Yo tout le monde ! Voici la suite sans plus attendre ! Attention, gros spoilers si vous n'avez pas fini la saison 3 ! Enjoy !
" - Charlie..."
Ma respiration se fit plus saccadée, jusqu'à en devenir douloureuse.
" - C'est bien Julia, très bien. Maintenant, je voudrais que vous vous calmiez.
- Pourquoi tu... Pourquoi tu me vouvoies, on se connait depuis qu'on a 14 ans... Non, ce n'est pas... Qu'est-ce qui se passe... Qu'est-ce qui m'arrive...
- Julia, s'il vous plait. Respirez.
- Non, ce n'est pas... Ce n'est pas possible, ça ne peut pas arriver...
- Julia."
Il posa sa main sur mon épaule. Je la dégageais le plus rapidement possible et sautai à l'autre bout de la pièce. Il se releva à son tour et me regarda droit dans les yeux. La pièce tournait autour de moi, ma vision périphérique était de plus en plus flou à chaque seconde qui passait.
" - Tout va bien, me dit-il. Regardez-moi."
J'obéis.
" - Vous voyez, tout va bien. Je voudrais que vous vous concentriez sur ma respiration et y ajustiez la vôtre. Voilà comme ça. C'est très bien."
Il s'approcha doucement, un pas après l'autre.
" - Je vais toucher votre épaule d'accord ?"
Je hochai la tête.
" - Et ensuite, je vais vous planter cette aiguille dans le bras. Vous allez vous évanouir, mais à votre réveil, vous vous sentirez mieux d'accord ?"
Je n'étais pas d'accord pour que qui ce soit me plante une aiguille dans le bras. Mais d'un autre côté, je ne me sentais pas assez solide pour accepter ce que mes sens me criaient être la réalité. Cette contradiction m'épuisait. Je ne pouvais plus supporter de me sentir ainsi, j'avais besoin de me déconnecter du reste du monde, sans quoi je risquais d'imploser. Je lui tendis mon bras, et sentis une légère piqûre avant de sombrer totalement.
" - Jules, reviens parmi nous !"
Je suis là.
" - Tu es suffisamment forte pour la battre !"
De qui parles-tu ? Où suis-je ?
" - On peut pas rester ici ! Elle va bien ?"
Bellamy.
" - Je ne sais pas. Elle n'est plus avec nous."
Au contraire, je suis là.
" - Ils arrivent ! On doit foutre le camp !"
Murphy. Qui arrivent ?
On me soulève. Qui me porte ? Pourquoi ? Pose moi sur le sol.
" - Qu'est-ce que tu fais Murphy ?! Clarke, Lincoln et O n'ont pas eu le temps de nous ouvrir le passage !
- Si on reste ici, on crève tous ! Alors moi, je mise sur eux !"
Un bruit sourd, peut-être une porte qui s'effondre.
" - Et pour Jules ? On peut pas l'abandonner !
- Pourquoi tu crois que je la porte ?!
- Ils sont entrés !"
Monty.
" - Quel que soit votre plan, on n'a plus beaucoup de temps !"
Jasper.
" - Allez-y, je vais les retenir et vous faire gagner un peu de temps.
- Non, si on vous perd, c'est game over pour nous ! Je vais rester, ne vous occupez pas de moi. Foncez quoi qu'il arrive !"
Pourquoi dois-tu rester Jasper ? Que risque-t-il de t'arriver ? De nous arriver ? Et moi, que m'arrive-t-il ?
" - Dans ce cas, moi aussi je reste !
- Monty non !
- Tu t'en sortiras pas tout seul !
- Il a raison Jasper. Mais Monty, on a besoin de toi pour ouvrir et verrouiller les portes. Je vais rester. Vous êtes notre dernier espoir."
Bellamy, pourquoi tant de désespoir dans ta voix ?
" - May we meet again."
Pas des adieux, je refuse qu'il y ait des adieux.
Murphy commence à courir. Où m'emmènes-tu ?
" - Oh non c'est pas vrai, ils sont déjà là ?!"
Octavia.
" - Ouais ! Jasper et Bellamy les retienne, mais ils vont pas tenir très longtemps ! Monty, verrouille les portes !"
Non Monty, ne fais pas ça. Ils seront piégés dehors. Et nous serons piégés à l'intérieur.
" - Toujours rien ?"
Clarke. Elle ouvre mes paupières une à une et m'éblouit avec sa lampe torche.
" - Les pupilles ne réagissent plus, mais son cœur bat toujours. Elle est là, quelque part, mais je ne sais pas où !"
Je suis là.
" - Jules, bats-toi. On a besoin de toi ici. Ne nous abandonne pas. Ne m'abandonne pas."
Je ne t'abandonne pas. Jamais. Tu es mon chez-moi, mon attache, ma personne.
Je suis là Lexa.
Je me réveillai en sursaut. Mes vêtements étaient toujours les mêmes, mais je n'étais plus dans la même pièce. Celle-ci était moins éblouissante. La couleur des murs tiraient sur le gris, un bureau se trouvait près de la porte, avec seulement quelques feuilles et des crayons. Non, pas des crayons, des pastels. Je discernai des sanitaires de l'autre côté de la pièce. Aucun miroir. Seule une brosse à dent en caoutchouc et du dentifrice reposaient sur l'évier. Cette chambre était plus meublée que la salle précédente, mais pas moins impersonnelle. Le seul indice pouvant laisser penser qu'elle appartenait à quelqu'un était les dessins accrochés sur les murs avec du ruban adhésif. J'en reconnus quelques uns, et le tracé singulier ne laissait aucun doute sur l'artiste qui les avait réalisé. Clarke. Me trouvais-je dans son ancienne cellule ? Je voulus me lever pour aller observer les croquis, mais fus retenu à mon lit. J'y avais été attaché. La porte s'ouvrit.
" - Oh vous êtes réveillée ! s'étonna l'homme qui pénétra dans la pièce. Bon retour parmi nous."
Je n'eus pas besoin de voir son visage pour le reconnaitre.
" - Nevi...
- Charles...
- Qui est Charles ?
- Le docteur Williams m'a autorisé à vous tenir compagnie le temps de son absence. Il veille sur vous depuis plusieurs heures, alors je lui ai dit d'aller manger un petit morceau. Ne vous inquiétez pas, il ne sera pas long. Comment vous sentez-vous ?
- Nevi s'il te plait, détache-moi. Et dis-moi ce qui m'arrive.
- Je regrette, je ne peux pas faire cela. Je peux desserrer les attaches cependant si vous les jugez trop serrées.
- S'il te plait Nevi, tu es mon frère... Attends, où est Jellal ?
- Je suis Jellal, Julia.
- Qu'est-ce que...
- Vous avez construit Jellal à partir de moi.
- De quoi...
- Je ne suis pas votre frère Julia. Je suis votre infirmier depuis près de 10 ans maintenant, vous ne vous souvenez pas ? Je suis...
- Nevi, arrête je te prie."
Charlie venait d'entrer dans la pièce.
" - Je suis désolé Charles, comme vous aviez dit qu'elle était lucide, j'ai pensé que...
- Je sais. Mais laissons lui un peu de temps d'accord ?
- Oui bien sûr, je comprends. Je vous laisse seuls.
- Merci, ferme la porte en sortant je te prie."
Il s'exécuta. Charlie prit la chaise du bureau et l'amena près de mon lit.
" - Si je vous détache, vous promettez de ne pas vous enfuir à nouveau ?
- A nouveau ?
- Vous le promettez ?"
Je hochai vivement de la tête. Il retira les liens, je frottai mes poignets douloureux puis me levai pour regarder les dessins de Clarke.
" - Comment vous vous sentez, vous avez soif ?"
Non.
" - Oui."
Il me tendit un verre.
Ne le prends pas.
" - Merci."
Ne le bois pas. Peut-être que cette eau est responsable de ton état.
Je portai le verre à mes lèvres et avalai plusieurs gorgées.
Inconsciente, tu causes ta propre perte.
" - Je ne peux m'imaginer votre confusion..."
Effectivement.
" - Cette journée va être longue et épuisante psychologiquement. Vous serez confrontée à de l'incompréhension, de la tristesse, de la confusion, de la colère, du déni... mais j'aimerais que vous gardiez en mémoire que chaque pas que nous ferons ensemble nous rapprochera un peu plus de votre guérison. Cette session va bien au delà de tout ce que nous avons essayé jusqu'à maintenant, alors ne perdez pas notre objectif de vue ou vous risquez de perdre pied. Je vais tout d'abord vous poser une série de questions auxquelles je voudrais que vous répondiez le plus sincèrement possible, afin de déterminer où vous en êtes. Est-ce que ça vous va ?"
Non. Rien ne va. Tu n'es pas supposée être là. Sors d'ici. Maintenant. Réfléchis, rien de tout ça n'est réel, rien de tout ça ne peut être réel. Ne réponds pas à ses questions.
" - Oui.
- Parfait.
- Comment vous appelez-vous ?
- Jules Paxton.
- Quel est votre vrai prénom ?
- Je refuse que qui que ce soit emploie Julia depuis ta mort. Mais bon, tu ne peux pas le savoir.
- Quel âge avez-vous ?
- 18 ans.
- Où êtes-vous né ?
- Sur l'Arche.
- Où pensez-vous vous trouver actuellement ?
- Sur Terre. De toute évidence, nous sommes sur l'Arche, mais c'est impossible.
- Pourquoi cela ?
- Elle a explosé.
- Pourquoi pensez-vous être sur Terre ?
- Par qu'on m'y a envoyée.
- Racontez-moi cela.
- Jaha avec l'avis des conseillers a décidé d'envoyer 100 prisonniers de l'Arche sur Terre pour déterminer si la vie y était possible. Il se trouve qu'elle y est.
- Très bien.
- C'est tout ?
- Pour le moment."
Il griffonna quelques mots sur son cahier. Son écriture était toujours la même, tellement penchée qu'elle en était illisible avec ses caractères tous angulaires, à l'exception de ses "C", qui étaient les seules lettres qu'ils arrondissaient. Tout était rigoureusement exact, à un seul détail près. Un détail tellement gros que j'avais mis plusieurs secondes à m'en rendre compte. Je tendis vivement le bras et lui arrachai le stylo des mains avant de le projeter contre le mur et d'arrêter la bille à quelques millimètres de son œil gauche. Il aurait très facilement pu parer mon coup, mais n'en fit rien et resta figé.
" - Qui es-tu ?
- Vous le savez Julia. Vous l'avez dit vous même.
- Tu n'es pas Charlie ! Il était gaucher ! En plus de ça, personne ne t'appelle Charles ! Je dis bien personne ! Et pourtant, Nevi a utilisé ce prénom pour parler de toi !
- Julia, combien y-a-t-il de gauchers dans votre entourage proche ?"
Clarke, Monty, Jasper, Octavia, Sinclair, Raven, Murphy, Kane, Indra, Nyko, Lincoln...
" - 9 peut-être.
- Est-ce que vous connaissez la proportion de gauchers dans la population ?
- La... Je ne sais pas, 25% ?
- 8 à 15%. Ne pensez-vous pas qu'il y a une certaine incohérence ?
- C'est des statistiques, ça ne veut rien dire.
- C'est vrai. Et vous, droitière ou gauchère ?
- Droitière.
- Ecrivez votre nom sur cette feuille je vous prie."
Il prit tranquillement mon poignet et éloigna le stylo de son œil. Je resserrai mon emprise dessus. Il désigna le papier d'un mouvement de tête.
" - Allez-y", m'encouragea-t-il.
Sans le quitter du regard, je m'exécutai. En posant la bille sur le papier, je réalisai quel était l'objectif de cet exercice. J'avais écrit mon nom des milliers de fois, mais pour la première fois depuis des années, je dus réfléchir pour tracer les lettres. Après quelques efforts, je contemplai le résultat. J'écrivais bien. Depuis toujours. Sauf aujourd'hui.
" - Essayez de l'autre main."
Je n'en avais pas besoin pour comprendre quel était le résultat attendu. Je retrouverai ma calligraphie habituelle avec l'autre main.
" - C'est étrange oui, mais qu'est-ce que cela est supposé démontrer ?
- Nous sommes à un tournant de notre travail ensemble Julia. Aujourd'hui est le jour où nous pouvons vous faire revenir. Mais je dois savoir, j'ai besoin de savoir pour la réussite de cette thérapie, si vous êtes prête à comprendre et à accepter la réalité, aussi dure soit-elle."
Tu n'es pas prête. Ce n'est pas la réalité. Réveille-toi. Sors de ce cauchemar. Ils t'attendent.
" - Admettons que je le sois, qu'est-ce que l'on a à faire.
- Vous recevez des calmants par le biais de votre intraveineuse."
Je regardai mon bras, une aiguille y était enfoncée, reliée à une poche de liquide. Pourquoi ne l'avais-je pas remarqué avant ?
