" - Qui... Oh Jules, je t'en prie entre.
- Niylah je suis sincèrement et profondément désolée ! Je sais que je suis en retard, et que t'as sans doute cru que je t'avais posée un lapin ! Vraiment je suis impardonnable, et je n'ai aucune piètre excuse à te donner autre que les choses sont devenues un bordel sans nom depuis la dernière fois ! Raven nous a appris que... Bon je peux pas en parler, mais c'est totalement énorme ! Du coup, ça fait 3 jours non-stop qu'on essaye de mettre un plan au point pour... Oui ça non plus je peux pas le dire... Bref, les heures et les jours sont passés à une vitesse phénoménal, si bien que quand j'ai enfin trouvé 2 secondes pour regarder ma montre et que j'ai réalisé à quel point j'étais en retard, je suis partie en courant ! Je te jure, j'ai même pas eu le temps de trainer devant mon armoire pour débattre sur mes options vestimentaires, j'ai juste attrapé une veste et... Bref, tu t'en fous de tout ça. Tu dois probablement me détester, et je comprends parfaitement. On avait prévu d'aller boire un verre et d'ensuite avoir un dîner sympa chez toi, et j'ai tout foutu en l'air... Bref, je suis navrée, et si tu ne veux plus jamais me revoir, ou me mettre une baffe, ou me planter un couteau dans l'œil, le moins que je puisse faire pour me racheter c'est de me laisser faire.
- C'est bon, tu as fini ?
- Ai-je déjà mentionné à quel point j'étais désolée ?
- Tu n'as aucune raison de t'excuser Jules.
- Oui je comprends, tout ce que je peux te dire t'indiffère et je n'aurais même pas dû prendre la peine de formuler ce petit discours bidon, je vaux même pas la peine qu'on m'écoute et...
- Non je veux dire par là que tu n'es pas en retard."
Je la regardai avec des grands yeux.
" - Quoi ? Mais il est plus de 23 heures... dis-je perplexe en montrant ma montre.
- C'est vrai, mais on avait vendredi pour notre rencard.
- Je sais et ?
- On est jeudi."
...
" - ...
- ...
- ...
- Erm... Jules ?
- Mais quelle gourde...
- Je n'aurais pas utilisé ces termes-là, mais..."
Je jetai pour la première fois un coup d'œil à l'intérieur de la pièce. Le lit était défait, comme si quelqu'un y était allongé quelques minutes plus tôt, ce qui, en y réfléchissant, était surement le cas. Voilà, ça c'était un truc qui aurait dû me mettre la puce à l'oreille...
" - Je t'ai réveillée ?
- Oh, je venais seulement de me coucher et je ne m'étais pas encore endormie et... Non."
Ses yeux étaient tellement rougies que soit elle me mentait pour ne pas mettre mal à l'aise, soit elle venait de fumer un joint. Et bizarrement, j'avais quelques réserves vis-à-vis de la deuxième option.
" - Merde... Je suis désolée Niylah, je vais pas t'embêter plus longtemps. Je reviendrai demain, en temps et en heures promis. Et je vais probablement prétexter que tout cela n'était qu'un rêve ou une hallucination de ta part, j'apprécierais si tu ne m'en tenais pas rigueur.
- Ne t'inquiète pas pour ça.
- Merci. Bonne soir... Enfin bonne nuit. J'imagine.
- Attends ! s'exclama-t-elle alors que je sortais. Tu veux rester un petit peu ? Pour boire un verre, ou discuter de ce qui t'épuise suffisamment pour confondre 2 jours de la semaine ?"
J'aurais dû refuser, parce que dans mon état de fatigue, j'allais probablement faire des trucs stupides, du genre balancer des informations que je n'étais pas sûre d'avoir le droit de balancer ou tenter un approche maladroite et inappropriée alors que pour une fois je voulais faire ça bien. Mais comme j'étais faible et que j'avais désespérément besoin de me détacher de la politique de Polis, j'acceptai.
" - Alors, commença-t-elle en me servant un verre de... un liquide couleur orange sanguine très joli mais qui m'était jusque là totalement inconnue, comment se fait-il que tu sois dans cet état ?
- Si par là tu entends "Pourquoi ton cerveau a presque entièrement fondu ?", répondis-je en prenant une gorgée de la boisson (qui s'avérait être du jus d'orange sanguine - bravo capitaine ! - avec ce qui semblait être un fond de vodka), c'est pas très compliqué. Tu dois déjà savoir que lors de notre périple chez L... quelqu'un, me repris-je ne sachant pas vraiment ce que j'avais effectivement le droit de dire ou non, nous avons été attaqués par un missile qui a failli tous nous buter. Du coup, on est rentrés avec ce fameux quelqu'un à Polis pour déterminer qui avait envoyé le dit-missile. Au final, c'était pas bien compliqué à deviner, on en a déduit que c'était la faute de... quelqu'un d'autre. Mais la question que le quelqu'un se posait, tu sais le quelqu'un du début, et nous aussi remarque, c'était de savoir comment le quelqu'un d'autre avait réussi à savoir où le quelqu'un et son peuple vivait. Quelqu'un différant de quelqu'un et quelqu'un d'autre a proposé une autre personne en tant que coupable, et tout se tenait et...
- Excuse-moi, coupa-t-elle, mais je commence à avoir un peu de mal à suivre... Tu es sûre de vraiment vouloir me raconter tout ça ? Ce n'est pas que je n'ai pas envie de savoir, mais j'ai l'impression que...
- J'ai pas vraiment le droit d'en parler. C'est le cas. Enfin j'en sais rien, personne ne m'a dit explicitement de la fermer mais... Mais attends, si jamais tu venais à deviner, j'y serais pour rien moi !
- J'imagine oui..."
Elle était vachement perdue, si bien qu'elle posa son verre sur le côté, pensant à raison que l'alcool l'aiderait en rien.
" - Donc je reprends. Avec un petit groupe, nous sommes partis chez L pour quelconques raisons politiques et personnelles pas vraiment importantes pour le coup. Mais lorsque nous étions là-bas...
