Merci à vous pour vos retours, je les lis et les relis avant d'écrire, cela me motive et parfois vous me donnez des idées. J'espère que ce chapitre vous plaira ; j'ai encore des doutes sur la fin, j'aviserai, je vous laisse à vos théories.

J'ai des idées pour une partie 2.

La bizette et merci à vous,

bonne lecture


Hermione a de petits seins. Elle n'a pas de relations avec eux, elle fait comme s'ils n'existaient pas. À la puberté, face à Lavande, elle complexait un peu. Rien de sérieux. Juste un peu. Puis il y avait eu la guerre, et allez savoir, elle avait d'autres préoccupations. Lavande était morte, elle est en vie, avec ses petits seins. Bien que la survie de Lavande ne soit pas déterminée par la taille de sa poitrine mais plutôt due à un loup-garou. Passons.

Hermione s'y fait de ses petits seins, elle s'en fiche un peu.

Ses petits seins, ils ne la gênent pas, ils lui permettent de se glisser dans des endroits étroits sans souci, de courir sans douleur, d'être discrète et agile. Ils lui rappellent qu'elle n'a pas besoin de plus pour être forte, pour survivre. Au quotidien, c'est un atout. Pas besoin de soutiens-gorge encombrants, pas de douleurs dorsales à cause d'un poids excessif. Elle peut se mouvoir librement, se pencher, sauter, sans jamais sentir une gêne. Elle peut choisir n'importe quelle robe, n'importe quel haut, tout lui va sans besoin d'ajustements compliqués.

La discrétion, aussi, est un avantage précieux. Pas de regards insistants, pas de commentaires déplacés. Elle peut se fondre dans la masse, observer, réfléchir, sans attirer l'attention non désirée. Personne ne l'a jamais considéré comme un humain détenteur de poitrine. On la regarde toujours dans les yeux.

Et là, à l'instant T, elle les aime bien. Parce qu'elle peut dormir sur le ventre sans avoir mal. Parce qu'elle aime bien dormir nue sur le ventre pendant que Severus lui caresse le dos.

Les doigts errent entre ses omoplates et son fascia thoraco-lombaire, à peu près. Elle ne sait pas s'il sait qu'elle ne dort plus depuis quelques minutes, mais elle a envie de profiter de cet instant. Elle n'est pas certaine qu'il continue s'il se rend compte qu'elle est consciente de ce qu'il fait. Elle se tait donc, savourant la chaleur de ses caresses.

Cette nuit, c'était bien. Toujours un peu étrange. Elle se demande pourquoi dès que cela dépasse le simple baiser, il ne peut s'empêcher de se murer dans son occlumentie. Elle l'a grondé évidemment, son visage crispé, la voix teintée d'une frustration qu'elle ne parvient pas à dissimuler. Après cela, il était sur la retenue, mais pas un mur de glace. C'est déjà ça.

Elle ne sait pas exactement comment le faire lâcher prise, et au-delà de ça, elle ne sait pas pourquoi il se mure à ce point sur ce sujet-là. Elle se doute bien de quelque chose mais est-ce ça ? Est-ce autre chose ? Est-ce pire ?

Elle sent ses doigts passer sur la colline de sa hanche, remonter contre l'arrondi de sa fesse et reprendre son chemin dans son dos. Il teste, il sait. Exploration timide, essai, tentative. Elle frémit, s'étire un peu. Il retire sa main, incertain, toujours sur le fil du rasoir. Elle se relève un peu du matelas, ses yeux encore flous de sommeil. Elle pose la tête contre son ventre, surprenant Severus. Il a souvent l'air d'un chat sauvage à apprivoiser, farouche.

Son ventre est doux, un peu rembourré. Elle soupire, ferme les yeux, savourant ce moment de quiétude volée. « Quelle heure est-il ? » murmure-t-elle.

« Six heures trente. Je devrais me lever. » répond-il, sa voix rauque et lasse.

« Il est bien trop tôt pour ce genre d'ineptie. » rétorque-t-elle, sans bouger, son corps ancré contre le sien.

