Salut à toutes et à tous, comment ça va ? Et oui vous ne rêvez bien, je suis bien de retour ! Chose promis chose due, je vais tout de suite répondre aux reviews sur le chapitre 21, et je répondrai à celles sur le chapitre 22 à la fin. Sinon, pas grand chose à dire sur ce chapitre, je vous laisse le découvrir !

: Et bah ouais, elle doute de rien !

FouyChipita : Navrée d'avoir fait la feinte, tu t'en es remise ? =P Oui, tu m'as mis cette foutue chanson dans la tête, en plus comme je connais presque que la partie là, ça tourne en boucle dans ma tête, je te remercie ! XD En ce qui concerne Jules/Niylah, comme t'as pu le constater, c'était prévu dès le départ que c'était mort entre elles. J'avais besoin de quelqu'un avec qui pourrait se mettre Jules et qui la jetterait pour la suite des événements, et malheureusement pour Niylah c'est tombé sur elle.

Tu m'as fait peur pendant un instant quand tu as dit ne pas haïr Jaha, mais bon ça va, la suite me rassure =)

OoO-RED-OoO (je commence à maitriser !) : Effectivement, ça a pas du tout marché avec Niylah, dommage pour elle je l'aimais bien moi aussi ! Et oui, ça arrive, lentement mais sûrement, tu vas bientôt faire sa connaissance =)

Zimon : Bienvenue ! (Lancé de confettis) Merci beaucoup pour tous tes compliments, ça me fait très plaisir de savoir que Jules pourrait manquer à certains =D (Entendre par "très plaisir" fierté extrême !) Je ne peux que te conseiller de commencer la série (les bouquins je sais pas je les ai pas lu, mais Lexa est pas dedans donc voilà -'), et de t'accrocher, parce que ça vaut vraiment le coup !


" - Lex, c'est pas mal comme ça ? demandai-je en tirant sur une des sangles de la selle de mon cheval.

- Je te donne 3 mètres avant de glisser et de tomber..." répondit-elle après un bref coup d'œil.

Pendant que Lexa défaisait entièrement ce que j'avais mis 10 minutes à faire pour le refaire correctement, je me répétai une dernière fois le plan dans ma tête. Enfin, le plan, c'était un bien grand mot...

" - Dis-moi si j'ai tout bon : on va à cheval là tranquillement jusqu'à la nation des Incompétents...

- Incompétents ? C'est nouveau ça...

- J'essaie de me diversifier que veux-tu. On va là-bas, en espérant que personne ne nous repère, ce qui, si je peux me permettre, est peu probable parce que les chances que toi, Heda, et moi, Jules Paxton, passions inaperçues sont quand même mince, ensuite on rejoint l'espèce de palais de glace dans lequel Roan se la coule douce les pieds en éventail, toujours en espérant ne pas se faire prendre...

- Il n'y a pas de palais de glace, juste un bâtiment en pierres classique un peu plus grand que les autres, et le roi Roan n'est pas non plus le genre à attendre passivement que les choses se passent.

- On entre dans le dit-palais...

- Bâtiment en pierres.

- On trouve Luna en espérant une fois encore qu'elle soit 1) bien à Azgeda, 2) bien dans le palais, 3) pas encore dézinguée par notre bon roi, puis on part à la recherche du reste de mon peuple, si peuple à trouver il y a, en espérant qu'il soit...

- Bien à Azgeda, dans le bâtiment et en vie, oui j'ai compris.

- Ensuite, en admettant qu'on ait trouvé tout le monde, on se tire discrètement comme on est entrées, sauf que cette fois-ci ça sera vachement moins subtil parce qu'on sera plus 2 mais potentiellement 72...

- Le nombre exact reste à déterminer.

- Et on en profite pour zigouiller Emerson au passage si on le croise. En ajoutant évidemment que tout ça est un contre-la-montre, parce que dès que quelqu'un aura découvert que..."

J'étais la spécialiste de ce genre d'idées, mais là, c'était tellement... grotesque que le dire à voix haute me donnait l'air ridicule...

" - Dès que quelqu'un réalisera que tu as utilisé ta sœur jumelle pour te couvrir en la faisant se passer pour toi, ce qui prendra environ 12 secondes - elle te ressemble pas tant que ça en plus ! -, il y a fort à parier que la moitié de ton armée se retrouve au pied de la nation des... bon j'ai pas d'idée là tout de suite... se retrouvera là-bas quoi, ce qui entrainera une guerre, auquel cas tout ce qu'on a fait aura servi à rien puisque l'objectif est d'éviter une guerre. J'ai tout bon ?

- C'est à peu près ça oui.

- Sérieusement Lexa, t'es la commandante suprême et t'as pas trouvé mieux comme idée ?

- Pas dans un laps de temps aussi court.

- Elles sont de combien les probabilités de réussite ?

- Je ne sais pas, 1%, 2 peut-être.

- On va tous mourir.

- Je ne me fis plus trop aux probabilités depuis notre rencontre.

- Je sais que le simple fait que je sois encore en vie après toutes les saloperies...

- Que tu as provoqué ? proposa-t-elle.

- Qui me sont tombées dessus, corrigeai-je, est un grand doigt érigé en direction des probabilités...

- C'est vrai que les mathématiques s'accordent pour dire que tu devrais être morte. Une douzaine de fois.

- Mais là, putain, c'est du suicide !"

Elle tira sur la sangle (génial, elle venait de réussir en 3 minutes ce que j'avais échoué à faire en 10...), soupira et se tourna vers moi, un air sérieux plaqué sur le visage.

" - Je sais. Et crois-moi, si je pouvais faire autrement, je le ferais. Mais si Luna est effectivement là-bas et provoque Azgeda, il est certain que cela entrainera une guerre généralisée à tous les clans.

- Et la fin de la Coalition, l'œuvre de ta vie, je suis au courant.

