Bonjour/bonsoir à tous ! Me revoici, en retard comme d'habitude ! Je sais ce que vous vous dîtes "Mais elle se fout de notre gueule, c'est même plus du retard à ce stade, les périodes entre les chapitre sont tellement random qu'on ne les attend même plus les chapitres, ils arrivent juste comme ça !", et vous avez bien raison, mais là, je suis vraiment en retard. Parce que oui, ce chapitre est un chapitre de Noël. Et oui, nous sommes le 22 janvier, donc à 2 jours près, je suis un mois en retard. Je sais, on ne peut pas me féliciter... Mais pour me faire pardonner ce retard, j'ai décidé de rajouter une petite scène que je n'avais pas prévu d'inclure ici à la fin de ce chapitre, une petite conversation entre Harley et Jules, puisque ça a l'air de vous plaire. Et ça tombe bien, parce que ça me plait aussi beaucoup ! Sur ce, bon chapitre !
AIDEN Kom TRIKRU : Merci beaucoup, je compte bien continuer sur ma lancée ! Clarke a le pouvoir ici, s'il y a bien quelqu'un qui ne faut pas emmerder, c'est clair :P
SheIsInSpotlight : Mon Dieu une revenante ! On n'y croyait plus ! Je plaisante mon ange, c'est toujours un plaisir de te voir commenter :) Je suis toujours sympa ! Pour le petite, c'est un peu raté, ce chapitre fait plus de 10 000 mots... :P J'espère en tout cas que ce n'est pas le seul morceau de bonheur que je t'apporte :3
Belkeys : Vous prenez vraiment tous un malin plaisir à voir Jules se faire taper dessus ! En ce qui concerne les rideaux, cet élément important du scénario sera à nouveau mentionné dans ce chapitre :P Je suis pas sûre-sûre que Jules cautionne à mort le mariage, ni ma petite-amie d'ailleurs XD
OoO-RED-OoO : J'espère que tu as lu Illuminae entre temps ;) Je suis vraiment contente de voir que Harley plait à la foule ! :)
Ewilan : Contente d'avoir éclairci un peu la situation, comme je ne me fais pas relire, je ne sais jamais si les choses sont vraiment claires pour tout le monde ou juste pour moi ;) Encore quelqu'un qui aime Harley, je suis aux anges, parce que j'aime ce personnage ! Beaucoup même ! Alors oui, elles se sont rencontrées sur l'Arche, si jamais tu as la foi, c'est un peu plus détaillé dans un chapitre bonus, mais pour faire court, elles se sont rencontrées dans une salle de musique et ont vraiment accroché sans que rien ne se passe, et un jour Jules lui a hurlé dessus parce qu'elle l'avait bousculé sans savoir que c'était Harley et... C'est pas super clair. Bref, elles se connaissent depuis l'Arche, se plaisaient mutuellement, mais rien ne s'est passé entre elles, si ce n'est que Jules a appris à jouer du piano pour Harley, qui est une pianiste hors pair et aime beaucoup cet instrument :)
Angellow : Tu vas vraiment avoir des soucis avec Jules toi XD Mais qui te dit qu'Harley n'est pas heureuse de son sort ? :P
" - Sérieusement Paxton, qu'est-ce que c'est que cette équipe de vainqueurs..?
- Tu vois Mini Blake, cette équipe c'est la crème de la crème et...
- T'essayes de convaincre qui là, nous ou toi ?
- T'as raison même moi j'y crois pas..."
Les Blake se regardèrent, me regardèrent, et regardèrent à nouveau la dite équipe. Clarke ne cessait de bailler, Jasper faisait la gueule, Raven boitait à cause de sa jambe blessée, Murphy avait - comme toujours ceci dit - l'air blasé et Harley trébuchait tous les 3 mètres.
" - Pour une mission supposée top secrète, t'as pas réuni les meilleurs éléments, reprit Bellamy.
- Comment me suis-je laissée convaincre de participer à ça..? Indra va vraiment être en colère si elle découvre que je vous ai laissé sortir...
- Vous voulez un sapin oui ou non ?!"
Le frère et la sœur acquiescèrent.
" - Alors arrêtez de vous plaindre !"
Une fois n'étant pas coutume, contextualisation. Nous étions dans la nuit du 24 décembre. Et qui dit 24 décembre dit réveillon de Noël. Et qui dit réveillon de Noël dit cadeaux au pied du sapin. Sauf que les Grounders, eux, ne fêtaient jamais Noël. Lexa se montrait ceci dit assez emballée par l'idée de célébrer cette fête, mais il s'avérait que proposer à une fille originaire d'un peuple se faisant appeler "peuple des arbres" de couper des sapins pour les décorer et les installer un peu partout dans la ville passait moyen-moyen. J'avais donc fait un compromis avec moi-même et accepté de ne couper qu'un seul sapin pour l'installer dans le salon de la tour. Oui, c'était incroyablement égoïste, et oui, je m'en foutais je voulais mon arbre. Et mes amis parmi les 100 - ou autre - aussi, voulaient leur arbre. J'avais donc réuni tout le monde pour une mission commando ultrasecrète afin de couper un sapin, de le monter dans la tour et de mettre Lexa devant le fait accompli. Sans surprise, tout le monde - à savoir Clarke, Bell, O, Raven, Jasper, Monty, Murphy, Harper, Miller et Bryan - étaient super emballés par l'idée d'avoir un sapin, et, toujours sans surprise, personne n'était super chaud pour m'accompagner voler le fameux sapin, à part Jasper qui lui était à fond dedans. Après de multiples stratagèmes et coups bas consistant à rappeler à certains qu'ils avaient quelques dettes à régler, je parvins à recruter Bellamy, Clarke et Raven pour nous accompagner Jasper et moi. Comme Monty et Harper comptaient profiter de la soirée pour passer un moment ensemble et que Miller fêtait le réveillon avec son père et Brian, Murphy avait réalisé qu'en fait, il n'avait rien de mieux à faire et nous avait accompagné, non sans oublier de râler toutes les 6 minutes. Nous avions ensuite soudoyé Octavia afin qu'elle s'arrange pour être de surveillance à un endroit stratégique nous permettant de sortir discrètement, et, comme elle l'avait si bien dit, foutue pour foutue, la jeune Blake décida de nous accompagner dans notre épopée. Harley avait été le dernier membre de notre petit groupe, je l'avais recrutée en la croisant lorsqu'elle revenait de la tente de Papy et Mamy Griffin, qui avaient gentiment proposé leur aide pour lui trouver quelques affaires.
" - Hé Paxton ! appela Murphy. Pourquoi on a emmené l'aveugle exactement ? Sans vouloir t'offenser Leyna.
- Pas de problème, moi aussi je me pose la question. Pourquoi je suis là ?
- Parce qu'on est amies, et qu'on emmène les amis dans ce genre de plans.
- Ah bon ? s'étonna Harley, parlant de l'une ou l'autre affirmation.
- Je vais essayer de ne pas être vexée par... Bon c'est bon arrête de faire la gueule toi ! criai-je à Jasper lorsqu'il soupira pendant que j'étais en train de parler. T'étais vachement motivé pour venir, et là tu tires une tête de 12 pieds de long !
- Je sais mais...
- Quoi, qu'est-ce qu'il y a ?
- Monty n'est pas venu, répondit Clarke voyant que Jasper ne répondrait pas.
- Et alors ? Vous êtes pas ensembles si ? Nous aussi on est tes potes, et Clarke est pas genre ta meilleure amie ?"
Il baissa la tête.
" - Si bien sûr... C'est juste que Monty et moi on passe le réveillon ensemble depuis qu'on a 12 ans parce que nos parents bossaient toujours le soir là, et on a toujours fait plein de conneries ensembles lors de ces soirées. Même le premier Noël qu'on a passé ici, on a fait le réveillon ensemble, ça me fait bizarre de rompre la tradition...
- Les gars ! Attendez-moi ! Hé !"
Monty arriva en sprintant et s'effondra une fois à notre niveau.
" - Vous... Vous êtes là... Je croyais arriver trop tard, mais je vous ai retrouvé !
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Jasper aussi surpris qu'heureux.
- C'est le réveillon ! Quand j'ai raconté à Harper ce qu'on avait l'habitude de faire, elle m'a engueulée et m'a presque insultée de ne pas être avec toi, alors j'ai couru aussi vite que j'ai pu pour vous rattraper, et me voilà."
Jasper se jeta dans ses bras comme si c'était un ancien frère d'arme qu'il n'avait pas vu depuis 30 ans, puis les deux amis se tapèrent chacun dans l'autre main, comme à leur habitude.
" - Bon c'est bon les amoureux ? On peut y aller ?
- Si je peux me permettre... commença Harley calmement. Qu'est-ce que je fous là ?! C'est la misère de se déplacer ici quand tu vois rien !
- Quand tu vois quelque chose aussi je te rassure, répondit Raven.
- Mais tu fais partie du groupe Harley, on ne laisse personne derrière !
- T'as laissé la moitié du groupe derrière ! répliqua-t-elle justement.
- ... Ok c'est vrai, mais je t'ai aussi amené ici pour que tu puisses faire le guet pendant qu'on récupère notre sapin."
Ils me regardèrent tous, même Harley, comme si j'étais un extraterrestre.
" - Tu t'entends parler des fois ? finit par demander Octavia.
- Tu sais que je suis aveugle pas vrai ?
- Je sais bien, mais là il fait nuit, et même avec les lampes torches on voit pas grand-chose, alors je compte sur tes supers pouvoirs de Daredevil pour écouter aux alentours. Tu m'as bien dit que t'avais une ouïe hors du commun non ?
- Oui à ce propos... commença-t-elle gênée. J'ai peut-être un tantinet exagéré là-dessus, pour t'impressionner...
- Comment ça pour...
- Bon on va pas y passer la nuit ! coupa Murphy. Tiens prends ça toi !"
Il donna sa lampe à Monty.