- Un missile a été lancé en votre direction.
- Exact. Du coup, L avait les boules parce que L était posée avant qu'on vienne l'emmerder et là L, la lettre L hein pas le pronom, était obligée de venir à Polis en laissant son peuple jouer les Robinson Crusoe sur la plage."
Si elle ignorait qui c'était, elle n'en laissa rien paraitre.
" - Bref, on a vite compris que ça ne pouvait venir d'un seul endroit que nous appellerons A. Sauf que ce qu'on ne savait pas, c'était comment A avait eu accès à nos coordonnées - bon en fait on savait comment, c'était à cause de nos émetteurs, mais comment A avait eu accès aux données de l'émetteur ? C a alors émis l'idée que E, un rescapé de MW, ait divulgué les informations à A, et ça se tenait, sauf que maintenant que l'on savait le qui et le pourquoi, on ne savait toujours pas le comment. La patience de L diminuant de façon inversement exponentielle à sa colère, on a demandé à R et M d'éplucher tous les ordis pour comprendre le comment, et on n'a eu aucune info supplémentaire jusqu'à ce que R m'appelle en panique...
- La dernière fois que l'on s'est vues c'est ça ?
- Exactement ! Et elle a trouvé quelque chose d'énorme ! On pensait que c'était quelqu'un du côté de A... pas le même A que tout à l'heure, on va l'appeler AanciennementCJ celui-là, qui nous avait trahi en délivrant les informations à E - et oui E fait définitivement parti de l'équation parce que les probabilités pour que quelqu'un de A comprenne l'informatique sont quand même peu élevées - mais en fait R a compris un truc de malade ! Tous les ordis qui étaient sur l'Arche sont connectés entre eux, et remonter les données nous a appris une chose : les données proviennent d'une autre station, et grâce à la géo localisation, on a découvert que celle-ci, du moins ce qu'il en reste, se trouve à A !
- Attends, je suis perdue... Une autre station ?
- La première nacelle a être tombée de l'espace était la nôtre, celle de ceux que l'on appelle les 100, expliquai-je. Ensuite, une autre est tombée, avec seulement Raven en son bord. Puis l'Arche a moitié explosé et tout le reste de notre peuple a débarqué. Sauf qu'ils n'étaient pas tous dans les mêmes stations. A bord de l'une d'entre elle se trouvait Abby et Kane, c'est celle dont est issue la majorité du Skaikru. Une autre est tombée un peu plus loin, la station agricole, dans laquelle se trouvait... Tu sais qui est Brian ?
- Non.
- Et Pike ?
- Celui qui s'est suicidé ?
- Oui. Il venait de là. Une troisième station s'est écrasée encore bien plus loin, celle des marginaux, avec laquelle est venue ma famille.
- Et donc, si j'ai bien compris, une autre se trouve à Az... A ?
- Oui, apparemment. Et depuis 3 jours, L, C, K, L... un autre L quoi et moi mettons au point un plan qui nous permettrait de récupérer les rescapés de l'Arche avant de lancer une offensive officielle contre A."
Elle reprit son verre et en but une gorgée.
" - C'est donc cela qui te met dans cet état ?
- Oui. C'est... fatigant.
- Allonge-toi.
- Heu... Ecoute Niylah, c'est pas que je veux pas mais pour une fois j'aimerais faire ça b...
- Pour dormir Jules.
- Ah."
Dormir. En voilà une bonne idée. Plus de plan à la con plus stupide les uns que les autres, plus de Luna hurlant à la mort pour pousser Lexa à lancer une attaque dans la seconde contre la nation des abrutis (soi-dit en passant, elle était pas supposée être une pacifiste elle ?), juste un lit. Enfin pas littéralement le lit, j'allais pas la virer de son plumard, mais au moins le canapé. Et personne ne me réveillerait à l'aube pour me parler de trucs dont tout le monde saurait pertinemment que je ne comprenais pas et que je n'en avais rien à foutre. Je me le fis pas dire une deuxième fois et m'étalai de tout mon long.
" - Oh merci mon Dieu... Je te jure que notre rencard de demain sera mieux..."
Je m'étais endormie avant de recevoir une réponse.
"- Bon les gars j'y vais !
- Hors de question, on a encore beaucoup à faire ici."
Elle était mignonne la petite Luna, mais elle me connaissait pas, et par conséquent elle ne savait pas que personne ne pouvait m'empêcher de faire un truc quand j'avais décidé de le faire ! A part Billy numéros 1 et 2, et Jane numéro 1, parce que tous les 3 étaient vraiment terrifiants, et Lexa aussi à plus faible mesure, et Clarke quand elle était dans ses grands jours, et Kane quand... Bref ! Elle ne savait pas que là, dans cette situation précise, seul un nombre très réduit de personnes précises auraient pu m'empêcher de partir. Ce que je lui fis savoir.
" - Donc tu abandonnes ton peuple...
- Supposé...
- ... pour satisfaire ta petite personne et tes pulsions ? C'est lamentable. Tu es une personne exécrable."
Retenons que 10 minutes avant, nous nous foutions allégrement de la gueule de Lexa pour sa ressemblance avec les raton-laveurs mangeurs de bras (oui oui, j'en étais toujours pas revenue de ma connerie...). Un tantinet lunatique la Luna. Oh mon Dieu ! Luna la LUNAtique, vous avez saisi ? Oui pardon je ferme ma gueule...
" - Ecoute Luna, je sais ce que tu fais, ta technique, ça s'appelle de la culpabilisation, et il y a seulement 2 catégories de personnes sur lesquelles ça marche pas : ceux qui utilisent eux-mêmes cette technique et les sociopathes. T'as pas de chance, je suis un mélange des deux. Et en plus t'es bien gentille de me dire ça, mais là ça fait 5 heures qu'on piétine, et 4 jours que je sers à rien. Je suis une voleuse, rentrer dans... quelque soit le lieu de vie de la nation des nuls sans me faire repérer est une formalité...