" - Ces calmants ne sont pas assez puissants pour vous assommer, mais suffisamment pour que n'ayez pas conscience de tout ce qui vous entoure. Du moins pour que votre cerveau n'assimile pas tout ce qui vous entoure.
- Alors arrête les médicaments.
- Très bien. Mais je vous préviens, les heures qui vont suivre ne seront pas faciles, elles seront même les plus dures de votre vie émotionnellement parlant."
Il s'approcha de mon bras.
" - Je vais retirer l'aiguille d'accord ?"
Non. Ne le laisse pas te toucher. N'aggrave pas ta situation. Arrache-la toi-même et cours sans jamais t'arrêter.
" - D'accord.
- Nous devrons attendre quelques minutes avant que vous n'en ressentiez plus les effets. Allongez-vous."
Je le fis. Il retira l'aiguille. Je fermai instinctivement les yeux.
" - Ils ont eu Kane et Indra !
- Bordel ! La situation empire de secondes en secondes !
- Ils commencent à escalader la tour ! Si on veut agir c'est maintenant !
- On le fait alors ou pas ?
- C'est une idée débile !
- Mais on n'en a pas d'autre ! C'est la seule solution !
- Et elle peut causer notre perte !
- A choisir entre une défaite certaine et un risque de défaite, je choisis le risque !
- Alors on va se baser là-dessus ?! Sur le postulat que ça marche différemment sur elle que sur le reste de la population ?!
- Non ! On se base sur le postulat que le nightblood va l'aider à se battre !
- Je maintiens que c'est du délire !
- Et tu proposes quoi toi ?
- On continue de fuir jusqu'à ce qu'on trouve une autre solution !
- On ne pourra pas fuir indéfiniment ! Cette tour est haute, mais pas infinie !
- Em pleni ! La décision ne revient à aucun d'entre nous ! C'est à Jules de choisir !"
Je révisai pour la énième fois le pour et le contre. De toutes façons, nous n'avions pas le choix.
" - Très bien, je vais le faire.
- Voilà, le débat est clos !
- Si ça tourne mal, on se retrouve bloqués ici avec l'ennemi !
- C'est pourquoi je mets une condition ! Je le fais seulement si je suis attachée, les yeux bandés et bâillonnée.
- On a plus de temps à perdre."
Titus ramena des cordes ainsi que 2 bandeaux. Je m'assis à même le sol, pendant qu'il attachait les cordes.
" - Lexa... appelai-je.
- Oui.
- Et si j'échoue ?
- Alors nous sommes perdus.
- Rassurant...
- Mais j'ai confiance en toi. Tous nos espoirs reposent sur toi maintenant.
- Je suis prête pour la transfusion."
Lexa se retourna pour saisir un des bandeaux. Je lui attrapai le bras.
" - Et si je ne suis pas assez rapide ?
- Ne t'inquiète pas pour ça, on te protégera le temps qu'il faudra.
- Promis ?
- Promis. May we meet again.
- Mebi osa na hit choda op nodotaim."
Elle s'assit à côté de moi. Abby lui préleva une poche de sang, puis changea l'aiguille. J'ouvris la main, Lexa y glissa la sienne. Je sentis une piqûre dans mon bras gauche.
" - Ouvre la bouche."
J'ouvris les yeux.
" - Julia."
Fuis. Ils ne te protégeront pas éternellement.
" - Est-ce que ça va ?"
Non. Tu ne peux pas rester ici.
" - Pouvez-vous vous lever ?"
Oui, tu le peux, mais ne le fais pas.
" - Je ne sais pas. Est-ce nécessaire ?
- Pas indispensable, mais ce serait préférable."
Je me redressai difficilement. Il me tendit un verre d'eau, que j'acceptais poliment. A chaque seconde défilant, mon mal-être augmentait de manière exponentielle. Je fus soudain prise de violentes nausées.
" - Je vais vomir..."
Il me tendit une bassine.
" - Vous n'avez rien mangé depuis très longtemps, je doute que vous ayez quelque chose à vomir."
Je crachai l'eau que je venais d'avaler.
" - Vous avez faim ?"
Oui, comme toujours.
" - Non. Qu'est-ce qui m'arrive... ?"
Je me recroquevillai sur moi-même, les yeux embués de larmes.
" - Julia, est-ce que vous savez ce qu'est le syndrome d'Asperger ?
- Euh... Oui, c'est une forme d'autisme. Les gens atteints d'Asperger sont en général très intelligents, mais ont une façon de penser et une capacité d'interprétation différentes des autres, ce qui peut les rendre brillants dans certains domaines. Les maths par exemple.
- Exact. Maintenant donnez-moi la liste des nombres premiers inférieurs à 100.
- 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, 31, 37, 41, 43, 47, 53, 59, 61, 67, 71, 73, 79, 83, 89, 97.
- Les carrés de 1 à 15.
- 1, 4, 9, 16, 25, 36, 49, 64, 81, 100, 121, 144, 169, 196, 225.
- Racine carrée de 7396 ?
- 86, où veux-tu... Non, ça ne prouve rien. Pleins de personnes peuvent répondre à ces questions sans avoir Asperger. En plus de ça, ce genre de trouble se caractérise par des interactions et des capacités à sociabiliser avec les autres réduites à néant ou presque !
- Voyez-vous beaucoup d'amis à votre chevet ?
- Je te vois toi. Et je doute que tes gorilles laissent entrer beaucoup de mes amis... Mais Clarke était dans cette pièce, ses dessins sont accrochés au mur. Et quand bien même j'aurais Asperger, ceci n'explique en rien pourquoi je suis ici à parler avec un mort.
- En réalité, si, ça explique tout. Du moins, ça explique la base de votre état.
- Et quel est mon état ?
- Nous y viendrons un peu plus tard voulez-vous.
- Non, je ne veux pas, je veux que tu me donnes une réponse claire, des termes précis, pas une vague explication pour t'en sortir.
- Je ne peux pas vous donner un terme précis, ce dont vous souffrez est bien plus poussé et complexe que tout ce que j'ai pu voir jusqu'ici. Ce qui s'en rapprocherait le plus serait une psychose hallucinatoire visuelle, auditive et tactile, provoquée par une schizophrénie paranoïde et une paraphrénie précoce, en réponse à un stress post-traumatique."
Il ment.
" - La paraphrénie se développe à partir de 30 ans.
- D'où le terme précoce.
- Je n'ai que 18 ans, c'est trop tôt.
- Vous aurez 28 ans le mois prochain."
Cours. Quoique ce soit, ça essaye de gagner du temps. Sauve-toi, sauve-les.
" - Désolée Charlie..."
Il ne comprit que trop tard mon intention. Je lui enfonçai le stylo dans la jambe, de toutes mes forces et courus vers la sortie. Je claquai la porte derrière moi et enfermai Charlie dans la salle grâce au système de verrouillage externe. Par chance, aucun garde n'était présent. En sortant du couloir, je compris où je me trouvais. Si je prenais à gauche, j'irai vers la station agricole. Bryan, peut-être Miller s'il n'était pas emprisonné.
Pas assez nombreux. Risque de tomber sur Pike. Tente ta chance ailleurs.
A droite, je déboucherai sur un autre couloir. En continuant tout droit, je me retrouverai à l'infirmerie. Abby et Jackson.
Si tu as de la chance et qu'ils ne sont pas en train d'opérer. De plus, risque élevé de gardes. Trouve autre chose.
A droite, la prison. Soit presque tout le monde, soit personne.
Ils n'y sont pas. Et les gardes t'arrêteront.
A gauche, un dernier couloir, dont un embranchement m'emmènerait dans la salle des machines. Raven et Sinclair. Si je continuais tout droit sans l'emprunter, je pourrais accéder au reste de l'Arche. Tout le monde.
Possibilité de prendre la fuite, vas-y.
Je courus à en perdre haleine. Je fus prise d'un violent mal de crâne, et dus m'arrêter pour reprendre mon souffle. Le martèlement dans mon crâne ne s'arrêta pas pour autant.
" - C'était notre dernier espoir, et ça n'a pas marché ! Je vais pas rester ici et attendre un miracle !
- Murphy, je t'entends, ouvre la porte s'il te plait, et tout s'arrêtera.
- La peur, le chagrin, la douleur, tout cela n'existe plus ici. Monty, je sais que tu es là aussi, ouvre moi."
Bellamy et Jasper, ils les ont eu.
" - Allez vous faire voir ! Qu'est-ce qu'on fait bordel ?!"
Continuez à courir. Il y a encore beaucoup d'étages dans la tour. Je suis là, faites-moi confiance.
" - On s'en tient au plan de départ."
Merci Lexa.
" - C'est de la folie ! On n'est plus que 9, enfin 8 puisque Jules est K.O ! Et on a perdu contact avec Raven, Miller, Bryan et Harper ! On va pas tenir le rythme !
- Nous devons lui donner du temps, c'est ce que nous lui avons promis et c'est ce que nous allons lui donner !
- Lexa, s'il vous plait, ouvrez les yeux. En cette situation critique, je vous supplie de vous souvenir de mon enseignement. L'amour est une faiblesse, et vos sentiments pour Jules vous aveugle et nous mettent tous en danger. Ce plan est voué à l'échec, elle ne peut pas le faire ! Nous devons réfléchir à une alternative afin...
- Nous n'avons pas d'alternative ! L'amitié et l'affection que je porte à Jules n'ont pas été pris en compte dans mes réflexions ! En y réfléchissant de près, de loin, de tous les angles et dans toutes les directions possibles, nous n'avons aucun autre choix que de lui faire confiance et de lui accorder tout le temps que nous pourrons lui obtenir ! Est-ce que c'est clair ?!
- ... Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous offenser...
- Tu l'as fait. Mais tes intentions ne sont pas mauvaises."
Merci Lexa, encore une fois.
" - Je suis peut-être sans cœur, mais au moins, je suis intelligente..." chuchote-t-elle en me prenant la main.
Je sais que c'est Clarke qui t'a dit ces mots. Et vous avez torts toutes les 2. Tu n'es pas sans cœur Lexa, et c'est ce qui te fait peur. Tu t'inquiètes pour moi, et tu ne le veux pas. Tu ne peux pas t'inquiéter pour moi, ils ont besoin de toi, j'ai besoin de toi. Clarke, ne la laisse pas perdre pied. Je sens une autre main sur la mienne.
" - Elle va s'en sortir."
Les 2 mains me lâchent. Clarke a pris sa femme dans ses bras. Je ne le vois pas, je ne l'entends pas, je le ressens. Tu as bien fait Skai Prisa. Lexa se calme, se ressaisit.
" - Voilà ce que nous allons faire. Monty, tu peux verrouiller cette porte ?
- C'est la dernière que je peux fermer électroniquement. Les autres plus haut ne sont plus dotées du système.
- Très bien, ferme celle-ci. Lincoln, retiens-les ici aussi longtemps que tu peux, mais je t'ordonne de te laisser faire à la seconde où tu sentiras que tu perds bien. Ta mort ne nous apportera rien, et une personne de plus ou de moins dans leur armée ne fera pas grande différence. Murphy, continue à porter Jules, Abby, contrôlez son état aussi souvent que vous le pourrez. On va tous monter à l'étage supérieur.
- Si Lincoln reste, je reste aussi.
- Non Octavia, plus longtemps on aura de guerriers, mieux ce sera pour nous. Nos dernières barrières doivent être les plus dures à franchir.
- Et pourquoi on va pas au dernier étage directement ? Laisser quelqu'un à chaque étage, c'est pas forcément l'idéal."
Non. N'écoutez pas Murphy. Le dernier étage est le seul où il y a un balcon. En plus, dans deux étages, il n'y aura plus d'escaliers, vous devrez escalader, vous ne pourrez pas tout faire d'un coup, j'ai déjà essayé...
" - Ils escaladent le tour de l'extérieur, le dernier étage est le plus accessible pour eux à cause du balcon et des fenêtres donnant directement vers l'extérieur."
Parfait. Gagnez du temps, je suis là, tout près. Je dois juste le lui faire comprendre.
Relève-toi.
Je me remis sur pieds, et continuai ma course folle vers la salle des machines. Je passai devant tous les mécanos qui y travaillaient sans m'arrêter une seule seconde. Je savais où Raven travaillait, j'étais tout près...
" - Raven ! hurlai-je en ouvrant la dernière porte.
- Merde... Vous pourriez pas frapper avant d'entrer !"
Elle se rhabilla rapidement, puis elle se tourna vers moi.
" - Je peux vous aider ?"
Oui, elle peut. Parle-lui.
Je me pétrifiai à la vue du garçon avec qui je venais de la surprendre. Il ne pouvait pas être là, Clarke l'avait tué. Il était mort. Mais... Charlie aussi était mort, et pourtant je venais de parler avec lui pendant près de 2 heures.
" - Spacewalker ?
- Excusez-moi ?"
Il n'est pas réel.
" - Mais... Oh mon Dieu..."
Je me jetai à son cou.