- Il n'y a pas que ça. La fin de la Coalition marquera aussi la fin de notre alliance.

- Ce qui en gros te conduirait à choisir entre ton peuple et le nôtre. On se souvient de comment ça a fini la dernière fois... Je ne remets pas en cause la nécessité de cette action, je dis juste que, BORDEL IL EST POURRI CE PLAN !

- Je ne t'oblige à rien, tu peux toujours rester ici et retenir les soldats le plus longtemps possible ici.

- Mais bien sûr, on va faire ça oui ! En plus, rester ici, c'est encore plus dangereux !

- Puis-je savoir pourquoi ?

- J'ai pas peur de la nation des nuls, mais de Clarke ! Quand elle saura que t'es partie sans lui dire chercher Luna et que je le savais, elle va me buter !

- ... J'admets craindre sa réaction également...

- Oh arrête, qu'est-ce qu'elle va te faire à toi hein ? T'attacher au lit avec des menottes pour te punir ? Le seul truc que tu risques, c'est de bien prendre ton pied ! Moi, elle va m'attacher à un poteau, me recouvrir de miel et laisser les insectes et les rongeurs me bouffer, tout en plein milieu du désert, et elle viendra me nourrir et m'hydrater de force une fois par jour pour être sûre que je crève pas trop vite !"

Lexa leva les sourcils et me jeta un regard perplexe.

" - N'est-ce pas un peu extrême ?

- Oh Lexa croyez-moi, c'est rien comparé à ce que moi je vais lui faire !"

J'étais foutue. J'avais reconnu la voix de mon frère dans mon dos. De mon frère en colère, et pas en colère genre "Mais Jules, tu ne peux décemment pas voler les bonbons des autres enfants ! - Oui, surtout s'il ne peut pas te courir après parce qu'il est en fauteuil roulant !" Oui, j'étais une salope. Oui, moralement, je me suis un peu améliorée avec le temps. Non, pas trop - mais plutôt en colère genre "Si je dois te crucifier sur ce poteau pour t'empêcher de bouger, je le ferai !"

" - Je vais vous laisser discuter...

- Quoi ? Mais non Lexa me..."

Trop tard, elle s'était déjà éloignée avec les chevaux. Je pouvais comprendre qu'elle les ait emmenés, Nevi n'était pas d'un naturel violent, mais Lexa non plus (en général... Bon d'accord si elle l'était !) mais ça ne l'avait pas empêcher de fracasser ma porte ET mon mur en béton quelques heures plus tôt, donc qu'est-ce qui empêcherait mon frère d'étriper un cheval sous le coup de l'énervement ?

" - Tu ne considères sérieusement pas l'option d'aller là-bas ?!"

Sa question était rhétorique. Bien sûr que je le considérais, à ce stade c'était même plus de la considération, mais peut-être qu'il avait un mince espoir que je renonce en y réfléchissant. Je décidai d'employer toujours la même méthode, à savoir celle du faible et d'esquiver sa question.

" - Donc Héra t'a tout raconté je suppose...

- Oh oui, et laisse-moi te dire une chose, c'est que je suis affligé par tant de stupidité, même venant de toi !

- C'est pas très gentil ça...

- Mais à quel point t'es inconsciente pour te laisser embarquer là-dedans ?!

- Quoique je fasse je me retrouverai dans cette merde jusqu'au cou, autant l'assumer dès le départ...

- Il doit y avoir d'autres solutions, et même si au final, tu te retrouves en plein milieu des problèmes, au moins tu ne seras pas seule contre tous !"

Il abusait, dans tous les cas je ne serais pas seule, Lexa serait avec moi. Je ne lui fis pas remarquer, l'énerver encore plus n'était pas la meilleure idée du siècle...

" - C'est pas ce que je voulais dire... A partir du moment où Lexa m'a parlée de son plan en carton, j'ai su que quelle que soit ma décision, je me retrouverais dans l'œil de la tornade...

- Du cyclone. Dans l'œil du cyclone.

- Oui c'est pareil.

- Et je suis supposé comprendre quoi ?

- Que... Ecoute, c'est pas facile à expliquer, c'est une sorte de... ressenti, une idée qui refuse de me quitter.

- A savoir ?

- J'ai cette impression bizarre, comme si quelqu'un avait déjà décidé à l'avance ce qui allait m'arriver par la suite, comme si ma vie était déjà toute tracée, et que, quoique je fasse, je ne peux pas échapper à mon destin. C'est comme si on me disait "Tu dois te retrouver là-bas", et que peu importe à quel point j'essaie d'échapper à ça, je finirai quand même exactement là où on a décidé que je serais. C'est la même chose pour Niylah et moi, j'ai toujours eu ce sentiment bizarre, comme si... je sais pas moi... une force supérieure avait décidé que ça ne pourrait jamais marcher entre nous deux et...

- Wow stop ! me coupa-t-il. Arrête ton délire de drama queen ! Tout ce que tu ressens là, ça n'a rien à voir avec une potentielle entité supérieure ! Tu veux savoir d'où ça vient ça ? C'est la première fois que tu te fais jeter, et tu le vis mal c'est tout ! Niylah et toi, vous étiez ensemble si on peut dire depuis même pas 2 jours quand elle a "rompu". La vérité, c'est que t'étais tellement obsédée par l'idée d'être avec quelqu'un que t'as même pas vu que vous deux, c'était gros comme une maison que vous n'alliez pas ensemble ! T'as pas l'habitude d'être repoussée et ça t'a tellement blessé dans ton égo que tu te cherches des excuses pour pas avoir à te remettre en questions ! Et je peux même aller plus loin, ton délire là, de te jeter de toi-même dans une mission suicidaire parce que tu penses que de toutes façons les emmerdes vont te tomber dessus, ça n'a aucun sens. Tu le fais parce que Lexa te l'a demandé !

- N'importe quoi ! m'offusquai-je. J'ai assez de personnalité pour prendre des décisions par moi-même !"