" - Leyna, monte sur mon dos, je vais te porter parce que sinon on y arrivera jamais."
Celle-ci fut plus que contente de s'exécuter et lui sauta dessus. A ma plus grande surprise, Harley l'embrassa sur la joue et le serra dans ses bras, ce à quoi Murphy répondit volontiers. Et ça, ça me plaisait pas des masses.
" - On est partis ? demanda Clarke en baillant une nouvelle fois.
- Ouais..." répondis-je discrètement en détournant difficilement mon regard de Murphy et Harley.
" - Clarke ?
- Hum ?
- Tu sais s'il se passe ou s'il s'est déjà passé un truc entre Harley et Muphy ?
- Aucune idée, je ne connaissais pas Murphy quand on était sur l'Arche, et j'ai vu Harley de très rares fois après son accident.
- Qu'est-ce qui est arrivé en fait pour qu'elle perde la vue ?
- Je ne sais pas si c'est à moi de te le dire... Pose-lui la question directement."
Nous marchâmes quelques minutes en silence.
" - T'es jalouse ? finit par demander la blonde.
- Et toi longue à la détente, ça t'a pris autant de temps pour en arriver à cette conclusion ?
- Désolée, je suis juste tellement fatiguée...
- Sexathon nocturne avec Lexa ?
- Entre autres, répondit-elle trop épuisée pour être gênée. Depuis l'incident de la bague (nda : voir chapitre bonus 7) de Kane, où j'ai menti à ma mère en lui disant que je ne savais plus faire de suture, elle s'obstine à me faire revoir toutes les bases. Je passe quelque chose comme 8 heures par jour à administrer des soins basiques, à répondre à des questions et à suturer des fruits. Tu peux rajouter à ça les heures de conduite avec Lexa qui sont toujours aussi catastrophiques que le jour où on a atterri dans le lac (nda : voir chapitre bonus 7, combo pub X2 !) et...
- Attends, c'est toi qui lui donnes ? Mais t'es pas non plus une super conductrice...
- Je sais, mais comme Lexa ne veut pas que quelqu'un d'autre que moi lui apprenne, je dois aussi m'entrainer de mon côté... Tu rajoutes à tout ça les obligations d'ambassadrice, les réunions et tout ces trucs, et Lexa qui se débrouille très bien avec 5 heures de sommeil par nuit, et tu m'as moi complètement crevée... Alors, je te repose la question, t'es jalouse ?"
C'était une bonne question. Etais-je jalouse ? Certainement. Mais de quoi ? Harley me plaisait, c'était certain, mais c'était tellement... différent que ce que je ressentais habituellement. Harley était une partie de mon passé, une partie de mon passé que je ne pensais jamais revoir, et maintenant qu'elle m'explosait à la gueule, je ne savais plus quoi penser. Harley m'était apparu comme la fille parfaite sur l'Arche, nous avions passé des heures à discuter de tout et de rien, elle était intelligente, drôle, passionnée... C'était un vrai coup de foudre. Et lors du sauvetage à Azgeda, elle s'était révélée être aussi une vraie guerrière totalement badass ! Une fois arrivée à Polis, nous avions passé beaucoup de temps ensemble dans sa chambre, où nous nous étions racontées en détails nos vies respectives sur Terre. Mais plus nous parlions, et plus je me rendais compte de quelque chose : je ne savais presque rien d'elle, son accident, sa famille, ses amies, ce qu'elle aimait faire de son temps libre, son film préféré... Tout cela, je l'ignorais. Et je voulais le découvrir. Mais le voulait-elle elle ? La vague de jalousie qui m'avait envahi lorsque Harley avait sauté sur le dos de Murphy était-elle due simplement au fait que je n'avais plus son attention, ou à plus que ça ?
" - Oui, répondis-je honnêtement. Mais je ne suis pas sûre de savoir pourquoi..."
Clarke n'eut pas le temps de formuler un avis constructif car Murphy s'arrêta afin que nous nous retrouvions à son niveau.
" - Dis Paxton, pourquoi on va aussi loin pour un sapin alors qu'il y en a genre 2500 autour de nous ?
- Tu te vois ramener un truc de 50 mètres ? Il nous faut un petit sapin, qu'on pourra facilement transporter, et O en a repéré un de la sorte lors de sa dernière patrouille.
- Peut-être suis-je un peu pessimiste, intervint Harley en descendant du dos de Murphy, mais quelle que soit la taille du sapin, ne sera-t-il pas délicat de le transporter ? D'autant plus si l'objectif est de ne pas attirer l'attention..."
J'eus envie de lui répondre que c'était sûr qu'avec elle habillée à l'instar de son homonyme dans le film en bleu et rose à paillettes, on allait pas passés inaperçus mais me perdit dans la contemplation de ses yeux bleus dont la lumière de la lampe torche accentuait un reflet violet.
" - J'ai quelque chose sur le visage ?
- Hein heu... quoi ?
- J'ai déduit de ton silence que soit tu avais vu quelque chose d'important, auquel cas nous serions déjà tous au courant, soit tu étais en train de me dévisager... Alors ?
- Oh heu non, rien. C'est juste que tu as de très beaux yeux."
Déstabilisée, elle bredouilla un léger "Merci" en passant sa main dans ses cheveux noirs parsemés de mèches rouges. Elle remonta sur le dos de Murphy et ils repartirent de plus belle.
" - "Tu as de très beaux yeux" ? Vraiment ?
- Ta gueule Griffin."
Elle me passa devant en continuant à se moquer de moi. Moi aussi je me sentais ridicule d'avoir dit ça, mais toute la gêne qui aurait pu en découler avait été oubliée lorsque j'avais regardé les joues d'Harley. Elle avait rougi.
" - Hum... Je ne sais pas...
- Oh pitié ! Il est parfait celui-là !
- Y'a un truc qui me dérange, mais j'arrive pas à savoir quoi..."
J'observai le sapin numéro 12, qui pour l'instant me paraissait être le mieux, mais j'avais toujours un affreux doute. Le mieux était-il le numéro 12 ou le 3 ? Apparemment, mes questions existentielles n'étaient pas du goût de tous, puisque Clarke me hurla dessus.
" - Jules, ça fait une demi-heure que tu regardes les sapins ! Je suis fatiguée, alors choisis-en un qu'on puisse rentrer !
- Il faut que ce Noël soit parfait, et pour que Noël soit parfait, il faut que le sapin le soit aussi, alors tais-toi et laisse-moi réfléchir !"
Elle se frotta les yeux de désespoir. Jasper, ayant pitié d'elle, ouvrit les bras pour lui faire un câlin. Elle se blottit contre son meilleur ami, pendant que Bellamy essayait de me "raisonner".
" - Jules, c'est des sapins. Il fait nuit noire, on a 8 lampes torches pour tout éclairer, ils sont tous identiques ! Ce sapin fait la bonne taille, il sera plutôt facile à transporter, alors on le coupe et c'est réglé !
- Hum... Le numéro 12. Vendu pour le numéro 12.
- Amen !"
Murphy leva les bras au ciel.
" - Qui a la tronçonneuse ? demanda Murphy.
- La tronçonneuse ?
- Quoi Green, tu veux le faire à la hache ?
- Arrêtez de vous engueuler et venez m'aider, c'est moi qui ai la tronçonneuse."
Raven sortit l'engin de son sac.
" - Attendez, vous avez laisser l'handicapée portée la tronçonneuse tout le trajet ? Vous êtes vraiment des bâtards !
- Appelle-moi encore une fois l'handicapée et je t'ouvre le ventre avec Paxton."
Je n'eus pas le loisir de répondre car elle lança l'outil et commença à découper l'arbre qui faisait 2 fois notre taille. Comme je ne servais à rien, je rejoignis Murphy qui regardait les autres bosser.
" - Alors il te va cet arbre ?
- Ouais je pense, c'est ce que je voulais."
Silence gênant.
" - Hum... Murphy ? On va bien nous 2, pas vrai ?
- Bien sûr, pourquoi ça irait pas ? répondit-il de son traditionnel air blasé.
- A cause de ce que tu m'as avoué. Tu sais, toi, amoureux de moi et tout.
- Je m'en suis remis.
- T'es sûr ?"
Il se soupira et se tourna vers moi.
" - Oui je suis sûr. Aller dis ce que tu as à dire qu'on en finisse.
- Non mais t'es vraiment sûr-sûr ? Parce que ce que je m'apprête à te demander va faire de moi une horrible personne si jamais tu as encore des sentiments pour moi et...
- Ecoute Paxton, je te vois arriver à des kilomètres. Tu veux t'assurer que je ne ressens plus rien pour toi parce que tu craques sur Leyna et que tu veux savoir s'il se passe ou s'est passé quelque chose entre elle et moi, c'est bien ça ?
- C'est l'idée oui. Est-ce que ça fait de moi quelqu'un d'incroyablement égoïste ?
- Demander à quelqu'un à qui tu as clairement fait comprendre qu'il n'y avait et n'aurait jamais moyen d'envisager une relation s'il a des sentiments pour la personne sur laquelle tu craques ? Je dirais que oui, ça me parait plutôt égoïste. Mais non."
J'étais stupide ou sa dernière phrase n'avait aucun sens ?
" - Pardon ?
- Non, il n'y a jamais rien eu entre Leyna et moi, et non je ne suis pas intéressé. Et de toutes façons, elle n'est pas du tout attirée par les mecs.
- Comment tu sais ça ?
- Parce que nos parents bossaient ensembles sur l'Arche, qu'on se connait depuis qu'on est gosses et qu'elle est ce que j'ai de plus proche d'une meilleure amie.
- Sérieux ?!"
Avec tout ce qui s'était passé depuis notre arrivée ici, j'avais tendance à oublier qu'on avait tous une vie avant, sur l'Arche.
" - Oui. Je pensais qu'elle était morte, et elle pensait que j'étais mort, alors ça nous a fait bizarre de nous retrouver.