Et il ne semble pas non plus avoir l'intention de sortir du lit. La chaleur de leurs corps mêlés, Hermione se redresse encore, se colle à lui, glissant sa tête dans son cou. Elle aime vraiment ça, cette proximité physique qui efface un instant les barrières de Severus. Poser son menton sur sa clavicule, sa joue contre son muscle sterno-cléido-mastoïdien. Elle aime ce mot. Et elle aime encore plus l'action.

Il sent l'odeur brute de sa peau, un mélange de son parfum, de la légère transpiration et des vestiges de leur activité de la nuit.

Il est inerte, il se laisse faire. Elle ne sait plus si elle aime ça. Une chose à la fois, elle se dit, en silence. Est-ce qu'elle devrait aller chercher un livre à la bibliothèque sur l'apprivoisement des animaux sauvages ? Franchement, Pattenrond était moins compliqué.

Severus soupire et referme ses bras sur elle, une étreinte presque désespérée. Ils restent ainsi, peut-être cinq minutes, sans doute plus, mais elle ne compte pas le temps. Elle se laisserait bien sombrer à nouveau dans le sommeil.

Les doigts de Severus reprennent leur danse lente et hypnotique dans son dos. C'est assez relaxant, presque berçant. Hermione sort la tête de son petit coin de refuge et se relève un peu. Severus semble détendu, les yeux fermés, mais il fronce les sourcils, visiblement dérangé qu'elle ose se barrer. Elle s'assoit à califourchon sur lui, ses mouvements doux mais décidés. Il ouvre les yeux, se redresse à son tour. Ils sont tous les deux dans la pénombre de la chambre d'Hermione.

Hermione attend qu'il dise quelque chose. Dix secondes passent, longues et silencieuses, rien ne se passe, si ce ne sont ces dix secondes elles-mêmes.

« Si tu as promis à Ruby de l'aider, il faudrait peut-être que je te libère ? » dit-elle finalement, sa voix un murmure hésitant.

« J'en ai rien à faire. » grogne-t-il. Le mot "faire" est prononcé contre les lèvres d'Hermione, d'un souffle chaud et rauque.

Elle frissonne légèrement, ses mains posées sur ses épaules, ancrées dans cette réalité. Hermione se demande combien de temps il leur faudra pour briser toutes ces barrières, pour que chaque caresse, chaque baiser, ne soit pas voilée par la retenue et la méfiance.

Elle se penche, effleure ses lèvres à nouveau, un baiser léger comme un souffle. Ses mains glissent le long de son torse, son cœur à un rythme étrange. Severus ferme les yeux, se laisse aller, au moins pour un instant.

Cela dit, elle y travaille bien. Il est plus détendu qu'il y a deux jours, plus détendu qu'il y a dix ans. Une sacrée progression pour un type qui souriait moins qu'un gobelin chez Gringotts. Faut pas qu'elle crache sur les efforts déjà faits. Chaque petit pas est un pas de géant pour lui. Elle sourit contre le muscle pectiné* de Severus, se disant que Poudlard ne s'est pas construite en un jour et que pour ce chantier-là, elle est prête à y mettre le temps qu'il faut. Ou au moins plus de trois jours.

Elle se veut plus positive et pense être trop mauvaise langue le matin. Ne demandez pas à Severus. Il à été trop occupé à gémir pendant 5min la tête dans un oreiller.

Il pourrait difficilement répondre qu'elle soit si mauvaise langue que ça.


Severus est dans le couloir du bureau de Minerva, feignant l'air maussade, les sourcils froncés. Il se fait presque attaquer par Rebecca, cette furie, suivie de John qui marche tranquillement derrière elle, les mains dans les poches, l'air détendu.

« Tu étais passé où ? Je t'attendais à 7h ? » s'écrie Rebecca, les yeux lancés comme des poignards.

« As-tu bien attendu ? » rétorque Severus, son volontairement plus acide qu'à l'accoutumé.

« Mais où étais-tu ? » insiste-t-elle, la voix montant d'un octave.

« Je ne me suis pas réveillé. Ça arrive, tu sais ? Surtout à toi » réplique-t-il en haussant les épaules.

« Ça ne t'arrive jamais ! Qu'est-ce qui peut passer avant l'urgence de l'infirmerie ?

« Tu petit-déjeunais avec Minerva ? » intervient John, un sourire en coin.

