Hello !

Merci à tous pour vos gentilles réactions à cette nouvelle histoire !

Le premier chapitre était volontairement "brut", l'idée était de se plonger directement dans l'ambiance.

Cette fois-ci, je vous propose un petit voyage dans le passé, avec un premier chapitre flash-back. Il y en aura quelques autres, pour mieux expliquer le cheminement de Peter !

Bonne lecture !


Quelques mois plus tôt.

L'étreinte de son père le prit de court. Il ne disait rien, il le serrait simplement dans ses bras, mais il y avait dans ce geste un désespoir qui atteignit Peter en plein cœur.

— P… p'pa ?

Autour d'eux, la bataille contre Thanos faisait rage. Des nuages de poussière leur piquaient les yeux et le nez, le fracas des armes était assourdissant, des nuées d'or zébraient le gris profond du ciel, le sol vibrait violemment sous ses pieds, mais rien ne semblait compter — rien, hormis son père et lui.

— P'pa…

Son père parut mettre une éternité à le relâcher. Lorsque leurs regards se rencontrèrent, Peter eut un nouveau choc.

Tony pleurait. Il souriait pourtant, comme s'il n'avait pas conscience des larmes qui dévalaient ses joues. Il prit le visage de Peter entre ses mains, le contemplant avec un amour débordant, qu'égratignait une pointe de quelque chose qui ressemblait à de la terreur.

Peter fronça les sourcils. Il y avait quelque chose de différent, sur les traits de son père. Ils semblaient plus… marqués. Comme s'il n'avait pas dormi durant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Et la barbe qui dévorait la moitié de son visage se teintait de touches inédites de poivre et de sel, que Peter pouvait également déceler au milieu de ses mèches ébouriffées.

Il eut soudainement un doute. C'était ridicule, bien sûr — complètement absurde. Mais tout de même…

Une graine d'angoisse, minuscule, si minuscule qu'elle était dérisoire, se planta dans son cœur. A cet instant, Peter n'avait pas encore conscience qu'elle ne tarderait pas à germer et à grandir, grandir jusqu'à devenir pesante, étouffante, douloureuse, et qu'elle formerait un nœud perpétuel dans sa poitrine.

Il balbutia :

— Juste avant de faire apparaître ce portail géant, M. Strange a dit un truc… il a dit que cinq ans se sont passées, mais c'est juste une façon de parler, hein ? J'ai eu l'impression de tomber en poussière, je crois que je me suis évanoui, mais ça n'a duré que quelques secondes… l'instant d'après, on était tous de retour, prêts à se battre !

Son père ne répondit pas immédiatement. Il semblait toujours chercher ses mots, refusant de quitter son fils des yeux, de le relâcher ou de reprendre part au combat. La poussière et le sang se mêlaient à ses larmes, et son regard était étrange — anormalement fixe.

Hanté.

Peter regretta immédiatement le choix de ce dernier mot. Il lui donnait l'impression que son père était face à un fantôme — hors, n'était-il pas réel, en chair et en os ?

Et lorsque Tony ouvrit enfin la bouche, sa voix lui sembla plus étouffée, plus éraillée qu'avant.

— Reste loin des combats. Je… je reviens très vite. Toi, tu ne prends pas de risque. Éloigne-toi d'ici et, surtout, reste en vie, c'est tout ce que je te demande, s'il te plaît, Peter.

— Euh… D'accord, mais…

— Je t'aime, l'interrompit son père. Ne l'oublie jamais. Quoi qu'il arrive, je sais que j'ai fait le bon choix. Je devais te sauver. J'espère qu'un jour, tu pourras me pardonner…

Il sembla s'imprégner une dernière fois de ses traits, comme s'il voyait son fils pour la première — ou la dernière — fois, puis son propre visage fut dissimulé par le casque rouge et doré d'Iron Man. Avant que Peter n'ait pu le retenir, il s'élança en direction de l'armée de Thanos et disparut dans la mêlée.

Peter esquissa un geste pour le suivre, mais quelqu'un le retint fermement par l'épaule et le tira en arrière.

— Viens, petit. Ne reste pas ici, c'est trop dangereux.