- Mais attends, c'est toi qui es venu nous chercher à la Nation des débiles, pourquoi vous vous êtes pas sautés dans les bras ?
- Elle est aveugle je te rappelle, elle a pas exactement vu que j'étais là. Et j'ai préféré attendre qu'on soit de retour à Polis pour nos retrouvailles.
- Ouais ça se tient."
Nouveau silence gênant.
" - Ecoute Jules, je vais te dire un truc qu'elle ne voudra probablement pas que je te dise, mais tant pis. Leyna est la seule personne à qui j'ai parlé de mes... sentiments pour toi. Et elle aussi me parlait d'une fille qu'elle avait rencontré. Elle ne connaissait pas son nom quand elle m'en a parlé, mais à un moment de notre conversation, elle a compris qu'on parlait de la même personne, mais elle ne m'a jamais rien dit."
Le sous-entendu de ces quelques phrases fit faire à mon cœur des backflips dans ma cage thoracique.
" - Attends tu veux dire que...
- J'ai été ce gars à attendre sans savoir, et je ne veux pas que ça lui arrive. Alors je te le dis pour qu'elle ne vive pas la même chose que moi, oui elle craquait pour toi sur l'Arche, donc si..."
Il continua un discours de grand frère protecteur menaçant de me casser la gueule, mais je ne l'écoutai plus. Un des points les plus étonnant de cette conversation était de découvrir que Murphy tentait sincèrement à quelqu'un, qu'il avait une meilleure amie pour qui il était près à se battre. Connaissant l'animal, c'était assez surprenant. Mais le plus intéressant dans tout ça, c'était d'avoir la confirmation par son meilleur ami que Harley ressentait quelque chose pour moi, au moins lorsqu'on était sur l'Arche. Evidemment, j'avais l'impression que le courant passait bien et tout, mais entre avoir des suspicions, simplement penser que et en avoir le cœur net, il y avait un gouffre ! Je fus prise d'une vague d'amour et me jetai dans les bras de Murphy, qui ne sut pas comment réagir.
" - D'accord... Tu vas tout de suite me lâcher.
- Pardon, c'est juste que..."
- Dégagez !" hurla Jasper.
Je me jetai sur Murphy pour la renverser sur le côté, lui évitant de se faire aplatir par le sapin qui venait de s'écraser sur le sol, soulevant un nuage de fumée.
" - Tout le monde va bien ?" demandai-je lorsque ma vision ne fut plus brouillée par la poussière.
Le tout le monde dont il était question me répondit plus ou moins clairement. En me relevant, je parvins à distinguer Jasper et Monty derrière le tronc, qui avaient assisté à la scène impuissant, Octavia sur un côté, affalée sur Harley qui l'avait probablement tiré en arrière avant qu'elle se mange le sapin en pleine gueule, et Clarke entourée de Bellamy qui avait potentiellement lui aussi sauvé une vie ce soir. Voire beaucoup de vies, parce que si Clarke était morte écrasée par un sapin qu'on n'avait pas le droit de couper, Lexa aurait probablement testé les pires méthodes de tortures sur nos pauvres petites personnes avant de nous achever à coups de massue dans la figure pour laisser nos cadavres se faire violer et dévorer par des bêtes dans la forêt... Oui, ça donnait envie. La dernière personne que je n'avais pas encore cité était la responsable ce qui avait failli nous arriver. Harley fut la première à le faire remarquer.
" - Dis Reyes, loin de moi l'idée d'en rajouter des tonnes, mais tu nous as presque tous buté là quand même...
- Je n'aurais pas dit mieux, approuvai-je.
- Hum... désolée..?
- Tu nous présentes des excuses là ou tu nous demandes si tu dois en présenter ? Rave on a failli se faire assommer au mieux, tuer au pire par cet arbre !
- En même temps, vous deviez bien vous douter qu'il allait tomber non ? se justifia-t-elle.
- Et ça t'est pas venu à l'idée de nous prévenir ? Je sais pas moi, une petite tapette sur l'épaule par exemple !"
Une dispute sans précédent s'en suivit entre Murphy, qui lui en mettait beaucoup des tapettes sur l'épaule, et Raven, dans laquelle personne n'osa intervenir. Le conflit fut vite résolu lorsque celle-ci leva la tronçonneuse vers Murphy et menaça de l'allumer. On savait tous très bien qu'elle ne le ferait pas, mais personne n'avait envie de jouer à "Qui a la plus grosse ?" avec Raven Reyes et sa tronçonneuse. Bellamy, en tout qu'homme sage du groupe, ce fut vous dire à quel point on était désespérés, nous suggéra fortement à tous d'arrêter nos conneries parce qu'un plus gros problème se présentait : ramener le sapin à la tour.
" - Pivotez ! Aller on pivote ! Pivotez ! Pivotez ! Ah pivotez !
- La ferme ! La ferme ! La ferme !"
Nous assistions encore une fois à une dispute de grande intelligence, cette fois-ci entre Jasper qui nous demandait de pivoter l'arbre et O qui en avait marre qu'on lui dise de pivoter l'arbre, parce que comme tout le monde, elle ne comprenait pas ce que ça voulait dire.
" - Ok les gars on pose !"
Nous lâchâmes l'arbre sur le sol. En une demi-heure, nous avions parcouru 20 mètres, massacré la moitié de la forêt et peut-être la moitié de notre sapin. Porter ce truc qui faisait deux fois notre taille à seulement sept paires de bras (Raven et Harley n'étaient pas vraiment en mesure de nous aider vu leur handicap respectif, du coup Harley portait la tronçonneuse et Raven la guidait tout en éclairant la route) n'était pas aussi simple que ça en avait l'air. Ceci dit, même sur le papier ça avait l'air vachement compliqué, surtout sur ce terrain là. Nous étions tous déjà tombés un nombre conséquent de fois, et il n'était pas rare de voir quelqu'un en face de soi, de tourner la tête une demi-seconde, puis de ne plus le voir parce qu'il avait trébuché sur une racine et s'était étalé par terre. J'analysai notre arbre, et compris enfin ce que Jasper voulait dire par "Pivotez".
" - Merde il m'a l'air bien coincé maintenant..."
En effet, certaines branches du sapin s'étaient emmêlés avec d'autres arbres, rendant la situation assez complexe.
" - Je ne vois que deux solutions, commença Monty. Soit on coupe les branches qui bloquent quitte à bousiller un peu notre sapin, soit...
- On va en rechercher un autre... soupira Clarke qui avait l'air de vouloir se suicider.
- Hors de question, qui est d'accord pour bousiller encore un peu plus celui-là ?"
Huit mains, puis neuf lorsqu'on expliqua à Harley que c'était un vote à main levée, levés plus tard, Raven était de nouveau avec son joujou à découper du bois. Autant le bois n'était pas un matériau qu'elle affectionnait, mais faire du bruit avec des gros trucs en métal qui coupaient et qui faisaient des étincelles l'amusait vraiment !
" - C'est bon les gars on est reparti !"
On aurait pu penser que le reste du chemin avait été moins laborieux, l'arbre ayant moins de branches. Bah pas du tout ! Même sans ses branches, porter ce sapin à cinq était une épreuve. Et là, je vous sens venir, bande de petits malins, vous allez me dire "Mais c'est n'importe quoi, il y a deux minutes ils étaient sept, maintenant ils sont cinq, Jules sait pas compter et l'auteur craint !" Je vous arrête tout de suite, nous n'étions plus que cinq avec le sapin. Octavia était partie devant nous, histoire d'ouvrir la voie et de s'assurer que personne ne nous dérangerait pendant l'étape la plus difficile - la traversée de la ville et l'accès à la tour sans être vus -, et Monty ne pouvait plus nous aider parce que Clarke avait glissé et écrasé son tibia en tombant. Maintenant, il galérait tellement pour marcher que le laisser porter l'arbre nous ralentissait.
" - Ok les gars, la voie est libre, c'est l'heure du changement de gardes, personne ne sera là pendant 5 minutes", nous assura Octavia en revenant.
Les trois infirmes partirent vers la tour afin d'appeler l'ascenseur et de s'assurer qu'il resterait ouvert, l'homme activant le mécanisme pour faire monter la cage ayant été soudoyé par Mini-Blake.
" - Aller on y va", chuchota la guerrière.
A moitié accroupis, comme si ça allait changer quelque chose - on se baladait dans une ville déserte à cette heure-ci avec un arbre de 4 mètres ! -, nous traversâmes la place le plus rapidement possible.
" - Stop ! ordonna O le plus discrètement possible, en faisant tout un tas de signe de la main. Il y a du monde, restons cachés pour l'instant !"
Quelques minutes plus tard, elle leva le bras en l'air et désigna la tour de quelques mouvements de la main, nous incitant à repartir.
" - Heu les gars ? demanda Monty lorsqu'il nous vit arriver. Vous la voyiez pas plus grande dans vos souvenirs vous, la cage d'ascenseur ?
- Pitié, dites-moi que vous plaisantez..."
Malheureusement pour Maxi Blake, et pour nous tous d'ailleurs, ce n'était pas une plaisanterie. Ce que sous-entendait Monty était juste : il était catégoriquement impossible de faire rentrer le sapin dans l'ascenseur.
" - Cet arbre va rentrer, affirmai-je. Il est obligé de rentrer, que ce soit en travers, en rond, en croix ou en triangle, il va rentrer !
- A moins de le découper, je vois pas comment tu vas le rentrer... cassa Murphy.
- Hors de question !
- On n'a pas fait tout ce chemin pour laisser ce sapin au pied de la tour !
- Et on ne va pas le découper !
- Et bah trouve une solution, parce que c'est de ta faute si on est dans cette merde !" s'énerva Bell à son tour.
Et voilà que ça commençait à chauffer... Clarke finit par élever la voix.