« Oh, je ne petit-déjeune pas avec le diable, même avec une très longue cuillère. » Rétorque t-il avec un sourire sarcastique.

« Rubychérie, laisse-le. Tu feras la revue des potions périmées la semaine prochaine. En attendant, si tu as un doute, laisse souffrir les marmots, ça leur mettra du plomb dans l'aile.

— Dans la tête, rectifie Rubychérie en levant un sourcil. Dans l'aile, ça veut dire autre chose. »

Rebecca, piquée, se focalise son fiancé, les mains sur les hanches, prête à lui lancer une réplique cinglante. Profitant de la diversion, Severus disparaît derrière un tableau.

Il se faufile dans un passage secret. Il respire enfin, loin des cris et des récriminations. « Un matin de plus dans cet asile de fous », dit-il en avançant. Il était de trop bonne humeur ce matin pour affronter qui que ce soit.

Il file vers la classe d'arithmancie d'Hermione. En approchant, il perçoit le grattement léger de la craie sur le tableau, un son rassurant. Là, il la trouve, concentrée, écrivant quelque chose sur ce tableau trop petit pour son goût. Il se demande pourquoi elle ne l'agrandit pas avec un sortilège, c'est tellement plus pratique.

Elle est de dos, ses robes professorales enveloppant sa silhouette, l'air épanouie, sereine. Il hésite un instant, se demandant s'il doit vraiment la déranger. Mais l'envie de la voir, de se perdre dans ce moment de tranquillité avec elle, l'emporte sur sa raison. Je deviens con. Nunuche et con.

Hermione se retourne et lui sourit. Elle pose sa craie et s'appuie contre son bureau, le regard curieux. Quitte à passer pour un nunuche, il le fait jusqu'au bout.

Il s'approche, ses mouvements maladroits mais déterminés, et se colle à elle dans un câlin maladroit. Ses doigts et son nez se perdent dans ses cheveux. Il respire profondément.

Il n'a pas particulièrement envie de la lâcher. La chaleur de son corps contre le sien, la douceur de ses cheveux, tout cela le rassure d'une manière beaucoup trop explicable.

Hermione, elle, reste immobile puis glisse une main sur son dos, traçant les mêmes cercles que ce matin.

« Quel est le problème avec la classe de Poufsouffle et de Serdaigle ? » demande-t-elle, curieuse.

« Les Poufsouffles et les Serdaigles. » réplique-t-il.

Et puis, sans crier gare, il l'embrasse. Un baiser doux, mais empli d'une intensité contenue. Hermione est contente, il prend plus d'initiatives, c'est un progrès notable. Le cours de cinquième année devait être véritablement pitoyable pour qu'il cherche ainsi du réconfort. Il faut dire que Minerva trafiqué ses heures depuis quatre ans. Elle trouve que les élèves devraient avoir une meilleure base dans les matières pilier. Connerie.

Premièrement, parce que Severus relevait déjà le niveau d'Horace. Et parce que les élèves détestent déjà assez les cours de potion. Passer en un claquement de doigts de quarante-deux à cinquante heures de cours de potion, c'est premièrement stupide, deuxièmement beaucoup trop chiant niveau planning, troisièmement, pas mieux payé.

Que voulez-vous, la seule professeur un tant soit peu syndiquée se plaint de tout ce qui la concerne et oublie les autres. Parce qu'évidemment, les options ne sont pas concernées. Donc Aurora non plus.

Severus se détache légèrement, juste assez pour la regarder dans les yeux. Elle sourit doucement, ses lèvres encore tièdes du baiser.

« Tu sais, tu pourrais te plaindre officiellement. » dit-elle, son ton léger mais sérieux.

« Officiellement ? Aller voir frontalement Minerva pour me plaindre ? Non. J'alimente mon propre syndicat. »

Hermione le fixe, intriguée, ses sourcils légèrement froncés. « Comment ça ?