" - Qu'est-ce que vous faites ? protesta Raven. Finn, tu la connais ?!
- Non je te jure ! S'il vous plait, lâchez-moi."
Il me repoussa doucement.
" - Tu ne peux pas être là, tu es mort...
- Hum non... Pas aux dernières nouvelles..."
Il n'est pas réel. S'il te plait, raccroche-toi à ça. Il ne peut pas être réel.
La voix de Charlie résonna dans ma tête. Psychose hallucinatoire visuelle, auditive et tactile, provoquée par une schizophrénie paranoïde et une paraphrénie précoce, en réponse à un stress post-traumatique. Et si... ? Un nouveau mal de crâne se fit ressentir, beaucoup plus violent que le précédent.
" - Attends, je te reconnais. Tu es la patiente de Charles non ?"
J'avais tort. Raven ne peut pas t'aider. Fuis.
La main sur mon crâne, je sortis de la pièce. Un violent haut-le-cœur me transperça de part en part, mais je tins bon. Mon estomac se serra fortement, s'ajoutant à mon mal de crâne.
Tu n'as rien mangé depuis trop longtemps, tu vas t'évanouir.
Je me dirigeai vers la réserve. J'avais déjà volé des milliers de fois là-bas, je pouvais le refaire sans problème.
" - Elle est là !"
Lincoln. Il m'avait déjà retrouvée. Et il n'était pas seul. Je repartis dans la direction opposée. Je devais me cacher, mais où ?
Là où tu t'es cachée pendant des années.
Je tournai à droite. J'avais pris cette route des centaines de fois. Une. Deux. Trois. Quatre. Quatrième grille sur la gauche. Je la tirai de toutes forces. Elle vint plus facilement que dans mes souvenirs. Je me glissai en contrebas puis repositionnai la plaque le plus doucement possible. 2 minutes plus tard, Lincoln et ses hommes passèrent au-dessus de moi. Un groupe partit à gauche, l'autre à droite. L'avantage avec notre cachette, c'était qu'elle avait plusieurs entrées et sorties que je pouvais utiliser. Mais pour aller où ?
Les dessins.
Clarke. Si elle avait fait ces dessins, c'était qu'elle était déjà venue me voir. Elle devait savoir ce qui m'arrivait. Je sortis dans un couloir près de là où elle habitait. Devant sa porte, je frappai. Et frappai encore. Deux fois, trois fois, cinq fois, sept fois, onze fois...
" - J'arrive !"
Je reconnaissais cette voix.
" - Bonjour, je peux vous aider ?"
Bellamy. Je voulus lui sauter dans les bras.
Ne le fais pas, souviens-toi de la réaction de Spacewalker et Raven.
" - Bell, c'est moi...
- Je suis désolé, je ne vois pas qui vous êtes... On était dans la même classe ? Parce que si c'est le cas, je suis navré de ne pas me souvenir de vous, mais j'ai une très mauvaise mémoire.
- Où est Clarke ? Et Abby ?"
Je le bousculai pour entrer dans la pièce sans attendre de réponse.
" - Je suis désolé, mais vous ne..."
Je n'écoutai pas la suite, tant la scène qui se déroulait devant mes yeux était surréaliste. Abby était à table, buvant un verre d'eau. A sa droite se trouvait Kane, main dans la main avec... Indra ? A sa gauche se trouvait Jake Griffin et petit Jaha. Ils me regardèrent tous, sans savoir quoi faire ou quoi dire.
" - Bellamy, qui c'e... Julia ?"
Mon cœur explosa de soulagement. Clarke était là, et elle savait qui j'étais.
" - Tu ne peux pas savoir à quel point je suis soulagée que tu sois là..."
Je marchai vers elle, mais fus bloquée par son père.
" - Qui êtes-vous ?
- Papa, laisse, je la connais. Julia, qu'est-ce que tu fais ici ?"
Je vous sauve la vie.
" - Je... Je ne sais pas, tout est si... confus dans ma tête... Je savais que je devais te retrouver pour comprendre, tes dessins m'ont aidé à le réaliser !
- Mes dessins... ? Je ne comprends pas...
- Ceux que tu as laissé sur les murs de la chambre dont je me suis échappée !
- Ne bougez plus."
Indra avait son arme pointée sur moi.
" - Je sais qui vous êtes Mlle Paxton. Vous êtes une des patiente du docteur Williams. Vous avez eu tort de venir ici pendant l'un de mes seuls jours de congé, cela me rend plus impitoyable. Les mains sur la tête ! Tout de suite !
- Attendez Indra, s'il vous plait ! Julia, je ne sais pas dessiner.
- De quoi tu parles ? Tu adores ça ! C'est même ce dont on a parlé en premier le jour de notre rencon... Attends un peu... Où est ton alliance ?
- Pardon ?
- Ce collier ! Il est supposé servir à suspendre ton alliance, je le sais c'est moi qui vous l'ai offert le mois dernier
- Julia, je n'ai aucune alliance.
- Nous ne sommes pas encore mariés, ajouta Bellamy.
- Je n'ai pas dit que toi tu étais marié, seulement Clarke. J'ai célébré ce mariage moi-même ! Et Japser et Monty ont tiré des feux d'artifices et ont accidentellement fait exploser les Rovers, et...
- Papa... dit une petite voix depuis la chambre du fond.
- Octavia !" s'exclama Bellamy.
Il courut prendre la petite dans ses bras. Elle devait avoir 5 ou 6 ans tout au plus, et ressemblait à la Octavia que je connaissais comme deux gouttes d'eau, en plus jeune bien évidemment.
" - Octavia ? Bell, qu'est-il arrivé à ta sœur pour que tu nommes ta fille selon elle ? Et depuis quand as-tu une fille ?
- Je n'ai jamais eu de sœur, tu sais bien que c'est impossible...
- Papa, j'ai peur... Je veux rentrer à la maison..."
Kane se leva et se rapprocha de moi.
" - Ecoutez, je ne sais pas qui vous êtes, mais selon ma femme, votre état nécessite une aide psychiatrique. Vous devriez être entre de bonnes mains, et au lieu de ça vous dérangez et terrorisez une enfant ! S'il vous plait, laissez-moi vous raccompagner auprès du docteur Williams, et tout se passera bien."
Ignore-le.
Je l'ignorai.
" - Clarke ! Explique-moi ce qui se passe ! ordonnai-je plus sévèrement.
- Maman ! pleura la petite en sautant des bras de son père pour se jeter dans ceux de Clarke.
- Maman ? répétai-je.
- Ne t'inquiète pas chérie. Tout va bien. S'il te plait, retourne dans la chambre d'accord ?"
Malgré quelques petits gémissements plaintifs, la petite s'exécuta.
" - Qu'est-ce que c'est que ces conneries ?! Depuis quand tu as une fille ?!
- Julia calme-toi s'il te plait. Bellamy et moi, on ne se marie pas avant au moins un mois...
- Non, non, non..."
Ce n'est pas la réalité. Ne t'effondre pas, ce n'est pas la réalité !
" - Non, pas toi ! Pas lui ! Tu n'es pas avec lui ! Vous deux, ça marche pas ! J'ai été plus proche de toi qu'il ne l'a jamais été ! Vous ne pouvez pas ! Ce n'est pas correct, ça n'est pas supposé se passer comme ça !"
Reste avec moi ! Ce n'est pas la réalité !
" - Julia, je ne comprends pas...
- Wells était amoureux de toi, mais tu n'as jamais ressenti la même chose, et on a failli couché ensemble toi et moi ! Après tu étais avec Finn et il t'a brisée le cœur. Tu m'as embrassée. Et il est mort ! Et elle t'a embrassée ! Ensuite il y a eu Mount Weather, le génocide, et nous sommes parties. Et tu m'as encore embrassée. Et ensuite personne ne t'a plus revu, jusqu'à ce qu'elle te retrouve ! Vous vous êtes mises ensemble et vous vous êtes mariées, lui n'a jamais été là ! Il n'y a pas de place pour lui, ça ne devait pas se passer comme ça ! Tu l'as épousée elle !"
Reprends toi ! Ce n'est pas la...
" - La ferme !" hurlai-je en donnant un coup de pied dans la table.
Peut-être qu'Indra pointa à nouveau son arme sur moi. Peut-être pas. Peut-être qu'Abby sortit chercher les gardes. Peut-être pas. Peut-être que Clarke s'agenouilla à côté de moi. Peut-être pas.
Tu ne peux pas me chasser comme ça ! Je suis là pour toi !
" - Julia, tu commences à me faire peur..."
Lui faire peur n'est pas l'objectif, écoute-moi, je suis là pour toi. Je suis toi !
" - Tais-toi ! Tu prends de la place, trop de place !
- A qui est-ce que tu parles ? Et qui est-ce que j'ai épousé ?"
Elle te croit folle. Elle n'est pas la clé. La réponse est quelque part ici. Tu peux encore la trouver si tu sors maintenant.
" - Lexa..."
Elle se figea. Une larme perla au coin de son œil.
" - Julia...
- Où elle est ? Elle, elle saura. Elle saura ce qui se passe !
- Julia, elle est morte."
Plus rien ne bougeait à part moi. Où alors tout bougeait à part moi, je ne savais pas. Je n'entendais plus rien, je ne sentais plus rien, je ne voyais plus rien. A part Clarke. Un murmure presque inaudible sortit de mes lèvres.
" - Non...
- Elle est morte il y a près de 10 ans...
- Mais qu'est-ce qui m'arrive... ?"
Les larmes coulèrent sur mes joues. J'avais l'impression que mes muscles, que mes organes lâchaient un à un. J'avais l'impression de disparaitre.
" - Mlle Griffin, chuchota une voix masculine. Merci de vous en être occupé, je vais prendre le relais."
Charlie s'agenouilla à côté de moi et m'aida à me redresser. Je passai devant quelques gardes qui avaient emplis la pièce.
Elle n'est pas morte.
" - Elle n'est pas morte... Elle ne peut pas être morte... Je le sentirais si c'était le cas, je le saurais. J'ai besoin de savoir ce qui se passe..."
Une idée. Une simple idée me traversa l'esprit. Une idée désespérée. Je pris le pistolet de la ceinture de Nyko et empoignai la personne la plus proche de moi. Abby. Désolée pour vous. Je lui pointai le canon sur la tête.
" - Maintenant on arrête les conneries ! Qu'est-ce qui se passe ici ?! J'ai été droguée c'est ça ?! C'est un putain de coup monté ?! Qu'est-ce qui m'arrive bordel ?!"
Ce n'est pas la solution.
" - Julia, posez cette arme !"
Pose ton arme.
" - Laissez la partir, je sais que vous ne voulez blesser personne !"
Laisse-la, si tu meurs ici, tu meurs là-bas et tout espoir est perdu.
" - Lâchez votre arme !"
Lâche ton arme !
" - Ta gueule !"
Je jetai Abby sur le sol et me retournai. Je frappai dans le mur, de toutes mes forces. J'avais mal, mais cette douleur, je savais quoi en faire, je pouvais l'arrêter, je pouvais la contrôler. Je me retournai à nouveau en hurlant, et pointai le canon sur ma tempe cette fois-ci.
" - Charlie ! Dis-moi ce qui m'arrive !
- Je vous ai déjà dit quel était votre diagnostic.
- Je m'en branle de ce que la médecine dit ! Même toi t'es pas sûre ! Je veux que tu me dises ce qui se passe exactement ! Pourquoi je suis comme ça ! Ou je me colle cette balle dans le crâne et tu perds ton meilleur sujet d'étude de tous les temps !
- Je ne peux pas vous expliquer tout cela ici à cause du secret médical. Tout ce que je peux vous dire, c'est que rien de ce que croyez être réel n'est vrai.
- Et qu'est-ce qui me dit que toi, tout ça là, l'est ?
- Rien. Ces illusions, le monde tel que vous l'imaginez, toute votre psychose, c'est vous qui l'avez créé. Votre illusion est quasiment parfaite Julia, à tous niveaux. Vous pourriez sans aucun souci démonter le peu d'incohérences que je pourrais y trouver. C'est votre cerveau, je ne peux pas y accéder ou lui imposer une vérité. La seule personne qui peut détruire cette illusion, c'est vous. C'est la base de votre thérapie actuelle.
- En quoi elle consiste ?
- Si je brise l'illusion de force avec un quelconque médicament, elle reviendra sous une autre forme. Vous l'avez démontré, encore et encore. Face à nos échecs, j'ai été contraint de choisir une nouvelle méthode, qui consiste à vous laisser vous-même exploser l'illusion, à vous aider à comprendre que vous ne vivez pas dans la réalité, sans vous l'imposer. Je crains que ce ne soit notre dernier espoir de vous ramener."
Fais exploser l'illusion.
Je m'évanouis et tombai sur le sol.
Comment en est-on arrivé là ?
" - La douleur n'existe pas dans la Cité des Lumières ! Prends la puce Julia, et toutes tes souffrances disparaitront.
- Va brûler en Enfer !"
