors de la cage, et vois le colosse pénétrer dans la pièce.
" - Qu'est-ce qui se passe bordel ?! hurle Costia.
- On se tire ! L'armée de Heda est ici ! Une des leur est devenue complètement folle en voyant qu'on a buté son second !
- Et les gamins, on en fait quoi ?
- C'est trop tard pour les embarquer ! On sauve notre peau pour l'instant !"
Selon Costia, à part la petite blonde et le garçon roux, personne n'est mort. Donc la folle dont il parle ne peut être personne d'autre que le maître du garçon, Indra. Le colosse prend le tunnel à sa droite. Je réalise enfin la situation actuelle : l'armée nous a enfin retrouvé. Je suis hors de la cage, Costia à l'intérieur. Je n'ai qu'à refermer la grille pour l'emprisonner et la livrer au destin qu'elle mérite. Je sais que je dois le faire, justice doit être rendue. Mais elle veut survivre. Depuis toujours elle ne cherche qu'à survivre. Je ne peux pas la laisser aux mains d'Indra ou de Heda.
" - Où mène ce tunnel ?
- C'est un passage sous les rochers débouchant sur une montagne plutôt éloignée."
J'hésite encore quelques secondes.
" - Sors. Fuis ! Allez Costia, suis-le !
- Mais... pourquoi ?
- Je ne sais pas. Pour que tu survives. Que tu dérobes des biens. C'est l'objectif de ta vie. Va-t-en, je ne pourrai pas les retenir longtemps !"
Elle ne répondit pas, et je ne rajoutai rien. Après un dernier regard, elle court vers la liberté, tandis que je me rends à l'opposé. Je tombe sur Anya quelques mètres plus loin.
" - Alexandria ! Tu es en vie ! s'exclame-t-elle en tridgedaslung.
- Lexa.
- Pardon ?
- J'aimerais que vous m'appeliez Lexa maintenant."
Elle hoche la tête et me serre dans ses bras pour la première fois de nos vies. Je lui rends son étreinte.
2 semaines sont passées depuis notre libération. Personne ne m'a demandée pourquoi je n'étais pas dans la même cage que les autres, ni même comment je me suis enfuie. Je les remercie pour ça. Costia est partie, et je n'ai pas la moindre idée d'où elle peut être. J'ai préféré l'enfermer dans un petit recoin de ma tête, et ne penser à elle que le soir, avant de m'endormir, quand je suis seule avec moi-même. Je n'ai jamais pleuré, jamais fait de cauchemar à propos de ces 8 jours. Jusqu'au jour de mon ascension. Le jour où j'ai été choisi pour devenir Heda.
Il fait nuit noire. Je sors de la tour, préférant prendre l'air car j'ai un peu trop bu. Je m'éloigne, profitant de ma dernière soirée sans être accompagnée par les gardes. Je me couche sur le sol et regarde les étoiles, pensant à Costia pour la première fois depuis 2 ans. Je ne sais pas où elle peut être, ni même si elle en encore en vie. Et si c'est le cas, est-ce qu'elle pense encore à moi ? Je sens les larmes couler sur mes joues.
" - Manquer votre propre cérémonie d'ascension n'est pas un très bon début en tant que Heda."
Je me redresse, mais ne me retourne pas, je ne tiens pas à me montrer faible devant mon ancien maître.
" - Pardonnez-moi.
- Vous êtes la commandante, vous n'avez à vous excuser. Je vous taquinais simplement.
- J'ai beau être la commandante, je préférerais que vous ne me vouvoyez pas. Vous ne l'avez jamais fait, vous n'avez pas à le faire aujourd'hui."
Elle ne dit rien pendant quelques instants.
" - Il te manque ?"
Je me retourne vivement, réalisant que trop tard que j'ai affiché mes larmes.
" - Lexa, tu sais que tu peux me parler, et que tu pourras toujours me parler. Tu n'as pas à être forte avec moi. Même si tu es Heda à présent, tu restes mon élève, cette jeune femme extraordinaire qui m'a rendue fière d'être son professeur pendant 14 ans. Je ne t'ai jamais demandé comment tu t'étais échappée ce jour là, mais j'ai bien compris que quelqu'un t'avait aidé. Quelqu'un pour qui tu sembles éprouver de forts sentiments. Alors je te le redemande, il te manque ?