— Je ne vais pas te dévoiler tous mes plans. Mais le règne de sainte Minerva, 'la manager toxique' comme dit John, prendra un jour fin. »

Hermione éclate de rire, un son clair et rafraîchissant qui résonne dans la salle. « Je n'ai rien vu, rien entendu de cette affaire, soyons clairs. »

Severus esquisse un sourire en coin, cette lueur malicieuse dans le regard. « Tu seras bien heureuse quand elle ne se servira plus de toi comme d'un surveillant général, que nos heures sup' seront payées, et qu'elle arrêtera de nous convoquer tous les quatre matins. »

Hermione secoue la tête, amusée. « C'est un coup d'état que tu nous fait ? Être directeur te manque ? »

Il s'incline légèrement, comme un acteur en fin de scène. « Loin de moi cette idée, mais j'ai quelqu'un d'autre en tête pour ce poste.

— Ne m'en dis pas plus, je ne veux pas mentir pour toi au tribunal quand tu seras inculpé pour avoir mis la tête de Minerva sur une pique. » réplique Hermione, un sourire malicieux aux lèvres.

« Me crois-tu si nul pour me faire prendre ? » s'offusque Severus, l'air faussement indigné.

« Mon chéri, tu as déjà deux procès à ton actif pour complicité de terrorisme, homicide volontaire, conspiration, séquestration, non-assistance à personne en danger, mise en danger de la vie d'autrui, abus de pouvoir. Et tu as perdu un de ces procès » dit-elle, énumérant les chefs d'accusation avec une précision presque moqueuse. Elle essaie de voir si le fait de l'appeler 'mon chéri' le fait réagir, mais visiblement il s'en fout.

« Tu mélanges tout. J'ai perdu au procès où j'étais inculpé pour trafic de substances contrôlées, possession de substances illicites, contrebande, et vente de produits non réglementés ou dangereux. Ils n'ont rien pu prouver de plus. Et à mon deuxième procès, j'ai plaidé coupable, j'ai été condamné à rien du tout parce que Potter m'a fait gracier. Et tu oublies mon procès pour fraude fiscale, mais j'ai été innocenté. » rétorque-t-il, sur le ton de la conversation courante, comme s'il discutait de la météo.

« Quel palmarès. T'as une carte de fidélité avec la cour de justice ?

— J'ai bien essayé d'obtenir la pizza gratuite, mais apparemment les Détraqueurs font peur au pizzaiolo. »

Elle rit et secoue la tête. Avant qu'elle ne puisse dire un mot de plus, il l'embrasse à nouveau. Elle place ses mains autour de son cou, ses doigts jouant avec une mèche.

Severus, moins pudique qu'à l'accoutumée, glisse ses mains sur ses hanches et descend jusqu'à ses fesses, les serrant légèrement. Hermione gémit dans le baiser, trouvant plus simple de se laisser faire que de lui rappeler qu'il devrait y aller. Les lèvres de Severus descendent dans son cou, il marmonne contre sa peau fine.

« Tu fais quelque chose ce midi ? » murmure-t-il entre deux baisers.

« Navrée, j'emmène Teddy choisir un cadeau pour la petite Victoire. » répond-elle, un sourire dans la voix. « Tu devrais t'arrêter là si tu ne comptes pas continuer, tu as cours dans 10 minutes. »

Severus grogne légèrement, son souffle chaud contre son cou. « Oh, 10 minutes peuvent me suffire. »

Hermione rit doucement, ses doigts jouant avec une mèche de ses cheveux. « Puis t'arranger et aller donner cours à l'autre bout du château ? Vraiment ?

— Je pourrais transplaner, mais tu as raison. » concède-t-il, un brin de regret dans la voix.

Severus recule d'un pas, ses mains glissant lentement de ses hanches, comme s'il avait du mal à se détacher d'elle.

« On se voit ce soir ? J'ai ma ronde mais …» demande-t-il, son regard perçant cherchant une réponse dans ses yeux.

« Parce que tu comptais retrouver ton lit miteux ? » répond Hermione avec un sourire. « Ne sois pas en retard. »

Severus hoche la tête, un sourire en coin, puis tourne les talons. Retrouver des Poufsouffle et des Serdaigle à un autre goût maintenant. Littéralement.


Teddy Lupin, traîne ses chaussures usées dans les sombres et interminables couloirs de Poudlard, l'esprit embrumé de pensées fugaces et insaisissables. La promesse de Tante Hermione, qu'il considérait presque comme une vraie tante, de l'aider à acheter un cadeau pour Victoire, tourbillonne dans sa tête, éveillant une étrange anticipation. Les aiguilles de l'horloge, cruelles et lentes, indiquent 11h50 et son estomac grogne désespérément, ajoutant une urgence désespérée à ses pas.