J'envoyai une chaise dans la figure de l'autre illuminé de Jaha et fonçai vers la tour. J'allumai mon talkie pour la quatrième fois en 20 secondes.
" - Raven réponds-moi bordel ! Miller, Bryan, Harper ! Quelqu'un m'entend ?!"
Aucune réponse. Encore une fois.
" - Jules, rejoins-nous, lutter ne sert à rien."
Oh non, pas vous aussi. Je ne pris même pas la peine d'écouter les délires de mes frères et les contournai.
" - Jules, par ici !" m'appela Clarke.
Je sautai à travers la petite trappe qu'elle ouvrit.
" - On attend encore quelqu'un ?
- Non. J'ai perdu Raven et les autres et je n'ai pas réussi à les contacter depuis...
- Monty, verrouille toutes les entrées, ordonna-t-elle.
- On est encore combien à ne pas avoir pris la puce ?
- Pas beaucoup. Lexa, Titus, Bellamy, O, Lincoln, Indra, Kane, ma mère, Jasper, Monty, Murphy, toi et moi. Tes frères ils sont..."
Je secouai la tête.
"- Au moins ici, on est en sécurité...
- Par pour longtemps, nous informa Monty. Les portes ne les retiendront pas indéfiniment. T'as trouvé ce que vous étiez partis chercher ?"
Je sortis l'objet de ma poche.
" - J'ai fait semblant de l'avaler. Je ne les ai pas dupés plus de 10 secondes, mais ça m'a suffit pour m'enfuir avec la puce. Tu peux en faire quelque chose ?"
Je lui tendis la saloperie à l'origine de tous nos problèmes.
" - Je ne sais pas. Sans matériel ou Raven et Sinclair, ça va être délicat de l'analyser.
- Génial... Je n'ai pas la moindre idée d'où est Raven, et Sinclair a rejoint les illuminés. De gré ou de force... Allons rejoindre les autres, ça ne nous avancera pas des masses, mais au moins on sera tous ensemble..."
" - Alors c'est ce truc qui les fait tous disjoncter ?
- Ouais, et je frappe le premier qui songe à l'avaler. Et arrêtez de vous la passer comme si c'était une cigarette !"
Lexa saisit l'objet des mains de Monty.
" - Qu'est-ce que je viens de dire... Lexa, ça va ?
- Oui... répondit-elle intriguée. Cette... chose, je la reconnais. J'en ai avalée une comme ceci. C'est la Flamme.
- Qu'est-ce que c'est que ce délire encore... Trinch, c'est toi le gardien, une explication ?"
Il s'avança et prit à son tour la puce dans ses mains.
" - Cette entité a en effet beaucoup de points communs avec la Flamme.
- Et comment elle est transmise, la Flamme ?
- Ces informations sont confidentielles et ne peuvent être divulguées à d'autre que le prochain Fleimkepa.
- A ce rythme, on aura bientôt plus de prochain Fleimkepa... fit très justement remarquer Murphy en jetant un coup d'œil par la fenêtre. Si vous voulez mon avis, vu le monde qui arrive, on doit être les seuls qui n'ont pas encore pris la puce dans toute la ville !
- Titus, nous avons besoin de toutes les informations susceptibles de nous aider, alors je t'ordonne de nous faire part de tout ce que tu sais ! le pressa Lexa.
- L'esprit du premier Heda se trouve dans la Flamme. A la mort d'un commandant, elle permet de transmettre les pouvoirs à son successeur, lors de la cérémonie.
- Attends, t'es en train de nous dire que Lexa est une intelligence au même titre que cette A.L.I.E ?
- Non. La Flamme est en effet l'élément nécessaire à l'accession au titre de Heda, mais chaque commandant est différent.
- D'accord, résumons ce que nous savons. La Cité des Lumières semble être une espèce de lieu utopique dans lequel la mort et la douleur n'existent pas, et on peut y accéder en prenant la puce, mais en contrepartie on est totalement contrôlé par A.L.I.E. De plus, il semble y avoir un lien entre la Flamme et la puce, elles sont trop semblables pour qu'il s'agisse d'un pur hasard.
- Il y a quelque chose que je ne comprends pas, ajouta Octavia. Quelque soit le but final que cherche à atteindre A.L.I.E, il est clair que l'objectif pour l'instant est d'amener tout le monde dans la cité des Lumières, quoi que ce soit exactement. Alors pourquoi on est toujours là, en train de discuter tranquillement ? Je veux dire, on n'est même pas 20, notre présence ou pas dans sa cité pseudo-idyllique ne va pas changer grand-chose. Arkadia a été envahi, et les armes là-bas y sont très nombreuses, alors nous faire exploser avec un missile serait très simple pour elle. Pourquoi elle veut simplement nous capturer ?
- J'ai aussi réfléchi à ça, repris-je. C'est une intelligence artificielle, elle a donc bien été conçu par quelqu'un à la base. Si on prend un peu de recul, ce qu'A.L.I.E fait n'est pas si mal, elle veut nous emmener tous dans un paradis où personne ne mourrait ou ne souffrirait. Je doute que les intentions de la personne qui l'a programmé soient mauvaises.
- Oui, mais dans ce cas on s'oppose à son idéal, contesta Bellamy. Par conséquent, nous éliminer pour le plus grand nombre ne devrait pas poser de problème éthique.
- Pas faux...
- Et si... Si ce n'était pas une question de volonté ?
- Qu'est-ce que tu veux dire Clarke ?
- Peut-être que ce n'est pas qu'elle ne veut pas nous tuer, mais qu'elle ne peut pas nous tuer. Si on part du principe que la Flamme et la puce sont liées d'une quelconque façon, peut-être qu'elle ne peut pas survivre si la Flamme est détruite !"
Mon talkie grésilla à ma ceinture.
" - Raven ! Raven c'est toi ?! T'es où ?!
- A Arkadia.
- Pourquoi et comment t'es retournée là-bas ?!
- On s'est retrouvés piégés. La seule solution était de partir à Arkadia, on a perdu Harper et Miller en route.
- Comment ça se passe là-bas ?
- C'est vide, il n'y a personne, mais ça va pas durer. On pourra probablement pas retourner à Polis sans se faire avoir. Ecoutez, j'ai réussi à prendre une puce...
- Oui moi aussi.
- Mais toi, je doute que tu ais réussi à la craquer. J'ai plusieurs infos concernant A.L.I.E.
- Balance !
- Son code source indique qu'elle a été conçue dans l'objectif de rendre la vie meilleure sur Terre. Je vous passe les détails, mais il semblerait que ça ait déconné à un moment ou à un autre...
- Sans rire... ironisa Murphy.
- Sérieusement, il est même possible qu'elle soit à l'origine de l'apocalypse nucléaire de 2052.
- Rien que ça !
- Pourquoi elle aurait fait ça ?"
Clarke me prit le talkie des mains.
" - Je ne sais pas ce qui l'a poussé à agir comme ça, mais son code indique qu'elle s'est introduit dans le système de déclenchement des missiles nucléaires, continua Raven. Mais il y a mieux encore. Je pense que sa créatrice a perdu le contrôle, ce qui l'aurait poussé à créer une forme alternative de A.L.I.E, capable de la détruire, et cette entité serait...
- La Flamme, finis-je. Le Trinch nous a fait un bref historique.
- Oui. Et encore une fois, selon son code, sa créatrice répondrait au nom de Becca.
- Becca comme dans... ?
- Bekka Pramheda, confirma Lexa. La première commandante.
- Et son héritage est aujourd'hui dans la Flamme, autrement dit dans le crâne de Lexa, finis-je.
- Oui, et c'est ce que A.L.I.E cherche activement, reprit Raven. La Flamme est le seul moyen de la détruire.
- Dans ce cas, il n'y a pas beaucoup de possibilité. Heda prend la puce et utilise le super pouvoir de Becca pour l'achever."
Murphy était déjà parti chercher la puce, prêt à appliquer sa théorie, mais Raven l'en empêcha.
" - Surtout pas ! Si c'était aussi simple, A.L.I.E vous aurait tous fait sauter et aurait détruit la Flamme elle-même ! Il y a fort à parier que la seule façon pour elle d'être totalement libre et d'exister pour toujours avec sa cité des Lumières, c'est de s'introduire dans la Flamme et de la désactiver de l'intérieur !
- Je vois, son objectif c'est donc de faire avaler la puce à Lexa pour pouvoir bousiller l'esprit de sa créatrice. Ok, on est d'accord pour dire que A.L.I.E peut rien faire si elle ne contrôle personne vu que c'est une IA, donc si on déconnecte tout le monde et qu'on détruit toutes les puces, ça pourrait le faire non ?
- J'y ai pensé aussi, mais c'est quasiment impossible ! Techniquement, je pense qu'on peut court-circuiter les puces, mais je ne peux pas évaluer les dégâts que ça peut causer sur le système nerveux... Et quand bien même on pourrait récupérer tout le monde, rien ne prouve qu'A.L.I.E ne trouvera pas un moyen de faire un comeback...
- Super, donc en clair, on est baisés...
- Sur ce côté là, oui... J'ai peut-être une idée, mais c'est très, très risqué. Et...
- Laisse-moi deviner, ça se base sur des spéculations fondées sur des suppositions ?
- C'est à peu près ça... En bref, tous ceux qui ont pris la puce se retrouvent plus ou moins sous le contrôle d'A.L.I.E, mais ils n'y sont pas tous égaux. Je vous passe les détails, mais il semblerait que certains "esprits" résistent plus que d'autres à l'influence de la puce. Parmi eux, j'ai notamment remarqué que les nitblidas ont réussi à lutter plus longtemps. D'une façon ou d'une autre, leur sang les protégerait momentanément contre A.L.I.E.
- Donc esprit fort plus sang noir égal meilleure résistance ?
- En résumé.
- C'est bien joli, mais à quoi ça sert de savoir ça ? intervint Bellamy.
- Eh bien, parmi tous les codes d'A.L.I.E, il y en a un différent des autres, qui la retient d'une façon ou d'une autre. Je pense que c'est une sorte de verrou, qu'elle cherche à faire sauter avec l'aide de la Flamme. Ce qu'i retenir là-dedans, c'est que si bouton off il y a, c'est ce qui s'en rapproche le plus. Et A.L.I.E l'a suffisamment protégé pour que la seule manière de l'atteindre, ça soit en passant par elle.
- C'est génial ça, pour la neutraliser, il faut prendre la puce, mais la puce nous passera tout de suite l'envie de la neutraliser... On est morts...
- Pas forcément. Il y aurait peut-être un moyen. Abby est avec vous pas vrai ?
- Oui.
- Il faudrait que Heda transfuse une partie de son sang à l'un d'entre vous, qu'ensuite il avale la puce, rentre dans la cité des Lumières et neutralise cette saloperie de l'intérieur. Qui est compatible avec Heda ?"
Nous nous retournâmes tous vers Abby.
" - John, Indra, Lincoln, Clarke, Jules. Et peut-être Jasper mais je ne suis pas sûre à 100%."
C'était du délire. Du grand délire !
" - Et quelles sont les chances de réussite ?
- Quasiment nulles. Si quelqu'un a une meilleure option, je ne vais pas le contred... Bryan !"
Nous entendîmes des cris en fond sonore, ainsi que le bruit des portes qui sont verrouillaient.
" - Raven ! Qu'est-ce qui se passe ?!
- Merde, ils nous ont trouvé ! Ecoutez, je vais essayer de faire de mon mieux pour vous aider de là où je suis, mais on ne va pas tenir très longtemps ! Si... re... ten... Cour..."
Nous perdîmes le signal. Nous restâmes quelques minutes sans rien dire, ne sachant pas trop quoi faire. Je finis par briser le silence.
" - Bon, qui se porte volontaire ?
- T'es pas sérieuse ? Tu n'y songes quand même pas ?
- Tu vois une meilleure solution Murphy ?
- N'importe quoi serait mieux que ce plan !
- C'est pas ce que je te demande... J'en déduis que je t'enlève de la liste des volontaires ?
- Et comment ! Hors de question que ce truc entre dans mon corps ! dit-il en désignant la puce de la tête avec dégout.
- Très bien. Hors de question qu'on envoie Lincoln ou Indra là-dedans, ils vont partis de nos seuls combattants. Skai Prisa, c'est entre toi et moi. On la fait à pierre-feuille-ciseaux ?"
Murphy rappela encore une fois que l'idée était stupide et irréalisable, appuyé par le Trinch, et s'en suivit un long débat, aucun Lexa mit un terme en leur hurlant dessus.
" - Je ne tiens pas à envoyer ni ma femme, ni ma meilleure amie dans les bras de cette intelligence artificielle, mais il est clair que c'est notre seule option pour le moment. Selon Raven, plus un esprit est fort, plus il résiste, alors je propose que chacun vote pour désigner qui sera le plus à même de lutter contre la puce."