- ...
- Elle te manque ?
- A en mourir. Je ne sais même pas si elle en encore en vie, si elle se souvient de moi...
- Je suis certaine qu'elle ne t'a pas oublié. C'est elle qui t'a appelé Lexa ?
- Oui."
Elle ne dit plus rien, se contentant de s'assoir et de rester auprès de moi. Je pose ma tête sur son épaule. Nous restons dans cette position pendant quelques instants, puis je rentre dans la tour et me couche sur le lit.
" - Heda ! Une intrus s'est infiltrée dans la tour ! Nous avons réussi à la neutraliser !
- Amenez-la moi."
Les gardes reviennent quelques secondes plus tard, avec une jeune femme se débattant entre leurs bras.
" - Je vous trouve bien violents avec une femme, bande de demeurés ! Vous êtes en train de gâcher le rêve de ma vie !"
Elle est ici, je ne rêve pas. Après tant de temps passé à espérer la revoir un jour, elle est en face de moi.
" - Costia...
- Salut princesse, je t'ai manqué ? Tu sais, quand je disais qu'il y avait une possibilité pour que tu sois Heda à 16 ans, j'y croyais pas une seconde ! Imagine un peu ma surprise quand je l'ai appris !
- Laissez-nous."
Les gardes quittent la pièce. Je m'avance vers Costia et lui délie les mains, sans même oser la regarder.
" - Hé bien, un peu froid comme accueil. Tu n'es même pas un tout petit peu contente de me revoir ?"
Je me tiens debout face à elle, toutes pensées cohérentes quittent mon esprit. Je me jette dans ses bras.
" - Ah je savais bien que tu pouvais pas te passer de moi ! Imagine ce que serait ta vie si on ne s'était pas rencon..."
Je l'embrasse pour la faire taire. Quand je quitte ses lèvres pour un peu d'air, j'entends un de ses nombreux commentaires sarcastiques mais ne parviens même pas à imprimer ce qu'elle dit. Au lieu de ça, je retire mon armure et l'entraine dans ma chambre, et me laisse aller dans ses bras.
Nous faisons l'amour toute la nuit, nous arrêtant uniquement pour reprendre notre souffle. Quand je sens que je suis vraiment exténuée, je me love dans ses bras, enfouissant ma tête dans son cou.
" - Wow Lexa c'était... J'en perds mes mots, et crois-moi ça n'arrive pas souvent !"
Je souris et embrasse son cou.
" - Et pour toi, c'était bien pour une première fois ?
- Mieux que ce qu'il est humainement possible d'imaginer."
Costia et moi avons construit notre vie. Personne n'a jamais su qui elle est réellement, même Anya. Elle se contente de soupçonner, mais elle ne pourra jamais savoir. Tout se passe à merveille, jusqu'à ce jour. Ce jour maudit où j'accepte de la laisser partir à la nation des glaces, parce qu'elle m'harcèle pour voir le monde qui l'entoure. Je l'embrasse avant qu'elle ne parte, sans me douter que la prochaine fois que je vais la voir, sa tête sera livrée sur mon lit, séparée de son corps.
Le reste n'a pas d'importance. J'ai simplement continué à survivre, m'accrochant à ce qu'elle a toujours dit.
" - L'amour est une faiblesse", finis-je.
Les 10 pages suivantes étaient immaculées. Pas une trace, comme si elle avait voulu tout arrêter là. Et elle l'avait sans doute fait, du moins jusqu'à ce que nous débarquions ici. Et malheureusement, je pensais savoir pourquoi elle avait recommencé à écrire... Au centre de la page se trouvait une seule ligne, exactement comme pour la première page du cahier.
Anya est morte aujourd'hui.