Nevi se passa la main dans les cheveux et soupira. Il n'avait plus l'air en colère, ni même agacé, mais il semblait... embêté ? Mon vocabulaire éloquent me désespérait parfois...

" - Jules, ce que je vais te dire ne va pas te plaire, mais il faut que tu l'entendes de la bouche, donc je vais me dévouer. Est-ce que tu sais pourquoi je voyais d'un mauvais œil votre amitié à Charlie et toi ?

- Parce que c'était un kleptomane ? proposai-je sur un ton évident.

- Non, enfin si, mais il y a autre chose. Tu as besoin d'attention.

- Ok..? C'est pas faux mais je vois pas trop le rapport...

- Laisse-moi finir. Je ne dis pas ça pour me moquer, ni pour être désagréable, c'est juste un constat : tu as besoin d'attention, tu en as toujours eu besoin et tu en auras toujours besoin. Tu n'y peux rien, c'est dans ta nature. Certains sont gentils, d'autres sont égoïstes, c'est dans leur nature les gens n'y peuvent rien, et bien toi tu as besoin d'attention. Encore une fois ce n'est pas un reproche, mais c'est comme ça, tu n'apprécies pas forcément la compagnie, mais si personne ne s'intéresse à toi, tu es malheureuse. Tu ne supportes pas l'indifférence, si quelqu'un ne t'écoute pas, ne te regarde pas mais ne montre pas non plus de mépris à ton égard, tu vas tout faire pour avoir de l'attention, quitte à te faire adorer ou détester. Même quand tu étais petite, tu ne me détestais jamais autant que quand je t'ignorais...

- Personne n'aime être ignorer, c'est pas un trait de caractère qui m'est propre.

- C'est vrai, mais chez toi ça prend des proportions énormes. Je ne sais pas si c'est inné ou...

- Oui c'est ça, et là tu vas me dire que c'est dû à l'absence de nos parents, et comme ils ne s'occupaient pas de nous j'ai développé une peur maladive d'être abandonnée j'imagine ? m'énervai-je. Quand bien même ça serait vrai, je ne vois toujours pas ce que ça vient foutre là-dedans !

- Lexa, tout comme Charlie à plus faible mesure, t'accorde une place essentielle dans sa vie. Avec elle, tu te sens importante n'est-ce pas ? Jules, j'ai souvent eu l'impression que... Il hésita un instant. Qu'inconsciemment tu veux la remercier.

- La remercier de quoi ?

- De "s'occuper" de toi comme elle le fait. Et j'ai peur que tu te plies plus ou moins volontairement à ses 4 volontés parce que tu penses lui devoir quelque chose.

- C'est quoi ce raisonnement bidon ?! A t'entendre on dirait que j'ai 4 ans et que j'accepte de donner son gâteau à une gamine parce que j'ai peur qu'elle ne soit plus mon amie après !

- Tu m'as mal compris. Je ne dis pas que tu lui accordes le moindre de ses désirs parce que tu préfères être utilisée que seule. Ce que tu m'as racontée de ta réalité alternative lorsque tu étais sous l'emprise de la puce m'a fait réfléchir. Tu te souviens que ton toi alternatif ? Tu m'as dit que tu étais seule, que les deux seules personnes à avoir eu de l'intérêt autre que professionnel pour toi, c'était Charlie et Lexa. Mais cet univers, même si la puce y était pour beaucoup, c'est toi qui l'as créé, c'est pas anodin. S'il te plait, penses-y. Je sais que tu ne m'en parleras jamais, que tu vas me dire d'aller me faire foutre et que tu vas partir avec Lexa, mais j'avais besoin d'être sûr que tu ais entendu ce que tu avais à entendre avant de te jeter dans la gueule du loup."

Il me serra dans ses bras. Fort, et longtemps, comme s'il avait l'impression que c'était la dernière fois qu'il me voyait.

" - Même si je suis sidéré que vous considériez pendant une seule seconde que Héra puisse tromper quelqu'un en se faisant passer pour sa sœur, je ferai de mon mieux pour les retenir. Et je ne dirai pas un mot à Clarke.

- Merci", fut tout ce que j'arrivai à dire.

Lorsqu'elle vit qu'il s'éloignait, Lexa revint avec les chevaux.

" - Est-ce que ça va ? me demanda-t-elle.

- Tu as entendu quelque chose ?

- Non."

Elle ne mentait pas.

" - Tu es toujours partante ?"

Je hochai la tête.

" - Lexa ?

- Hum...

- Tu m'en aurais voulu si j'avais répondu non ?

- Bien sûr que non."

Elle ne posa aucune question. Je lui en fus reconnaissante, et grimpai sur ma monture.


J'aurais aimé vous dire que tout s'était bien passé. Qu'on était rentrées tranquilles au milieu du territoire de la nation des cons, que notre entrée par effraction avait été magistrale, qu'on avait récupéré tout le monde dont Luna, chopé Emerson au passage, qu'on était reparties par le même chemin et qu'on était en train de boire un chocolat chaud en compagnie de Clarke qui nous attendait bien sagement, le sourire aux lèvres en nous voyant revenir. Bref, j'aurais aimé un rapide "On est venues, on a vu, on a vaincu". Sauf qu'actuellement, notre situation était plutôt "On est venues, on nous a vu, et si vaincus il y avait, ce serait probablement nous"... Le trajet vers le grand Nord s'était relativement bien déroulé, à part qu'il faisait froid ! Vraiment froid ! On était ensuite arrivées tranquilles (oui pour l'instant c'était assez proche de ce que j'espérais) à la nation des gelés, qui était un endroit assez impressionnant composé d'arbres, de neige et de cailloux, puis j'avais râlé en découvrant que le bâtiment dans lequel on devait s'infiltrer n'était absolument pas le palais de glace d'Elsa dans Frozen que j'avais imaginé, et Lexa m'avait fortement insulté en me faisant comprendre que je lui cassais les bonbons avec mon putain de palais et qu'elle commençait à en avoir vraiment marre de me répéter 12 fois les mêmes choses. Bon, certes, c'était dit de manière plus éloquente. On était ensuite rentrées dans le bâtiment, et c'était là que les choses étaient parties en vrille...