- Tant que tu n'es pas déconcentrée par un mouton de poussière...
- ... mais, continuai-je en ignorant Clarke, vous devez me dire où aller et ce que je dois faire. Donnez-moi des instructions, je les suivrai sans problème..."
Lexa se racla la gorge et étouffa un "Bien sûr..." dans une fausse quinte de toux. Elles allaient vraiment bien ensemble les deux là...
" - Mais je suis super nulle dès qu'il s'agit de prendre des décisions. Concrètement, là, je vous ai servi du café...
- Je m'en souviens très bien... ironisa Kane en levant son bras brûlé par la tasse que je lui avais accidentellement renversé dessus 2 jours plus tôt.
- Et j'ai amené de la glace au café et des paquets de bonbons aux deux gloutons ici présents."
La blonde et la brune s'enfoncèrent dans leur siège, pas super fières qu'on leur rappelle qu'une avait consommé l'équivalent de 8 litres de glace et l'autre 28 paquets (oui oui, 28, et pas des petits !) de bonbons, dont 12 de Dragibus. Bon ceci dit, j'étais pas mieux, j'avais avalé pas loin de 5 kilos de meringue et... Ah bah si en fait, j'étais mieux. Enfin moins pire quoi. Luna, elle, avait fait l'inverse et rien bouffer d'autre qu'un fruit par repas depuis 4 jours. En fait, Kane et sa tasse de café toutes les demi-heures était celui qui avait un régime alimentaire le moins dégueulasse. Quelle belle bande de pingouins nous faisions (quel était le rapport avec les pingouins ? Y'en avait pas, j'aimais juste la sonorité de ce mot. Pin-gouins ! Bref.).
" - Tout ça pour dire que le seul truc que mon absence va changer, c'est que vous devrez vous bouger pour aller chercher votre bouffe, et que vous n'aurez plus mes commentaires marrants. Je serai de retour demain à la première... Bon peut-être pas à la première heure, mais je serai de retour quoi. Allez dormir vous, réellement dormir ! Genre Luna dans ta chambre, Clarke et Lexa dans la vôtre à vous faire tout un tas de papouilles et Kane dans la chaumière/tente - honnêtement on fait pas trop la différence entre les deux ! - que vous partagez avec votre potentielle future-femme si vous vous décidez à faire votre demande ! Sur ce, bonne soirée !"
Si à ce moment là j'avais su le bordel qu'allait provoqué mon petit discours, je me serais abstenue.
Je frappai à la porte et elle s'ouvrit à peine 2 secondes après.
" - Tadam ! dis-je triomphalement. Il est 20 heures pile, on est vendredi, j'ai vérifié 4 fois, j'ai réfléchi pendant une demi-heure à ce que je devrais mettre avant de réaliser que quand tu mets pas de robes, ça se passe pas comme dans les films où t'hésites 25 ans entre la rouge et la bleue pour choisir, comme toujours, la rouge, et d'opter pour un truc bien plus simple, à savoir du vol de fringues grounders à Octavia - j'en aurais bien taxé à Lexa, mais comme elle fait pas dans la demie mesure, elle a que des vêtements de guerre et des robes qui laissent voir beaucoup trop de peau pour un premier rencard -, et... Je sortis la bouteille de derrière mon dos. J'ai amené une bouteille ! Bon c'est pas du vin parce que comme j'aime pas ça je sais jamais quoi choisir, du coup j'ai essayé de trouver ton truc orange de hier soir, mais on en vend pas ici alors j'ai mélangé de la vodka avec du jus d'orange sanguine, mais j'ai probablement trop forcé sur l'alcool parce putain ça tape ! Mais le goût est à peu près similaire, quoiqu'il manque un petit quelque chose...
- De la cannelle.
- Quoi ?
- Ce qu'il te manque, c'est de la cannelle.
- Sérieux ? Pourtant je déteste ça.
- Viens."
Je la suivis à l'intérieur de la chaumière. Elle versa quelques grammes de cannelle dans ma bouteille et m'en servis un verre, que je portai à mes lèvres.
" - Effectivement, ça ressemble déjà plus. Mais j'ai vraiment mis trop de vodka !
- C'est pourquoi on ne s'attaquera à la bouteille que plus tard. On y va ?
- Où ça ?
- Tu verras."
" - Ok, c'est tellement cliché que je l'avais même pas vu venir !
- Tu n'arrêtes jamais de te plaindre ?"
Etait-ce une question ou une constatation ?
"- Rarement effectivement."
Nous étions près d'un lac, sous la lumière des étoiles. A quel point était-ce prévisible ?
" - Je t'en prie, dis-moi que t'as pas préparé un pique-nique végétarien et amené des fraises avec un bol de chocolat fondu, sinon je crains d'être obligée de mettre fin à notre rencard pour cause d'overdose de clichés lesbiens..." plaisantai-je, enfin... à moitié quoi.
Elle eut la bonté de sourire et de prendre mes dernières paroles pour une blague. Ma première réaction fut de me demander si je pouvais humainement être encore plus désagréable que je l'étais actuellement. Ma deuxième fut de réaliser que cette fille était probablement une sainte pour ne pas tenir compte de mes sarcasmes affligeant de débilité et d'ingratitude. J'avais débarqué la veille au beau milieu de la nuit, elle m'avait laissée dormir sur son canapé, et je venais de détruire ce qu'elle avait prévu pour notre rendez-vous en à peine 2 minutes. Pour ma défense, j'avais passé une très mauvaise journée. Oui, je sais excuse minable.
Niylah sortit un petit paquet de son sac et me le tendit. Je le saisis prudemment, pas trop rassurée par l'aspect peu attirant de l'emballage.
" - Dis-moi ça ne va pas exploser..?"
Mais tu peux pas fermer ta gueule Jules ?!
" - Ouvre-le, ordonna-t-elle gentiment.
- ... Tu es bien trop bonne pour ce monde."