La porte du bureau de Tante Hermione est légèrement entrebâillée, et un parfum étrange le saisit soudain. Teddy s'arrête net. Ce n'est pas le parfum familier de la bibliothèque ni celui des plantes sauvages qu'il mâchouille dans le jardin de Victoire**, qu'il associe d'ordinaire à Hermione. Non, c'est une senteur singulière, une fusion de son odeur habituelle avec quelque chose de masculin, un parfum à la fois familier et insaisissable. Il fronce les sourcils, perplexe, son flair hérité de son père ne le trompant que rarement.

Il frappe doucement, plus par habitude que par nécessité, et pousse la porte. Hermione se tient derrière son bureau, l'air affairé, mais son sourire chaleureux ne manque pas de se dessiner en le voyant entrer.

« Bonjour, Teddy ! » dit-elle, sa voix claire et réconfortante dans l'atmosphère poussiéreuse du bureau. « Prêt ? Tu as ta liste ? »

Teddy incline la tête sur le côté, intrigué. « Une liste ?

— De ce que tu veux prendre à Victoire. » Hermione ajuste une pile de parchemins sur son bureau, ses yeux pétillant d'amusement.

« Bah non, je verrai là-bas. Je vais pas faire une liste de trucs que j'trouverai peut-être pas. » Il hausse les épaules, ses cheveux prenant une teinte légèrement plus vive sous l'effet de son excitation.

Hermione sourit, l'œil malicieux. « Ton père aurait fait une liste. »

Teddy esquisse un sourire en coin, se souvenant des habitudes méthodiques de son père. « Et maman aurait fait un collier avec des perles bizarres trouvées chez un antiquaire. Mais je ne suis ni maman ni papa. Donc je verrai là-bas. »

Hermione arque un sourcil, un ton de reproche léger dans sa voix. « Attention au ton, jeune homme.

— Moui, pardon. Mais je te promets de ne pas être long, j'ai des pistes. »

Hermione soupire, feignant la résignation. « Tu m'en donneras alors parce que je suis perdue. »

Teddy rit, un éclat de malice dans ses yeux. « Ah bah non, tu te débrouilles, Tante Hermione. »

Hermione secoue la tête avec un sourire. « D'accord, d'accord, allons-y. »

Teddy acquiesce, ses yeux verts brillant d'excitation malgré la sensation étrange qui persiste. Il sait que quelque chose cloche, mais il ne veut pas gâcher ce moment.

Ils quittent le bureau, traversant les couloirs de Poudlard baignés de la lumière douce du matin. Il est à l'aise ici depuis des années, malgré l'absence d'autres enfants de professeur.

En sortant, l'air frais d'avril les enveloppe, vivifiant. Hermione marche à ses côtés, son long manteau flottant légèrement, ajoutant une note de grâce à ses pas déterminés.

Le chemin vers Pré-au-Lard est ponctué de bavardages légers, de commentaires sur les sorciers qu'ils croisent, mais Teddy reste focalisé sur l'ombre du parfum mystérieux qui flotte autour d'Hermione. Arrivés devant la petite boutique de jouets magiques, Hermione se tourne vers lui, ses yeux brillants d'excitation. « Je pense que Victoire aimerait quelque chose d'ici. Qu'en dis-tu ? »

Teddy hoche la tête, ses cheveux changeant de couleur avec l'intensité de ses émotions. « Ça semble bien, Tante Hermione. »

Ils entrent, l'air à l'intérieur chargé de magie et de mystère. Tandis qu'ils parcourent les étagères, Hermione semble légèrement nerveuse, jetant de temps en temps des regards vers sa montre.

Enfin, après avoir choisi un jouet parfait pour Victoire, ils se dirigent vers le café. Assis à une table ensoleillée, ils commandent un fish and chips. Parce que papa trouve ça trop gras, et qu'Hermione sait qu'elle n'a pas besoin d'éduquer ce neveux là.