Je compris à cet instant que c'était pour ma gueule. Pas que Clarke n'était pas en mesure de se battre, mais il était évident que j'étais bien plus bornée qu'elle. Quand je tenais un os, je le lâchais pas, et pour une fois, ça allait peut-être servir. Sans surprise, je fus élue à la majorité.
" - Le choix est donc tien Jules.
- Est-ce que je l'ai vraiment, le choix ?"
Un bruit sourd résonna dans la pièce.
" - Bordel, ils commencent à forcer la porte !"
Kane et Indra se jetèrent sur cette dernière pour la maintenir en place.
" - Allez-y ! ordonna la guerrière. On va les retenir aussi longtemps que l'on pourra !"
Réveille-toi.
J'ouvris difficilement les yeux pour la troisième fois de la journée. A peine fus-je suffisamment lucide pour bouger que je tentai de me relever pour m'enfuir.
" - Ne le prenez pas personnellement Julia, mais je ne commettrai pas la même erreur deux fois de suite.
- Je suis donc pieds et poings liés dans un lit maintenant ? Ce n'est pas illégal ?
- Ce qui serait illégal serait de vous laisser libre de vos mouvements alors que vous venez de pointer une arme sur une conseillère.
- Charlie... le suppliai-je d'une voix plaintive. Je t'en prie, dis-moi ce qui m'arrive...
- Julia, est-ce que vous entendez des voix ?
- Dans ma tête tu veux dire ?"
Non. Mens-lui.
" - Non..."
Ma voix hésitante me trahit.
" - Julia. Je suis votre ami, peut-être pas de la façon dont vous l'imaginiez, mais je veux que vous vous en sortiez. Je suis prêt à absolument tout faire pour ça. Mais vous devez être honnête avec moi. Je vais vous reposer la question, est-ce que vous entendez des voix ?
- Si c'était le cas, j'imagine que ce ne serait pas bon signe pas vrai ?
- Au contraire, si vous parvenez à vous en rendre compte, vous pourrez peut-être les isoler et les faire taire..."
Un silence pesant emplit la pièce.
" - Charlie, je te le demande encore une fois : qu'est-ce qui m'arrive ?
- Vous avez toujours été... différente des autres. Vous étiez solitaire. Même lorsque vos camarades ou vos instituteurs venaient vous voir pour jouer, discuter, vous aider à vous intégrer, vous étiez distante. Vous restiez assise sur votre chaise, à dessiner, empiler des choses ou résoudre des équations bien au-delà de votre niveau. Votre comportement asocial a commencé à inquiéter vos proches, qui vous ont emmené voir un spécialiste. Après plusieurs tests, ceux-ci ont révélé sans contestation possible que vous souffriez d'Asperger. Vous aviez alors 5 ans. Par la suite, vous avez suivi un cursus spécialisé, dans lequel vous suiviez des cours classiques, accompagnés d'autres plus adaptés à votre situation : mathématiques et physique avancés avec un professeur particulier, ainsi qu'un suivi régulier avec un psychologue à raison d'une fois par semaine. Cela a continué des années. Des années de solitude durant lesquelles vous n'avez eu que des contacts minimes avec les autres. Les seules personnes qui pouvaient vous approcher étaient vos parents, votre professeur particulier et votre psychologue."
Je me crispai à la mention de mes parents.
" - Mes parents sont morts. Et ils n'avaient pas le moindre contact avec moi.
- Nous y viendrons plus tard. Cette situation a continué jusqu'à vos 14 ans, l'âge auquel vous...
- Où je t'ai rencontré. Je m'en souviens bien, je venais d'arriver dans les cuisines pour quémander un peu plus de nourriture, et tu volais des gâteaux dans les cuisines. Tu t'es fait prendre en flagrant délit. Le chef voulait appeler les gardes, et je me suis mise à pleurer en prétextant que des garçons m'avaient volés mon dessert et que tu essayais juste de me remonter le moral, que c'était maladroit comme méthode mais que tu ne savais pas quoi faire d'autre. Je ne sais pas s'il a réellement acheté cette histoire, mais il a sans doute trouvé ça mignon parce qu'il s'est retourné en disant que pour cette fois, il acceptait de fermer les yeux sur 2 gâteaux. Depuis ce jour-là, on est inséparable.
- Voyez-vous Julia, cette anecdote est exact, à quelques détails près. Le chef n'a jamais cru à cette histoire, mais comme il était au courant de votre... condition, il vous a pris en pitié. Et ce n'est pas moi que vous rencontré ce jour-là, mais Lexa. Elle avait deux ans de plus que vous, était orpheline depuis près de 5 ans et vivait de façon clandestine au sein de l'Arche. Elle a fui l'orphelinat 3 jours après y être arrivée, et trouvé refuge sous les couloirs de l'Arche, survivant sur ce qu'elle volait à droite et à gauche. C'était une légende. Et vous êtes devenues très proches. Elle a tout partagé avec vous, jusqu'à ses tendances kleptomanes. Mais tout a dérapé. Il y a près de 10 ans, 2 jours après vos 18 ans, vous avez commis une erreur lors d'une de vos escapades et les autorités ont pu vous relier à un vol de documents importants dans le bureau du chancelier. Vous étiez majeure, vous avec donc été condamnée à être envoyée à la dérive. Mais c'était sans compter sur Lexa. Quelques minutes avant votre exécution, Lexa s'est dénoncée et à affirmer s'être servie de votre condition pour vous manipuler afin de voler ses papiers. Elle était recherchée par les autorités depuis 9 ans, alors personne n'a cherché plus loin, et elle a été exécuté sous vos yeux. Vous étiez fragile émotionnellement parlant, perdre Lexa vous a fait perdre pieds. Vous avez cherché à la recréer, à la faire revivre par tous les moyens possibles en vous enfermant dans des illusions, et ce depuis 10 ans ! Cela fait 10 ans que nous nous côtoyons tous les jours, 10 ans que je brise vos délires pour vous faire revenir parmi nous, 10 ans que je vous raconte encore et encore l'histoire tragique de votre vie et que j'espère à chaque fois que ce soit la dernière fois que j'ai à le faire ! Mais j'ai commis une erreur. Vous ramenez dans la réalité ne vous encourageait qu'à repartir dans une autre vie. Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, la solution n'est pas là. Vous devez faire mon travail par vous-même. Alors j'ai attendu, j'ai attendu que vous entriez dans une illusion tellement complexe et perfectionnée qu'elle en deviendrait presque impossible à détruire, mais que si cela arrivait, vous n'ayez plus d'autre possibilité que de rester avec nous."
Il te ment. Ce n'est pas lui, c'est A.L.I.E qui fait ça.
" - Non c'est impossible !"
Je tirai comme une forcenée sur les sangles et parvins à arracher celle retenant mon bras gauche.
" - Julia, vous étiez une jeune fille triste et seule, dont l'univers tournait autour d'une seule personne ! Lorsqu'elle est morte, vous avez trouvé une façon de continuer à la faire vivre en la glorifiant et en lui conférant une sorte d'immortalité ! Lexa était votre monde, alors vous en avez fait une légende que tout le monde respecte !
- Ferme la !
- Et vous vous sentez tellement coupable de sa mort que vous n'arrivez même pas à vous regarder dans un miroir ! Vous vous êtes fabriqué un alter-égo qui n'est rien d'autre que la personne que vous rêviez de devenir, une personne drôle, brillante mais un peu maladroite, cynique, sarcastique, sociable, appréciée bien qu'agaçante ! Vous vous êtes même créée un côté nymphomane alors que vous n'avez qu'une seule expérience sexuelle de toute votre existence ! Dans vos délires, vous êtes la personne que vous souhaiteriez être lorsque vous vous regardez dans un miroir - ce qui par ailleurs explique l'inversion droitier/gaucher - parce que vous ne pouvez pas supporter le reflet qu'il vous renvoie !
- Je t'ai dit de la fermer !" hurlai-je en arrachant l'autre sangle.
Charlie se précipita sur moi pour me maintenir sur le lit.
" - Lexa est morte Julia ! Et c'est en partie votre faute !"
Ses paroles eurent l'effet d'un électrochoc et me clouèrent sur place. En voyant des larmes se former dans mes yeux, il se radoucit et desserra un peu sa poigne sur mes bras.
" - Je suis désolé d'être aussi brusque, mais tant que vous n'aurez pas accepté ça, vous ne pourrez pas guérir.
- Et pourquoi le voudrais-je ? pleurai-je incapable d'empêcher les larmes de rouler sur mes joues. Si ce que tu me dis est vrai, alors j'ai tué ma personne. Comment je pourrais vivre avec ça, et pourquoi je voudrais vivre avec ça ?
- Parce que ce n'est pas la réalité. C'est un mensonge. Un joli mensonge certes, mais un mensonge tout de même.
- Si c'est ça la réalité, je préfère rester coincer dans mon rêve.
- Vous ne pouvez pas Julia. Plus vous attendez avant de sortir de votre monde, plus le choc de votre retour sera pénible et douloureux. Vous ne pouvez pas rester là-bas indéfiniment, plus le temps passera, plus les incohérences deviendront importantes et plus votre illusion se fragilisera. Ecoutez, au fur et à mesure de vos réalités alternatives, vous avez fini par comprendre que le meilleur moyen de faire tenir votre illusion sur pied était d'y amener tout ce qui vous entoure. Jetez un œil à cette liste."
Il sortit une feuille de son carnet et me la tendit.
" - Episode numéro 1, lus à voix haute. Durée : 3 jours. Le sujet imagine que l'Arche est une immense prison pour femme.
Episode numéro 2. Durée : 1 semaine. Le sujet imagine être une sorcière et vivre dans un monde où son groupe d'ami chasse des démons.
Episode numéro 3. Durée : 2 mois. Le sujet se sent persécuter par un harceleur anonyme nommé -A.
Episode..."
Je parcourus le reste de la page en diagonal. Chirurgiens, vampires, jeunes vivant dans ce qui était l'Angleterre... Je lui relançai la page sur laquelle il avait griffonné.
" - Arrête de te foutre de moi. Tout ça, c'est de la fiction...
- C'est effectivement ce que c'est pour vous.
- Pour tout le monde, on parle de séries...
- Vous ne pouviez pas faire abstraction de vos "vies passées", vous les avez donc amenées avec vous sous une autre forme."
" - Octavia ! Non !"
" - Qu'est-ce que c'était ça ?! Qu'est-ce qui est arrive à Octavia ?
- Julia ? Ce sont les voix, qu'est-ce qu'elles vous disent ?"
" - Arrête Jasper ! Ecoute-moi, c'est Monty ! Lâche-la !"
" - Julia !
- Je... Je... Aah !"
Un violent mal de crâne me frappa à nouveau, le même que celui qui m'avait cloué au sol dans les couloirs. J'enfouis ma tête dans mes bras, espérant calmer les chocs qui me foudroyaient le crâne à chaque mouvement. Charlie accourut à mon chevet et me força à relever le visage. Lorsque nos regards entrèrent en contact, ma vision se fit floue.
" - Julia !"
La tonalité de sa voix changea peu à peu. Son visage disparut alors que je clignai des yeux, pour laisser place à celui de...
Lexa.
" - Jules !"
Bellamy se jette sur nous, mais est stoppé dans son élan par Lexa, qui se relève et l'assomme d'un coup de poing bien placé.
" - Lexa...
- Jules !"
Je tente de me lever mais, encore trop faible, bascule en arrière. Clarke débarque de nulle part pour me rattraper avant que je heurte le sol.
" - Oh mon Dieu... commence la blonde.
- Hum... J'ai mal...
- Oh mon Dieu ! répète Lexa en nous rejoignant.
- Appelez-moi Jules ça ira...
- Tu es revenue... finit-elle en se jetant dans mes bras.
- Revenue d'o... Ah !"
Le mal de crâne me foudroie à nouveau.
" - Jules !
- Julia !"
Les décors alternent entre les murs sombres de la tour et la lumière éclatante de la chambre, tout comme les bruits qui passent d'un vacarme assourdissant à un calme dérangeant. Mais le pire de tout, c'est les visages de Lexa et de Charlie qui prennent tour à tour la place de l'un de l'autre.
" - Julia, êtes-vous encore avec moi ?! Vous êtes sur la bonne voie ! Votre subconscient réalise que vous essayez de briser le rêve et met en place une tentative désespérée pour vous garder ! Battez-vous ! Chassez vos démons !
- Arrête ça je t'en prie ! J'ai trop mal ! Tu es supposé être mon médecin non, alors guéris-moi !
- De quoi parle-t-elle ? s'inquiète Lexa.
- Je ne sais pas, la puce doit lui donner des hallucinations ! Maman !
- Brisez ce qui vous raccroche à ce mensonge ! Nevi !"
J'entrevois Abby se précipiter vers moi et prendre mon pouls.
Nevi se jette à mes pieds et sort une seringue. Je me débattis pour l'empêcher de m'approcher. Malgré le martèlement dans mon crâne rendant chaque seconde plus difficile que la précédente, je ne pouvais pas me résigner à m'endormir à nouveau, chaque réveil était bien trop douloureux.