A l'intérieur de ce qui semblait être une bombe de l'extérieur se trouvait une douzaine de meringues, toutes colorées, toutes différentes et toutes bien sucrées. J'en empoignai une d'une teinte rosée et croquai dedans.
" - Oh putain ce que c'est bon... Je viens d'avoir un orgasme culinaire...
- Je me doutais que tu n'étais pas le genre de personne à apprécier un rendez-vous sous les étoiles sur une couverture avec une coupe de champagne et des fruits à la main, expliqua-t-elle amusée devant mon enthousiasme suite à la découverte des gâteaux.
- Comme je le disais, tu es trop bonne pour ce monde cruel... Oh désolée tiens !"
Je lui tendis les sucreries, qu'elle refusa poliment.
" - Je n'aime pas trop ce qui est sucré. Au fait, j'ai quelque chose d'autre pour toi !
- Oh la vache... J'empoignai la cannette de Dr Pepper. Comment tu sais que j'adore ces trucs ?
- J'ai mes sources.
- Qu... Oh. Jellal."
Elle hocha la tête.
" - Je suis désolée. T'as vraiment assuré pour ce rencard et moi j'ai été une vraie saloperie.
- Tu as déjà fait pire, répondit-elle en un sourire. Apparemment.
- Ne crois pas tout ce que mes frères te disent. Et quoiqu'il en soit, ça n'excuse rien. Je suis pas toujours comme ça... J'ai juste... passé une mauvaise journée. Mais je ne vais pas t'embêter avec ça, parle-moi plut...
- 5 minutes.
- Pardon ? demandai-je perplexe.
- 5 minutes. C'est le temps que je t'accorde pour me parler de ce qui te tracasse, je vois que tu en meurs d'envie. Et après, ça sera à mon tour de parler ok ?
- Ok. Tu te souviens de ce que j'ai dit à propos de R tro... Oh et puis tant pis pour les noms de code, t'as déjà compris de qui je parlais. Bref, tu te souviens que Raven a trouvé qu'il y avait une autre station et donc probablement d'autres Skaikru à Azgeda ?
- Oui.
- Et du fait que depuis des jours, on cherche avec Kane, Clarke, Luna et Lexa comment se rendre là-bas, rapatrier tout le monde - enfin le tout le monde potentiel -, pour ensuite enfin faire la peau de la nation des imbéciles, ou du moins d'Emerson, des partisans de feue la reine, tuée par un magnifique jeté de lance de Lexa, et peut-être de Roan en fonction de son camp et de son point de vue sur la chose, pour que Luna puisse prendre ses clics et ses clacs et repartir avec ses hippies au milieu de la flotte ?
- Oui..?"
Elle semblait moins sûre d'elle. Probablement parce que la moitié des trucs que je venais de dire n'avaient par forcément beaucoup de sens pour un grounder non averti.
" - Et bien y'a pas grand-chose d'autre à dire que ça part en vrilles. Luna est totalement speed et veut partir là tout de suite pour massacrer tout le monde avec les soldats de Lexa - elle a totalement dit fuck au pacifisme elle en passant ! -, Kane lui est d'avis d'organiser une infiltration dans leur territoire pour faire sortir discrètement tout le monde avant de rentrer dans des négociations, Clarke elle pense qu'il vaut mieux entamer les négociations d'office et Lexa pense à rappliquer avec toute son armée pour menacer la nation des andouilles d'une extermination totale et rapide s'ils les mecs ne se plient pas à nos 4 volontés. Bref, chacun a une méthode différente, et à mon avis, pour ce qu'il vaut, aucune d'entre elles ne peut fonctionner.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- La méthode de Luna est trop extrémiste, - une guerre entrainera trop de morts et fera beaucoup de mal pour peu de bien -, celle de Kane irréalisable sans dommages collatéraux - on pourra jamais faire sortir tout le monde si monde il y a sans se faire repérer- , celle de Clarke est bien trop idéaliste et optimiste - que ce soit la nation des minables ou Emerson, personne ne va négocier avec Heda, Wanheda ou Luna -, et celle de Lexa a bien trop de facteurs inconnus et imprévisibles pour que ça ne finisse pas mal, - j'ai bien peur qu'ils n'attendent que la guerre et qu'on se retrouve dans le cas de figure de Luna.
- Et toi, quelle serait ton approche ?
- J'en sais rien, je suis nulle pour les plans de bataille.
- Mais tu as bien une idée non ?
- Ce qui nous fout dedans, c'est qu'ils ont des otages potentiels. Sinon, je suggérerai à Lexa un blocus, et s'ils le respectent pas, ou plutôt quand ils le respecteront pas, on a suffisamment d'armes à feu pour en dissuader plus d'un. C'est pas très réglo mais au moins ça serait efficace... Bref, c'est le bordel, tout le monde est sur les nerfs, je peux pas dire un mot à Luna sans qu'elle ne me lance un truc dessus... Et pour combler le tout, on a un régime alimentaire dégueulasse composé de sucre ou de rien du tout en fonction des personnes, et personne ne dort plus de 2 heures par nuits... Oh, et Raven n'arrive pas à hacker les ordis de l'autre station pour envoyer un quelconque message qui nous permettrait de communiquer avec des prisonniers potentiels, sans compter le fait qu'au final, on a aucune garantie qu'ils soient réellement prisonniers, puisque si ça se trouve ils sont persuadés qu'Azgeda est le pays des gentils et Polis la base secrète des méchants... J'en ai marre de tout ça, ça commence à faire fondre mon cerveau..."
Je m'allongeai à même le sol et contemplai les étoiles.
" - Je pense que les 5 minutes sont écoulées... murmura Niylah en me rejoignant.
- Dieu merci, j'ai plus envie de parler de ça.
- Dis-moi, comment c'était là-haut ?
- Où ça ?"
Elle se contenta de montrer le ciel du doigt. En-même temps, n'importe quel attardé aurait compris de quoi elle parlait sans qu'elle ait à l'expliquer. Tous sauf moi. Je répondis le premier mot qui me vint à l'esprit.
" - Fermé.