Je fus coupée dans mes réflexions par le cri d'un des gardes qui nous avaient repérés.

" - Il a dit quoi ?

- Il faudrait vraiment que tu apprennes le Trigedasleng...

- C'est vraiment le moment pour avoir cette conversation ?! râlai-je en chuchotant cachée derrière un pan de mur.

- Où ils sont, trouvez-moi ces salopards.

- Quoi ?

- C'est ce qu'il vient de dire."

Un autre grondement se fit entendre, venant du côté gauche cette fois-ci.

" - Ils sont là ! Arrêtez les ! traduisit Lexa.

- Oui j'avais compris merci !"

Nous filâmes rapidement, et j'évitai in-extremis une lance envoyée par un espèce de géant de 2 mètres de haut. Dans notre précipitation, les quelques morceaux tissus dissimulant notre identité (enfin surtout celle de Lexa, personne en se souvenait de ma gueule de toutes façons) tombèrent sur le sol, et les soldats de King Roan ne se firent pas attendre avant d'informer la moitié de la ville que Heda venait de rentrer par effraction chez eux. Dans ta gueule la discrétion !

" - Génial maintenant qu'ils t'ont repéré comment tu vas éviter la guerre ?!

- On réglera ce soucis plus tard si tu veux bien !"

La course poursuite continua jusqu'à ce que, fatalement, nous nous retrouvâmes face à un mur. Une douzaine de mecs armés jusqu'aux dents s'apprêtaient à nous rattraper, prêts à nous planter un couteau dans le ventre, à nous brûler vives puis à se servir de nos tibias préalablement retirés pour jouer au boomerang et de nos crânes comme projectiles pour une partie de chamboultout avec les urnes qui contiendraient nos cendres. Et ça, c'était si on avait de la chance. Par miracle, j'aperçus une trappe sur un côté et jetai Lexa dedans avant de la suivre dans le conduit qu'elle renfermait (la trappe, pas Lexa). Elle atterrit sur le sol dans un bruit sourd, quelques secondes avant que je fasse de même et l'écrase de tout mon poids. Je me relevai difficilement, prête à en découdre avec les mecs qui auraient pu nous suivre, mais personne ne vint.

" - Ils nous ont pas vu sauté ou quoi, ces abrutis ?

- Au contraire, ils ne sont pas idiots. Ils savent très bien que le conduit n'est suffisamment large que pour une personne, et que dans un combat où ils arriveraient les uns après les autres, le 2 contre 1 ne serait pas en leur faveur, dit Lexa toujours au sol.

- Ah..."

Je l'aidai à se remettre sur pieds et regardai autour de moi. Il faisait tellement noir que je ne distinguai rien à part le mince filet de lumière s'échappant du conduit par lequel nous étions arrivées. Je sortis une petite lampe torche de la poche intérieure de ma veste, sous le regard étonné de mon amie.

" - Bah quoi ? J'ai toujours le minimum vital sur moi.

- Je serais curieuse de savoir ce qu'est le minimum vital selon toi.

- Tu vois ma veste ?

- Oui, je a vois, tu l'as volé à Octavia.

- C'est vrai, mais je l'ai adapté à ma condition. Il n'y a pas moins de 5 poches internes, 2 externes, plus 2 compartiments dans les manches."

Je sortis un à un les éléments de mon kit de survie.

" - Lampe torche et briquet dans la poche interne supérieure droite, spray au poivre dans la supérieure gauche, de quoi ouvrir n'importe quelle porte/cadenas/verrou dans la poche interne droite et dans l'interne que j'ai dans le dos, ce qui me permet d'y accéder même en ayant les mains attachées, une réserve de balles dans l'interne gauche...

- A quoi te servent-elles ?"

Je soulevai un peu mon vêtement et dévoilai le pistolet bien rangé dans un holster sur ma cuisse.

" - Au cas où, ça peut toujours être utile. Dans ma manche droite j'ai un poignard..."

Je lui montrai en laissant coulisser la lame le long de mon bras.

" - Et dans la gauche... continuai-je en brandissant la seringue. Un sédatif assez puissant pour mettre un éléphant à terre. Plus discret et moins mortel qu'un flingue ou un couteau.

- Je suis assez impressionnée en fait, que tu ais pensé à tout ça...

- Je ne sais pas trop comment le prendre... J'ai aussi un autre couteau dans ma botte gauche, et ça dans la droite."

Je lui tendis une autre seringue.

" - Qu'est-ce que c'est ?

- Ce que tu vois là, c'est le truc de dernier recours, le truc que t'utilises quand t'as plus d'autres choix et que c'est ça ou crever. C'est de l'adrénaline, Abby me l'a donné pour les cas d'urgence. Mais faut pas en abuser, c'est vraiment en dernier recours. J'espère ne pas en avoir besoin... Quoiqu'il en soit, ça risque pas d'arriver si on reste bloquées ici comme des demeurées !"

J'observai à nouveau la pièce, sans réussir à comprendre où nous nous trouvions. Lexa empoigna ma lampe de torche et s'avança plus profondément dans cette espèce de cave.

" - Hé ! Où tu vas ? Rends-moi ma lampe ! J'ai pas envie de me perdre dans les égouts de la ville moi !

- Ce ne sont pas les égouts.

- Tu sais où on est ?

- Là où on voulait aller. Ici, c'est les prisons.

- Comment tu sais ?"

Pour toute réponse, elle envoya le faisceau de la lampe vers le haut. Effectivement, elle n'avait pas tort, des dizaines et des dizaines de cages s'empilaient dans le noir et l'humidité. Cette pièce me flanquait la chair de poule, à côté, les cellules de Mount Weather ressemblaient à des chambres d'hôtel ! A la différence près que toutes les prisons étaient entièrement vides.