" - Dégage avec ta putain de seringue !
- Qu'est-ce qui lui arrive ? s'exclame Abby.
- Je pense que c'est la puce qui lui fait ça !
- Quoi que ce soit, reprit Lexa en dégainant ces deux épées, on doit partir !
- Et pour Octavia ?" intervient Monty.
J'ouvre les yeux à nouveau. Murphy et le Trinch sont accrochés aux barreaux, à l'étage supérieur, tendant les mains et nous suppliant de monter. Clarke me soutient toujours dans ses bras, et Abby me tient le bras. Je regarde tristement la scène devant moi. Monty est assez proche de nous pour nous rejoindre, mais en ce qui concerne Octavia... La pauvre jeune femme se débat avec son frère et son petit ami, essayant désespérément de ne pas les blesser. Elle nous jette un regard lourd de sens. Lexa en arrive à la même conclusion que moi.
" - On ne peut rien faire, c'est fini pour elle, dit-elle à Monty. On doit continuer d'avancer."
Je me lève difficilement et me dirige vers les barreaux. Clarke me soutient, rendant ma démarche quelque peu moins douloureuse. Le mal de crâne, qui jusque là s'est calmé, me frappe à nouveau de plein fouet et je m'effondre sur les barreaux. Non pas maintenant, je dois tenir...
" - Julia, racontez-moi, où êtes-vous ?
- Dans la tour... On est en train de perdre... Je dois les aider... C'est la puce qui me fait halluciner, tu n'es pas réel... A.L.I.E cherche à gagner du temps...
- Non, je vous en prie, croyez-moi. C'est l'histoire qui justifie l'effondrement de votre monde. Vous touchez votre but du bout des doigts. Tuez vos démons !"
Nouveau flash.
Nouveau changement. J'agrippe le barreau au-dessus de moi. Clarke et Lexa m'aide à me hisser toujours plus haut. Je perds bien à nouveau.
Et m'effondrai sur la porte de la chambre. Celle-ci s'ouvre et laisse place à Titus. Il me souleva et...
Me tracta jusqu'à l'étage.
" - Ne me faites pas regretter de vous avoir fait confiance. Détruisez cette abomination Mlle Paxton !"
" - Docteur Williams ! Votre thérapie ne pourra pas continuer indéfiniment !
- Titus, nous y sommes presque. Nous pourrons la ramener.
- Je vous laisse jusqu'à la fin de la journée. Si passé ce délai, votre plan reste un échec, j'ai ici l'autorisation signée par Kifrin Paxton de prendre les mesures nécessaires !"
Je me crispai à l'entente de son nom.
" - Ce salopard est mort ! hurlai-je. Ne prononce plus jamais son nom !"
Charlie tenta en vain de me calmer.
" - Votre père vous aime Julia.
- Non c'est faux ! Il ne pensait qu'à sa gueule ! Il t'a tué toi ! Il a tué maman ! Et il a essayé de me tuer moi !
- Votre mère est morte d'une tumeur cérébrale i ans. Kifrin a toujours été là pour vous, mais sans sa femme, il ne pouvait plus vous gérer. Il a signé les papiers pour consentir à l'internement définitif parce qu'il pense que c'est la seule solution qui lui reste. Prouvez-lui qu'il a tort !
- Va mourir ! Ne prononce plus jamais le nom de cette ordure !
- Qu'est-ce qui lui prend ?!
- C'est sans doute la puce !" répète Clarke pour le troisième fois.
J'empoignai la seringue de Nevi et la plantai dans le cou de Titus pour lui injecter le produit. Il s'effondra net. Charlie ne fut pas assez rapide pour m'arrêter et j'envoyai à terre Nevi qui tenta de me bloquer la sortie. Je courus comme jamais, sans me préoccuper de là où je me rendais.
" - Jules ! Reviens !
- Julia !"
Je tournai et bloquai la route en y faisant tomber une étagère.
" - Non Jules ! Pas ce..."
Des pierres d'effondrent sur le sol, bloquant la route. Murphy, le Trinch, Monty et Abby se retrouvent pris au piège, à la merci de nos assaillants. Seules Clarke et Lexa, qui m'ont poursuivi, sont du même côté que moi. Je me retourne pour aider ceux que je viens malgré moi d'emprisonner...
Mais Lincoln et ses hommes surgirent devant moi. Je repris ma course folle, jusqu'à ce que je sois arrêtée par un porte vitrée. Je fis demi tour mais vis une autre paroi transparente s'élever dans les airs, m'emprisonnant entre 4 murs.
" - Julia...
- Non ! Pourquoi personne ne me reconnait ici ?! Pourquoi personne ne me comprend ?!
- Parce que personne ne vous connait Julia. Vos amis, ce ne sont que des personnes que vous avez observé de loin.
- C'est faux ! Clarke...
- Vous avez couché une fois avec Clarke, c'est pour cela qu'elle vous connait.
- Non, on ne l'a pas fait ! Lexa n'aurait pas...
- Lexa et Clarke se détestaient ! Vous et Clarke Griffin étiez dans la même classe, depuis toujours. C'est la seule personne qui continuait envers et contre tout à venir vers vous, à essayer de vous intégrer. Vous ne lui avez jamais montré, mais vous lui étiez très reconnaissante pour ça. Un jour, vous avez décidé de l'intégrer dans votre vie. Votre univers tournait autour de Lexa, alors vous lui avez tout naturellement présenté. Clarke n'a pas dénoncé Lexa pour vous, parce qu'elle savait que ça vous anéantirait, mais elles ne pouvaient pas se voir en peinture ! L'une jugeait l'autre comme une criminelle kleptomane sans âme et sans cœur se servant de vous et l'autre considérait l'une comme une princesse pour qui tout était acquis. Lorsque Lexa est morte, Clarke est venue vous voir pour présenter ses condoléances, et elle n'a pas pu se résoudre à vous briser le cœur en repoussant vos avances... Mais c'était les 2 personnes dont vous étiez les plus proches, alors vous avez voulu les rendre proches l'une de l'autre... Et pour cela, vous deviez éliminer les parasites. Wells était intéressé par Clarke, vous l'avez éliminé, Finn a eu une relation avec Clarke, vous avez fait en sorte qu'il meurt, et vous avez fait en sorte que Clarke ne s'intéresse pas à Bellamy de la sorte... On peut pousser cette logique encore plus loin ! Octavia, leur fille, selon votre scénario, ne peut pas exister, mais elle est là tout de même. Pour ne pas parasiter votre monde, vous en avez fait la petite sœur cachée ! Vous blâmez intérieurement vos parents pour ce qui vous arrive, alors vous en avez fait des personnes méprisables ! Vous avez connu Nevi très jeune, il n'est devenu votre infirmier que plus tard, et comme le cadre temporel ne correspondait pas, vous l'avez dédoublé afin d'avoir les 2 périodes. En ce qui concerne ceux que vous appelez les Grounders, ce sont tous des gardes ! Froids, cruels, méprisants au premier abord, vous savez au fond de vous qu'ils ne font que ce qui leur semble juste. Et ensuite, il y a moi. Je suis votre meilleur ami, comme Lexa, je suis un voleur, comme Lexa, je suis mort à cause d'une de vos erreurs, comme Lexa, je me suis fait expulsé, comme Lexa ! Dans votre univers, je suis Lexa !
- Non !"
J'écrasai mes poings sur la vitre. Charlie se trouvait seul, de l'autre côté. Les autres gardes se trouvaient dans mon dos, prêts à intervenir au moindre signal du médecin.
" - Non, répétai-je. Je sais ce que tu essayes de faire A.L.I.E. Tout ça n'est pas réel.
- Je vous le répète, c'est une tentative désespérée. Vous y êtes presque. Tuez vos démons."
Je frappai une nouvelle fois le mur devant moi, fissurant la porte vitrée. Mon mal de crâne reprit, mais je perdais tellement la raison que je ne le sentis qu'à peine.
Je m'arrête. Lexa me rejoint, tandis que Clarke s'arrête quelques mètres avant nous.
" - Allez-y, murmura-t-elle à Lexa.
- Hors de question ! J'ai juré de ne plus jamais t'abandonner !
- Tu ne le fais pas, au contraire. Je ne pense pas que les autres leur aient résisté très longtemps, et les gravats ne les retiendront pas indéfiniment. Ne t'inquiète pas, même s'ils arrivent à m'avoir, une fois A.L.I.E anéantie, je reviendrai.
- On ne peut pas en être sûrs...
- C'est vrai, mais s'ils t'ont toi, alors on est perdus. Tu l'as dit toi-même, il faut savoir choisir ses batailles pour remporter une guerre.
- Je t'aime Clarke Griffin.
- Ai hod yu in Leksa kom Trikru."
Clarke repart en direction des décombres, prêtes à se battre. Lexa me tire avec elle, jusqu'au fond de la pièce adjacente et bloque la porte.
" - Revenez parmi nous, c'est la dernière étape, le dernier effort à fournir."
Mes poings heurtèrent à nouveau la surface, qui explosa sous l'impact. Les mains et les pieds en sang, je renversai Charlie déstabilisé par l'explosion et courus à nouveau. J'arrivai dans une pièce, que je reconnus comme celle où tout avait commencé. Les morceaux de miroir étaient encore répandus sur le sol. Je me retournai pour regarder...
Lexa. Elle est dans sa posture de guerrière, épées dégainées, prête à en découdre.
Charlie s'avança vers moi, quelques égratignures sur le visage à cause des morceaux de verre.
" - Vous pourriez me lancer un couteau de la gorge que ça ne changerait rien. Je ne vous abandonnerai pas. Je ne les laisserai pas vous enfermer et vous lobotomiser.
- Tu n'existes pas, tu n'existes pas, tu n'existes pas...
Tu n'existes pas, tu n'existes pas, tu n'existes pas...
- A qui est-ce que tu parles ? demande Lexa.
- A qui est-ce que vous parlez ? demanda Charlie.
- Je... Je ne...
sais pas..."
Je m'effondrai sur le sol, au milieu du verre brisé et...
des meubles renversés.
Lexa me prend dans ses bras.
Charlie me prit dans ses bras.
Ils sont en train de forcer la porte, un bruit de bélier que l'on écrase sur le bois se fait entendre. Lexa se remet en position. Lorsque la porte lâche, Clarke est la première à entrer.
" - Enfin. Vous voilà. Vous nous avez donné beaucoup de mal.
- Jules, me dit Lexa. Il y a une porte au fond, elle donne sur la dernière pièce de la tour. Tu ne pourras plus aller nulle part après. Je vais les retenir aussi longtemps que je pourrai, mais tu dois agir vite. Une fois qu'A.L.I.E aura pris le contrôle de mon être, le temps sera compté."
Je ne comprends pas tout ce qu'elle me dit. Sa voix...
et celle de Charlie...
provoquent des interférences, tout comme l'alternance clair-obscur des 2 endroits. Je sais juste que j'ai besoin de m'éloigner de tout ça. Je cours alors dans la direction qu'elle m'a indiquée. Elle m'attrape par le bras.
" - Jules, je crois en toi. Je sais que tu peux le faire.
- Et tu es prête à tout risquer pour cela ? ironisa Clarke. Tes sentiments ? N'est-ce pas ce que tu m'as reprochée il y a quelques temps ?
- Je n'ai que faire de tes mots A.L.I.E, je sais que ce n'est pas Clarke qui s'adresse à moi."
Je n'écoute pas ce qu'elles se racontent et m'enferment dans le petit renfermement. Avant de clore les portes, j'entends Lexa me chuchoter :
" - Fais ce que tu crois être juste pour ton peuple."
Il resserra son étreinte sur moi.
" - Je suis là, je serai toujours là pour vous. Je ne vous lâcherai jamais. Mais c'est à vous de venir une dernière fois à moi. Au fond de vous, vous savez ce que vous avez à faire."
Il avait tort, je n'en avais pas la moindre idée.
" - Moi c'est Julia Paxton, mais appelle-moi Jules !
- Non.
- Et moi, je peux t'appeler Lexa ?
- Non."
Je ne savais plus ce que je devais croire ou non.
" - Jules, on est amies."
Ce qui était réel ou non.
" - Oui. J'apprécie être en compagnie d'abrutis parfois."
J'avais devant moi deux versions de ma vie si proches et si distantes en même temps.
" - Me fais plus jamais ça Lexa ! J'ai déjà perdu Charlie, je refuse de te voir mourir aussi !
- Et je n'en ai pas l'intention pour le moment."
Et je ne pouvais pas avoir les deux.
"- C'est quand ton anniversaire à toi ?"
- Aujourd'hui.
- C'est pour ça que tu voulais que je vienne, même si personne n'est au courant, tu fêtes tes 18 ans.
- T'as tout compris.
- Bon anniversaire"
Je ne pouvais pas choisir entre les deux.