" - Oh fermez la ! Arrêtez de râler ! On est bloqués ici de toutes façons, alors on s'en fout de savoir qui est responsable de cette situation ! Ce n'est pas très compliqué, on a deux solutions. Soit on laisse tomber tout maintenant et on ramène cet arbre, soit on sort de la ville pour le découper à la tronçonneuse et ne pas alerter tous les gardes avec le bruit. On a tous cautionné à ce plan, alors maintenant on va tous assumer et bouger cet arbre d'ici en réfléchissant à la meilleure solution avant qu'on nous tombe dessus et...
- J'ai peut-être une autre solution."
" - Bon on t'écoute Leyna, c'est quoi ton plan ?
- On a l'ascenseur pas vrai ? Le seul problème, c'est que l'arbre ne rentre pas dans la cage, mais ce n'est pas pour autant qu'on ne peut pas se servir du mécanisme."
Pourquoi les gens se sentaient-ils obligés de se la jouer mystérieux lorsqu'ils avaient la solution au lieu de l'expliquer clairem... Mais bien sûr !
" - Harley t'es un génie !
- C'est ce qui se dit oui. On est bien d'accord, ça peut marcher hein ?
- Bien sûr que oui, ça va prendre du temps et il va nous falloir le plus de monde possible, mais ça va marcher ! Les gars, allez chercher Bryan, Miller et Harper, je vais m'occuper de mes frères !
- Et des chaînes solides également, ramenez-en le plus possible, ajouta Harley.
- Oui, et..."
Je ne finis pas ma phrase en constatant qu'ils nous regardaient avec des yeux de merlan frit. Une petite explication s'imposait.
" - C'est simple. On va se servir de l'ascenseur pour faire monter le sapin, mais sans le rentrer dans la cage.
- Et comment vous voulez faire ça ?
- On va d'abord faire monter l'ascenseur, sans rien dedans. Ensuite, on ouvrira manuellement les portes à l'étage inférieur pour accrocher des chaînes en dessous de la cabine, chaînes que l'on fixera au sapin...
- Ensuite, continua Harley, on fera monter l'ascenseur jusqu'au dernier étage.
- Je pense comprendre l'idée, intervint Raven, mais on doit amener ce truc au dernier étage, ça va bosser problème s'il est fixé en dessous.
- C'est juste, reprit-elle, mais une fois en haut, certains d'entre nous qui seront dans la tour ouvriront à leur tour manuellement les portes, réceptionneront l'arbre, et le garderont avec eux dans la pièce.
- Il y a plein d'étages entièrement vides composés seulement de couloir, ça passera tout seul ! Il faudra ensuite faire redescendre l'ascenseur, pour qu'il se trouve à un niveau plus bas, et on poussera le sapin sur le toit, il passera si on le met à la verticale.
- Et enfin, l'opération inverse, on remontera l'ascenseur un peu plus bas que là où on veut l'amener, et d'autres personnes le réceptionneront, finit Harley.
- CQFD. High Five Quinn ?"
Nous nous tapâmes maladroitement dans les mains, Harley manqua la mienne de peu, fières de nous. Le reste du groupe nous regarda comme si nous étions deux cinglées, sauf Clarke habituée à ce genre de plans en carton.
" - Le seul bémol dans votre plan, remarqua-t-elle, c'est qu'on ne pourra plus utiliser l'ascenseur pour se déplacer une fois le sapin accroché. Enfin si, on pourra monter au dernier lors du premier trajet, mais après ce sera plus délicat.
- Et c'est bien pour ça qu'il nous faut mes frères, Bryan, Miller et Harper, alors bougez-vous."
" - Pourquoi avec toi je suis toujours debout à 4 heures du matin..?
- Oh arrête Nevi, déjà ça n'arrive pas souvent que je vous réveille en pleine nuit, et ensuite il n'est même pas 2 heures...
- Quelque soit l'heure, ni Jellal, ni moi ne sommes opérationnels pour tes idées !"
Je les regardai tous les deux. Effectivement, à première vue, ils n'était pas la définition même de du dynamisme ou de l'efficacité. Jellal était presque endormi par terre, adossé à un mur, et Nevi ne cachait pas ses nombreux bâillements.
" - Mais qu'est-ce qui vous arrive les gars ?! Aller c'est Noël !
- Non, corrigea Jellal. Noël c'est demain...
- Il est plus de minuit, donc c'est aujourd'hui.
- On n'est pas aujourd'hui tant que je n'ai pas décidé de me lever !" rétorqua-t-il.
Notre conversation fut interrompue par le barouf de l'ascenseur commençant son ascension, avec le sapin solidement attaché aux chaînes fixées au plancher. Harley, Murphy, Clarke, Jasper, Monty, Harper, Bryan et Miller étaient montés au dernier étage. Etant donné que c'était à cet endroit qu'il faudrait être le plus silencieux, il était préférable qu'il soit le plus nombreux possible. Raven et O restaient en bas, avec un talkie-walkie, pour donner des ordres au pauvre gars s'occupant du mécanisme, tandis que Bellamy s'était porté volontaire pour monter sur l'arbre, afin de faciliter les manœuvres en nous balançant les câbles pour sortir l'arbre une première fois. Quant à nous trois, nous attendions patiemment dans un des couloirs déserts de la tour l'arrivée de Bell.
" - Ouvrez, il arrive", nous informa Raven à travers le talkie.
Les portes s'ouvrirent sur le vieux Blake, qui demanda de l'aide. Je jetai un coup d'oeil à mes frères.
" - Je suis encore trop jeune pour ça.
- Et moi j'ai le vertige."
Bande de traitres... Je bondis sur le sapin, contrainte et forcée.
" - Qu'est-ce que je dois faire ?
- On a dû mettre le sapin à l'oblique pour le faire entrer. Il va falloir que tu détaches progressivement le câble au bout là-bas, expliqua-t-il en désignant l'opposé de l'arbre. Il va libérer le sapin au fur et à mesure, mais vas-y mollo parce que sinon l'arbre va glisser et... Aah ! Putain qu'est-ce que j'ai dit ?!"
J'aurais peut-être dû l'écouter jusqu'au bout... Pensant bien faire, j'avais arraché la chaine d'un coup sec, ce qui, comme l'avait dit Bellamy un peu tard, avait provoqué un glissement beaucoup trop rapide de l'arbre. On aurait pu croire que le pire avait été évité, que le sapin aurait pu écraser les trois garçons mais n'avait par chance que détruit la moitié du couloir, ou encore que le sapin aurait pu tomber dans le vide et s'écraser plusieurs dizaines de mètres plus bas, tuant potentiellement plusieurs personnes dont Raven et O et bousillant complètement l'ascenseur, ce qui avait été évité de peu car le sapin, entrainé par son poids, s'était contenté d'arriver plus ou moins gentiment là où il était supposé arriver. Oui, ça, ça aurait pu être le pire. Sauf que non, le pire fut atteint lorsque le choc avait fait lâcher plusieurs chaînes, dont celle à laquelle j'étais accrochée, me conduisant à une mort certaine en contrebas.
Par un réflexe miraculeux, je me cramponnai au câble de toutes mes forces, même s'il n'étais plus fixé à rien. Pourquoi était-ce un miracle ? Parce que dans mon malheur, celui-ci s'était emmêlé avec ses semblables, ce qui avait momentanément ralenti ma chute et m'avait permis de bondir sur la paroi et de m'y accrocher solidement. Je n'avais jamais été passée aussi près putain ! Je tentai en vain de calmer ma respiration saccadée pour répondre aux garçons qui hurlaient mon nom plus haut, aussi morts de trouille que je l'étais.
" - Jules !
- Tout... tout va bien ! Je suis vivante ! J'ai réussi à m'accrocher à la paroi !"
Un d'entre eux, je ne reconnus pas, souffla un "putain" de soulagement.
" - Heu les gars ? Qu'est-ce que je fais là ?
- Attends deux minutes !"
Je les entendis discuter pendant un moment, et je reconnus également un grésillement. Le talkie.
" - T'es près d'une porte ? finit par demander Bellamy.
- Heu... j'en sais rien, je vois rien !
- Bouge pas, je fais descendre ma lampe !"
Je voulus répondre avec mon sarcasme habituel que je ne pouvais aller nulle part de toutes façons, mais jugeai que le moment était mal choisi. Un faisceau de lumière finit par jaillir de l'obscurité, éclairant de plus en plus les parois au fur et à mesure que la chaîne maintenant la lampe torche descendait.
" - Alors ?
- Je crois que j'en vois une, quelques mètres au dessus de moi !
- Tu peux l'atteindre ?
- Heu... oui je pense."
J'escaladai le mur de quelques mètres.
" - Ok j'y suis !
- Normalement, près de chaque porte, il y a un petit levier. L'ascenseur l'actionne en s'arrêtant à cet étage en temps normal. Tu le vois ?"
Je tâtonnai un peu et mis la main dessus.
" - C'est bon je l'ai trouvé, je le lève ?"
Je préférai m'en assurer avant de refaire une connerie plus grosse que moi.
"- Ouais vas-y."
Oh miracle ! La porte s'ouvrit sans encombre et je bondis à l'intérieur du couloir.
" - Yay ! Je suis vivante ! Les gars je suis vivante !
- Oui et bah maintenant tu restes là et tu bouges plus d'un iota ! On t'enverra l'ascenseur quand on aura fini !"
J'obéis. Jamais je n'avais frôlé la mort d'aussi près qu'aujourd'hui.
" - C'est... le plus beau du monde !"
Je me trouvais enfin face à notre sapin. Après tous ces efforts, tous ces risques inconsidérés pris au milieu de la nuit, il se tenait devant nous, droit et fier. Enfin, il n'était plus très droit, ni même très fier, mais à mes yeux, à nos yeux, il était splendide !
" - Dites, vous pourriez me le décrire ? A quoi il ressemble ?
- Il est... magnifique.
- Mais encore ?
