Yo tout le monde c'est encore moi pour un 19ème chapitre (et ouais, 19 quand même !). Je suis ravie de vous retrouver encore une fois, pour suivre, comme le titre l'indique, le road trip de nos amis à travers la forêt ! Enjoy, et on se retrouve en bas !

: Il y a moins d'explications dans ce chapitre. Un peu quand même, mais pas trop =) La voilà, la suite !

DrWeaver : Et oui, on change un peu de décors. Notre petit Jellal ne pouvait pas rester le petit frère éternellement, il fallait qu'on lui trouve une bonne occupation, c'est un Paxton après tout =)

OoO-RED-OoO : Je ne sais pas trop si on verra beaucoup Niylah, mais ce qui est sûre c'est qu'à chaque réapparition, ça sera du même acabit. Pauvre Niylah =P Je me disais aussi qu'il était un peu jeune au début, mais bon, les natblidas ne sont pas beaucoup plus âgés, et de toutes façons Lexa est devenue Heda à 16 ans, donc l'âge au final, ils ont l'air de s'en foutre un peu =) En ce qui concerne Luna, que dire à part "Tu verras bien" ! En ce qui concerne les paragraphes, merci de m'avoir fait la remarque, parce que je t'avoue que je ne regarde pas la mise en page sur le site avant la publication, du coup je n'avais jamais réalisé que certains passages faisaient effet bloc. J'essaierai de faire plus attention pour la suite =)

SheIsInSpotlight : Déjà répondu =)

FouyChipita : Bienvenue à toi, je suis plus que ravie que tu nous rejoignes ! J'admets que la mention OC me calme aussi un peu avant de commencer une fiction, je suis bien contente que tu m'ais tout de même donné ma chance =) Merci pour tous tes compliments, en plus si tu aimes Skins et GA, tu ne peux être qu'une bonne personne =P

Tu n'es pas la seule à vouloir la mettre en couple avec Raven, désolée de vous décevoir !

Je suis encore plus touchée par tous les compliments sur le chapitre 17, parce que c'est aussi mon préféré et celui qui me tient le plus à cœur !

La sexualité différente pour les 3 Paxton n'était pas prévue de base, si Aden avait été une fille je n'aurais pas forcé pour que Jellal soit gay, mais au final ça tombe plutôt bien =)

Et oui, ne t'inquiète pas, Luna aura son rôle à jouer. C'est un personnage avec beaucoup de potentiel, c'est dommage qu'on l'ait pas plus vu dans la saison 3, mais à mon avis, on va la revoir dans la suite de la série !

Navrée pour Anya, moi aussi j'aurais voulu la garder en vie, mais sa mort a trop d'impact pour passer à côté...

En ce qui concerne Ontari, oui j'aimerais bien, (je trouve ça tellement dommage ce qu'ils ont fait à son personnage, je l'aimais bien moi, elle aurait pu devenir super intéressante) mais pour le moment je ne sais pas trop comment (parce que comme l'a dit Lexa, elle ne reviendra au conclave qu'après sa mort, et NON Lexa ne mourra pas bordel !)...


" - Regardez la bonne gueule ! Il est trop mign...

- Jules touche pas à...

- Ah ! Saloperie de bestiole ! Qui est l'abruti à l'origine de ta conception que j'aille lui démolir la gueule ?! Va te..."

A partir de là, je ne pouvais décemment plus relater mes propos sans censure.

" - Va te faire *Bip* par un cactus en feu ! Espèce de *Bip* de *Bip* de *Bip* ! J'espère que tu vas te faire *Bip* par *Bip* avec un *Bip* dans le *Bip* ! *Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiippppppppppppppppp* ! Crève !"

Nyko arriva en courant, suivi par Jackson et Lincoln qui était encore perplexe quand à la signification du premier Bip après en avoir demandé le sens à sa compagne.

" - Crois-moi, tu ne veux pas savoir..." lui avait-elle répondu.

Les 2 grounders attrapèrent les bras et les jambes de l'adorable horreur qui venait de m'agresser tandis que Jackson maintenait mon bras afin de le sortir de la gueule de l'animal que Lexa s'esquintait à ouvrir. J'exaltai un cri de douleur et de soulagement lorsque la saleté en peluche desserra son emprise, et un autre d'horreur en apercevant les plaies profondes se dessinant sur mon avant-bras, quelques centimètres en-dessous de mon coude. Les 2 médecins/guérisseurs s'empressèrent de stopper les nombreux saignements, rapidement aidés par Clarke qui vint à notre secours les bras chargés de bandages, pansements et désinfectants en tout genre.

" - D'où te vient ce besoin compulsif de toucher à tout ce qui t'entoure ? me réprimanda la commandante.

- Comment j'aurais pu deviner qu'un truc aussi mignon allait me dévorer la moitié du bras ?! C'est un raton-laveur bordel, un putain de RA-TON LA-VEUR !"

Nyko grommela quelque chose que je reconnus comme du trigedasleng sans en comprendre le sens.

" - Plait-il ?

- C'est ainsi que l'on nomme cette chose. Ce que tu appelles un raton-laveur. On pourrait traduire ce terme par "Démembreur" en anglais.

- Démembreur ?! Et pourquoi personne ne m'a dit que le truc que je m'apprêtais à caresser s'appelait un démembreur dans votre langue ?!

- Je l'ai fait, répondit Lexa, tu ne m'en as pas laissé le temps.

- Tu aurais pu... Ouch !

- Désolé... murmura Jackson.

- Cet animal est considéré comme un des plus grands dangers de ces forêts, expliqua mon amie. Son apparence docile cache une agressivité redoutable. Tu as eu de la chance, généralement, ils attaquent en bande et arrachent les membres de leur victime pour l'empêcher de fuir avant de la dévorer vivante. Celui-ci doit être un ancien chef chassé par son clan, ce qui expliquerait l'inefficacité de sa morsure.

- L'inefficacité ?! On regarde la même chose ?! m'offusquai-je en désignant mon bras. J'ai 4 plaies de 3 centimètres dans la chair !

- A vue d'œil, je dirais plutôt 1.5, rectifia Clarke. Il a été stoppé par tes os dans son élan.

- Un plus jeune et plus vigoureux t'aurait arraché le bras d'une seule morsure. Leurs dents sont tellement aiguisées qu'elles transpercent les os sans aucun problème.

- On dirait la description d'un Pokémon..."

Elle me jeta un regard interrogatif.

" - Oublie je t'expliquerai...

- On est de retour ! Qu'est-ce qu'on a manqué ?" résonna une voix au loin.

La silhouette de Jasper se distingua des arbres, suivie par celles de Nevi, Héra, Monty, Murphy, Kane et des chevaux qu'ils avaient abreuvé.

Attendez pause ! Moment flashback du jour ! Vous vous souvenez d'à quel point j'étais heureuse de visiter du pays, et que mon bonheur n'avait été que renforcé par la perspective de voyager en Rovers et non à cheval ? Et bien, on m'avait bien enfumée ! Pendant la nuit - littéralement pendant la nuit ! - Lexa avait eu une révélation et s'était dit que débarquer chez son amie d'enfance avec ce qui ressemblaient à des chars d'assauts était peut-être un tantinet risqué, et avait donc tout naturellement opté pour un changement de dernière minute et décidé de partir à cheval. Ce que j'avais appris 2 minutes avant de partir, lorsque je m'étais pointée - à l'heure en plus pour une fois ! - avec mon sac de 12 kilos sur le dos que je pensais bazarder dans le véhicule ! Et comme j'étais à l'heure mais tout juste, on ne m'avait pas laissé le temps de faire un petit tri stratégique pour alléger mon sac, et impossible de fixer le bordel sur ce fichu canasson ! Résultat des courses, j'avais mal au dos à cause de mon putain de sac, mais aussi aux cuisses et aux hanches parce que j'étais un manche pour monter à cheval et maintenant au bras à cause de la morsure de ce putain de raton-laveur ! D'ailleurs, en parlant de ça...

Je regardai le visage de Lexa et étouffai un rire. Elle leva un sourcil avant de grommeler un "Qui y a-t-il de drôle ?" nonchalant, déjà dépitée par la réponse.

" - Tu trouves pas que vous avez un petit air de famille ?

- Je te demande pardon ?

- Le raton-laveur et toi, avec tes peintures sur la figure, la taquinai-je en les effleurant du bout des doigts.

- Je ne vois pas où tu veux en venir..."

Oh si elle voyait ! Elle voyait parfaitement !

" - Vraiment ? Demandons l'avis de ta femme pour voir.

- Me demander quoi ?"

Cette dernière, occupée avec mon bras, avait cessé de nous écouter depuis un moment et relevé la tête à l'entente de son prénom. Enfin, de son statut plutôt.

" - Tu trouves pas que Lexa ressemble un peu au raton-laveur ?

- T'as raison ! coupa O en se rapprochant.

- Vous avez torts, l'une comme l'autre.

- Je suis désolée honey (nda : je trouve la traduction des petits surnoms mignons un peu nulle en français, d'où l'utilisation du terme anglais), mais elles ont pas tort !"