- C'est-à-dire ?
- L'Arche avait beau être énorme, je me sentais claustrophobe là-haut. Je sais pas, j'ai toujours eu le sentiment qu'il y avait plus que ce à quoi nous avions droit là-dedans. Il faut croire que j'avais raison.
- Ce n'était pas... impressionnant ? D'être au milieu des étoiles ?
- Non. En arrivant sur Terre, j'ai compris pourquoi vous - les grounders je veux dire - étiez fascinés par l'espace, mais quand tu es né là-haut, quand tout ce que tu as toujours vu c'est des lumières blanches, des morceaux de métal et une nuit continue à travers les fenêtres, ça n'a aucune importance, aucune signification. Lexa m'a beaucoup posée de question sur ce que ça faisait d'être au milieu des étoiles. Je lui ai toujours dit que ça ne faisait rien de tout ce dont elle, elle parlait en imaginant la scène. C'est ironique quand tu y penses, vous êtes fascinés par le ciel, nous par la Terre. Il faut croire que l'inaccessibilité attire.
- Toi et les autres Skaikru ont la chance d'avoir vécu dans les 2.
- De la chance ? Je ne pense pas. Aucun des 2 ne nous fait rêver maintenant. J'ai peur qu'on ait perdu l'excitation des premiers jours. Tu aurais dû nous voir quand on a débarqué ici, nous les 100. Enfin les 101 avec Bellamy. O a été la première à poser le pied sur le sol. Elle a levé les bras au ciel et hurlé "On est de retour bâtards !", ça a provoqué l'hystérie générale."
Elle rit à la réplique magistrale d'Octavia.
" - Je suppose que vous ne pourrez jamais retrouver l'excitation des premiers jours... ajouta-t-elle plus sérieusement.
- Oh, je l'ai retrouvée. Quand j'ai rencontré Lexa. Enfin, quand j'ai vu Lexa de loin pour la première fois, en arrivant à Polis. Je ne sais pas si tout le monde a eu ce moment, mais... Je sais pas trop comment l'expliquer, mais disons que quand je l'ai vu, j'ai su que j'appartenais vraiment à cette planète. Que si destin il y avait, alors il m'avait envoyée ici pour la rencontrer. C'est pour ça que je suis ici, pour Lexa. C'est ma personne."
Elle resta silencieuse à mon confession. Bon c'était pas vraiment une confession dans le sens où c'était pas non plus un secret, mais je savais pas comment appeler ça donc... Bref. Je réalisai soudain que parler de cette façon de ma meilleure amie devait la mettre vachement mal à l'aise. Je me mis une baffe mentale et tournai la tête pour lui faire face et changer de sujet.
" - Et toi alors, d'où tu viens ?"
Le reste de notre rendez-vous fut bien plus classique. J'appris entre autre que sa couleur préférée était le rouge (oui, détail important !), qu'elle était née dans le Sandga... le Sanda... le Sanga... bref, l'endroit d'où venait Saravaï ou Sinamaï ou quelque soit son nom, le mec qu'on avait battu avec Clarke avant la finale du jeu le plus "On s'en fout de la logique, on met des épreuves au pif !" de l'histoire, que sa mère avait été capturée par les Hommes de la Montagne (ce que j'avais vaguement appris par Clarke) et qu'après s'être fait cassée la gueule pour avoir protégée Sauvage Clarke qui se baladait en mode Survivor dans la forêt, son père et elle avait décidé de bouger à Polis (je m'abstins de lui dire que c'était Lexa elle-même qui avait envoyé Roan, et donc ses hommes, à la recherche de Clarke et qu'elle était donc par extension responsable de son passage à tabac...), et tout un tas d'autres trucs qu'on apprenait lors des premiers rendez-vous. J'avais jamais été très douée pour parler sentiments, aussi décrire ce que je ressentais n'était pas une mince affaire, mais toujours est-il que nous nous retrouvâmes fatalement au moment très cliché mais néanmoins très agréable du silence lourd sans être gênant où, tout en nous tenant la main, nos regards passaient des yeux au lèvres de l'autre. La suite n'était pas compliquée à deviner, elle approcha ses lèvres de mienne doucement. Ce qui fut plus imprévisible par contre, c'est que je détournai la tête. Elle recula comme frappée en plein visage, étonnée étant l'euphémisme du siècle.
" - Mais...
- Ne t'inquiète pas, la rassurai-je devant son air paniqué, j'en ai envie moi aussi, mais je tenais juste à préciser que comme je l'ai dit, je veux faire ça bien, ce qui implique le respect de la règle des 3 rencards, et comme tu l'as constaté, ceci est au mieux le deuxième donc..."
Elle me coupa en m'emportant dans un baiser fougueux. Lorsque nous dûmes nous séparer pour reprendre notre souffle, elle me murmura dans un sourire.
" - Et maintenant, qu'est-ce que tu en penses de la règle des 3 rencards ?" taquina-t-elle amusée.
Au Diable mes résolutions à la con.
Je repris possession de ses lèvres une dernière fois avant de me relever et de l'amener vers la tour.
" - Qu'elle aille se faire foutre !"
Les rayons du soleil filtrèrent à travers mes rideaux en carton (littéralement ! Mes rideaux en soie tout beaux avaient pris feu la semaine dernière à cause des putains de bougies que Lexa s'amusait à répandre partout dans la tour ! Et j'en avais rien à foutre qu'on soit chez elle et que par conséquent elle pouvait mettre des bougies où bon lui semblait, ou encore que rien de tout cela ne serait arrivé si je n'avais pas balancé la dite-bougie sans l'éteindre dans ma poubelle contenant alcool et bon nombre de produits inflammables parce que j'étais une flemmarde qui ne prenait pas la peine de trier ! Bref, j'avais depuis des gros bouts de carton collés à mes fenêtres pour pas être réveillée dès que le soleil l'avait décidé.) Je jetai un coup d'œil sur l'autre côté de mon lit, pour y contempler une Niylah tout aussi nue qu'endormie (au cas où c'était pas encore assez clair, oui les amis, Jules avait scoré la veille ! Et oui, Jules allait arrêter de parler d'elle à la troisième personne !). Au bout de 2 minutes, je commençai à m'ennuyer et entrepris de la réveiller en parsemant son cou de baisers.