" - Tu m'expliques pourquoi il y a autant de cellules si personne n'est dedans ?

- Personne ne reste prisonnier d'Azgeda très longtemps.

- Je vois ça oui. C'est pas très bon signe...

- Viens par ici."

Je suivis Lexa dans le fond de la prison, jusqu'à ce qu'une immense porte de plusieurs mètres de haut nous bloque la route.

" - J'imagine que c'est par là qu'on doit aller..."

Je m'approchai de la porte et commençai à chercher une espèce de serrure à crocheter, en vain.

" - Bordel, comment on va ouvrir cette porte ?!

- Je croyais que tu pouvais entrer par effraction n'importe où.

- Non, j'ai dit que je pouvais ouvrir n'importe quelle serrure. Sans serrure, je sers à rien.

- Merveilleux... ironisa-t-elle. C...

- Chut !" l'interrompis-je.

Je collai mon oreille à la paroi pour confirmer mes suppositions. Aucun doute, une armée massive de soldats approchaient.

" - Que se passe-t-il ?

- Bouge, on va avoir de la visite !

- Les portes s'ouvriront vers nous, cachons-nous derrière."

Je m'exécutai, et nous attendîmes patiemment l'inévitable. Mais rien ne vint. Au bout de quelques minutes, je commençai à considérer l'hypothèse de m'être trompée. Je tendis l'oreille à nouveau et entendis une sorte de... Tic-tic ? Que... Oh bordel !

" - Tirons-nous !

- Quoi ?

- Ils vont faire exploser la porte les cons !" expliquai-je en tirant Lexa par le bras.

Pour appuyer mes paroles, un énorme fracas se fit entendre et le souffle de l'explosion nous propulsa à terre.

" - Bande d'inconscients ! hurla Lexa.

- Mais tais-toi, les attire pas par ici !

- C'est le dernier de nos problèmes ! Je ne suis pas spécialiste en explosifs, mais j'ai suffisamment de bon sens pour savoir qu'il ne faut jamais utiliser de bombes sous terre ! Le plafond risque de..."

Elle fut interrompue par le grondement des murs aux alentours.

" - J'imagine que le reste de ta phrase était "s'effondrer" !

- Vite, il ne faut pas rester là !"

Je me relevai et piquai en sprint dans la direction opposée à la porte.

" - C'est malin on est prises au piège maintenant ! On va se faire b... Ah !"

J'esquivai pour la deuxième fois (et c'était la deuxième fois de trop !) une lance jetée en ma direction. Lexa m'attrapa par le bras et m'emmena vers les cages.

" - On fait quoi maintenant ?

- Viens par ici, j'ai vu un couloir en arrivant !

- Tu pouvais pas le dire avant ?!"

Elle s'engouffra dans le petit tunnel, mais avant que je puisse la rejoindre, l'entrée s'effondra à son tour, me piégeant en dehors.

" - Jules ! Tu vas bien ? demanda Lexa affolée.

- Ouais, ça va... dis-je entre 2 quintes de toux provoquées par la poussière. Et toi ?

- Oui. Je ne vois rien, il fait trop noir, tu penses pouvoir me rejoindre ?

- Euh... J'observai quelques instants les pierres me barrant la route et essayai sans succès de les bouger. Non impossible, c'est trop encombré ! Vas-y Lexa, t'occupes pas continue !

- Mais... Et toi ?

- Je vais remonter par là où on est arrivées, ça devrait le faire !

- ... Très bien. Je pars chercher Luna, toi trouve ton peuple. On se retrouve près de la clairière près de l'entrée de la ville !

- Ok, si au coucher du soleil je ne suis pas encore revenue, rentre à Polis. Et avant que tu dises quoique ce soit, non je te demande pas de m'abandonner, mais de partir chercher tes guerriers pour revenir casser quelques gueules !"

Je l'entendis rire légèrement.

" - May we meet again, me dit-elle.

- May we meet again, c'est trop compliqué dans ta langue."


Je me cachai derrière une cellule pour analyser la situation : 6 soldats étaient sur leur garde prêts à bondir, 3 autres se relevaient et 5 derniers étaient morts ou assommés par les rochers littéralement tombés du ciel. Je pouvais pas les plaindre, quelle bande de demeurés ! Cependant, aussi demeurés soient-ils, du 9 contre 1, c'était carrément chaud, je me décidai donc à faire ce que j'avais dit à Lexa que je ferais et repartis en direction du conduit, espérant qu'il ne soit pas bouché. La réalité fut pire que ça ! Les demeurés, pas si stupide que ça, avaient bien compris qu'on chercherait à repartir en sens inverse et pour parer à ça avaient tout simplement coulé une sorte de béton à prise rapide, obstruant la totalité du conduit. Je ne savais pas si c'était un énorme doigt de la part du karma, mais toujours était-il que j'étais bien baisée.

" - Putain, quelle bande de connard... Du 128 contre 2 c'était pas suffisant peut-être..." grommelai-je.

Bon, plus trop le choix, il ne restait qu'une issue : la porte qui venait d'exploser. Par chance, la fumée et la poussière n'avait rien arrangé à la visibilité déjà médiocre au sain de la pièce, j'allais pouvoir me déplacer assez discrètement.

" - Aller Jules, t'as réussi à rentrer par effraction dans la tour de Babel, tu peux sortir de ce merdier sans te faire prendre."

Je mis les lunettes d'aviateurs que Jasper m'avaient donné sur mes yeux et remontai un morceau de tissu pour couvrir mon nez et ma bouche.

" - C'est le moment de faire preuve de talent."