" - Elle ne veut plus de mooooiiiiii !
- Mais si. Elle veut juste plus avoir à réparer tes conneries toutes les 2 minutes... Elle t'adore, souviens-toi de ce qu'elle a dit quand elle planait !"
Ou plutôt je ne voulais pas choisir entre les deux.
" - Aujourd'hui, j'ai menacé les parents de ma meilleure amie de les torturer des heures durant si jamais ils la blessaient à nouveau. Je suis un commandant horrible."
La sécurité du ciel ou l'excitation de la Terre ?
" - Je peux demander tout ce que je veux c'est ça ?
- A l'exception de la vie d'un membre de l'alliance ou d'une élévation de statut social, oui.
- Super. Toute la journée, tu as parlé de moi comme de Clarke kom Skaikru, mais tu sais aussi bien que moi que ces appartenances n'ont plus lieu d'être à présent. Je ne veux plus de ça maintenant. Je ne veux plus être cette fille du ciel, et je ne veux plus que tu sois cette fille de la Terre. Nous sommes maintenant, tous ici présents, membres de cette alliance, alors ces appellations, ces titres n'ont plus aucun sens. Je refuse qu'ils en aient, parce qu'à chaque fois que ces mots sont prononcés, je ne suis qu'une de tes ambassadrices, et toi tu es simplement Heda. Et je pense que ce n'est plus un secret pour personne que je t'aime. Je veux dire, si on veut que quelque chose se sache, il faut en parler à Jules, et comme elle nous a pratiquement mises ensembles, je pense que c'est à présent de notoriété publique.
- Amen !
- Quoiqu'il en soit, je t'aime Lexa, je suis amoureuse de toi, ai hod yu in, et je le dirai autant de fois qu'il le faudra en autant de langues qu'il le faudra. Je veux passer le reste de ma vie avec toi, ce n'est pas beaucoup plus compliqué que ça. Je ne veux plus être ambassadrice, car c'est une partie de moi qui est obligée de te voir comme ma commandante, et je ne veux plus de ça. Alors, voici mon souhait, mais j'aimerais que tu ne répondes rien pour l'instant. Je veux dire, faire ça en public, c'est pas très cool de ma part, je le réalise maintenant, je ne veux pas te piéger. Je veux juste que tu m'accordes encore quelques secondes d'attention, ensuite, j'irai rejoindre tout le monde pour faire la fête, et on en reparlera plus tard. Je brise probablement une des règles, qui consiste à ne pas demander la vie de quelqu'un, mais tant pis. Lexa, est-ce que tu veux m'épouser ?"
Le confort de l'Arche ou la magnificence de Polis ?
" - Tu avais besoin de ce carnet parce que tu n'avais personne à qui parler. Maintenant, tu n'es plus seule, ce sera moi ton carnet. Et Clarke accessoirement
- Je t'aime.
- Moi aussi je t'aime."
Le blanc immaculé ou le sol teinté d'obscurité.
" - On aimerait que ce soit toi qui présides la cérémonie, si tu acceptes."
Des nations en paix ou des clans sous tension constantes ?
" - Je suis désolée , mais c'est trop... absurde comme situation. Je peux accepter qu'un peuple soit littéralement tombé du ciel, que ce peuple soit entré dans la coalition, que je sois fiancée avec leur ambassadrice, qui s'avère être celle qui a vaincu les hommes de la montagne, tout ça, je peux accepter. Mais ça, toi t'inclinant devant qui que ce soit, devant moi qui plus est alors que tu as toujours ouvertement clamé que tu ne te souciais pas de mon autorité, toi, Jules Paxton, renonçant à ta fierté, même si c'est parce que mes parents te le demandent et qu'ils te terrorisent, ça je ne peux pas l'admettre. Cette situation ne peut pas être en train de se produire sérieusement. Alors s'il te plait, relève-toi."
La sécurité garantie par la peine de mort à toutes infractions ou le risque de mourir à chaque ruelles sombres ?
"- Clarke, je te promets de mettre une mandale à cette salope dès que je la croiserai. A quoi elle ressemble que je ne me trompe pas ?
- Long cheveux bruns, yeux vert émeraude, elle joue souvent avec un couteau de chasse, accompagnée par une douzaine de gardes dès qu'elle se déplace. C'est d'ailleurs la raison qui devrait t'empêcher de tenir ta promesse.
- In peace may you leave the shore...
- In love may you find the next...
- A safe passage in your travels...
- Until our final journey to the ground...
- May we meet again.
- May we meet again"
La technologie poussée à l'extrême ou la nature ayant repris ses droits ?
" - Tu ne veux pas faire ça.
- C'est pas à toi d'en juger.
- Je sais que tu ne veux pas faire ça. Tu considères depuis bien longtemps que tu n'as plus de parents, mais tu ne veux pas être celle qui les rendra orphelins."
Skaikru ou Grounders ?
" - Un jour, demain, dans un mois, dans 30 ans peut-être, tout ça va ressortir et tu vas t'effondrer. La vérité va t'exploser à la figure, et la vérité c'est que Kifrin était malgré tout ton père, qu'il a emprisonné tes frères, qu'il a essayé de te tuer, qu'il a tiré sur ta mère et qu'elle en est morte. Que ce soit rationnel ou non, justifiable ou non, tu vas réaliser tout ça un jour, et tu vas t'effondrer. Quand ça arrivera, je serai là pour toi, je serai là pour te ramasser et t'aider à te relever. Mais si, ce jour là, tu me vois comme celle qui a torturé ton père, tu ne me laisseras pas faire. Et ça sera probablement la fin pour nous, et je tiens trop à toi pour laisser les choses se terminer ainsi. Alors voilà, c'est pour ça que je lui ai accordé le droit de mourir, pas pour lui, pas pour toi, mais pour moi. Pour que je n'ai pas à souffrir de la perte de notre amitié."
Sanité d'esprit ou folie ?
" - Mais où on va à la fin ?
- Là où tout a commencé : au Drop Ship."
Réalité ou illusion ?
" - Par les pouvoirs qui me sont conférés par moi-même, et un peu par le Tri... Titus, en ce lieu sacré qui marque le début de tout ce qui nous est arrivé ces derniers mois, je vous déclare unies par les liens beaucoup moins sacrés, parce que n'oublions que je suis un ministre du culte en carton, du mariage ! Vous pouvez embrasser la mariée !"
" - Tu es ma personne."
Charlie ou Lexa ?
" - Tuez vos démons."
Tout devint lucide. En l'espace d'un instant, je compris exactement ce que je devais faire.
" - Charlie...
- Oui.
- Je dois tuer mes démons...
- Oui. Revenez.
- Non, tu ne comprends pas... Je dois tuer mes démons... Mes démons, c'est ce qui me retient attachée à chacune de mes vies. Et j'ai compris ce que j'avais à faire. Je t'aime Charlie. Mais, que ce soit arrivé ou non, j'ai fait mon deuil de toi, j'ai accepté ta mort."
Il relâcha son étreinte en comprenant le sous-entendu.
" - Julia... Si vous faites cela, vous ne pourrez plus jamais revenir... murmura-t-il.
- Je suis désolée, mais entre toi et Lexa, j'ai choisi Lexa. Et pour la sauver, je dois partir d'ici.
- Et... Et je suis ce qui vous retient ici...
- Oui... Je suis tellement désolée...
- Cela... aura... été un hon... un honneur d'avoir partagé... un moment de votre vie... Merci..." souffla-t-il avant de s'effondrer dans mes bras.
Je le retins et le posai délicatement sur le sol, avant de retirer le morceau de miroir de son cœur.
" - Yu gonplei ste odon, may we meet again..."
Je lui fermai les yeux et embrassai son front, laissant échapper quelques larmes. La pièce ne s'évanouit pas pour autant. J'était toujours prisonnière de l'Arche, mais quelque chose avait changé. Je pouvais le sentir. Je m'allongeai à l'endroit exact où je m'étais réveillée, et fermai les yeux. Il ne me restait plus qu'à arrêter A.L.I.E. Quand je les ouvrai, un seul détail avait changé. Une porte ronde se trouvait à la place du miroir brisé sur le mur. Une porte sur laquelle était gravée un corbeau.
" - Merci Raven."
Je pénétrai dans une autre pièce, la dernière. Un des sas de l'Arche. En son centre se trouvait un tableau de bord tout aussi blanc que la salle, près duquel se tenait une femme aux cheveux noirs.
" - Heda, me salua-t-elle. Je suis contente que tu aies réussi.
- Je ne suis pas exactement Heda, juste son envoyée. J'espère que ça conviendra tout de même. Bekka Pramheda j'imagine ? Enchantée, moi c'est Jules.
- Juste Becca, dit-elle en hochant la tête. Il ne reste plus beaucoup de temps. Le code est presque mis à jour.
- Et quand ça sera le cas, ça sera la fin pour nous tous n'est-ce pas ?"
Elle acquiesça de nouveau.
" - Alors débranchons cette salope."
Elle m'amena à une espèce de manivelle, le bouton off d'A.L.I.E.
" - Il est temps, me dit Becca.
- Si tu tires ça, se fit entendre la même voix, tu tueras tout le monde."
Je me retournai face au clone de Pramheda.
" - A.L.I.E je présume. Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais, mais pas à une pétasse en robe rouge en tout cas. Puis-je savoir pourquoi ?
- Telle est la nature humaine. Il est vrai que le temps est à la paix sur Terre, mais cette planète n'est pas adaptée à votre nature.
- C'est pour ça que tu as bousillé la Terre il y a des dizaines d'années ? Parce que tu nous jugeais pas digne d'y habiter ?
- Non. Je suis programmée pour sauver votre race. A l'époque de ma création, votre nombre dégradait votre épanouissement. Vous étiez condamnés alors...
- Alors t'as réglé le problème en butant presque tout le monde, pour qu'il y ait moins de gens...
- Je n'ai fait que retarder l'échéance. Seule la vie dans la Cité des Lumières est envisageable pour votre survie. Personne ne souffre, personne ne meurt...
- Donc personne ne naît. On sera tous toujours heureux donc pas de guguerres, et pas de bébés, pas de surpopulation. L'énergie que tu nous fournis est virtuelle, donc clean, donc pas non plus de problème de destruction de la planète.
- Les habitants de la cité des Lumières sont plus heureux qu'ils ne l'ont jamais été. Veux-tu être celle qui ramènera la peur, la douleur, la souffrance, la guerre et la mort aux Hommes ?
- Elle essaie de gagner du temps ! coupa Becca. Une fois que le code sera uploadé, elle supprimera le bouton off !
- Je n'essaie pas de gagner du temps. Raven et Lexa, les 2 dernières personnes qui étaient en mesure de t'apporter leur aide, viennent d'avaler la puce. Raven a déjà rejoint la cité des Lumières, et Lexa, bien que se battant grâce au pouvoir de la Flamme, ne devrait pas tarder à nous rejoindre.
- Si..."
Je coupai Becca dans son élan.
" - Laissez-moi deviner, si Lexa active le bouton, c'est la fin de l'upload et on est finis ?"
Elle confirma d'un signe de tête. En réponse à cela, Lexa se matérialisa dans la pièce, son regard de tueuse figée sur le visage.
" - Jules... commença mon amie entièrement sous le contrôle.
- Merci Lexa, grâce à toi j'ai gagné du temps.
- Ne fais pas ça, ordonna A.L.I.E.
- Si je vais le faire. Tu clames haut et fort que ta cité, il n'y a pas de souffrance, de peur, de colère ou de mort, et je veux bien te croire. Mais toutes ces choses, nous sommes supposés les ressentir. Ce n'est pas agréable, ce n'est pas enviable, mais la nature humaine est faite pour cela. En tant qu'IA, tu ne peux pas le concevoir, mais un être humain qui ne souffre pas, qui n'est pas en colère, qui n'a pas peur, qui ne meurt pas, ne vit pas. C'est ses hauts et ses bas qui rend la vie ce qu'elle est, qui rend les bons moments appréciables, qui permet à un fou-rire d'embellir une journée, à une victoire d'être pleinement savourée, à un baiser de chambouler tout notre être... On ne peut pas passer à côté de tout ça. Alors tant pis si tous ces gens si heureux à présent me tiennent pour responsables de leur souffrance quand j'aurai tout arrêter, tant pis s'ils me détestent. Je suis prête à assumer.
- Vous aurez bien d'autres problèmes que vos états d'âmes. Lorsque que la surpopulation sera de nouveau préoccupante, vous...
- Définit Perverse Instantiation (nda : je ne connais pas la traduction en VF), la coupa Becca.
- Perverse instantiation, l'implantation d'un but final bénin par le biais de méthodes délétères non prévisible par un programmateur humain.
- Comme tuer 6,5 milliards d'êtres humains pour résoudre la surpopulation. Le but n'est pas tout A.L.I.E. Comment tu atteints ce but compte aussi. Je suis désolée de ne pas t'avoir appris cela.