" - Bonjour... susurra-t-elle en se réveillant.
- Hey... répondis-je sur le même ton.
- Contente d'être revenue sur ta résolution des 3 rencards ? taquina-t-elle.
- Et je serais plus que ravie de continuer à l'envoyer bouler..."
Nous étions reparties pour un tour lorsque ma porte s'écrasa sur le sol. Littéralement, là aussi. Des copeaux de bois ainsi que les gonds la retenant à l'encadrement l'accompagnèrent dans sa chute. Fermer feue la porte à clé pour ne pas être dérangées n'avaient visiblement pas été une bonne idée.
" - Mais bordel c'est quoi ce cirque ?! Lexa t'es pas un peu malade, ça t'a pas suffi de brûler mes rideaux la semaine dernière ?! hurlai-je à mon amie (L'était-elle encore après ce que je venais de lui faire ? Parce que j'avais forcément fait quelque chose pour qu'elle soit en rogne comme ça...).
- Elle est partie..."
Elle serrait tellement fort les dents que j'eus du mal à comprendre ce qu'elle disait.
" - Personne ne l'a vu depuis hier soir, à part le soldat qui lui a donné un cheval. Apparemment, elle a dit que vous aviez convenu de son départ et..."
Clarke s'interrompit pour regarder ma porte en lambeaux.
" - Mais qu'est-ce que..."
Elle n'eut pas le temps de poser sa question. Pourquoi, parce qu'un énorme bruit ressemblant à "Schbrom !" retentit dans la pièce. Je ne compris sa provenance que lorsque je réalisai que je ne voyais plus la main de Lexa, enfoncée dans mon mur. Qui venait lui aussi de prendre un sacré coup.
" - Incapable...
- Mais putain, arrête de bousiller ma chambre ! Et qu'est-ce qui se passe à la fin ?! Et pourquoi personne n'a pensé que frapper à ma porte et taper dans un punching ball serait plus efficace que de détruite le seul espace personnel que je possède ?! Et pourquoi on peut pas attendre que je sois habillée pour en parler ?! Et dernière question, sérieusement Lexa, d'où tu la tires cette force surhumaine ?! Ce mur c'est presque du béton armé et tu viens d'y rentrer ton poids comme dans du beurre alors que moi je me suis cassée le pied en donnant un coup dans un tas de ferraille !"
Lexa, toujours la main dans le mur, grinça tellement fort des dents que j'en vis presque l'émail en tomber. Je me rendis à l'évidence et laissai tomber l'espoir d'avoir une discussion constructive avec elle.
" - Skai Prisa, tu vas me dire ce qui met ta femme dans cet état ?!
- L... Niylah ?
- Bonjour Clarke... répondit cette dernière, aussi terrifiée que j'étais perdue dans cette histoire.
- Niylah ?! s'exclama Lexa d'une voix intelligible pour le coup.
- Sérieusement, ça fait 5 minutes que vous êtes là et vous la remarquez que maintenant ?! Et Lexa, arrête de la dévisager comme ça, elle a couché avec ta femme une fois, après que tu nous ais mis une douille de la taille du Texas, va falloir t'en remettre un jour !"
Je compris lorsqu'elle me regarda que le regard meurtrier posé quelques secondes plus tôt sur Niylah ne lui était pas destiné. Ou plutôt si, il l'était, mais tout comme il était lancé à la Terre entière !
" - Excuse-moi, mais au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, ta porte est défoncée et la moitié du bras de Lexa est dans un mur... Et on est en situation critique ! Et pourquoi tu nous as pas dit avec qui tu sortais ? rétorqua Clarke.
- Parce que c'est ton ex !
- Euh, pas exactement... intervint Niylah.
- Niylah est mon ex à peu près au même titre que je suis la tienne..."
La blonde (Niylah, pas Clarke), me lança un regard surpris, et je lui répondis sur le même mode que je lui expliquerais. Skai Prisa fut vite lassée de notre discussion en regards.
" - Comme je l'ai dit, la situation est critique !
- Mais vous allez me dire ce qu'il en est de la situation critique bordel ?! m'énervai-je.
- Elle est partie... répéta Lexa.
- Mais qui ?!
- Luna, répondit Clarke. Elle a pris un cheval pendant la nuit, et il ne faut pas être devin pour se douter de sa destination.
- Oh bordel !"
Je sautai du lit en quatrième vitesse. Mais putain qu'est-ce qu'elle nous faisait la hippie ?!
" - Tu comptes aller où comme ça ?" interrogea Clarke.
Je ne compris le sens de sa question que lorsque je réalisai que j'étais toujours nue dans l'affaire. Lexa me lança des sous-vêtements de ma commode puis entreprit d'enlever sa main du mur sans trop l'abimer. J'enfilai rapidement mes vêtements et mes chaussures, avant de me jeter sur ma brosse à dents (bah oui, c'était toujours ma priorité le matin, ça allait pas changer parce que l'autre andouille avait décidé de faire la con). Je retournai ensuite sur le lit pour dire à Niylah à quel point j'étais désolée de devoir partir en deux-deux, que là, ça craignait vraiment, qu'elle pouvait rester ici aussi longtemps qu'elle le souhaitait ainsi que pour l'embrasser, sauf qu'ayant oublier que je me lavais les dents, je ne réussis qu'à foutre du dentifrice partout et à presque l'éborgner avec ma brosse à dents.
" - ..."