Hermione passe dans les couloirs, surveillant une évaluation qu'elle a donnée aux septièmes années. Les septièmes années sont ceux qu'elle préfère. Ils sont calmes, concentrés, des esprits affûtés et décidés. Pas de ceux qui traînent encore leurs doutes et leurs incertitudes. Ceux-là ont abandonné depuis longtemps, pour ne pas faire chuter leur moyenne. Elle aime cette sélection naturelle, oui, la vie adulte l'a rendue cynique. La vie adulte ou simplement côtoyer Severus et Ron. L'un par mimétisme, l'autre par dépit. Severus avec son sarcasme acéré et Ron avec ses illusions brisées. Ensemble, ils ont forgé en elle cette carapace, cette lucidité mordante.

Ces cerveaux aiguisés qu'elle peut pousser vers son projet de recherche. C'est la classe la plus stimulante. Mais aussi celle qui attend le plus d'elle, et elle aime ce challenge. Chaque tête courbée, chaque esprit concentré, c'est une promesse d'excellence, un potentiel à exploiter.

Elle déambule entre les rangées de pupitres, observant leurs crânes bien alignés, chacun courbé sur son bureau. Le bruit des plumes grattant le parchemin remplit la salle, presque musical. Ce frottement léger, c'est la symphonie de l'apprentissage, l'effort collectif pour atteindre la connaissance. Elle s'arrête près d'un élève, regarde par-dessus son épaule. Le parchemin est couvert de formules et de ratures. Des chiffres se croisent, des lettres se heurtent, c'est un chaos mal organisé.

« Vous me ferez le plaisir de rendre une copie a minima lisible, messieurs dames. » Dit-elle en claquant de la langue, une pointe d'ironie dans la voix.

Les élèves lèvent des yeux un peu coupables, mais habitués. Hermione continue sa ronde, un sourire en coin. Elle sait aussi que ces jeunes esprits sont capables de grandes choses, et elle est là pour les y pousser.

« Professeur Granger ? » demande la voix basse de Miss Davis.

Hermione se retourne, ses yeux croisant ceux de l'élève, cherchant la source de l'interruption.

« Oui, Miss Davis ? » répond Hermione, sa voix calme et ferme.

« Je n'obtiens pas la même réponse entre mes calculs à la main et ceux de la calculette, et j'ai vérifié, je ne pense pas m'être trompée. » Explique la jeune fille, l'air perplexe.

Hermione s'approche du bureau, son regard se posant sur les lignes de chiffres et de symboles.

« Notez les deux réponses en spécifiant si c'est votre calcul ou la calculatrice, si le raisonnement est bon, je vous mettrai le point.

— Merci, Professeur Granger

— Je vous en prie. » répond Hermione en hochant la tête, satisfaite. Elle se redresse, prête à continuer sa ronde, le bruit des plumes reprenant leur symphonie studieuse autour d'elle.

Quelques secondes plus tard, Hermione sent sa poche vibrer. Elle n'utilise pas énormément son téléphone portable. Il faut dire qu'elle n'est pas très SMS. Mais Ginny et Padma, si. Et puis c'est le moyen le plus pratique pour ses parents de communiquer. Relier Poudlard au réseau du PSTN***, merci mais non merci. Elle s'assied à son bureau, vérifie que tous les élèves soient attablés et concentrés. Puis, elle sort son Blackberry. Parce que non, contrairement à Padma et Ron, elle n'a pas besoin d'un iPhone. Ce n'est pas un besoin vital.

Sur le petit écran brille ceci :

« Salut Hermy,

J'espère que tu vas bien ! Ça fait un moment que nous n'avons pas eu de tes nouvelles. J'espère que tu n'es pas trop surchargée de travail et que tu prends le temps de manger correctement malgré toutes tes recherches.

Petite question : tu penses passer dimanche ? Ta mère a invité le fils de Patrick. Elle me souffle de te dire qu'il a acheté un appart sur Victoria Road et qu'il a l'air sympa et plutôt futé.

Tiens-nous au courant si tu peux te libérer. On a hâte de te voir !

On t'aime. Bisous,

Papa »

Elle lève les yeux au ciel, exaspérée mais attendrie par cette tentative de ses parents de jouer les entremetteurs. Elle vérifie qu'aucun élève ne la regarde, tous absorbés par leur évaluation. Elle pianote vite fait une réponse :

« Coucou,

Je vous appelle ce soir après le dîner.