- Il lui manque la moitié des branches, il n'a presque plus d'épines, il est tout tordu et abîmé, il est pas décoré, et je commence à comprendre pourquoi les grounders pensent que les arbres sont vachement mieux dans la forêt.
- Merci Murphy, pour cette pointe de défaitisme... ironisa Bellamy.
- On ouvre les cadeaux ? Aller les gars, je suis pas réveillé pour rien, dites-moi qu'il y a des cadeaux !"
L'enthousiasme de Jellal fit rire l'assemblé.
" - On devrait attendre demain, suggéra Nevi, que tout le monde soit là mon grand.
- Mais... bredouilla-t-il tout déçu. Au moins un ? Aller Nevi s'il te plait...
- On peut bien donner quelques cadeaux ce soir tu ne crois pas ? Aller Nevi... suppliai-je à mon tour.
- Tu ne veux pas attendre Lexa, pour lui donner son cadeau ?"
Et merde, il avait raison... Nous avions mis tellement de cœur dans le cadeau de Lexa qu'il aurait été ridicule de ne pas lui donner pendant la distribution de cadeaux générale. Néanmoins, je ne pouvais pas me résigner à ne pas offrir un ou deux de mes cadeaux, déjà parce que Jellal me fixait avec une bouille adorable, et ensuite parce que j'avais sans réfléchir demander à un soldat de livrer le cadeau d'Harley dans sa chambre, et vu sa taille, même elle, elle le verrait. Mon débat intérieur fut interrompu parce quelque chose que je redoutais depuis le début de cette expédition...
" - Yu've got kom be kidding me ! (nda : traduction très approximative)"
Reconnaissant cette voix, je n'osai même pas me retourner. Je me penchai vers Octavia, qui elle aussi frissonnait par anticipation à la raclée qu'on allait se prendre.
" - Qu'est-ce qu'elle a dit..?
- "Vous vous foutez de moi ou quoi ?", traduisit-elle.
- Et merde..."
Il était temps de prendre mes responsabilités. J'étais à l'origine de ce qui allait suivre, à moi d'en assumer les conséquences.
" - Lexa je peux t'expliquer...
- Vraiment ? Peux-tu m'expliquer pourquoi est-ce que tu as ramené un arbre ici alors que je t'avais explicitement ordonné de ne pas le faire ? Et est-ce que tu pourrais aussi m'expliquer comment as-tu pu penser pendant un instant que je n'allais pas m'en rendre compte ?
- A vrai dire, j'espérais te mettre devant le fait accompli et... Tout ça, Clarke va te l'expliquer !
- Quoi ?! s'écria-t-elle une octave trop haut.
- Désolée Clarke, mais je suis une lâche et...
- Shof op ! Hogeda gon yu, shof op !"
Je me retournai vers Octavia.
" - "Fermez-la, fermez-la tous".
- Je ne veux pas savoir, continua Lexa. Je ne veux pas savoir pourquoi vous désobéissez si ouvertement aux règles de cette nation, ni comment vous avez réussi à monter cette arbre dans cette pièce sans que personne ne vous remarque. Il est beaucoup trop tôt pour ça. Malgré le fait que votre incapacité à respecter les lois de ce pays devient de plus en plus prononcé, il n'y a eu aucun drame ce soir nécessitant mon attention immédiate..."
Il a failli y en avoir un, des drames, pensai-je en me remémorant ma chute presque mortelle.
" - ... et j'ai vraiment besoin de me reposer. Alors je ne suis pas là, je ne vous ai pas vu, nous n'avons pas eu cette conversation. Non, rien de tout cela n'a eu lieu, je vais simplement aller me recoucher et estimer que ces 5 dernières minutes n'étaient qu'un mauvais rêve."
Sur ces mots, elle tourna les talons et retourna dans sa chambre. Nous restâmes sans bouger, en silence, pendant quelques minutes à ne pas savoir quoi faire.
" - Du coup, finit par demander Jellal, pas de cadeaux ce soir ?"
Nevi s'apprêtait à répondre par la négative lorsque Lexa réapparut dans la salle du trône.
" - Ce sapin devra être parti avant le conseil de demain matin. Aucune épine, aucun morceau d'écorce, aucune trace de son existence, est-ce clair ?"
Nous acquiesçâmes.
" - Nevi, va chercher ma sœur, et toi Octavia, reviens avec Lincoln. Tout de suite.
- Attends, ça veut dire que..? commençai-je pleine d'espoir.
- Ce qui s'apprête à se produire dans cette salle restera dans cette salle. On n'en reparlera plus jamais, jamais de toute notre existence. Clarke, si tel est ton souhait, ce serait un honneur d'être présente au repas que ta mère et Marcus ont organisé pour célébrer cette fête qui vous tient tant à cœur, mais si quelqu'un apprend que je vous ai laissé couper un arbre et l'amener ici, si quelqu'un apprend que vous m'avez désobéi et qu'aucune sanction n'a été prise, vous allez tous sans exception devoir prendre vos responsabilités et être punis. Est-ce clair ?
- Limpide...
- Parfait."
Elle sortit enfin de l'embrasure de la porte, trainant derrière elle un coffre.
" - Octavia, profites-en pour trouver Titus et lui dire d'amener ce qu'il sait."
" - J'arrive pas à croire que t'ais prévu des cadeaux pour nous tous Lexa !"
C'était le plus beau réveillon de ma vie. Entre les paquets empilés sous le sapin, les paquets de bonbons et de gâteaux passant d'une personne à une autre, les bougies éclairant la pièce et les chants de Noël en provenance de la télé de la chambre de Clarke et Lexa, je ne savais plus où donner de la tête. Il manquait certes quelques personnes, telles que Kane, Abby, Jackson, Sinclair, Indra ou encore Nyko, mais... sans vouloir faire de discriminations, c'était des adultes eux, et parfois on était bien sans eux !
" - Le Skaikru parle de cette fête depuis plusieurs semaines déjà, et tout ceci semble beaucoup compter pour vous. La fusion de nos peuples ne marche pas que dans un sens, nous devons également faire des efforts pour intégrer vos coutumes aux nôtres, et celle-ci n'est pas la plus déplaisante. Tu comprends néanmoins pourquoi je ne peux pas accepter que chaque année, chacun coupe un arbre pour le décorer n'est-ce pas ?
- Bien sûr. Désolée pour ça, c'est juste que... J'en ai tellement rêvé, d'avoir un sapin à décorer comme les gens le faisaient avant.
- Je remarque que celui-ci n'a pas eu droit à ses décorations.
- Celui-ci a surtout beaucoup souffert durant le transport.
- Aller on ouvre les cadeaux maintenant ?!"
Il devenait délicat de retenir Jellal de déchiqueter les emballages plus longtemps. Il avait d'ailleurs sauté sur O, Lincoln, Nevi et Hera dès que ceux-ci étaient arrivés/revenus, et nous avions réussi à le maintenir en place quelques minutes supplémentaires, le temps d'expliquer aux deux nouveaux venus ce qui venait de se produire. Comme à l'exception de Lexa, nous avions tous fait quelques cadeaux pour nos amis les plus proches, il fut décidé qu'on ouvrirait les siens en dernier. Monty et Jasper offrirent à l'autre un sachet d'herbe en souvenir du bon vieux temps, qu'on se promit avec Raven de tester dès qu'ils auraient le dos tourné. Celle-ci reçue de la part de Clarke un pendentif sur lequel était gravé " - Hey Raven ? I'd pick you first. - Of course you would. I'm awesome." (nda : si vous ne voyez pas d'où ça sort, je vous renvoie à l'épisode "We are grounders - Part 2"), ce que je trouvai super mignon. La mécano la remercia d'un câlin et lui tendit son cadeau, à savoir plusieurs kilos de chocolat aromatisé au café, que Clarke pouvait bouffer à longueur de journée. Les échanges de cadeaux continuèrent, les couples s'offrirent tous tout un tas de trucs plus niais les uns que les autres et les meilleurs tout un tas de trucs plus stupides les uns que les autres. A la fin du compte, j'avais reçu de la part de Nevi et Jellal une magnifique veste en cuir, des jumelles à vision nocturnes et capteurs thermiques de la part de Raven et de nouveaux rideaux de la part de Clarke, ce qui m'avait fait éclater de rire (il m'avait fallu 10 minutes pour m'en remettre !). Je jetai un petit coup d'œil à Harley, qui était un peu gênée d'être là, car elle n'avait rien à offrir. Murphy avait tenté de la rassurer en lui faisant comprendre qu'elle l'avait pas vraiment eu le temps de réfléchir à ça avec les expériences de la nation des andouilles et tout ça, mais elle resta tout de même un peu en retrait, feuilletant le livre en braille que lui avait offert son meilleur ami. Ce ne serait pas le seul cadeau qu'elle aurait ce soir. Je fis un petit tour dans ma chambre pour amener mes paquets et lançai tout d'abord des sachets de bonbons à tous ceux à qui je n'avais pas trouvé de présent satisfaisant. Je donnai ensuite à Jellal tous les comics que j'avais réussi à rassembler, lui qui en était si fan, et promis à Nevi et Hera de leur payer/trouver un weekend ensembles en amoureux. Je lançai ensuite à Raven et à Octavia une veste chacune.
" - Elle ressemble vachement à une veste que j'ai perdu...
- Moi aussi, c'est étrange ça...
- Normal, ce sont les vôtres.
- C'est ça ton cadeau ? comprit O. Tu nous rends ce que tu nous as volé ?
- Ne te plains pas, c'est l'intention qui compte !"
Je vis du coin de l'œil les Blake s'échanger leur paquet, et en profitai pour glisser discrètement de la lingerie fine à Clarke.
" - C'est pour toi aussi, soufflai-je à Lexa.
- T'es lourde tu sais, commenta la blonde. Vraiment très lourde quand tu t'y mets...
- Tu m'as offert des rideaux Clarke, c'est pas non plus le top du top."