Clarke nous rejoignit dans le fou-rire qui nous avait ouvertement gagné O et moi, et que Lincoln, Nyko et Jackson essayaient tant bien que mal de dissimuler, de peur de se prendre une mandale.

" - Em pleni, gronda-t-elle. Je ne veux plus entendre de telles choses !

- Oh je t'ai vexé ? la taquinai-je.

- La moquerie n'est pas le fruit d'un esprit fort Jules.

- Oh mais le prends pas comme ça ! Mignon mais féroce, ça te décrit plutôt bien ! continuai-je de la charrier.

- Je ne suis pas mignonne.

- En réalité, finit Clarke en lui déposant un baiser sur la joue, si tu l'es.

- Bien sûr qu'elle l'est, elle fond à chaque fois que tu l'appelles "honey" !"

Honey en question songeait sérieusement à me planter son épée entre les 2 yeux, mais je fus sauvée par le gong, à savoir mon frère qui débarqua à mon secours tel un chevalier servant, craignant que quelque chose de grave ne me soit arrivé comme Jasper n'avait eu aucune réponse.

" - T'inquiète pas, le rassura O, ta sœur s'est juste fait croquer le bras par un animal appelé "le démembreur" !

- Vous vous êtes faits attaquer pendant notre absence ?

- Oui !

- Non ! s'exclamèrent tous les autres d'une seule voix.

- Oui ou non ?

- On ne s'est pas littéralement faits attaquer, ta sœur a simplement eu la bonne idée d'aller caresser une petite boule de poil, sans penser une seconde que la boule de poil en question pourrait être dangereuse, expliqua la guerrière.

- Ou encore qu'elle pourrait ressembler à Lexa..."

Ma remarque provoqua un nouvel éclat de rire, ce qui fit d'une pierre deux coups puisque j'en profitai pour subtilement détourner l'attention de ma stupidité. Lexa, elle, ne trouvait toujours pas ça très rigolo et grommela quelques insultes dans sa langue natale. Mon frère, quant à lui, se frotta tellement intensément les yeux de désespoir qu'il en frôla l'arrêt cardiaque.


Une fois tout le monde rassemblé, mis au courant de mes nouvelles péripéties et la fierté de Lexa mise de côté, celle-ci nous donna les instructions pour la suite des événements.

" - Le Soleil ne va pas tarder à se coucher. Nous pourrions sans problème continuer d'avancer encore une heure voire plus, mais nous enfoncer ainsi dans la forêt sans connaitre le terrain n'est pas prudent. Ce lieu est suffisamment dégagé pour nous permettre aisément de fuir en cas d'agression, et nous sommes à proximité d'un point d'eau. Je propose donc que l'on installe le camp ici pour y passer la nuit."

Oh génial ! On allait enfin se poser, j'en pouvais plus de rester à cheval moi ! Vu la vitesse à laquelle tout le monde bazarda ses affaires par terre, mon sentiment était partagé. Lincoln, Kane et Nyko s'empressèrent d'aller attacher les chevaux, et nous nous activâmes pour mettre en place les sacs de couchage. Bientôt, il ne manqua plus qu'une chose essentielle.

" - Hé les gars ! Rassurez-moi, on va faire un feu de camp hein ?

- Evidemment.

- Chouette ! Ça fait tellement longtemps que je veux faire une soirée avec mes amis autour d'un feu à boire des bières et faire griller des chamallows en se racontant des histoires qui font peur! Bon, tout le monde n'est pas là, mais c'est mieux que rien.

- L'utilité première était surtout de nous empêcher de mourir de froid. Les nuits sont rudes à cette période de l'année, continua ma potentielle future belle-sœur. Mais que ce soit pour nous réchauffer ou faire griller tes...

- Chamallows.

- Voilà, sans bois aucune des 2 alternatives n'est envisageable.

- Le message caché étant "Va chercher du bois" j'imagine ?

- Il n'était pas caché. Emmène ton frère, vous irez plus vite à 2.

- M'emmener où ?"

Tiens, quand on parlait du loup. Je l'empoignais par la manche et l'entrainais au milieu des arbres, non sans lui avoir laissé le temps d'embrasser Héra sur la joue.


" - Alors, c'est sérieux entre Héra et toi ?"

Nous étions maintenant assez loin du camp pour avoir cette conversation sans être entendus.

" - Je ne sais pas trop, j'imagine oui. En tout cas je l'espère.

- Et ça dure depuis longtemps ?

- Une semaine ou deux avant que tu nous surpre...

- Non ! l'interrompis-je vivement. Non ! Non et non ! On n'en parlera plus, mais alors plus jamais ! J'ai été traumatisée pour les années à venir avec tes conneries ! Pourquoi tu m'en as pas parlée avant ?

- Parce qu'aussi étonnant que ça puisse paraitre, te mettre au courant n'est pas la première chose à laquelle j'ai pensé lorsqu'elle m'a embrassé."

Oh, c'était pas lui qui avait fait le premier pas, surprenant tiens...

" - Et en plus, elle préférait que ça ne s'ébruite pas trop.

- Pourquoi ça ?

- Je ne sais pas trop, je n'ai pas insisté. J'imagine qu'elle avait peur de la réaction de Lexa, tout est si fragile entre elle et sa sœur qu'elle n'a pas voulu tout détruire.

- Qu'elle se rassure, Lexa s'en cogne royalement. Et dans tous les cas, pourquoi elle flippait ? Je veux dire, si c'était moi qu'elle se tapait, je pourrais comprendre, mais toi... T'es pas assez proche de Lexa pour ça.

- Encore une fois, j'en sais pas beaucoup plus que toi. Peut-être qu'elle redoutait ce que Lexa pourrait penser de moi après.

- Quoi ? Qu'à cause de ça elle Lexa pense que tu étais attiré par elle ? C'est stupide. En plus, elles ont beau être jumelles, quand tu les côtoies plus de 5 minutes, elles se ressemblent pas tant que ça...

- Ah bon ? Enfin je veux dire, évidemment, y'a des détails qui diffèrent, mais la ressemblance est quand même très, très marquante.

- De loin certes. Mais Lexa est plus athlétique. Là où t'as l'impression que tu peux casser Héra en deux, Lexa dégage beaucoup plus de force. Leur démarche aussi est vachement différente, mais je saurais pas expliquer en quoi. Et leurs yeux. Ceux de Héra sont plus... neutres. Je veux dire, ils sont d'une très jolie couleur verte, mais ceux de Lexa sont émeraudes, c'est pas très commun c'est pour ça que j'ai remarqué, et tu peux déceler son état d'esprit en fonction de leur teinte.

- J'arrive pas à croire que ce soit toi qui me fasse remarquer ça... Jules qu'est-ce que tu fous encore... ? me lança-t-il d'une voix pleine de dépit.

- Je joue au golf ! A ton avis je fais quoi ?"

J'écrasai l'extrémité d'un bout de bois sur le sol pour le faire voler sur mon tas.

" - Une explication sur le pourquoi du comment ?

- Je peux plus me baisser, j'ai trop de branches dans les mains.

- Ne porte pas tout d'un coup alors ! Fais des allers-retours !

- Tu rigoles, c'est pour les faibles ! Admire le talent !"

Je réitérai ma manœuvre.

" - Non Jules pas celle-là il y a un...

- Putain ! Mon œil !

- Caillou dessus..." finit-il.


" - Tu m'épuises... Pourquoi est-ce que je t'ai amené...

- Compatis Lexa, j'ai mal bordel..."

J'étouffai un petit cri lorsque Jackson termina le dernier point de suture et me posa de la glace sur la figure. Au final, mon œil n'avait pas été touché, mais le caillou m'avait bien défoncée l'arcade sourcilière.

" - Je ne veux même pas savoir ce qui est arrivé.

- Tant mieux, je comptais pas te le dire !"

Lexa m'aida malgré tout à me remettre sur pied pour me ramener au camp, où Héra venait d'allumer avec grande classe un énorme feu de camp. Jasper, Nevi et Monty s'activaient pour déposer des rondins de bois tout autour pouvant servir de sièges, tandis qu'un peu plus à l'écart, Lincoln et Kane discutaient du chemin restant à parcourir. Nyko et O étaient apparemment partis chercher à manger et pour finir, Murphy, toujours aussi branleur, nous regardait de loin appuyé contre un arbre.

Une demi-heure plus tard, la nuit commença à tomber. Bien que rentrés bredouille en terme de viande, les 2 chasseurs nous rapportèrent nombreuses plantes et racines en tout genre. En temps normal, j'aurais fait la gueule à l'idée d'avoir à bouffer de l'herbe, mais dans le cas présent, j'avais vraiment la dalle. Peu à peu, tout le monde s'installa autour du feu, même Murphy qui était tombé dans un profond sommeil, bien décidé à enfin attaquer notre dîner. Nyko (décidemment, cet homme était d'une polyvalence !) commença à faire cuire quelques racines et à les distribuer. J'empoignai alors le sac qui me les avait brisé toute la journée pour que celui-ci serve enfin à quelques choses.