Je n'ai jamais ressenti le besoin d'écrire jusqu'à aujourd'hui. Anya est morte, 300 de mes soldats ont été brûlés vifs. Tout ça à cause du Skaikru. Ils ont débarqué ici, se sont installés comme si ces terres leur appartiennent. Un des leurs a exécuté 18 des miens, 18 innocents. Justice doit être rendue. C'est pour cette raison que j'ai rencontré leur leader aujourd'hui. Pour venger mes soldats, pour venger ces innocents, pour venger Anya. Gustus m'annonce son arrivée. J'avoue être assez surprise quand je vois une jeune femme de mon âge entrée dans la tente. Je joue avec mon poignard, lui parlant froidement sans même la regarder. Notre entrevue n'a que peu d'importance. Ou plutôt si, elle en a beaucoup, mais je ne juge pas nécessaire de la relater ici.
Justice a été rendue, Finn Collins est mort. Tué par les mains de Clarke Griffin. Nous sommes désormais alliés, Trikru et Skaikru, pour lutter contre les hommes de la Montagne.
Collins a été incinéré avec ses victimes. Clarke semble plus bas que terre.
" - J'ai moi aussi perdu quelqu'un qui m'était cher. Elle s'appelait Costia. Elle a été capturée par la nation des glaces, leur reine croyait qu'elle connaissait mes secrets. Parce qu'elle était mienne, ils l'ont torturé, tué, lui ont coupé la tête.
- Je suis désolée.
- Je ne pensais pas être capable de m'en remettre, mais j'ai fini par réussir.
- Comment ?
- En reconnaissant ce que c'était réellement : une faiblesse.
- Quoi ? L'amour ? Tu as juste arrêté de t'inquiéter pour les autres ? Tout le monde ? Je ne pourrais jamais faire ça.
- Alors tu mets en danger les gens que tu aimes, et la douleur ne s'en ira jamais. Les morts sont partis, Clarke. Les vivants sont ici."
Je ne sais pas pourquoi je lui ai dit ça. Probablement pour me convaincre que ce que je dis est vrai. Mais, même si je sais que Clarke ne m'aime pas et ne pourra jamais m'aimer, je n'arrive pas à contrôler mes sentiments pour elle. Je sais que je devrais pourtant. Mais plus le temps passe, plus Clarke m'obsède, jours et nuits. J'ai perdu, je suis à nouveau tombée amoureuse.
La quasi totalité des pages restantes parlaient de Clarke. Je refusai de les lire. Quand Lexa m'avait donnée son carnet, elle avait accepté de mettre son âme à nue, mais Clarke non. Je n'avais pas le droit de lire les lignes suivantes, elles étaient trop personnelles, trop intimes. Je feuilletai des dizaines et des dizaine de pages entièrement consacrées à Clarke. J'aurais refermé le carnet si une petite idée, un petit doute ne s'était pas infiltré dans ma tête. Il fallait que je sache. Je devais lire le passage consacré à notre rencontre.
J'ai l'impression de revivre une scène à laquelle j'ai déjà assisté. Quelqu'un s'est infiltré dans la tour, et à atteint la salle du trône. Elle se tient debout, à quelques centimètres du vide, mon épée sur la gorge. Qui est-elle ? La personne qui changera ma vie radicalement. Julia Paxton. Jules. Elle me parle, et je ne reconnais que trop bien cette intonation, cette insolence, ce franc-parler, cette manière d'improviser au fur et à mesure, sans plan établi au préalable. Sa façon de parler, de bouger, de me regarder, ça ne fait aucun doute. A cet instant, je crois en la réincarnation plus que jamais, c'est elle, dans un autre corps.
" - Costia", finis-je à voix haute.
Je fermai le carnet et me levai. Je ne m'étais jamais retrouvée dans un tel état. Je n'étais pas triste, ni même en colère, non c'était pire. J'étais trahie, et folle de rage. Je sortis de ma chambre, fracassant la porte au passage, et empoignai le garde qui se trouvait devant l'ascenseur.
" - Où est Lexa ? demandai-je.
- En train de déjeuner dans la tente en bas pourq..."
Il n'eut pas le temps de finir que je me trouvais dans l'ascenseur, serrant le carnet tellement fort que mes phalanges en blanchirent. Il pleuvait dehors, à sceau, mais je m'en fichais. Je pénétrai dans la fameuse tente, constatant que les seules personnes présentes étaient une trentaine d'originaires du Skaikru.
" - Tiens Jules, tu n'es jamais en retard quand il s'agit du déjeuner d'habitude. Enlève au moins ta veste, tu es trempée."