Pas dispo pour votre date ce dimanche. N'aime pas Victoria Road. Trop pompeux pour moi.

Je cherche un Marc Darcy****, pas Sir McTroudebal.

Je vous aime aussi

Hermy »

Elle envoie le message, un sourire amusé aux lèvres. Ses parents pensent encore que sa vie amoureuse était une urgence nationale. Ils ont bien compris qu'il fallait éviter de poser des questions sur Severus ses derniers temps. Alors ils prêchent le faux pour savoir le vrai. Ils sont un peu rusé. Elle est fière d'eux.

Hermione se surprend à penser à Severus, se demandant ce qu'il ferait dans une situation pareille. Est-ce qu'elle devrait parler de lui à ses parents ? C'est à la fois beaucoup trop tôt et en même temps assez tardif. Elle se mordille la lèvre, hésitante. La complexité de leur relation la rend prudente. Est-elle censée dire quoi que ce soit à leurs amis ? L'idée de leurs réactions la fait frémir. Les retours des regards curieux, des questions incessantes, des jugements.

L'avantage, c'est que la question se tranche vite avec Severus. Moins les autres savent, mieux il se porte. Cette discrétion farouche, totalement paranoïaque, a quelque chose de rassurant. Ils ont leur bulle.


Il est minuit quinze. Severus en a marre. D'habitude, il fait ses rondes jusqu'à une heure et demie, c'est ce que demande Minerva. Mais Minerva ne vérifie pas. Alors Minerva peut bien aller se faire foutre.

John est facilement corruptible. Et John est une grosse feignasse. Il a de grosses cernes et ne siffle plus depuis vingt minutes. Un John calme, est inquiétant. Mais pas pour Severus. Il sait que John pétera un câble avec Ruby. Il a encore le temps de s'éloigner avant que la bombe n'explose.

Severus se faufile dans les couloirs, sa cape noire flottant derrière lui. Poudlard est un labyrinthe silencieux à cette heure. Les portraits dorment dans leurs cadres, les fantômes sont absents, errant ailleurs dans le château. Il passe devant la salle des trophées, jette un coup d'œil distrait. Rien d'intéressant. Rien ne bouge.

Il tourne à l'angle du couloir et aperçoit John, affalé contre le mur, les yeux mi-clos. Un sourire cynique étire les lèvres de Severus. Ce type n'a jamais eu le goût de la rigueur.

« Superbe. » murmure ironiquement Severus en passant.

John grogne, se redresse à peine. « Admire. »

Severus sourit en coin, appréciant la réponse. Au moins, John a encore assez d'énergie pour grogner. Il continue sa route, ses pensées dérivant vers Hermione. Elle doit être en train de se coucher.

Minuit et demi. Severus décide qu'il en a assez. Les couloirs peuvent se passer de sa surveillance pour le reste de la nuit. Minerva ne saura jamais.

John le suit. Mince, bon, tant pis. John, avec ses grosses cernes et son air de chien battu, traîne des pieds, il n'essaie même pas de lui faire la conversation. Ils avancent en silence dans les couloirs des professeurs. Des adieux sommaires.

Une fois dans son appartement, Severus se dépêche d'aller dans la salle de bain. Il attrape sa brosse à dents, le geste automatique. L'eau coule, froide et revigorante. Il se regarde dans le miroir, lui aussi est fatigué, mais pas assez pour renoncer.

Il passe la tête par la porte de sa chambre, jetant un coup d'œil rapide. Pas de Phineas. Tant mieux. Il n'a pas la patience de supporter les remarques du vieux portrait cette nuit. Il se dirige vers son placard, ouvre les portes en bois grinçantes, et fouille pour trouver un pyjama propre. Alors qu'il est de dos, il entend la voix nasillarde et agaçante de Phineas.

« Severus, quand je vous demandais si Miss Granger dormait ici, ce n'était pas dans le but de vous faire fuir votre propre chambre… »

Severus se retourne, exaspéré. « Oh, naturellement. »

La première chose qu'il a faite dans les appartements d'Hermione, c'était de fermer l'accès au tableau. Pas besoin que Phineas vienne fouiner chez elle aussi.