" - J'hallucine, t'as apporté une glacière ? s'étonna Murphy en me voyant extraire difficilement l'objet de mon sac.

- Et pas seulement !"

Je lui lançai un sachet de chamallows.

" - Ne me remercie pas et fais passer !"

Le regard hystérique de mes amis me plaça immédiatement au stade de Messie. Seuls nos bons amis originaires de la Terre furent quelque peu méfiants face aux friandises. Lexa, assise à ma gauche, contempla dubitativement la sucrerie, la tournant et le retournant dans tous les sens comme s'il allait exploser. Devant l'engouement avec lequel sa femme enfournait son troisième bonbon (et après c'était moi qui arrêtait pas de bouffer ?!), elle se décida à le porter à sa bouche.

" - Attends !"

Elle eut un mouvement de recul.

" - Arrête je vais pas te le manger."

J'enlevai une des baguettes de la main de Murphy qui était en train de fouiller tout mon sac et fixai le chamallow dessus. Après l'avoir fait griller quelques instants (bon, après l'avoir fait tomber puis en avoir fait regriller un autre... Bon d'accord, 2 autres !), je tendis le morceau de bois à mon amie.

" - Fais gaffe c'est chaud", la prévins-je.

Au sourire satisfait qui se dessina sur son visage en croquant dans la guimauve, j'en déduis qu'elle apprécia. Qu'elle apprécia beaucoup d'ailleurs, parce qu'elle se pencha pour en prendre un autre immédiatement. Depuis mon arrivée ici, je lui avais déjà fait goûter beaucoup de "spécialités" de l'Arche, et les bonbons étaient sans aucun doute ce qui entraient le plus facilement dans ses bonnes grâces. Son histoire d'amour nouvelle avec les dragibus commençait à concurrencer sérieusement celle avec les bougies ! Clarke avait raison, Lexa était vraiment trop mignonne parfois, difficile de la prendre au sérieux lorsqu'elle se jetait sur de la guimauve comme une gamine de 8 ans ! Je lui glissai discrètement un autre paquet, aromatisé à la fraise cette fois-ci.

" - Et qu'est-ce que t'as dans ta glacière ? s'impatienta mon frère qui la fixait depuis 10 minutes.

- Ah ça je sais que ça va vous plaire !"

J'alignai sur le sol un pack de bière, 2 bouteilles de rhum, une de vodka, une de Manzana (oui je sais, l'alcool du faible), des jus de fruits et des sodas.

" - Alors, qu'est-ce que vous en dites ?

- J'en dis que ça a dû être un cauchemar à transporter !"

Jasper se saisit des bières et commença à les décapsuler. Quand vint le tour de Kane, celui-ci hésita quelques instants avant de se saisir de la canette.

" - C'est bon Chancelier ! l'encourageai-je. Oubliez que vous avez l'âge d'être notre père et détendez-vous un peu !

- Je n'ai pas l'âge de...

- Bah si un peu, le taquina Skai Prisa en buvant une gorgée de sa boisson, vous sortez avec ma mère."

Vaincu, il accepta la bière que lui tendait toujours Jasper et en bu 2 longues gorgées, ce qui provoqua un fou-rire général.

" - A la tienne, petit raton-laveur."

Je penchai ma bouteille dans sa direction.

" - Je vais arracher tous tes points de suture..."

Elle trinqua malgré tout.


La suite de la soirée se déroula à merveille, malgré un petit coup de gueule de Nyko qui ne comprenait pas pourquoi on n'avait pas amené d'alcool local. La raison était simple, on jouait pas dans la même cours. Leur alcool arrachait la gueule ! Nous restâmes à la bière jusqu'à ce que le pack soit vide.

" - Bon alors, qui a une bonne histoire à raconte ? demandai-je pour la troisième fois.

- Raconte, toi, puisque t'y tiens autant.

- Très bien Murphy, tu l'auras voulu ! Préparez-vous à tremble mes amis ! Il y a de ça très longtemps, ici même...

- Ici même ?

- Pas littéralement ici même, ici même sur Terre quoi. Maintenant tais-toi, tu vas foutre en l'air mon histoire ! Il y a de ça très, très longtemps, avant que la Terre ne soit ravagée par les bombes nucléaires, il existait une pratique pour punir les criminels : la condamnation à perpétuité.

- Et c'est supposé être mieux que la condamnation à mort ?

- La ferme ! C'est mon histoire, c'est moi qui raconte ! L'histoire tragique qui nous attend ce soir n'est autre que le destin funeste d'une de ces condamnée. Qui était cette femme, et qu'avait-elle fait pour se retrouver dans cette situation ne nous importent peu. Ce que vous devez savoir, c'est que cette femme était prête à tout pour échapper à sa punition. Elle était riche, et cet argent, à défaut de lui avoir éviter la prison, allait l'en sortir. C'est pourquoi elle négocia sa liberté avec le croque-mort attitré de la prison. Au passage, un croque-mort était un individu chargé de s'assurer qu'une personne était bien morte. Bref, toujours est-il qu'il passa un marché avec cet homme, en échange d'une somme d'argent importante permettant au croque-mort de lui payer une intervention chirurgicale, le croque-mort acceptait de mettre au point un plan assurant sa liberté. En effet, au sein de la prison de laquelle elle était prisonnière, un son spécifique annonçait la mort de quelqu'un : le bruit d'une cloche. Le plan était donc simple : au prochain tintement de la cloche, la condamnée allait se glisser dans le cercueil dans lequel reposerait le mort. Elle attendrait ensuite patiemment à l'intérieur que celui-ci soit enterré, et dès que cela sera chose faite, le croque-mort viendrait armé d'une pelle afin de la déterrer, et ensuite empocher son gain. Quelques temps plus tard, la condamnée entendit le son caractéristique qu'elle attendait. Prenant son courage à deux mains, elle se faufila dans la pièce noir renfermant le cercueil et se glissa dans celui-ci, trouvant une place entre le bois et le corps froid. Elle sentit qu'on la transportait, et qu'on la mettait sous terre. Les heures passèrent, plus douloureuses et inquiétantes les unes que les autres. Au bout d'un certain temps, commençant à vraiment paniquer, elle décide d'allumer une allumette afin d'apporter une lumière réconfortante dans la petite boite. Quelle ne fut sa surprise lorsqu'elle découvrit que le mort à ses côtés n'était autre que...

- Le croque-mort en question.

- Cette fois je vais te buter Murphy !"

Joignant le geste à la parole, je me levai brusquement, tout juste retenue par Lincoln et Lexa qui, je le craignais, s'était endormie lors de mon histoire (bon, elle était bien au chaud dans les bras de sa femme, son nez dans le creux de son cou, elle avait l'air vachement bien installée donc on lui pardonne...).

" - T'as foutu en l'air mon histoire ! Et comment tu savais comment ça allait finir hein ?! criai-je en continuant de me débattre.

- Bah en même temps, c'était assez prévisible...

- N'en rajoute pas Jasper !

- Je déteste dire ça, répondit le principal intéressé, mais il a pas tort. On l'avait vu venir. En plus, je la connaissais cette histoire, c'est "Final Escape" de la série "Alfred Hitchcock presents". Je peux même te dire que c'est la saison 1, épisode 8."

S'il y avait bien quelqu'un d'aussi passionné par les histoires d'horreur que moi, c'était Murphy. Avant d'être incarcérer, je l'avais croisé plus d'une fois en train de regarder des épisodes d'Alfred Hitchcock presents ou de The Twilight Zone dans la salle télé. Mais il était vraiment obligé de foutre en l'air mon histoire ?! Lincoln finit par avoir le dessus et me força à me rassoir, non sans subir mes cris et injures.

" - Tu paies rien pour attendre Murphy..."

Il soupira et prit une nouvelle gorgée de bière.

" - Tu me ferais presque peur... Si bien que moi, je vais vous raconter une histoire d'horreur ! Et croyez-moi, vous allez pas en dormir de la nuit !"

Lexa reprit sa position initiale, totalement pas excitée par la perspective d'écouter Murphy.

" - Avez-vous déjà entendu parler de Jeff The Killer ?

- Oui", mentis-je.

Ce n'était pas exactement un mensonge, j'avais déjà entendu le nom du personnage, mais je n'étais pas très portée sur les légendes urbaines. J'avais tenté de m'y intéresser à plusieurs reprises, mais faire le tri entre les rares vraiment flippantes et le ramassis de conneries que l'on pouvait trouver était des plus éprouvants... Je savais que Jeff The Killer était le protagoniste d'une creepypasta, ces histoires effrayantes qui circulaient sur internet, du moins qui avaient circulé sur internet avant qu'on se retrouve dans l'espace. Sur l'Arche, bien que pas mal d'entre elles avaient été inscrites dans de rares recueils, la plupart survivait grâce au bouche à oreille. Mais bon, Murphy avait bousillé mon histoire, j'allais pas me gêner avec la sienne !