Un autre point commun avec Costia : la bouffe excessive.
" - Abby, vous avez vu Lexa ?
- Oui, elle est avec Clarke à notre table, je t'y emmène. Tu vas bien ? demanda-t-elle, constatant que je n'étais pas dans mon état naturel.
- A merveille."
Je pris un verre sur la table et le remplis d'un liquide indéterminé, tirant sur le orange. Je me positionnai derrière Lexa, et lui tapai sur l'épaule. Quand elle se retourna pour me faire face, elle comprit qu'elle allait passer un très, très mauvais moment. Je lui balançai le verre à la figure.
" - Putain Jules ça va pas ?! cria Clarke qui se trouvait à côté.
- Jules..." commença Lexa.
Je la poussai violemment et elle tomba de sa chaise pour s'écraser sur le sol.
" - C'est quoi ton problème ?!
- C'est bon Clarke."
Dans la tente régnait un silence absolu. Personne ne parlait, de crainte de se faire insulter/frapper/tuer/tortureràmortàcoupsdecouteaubrûlervifpuisdécapitter.
" - Jules s'il te plait, allons en parler en privé.
- Tu me l'aurais dit ?! Si jamais tu ne t'étais pas mis à hurler son nom au milieu de la nuit, tu me l'aurais dit un jour ?!
- Je te le dis maintenant.
- Et à eux, continuai-je en pointant toutes les autres personnes de la salle, à Indra, à Clarke, tu comptes leur dire un jour ?!"
Elle ne répondit pas.
" - De quoi tu parles Jules ? me demanda Clarke.
- Jules s'il te plait, laisse-moi lui dire...
- Vas te faire foutre Lexa ! Vous voulez savoir c'est quoi mon problème ?! Je vais vous le dire moi ! Mon problème, c'est que Lexa ici présente est persuadée que je ne suis que la réincarnation de son ex !
- Arrête Jules, laisse-moi t'expliquer.
- Et tu veux savoir je suis aussi en colère Lexa ?! C'est parce que tu m'identifies à ton putain de syndrome de Stockholm ! Tu ne m'as pas buter le jour de notre rencontre uniquement parce que tu pensais que j'étais la réincarnation de la fille qui t'a torturée, affamée, épuisée pendant 8 jours ! Eh oui Clarke, la fameuse Costia, c'était pas une simple grounder ! C'était aussi une foutue voleuse, sarcastique, moqueuse, irréfléchie, avec un égo surdimensionnée et obsédée par la bouffe, ça te rappelle pas quelqu'un ? C'était mon foutu sosie ! Sauf que contrairement à toi, cette cinglée l'a...
- Ferme la !"
Une violente douleur se fit sentir dans ma joue gauche. Elle venait de me frapper. Je sentis le goût du sang dans ma bouche. Folle de rage, je me jetai sur elle si violemment que nous passâmes toutes les 2 à travers la tente. Nous atterrîmes sur le sol, sous la pluie battante. J'eus le temps de lui assener 4 coups de poing en plein visage avant qu'un de ses gardes ne me neutralise d'un violent coup de pied dans la mâchoire. Je m'étendis sur le sol. Indra sortit son épée, visiblement prête à me faire la peau, mais Lexa l'arrêta. Clarke se précipita vers Lexa et l'aida à se relever. Elle avait une sale gueule, du sang noir dégoulinait de son visage, l'effet renforcé par la pluie, mais la mienne devait être encore pire. Abby se pencha sur moi, et me traina jusqu'à l'infirmerie. Avant de partir, je balançai son journal à côté d'elle, le laissant gésir sur le sol.
" - Tu peux m'expliquer ce qui vient de se produire ?
- Je l'ai déjà fait avant que ça parte en vrille."
" - Oh putain ! Qu'est-ce qui t'est arrivée ?! Qui t'a fait ça ?! s'exclama Raven, en train de réparer des trucs dans l'infirmerie (parce que c'était ce que Raven faisait tout le temps, réparer des trucs), en me voyant débarquer avec Abby
- Lexa. Voilà ce qui m'est arrivé.
- C'est elle qui t'a fait ça ?! Mais t'as la joue a moitié arrachée !