Ces trois petits points représentaient ce que j'avais compris des ordres que donnaient Lexa à droite et à gauche dans sa langue natale. Clarke tentait tant bien que mal de tout me traduire, mais même pour elle, c'était dur à comprendre. Je n'avais jamais vu Lexa dans un tel état, elle qui était d'un naturel calme et réfléchie, elle avait littéralement explosé et était plus énervée que jamais. Ce que je pouvais comprendre ceci dit, si Luna s'était bien rendue à Azgeda, et il y avait 99% de chance pour que ça soit arrivé, et qu'elle se faisait capturer/torturer/buter, ce qui était aussi très probable quand on se lance seule dans un truc pareil, Lexa perdait non seulement une... amie sans doute, mais aussi la leader d'un de ses clans, et se retrouver avec tous les hommes de Luna sur le dos en plus de la nation des idiots était encore moins enviable que de découvrir qu'une homard venait de pondre ses œufs dans vos testicules/ovaires (pour qui est-ce le pire, telle est la question...). Sachant qu'un homard femelle peut pondre des dizaines de milliers d'œufs en une seule fois et que ceux-ci gonflent une fois sortis, je vous laisse le soin de comprendre à quel point Luna nous l'avait mise profond... Ceci expliquant cela, voilà pourquoi Lexa était en train de hurler des ordres incompréhensibles pour le commun des mortels à qui voulait (ou ne voulait pas d'ailleurs, elle ne laissait guère le choix) l'entendre. Le Trinch avait tout de même cru bon de tenter de ramener sa science en suggérant de laisser tomber les recherches que Lexa s'acharnait à lancer pour retrouver son amie qui n'allait plus l'être au cas où celle-ci aurait juste pris un cheval pour aller faire une ballade et se serait malencontreusement égarée (les probabilités étaient faibles et alors ?! Elles étaient élevées les probabilités pour qu'on tombe du ciel peut-être ?!) parce qu'elle ne méritait rien d'autre que de crever la bouche ouverte (pour faire court), mais il était rapidement parti se mettre en position fœtale dans un coin lorsque son Heda l'avait menacée de l'étrangler avec ses propres boyaux s'il faisait un seul commentaire de plus, et là, je n'exagérais même pas un tantinet. Quand je vous avais dit que je n'avais jamais vu Lexa comme ça ! A côté de ça, son état quand Azgeda s'était littéralement foutue de sa gueule en faisant exploser des centaines de Skaikru 2 minutes après notre rentrée dans la Coalition relevait du calme olympien.
" - Hum Lexa... osai-je. Je n'ai aucune envie de me faire étrangler avec mes boyaux, ou pire avec ceux du Trinch, mais peut-être, je dis bien peut-être que tu devrais songer à te calmer un tantinet..."
Elle m'ignora royalement et s'apprêta à entrer dans l'ascenseur lorsque Clarke lui bloqua le passage.
" - Lexa, stop !
- Hors de question que je me calme avant d'avoir retrouvé cette chienne !"
Oh là là, ça dégénérait complètement...
" - Calme-toi, la situation n'est pas aussi dramatique qu'elle en a l'air...
- Pas aussi dramatique ?!"
A quel moment avais-je cru bon de réouvrir ma gueule et de pas laisser Clarke faire ?
" - A ton avis, que se passera-t-il lorsque Roan mettra la main sur Luna ?! Cette tête brulée est presque plus bornée que toi et elle ne s'arrêta pas avant qu'un des deux soit mort ! Et quand elle nous quittera (Certes, elle avait peu de chance à un contre... plein.) et que ses réfugiés voudront la venger, les termes de la Coalition obligera les autres clans à prendre part au conflit, et une guerre s'en suivra ! (Oui ça aussi c'était juste...) Et lors de cette guerre reviendra automatiquement la question de l'intégration du Skaikru en tant que 13ème clan, ce qui causera d'autres tensions, et se soldera par l'implosion de la Coalition, ce qui, au cas où tu ne l'auras pas remarqué, représente à peu près la totalité des choses que j'ai faite en tant que Heda ! (Elle marquait aussi un point...)
- Bon d'accord, la situation est peut-être aussi dramatique qu'elle en a l'air...
- Quoiqu'il en soit, reprit Clarke avant que Lexa ne me coupe la langue avec un sécateur rouillé, il est hors de question que tu te montres devant ton peuple dans cet état, tu ne ferais qu'affoler les foules."
Bien joué Clarkey, fais appel à la partie rationnelle qui lui reste !
Lexa respira pour ce qui sembla être la première fois depuis 30 minutes.
" - Qu'est-ce qu'on peut faire pour t'aider ? risquai-je.
- J'aimerais que tu trouves Indra afin de la prévenir de la situation, dans le but qu'elle envoie ses guerriers à la recherche de Luna le plus discrètement possible.
- C'est un peu raté pour la discrétion, on t'entend à des kilomètres à la ronde...
- Tu as dit quelque chose Jules ?
- Non rien...
- C'est ce qu'il me semblait. Ensuite, j'aimerais que tu rassembles vos... nos amis, se reprit-elle, dans la tente qu'occupe Raven et Monty avec les machines afin de leur faire part de ce qu'il en est et surtout de leur ordonner de rester discrets. Envoie-moi Héra ensuite, j'aurai à lui parler."
Clarke hocha la tête et entra dans l'ascenseur.
" - Et moi, je fais quoi ?
- Toi, tu viens avec moi."
Elle m'entraina dans sa chambre, et vérifia que personne ne pouvait nous entendre.
" - Oh pitié, ne me dis pas que tout ça c'est un plan à la con avec Luna et que tu me mets que maintenant dans la combine...
- Non. Mais il est impératif de réparer ses erreurs.
- Oui ça j'avais compris, ça fait une demi-heure que tu hurles comme une débile, et tu as massacré ma chambre... Et alors, pourquoi tu veux me voir ?
- Parce que, pour reprendre tes termes, je viens d'avoir un plan à la con, et je te mets dans la combine."
Et effectivement, le plan qu'elle passa le reste de la journée à m'expliquer, ainsi qu'à Héra quand celle-ci nous rejoignit et que Clarke se vit attribuer une nouvelle pseudo-mission en carton, était vraiment, mais alors vraiment un plan à la con.