" - Jeff était un petit garçon de 13 ans. Son père venait d'être muté, aussi il décida de déménager avec sa famille afin d'être plus proche de son lieu de travail.

- Oh là là, terrifiant... ironisai-je.

- Jeff et son frère, Liu, n'avaient pas à se plaindre de leur nouvelle maison, plus grande, plus confortable... Le jour de leur arrivée, la voisine et son fils vinrent se présenter, et les inviter à la fête donnée pour l'anniversaire du jeune garçon. Jeff n'était pas très emballé par l'idée, mais sa mère lui ordonna de faire un effort afin de se faire de nouveaux amis.

- Et on est censés avoir peur là... ?

- Le lendemain, les 2 frères se rendirent à l'arrêt de bus, afin d'attendre le véhicule qui les emmèneraient à l'école. Mais à peine installés sur le banc, 3 garçons vinrent à leur rencontre. Ils s'en prirent d'abord à Liu, qui donna son portefeuille sans broncher, préférant éviter une confrontation physique...

- Quel faible...

- Mais Jeff lui, ne se laissa pas faire. Il s'en prit aux trois garçons, malgré les protestations de son frère. Ce qui aurait dû être une simple bagarre entre garçons dérapa en bien plus que cela lorsque Jeff attrapa le couteau d'un des garçons. Tout le monde s'en sortit vivants, mais les agresseurs furent suffisamment blessés pour attirer l'attention des autorités. Quelques jours plus tard, des policiers frappèrent à la porte de Jeff. Malgré les aveux de Jeff, Liu, prêt à tout pour protéger son frère, porta le chapeau à sa place et fut arrêté. Dans les jours qui suivirent, Jeff sombra dans la déprime. Jusqu'au jour de la fête d'anniversaire de leur voisin, où Jeff se rendit malgré lui, forcé par ses parents qui, inquiets, voulaient lui changer les idées.

- Laisse-moi deviner, à la fête il a recroisé les trois connards ?"

Murphy faisait de son mieux pour m'ignorer, mais l'accentuation prononcée sur certains mots montraient que je commençais à vraiment l'agacer.

" - Malgré ses réticences, il s'amusa vraiment à la fête, oubliant son frère pour la première fois depuis son arrestation. Mais son bonheur ne fut que de courte durée, puisqu'il tomba nez à nez avec les 3 garçons responsables de l'emprisonnement de son frère.

- Bah tiens qu'est-ce que je t'avais dit !

- Mais tu vas la boucler à la fin ! Un terrible combat s'en suivit, durant lequel Jeff tua deux de ses adversaires sauvagement. Malheureusement pour lui, le troisième le piégea dans la salle de bain et parvint à lui renverser de l'eau de javel sur le corps. Il lança alors une allumette sur Jeff qui s'enflamma, la dernière chose qu'il vit avant de s'évanouir fut le visage de ses parents, alertés par ses cris. Il se réveilla à l'hôpital quelques jours plus tard, le visage ainsi que le reste du corps bandé. Ses parents, à son chevet, lui annoncèrent que plusieurs témoins avaient vu que les garçons étaient à l'origine des bagarres, et que cela suffirait à innocenter son frère. Plus tard, toujours en convalescence à l'hôpital, le chirurgien proposa à Jeff ainsi qu'à son frère et ses parents de voir l'état de son visage, tout en rappelant qu'ils avaient fait du mieux qu'ils pouvaient. Une fois ses bandages retirés et un miroir en main, Jeff pu enfin voir son reflet : ses lèvres étaient sombres et dénuées de chair, sa peau avait blanchi et avait une texture craquelée, et ses cheveux avaient noirci. "Ce n'est pas si mal", lui assura son frère, tentant de la rassurer. "Pas si mal..." murmura Jeff. "Non, c'est magnifique, regardez comme je suis beau !" Le médecin assura à ses parents que le comportement anormal de Jeff n'avait rien d'affolant, qu'il était probablement dû à la dose importante de calmants qu'il avait reçu. Sauf que ce n'était pas le cas. La nuit même, la mère de Jeff fut réveillée par des bruits en provenance de la cuisine. L'image qu'elle vit resta graver dans sa mémoire : son fils, un couteau à la main, s'était entaillé la peau afin d'y dessiner un énorme sourire. Quant à ses yeux, ceux-ci étaient entourés de noir cendre. "Je ne pouvais plus sourire, ça me faisait trop mal, alors je me suis dessiné un grand sourire sur le visage, pour être toujours heureux de me regarder. Et comme mes yeux se fermaient sans que j'en ai le contrôle, je me suis brûlé les paupières, afin de pouvoir toujours me contempler." Jeff était devenu fou, il coursa sa mère avec le couteau et l'assassina violemment, avant de faire de même avec son père. Puis il se dirigea dans la chambre de Liu, et la dernière chose que celui-ci pu voir fut le grand sourire de son frère, suspendant le couteau au-dessus de sa tête, et murmurant d'une voix psychotique "Endors-toi."

- T'inquiètes pas pour ça, on s'est tous endormis avec ton histoire...

- C'est tes paupières que je vais brûler !"

Je sautai de mon siège pour esquiver l'attaque de Murphy, réveillant Lexa au passage (parce que même si c'était pour me foutre de sa gueule, j'avais pas tort, ils étaient beaucoup à avoir piqué du nez !).

" - Sérieusement, vous êtes les deux supposés être les plus portés sur les histoires flippantes et vous avez rien de mieux ? Vos histoires craignent, et en plus elles nous parlent pas ! A la limite, celle de Jules parlait de condamnés mais bon... s'énerva Octavia.

- Tu veux savoir ce qui est le plus effrayant ? reprit Murphy. C'est que Jeff The Killer n'a jamais été retrouvé depuis. Mais on trouve plusieurs témoignages relatant d'horribles assassinats au couteau. Un petit garçon aurait même réussi à lui échapper et à raconter à la police avoir vu une silhouette sombre aux yeux et cheveux noirs et à la peau blanche, murmurant dans le sourire gravé sur son visage, en mémoire à son frère, à l'oreille de ses victimes...

- Endors-toi..."

O hurla et fit un bond de 2 mètres de long, insultant Lincoln de tous les noms pour le coup de flippe qu'il venait de lui faire. Je m'attendais pas non plus à ce qu'il se prenne au jeu et chuchote tranquillement à l'oreille de sa petite-amie la phrase de Jeff, mais c'était assez marrant ! Une fois la jeune guerrière calmée et tout le monde bien réveillé, nous décidâmes de commencer les jeux à boire avec un traditionnel "J'ai jamais...", profitant de l'ignorance des Grounders pour les entrainer dans le jeu. Seuls Kane et Jackson refusèrent de jouer, et ils s'en sortirent aussi bien uniquement parce qu'il fallait que quelqu'un reste sobre (et si dans ce quelqu'un il y avait un médecin, c'était pas plus mal), et aussi empêche Lexa de nous tuer une fois qu'elle aurait compris ce qu'elle venait exactement de promettre à Clarke et moi. Je commençai assez light avec un verre de Manzana.

" - Quelles sont les règles de ce jeu ? Et pourquoi y-a-t-il nécessité d'avoir un verre avec soi ?

- Tu vas comprendre. En gros, chacun notre tour, on doit commencer une phrase par "Je n'ai jamais, Ô grand jamais..." et ajouter derrière quelque chose que l'on a fait ou pas. Tout ceux qui ont déjà fait ce qui a été décrit doivent boire une gorgée de leur verre.

- Mais il est aisé de mentir dans ce jeu...

- C'est vrai, mais crois-moi au bout de 2 ou 3 tours, les gens commencent à dire des trucs qu'ils sont sûrs que quelqu'un a déjà fait. Et tu t'es engagée Lexa, maintenant t'es obligée de jouer le jeu ! Murphy, à toi l'honneur !

- Je n'ai jamais Ô grand jamais embrassé Clarke Griffin.

- Salopard... grommelai-je en buvant une gorgée en même temps que Lexa. Mais attends, comment tu sais ça toi ?!

- Je ne le savais pas, mais maintenant oui !

- Vous devrez me raconter ça ! exigea O la bouche grande ouverte.

- Je n'ai jamais Ô grand jamais... cassé la vitre de la salle de retenue de l'Arche ! enchaina Nevi.

- Vous êtes vraiment des chiens..."

Je bus ma deuxième gorgée, accompagnée par Clarke cette fois-ci.

" - Je n'ai jamais Ô grand jamais... Héra réfléchit quelques instants... été menacée par notre frère !"

Et bam, rebelote pour Clarke et moi ! Ce fut au tour de Nyko.

" - Je n'ai jamais Ô grand jamais... été attaqué par un démembreur.

- Je vous déteste tous..."

Lincoln, Octavia, Jasper et Monty enchainèrent tous les 4 avec des questions me visant directement, si bien que je dus me resservir un verre.

" - C'est ton idée en même temps, de te lancer dans ce genre de jeux puérils... constata malheureusement très justement Lexa.

- Je n'ai jamais Ô grand jamais..."