Peter reconnut la voix du Colonel Rhodes, mais comment aurait-il pu lui obéir ? Il ne pouvait pas s'en aller alors que tous les autres se battaient et risquaient leur vie pour repousser leurs ennemis ! Et puis il y avait ce malaise qui grossissait dans sa poitrine, comme si quelque chose n'allait pas…

Il se dégagea d'un coup sec et bondit à son tour dans la mêlée, utilisant ses toiles pour avancer plus rapidement, cherchant son père du regard — mais lorsqu'il le retrouva, il était déjà trop tard.

Le gant de l'infini était entre ses mains. A genoux dans la poussière, il fixait Thanos. Les larmes avaient séché sur ses joues, remplacées par de nouvelles paillettes de sang, et l'inexorabilité se lisait dans son regard.

« Je suis Iron Man. »

Ses doigts claquèrent. Et le monde de Peter s'effondra.

— Son état n'est pas encore stabilisé. Nous allons faire de notre mieux, mais à ce stade, nous ne pouvons rien vous promettre. Nous reviendrons vers vous dès que nous aurons du nouveau.

Les mots n'avaient pas de sens. Peter les écoutait sans comprendre, blotti dans le fauteuil de la salle d'attente de l'hôpital, fixant les magazines négligemment posées sur la table. Ils semblaient déjà vieux, leurs pages étaient froissées et cornées, alors qu'ils étaient datés d'une année dans le futur.

Ou de quatre ans dans le passé, se rappela Peter. Il ne devait pas oublier que depuis que son corps était tombé en poussière, cinq années s'étaient écoulées.

Happy était à ses côtés. Il avait remplacé Pepper quelques heures plus tôt, insistant pour qu'elle aille se reposer et passer du temps avec Morgan. Peter n'avait pas demandé qui était Morgan, le cœur broyé par la terreur, les doigts à vif à force de mordiller les petites peaux qui rebiquaient autour de ses ongles.

Happy aussi accusait le poids des années ; toutefois, il était toujours moins déstabilisant de lui découvrir de nouvelles rides que d'affronter le regard de Pepper, si différent de celui qui était encore le sien la semaine précédente.

(Non : les cinq années précédentes. Peter allait devoir s'y faire.)

— Tu veux manger quelque chose, petit ?

Il secoua la tête. Happy acquiesça, pressa maladroitement son épaule et se leva, disparaissant dans l'un des couloirs de l'hôpital. Lorsqu'il revint, il laissa tomber une barre de céréales au chocolat sur les genoux de l'adolescent.

— Essaie d'en prendre au moins une bouchée. Lorsque ton père se réveillera, c'est à nous qu'il bottera les fesses s'il voit que tu n'as que la peau sur les os.

Peter parvint à esquisser un léger sourire. Davantage pour faire plaisir à Happy que par appétit, il grignota sa barre et but quelques gorgées de soda.

Il entendait tout autour de lui la rumeur constante de l'hôpital. Les lits qui roulaient dans les couloirs, les bips lancinants des cardioscopes, les murmures des infirmiers, les toux et les gémissements de douleur des patients… c'était un véritable capharnaüm, qui lui donnait l'impression qu'on enfonçait des aiguilles dans ses tympans.

Davantage pour s'extirper de ce vacarme que par réel intérêt, il demanda à Happy :

— Dis, qu'est-ce qu'il s'est passé, exactement, pendant ces cinq ans ? Un nouveau film a réussi à détrôner Star Wars ?

— Oh, euh, c'est difficile à dire, répondit Happy. Il n'y a pas eu beaucoup de nouveautés au cinéma, ce sont surtout les plateformes de streaming qui ont explosé, les gens étaient traumatisés par l'Eclipse et préféraient rester chez eux. Beaucoup de séries ont dû s'arrêter, vu que la moitié du casting avait disparu et que l'autre moitié était en deuil, mais il y en a qui ont réussi à s'adapter, surtout grâce aux images de synthèse. Il y a eu ce bébé Yoda, par exemple, je suppose que ça te plairait bien… tiens, regarde, Morgan l'adore.

Happy lui mit sous le nez l'écran de son téléphone portable, sur lequel s'affichait la photographie d'une fillette brune qui serrait contre elle un adorable Yoda miniature en peluche, aux yeux globuleux et aux oreilles duveteuses.