Elle me donna un petit coup de poing sur l'épaule, mais me remercia quand même d'un bisou sur la joue lorsque je lui donnai en plus quelques tablettes chocolat/café.
" - Bon Lexa, maintenant c'est le tien. Souviens-toi qu'on y a tous plus ou moins participé, et qu'on t'interdit tous formellement d'utiliser ce cadeau seule tant que la totalité des gens présents dans cette pièce n'auront pas donné leur accord."
Elle fronça les sourcils et pencha la tête, intriguée. Je fouillai dans mes poches (tout en souriant en entendant Clarke promettre qu'elle avait un autre cadeau qu'elle lui offrirait plus tard) et en sorti un trousseau de clés que je lançai à ma meilleure amie.
" - Qu'est-ce que..?
- Ce sont les clés de ton Rover.
- Pardon ?
- Le Rover que tu as noyé (nda : voir chapitre bonus "Indra"), on a réussi à le repêcher, et on a tous bossé dessus pour le réparer, y compris les absents. Alors quand on aura jugé que tu pourras conduire sans mettre la vie de tout le monde en danger, il sera à toi.
- Je... je ne sais pas quoi dire..."
Et effectivement, elle ne savait pas. Elle était touchée, vraiment touchée, mais lorsque l'on était Heda, on disait rarement "Merci".
" - Bon, et si on ouvrait tes cadeaux maintenant ?" demandai-je.
Bryan et Miller ouvrirent les leur en premier, et découvrirent chacun une paire de gants bien chauds et bien épais.
" - Les hivers sont rudes ici, très rudes", nous dit la chef comme pour se justifier.
Dans le même ordre idée, Harper et Harley se virent offrir un... Les chapeaux/bonnets/turbans/cagoules/masques étaient assez durs à qualifier tant c'était un mélange de tout ce que je venais de citer, mais l'important, c'était que c'était cool et que ça tenait chaud. Jasper était probablement le plus étonné par ce qu'il avait reçu car Lexa avait réussi à lui rapporter une réplique exacte des lunettes d'aviateur qu'il portait jour et nuit à son arrivée sur terre. Et en y regardant de plus près, il était probable que les dites-lunettes soient en réalité les siennes, qu'ils avaient cassé il y avait un moment. Le cadeau suivant était pour Monty et Raven, qui sautèrent de joie en découvrant un... Bon je n'avais pas la moindre idée de ce que c'était, mais c'était un bordel plein de fils et de boutons qu'il fallait brancher à l'ordi et qui devait faire des trucs cools.
" - J'ai demandé à Sinclair ce qui pourrait vous plaire, et il m'a donné ceci, bien que je ne comprenne pas vraiment de quoi il s'agit.
- Nous non plus, on ne comprend pas, pas d'inquiétude, affirma Murphy en déballant le paquet contenant un poignard finement travaillé. Cool."
Sobre, comme à son habitude, mais il avait l'air plutôt content d'avoir un joli couteau. Vint ensuite le tour d'Octavia, qui reçue une nouvelle épée, apparemment approuvée par Indra elle-même, puis son frère qui hérita d'un holster conseillé apparemment par Kane. Tout le monde ici connaissait la passion de Maxi-Blake pour les armes à feu, mais lui donner quelque chose qui lui permettrait de toujours en avoir une sur lui n'était pas forcément une super idée... Lincoln reçu presque le même présent, mais son étui à lui permettrait de caser une poignard, et non une arme à feu. Bien sûr, tout ceci était gravé avec l'emblème du Trikru, autant continuer la propagande jusqu'au bout ! Nevi lui fut victime d'un manque certain d'inspiration, car il reçut une montre. Pourquoi, comment et d'où venait-elle, on n'en savait rien, mais Nevi semblait content quand même. Jellal eut en guise de cadeau le même poignard que Murphy, et s'en suivit un nouveau long débat entre Lexa et moi car je n'étais pas super d'accord pour qu'elle fournisse des armes à mon petit frère de 12 ans, mais elle me rappela bien vite qu'il suivait le même entrainement que les natblidas, et que par conséquent il en maniait tous les jours, de ces trucs. Cette petite scène fut suivie de l'instant émotion lorsque Hera découvrit un pendentif apparemment en tout point semblable à celui qu'elle avait quand elle était gamine et que Lexa avait perdu. Pourquoi n'étais-je pas étonnée..? Bon voyons voir, Miller, Bryan, Harper, Monty, Jasper, Murphy, Harley, les Blake, Raven, mes frères, Hera, Lincoln... Le compte était bon ! Parce que oui, évidemment, comme dans tous les films et toutes les séries, il ne restait que les cadeaux les plus importants à distribuer lorsque Titus nous interrompit en entrant dans la salle. Il se figea en observant l'arbre puis voulut nous faire part de son avis, comprendre de sa désapprobation, mais Lexa lui coupa l'herbe sous le pied.
" - Ce que tu vois n'existe pas Titus. Tu n'en parleras jamais, tu vas simplement poser le carton ici, disparaitre, et oublier tout ça."
Il s'exécuta et déposa la boite que je venais de remarquer à ses pieds.
" - Attends ! l'arrêtai-je. Avant que tu partes..."
Je courrai dans ma chambre et revins les bras chargés.
" - J'ai un truc pour toi."
Il prit délicatement le vêtement comme si c'était une bombe qui risquait d'exploser.
" - C'est une toge romaine comme celle que tu portes tout le temps. Je t'en devais une depuis, tu sais, l'incendie tout ça tout ça. (nda : voir chapitre 10) Bref, joyeux Noël."
Il arborait une expression assez indescriptible. Soit il avait peur que ce cadeau soit empoisonné et réfléchissait à m'étrangler avec, soit il était touché et un conflit émotionnel de niveau presque apocalyptique avait lieu dans son esprit.
" - Tu me diras merci demain. Enfin, tout à l'heure.
- Tu peux disposer Titus."
Il suivit les ordres de son Heda, un peu décontenancé, avec sa toge romaine dans les bras.
" - Bon aller, il ne reste plus que deux cadeaux ! C'est quoi le mien !"
Lexa me le tendit délicatement et j'arrachai le papier comme une bûcheronne.
" - Trop cool !
- Je me suis inspirée du jeu auquel tu jouais il y a quelques jours. Celui où tu tuais des... templiers ?
- C'est ça, confirmai-je, amusée par les efforts qu'elle avait fourni pour s'intéresser au jeu et se souvenir des noms, ça s'appelle Assassin's Creed, le jeu."
J'avais en ma possession une authentique lame d'Assassin. Enfin, elle était pas authentique, mais c'en était la réplique parfaite. J'enfilai le bracelet autour de mon poignet droite et dégainai la lame avec ma main gauche.
" - C'est trop génial !
- Je ne suis pas sûre que ça soit une super idée, de laisser ceci en sa possession... commenta Clarke.
- Je commence déjà à avoir quelques regrets..."
Les jalouses. Elles trouvaient ça juste trop cool et en voulaient aussi. Bande de rageuses.
Lexa se leva pour aller chercher la boite et la posa sur les genoux de Clarke.
" - Attention, ne la secoue pas.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Ouvre et tu verras."
Skai Prisa ouvrit le carton déjà percé de trous de tous les côtés et poussa le même cri de joie qu'une gamine de 8 ans à qui on venait d'offrir un ours en peluche. Et nous eûmes tous sans exception (enfin si, Harley ne fit rien parce qu'elle ne voyait pas, mais elle étouffa un petit gémissement aussi mignon que ridicule quand Murphy lui décrivit la scène) la même réaction lorsqu'elle sortit de la boite un bébé chien trop trop adorable, un petit beagle.
" - Oh il est trop mignon !
- T'approches pas de mon chien avec ton couteau ! m'agressa la blonde en serrant l'animal comme si c'était son propre enfant.
- Donne-le moi pendant que tu fais un câlin à ta femme !"
J'enlevai mon nouveau joujou et pris la bestiole dans les bras, pendant que Clarke se jetait sur sa femme, qui en tomba à la renverse, et entreprit de l'étouffer en la serrant dans ses bras.
" - Jules, je veux un chien !" réclama Jellal en caressant la petite bête.
En l'espace de 3 minutes, tout le monde avait formulé cette demande au moins 8 fois.
" - Mais d'où sort ce chien ? finit par demander Clarke en me reprenant son nouveau bébé des bras. Je ne savais même pas qu'il y en avait ici, j'en ai seulement vu dans des livres.
- Ils sont assez rares en effet, mais il arrive parfois que l'un de ses animaux se retrouve par hasard au milieu des habitations, comme c'est le cas dans un village un peu plus au nord. Une femelle est arrivée il y a quelques mois de cela et a mis au monde quelques petits. J'ai demandé à Nyko d'apporter à la portée un de tes vêtements, le chiot qui s'y attacherait le plus repartirait à Polis. Et en l'occurrence, le voici. Il reconnait ton odeur, il va très vite s'habituer à toi."
Elle gratifia bébé chien d'un caresse sur la tête.
" - Mais c'est autorisé ça, de ramener des bestioles comme ça ?"
M'enfin après tout, pourquoi quand il s'agissait de chiens, c'était ok, mais les sapins, pas question ?
" - Non. Mais je suis Heda."
C'était très juste. Lexa était la seule personne de cette ville à qui on ne pouvait pas dire qu'elle ne pouvait pas faire quelque chose. Elle était Heda, la chef incontestée, donc si, elle le pouvait. Et ce sans aucun problème.
" - Comment vas-tu l'appeler ?
- Oh qu'est-ce que tu dis de Mirabelle ? proposa Octavia. Ou de Isia ? Ou Doris ?
- Vraiment O ? C'est tout ce qui te vient ? la taquina son frère.
- Plume."
Nous regardâmes tous Clarke.
" - Plume ? Vraiment ? T'as conscience que ce truc va devenir bien plus gros ?
- Oui, Plume. C'est comme ça que je veux l'appeler."