Je me faufilai dans l'ombre et passai derrière un soldat. Super, plus que 8 ! Impossible de tous les passer sans me faire repérer vu leur configuration, certains devaient dégager. J'utilisai alors la plus vieille technique du monde et balançai une pierre dans la direction opposée. Dès que le caillou heurta la paroi, 3 soldats se précipitèrent vers la source du bruit, et je pus me rapprocher encore un peu de la porte. Plus que 5, et une fois dehors, je n'aurais qu'à tirer quelques balles pour que les détonations viennent à bout du plafond très mal en point. Je saisis mon pistolet et sprintai à découvert. Il ne fallut pas moins d'une demi-seconde avant de me faire repérer, mais c'était déjà trop tard pour eux, j'avais parcouru la distance me séparant de la porte et, pour une fois, tout se passa comme je l'avais prévu et ils se retrouvèrent prisonniers. Dans le couloir, 3 gardes seulement étaient présents. Je rangeai mon flingue ne voulant pas gaspiller de balles et sortis le couteau de ma manche afin de l'enfoncer dans le cou du premier homme qui se jeta sur moi. J'étais cambrioleuse, tuer ne faisait pas partie de mes compétences, et je me refusai à ôter la vie le plus souvent possible, mais là c'était eux ou moi. Un autre soldat, une femme cette fois, se précipita vers moi, mais je lui ouvris la gorge avant qu'elle n'ait pu poser la main sur moi. Je me saisis de son épée pour parer le coup du troisième et lui fis un croche-pied. A peine eût-il touché le sol que ma nouvelle arme s'était enfoncée dans sa poitrine.

" - Bon, ça, c'est fait, dis-je en essuyant la lame sur la veste d'un des cadavres (J'allais pas salir mes fringues ! Oui je les avais buté et alors ? C'était eux qui avaient commencé non ?!) Etape suivante, trouver les prisonniers si prisonniers il y a."

Je repris tranquillement mon chemin, j'allais pas courir et me fatiguer non plus, et aperçus des escaliers sur ma droite, des jolis escaliers en bois cirés menant à un étage supérieur d'où s'émanait une jolie musique, une bonne odeur de cookies et toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, tout ceci accompagnés d'une chaleur confortable. Je déconnais évidemment, y'avait bien des putains d'escaliers, mais ils étaient en pierre et menaient à un sous-sol froid, humide, sombre et dégueulasse !

" - J'imagine que c'est par là que je dois aller..."

Le silence me répondit.

" - Nevi avait raison, j'ai vraiment besoin d'attention moi... Bon bah c'est parti ! "

Je m'engouffrai dans la cage d'escalier. Arrivée en bas, je constatai qu'un garde se trouvait ici, armé d'une arbalète. Oh, ça c'était plutôt joli ! Je m'approchai discrètement de lui, dans l'ombre, et sortie la seringue pleine de sédatif pour lui enfoncer dans le cou avant qu'il n'ait eut le temps de ne serait-ce bouger le petit doigt. Je l'accompagnai sur le sol pour éviter de faire trop de bruit et piquai son arme. Que gardait-il, me demandez-vous. Et bien derrière lui se trouvait une porte en bois, verrouillé par un gros cadenas. Oui oui, ce bâtiment était en réalité un putain de donjon en fait ! J'ouvris le cadenas en deux-deux, et poussai la porte. Par miracle, personne ne se trouvait derrière. Lexa s'étant barrée avec ma lampe torche, il ne me restait plus que mon briquet pour éclairer la pièce. Je repartis vers mon ami endormi et déchirai un bout de ses vêtements, avant de le fixer à un bâton en bois et de l'enflammer. Epuisée par autant de clicher, je continuai ma route, avant d'arriver à une nouvelle porte. Celle-ci aussi était verrouillée, mais je ne vis aucune serrure. Il y avait probablement une chaine la maintenant derrière. N'importe quelle personne sensée se serait dit que ceci était quand même un peu louche et qu'il valait mieux ne pas s'attarder ici tout seul mais plutôt de repartir afin de chercher de l'aide. Ce ne fut donc pas la décision que je pris, et je décidai que défoncer la porte pour voir ce qu'il y avait derrière était la meilleure solution.

Est-ce que certains d'entre vous connaissent la série de romans Queen Betsy, de MaryJanice Davidson ? Probablement pas, mais toujours est-il que je lisais tous les tomes au moins une fois par an, et que j'avais réussi à les conserver précieusement en arrivant sur Terre. Vous ne voyez pas le rapport ? Il y en a un. J'avais appris dans ce livre que pour défoncer une porte à coups de pieds, il fallait taper à un endroit précis, à savoir en dessous de la poignée. Pourquoi ? Très simple. Si vous tapiez en plein milieu, soit vous vous fracassiez la jambe si la porte était solide, soit vous passiez simplement à travers si elle ne l'était pas. Le souci fut que, dans le flux de l'action, j'oubliai ce petit détail et me retrouvai, comme dans le bouquin, comme une grosse gourde avec la jambe coincée dans la porte. Bravo capitaine !

" - Bordel ! pestai-je. C'est raté pour la discrétion... Ah !"

Deux mecs qui m'avaient entendu arriver se précipitèrent vers moi, deux gros boulets puisque même avec le pied coincé dans la porte je parvins à assommer l'un avec ma torche et à planter l'autre avec un carreau d'arbalète. Je me libérai de la porte non sans quelques échardes dans la jambe. J'étais sur une sorte de mezzanine, et j'aperçus en contrebas quelques prisons, dans lesquelles étaient enfermées, Amen !, une vingtaine de personnes que je reconnus comme étant des anciens habitants de l'Arche à leur vêtement. Je sautai par dessus la rambarde et me précipitai vers la grille.

" - Que tout le monde reste calme ! dis-je à l'attention des prisonniers qui s'affolaient/pleuraient/râlaient provoquant une cacophonie immonde pour mes oreilles. Je m'appelle Jules, et je fais partie des 100 premiers envoyés sur Terre. Je comprends que vous ayez beaucoup de questions, mais au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, la situation est assez critique pour le moment. Je vais ouvrir la porte de la cage, mais vous devez me promettre de rester grouper !