Je me préparai à avaler une nouvelle gorgée, persuadée que Clarke ne m'épargnerait pas non plus.

" - Préparé de space brownies."

A la surprise générale, seuls Jasper et Monty descendirent leur verre (ce n'était pas qu'eux boivent qui était étonnant, mais plutôt que moi j'y échappe !).

" - Merci Clarke, c'est gentil... Et surprenant.

- Ce n'est pas de la gentillesse, j'ai juste peur des représailles."

Plutôt intelligente la petite Griffin. Grâce à son petit manège, elle éviterait de boire quand ce serait à mon tour, vu que j'avais déjà prévu ma question.

" - Je n'ai jamais Ô grand jamais joué à ce jeu auparavant.

- Putain Lexa, pas toi aussi..."

Je bus encore une fois accompagnée de tous les 100 ici présents.

" - A mon tour ! Je n'ai jamais Ô grand jamais cherché à m'acharner sur Jules lors d'un jeu à boire !"

Et bim ! Tout le monde bût à part Clarke qui avait prévu le coup et Murphy.

" - Tu te fous de ma gueule John Murphy ?!

- Je te l'ai dit, je ne savais pas que tu avais embrassé Clarke. Je ne te visais pas."


Le jeu continua encore quelques tours avant de, comme d'hab, dégénérer. Là où c'était plus étonnant, c'était entre qui ça avait dégénéré. Que je fasse partie du lot n'était pas surprenant, mais que je joue aussi fort contre Lexa n'était pas prévu ! En effet, malgré le début d'intégration de la commandante à notre groupe, personne n'osait vraiment la cibler parce que... Bah parce que c'était la boss quoi, et t'emmerdais pas la boss si tu voulais éviter les problèmes ! De la secousse, c'était la plus sobre d'entre nous, et par conséquent la seule à avoir encore les idées suffisamment claires pour me viser à chaque fois que c'était son tour. Comme j'en avais vite eu marre, malgré l'alcool qui me montait à la tête, je faisais pareil de mon côté, et tout ça avait fini par un abandon généralisé de tous les autres qui maintenant nous regardaient Lexa et moi nous tirer dans les pattes.

" - Je n'ai jamais Ô grand jamais poussé quelqu'un de haut de la tour !

- Je n'ai jamais Ô grand jamais perdu la finale du Tridgerplaid !

- J'ai jamais (oui ça devenait trop long à dire donc on raccourcissait les phrases) empalé la reine des salopes !

- Je n'ai jamais été alertée qu'un tir de fusées de détresse aurait lieu lors de mon mariage !"

Nous nous retournâmes vers Jasper et Monty qui n'avaient pas touché à leur verre.

" - Bah quoi, on joue plus no...

- Buvez ! ordonnâmes en cœur.

- J'ai jamais couché dans mon lit, et quand je dis mon lit c'est mon lit à moi !

- Tu dois boire aussi dans ce cas... dit-elle en prenant une gorgée en même temps que Clarke.

- Sérieusement, ça devient bizarre là..."

O frissonna de dégoût.

" - On a changé les draps après, et c'était quand Jules avait le pied cassé et dormait dans notre chambre... précisa Clarke.

- Je ne suis jamais rentrée dans la tour par effraction !

- Et je n'ai jamais pleuré devant "La ligne verte" !"

Ouvrez la parenthèse. J'avais forcé Lexa à regarder ce film de 3 heures. Elle avait tenté de dissimuler qu'elle pleurait toutes les larmes de son corps à la fin en se cachant derrière un oreiller. Elle avait échoué. Fermez la parenthèse. La moitié des personnes ici présentes commencèrent à se foutre de sa gueule, mais furent clamés par un regard noir meurtrier.

" - Je ne me suis jamais cassée le pied en frappant dans un morceau de métal !"

Cette fois-ci je lâchai mon verre vide et empoignai la bouteille de vodka.

" - Ah ouais tu veux jouer ?! On va jouer ! Je n'ai jamais bais...

- D'accord on va peut-être s'arrêter là avant que quelqu'un ne regrette ses paroles ! coupa mon frère en m'arrachant la bouteille de la main.

- Oui, c'est une bonne idée !" approuva Clarke en empêchant sa femme de prendre la bouteille de rhum.

La brune lui lança un regard de détresse, pas prête à abandonner le combat.

" - Clarke, rends-moi ceci je te prie.

- Crois-moi, tu veux éviter de te ridiculiser sous l'emprise de l'alcool.

- Je ne suis pas ivre.

- A peine !"

Elle avait presque autant bu que moi, et la perspective de devoir un jour me relever m'épouvantait ! Pourtant, comme à son habitude, elle se mit debout avec classe, grâce et élégance, comme si son taux d'alcoolémie n'aurait pas suffit à faire faire 3 tours à l'éthylotest.

" - Aller viens, on va faire un tour pour te dégriser un peu."

Les 2 jeunes femmes partirent en direction du lac. Je rejoignis Jasper, Monty et O qui jouaient à un action ou vérité, bien décidée à tout faire pour ne plus avoir à boire une gorgée de plus. Ce fut lorsque je me retrouvais en sous-vêtements sous la température avoisinant les 5 degrés à danser le madison sans musique après avoir dévoilé suffisamment de secrets honteux pour remplir la bibliothèque du congrès que je me décidais à arrêter.


L'alcool me montait dangereusement à la tête. J'avais déjà été bien plus mal que ça, mais le monde qui commençait à devenir tangent autour de moi m'indiquait que je ferais mieux d'arrêter de picoler si je voulais encore répondre de mes actes, et surtout ne pas avoir la gueule de bois le lendemain. Je décidai de m'aérer l'esprit et de faire un petit tour. Je saisis une lampe torche tout en promettant à mon frère de ne pas trop m'éloigner. Il proposa même de m'accompagner, mais je refusai, le laissant à sa copine. Une fois éloignée du camp, je m'appuyai contre un arbre, face au lac. Quelques minutes plus tard, le monde me parut un peu moins flou. Je réalisai alors que je n'étais pas seule. J'entendis quelques gloussements. Je me relevai, un peu trop rapidement peut-être car les décors se remirent à tanguer.

" - Aller viens Lexa.

- Je ne crois pas...

- S'il te plait, j'ai toujours voulu prendre un bain de minuit.

- Il n'est pas minuit, et je suis encore habillée.

- Je peux remédier à ça chose tu sais..."

Lexa s'avoua vaincue et rejoignit sa femme dans l'eau. Je reconnus les cliquetis du métal de ses armes et de son armure heurtant le sol. Clarke s'empressa de s'accrocher à son cou et l'embrassa passionnément.

" - Hum... Si tu savais à quel point je t'aime...

- Je pense en avoir une petite idée."

Elle se jeta à nouveau sur ses lèvres, et descendit ses mains...

Je secouai violement la tête. Qu'est-ce qui m'arrivait encore ? J'étais vraiment en train de mater mes deux meilleures amies en train de s'envoyer en l'air ?! Mettant cela sur le compte de l'alcool, je repartis en direction du campement, mais fus stoppée dans ma course.

" - Tu joues les voyeuses maintenant ?

- Putain Murphy ! Tu m'as fait peur...

- Désolé."

Il but une gorgée de bière et me tendit la cannette. Je refusai poliment.

" - Si je bois encore une goutte d'alcool, je vomis.

- C'est du Dr Pepper, pas de la bière. Je ne trouvais pas de verres.

- Oh."

J'acceptai alors et m'assis à ses côtés, contre un arbre.

" - Qu'est-ce qui t'arrives Murphy ?

- Tu te souviens de ce que j'ai dit à Pike quand il m'a demandé ce que je verrais sur le sol ?

- Que tu survivrais.

- Et bien voilà ce qui m'arrive, je survis.

- C'est pas ce que je voulais dire, tu survivais déjà quand t'étais une tête de con et que t'as pendu Bellamy.

- C'est lui qui a commencé.

- Certes. Mais t'as changé quand même. A une époque, tu refusais de te bouger les fesses ne serait-ce que pour une expédition nourriture, et là tu nous accompagnes de ton plein gré en road trip à cheval au fin fond de nul part rencontrer une fille qu'on n'a jamais vu et qui pourrait sans aucun souci nous planter un couteau dans le bide à la seconde où on posera le pied chez elle. Prendre parti contre A.L.I.E, ça c'est de la survie. Là t'as rien à gagner, alors qu'est-ce que tu fous là ?

- On ne m'a pas vraiment laissé le choix, je ne suis pas stupide au point de contester les ordres de Heda comme certaine.

- Elle nous l'a laissé, le choix. T'aurais pu refuser, ou faire partie de l'autre groupe et pioncer tranquillement dans un bon lit chaud sans problème.

- Il faut croire que je m'ennuie à rien faire.

- Je te crois pas.

- C'est la vérité pourtant.

- J'ai un super pouvoir, je sais quand les gens me mentent. Et là Murphy, tu me mens.

- Je commence à regretter d'avoir attiré ton attention. La seule personne plus pénible que toi, c'est toi bourrée.