- Lexa a fait ce truc à ma lèvre, le reste de ma gueule c'est à cause d'un coup de pied d'un garde qui m'a stoppé alors que je lui rendais au quadruple. A Lexa je veux dire, pas au garde."
Raven continua de poser 14 000 questions à la seconde, jusqu'à ce qu'Abby intervienne et lui demande de nous laisser seule.
" - Tu veux en parler ?
- Il n'y a rien à dire. Lexa m'a laissée en vie uniquement parce qu'elle pense que je suis la réincarnation de son ex-petite amie, qui s'avérait en plus n'être que son syndrome de Stockholm... Je suis en vie uniquement parce qu'elle m'associe à une fille qui l'a blessée, physiquement et moralement...
- Je ne connais pas toute l'histoire, mais es-tu sûre qu'elle t'associe à la fille qui lui a fait du mal, et non à la fille qu'elle aimait et qui l'aimait en retour ?
- ... Peut-être oui..."
Je grimaçai de douleur quand Abby commença à désinfecter et suturer ma plaie. Nous restâmes silencieuse un long moment. Je finis par soupirer.
" - Je suis vraiment trop conne...
- Pardon ?
- Je l'ai insulté de cinglée... Costia. Et j'ai tout balancé devant des dizaines de personnes..."
Les minutes continuèrent à défiler. Quelqu'un entra dans la pièce, brisant le silence. Raven.
" - Jules ? Lexa est dans la pièce à côté, et au passage, c'est vrai que tu lui as mis extrêmement cher, elle voudrait te voir, c'est ok ?"
Je hochai de la tête. Je grimaçai lorsqu'Abby posa une poche de glace sur ma main, et appliqua une autre sur mon œil. Lexa, effectivement très mal en point, fit son apparition.
" - T'as une sale gueule Lexa...
- Pas pire que la tienne, tenta-t-elle de plaisanter.
- Pas le moment pour te foutre de ma gueule, mais j'apprécie l'effort. Ecoute, je suis désolée pour avoir tout déballer en public, et pour avoir insulté Costia, mais ne t'attends pas à ce que je te présente des excuses pour t'avoir frappé, et encore moins à ce que je te pardonne de m'avoir menti depuis qu'on se connait."
Elle regarda Abby du coin de l'œil, lui demandant silencieusement un moment en seule à seule. Cette dernière s'assura que tout allait bien, et se leva quand j'acquiesçai en signe de réponse.
" - Je vais te chercher des antidouleur, garde la glace sur ton œil si tu veux qu'il dégonfle."
La commandante attendit quelques secondes qu'elle sorte avant de s'avancer et de maintenir la poche de glace sur mon œil. Si je n'avais pas été aussi mal en point, elle se serait bien fait recevoir.
" - Vas te faire recoudre toi aussi, t'as une plaie de 8 centimètres sur ta joue.
- J'ai connu pire.
- C'est ce que j'ai constaté", répliquai-je en désignant le journal qu'elle tenait dans ses mains. T'as parlé avec Clarke ?
- Oui. On a discuté, j'ai mis les choses au clair.
- Et ?
- Il lui a fallu un peu de temps pour digérer, mais ça va.
- Ok, tant mieux pour elle. Pourquoi t'es encore là ?"
Elle me tendit le carnet.
" - Qu'est-ce que tu veux que j'en fasse ?
- L'encre a été un peu effacée par la pluie, mais ça reste lisible.
- Hors de question. Tu ne te cacheras pas derrière ce truc... Si t'es pas capable de me dire les choses en face alors...
- 2 jours.
- Quoi ?