Bébé chien, enfin Plume apparemment, releva son museau vers sa maitresse et lui léchouilla le menton.
" - Ouais ça a l'air de lui plaire remarque."
Nous passâmes les deux heures suivantes couchés en vrac sur le sol à jouer avec Bébé chien/Plume. Nevi regarda pour la douzième fois de la soirée sa montre, et jugea qu'il commencerait vraiment à se faire très tard. Ou très tôt selon le point de vue. Bref il était 4 heures du matin. Jellal s'étant endormi sur le sol, il décida de rentrer - enfin de descendre de quelques étages grâce à l'ascenseur qui était miraculeusement encore en état -, et tout le monde le suivit plus ou moins. Ne resta vite plus que Clarke, Lexa, Harley et Raven, cette dernière ayant décidé de dormir sur le canapé à cause de quelques douleurs au niveau de la hanche.
" - Tu veux que je te raccompagne ? proposai-je à Harley lorsqu'elle nous souhaita une bonne et courte nuit.
- C'est gentil, mais je n'ai qu'un étage à descendre, je pense que je m'en sortirai."
Je l'ignorai royalement et lui pris le bras.
" - Raconte pas de bêtises, je te ramène."
Je m'arrêtai devant sa porte et l'entrouvris pour m'assurer que le travail de livraison avait bien été effectué.
" - On reste dormir dans le couloir ? s'impatienta Miss Quinn.
- J'ai encore un cadeau, pour toi. Je m'assurais juste qu'il était bien là, pour pas trop avoir l'air con. Je te conseille de me laisser te guider, il est assez volumineux et prend la moitié de la pièce.
- Tu m'intrigues Paxton..."
Elle se laissa faire alors que je l'amenai sur le siège rembourré.
" - T'es prête ?
- Oui.
- Ok. Donne-moi tes mains."
Je les pris dans les miennes et les plaçai sur les touches.
" - Je n'arrive pas à y croire...
- Je voulais te trouver un piano à queue, mais malheureusement il est assez délicat - et par délicat comprendre impossible - d'en trouver. Néanmoins, les Moutain Men avaient en leur possession quelques pianos droits, alors voilà, celui-là est à toi.
- Comment as-tu fait pour l'avoir ?
- Tu ne veux pas savoir, j'ai usé de procéder pas super orthodoxes...
- Du genre ?
- Mensonges, chantages, menaces...
- D'accord ça me suffit.
- Alors, est-ce que... Est-ce que ça te plait ?
- Tu peux t'assoir sur le lit ?"
Bien qu'étonnée par sa réponse, je m'exécutai.
" - C'est bon."
Elle bondit de son siège et se jeta dans mes bras.
" - Merci. Mille fois merci. C'est tellement... Je ne sais même pas quoi dire, j'avais tellement cessé de croire que je pourrais rejouer un jour, tu n'as pas idée de ce que ça représente pour moi."
Je lui rendis son étreinte tout en souriant.
" - Je t'en prie Harley."
Elle reprit place sur le tabouret et effleura les touches de ces doigts.
" - C'est malin, maintenant je culpabilise à mort de ne rien t'avoir trouver pour Noël."
Elle avait dit cela sur le ton de la plaisanterie, mais elle semblait vraiment se le reprocher.
" - Tu veux me faire un cadeau ? Joue quelque chose."
Une mélodie étrange emplie la pièce, magnifique malgré les quelques fausses notes. Harley continua à passer d'une touche à l'autre avec une facilité déconcertante pendant encore quelques minutes, minutes durant lesquelles les souvenirs de notre première rencontre refirent surface.
" - Pardonne les quelques erreurs, je suis un peu rouillée, s'excusa-t-elle lorsque retentit la dernière note.
- C'était magnifique.
- Merci. Tu te souviens de cette musique ?
- Comment l'oublier ? Requiem - Nausicaä, de l'animé Nausicaä de la Vallée du Vent. C'est ce que tu jouais la première fois que l'on s'est rencontrées, et c'est ce jour là que j'ai fait une nuit blanche en regardant tous les Ghibli en une fois.
- Je n'arrive toujours pas à croire que tu n'en ais jamais regardé un avec ça.
- Et pourtant c'est le cas. Nausicaä reste mon préféré ceci dit.
- A moi aussi, je ne regrette pas de l'avoir vu des centaines et des centaines de fois avant que ça ne me tombe dessus, dit-elle en désignant ses yeux.
- ... Je suis désolée...
- Oh je ne disais pas ça pour que tu me plaignes, bien au contraire. C'était une bien piètre tentative de plaisanterie.
- Et c'était pas drôle.
- N'en rajoute pas !"
Elle me rejoint sur le lit et me mit une claque à l'arrière du crâne.
" - Hé !" protestai-je en lui lançant un oreiller.
S'en suivit une bataille de polochons de quelques minutes, et au risque de me répéter, elle visait drôlement bien pour une aveugle !
" - Je peux te poser une question ? dis-je finalement en m'écrasant sur le lit.
- Tu veux savoir comment c'est arrivé ? devina-t-elle en s'allongeant à côté de moi.
- Si ça ne te dérange pas.
- De la soude.
- Pardon ?
- J'ai reçu une quantité critique de soude dans les yeux il y a quelques années. Les médecins ont réussi à retoucher l'aspect esthétique pour que mes yeux n'aient pas un aspect brûlé, mais ils n'ont rien pour faire pour me rendre la vue. Pour la petite histoire, le docteur Griffin a été mon médecin car il y avait quelques risques que j'en ai également ingéré, de la soude.
- Attends, attends, attends... Comment t'as pu te retrouver avec une telle quantité de soude sur la figure ?"
Je regrettai immédiatement ma question lorsqu'elle tourna la tête vers le plafond.
" - Enfin, t'es pas obligée de... Je suis désolée, j'aurais pas dû, bredouillai-je.
- Ma mère est morte peu avant mon accident. Il y a un lien je t'assure. Elle bossait dans les systèmes de réparation de l'Arche, et elle s'est un jour pointée au boulot ivre. Elle a oublié de vérifier je ne sais quoi, ou elle a mal verrouillé quelque chose, et elle a provoqué la mort de 17 personnes.
- ... Je suis désolée...
- Ne le sois pas. C'était une bonne mère, elle buvait souvent, mais jamais avant ou pendant le travail. Sauf ce jour-là, et ça a tué 17 personnes. Bref, elle a été jugée coupable et condamnée à l'expulsion. Et... j'étais jeune à l'époque, j'avais à peine 14 ans, et ma mère venait de mourir. Les proches des 17 victimes crachaient sur elle à longueur de journée, et aujourd'hui je comprends pourquoi. Mais à l'époque, j'avais besoin d'un coupable. Mon père. Leur mariage était loin d'être parfait. Il bossait dans les labos, et n'était jamais à la maison, et j'avais fini par me persuader que c'était ce qui avait poussé ma mère à boire. Et j'étais tellement... en colère contre lui à l'époque, alors que ce n'était pas sa faute. Tout ça pour en venir à l'accident. Il n'osait plus me regarder en face, se sentant lui aussi coupable j'imagine, et rentrait encore moins souvent qu'avant, passant ses journée dans la section chimie à mettre au point tout un tas de produits.
Un jour, j'ai pété les plombs et je suis allée le voir en pleine journée de travail. Je lui ai dit des trucs horribles, comme quoi il avait tué maman, qu'il était responsable, que je ne lui pardonnerais jamais et... Il était ravagé par le chagrin, et il a fini par craquer lui aussi et il m'a mis une claque, qu'à défaut d'avoir mérité, je n'avais pas volé après ce que je venais de lui dire. Et ça aurait pu s'arrêter là, il aurait pu s'excuser, et moi je me serais excuser, et on aurait tous les deux pleurés et fait notre deuil. Mais le problème, c'est que mon père faisait quelque chose comme deux fois ma taille. Et deux fois mon poing. La claque que je me suis prise m'a fait reculer, et j'ai trébuché. Je suis tombée sur une cuve remplie de soude. Elle était bien fermée, bien isolée, mais je suis passée à travers le verre et j'ai plongé la tête dedans. La sonde est une base, bien plus dangereuse que de l'acide en soit, car elle a fait fondre les couches les plus superficielles de mes yeux, permettant au produit et à des petits morceaux de verres de pénétrer plus profondément. Et la suite, tu la connais.
Mon père m'a tout de suite amenée aux urgences. Par chance, je n'avais pas avalé suffisamment de soude pour que ce soit dangereux - le docteur Griffin m'a d'ailleurs surveillée pendant des mois après ça -, mais pour mes yeux... C'était foutu. Comme il y avait des caméras partout dans les labos, la scène a pu être visionnée et la scène classée comme un accident.
Après ça, les choses se sont beaucoup arrangées avec mon père, il s'en voulait tellement qu'il a démissionné pour prendre un petit boulot de surveillant et a consacré ses journées à m'apprendre à vivre avec mon handicap. Il poussait même jusqu'à se mettre un bandeau sur les yeux pour vivre comme moi ! Il m'a inscrit à des leçons de piano, payé un prof particulier pour m'aider à suivre les cours, et il a même accepté de s'occuper des surveillances le colle le samedi pour pouvoir me payer mon piano à moi ! D'ailleurs, tous les samedis midis, il revenait dépité parce qu'il y avait toujours qu'une seule personne le samedi matin, qui enchainait conneries sur conneries et se retrouvait toutes les semaines au même end..."
Les connexions se firent tout d'un coup dans ma tête.
" - Attends ! Comment il s'appelait, ton père ?
- William, William Quinzal.
- Oh putain je rêve..."
Son père, c'était mon Will ! Le Will que j'avais fait bouger tous les samedis matins pendant plus d'un an ! (Voir chapitre 12 "May we meet again", et oui on en fait de la pub aujourd'hui !)