- Fallait y réfléchir avant. Murphy, dis-moi la vérité.

- ...

- Tu me laisses pas le choix."

J'inspirai profondément et commençai à enfoncer mon doigt dans son épaule à intervalles réguliers.

" - Aller, aller, aller, dis-le moi, aller, dis-le moi, aller, aller, dis-le moi, dis-le moi, aller, aller, aller, aller, di...

- La ferme ! Tu commences à me pomper l'air !"

J'approchai prudemment mon doigt de son bras à nouveau.

" - Aller...

- Ok ça va t'as gagné ! Je me sens coupable ok ?! Pour tout ce qui s'est passé avec Jaha ! Je l'ai suivi dans son délire, j'étais avec lui quand il a balancé ces mecs par dessus bord, et il m'a enfermé pendant des jours dans un espèce d'abri antiatomique, j'étais à deux doigts de me coller une balle dans le crâne, et j'étais le premier à qui il a parlé d'A.L.I.E ! J'ai réussi à foutre le camp avec cette fille, Emori, je suis resté avec elle quelques temps avant de revenir à Arkadia. Peut-être que si j'avais prévenu quelqu'un en revenant, si j'avais vraiment présenté Jaha comme un danger potentiel, on l'aurait pris au sérieux un peu plus tôt, avant qu'il ne distribue ses saloperies à toute la population... Ou si je m'étais affolé lorsque j'ai appris son retour à Arkadia...

- Tu sais Murphy, tu peux pas t'en vouloir pour ça, on a tous ignoré ce qui se trouvait sous nos yeux. Jaha était clairement un problème, mais personne ne pouvait prévoir le bordel qui a suivi.

- Moi si. Tout le monde a pris son cas à la légère parce que personne n'avait vu ce dont il était capable. Moi je le savais, mais encore une fois, je voulais pas m'en mêler.

- Et cette fille avec qui tu étais, Emoji...

- Emori, je me demande si tu le fais exprès des fois...

- Ouais Emori, elle est où maintenant ?

- Je sais pas. On a pris du bon temps ensemble, juste tous les deux, mais j'en ai rapidement eu marre de vivre comme ça. Elle n'a pas voulu venir avec moi, à Arkadia ou à la capitale, ne se sentant pas exactement la bienvenue.

- C'est une des expatriés ?

- Ouais, quelque soit leur appellation, c'est ça.

- Tu l'aimais ?

- Non. Mais j'aurais bien aimé, ça aurait été plus simple. T'as déjà été amoureuse ?"

Pour une fois, je réfléchis sérieusement à la question. Mais aussi loin que je me souvienne, la réponse restait négative.

" - Non, jamais.

- Moi oui."

Je préférai ne pas chercher plus loin. Pour quelqu'un comme Murphy, autant de révélations étaient déjà énorme, et rien de bon n'en sortirait si jamais je cherchais plus loin. C'était d'ailleurs étonnant qu'il en ait dit autant, mais je ne m'en formalisai pas, mettant cela sur le compte de l'alcool. Je changeai de sujet.

" - Murphy ?

- Ouais.

- Y'a un truc qui me tracasse, depuis quand tu te sens coupable de quoique ce soit ? T'as fait des choses bien pires qu'ignorer Jaha, et même si les conséquences sont assez hardcores pour le coup, ça me surprend que tu te sentes mal au point de vouloir nous aider pour tout et n'importe quoi sans rien demander ou attendre en retour...

- Si j'avais agi, tu n'aurais peut-être pas vécu ce cauchemar..."

Je m'étranglai avec mon soda sous le coup de sa révélation.

" - Quoi ?!"

Je fus coupée par ses lèvres sur les miennes. Il passa sa main dans mon cou. Embarquée dans la folie du moment, j'y répondis quelques secondes avant de réaliser tout ce que ce baiser impliquait. Je me retirai brusquement et me levai dans un sursaut.

" - Wow ! C'était quoi ça ?!

- Jules...

- C'est de moi que tu parlais ?! T'es amoureux de moi ?!

- Oui, dit-il honnêtement.

- Mais Murphy, putain... Mais ça sort de nul part ! Ou alors c'est encore ma faute et c'est moi qui n'ais rien vu venir... Murphy, je suis vraiment désolée si je t'ai...

- Tu n'as rien fait, je t'assure.

- Mais... Depuis quand ?

- Les cours de Pike sur l'Arche.

- Oh bordel, si longtemps que ça... Mais on se détestait à l'époque.

- Tout le monde me détestait, dans ton cas, ce n'était pas réciproque.

- Je suis...

- Ouais, me coupa-t-il, je sais. Tu es désolée. T'inquiète pas pour moi, j'ai compris le message, je m'en remettrai."

Il se leva pour partir en direction du camp.

" - Non attends ! S'il y a quoique ce soit que je puisse faire pour... Tu vois quoi...

- Tu peux me dire que mes sentiments sont partagés ?

- ... Je suis désolée, mais non.

- Alors dans ce cas, non, tu peux rien faire.

- S'il te plait Murphy, ne le prends pas pour toi...

- Et comment je devrais le prendre ? demanda-t-il sèchement.

- John...

- C'est une vraie question. Comment je dois le prendre ?

- ... T'es un mec...

- Oh je t'en prie, sois au moins honnête avec moi ! Je sais que t'as couché avec Bellamy ! Et aussi pour ton plan à trois avec des Grounders ! T'as aucun problème pour te taper des mecs !

- Me taper justement, c'est le terme. Mais émotionnellement parlant, quand je m'imagine en couple avec quelqu'un, c'est avec une femme. Et crois-moi, on aurait pu coucher ensemble ce soir, mais je peux te faire ça si tu es amoureux de moi. Même moi je suis pas aussi ignoble..."

Je mentais clairement, j'étais bi jusqu'au bout des ongles, émotionnellement et sexuellement parlant. Mais je ne savais pas quoi lui dire d'autre, je n'avais aucune excuse à part que je n'étais pas attirée par lui de cette façon. Et je ne pouvais pas lui dire cela sans le détruire.

" - Merci."

Il sourit. Pas son petit sourire narquois de salopard, un vrai sourire sincère.

" - Pour quoi ?

- Me mentir. J'apprécie l'effort.

- Je t'apprécie Murphy, beaucoup. J'espère que ça n'a pas tout foutu en l'air...

- Il me faudra un moment, mais je m'en remettrai. Maintenant je sais.

- Je peux te demander un câlin ?"

Il me serra dans ses bras et repartit vers le camp. J'attendis 5 minutes avant de prendre la même direction. Tout le monde dormait déjà, à part Kane et Jackson qui surveillaient les alentours. Je discutai un peu avec les 2 hommes avant de rejoindre mon lit de fortune. Je fermai les yeux et somnolai jusqu'à ce que j'entende mes 2 meilleures amies revenir de leur escapade nocturne, essayant désespérément de dissimuler leur cheveux trempés.

" - Alors, vous vous êtes bien amusées ?"

Elles rougirent.

" - Vous inquiétez pas, les autres sont trop morts pour s'être rendus compte de quoique ce soit. Lex, tu me réveilles quand c'est notre tour de garde ?

- Bien sûr."

Je m'allongeai à nouveau et m'endormis.


" - Jules, lève-toi."

J'ignorai la voix de Lexa, mais je ne grappillai pas des masses de temps de sommeil puisqu'elle commença à me jeter des cailloux.

" - Mais arrête, c'est agaçant !

- Parle moins fort.

- Pourquoi tu me jettes des cailloux dessus, je t'ai rien fait.

- Tu as toi même exprimé la demande que je vienne te réveiller lorsque ce serait notre tour de garde.

- Et tu pouvais pas me secouer l'épaule comme tout le monde ?"

Elle désigna Clarke du regard, qui s'était emmêlée d'une façon totalement non naturelle dans ses bras, rendant ainsi tout mouvement impossible.

" - Comment elle s'est retrouvée dans cette position ?

- Aucune idée, j'ai réussi à me redresser mais rien de plus. Est-ce que ça t'ennuie de te lever et de faire une ronde toutes les 15 minutes ?

- Ai-je le choix ?

- Non.

- Alors pourquoi tu demandes ?

- Par politesse.

- Toujours mieux que rien..."


" - Murphy est amoureux de moi et m'a embrassée, dis-je en revenant de ma deuxième ronde.

- Vraiment ?

- Ouais.

- D'accord.

- Tu sais Lex, quand je te dis ce genre de choses, j'espère une réponse un peu plus élaborée. Du genre qui me donne l'impression que tu apprécies que je t'ai donné des conseils pour te mettre avec ta femme, que je t'ai rassuré quand tu flippais suite à sa demande et que j'ai officié votre mariage...

- Tu as raison excuse-moi. Et qu'en penses-tu ?

- Que c'était étrange. J'ai toujours pensé qu'on ne s'appréciait pas des masses, mais j'avais tort.

- Que comptes-tu faire ?

- Rien. Je ne peux pas lui dire la seule chose qu'il voudrait entendre, alors je vais faire profil bas avec lui le temps qu'il faudra.