- Et qu'est-ce qui nous prouve que tu n'es pas une de ces barbares ?! accusa un homme d'une trentaine d'années.

- Rien du tout, mais en attendant, c'est eux ou moi ! Vous êtes ici depuis je ne sais quand, vous voulez vraiment prendre le risque de laisser filer votre chance de vous échapper ?!"

Il baissa la tête. 3 minutes plus tard, la porte était ouverte.

" - Suivez-moi !"

Avant que je ne puisse esquisser un geste, un grand-père m'attrapa par le bras.

" - Attends, il y a encore des nôtres en bas.

- Quoi ?!

- Ma femme, et une dizaine d'autres personnes sont dans les prisons de l'étage inférieur. Je t'en prie je ne peux pas la laisser en bas."

Je me maudis intérieurement et chopai mon ami pragmatique par le bras.

" - Hé toi ! C'est quoi ton nom ?

- Daryl.

- Très bien Daryl, t'as une bonne gueule de meneur. Quand tu sortiras de cette pièce, il y...

- Oui, je sais ce qu'il y a en sortant de cette pièce, on a été transférés il y a peu.

- Est-ce qu'ils sont passés par des souterrains pour vous amener ici ?

- Non."

Parfait, il y avait forcément une autre issue que de revenir sur mes pas.

" - Tu sais comment sortir d'ici ?

- Oui.

- Très bien."

Je lui fourrai mon pistolet et les cartouches dans les mains.

" - Tu sais t'en servir ?

- Hum.

- Nickel, alors conduis-les vers la sortie.

- Quoi ?! Mais ces sauvages sont partout !

- Crois-moi c'est pas le cas, ils savent que quelqu'un est entré par effraction, ils sont tous à ma recherche, et la personne avec qui je suis venue a attiré pas mal de monde. En plus, ils n'ont pas l'air d'avoir de flingues, alors n'hésite pas à tirer si besoin est. Je vais chercher les autres avec l'ancêtre, vous autres, une fois sortis de la ville, attendez-moi près d'une clairière qui se trouvera sur votre droite.

- Très bien.

- Et, dernière chose, si une fille avec un maquillage qui la fait ressembler à un raton-laveur, l'air menaçant et armée jusqu'aux dents se pointent là-bas...

- Je la descends ?

- Surtout pas ! Dis-lui que... Dis-lui que c'est Jules qui t'envoie, et qu'elle a intérêt à ramener la cavalerie si jamais je ne reviens pas parce qu'il est hors de question que je meurs avant qu'elle ne m'ait racheter des rideaux et réparer ma porte et mon mur !"

Daryl hocha la tête et ne perdit pas une minute pour emmener tout le monde dehors. Avec un peu de chance, personne ne se ferait descendre.

" - Bon l'ancêtre, allons chercher ta femme. Tu peux encore courir ?

- Je ne suis pas si vieux que ça !

- C'est pas le moment de s'offusquer."


Nous nous enfonçâmes encore un petit peu plus en profondeur.

" - Putain, s'il lui arrive quelque chose, Clarke va me tuer... chuchotai-je en espérant que rien de grave n'arrive à Lexa.

- Qu'est-ce que tu as dit ?! s'alarma Papy tout gris (je vous laisse imaginer d'où venait le surnom).

- Rien, c'est juste une amie qui n'a pas été prévenue de notre mission suicide, qui ne va pas apprécier si...

- Tu as bien dit Clarke ?!

- Heu ouais, c'est mon amie en question.

- Clarke Griffin ?! demanda-t-il plein... d'espoir ?

- Vous en connaissez beaucoup des Clarke ?

- Oh mon Dieu..."

Des larmes commencèrent à couler sur ses joues.

" - Et elle va bien ?

- Oui, enfin elle doit être un tantinet en colère et doit avoir quelques envies de meurtre, mais elle va bien.

- Et Abigail ?

- Abigail ? Ah Abby ! Ouais, elle va bien aussi, tout va bien dans le meilleur des mondes depuis qu'elle sort avec notre bon ami le chancelier Kane. Vous les connaissez ?

- Oh mon Dieu...

- Vous l'avez déjà dit ça.

- Abigail est... C'est notre fille. Nous pensions qu'elle n'avait jamais réussi à atterrir ici, et Clarke... Je n'arrive pas à croire qu'elle aille bien !"

Les connexions se firent peu à peu dans mon cerveau.

" - Wow attends Papy tout gris ! T'es le grand-père de Clarke ?!"

J'étais un peu lente à la détente, l'avais-je déjà précisé ? Oui, sans aucun doute.

" - Oui.

- Putain c'est malin ça, je vais même pas pouvoir te sacrifier pour sauver ma peau maintenant !"

Il ne sembla pas avoir entendu ce que je venais de dire, et c'était tant mieux pour moi. Déjà que Clarke allait me mettre très, très cher quand on rentrerait, si en plus son grand-père sorti de nulle part lui disait que j'avais songé à lui marcher dessus pour m'en tirer, c'était même plus la peine de rentrer en ville !

" - Que... Que leur est-il arrivé depuis qu'elles sont ici ?

- Bah, Abby est devenue chancelière pendant un moment, mais comme elle était nulle, c'est Kane qui a ce titre maintenant. Et quant à Clarke, il lui est arrivé beaucoup de choses à Clarke en fait ! Vous avez entendu parler de Wanheda ici ?

- Oui, dit-il après un instant de réflexion. Elle est recherchée par ces sauvages n'est-ce pas ?

- Alors on va tout de suite se calmer et arrêter d'appeler les grounders des sauvages, parce que franchement, je les trouve assez cools avec nous ! Et sinon, Wanheda, bah c'est Clarke."

Il s'étouffa avec sa salive.

" - Tu en as encore beaucoup des révélations de la sorte ?