" - Je le connaissais, ton père. C'était moi, la casse-pied qui se faisait toujours coller. Il ne t'a jamais parlé d'une fenêtre cassée pendant une de ses surveillances, surveillance qu'il n'a pas pu assurer à cause d'un problème d'électricité chez vous ?
- Si, il y a d'ailleurs eu du mal à expliquer ce petit incident.
- C'était Clarke et moi, la vitre. Comme Will était parti et qu'on ne comptait pas s'éterniser en colles, on était parties faire un tour, et on avait dû revenir par une des fenêtres parce que Nevi m'attendait juste devant la porte. Clarke devait me porter pour que j'ouvre la fenêtre, mais elle a paniqué en entendant je ne sais quoi et m'a balancé à travers. Will m'a tellement..."
Je réalisai soudain ce que ça voulait dire. Selon toutes évidences, mon Will était son père, et ce qui était arrivé à mon Will me revint en mémoire.
" - Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta Harley qui était jusqu'à maintenant vachement amusée par cette coïncidence.
- Je viens de réaliser que...
- Tu viens de te souvenir c'est ça ?
- Oui. Je..."
Qu'est-ce que je pouvais lui dire ? Sa mère était morte, son père l'avait rendu aveugle puis s'était sacrifié pensant faire gagner quelques jours à sa fille, sacrifié pour rien car quelques heures plus tard nous étions en contact avec l'Arche. Je pouvais lui dire que j'étais désolée, mais qu'est-ce que ça changerait..?
" - Raconte-moi encore, demanda-t-elle.
- Quoi ?
- Des histoires sur lui, sur comment il était lorsqu'il n'était pas mon père mais ton surveillant."
Nous passâmes les heures qui suivirent à se raconter toutes les anecdotes possibles et inimaginables sur William Quinzal, tant et si bien que lorsque je regardais à nouveau ma montre, il était plus de 7 heures du matin.
" - Oh la vache, j'ai pas vu le temps passé !
- Quelle heure il est ?
- 7h19 !
- Tu veux rester ici ? proposa-t-elle. Dormir un peu."
C'était tentant, mais je ne pouvais pas.
" - Non c'est gentil mais je pense que je vais retourner là-haut.
- Comme tu voudras."
Elle ne semblait ni déçue, ni soulagée. Elle avait probablement proposé ça par politesse.
" - Dors bien Harley.
- Merci toi aussi."
Ma main était crispée sur la poignet de la porte, que malgré tous mes efforts je ne parvenais pas à baisser. Oh et puis merde...
" - Faut que je te demande un truc. Je ne sais pas si c'est le meilleur moment, mais je vais m'en vouloir si je ne le fais pas. Qu'est-ce que tu voulais dire toute à l'heure dans la forêt, tu sais quand tu as dit que tu avais un peu exagéré sur tes super-sens pour m'impressionner ?
- Je pense que tu sais ce que ça voulait dire."
Elle avait raison, et elle le savait.
" - Est-ce que je te plaisais ?
- Non."
J'eus l'impression de me prendre un coup de poignard dans le cœur.
" - Mais Murphy a pourtant dit...
- Je vais le tuer... Non Julia tu ne me plaisais pas. J'ai eu un véritable coup de foudre pour toi. C'est... indescriptible, continua-t-elle devant mon air perplexe, c'est la seule et unique fois de mon existence que j'ai ressenti ça pour quelqu'un. Tout me plaisait chez toi, tu étais la fille de mes rêves, tout ce que j'imaginais dans mes désirs les plus profonds et les plus fous... Je n'ai jamais cru que c'était possible de ressentir autant de choses aussi vite, mais c'est ce qui est arrivé avec toi. Tu m'obsédais, chaque jour, chaque heure, chaque minute, tu m'obsédais tellement que ça en était presque malsain..."
Ces révélations auraient dû me faire sauter de joie. J'aurais tellement voulu lui dire que ce qu'elle ressentait était réciproque, que même sans croire à l'amour au premier regard, j'avais été irrémédiablement attirée par elle, mais je ne pouvais pas. Parce qu'elle parlait au passé...
" - Et maintenant ? demandai-je incertaine.
- Et maintenant, je suis perdue. Quand tu m'as retrouvée à la nation des Glaces, je ne désirais qu'une chose. Enfin deux, parce que pour le coup, sortir en vie du palais était la priorité, mais lorsque j'ai su qu'on s'en sortirait, pendant tout le temps du trajet, j'ai réfléchi. J'ai commencé par me dire que malgré nos moments sur l'Arche, on ne se connaissait pas tant que ça, et que même si ça avait été le cas, nous avions évolué depuis, changé. Et j'ai imaginé qu'une fois installée, je pourrais t'inviter à... quoiqu'on puisse faire ici pendant un rencard. Et tu aurais accepté, on aurait discuté, ri, appris à se connaitre. Et ainsi j'aurais pu savoir, savoir si la fille que j'avais rencontré sur l'Arche était toujours là, ou peut-être qu'elle aurait changé, ou alors jamais existé et que tout ceci n'aurait été qu'une façade, qu'une image qu'elle s'était donnée. Et même si j'avais rencontré une personne différente que celle dont je me souvenais, ça n'aurait pas été grave, peut-être que je l'aurais apprécié tout autant.
- Je n'aime pas du tout le mode que tu emploies. Il y a un mais quelque part, je sais qu'il va y avoir un mais...
- Mais... conclut-elle tristement. Mais je me suis souvenue de notre dernière interaction avant que tu partes pour la Terre, quand tu m'as bousculée et insultée...
- Mais... Je me suis excusée encore et encore, et tu m'as dit que tu t'en étais remise...
- C'est le cas, il en faut plus pour me traumatiser. Ce n'est pas ça qui m'a blessée... Tu n'as jamais essayer de revenir Julia. Je t'ai attendu tous les jours dans la salle de musique. Un jour, j'ai appris que tu avais été incarcérée, mais c'était près de 2 mois après les dernières paroles que nous avions échangé. Pendant 2 mois, tu m'as évitée, tu m'as abandonnée.
- Je n'ai jamais voulu ça Harley ! m'exclamai-je soudain. Je ne voulais pas que tu te sentes abandonnée ou...
- Je sais. Je sais que tu n'es pas revenue parce que tu te sentais coupable. Tu n'es pas revenue parce que tu avais peur que je te rejette."
Je ne dis rien. Encore une fois, elle avait raison, et encore une fois, elle le savait.
" - Et pour ça, je t'en ai énormément voulu. Et c'est ce qui me bloque. J'ai essayé plus d'une dizaine de fois de t'inviter depuis que nous sommes ici, mais à chaque fois je ne le fais pas parce que j'ai peur que la scène se reproduise.
- Je te jure que ça n'arrivera pas, je veux être avec toi, je te t'abandonnerai plus jamais comme je l'ai fait, et je suis désolée si je t'ai fait souffrir, promis-je sans même réaliser ce que je venais d'admettre.
- Tu as fui, Julia, alors que la situation n'avait rien de grave en soi ! Tu m'as bousculé, et c'est tout. Qu'est-ce qui se passera quand on se disputera pour de vrai, comme tous les couples ?
- Je ne sais pas, je n'ai jamais eu de relations suffisamment longues pour avoir la réponse à cette question..." confessai-je.
Harley n'était la seule à avoir eu un coup de foudre là-haut. Elle était la première et à ce jour la seule personne avec qui j'avais réussi à imaginer un avenir. Même avec Niylah, au fond, je savais que c'était perdu d'avance. Et il était hors de question que cette histoire à Harley et moi ne se limite qu'à ça.
" - Harley, commençai-je d'une voix ferme. Tu veux sortir avec moi ?
- Tu as écouté tout ce que je viens de dire ou pas ?
- Oui, ce qui me permet de dire que tu veux sortir avec moi, mais que tu ne sais pas si tu le peux. Je vais donc reformuler ma question bien maladroite. Harley, est-ce que tu estimes pouvoir sortir avec moi ?
- ... Je ne sais pas, il y a des facteurs et...
- D'accord.
- Je ne te suis pas."
Je me levai et me tins debout face à elle.
" - Nous allons continuer à vivre nos vies, sans aucune pression. Tu constateras par toi-même tout ce qui a changé et ce qui est resté pareil chez moi. Tu comprendras la relation qui nous unie Lexa et moi, ou non. Tu comprendras qui je suis réellement, et à quoi t'attendre si on vient à se mettre ensembles. Et je ferai pareil de mon côté. Et tous les jours, je te poserai la même question, et ce jusqu'à ce que tu me répondes oui. Alors Harley, est-ce que tu estimes pouvoir sortir avec moi ?
- Non.
- Tant pis, je te redemanderai demain. D'accord ?
- D'accord...
- Bonne nuit Harley.
- Bonne nuit Julia."
J'ouvris cette fois-ci franchement la porte et sortis. Une fois dans l'ascenseur, je m'appuyai contre le mur et levai la tête.
" - Toi aussi tu es la fille de mes rêves Harley."
Et voilà, c'en est fini de ce spécial Noël. J'espère que vous appréciez la relation entre Jules et Harley, parce qu'elle me tient beaucoup à cœur. Petite précision quant à Bébé Chien, le nouvel arrivant dans la famille. Les noms proposés par Octavia, Mirabelle, Isia et Doris, sont respectivement les noms du chien de ma colocataire et des deux miens. Enfin, c'est les chiens de mon père, pas vraiment les miens pour être exacte. D'ailleurs, Mirabelle, est un bébé beagle, la même race que celle du chien de Clarke. Quant au nom Plume, il s'agissait du nom du premier chien de ma colocataire toujours, et j'ai trouvé ça assez drôle qu'elle ait été appelée Plume car le nom contrastait vraiment avec la taille du chien, qui était assez imposant. Bref, comme d'habitude, n'hésitez pas à laisser une petite review si le cœur vous en dit, vous pouvez toujours demander Jules en ami sur facebook, et sur ce, à la prochaine ! Je vous aime tous !
Kisses - DW.