- C'est plus sage effectivement. Ne te sens pas coupable de ne pas partager ses sentiments, tu ne lui as jamais donné de faux espoirs.

- Pas que je sache non.

- Alors il s'en remettra. Ce ne sera pas facile, mais au moins maintenant il ne vit plus dans le doute. Il peut tourner la page.

- Ouais..."

Je restai silencieuse quelques instants, avant de réaliser que je devais repartir faire une ronde.

" - Veux-tu que l'on parle d'autre chose ? me demanda-t-elle à mon retour.

- S'il te plait. On en a encore pour combien de temps de route ?

- Selon les dires de Lincoln, si on part à l'aube et que l'on poursuit notre chemin sans encombre, nous pouvons espérer atteindre le peuple de Luna en début d'après-midi.

- Tant mieux, j'en ai marre d'être à cheval !

- Nous n'avons voyagé qu'une journée.

- On mettait 3 heures au maximum pour faire le tour de l'Arche, on n'a pas la même notion du temps.

- Je vois.

- C'est quoi l'histoire entre Luna et toi ?

- Je te demande pardon ?

- Pourquoi cet empressement pour lui rendre visite ? Je veux bien que la nation des connards fasse pression, mais rien d'ingérable. Alors pourquoi cette envie soudaine de tous nous envoyer là-bas, sans le moindre plan ?

- Nous avons un plan.

- Ah oui ? Espérer qu'elle accepte de revenir à Polis avec son armée de pacifistes pour calmer les esquimaux qui vivent dans le grand Nord avec les pingouins et les ours polaires, et en cas de refus envoyer une armée pour réduire en cendres son peuple ? Non, on n'a pas de plan. Et si les ambitions de ce trajet n'étaient que politiques, non seulement tu l'aurais fait bien avant, mais en plus t'aurais emmené mieux que la bande de guignols que nous sommes.

- Très bien, je vais te dire la vérité. Déjà il faut que tu saches que je ne vous ai pas menti, à aucun d'entre vous. La stabilité de la Coalition est réellement menacée, et il est impératif que Luna agisse si elle veut conserver sa place en son sein. Et c'est également une vérité que je n'ai pas emmené mes soldats pour lui prouver que je ne cherche pas la guerre. Quant à la solution extrême, je suis quasiment sûre que nous n'en arriverons pas là, c'est juste une mesure de sécurité, pour assurer nos arrières. Je ne pense même pas que le second groupe aura à intervenir. Il est probable que nous soyons faits prisonniers, mais elle nous relâchera facilement. Nous nous rendons là-bas pour les raisons énumérées, mais pas uniquement. Quand Hérakléa a choisi d'emménager à Polis, j'ai proposé de l'aider à aménager la chaumière dans laquelle elle était restée lors de son séjour à la capitale quelques années plus tôt, alors que je ne savais même pas qu'elle se trouvait ici.

- Ouais ça je sais, je vous ai même aidé avec les cartons."

C'était pas tout à fait vrai, on m'avait demandé mon aide, j'avais utilisé le prétexte de ma jambe encore fragile comme excuse pour ne rien foutre et les regarder travailler.

" - Et tu n'es pas sans savoir que Costia a résidé elle-même dans cet endroit.

- Effectivement, Héra l'a mentionnée.

- Costia ne rêvait que d'une chose, en plus de dérober des biens, c'était de découvrir le monde. Elle notait donc ses voyages dans un carnet de bord, mais en tant que hors-la-loi, elle prenait beaucoup de précautions. En plus de tout écrire en anglais car la langue est moins courante, ses vraies destinations et l'endroit où elle cachait ses trésors sont perdus au milieu de faux journaux. Elle écrivait sur 5 carnets en même temps, et dans chacun d'entre eux se trouvait une partie de ses récits, dissimulée parmi de faux itinéraires. Ainsi, même si elle venait à être arrêtée, les fausses pistes lui permettraient de gagner suffisamment de temps pour changer ses plans. J'ai retrouvé plusieurs de ces journaux dans la chaumière. Lorsqu'elle a été... Lorsqu'elle nous a quitté, j'ai ordonné que l'on ne touche pas à cet endroit, et n'y étant jamais allé de moi-même, je n'ai jamais mis la main sur ces écrits. Jusqu'à maintenant. Je les ai emmenés à la tour, je ne voulais même pas les lire, mais je n'ai pas résisté.

- Et ça va ?

- Pourquoi ne serait-ce pas le cas ?

- Tu n'as pas pu me parler à voix haute de Costia, ni même lire ton propre journal, alors les siens, ça a dû être un calvaire...

- Non. Ce sont de simples récits de voyage, mon nom n'est pas mentionné une seule fois, directement ou indirectement."

Etait-ce une bonne ou une mauvaise chose, impossible à dire.

" - Je vois, mais c'est quoi le rapport avec Luna tout ça ?

- Luna était avec moi lorsque nous avons été capturés par les acolytes, ou les pantins devrais-je dire, de Costia. Elle a été enfermée, frappée, humiliée. Vois-tu, Luna et moi étions très proches enfants : nous avons le même âge, nous sommes arrivées à Polis la même année, nous étions les favorites pour recevoir le titre de Heda, même si elle était un cran au-dessus, tout nous rapprochait. Lorsque nous avons été délivrés, elle a commencé à se poser des questions : pourquoi je n'avais pas été enfermée avec eux, pourquoi je n'avais pas les mêmes blessures, pourquoi ma perte de poids était moins conséquente... Et je pense qu'elle a fini par comprendre. Peut-être pas tout, peut-être pas correctement, mais elle a compris l'essentiel.

- Mais comment elle a su ? Selon ce que j'ai lu dans ton journal, Costia n'a jamais montré son visage à personne d'autre que toi. Les autres prisonniers n'auraient même pas dû connaitre son existance...

- C'est ce que je te dis, elle ne savait pas tout, elle ne connaissait pas les détails, mais elle a compris que j'éprouvais de forts sentiments pour un ou une de nos geôliers. Et elle ne m'a jamais pardonné pour cela. Elle m'ignorait royalement. Puis le Conclave est arrivé, et nous nous sommes retrouvées face à face au deuxième round.

- Et là, elle s'est enfuie.

- C'est ce que tout le monde raconte, mais elle n'a pas fui le combat. Au contraire, elle m'a dominée tout le long. Elle ne voulait pas me tuer, elle voulait me faire mal, me faire payer d'avoir trahi notre héritage. Je l'ai senti dans chacun des coups qu'elle m'a portée. Au bout d'à peine 3 minutes elle m'avait désarmée. Elle aurait pu me tuer, mais à la place elle a jeté ses armes et a continué à se battre avec ses poings. Elle a laissé éclater sa rage et sa colère. J'ai cru que c'était ma fin ce soir là, j'étais étendue sur le sol, je ne pouvais plus bouger, le sang coulait de tous les pores de ma peau. Elle a pris sa lance sur le sol, et juste avant de la planter dans mon cœur, j'ai vu quelque chose dans ses yeux. Ce n'était plus de la colère, mais de la peur, du dégoût. Honnêtement, si les rôles avaient été inversés, je ne sais pas si j'aurais été capable de tuer froidement Luna. Mais là, en la regardant, j'ai su qu'elle, elle ne le ferait pas. Elle a resserré son emprise sur la lance et elle l'a lancé dans le plafond, ce qui a provoqué un éboulement. Elle en a profité pour s'enfuir. La suite du Conclave a été reportée au lendemain, j'ai gagné, et Titus a tout de suite fait appel aux soldats pour poursuivre Luna. J'ai annulé l'ordre. Elle m'avait épargnée, le moins que je puisse faire pour la remercier était de faire de même. Je sais qu'elle connaissait Lincoln depuis longtemps, et je le soupçonne de l'avoir aidé à s'échapper. J'ai été très souvent tentée de lui demander où elle se trouvait, mais je ne l'ai jamais fait. Jusqu'à ce que je lise ces journaux."

Elle sortit quelques pages du renflement de sa veste, là où personne ne penserait à chercher, et me les lança.

" - Lis les phrases entourées.

- "La vie ici n'est pas si mal. C'est un havre de paix, je pourrais m'y plaire si je ne risquais pas de m'y ennuyer. Si le monde entier était comme ça, peut-être que vous seriez encore avec moi. Mais je n'ai pas le temps de m'apitoyer sur mon sort, je dois retourner à Polis. Le Conclave est terminé, je le sais sinon elle ne serait pas là et moi non plus. Elle dit que c'est dangereux de m'y rendre aussi prématurément, après tout je n'ai échappé aux soldats que de peu la dernière fois. Elle n'a pas tort, mais j'aime vivre dangereusement, je suis cambrioleuse après tout. Je pars dans l'heure, après avoir embrassé L." L ? L comme Luna ?"

Lexa haussa les épaules.

" - Peut-être oui.

- C'est un peu léger.

- Havre de paix, le Conclave est terminé, je le sais sinon elle ne serait pas là. Beaucoup d'indications désignant Luna.