- 2 jours, c'est le temps dont j'ai eu besoin pour réaliser que tu n'étais pas Costia. J'en suis consciente tu sais. Je suis parfaitement consciente que ma relation avec Costia était loin d'être saine. Mais je l'aimais, je ne pouvais rien y faire. Malgré tout ce qu'elle a fait, je l'aimais, et elle m'aimait aussi. Et quand je t'ai rencontré, tu étais si... Je veux dire, tu te comportais de la même façon, tu incarnais tout ce qu'elle était. Alors oui, c'est vrai, j'ai cru pendant 2 jours que tu pouvais être sa réincarnation. Je me sentais si... vide. Après avoir perdu Clarke, j'ai eu l'impression de tout revivre en quatre fois plus intense. Et tout d'un coup, je te rencontre toi. Et ce n'est que 48 heures plus tard que j'ai réalisé que tu n'étais pas elle, mais toi. Et que tu ne pourrais jamais me blesser ou me trahir. J'ai mis longtemps à te le dire, mais à la seconde où je t'ai vu, j'ai su qu'on aurait une relation spéciale toi et moi. Alors, je veux que tu saches que je suis profondément désolée pour ces 2 jours où je suis passée à côté de qui tu étais réellement, et j'espère qu'un jour tu pourras me pardonner.
- En quoi le fait que je ne puisse ni te trahir ni te blesser me différencie d'elle ? Après que vous vous soyez mises ensembles, il n'y a plus rien eu de violent entre vous, et elle ne t'a pas trahi, c'est ce qui lui a coûté la vie...
- Je n'en suis pas si sûre. Si elle n'a rien dit à la nation des glaces, ce n'est pas par fidélité. J'aimerais le croire, j'aimerais avoir tort, mais je suis sûre à 90% qu'elle n'a rien dit parce qu'elle n'en avait pas les moyens. Elle ne savait rien, je ne lui avais rien dévoilé. C'est ce qui te différencie d'elle, et c'est ce qui différencie Clarke d'elle. Contrairement à vous deux, je n'ai jamais réussi à faire confiance à Costia. Pas une seule seconde. Ce que nous avions était magnifique à mes yeux, mais je n'étais, je ne suis et je ne serai jamais capable d'avoir la certitude qu'elle était plus que mon syndrome de Stockholm, ou encore que j'étais plus que son syndrome de Lima...
- Attends, tu sais ce que ça veut dire ?
- Le syndrome de Stockholmdésigne un phénomène psychologique observé chez des otages ayant vécu durant une période prolongée avec leurs geôliers et qui ont développé une sorte d'empathie, voire une sorte de sympathie ou de contagion émotionnelle vis-à-vis de ceux-ci, selon des mécanismes complexes d'identification et de survie. Le syndrome de Lima correspond au fait qu'un ravisseur éprouve de l'empathie, ou même une relation fraternelle avec son otage, voire des sentiments amoureux. Je me suis renseignée avant de venir te voir."
Je ris légèrement devant son obsession à toujours vouloir tout contrôler et tout savoir, puis me tus. Au bout de quelques instants de silence, elle s'apprêta à se relever.
" - Voilà ce que j'avais à te dire, sache que je suis désolée pour tout, et que si tu veux me parler ou autre, ma porte te sera ouverte.
- Attends."
Je la retins par le bras, la forçai à se rasseoir, pris son carnet et le balançai dans le feu crépitant dans la cheminée à quelques mètres de là.
" - Tu avais besoin de ce carnet parce que tu n'avais personne à qui parler. Maintenant, tu n'es plus seule, ce sera moi ton carnet. Et Clarke accessoirement."
Je posai ma tête sur son épaule, et elle passa un bras autour de ma taille.
" - Je t'aime.
- Moi aussi je t'aime. Enfin, dans le sens amical du terme bien sûr, je ne tiens pas à me faire casser les genoux par ta fiancée.
- Cela va de soi."
Voilà, encore un de fait. A la base, je devais écrire la discussion de Lexa et Clarke, mais comme tout est centré sur les sentiments de Jules, j'ai préféré laisser de côté. Encore merci d'avoir été jusqu'au bout une nouvelle fois ! On se retrouve dans une semaine ou deux, tchô !
PS : Comme je refuse de regarder la VF parce que la voix de Lexa (et de la plupart des personnages en fait) ne lui correspond absolument pas, je ne connais pas la traduction officielle de son petit dialogue avec Clarke après la mort de Finn, donc désolée pour la traduction un peu nulle de ce passage tellement fort en VO. Et aussi je suis désolée s'il y a des soucis dans la timeline du passé de Lexa, je ne suis pas super au point. Et je remercie Wikipédia pour les définitions des 2 syndromes, c'était le plus clair et concis que j'ai trouvé.
Kisses - DW.