— Woaah, c'est vrai qu'il est mignon… mais, euh… cette fille, c'est, euh, c'est ta fille ? Tu as eu un enfant ? C'est génial, Hap, bravo ! J'étais sûr que tu trouverais quelqu'un de bien ! Je connais la maman ? Quand est-ce que je pourrais les rencontrer ?

Happy vira à l'écrevisse.

— Oh, ahem, c'est à dire que, euh… P-Pepper ne t'en a pas parlé ?

— Pepper ? répéta Peter, perdu. Qu'est-ce que Pepper a à voir là-dedans ?

Ses yeux s'écarquillèrent soudainement d'horreur.

— Naaaaan, me dis pas que toi et Pepper…

— Quoi ? Non, non, grands dieux, non ! s'étouffa Happy. Non, Pepper est toujours avec Tony, ils se sont même mariés !

— Oh…

Peter savait que cette nouvelle aurait dû l'emplir de joie. Pourtant, il eut plutôt l'impression de recevoir un uppercut en plein milieu de la poitrine.

Son père s'était marié. Et il avait raté ce jour — le jour le plus important de sa vie…

Un jour qui ne se reproduirait plus jamais.

Happy dut remarquer sa détresse, car son visage se fit plus doux et sa main revint se loger sur son épaule.

— Ne t'en fais pas, petit. Quand il sera en état de parler, Tony te racontera tout. Il a tellement attendu ce moment, tu sais…

Sa main exécuta une légère pression.

— Tu nous as énormément manqué. Il n'y a pas un jour où on n'a pas pensé à toi.

L'adolescent parvint à esquisser un nouveau sourire, quoi que celui-ci atteignit difficilement ses joues.

— C'est gentil, Hap.

— Ce n'est que la vérité.

Peter hocha la tête, touché par la gentillesse qu'il devinait derrière l'air bourru de Happy.

Il se lova plus confortablement sur son siège, décidant de ne pas poursuivre la conversation. Ils auraient tout le temps de parler plus tard. Le combat l'avait laissé fourbu, ses muscles étaient en coton. Ses cils papillonnaient de plus en plus, il avait du mal à garder les yeux ouverts. Il décida de les reposer, seulement quelques minutes… le temps de reprendre son souffle et de compter dix battements de cœur… dix… neuf… sept… cinq… cinq ? Il avait perdu le compte…

Il sentit qu'on déposait avec délicatesse une couverture sur ses épaules et il se laissa bercer par des chuchotements très légers :

— Le pauvre gamin... il n'a presque rien mangé, il ne comprend pas ce qu'il se passe, il est terrifié…

— Happy, si Tony ne se réveille pas, je ne sais pas comment…

— Il se réveillera, Pepper. Il doit se réveiller. Il ne peut pas abandonner, pas maintenant. Ses enfants ont besoin de lui.

Bien qu'à moitié endormi, une petite partie de son esprit fut troublée et ses sourcils furent agités d'un léger froncement.

Ses enfants ?

Avant d'avoir pu trouver un sens à ces paroles, il sombra dans le sommeil.

— Peter ? Peter, réveille-toi.

Peter battit des cils. Devant lui se trouvait le visage de Happy. En dépit du sommeil qui floutait ses traits, l'adolescent comprit que quelque chose n'allait pas.

Les yeux de l'homme étaient rouges, ses joues étaient baignées de larmes et ses mains tremblaient. Jamais il ne l'avait vu dans un tel état.

Peter fut aussitôt éveillé :

— Hap ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

— Peter, je suis… je suis désolé, parvint à articuler Happy dans un filet de voix.

Le cœur de Peter rata un battement. Son souffle se figea dans sa poitrine, alors que la situation se frayait peu à peu un passage jusqu'à son cerveau :

— Non… non, Hap... ce n'est pas possible...

Mais Happy secoua la tête, implacable :

— Les médecins ont fait ce qu'ils ont pu, mais les blessures de Tony étaient trop graves et ils… ils n'ont pas réussi à le ranimer.

La douleur creusa son regard :

— Il est mort.

— Non, non, non…

— Je suis désolé, répéta Happy en baissant les yeux.

Peter ne réalisa qu'il pleurait que lorsque sa vue fut si brouillée qu'il ne distinguait plus le visage de Happy. Il entendit alors la voix de Pepper derrière lui, brisée par les sanglots :

— Tu peux venir lui dire au revoir, si tu veux, trésor…

Peter ne le voulait pas et, pourtant, son corps se redressa mécaniquement. Guidé par Happy et Pepper, dont les larmes rivalisaient avec les siennes, il pénétra dans une chambre aux murs blancs, au centre de laquelle se trouvait un lit. Et dans ce lit aux draps immaculés…

— Non, non, ce n'est pas possible, non…

— Pete ?