- Et comment tu sais que c'est le vrai journal, et pas un des faux.

- Il y a un seul détail qui permet de différencier le vrai du faux. Elle ne d'adresse directement à quelqu'un que dans une seule version des 5. "Vous seriez encore avec moi.", je pense qu'elle parle à ses parents. Elle parle d'eux également dans d'autres, mais elle ne leur "parle" pas, elle les mentionne simplement. Je sais que c'est peu comme preuve, mais si Luna et Costia étaient liées d'une quelconque façon... Ce n'est pas qu'une question sentimentale, cela pourrait remettre en cause toutes les raisons politiques nous alliant au peuple de l'eau.

- Je comprends, t'as pas à te justifier. Et Clarke, est-ce qu'elle sait tout ça ?

- Non.

- Tu lui mens dès les premières semaines de votre mariage ? Bravo.

- Ce n'est pas mentir que de cacher une partie de la vérité. Quel serait l'intérêt de tout lui dévoiler, si c'est simplement une coïncidence, alors nul besoin de l'inquiéter pour rien, et sinon nous aurons encore suffisamment de temps pour aborder le sujet."

Un bruit résonna derrière nous. Lexa avait saisi son arme sans bouger pour autant, et j'avais bondi sur mes 2 pieds, prête à en découdre. Nous nous relaxâmes en comprenant que ce n'était que Jasper qui avait fait tomber une bouteille en se retournant dans son sommeil.

" - Jules, tu peux prendre ma place s'il te plait. J'aimerais me dégourdir les jambes, mais je ne veux pas la réveiller."

Je m'exécutai et passai mon bras autour de la blonde pour l'empêcher de basculer.

" - Si cela ne te dérange pas, j'aimerais que tout ce que je viens de te raconter reste entre nous.

- Bien sûr, tu peux me faire confiance Lex.

- Merci. Dors si tu le souhaites, je peux assurer la garde par moi-même.

- Ok. Réveille-moi au moindre bruit suspect.

- Bien sûr."

Elle s'éloigna. Quand elle fut hors de portée visuelle et auditive, je me penchai vers Clarke, dont les yeux étaient maintenant grands ouverts.

" - T'as tout entendu ?

- Oui.

- Et ça va ? Pas trop fâchée contre elle ?

- Non, grâce à toi. Merci de lui avoir posé la question, maintenant je sais pourquoi elle ne m'en a pas parlé.

- Je t'en prie Skai Prisa. Dors maintenant."


Le reste du voyage fut un calvaire. L'Enfer pur et simple. Nous n'avions pas été gentiment réveillé par le gazouillis de oiseaux et l'odeur du petit-déjeuner qui nous attendait non non, mais par un putain de CATACLYSME ! En moins d'une seconde, nous étions passés d'un petit soleil sympathique venant nous chatouiller les paupières à l'aurore à une vague déferlante de pluie glaciale ! Les chevaux s'étaient complètement affolés et nous n'avions pu retenir que 4 d'entre eux (pas évident quand on était 13 !), nos sacs de couchage étaient trempés, tout comme les vêtements que nous avions mis à sécher la veille. Les sacs à dos avaient pris l'eau, donc les seuls produits encore mangeables étaient les bonbons que j'avais rangé dans ma glacière ne sachant pas où les mettre. De même pour le matériel de soin, plus aucun pansements ou bandages n'étaient utilisables, même celui que j'avais sur la figure s'était cassé la gueule ! Bref, le temps était tellement dégueulasse qu'on avait pris que le minimum viable pour continuer le trajet à pied, et nous avions laissé tout le reste avec les chevaux, bien attachés à un arbre. Du coup, on avait plus de 4 heures de retard sur le parcours initial, l'encre de la carte déjà pas très utile à la base de Lincoln dégoulinait la rendant illisible, on était complètement perdus, Jasper s'était lui aussi cassé la gueule, mais dans un ravin (et pas de ma figure comme mon pansement), tout glissait et était tout boueux et dégueulasse... Bref c'était l'APOCALYPSE ! Ce fut sous cette pluie torrentielle que nous sortîmes enfin de la forêt pour arriver à quoi ? A rien bordel ! Rien d'autre que des putains de cailloux au bord de la mer ! On commençait tous à craquer psychologiquement, même Lexa et Lincoln, jusque là les plus calmes d'entre nous.

" - Bordel on fait quoi maintenant ?!"

J'étais obligée de hurler tant le bruit de la pluie couvrait nos voix.

" - On doit allumer un feu ! répondit Lincoln.

- Tu te fous de ma gueule ! cria Octavia.

- Comment on va allumer un feu sous un torrent pareil ?!

- Je ne sais pas, mais c'est le seul moyen de contacter Luna ! Vous voyez les plantes là-bas ? On doit les brûler, elles émettront une fumée verte qui alertera ses gardes !

- Génial ! Vraiment parfait !

- On doit construire un abri ! proposa Jasper. Quelque chose pour allumer le feu, une fois qu'il aura pris on pourra l'alimenter suffisamment pour qu'il survive !"

Alimenter mais oui bien sûr !

" - Amenez-moi du bois ! ordonnai-je.

- Pour faire quoi ?! On fera jamais partir un feu !

- Oh si, avec ça !"

Je sortis de mon sac les restes des bouteilles que j'avais emmené avec moi. 10 minutes plus tard, un bucher de fortune était sur pied. Je transvasai tout l'alcool dans une seule bouteille.

" - Faites gaffe, on n'a qu'un seul essai ! Reculez !"

Je rependis l'alcool à l'intérieur des branches, espérant qu'elles s'auto-protégeraient un minimum. Je sortis ensuite mon briquet de ma poche.

" - Que la lumière soit..."

Je l'allumai et le lâchai sur le tas de bois. Je fus projetée en arrière par le souffle de l'explosion.

" - Et la lumière fut ! Vite, brûlez les feuilles avant que le feu crève !"

Une épaisse fumée verte jaillit à la seconde où Monty jeta les premières feuilles.

" - Souvenez-vous... cria ce dernier, que vos émetteurs se trouvent sur vos vêtements au niveau de vos côtes gauches ! Si l'un d'entre vous est dans une situation critique, arrachez-le et cassez-le, ça enverra un signal de détresse !

- Mais ne le faites qu'en cas d'extrême urgence ! précisa Lincoln.

- Super les garçons, mais on fait quoi maintenant ?! Le feu nous a lâché !

- Maintenant on attend."


Attendre n'était déjà pas mon fort, mais attendre sous la pluie qui ne se calmait pas, là c'était trop ! Je craquai au bout d'une heure dans le froid.

" - On va pas attendre ici 107 ans ! Qu'est-ce qu'ils foutent à la fin ?!

- Jules, calme-toi...

- Oh non mon grand ! Hors de question que je me calme ! Elle est où ta grande amie bordel ?! Et qu'est-ce qui nous garantit qu'elle va venir ?! De la fumée dans le ciel ?! On voit rien à 10 mètres, comment elle aurait voir son nuage ?! Et même si elle l'a vu, qu'est-ce qui nous dit qu'elle va se pointer ?! Nan mais à quoi on s'attendait à la fin ?! A ce qu'une bande de shamans nous viennent en aide suite à des signaux de fumée indiens ?! J'en ai marre de ces conneries !

- Jules...

- Il n'y a pas de "Jules" qui tiennent ! On va crever d'hypothermie à ce rythme ! Je te jure que s'ils ne se pointent pas dans la minute à venir, je les bute un à un !

- Jules...

- Nous sommes là, chuchota une voix dans mon dos.

- Et merde..."

Une aiguille s'enfonça dans mon cou et je m'effondrai sur le sol.

" - Les salopards..."

Je tombai dans les vapes.


Voilà, fin du chapitre ! Au début, ce chapitre et le suivant ne devait en constituer qu'un seul, mais quand j'ai vu que j'en étais déjà à 11 000 mots, j'ai préféré le couper en 2, comme ça l'attente sera moins longue =) Désolée, pas de Luna pour ce chapitre, mais dans le prochain elle sera là promis ! Petit moment culture du jour, pour ceux qui ne connaissent pas, l'histoire de Murphy est une des creepypastas les plus connues, celle de Jeff The Killer, que j'ai à peu de choses près reprise de CreepypastaFromTheCrypt, un site web entièrement dédié aux creepypastas et légendes urbaines ! L'histoire de Jules vient de la série "Alfred Hitchcock Presents" comme le fait remarquer Murphy, qui est une série diffusée entre 1955 et 1960 aux Etats-Unis. Hitchcock apparait au début et à la fin de chaque épisode, et en a lui-même réalisé 18. Chaque épisode de cette série est une petite histoire noire à part entière, diffusé en noir et blanc, de la même façon que la série du même genre peut-être plus connue : "The Twilight Zone" ou en français "La Quatrième Dimension" de Rod Serling. Voilà, voilà ^^

Encore une fois, merci d'être arrivé jusqu'au bout, je vous aime tous !

Kisses - DW.