- Mesdames, je suis navrée de devoir mettre fin à vos retrouvailles mais il est temps pour la pétasse en robe rouge de dire au revoir. Becca, merci pour votre aide.
- Arrête-la."
Lexa se jeta sur moi dans une tentative désespérée d'A.L.I.E, mais j'actionnai le bouton avant que son épée ne heurte mon visage. Tout disparut instantanément.
Nous étions de retour dans la pièce au fin fond de la tour. Sous le choc, Lexa en lâcha son arme.
" - Tu l'as fait...
- Je te sens étonnée, plaisantai-je.
- Et tu es de retour...
- Pour votre plus grand bonheur !"
Elle poussa un sourire de soulagement et se jeta dans mes bras.
" - Dis-moi Lexa, tu commences à être très tactile !
- Lexa..."
Clarke débarqua dans la pièce et n'eut même pas le temps de nous rejoindre que Lexa m'avait déjà laissé m'écraser sur le sol pour la prendre dans ses bras à son tour. Elles s'embrasèrent avant de repartir de leur étreinte. Les autres arrivèrent petit à petit, confus. Epuisée, je m'appuyai sur le mur et glissai pour atterrir sur le sol. Au bout de quelques minutes, je sentis quelqu'un me soulever. Quelle ne fut ma surprise lorsque je réalisai que c'était le Trinch qui me portait en mode mariée dans ses bras.
" - Qu'est-ce que tu fais ?
- Vous avez réussi Mlle Paxton. Vous nous avez sauvé. Le peuple mérite de voir le visage de leur héroïne.
- Alors ça y est, tu m'aimes bien ?
- Il y aura suffisamment de personnes pour vous haïr après ce que vous venez de faire. Vous avez agi pour le bien de tous, mais je doute que tout le monde s'en contente.
- S'il te plait, sois honnête avec moi."
Je pris une mine sévère, me préparant psychologiquement à entendre la réponse à la question qui me torturait.
" - Est-ce que la télé que j'ai offert à Lexa va bien ? Je t'en prie, dis-moi qu'elle va bien !
- Vous ne m'aviez pas manqué en fin de compte."
Il grommela quelques mots et me descendit toujours en me portant jusqu'au bas de la tour (l'ascenseur remarchant depuis). Une fois à terre, je le suppliai de monter vérifier, ce qu'il accepta parce que je venais quand même de sauver tout le monde. J'aperçus Lexa et Clarke discutant avec Héra un peu plus bas, qui avait été une des premières victimes de la puce, ainsi que tous mes amis et ma famille regroupés un peu plus loin. Je sautillai aussi dignement que possible et me jetai dans un câlin collectif.
" - Kane, Abby ! Rassurez-moi, vous êtes bien ensemble hein ? Et Indra, tu sors pas avec Kane ? Et Nevi et Jellal, vous êtes bien mes frères hein ? Et, oh mon Dieu Raven, Harper, Miller, Bryan ! m'exclamai-je en les voyant descendre d'un rover. Vous allez bien ! Et Bellamy, dis-moi que ta sœur n'est pas ta fille avec Clarke ! Et... Wells et Finn sont morts ! Et..."
Je m'effondrai sur le sol et commençai à pleurer. Ils ne comprirent absolument pas un mot de ce que je racontai, mais rien que de sentir leurs bras autour de moi me rassura.
" - Puis-je vous l'emprunter ?"
Lexa me saisit par le bras pour me relever.
" - Et Clarke, putain, on a pas couché ensemble... Merci mon dieu !" finis-je en la serrant fort.
Lexa m'invita à la suivre, promettant aux autres que les explications viendraient plus tard.
" - Pourquoi t'as besoin de moi Lex... ?
- Titus m'a informé que mon cadeau d'anniversaire était intact. J'ai pensé que tu aimerais le savoir."
Une fois encore, merci mon Dieu !
" - Et je pense que notre peuple mérite de savoir qui les a sauvé. Mais avant toutes choses, est-ce que tu vas bien ?"
Question très complexe.
" - Je... je ne sais pas.
- Tu sais que c'est la réalité n'est-ce pas ?
- Non, répondis-je honnêtement. J'en sais rien. Je veux dire, il y a presque plus d'incohérences ici que dans le monde où la pétasse en robe rouge m'a créé. Si ça se trouve, je suis dans une pièce blanche avec le cadavre de mon meilleur ami/médecin que je viens de tuer. Mais ce que je sais en revanche, c'est que je suis dans la réalité que j'ai choisi. Quand j'étais sous l'emprise de la puce, j'étais... perdue. Mais à un moment, c'est devenu limpide. Je n'avais plus besoin de preuves, d'incohérences, de rien du tout. J'ai su, tout simplement. Je suis là où j'ai envie d'être. Et c'est ce que j'ai choisi égoïstement. J'aime cette vie, et je la changerais pour rien au monde.
- Pour ce que cela vaut, je peux t'assurer que je suis réelle.
- Ce qui compte, c'est que tu le sois pour moi. Tout ça, Polis, nos amis, mes frères, toi, c'est réel pour moi."
Elle sourit et me prit la main pour m'emmener sur l'estrade qui était à quelques mètres.
" - Dans ce cas, dit-elle, peuple de la Terre et peuple du Ciel ! A vous, à nous qui ne formons plus qu'un, je vous présente notre sauveuse ! Longue vie à Jules Paxton !"
The end.
Non je plaisante, ce n'est pas du tout le fin de la fiction, j'ai encore des choses à raconter ! Mais je vois ce chapitre comme une petite fin, la fin de la première partie dirons-nous. J'ai surtout cette impression parce que les événements coïncides de loin (de très loin) avec la fin de la saison 3. Bref, comme vous l'avez remarqué, ce chapitre contient beaucoup de rappels à la série originale. Je tiens à m'excuser si les explications sur A.L.I.E, Becca, la puce et tout, et le pourquoi du comment du délire (ou pas ! Qui sait...) de Jules ne sont pas vraiment très clairs, mais ce chapitre m'est un peu tombé dessus comme ça, du coup, je n'ai pas eu le temps de bien tout mettre en place comme dans la série. En plus, vu que Lexa n'est pas morte et qu'on a jamais parlé de la puce et tout et tout, j'ai dû adapter par rapport à l'explication que nous fourni The 100, qui elle est vraiment cool, et c'est pour ça que c'est parfois un peu tiré par les cheveux. =) Bref, en ce qui concerne les dialogues entre A.L.I.E et Becca, j'ai essayé de remettre au mieux ceux de la série, mais j'ai été obligée de m'adapter un petit peu quand même. Voilà, si jamais vous avez des questions entre qu'est-ce qui se passe à quel moment (à cause des flashback notamment) ou sur qu'est-ce qui se passe où, n'hésitez pas à me les poser dans les reviews ou en MP, parce que ce qui est clair dans ma tête ne l'est pas forcément une fois écrit. Aussi, pour vous aider, je vous précise le code, peut-être que ça éclaircira quelques points.
Se passe sur l'Arche, puis avec A.L.I.E et Becca (en gros, sous l'influence de la puce quoi) et enfin dans le retour à la normale
Se passe à Polis en parallèle de l'hallucination de Jules, et également les voix qu'entend Jules lorsqu'elle hallucine. C'est en quelque sorte la partie restée lucide de Jules.
Flashbacks à Polis.
En plus de ça, dans le temps "normal", les paroles sont en italiques, et dans les flashbacks, les paroles sont en pas italiques. Voilà !
Quelques (beaucoup) mots sur ce chapitre. Tout ce qui va suivre est une longue explication concernant l'existence de ce chapitre. Je ne ressens pas le besoin de justifier son écriture, j'ai simplement envie d'en éclaircir plusieurs points. De plus, cette partie contiendra des spoilers (genre ceux qui peuvent vous gâcher un film) sur Psychose, Shutter Island, Pokémon, Shining et un épisode de Buffy contre les vampires. Si vous souhaitez éviter tout ça, je vous invite à quitter ce chapitre tout de suite. Sinon, vous aurez été prévenu ! =)
Donc voilà, ce chapitre était très, très spécial et différent des autres. Depuis un petit moment, j'avais une idée qui restait dans un coin de ma tête, à savoir que je devrais à un moment ou l'autre inclure l'histoire de la puce et d'A.L.I.E, mais ça m'était assez compliqué du fait que j'ai pris un tournant totalement différent de celui de la série. La deuxième chose à savoir, c'est que je suis totalement fascinée par tout ce qui touche aux troubles psychiques (je voudrais même en faire mon métier !), et j'espérais depuis longtemps avoir l'occasion d'intégrer un psychotique dans cette histoire. Mon premier choix, c'était évidemment Jules. J'avais prévu à la base d'intégrer dans le chapitre 14 une scène où le père de Jules, juste avant de mourir, parle ou donne à Lexa le dossier de Jules dans lequel on la découvrirait diagnostiquer sociopathe, qui pourrait expliquer son comportement impulsif et son détachement vis-à-vis des autres. 2 soucis : les sociopathes sont pour la plupart antisociaux, et je n'avais pas envie de lui imposer ça. J'ai aussi pensé à lui donner de fortes hallucinations, qui se manifesteraient sous la forme de Charlie, vu qu'au final, j'ai donné très, très peu d'informations sur ce personnage. On sait qu'il a été très important pour Jules, mais je ne lui ai jamais écrit d'histoire propre. Mais ce plan est aussi tombé à l'eau, parce que ça aurait été trop compliqué de trouver un motif pour lequel maintenant elle ne le voit plus, et en plus de ça, Clarke le rencontre sur l'Arche, il a eu une brève histoire avec Miller et Raven avait des vues sur lui. Du coup, je me suis dit, pourquoi ne pas rendre Charlie fou, ce qui expliquerait pourquoi Nevi ne l'appréciait pas, et c'était ce que j'avais prévu de faire jusqu'à ce que l'idée de la réalité alternative avec la puce se pointe dans mon esprit.
Ensuite, j'ai eu un message (il me semble que c'est la première review sur le dernier chapitre) qui m'a fait sourire, où la personne disait en gros que ça ne pouvait pas se terminer sur "Ah bah non, en fait tout ça c'était pas vrai, c'était juste dans son cerveau !". Je suis totalement d'accord pour dire que ce genre de fin est à proscrire définitivement, où alors il faut qu'elle ait vraiment une raison d'être. Je veux dire, qui n'a pas eu son enfance brisé en découvrant la fin supposée de Pokémon, où en fait on découvre que tout ce qui s'est passé n'était qu'un rêve de Sacha alors qu'il était dans le coma, et que les Pokémon n'existent pas ? C'est beaucoup trop facile ! J'avais aussi lu un truc comme quoi une des fins alternatives de Shining était qu'en fait tout ce qui s'est passé n'était qu'un rêve de la femme de Jack (Wendy je crois)... A ça, je dis aussi non ! Il y a des films totalement énormes où ceux-ci s'expliquaient par la folie d'un des personnages, je pense à Shutter Island (je l'avais tellement pas vu venir) ou à mon film préféré de tous les temps Psychose (tellement dérangeant !), mais dans ces cas là, ça sort pas de nul part. Tout le film de Shutter Island se déroule dans un immense institut psychiatrique, et la fin de Psychose est tellement... wow j'ai envie de dire. Bref, tout ça pour dire que je suis d'accord pour dire que non, ça peut pas se finir par "En fait je suis fou" ou "En fait c'était juste un rêve".
Et enfin, l'inspiration directe et très prononcée de ce chapitre vient de l'épisode 17 de la saison 6 "A la dérive" ("Normal again" en VO) de ce qui est pour moi, à ce jour, la meilleure série jamais réalisée, à savoir Buffy The Vampire Slayer. Je pense que tous ceux qui ont déjà regardé Buffy se souviennent de cet épisode dans lequel Buffy est attaquée par un démon qui lui injecte une sorte de venin lui provoquant des hallucinations dans lesquelles toute sa vie de Tueuse ne serait en fait qu'une illusion mise en scène par son cerveau malade, à l'origine de son internat dans un institut psychiatrique. Tout l'épisode est donc une succession de scènes se déroulant soit dans la vraie réalité où Buffy est la Tueuse, soit dans la fausse réalité dans l'hôpital. L'interprétation reste très ouverte, lorsque l'on suit la série depuis le début, on part du principe que Buffy se fait empoisonner, hallucine, puis guérit grâce à l'antidote, mais rien ne prouve qu'on n'est pas depuis le début de la série et même après cet épisode dans les délires d'une fille malade de Los Angeles, et que cet épisode n'était qu'un bref retour à la réalité. Même à la fin, on ne sait pas, et je pense que Buffy n'était pas sûre non plus de ce qui est réel ou pas, mais elle décide de choisir sa réalité à elle. Voilà, je voulais bien rappeler d'où m'est venu l'idée !
Sur ce les amis, n'oubliez pas de laisser une review si vous voulez me faire part de votre avis et je vous dis à bientôt ! Tchô !
Kisses - DW.