— Noooon…

— Pete, hey, réveille-toi !

Peter ouvrit de nouveau les yeux. Cette fois-ci, il fut ébloui par les néons du plafond et, par réflexe, il plaqua ses paumes contre ses paupières.

— Peter ?

Lentement, l'adolescent écarta les mains de son visage.

Un rêve. Cela n'avait été qu'un rêve. Autour de lui, la réalité de l'hôpital le rattrapait : l'odeur de désinfectant qui le prenait à la gorge, les crissements des chariots, les médecins qui se hélaient, le couinement de leurs chaussures blanches sur le linoléum fatigué… toutes ces sensations, si réelles qu'elles en étaient douloureuses, effaçait peu à peu l'horreur que ses songes avaient instillée dans son esprit.

Toutefois, Peter éprouvait le besoin irrationnel de se raccrocher à quelque chose de tangible, quelque chose qui lui montrerait qu'il était bel et bien réveillé. Il planta discrètement ses doigts contre son avant-bras, se concentrant sur la sensation de sa peau qui se rompait sous l'assaut de ses ongles.

— Tu vas bien ? s'inquiéta Happy. On dirait que tu as vu un fantôme.

— O-oui… je crois, répondit Peter.

— Tiens, prends un peu d'eau.

Happy lui tendit un gobelet en plastique. Il attendit que Peter ait avalé l'eau tiède de l'hôpital, à l'arrière-goût de poussière, pour poursuivre :

— Le médecin de Tony est passé pendant que tu te reposais. Désolé, j'aurais dû te réveiller, mais tu avais l'air si épuisé...

— Ce n'est rien, répondit machinalement Peter, avant de froncer les sourcils. Attends, le médecin est Tony est passé ?

Il s'empressa de demander, le cœur battant la chamade :

— Il a dit quelque chose ?

— Oui, il est venu nous annoncer que son équipe avait réussi à le... eh bien... ils ont réussi à le stabiliser.

Peter ne comprit pas immédiatement.

— C'est quasiment un miracle, mais ils l'ont ramené parmi nous. Il y a de grandes chances qu'il reprenne conscience dans les prochaines heures, le temps que l'effet des sédatifs s'estompe.

Peter réalisa alors que malgré la fatigue qui alourdissait ses traits, un large sourire se déployait sur le visage de Happy — et pas l'un de ces sourires tordus qu'il grimaçait lorsqu'il essayait de le rassurer : c'était un véritable sourire, resplendissant de bonheur et de soulagement.

— Il… il va se réveiller ? répéta Peter, dont les yeux s'écarquillèrent peu à peu à mesure qu'il prenait conscience de la situation. Oh, mon Dieu, Hap. Il va vraiment se réveiller ?

— Il va vraiment se réveiller, confirma l'homme, visiblement amusé. Il risque d'être un peu déboussolé et de ne pas se souvenir de tout ce qu'il va se passer, dans les prochains jours, mais oui : il est tiré d'affaire, petit.

Cette fois-ci, Peter eut parfaitement conscience des larmes qui ruisselaient sur ses joues. Il les essuya immédiatement, gêné de pleurer devant Happy, mais celui-ci ne sembla pas y prendre garde. Son sourire avait laissé place à une expression songeuse :

— Je dois juste te prévenir… ils ont pu sauver ton père, mais, euh, les dégâts causés par le gant de l'infini étaient trop importants pour qu'ils prennent le risque de… enfin, je suppose que c'était la meilleure solution et, de toute façon, Tony trouvera bien un moyen de le remplacer… au moins, il est en vie. Amputé, mais en vie.

— Amputé ? Comment ça, amputé ?

Malgré sa surprise, c'est à peine si Peter remarqua le vide, là où aurait dû se trouver le bras droit de son père. Tout ce qui comptait était qu'il était vivant — et chaque battement de son cœur lui semblait être la plus merveilleuse des musiques.

Et plus merveilleux encore était le sourire de son père.

— Mais qui voilà ? Ne serait-ce pas mon adolescent préféré ?