- Hum... Oh, elle s'est mariée !

- Abigail s'est mariée ?

- Kane est bien trop froussard pour lui demander de l'épouser, mais ne dites pas à Abby qu'il a l'intention de la demander en mariage au fait. Non, je parlais de Clarke, elle s'est mariée."

Il baragouina tout un charabia incompréhensible, et je parvins à comprendre qu'il tentait de communiquer.

" - Papy articule je comprends rien !

- Quand ? Comment ? Avec qui ?

- Il y a un mois ou deux, je les ai mariées, ma meilleure amie. Bon maintenant l'ancêtre, ferme la et imprime tout ça pendant que je sauve ta femme."

Nous descendîmes les escaliers (j'avais l'impression que j'avais fait que ça de ma journée moi !). Une fois en bas, je donnai un coup de pied bien placé cette fois-ci et défonçai la porte.

" - Salut les gars !"

J'envoyai une flèche dans la boîte crânienne d'un des soldats et assommai l'autre contre le mur en pierres.

" - C'est vraiment des tâches les gardes ici !

- Tu les as tués ! s'indigna Papy tout gris.

- Parce qu'ils auraient hésité à le faire eux peut-être ?"

Par chance, l'ancêtre ne s'était pas foutu de ma gueule, il y avait bien une dizaine de personnes prisonnières ici. J'ouvris la porte sans perdre un instant, et Papy tout gris se jeta sur Mamy toute grise/l'ancêtre 2/grand-mère Griffin. Je les laissai s'enlacer un moment avant de réaliser qu'ils faisaient attendre tout le monde avec leur élan d'affection.

" - Bon les vieux, c'est pas que je vous aime pas, mais faudrait peut-être y aller.

- Qui... Qui êtes-vous ?

- Jules, la meilleure amie de la femme de votre petite fille. Oui elle va bien, oui Abby va bien, oui Clarke s'est mariée et oui, on devrait foutre le camp. Genre maintenant."

Elle resta figée un petit moment, accusant le coup.

" - Attendez..."

Oh non, pas un "Attendez..." suppliant... Le dernier "Attendez..." qui m'avait été adressé m'avait forcé à risquer ma peau encore plus que précédemment.

" - J'imagine qu'il y a encore quelqu'un à sauver...

- Elle... Un de ces barbares a essayé de..."

Elle ne finit pas sa phrase, mais j'en déduis que ça devait pas être joli.

" - Et cette petite, elle s'est jetée sur lui pour l'empêcher de me faire du mal... Et... il l'a emmené, en bas."

Comme par hasard ! Encore plus profond dans le sol !

" - S'il vous plait, on doit lui porter secours."

Son ton suppliant me fit mal au cœur, mais il était peu probable que la jeune s'en soit sortie...

" - Mamy toute grise, je suis désolée, mais les chances qu'elle ait survécu sont plus que minces, et on ne sait pas ce qui nous attend en bas. J'ai déjà pris un énorme risque en venant ici, et j'ai bien peur que le karma finisse par me faire payer au centuple la chance que j'ai eu pour être encore en vie...

- Mais... La pauvre petite, elle s'est sacrifiée pour moi...

- Si elle a survécu à ce qu'il y a en bas, alors elle réussira à sortir d'ici, tentai-je de la rassurer sans trop y croire moi-même.

- Elle n'y arrivera, affirma l'ancêtre. Elle... Elle ne voit rien.

- Comment ça ?

- Elle est aveugle."

Aveugle ?!

" - Papy tout gris ? Emmène le reste de tes potes et rattrapez Daryl", ordonnai-je.

Il voulut demander des explications, mais à la seconde où il croisa ma regard, il se ravisa et acquiesça. Il avait compris que c'était pas le moment de m'emmerder. Je me précipitai une nouvelle fois vers les escaliers, en tentant de me raisonner. Parce que ce n'était pas possible pas vrai ? Les probabilités pour que cela arrive était de quoi ? 0.01% ? J'étais en train de risquer encore une fois ma vie pour 0.01% ? Visiblement. Tout ça parce que je n'arrivais pas à faire taire la petite voix dans ma tête.

Et si c'était possible ?


Et voilà les amis, petit cliffhanger qui va bien ! Bon, la vérité c'est que j'ai coupé ce chapitre parce que sinon vous ne l'auriez eu que dans... bah longtemps en fait, merci le retour de la Paces... Et si j'ai coupé ici, c'est parce que j'avais envie de voir vos réactions (et je vais tout de suite reconnaitre ceux qui lisent le bonus je pense). Bref, j'arrête de parler et vous dis à la prochaine pour le nouveau chapitre bonus dont l'écriture n'a absolument pas été commencée ! Tchô !

: C'est pas marrant les gens trop raisonnables, fallait bien que Lexa fasse un truc stupide à un moment ! =P

OoO-RED-OoO : Pauvre Niylah, je l'ai mise dans cette situation juste pour que Jules puisse se faire jeter en fait... Et oui, Jules peut se faire jeter, même si elle aime pas trop trop ça =P

Fouy : Mais oui je te pardonne, moi ça fait bien 3 semaines que je vous fais attendre =) Tu poses une question intéressante, est-ce une rupture au bout de 48 heures ? Bah, on va dire que c'est Jules, elle fait pas comme les autres =P Et oui, je suis d'accord, y'a moyen qu'elle trouve pas la relation entre Jules et Lexa super, super amusante la future copine...

Esiain : Bienvenue à toi ! Enfin, je pense que tu viens d'arriver vu les chapitres que tu as commenté =)

SssslytherinGirl : Merci à toi de prendre le temps de reviewer (on dit comme ça ?), et surtout pour tous les compliments que ce commentaire apporte ! =) Je suis ravie que Jules ait autant de fans ! En ce qui concerne le physique de Jules, tu viens de me donner une bonne idée pour le prochain chapitre bonus, je t'en remercie ! =)

Kisses - DW.