Epuisée, je rentrai dans ma chambre où Niylah se trouvait encore. Elle regardait par la fenêtre et se trouvait dos à moi. Je l'enlaçai et déposai un baiser sur sa nuque.
" - Tu m'as attendue ici toute la journée ?
- Non, je suis rentrée me changer, je suis revenue il y a une heure.
- Tu imagines même pas à quel point je suis heureuse que tu sois là.
- Dure journée ?
- T'as pas idée... dis-je en me couchant sur le lit. Tout ce que je veux, c'est dormir..."
Elle vint me rejoindre sur le lit et s'assit sur le bord. Je me relevai pour être à son niveau.
" - Mais bref, oublions tout ça pour ce soir. Je vais me doucher, et ensuite tu pourras abuser de moi aussi longtemps que tu le souhaiteras.
- Attends, s'il te plait. Il faut qu'on parle."
J'étais une experte en "Il faut qu'on parle". Je savais pertinemment ce qui allait suivre. Et ça me plaisait pas du tout.
" - Tu m'inquiètes Niylah...
- Ecoute... Je ne sais pas comment commencer...
- Arrache le pansement d'un coup...
- Tout ça, entre nous, ça ne pourra pas marcher...
- Ok peut-être pas d'un coup aussi sec..."
Je m'attendais pas à ce qu'elle soit aussi directe.
" - Je suis désolée Jules...
- Wow... Le sois pas, si c'est ce que tu ressens, je ne vais pas t'en vouloir d'être honnête. Puis-je savoir pourquoi ? Je croyais que ça allait bien entre nous... Je veux dire, on n'a eu que 2 rencards et...
- Justement, on n'a eu que 2 rencards. Je préfère mettre fin à ce qu'il y a entre nous avant qu'une de nous deux ne s'attachent trop alors que c'est voué à l'échec, plutôt que de continuer jusqu'à ce que tout explose. Les choses vont bien entre nous, pour l'instant, mais malheureusement ça ne va pas durer.
- Comment tu peux le savoir ?
- Tu es quelqu'un d'exceptionnelle Jules Paxton, et je n'ai actuellement pas besoin et n'aurai jamais besoin de quelqu'un pour qui je serai le centre du monde, ni d'être la seule et unique personne qui compte pour l'autre, mais cependant, je ne suis pas prête à partager. Je ne serai prête à te partager.
- Me partager ? Mais avec qui, je te promets qu'il n'y a personne d'autre ! Je veux dire, certes on est un nous depuis moins de 24 heures, mais je suis toujours honnête et je te promets que je n'ai pas accepté ce rencard dans l'optique de simplement voir ce qu'il en était et de faire la même chose avec d'autres personnes pour choisir ce qui m'arrange le plus.
- Ce n'est pas de ça que je parle Jules. J'espère sincèrement que tu trouveras quelqu'un qui sera satisfait de la situation dans laquelle tu es, mais je ne vais pas te mentir, il est probable que grand nombre de tes relations en subissent des conséquences négatives.
- De quoi tu parles..?
- De la seule et unique chose que tu ne changeras jamais pour rien au monde."
Soudain, je compris.
" - Lexa..."
Elle hocha la tête.
" - Aujourd'hui, j'ai compris qu'elle passera toujours au premier plan pour toi. Quoiqu'elle fasse, même si elle débarque en fracassant ta porte (En mentionnant la porte, celle était actuellement posée en équilibre instable dans l'encadrement et menaçait de s'écrouler à chaque instant...). Elle passera devant tes amis, devant tes frères, devant tes conquêtes... Tu ne veux pas te l'avouer, mais si tu ne devais choisir qu'une seule personne, tu n'hésiterais pas un instant. Et ce n'est pas ta faute, ce n'est même pas une faute en réalité. Au contraire, tu as beaucoup de chance, vous avez beaucoup de chance d'avoir rencontré vos âmes sœurs.
- C'est Clarke son âme sœur.
- Les âmes sœurs ne sont pas toujours romantiquement impliquées. Si ce terme te dérange, alors je pense que tu en connais un autre te convenant mieux.
- C'est ma personne... soufflais-je.
- Oui. Et je ne peux pas te partager.
- Je comprends... Dis, tu pourrais me rendre une dernière faveur ? N'en parle pas à ton père s'il te plait, je ne veux pas que Jellal paie les pots cassés.
- Je n'en avais pas l'intention ne t'inquiète pas. Au revoir Jules."
Elle m'embrassa avant de se lever.
" - Niylah ?
- Oui ?
- Si ça avait été quelqu'un d'autre que Lexa, le résultat aurait été le même ?
- C'est mon Heda, et j'ai eu une aventure avec sa femme. J'y ai pensé, que ça pourrait être à cause de la personne, mais non."
Je hochai la tête et la regardai s'en aller. Je m'allongeai à nouveau sur le lit et versai quelques larmes.
Je ne fermai pas l'œil de la nuit, si bien que je n'eus même pas besoin de mon réveil pour être à l'heure aux écuries à 4 heures tapantes.
" - Je suis étonnée de te voir si ponctuelle.
- Je suis pleine de surprise Lexa. Alors on va vraiment le faire ?
- Si tu es toujours partante.
- Tu sais que ton plan est foireux pas vrai ?
- Oui.
- Et tu sais que quand c'est moi qui dit ça, c'est que ça craint vraiment ?
- Oui. Alors ?
- Evidemment que j'en suis. Allons récupérer Luna, et potentiellement délivrer mon peuple."
Et voilà ! Il est actuellement minuit et demie et je me lève demain à 5h45, donc je vais faire vite. Je suis désolée, mais si je veux publier ce soir/ce matin, je vais devoir être obligée de reporter les réponses aux reviews au chapitre suivant. Vous m'en voyez navrée, mais c'était soit ça, soit ce chapitre sortait samedi. Bref, je vais rapidement conclure en vous disant que l'on se retrouve bientôt pour un chapitre bonus, et en vous invitant comme d'hab à reviewer si le coeur vous en dit. Tchô tout le monde, à bientôt !
Kisses - DW.