Quoi que sa voix fût encore un peu pâteuse — d'après Happy, il avait insisté pour qu'on réduise au maximum la dose de morphine qui coulait dans ses veines — il semblait bien plus alerte que ce à quoi Peter s'attendait.

Il avait eu quelques autres réveils, auparavant, mais qui n'avaient duré qu'une poignée de minutes. Cette fois-ci, toutefois, Tony semblait bien décidé à rester éveillé : il avait redressé le dossier de son lit et appuyé son dos contre ses oreillers, trônant fièrement sur son lit d'hôpital.

— P'pa, tu… tu as l'air…

Peter cherchait ses mots. Tony haussa un sourcil :

— Fringuant ? Éblouissant ? Aussi solide qu'un roc ?

— J'aurais plutôt dit, euh…

Tony fit mine de grimacer :

— S'il te plaît, ne dis pas vieux, je ne suis pas sûr que mon cœur puisse le supporter. Il est encore très fragile, tu sais.

Peter eut un petit rire.

— Tu as l'air d'aller bien, finit-il par dire. Enfin, malgré le bras en moins. Et les cinq ans en plus. Enfin, non, ce n'est pas ce que je voulais dire…

Il y eu quelques secondes de flottement — puis, à son grand soulagement, Tony se mit à rire. Peter ne tarda pas à l'imiter, le cœur plus léger qu'il ne l'avait été au cours des jours précédents ; puis, voyant son père déployer son bras gauche, il se précipita contre lui et l'étreignit de toutes ses forces, prenant garde à ne pas l'écraser à travers les couvertures. Tout près de son oreille, il entendait son cœur battre très fort, très vite, véritable ode à la vie.

Son père était là. Son père était vivant.

Son père ne l'avait pas abandonné.

— Tu n'imagines pas depuis combien de temps je rêve de te prendre dans mes bras… ou plutôt devrais-je dire dans mon bras ? Maintenant que je suis officiellement unibrassiste, je suppose que je vais devoir revoir tout mon champ lexical. Encore du boulot en perspective, moi qui pensais profiter de la retraite, maintenant qu'on est débarrassé de Thanos…

— On pourrait te construire un nouveau bras, suggéra Peter, refusant de quitter l'étreinte maladroite de son père. Avec des nanoparticules. Je t'aiderai à le fabriquer. J'ai déjà des schémas que j'avais construit au cas où, bon, il faudra sûrement retirer les griffes et les ventouses, mais pour le reste, je suis sûr qu'on pourrait te faire un bras super-fort, même Steve serait jaloux !

Son père rit à nouveau — et, bien que Peter n'y accorda pas une grande attention, il nota distraitement il y avait un écho étrange à ce rire. Pas exactement de la tristesse, plutôt une sorte de mélancolie étouffée.

— Bien sûr, Spider-Kid, murmura Tony. On fabriquera tout ce que tu voudras. On pourrait même faire participer Morgan, elle qui adore fabriquer des trucs, elle serait sûrement ravie de visser quelques-unes des pièces dont on aurait besoin… enfin, si c'est raisonnable de laisser une enfant de six ans avec un tournevis à la main ?

— Morgan ? répéta Peter, et il s'écarta enfin de son père, perplexe. Happy aussi m'en a un peu parlé, mais je… je n'ai pas compris qui c'est ?

L'expression de son père fit naître un très mauvais pressentiment dans sa poitrine. Il eut l'impression que le temps s'était figé. Que l'illusion à laquelle il s'accrochait, depuis son réveil — l'illusion que rien n'avait changé, hormis quelques nouvelles rides sur les visages de ceux qu'il aimait — n'allait pas tarder à éclater comme une bulle de savon.

— Oh, euh, oui, c'est vrai, j'aurais peut-être dû commencer par là, dit finalement son père, et sa main vint se poser sur la joue de Peter, comme pour adoucir la nouvelle qui allait suivre. J'aurais préféré faire les choses autrement, peut-être une sorte de fête avec des ballons et tout le tintouin, mais bon, puisque les circonstances sont ce qu'elles sont, ahem, eh bien… t-tu es sûr que Pepper ne t'en a pas parlé ? Non, bien sûr, question idiote, c'est à moi de le faire. Peter, Morgan est… Morgan est ta sœur.