« Je ne veux pas vous chasser de chez vous. » continue Phineas avec un ton de fausse innocence.

« Oh, vous ne me chassez pas de chez moi, mais il s'avère que je n'aime pas savoir être épié à ce point. » rétorque Severus en serrant les dents.

« Rien ne change d'habitude, seulement vous vous en êtes rendu compte. » réplique Phineas avec un sourire narquois.

Severus soupire profondément, son agacement palpable.

« Tout à fait. Je vais aller réfléchir à ça ailleurs. »

Il prend ses clics et ses clacs, soit sa brosse à dents et son pyjama, et transplane dans les appartements d'Hermione. Pratique d'avoir été directeur. Il a encore les autorisations pour cela, au moins.

Il atterrit dans le salon, silencieux et enveloppé dans une douce pénombre. Hermione est déjà allongée sur le canapé, un livre ouvert sur ses genoux. Elle lève les yeux, surprise mais heureuse de le voir.

« Phineas encore ? » demande-t-elle en refermant son livre.

« Phineas toujours. » grogne Severus en posant ses affaires sur une chaise.

Hermione sourit, amusée par son exaspération. Elle se lève et s'approche de lui, posant une main rassurante sur son bras.

« Tu sais, tu pourrais simplement déplacer son portrait.

— J'y réfléchis. » répond Severus avec un sourire en coin.

Il l'embrasse sur la joue et file se mettre en pyjama dans la salle de bain. Hermione le regarde s'éloigner, amusée par sa détermination silencieuse.

« Va te coucher, j'arrive. » lance-t-il par-dessus son épaule.

Et c'est ce qu'elle fait. Déjà en pantalon de pyjama et un vieux t-shirt appartenant à son père, elle n'a pas vraiment de tenue stratégique à cette heure. Peut-être pas le plus séduisant, mais il est une heure du matin, et elle n'a pas vraiment l'envie de jouer à la coquette. Les vêtements sexy, elle en a déjà porté pour faire plaisir à ses exs, mais elle doute que ce soit stratégique de remettre les mêmes tenues, ni que Severus en ait quelque chose à foutre.

Elle se glisse dans le lit, enlevant le vieux bas de pyjama à rayures. S'habiller comme Obélix n'est considéré dans aucune culture comme sexy, se dit-elle intérieurement. Elle ajuste les couvertures autour d'elle et prend le livre qu'elle avait commencé dans le salon.

Severus revient quelques minutes plus tard, vêtu de son pyjama, l'air un peu plus détendu. Il jette un coup d'œil à Hermione, allongée dans le lit, plongée dans sa lecture. Un léger sourire se dessine sur ses lèvres. Il s'approche, éteint la lumière principale et se glisse sous les couvertures à ses côtés.

« Qu'est-ce que tu lis ? » demande-t-il, curieux.

« The Gathering. » répond-elle sans lever les yeux de son livre. « J'espérais que ça me détende. Mais ce n'est absolument pas joyeux.

— Lâche ça, alors. » murmure-t-il en lui piquant son bouquin.

Elle le laisse faire, un sourire amusé aux lèvres. Il fait voler le livre jusqu'à sa table de chevet d'un coup de baguette et s'allonge dans le lit. Elle éteint les lumières, plongeant la pièce dans l'obscurité. Ils se retrouvent dans le lit, côte à côte, se regardant en chien de faïence pendant quelques secondes.

C'est lui qui fait le premier geste. Il la rapproche de lui, un bras protecteur autour de ses épaules. Deux minutes plus tard, ils sont un mélange de bras et de jambes enchevêtrés, un nœud de membres. Les respirations se synchronisent, créant une sorte de berceuse.

« J'arrive pas à dormir, » marmonne Hermione au bout de quinze minutes, l'agitation visible dans ses yeux.

« Tu veux… ? » demande-t-il, ne finissant pas sa phrase, sous-entendant autre chose que de dormir. Pas qu'il soit particulièrement intéressé, là il dormirait bien.

— Non. Je suis fatiguée. Mais fatiguée nerveusement. J'arrive pas à détendre mon cerveau.

— Dure ta vie. » lance Severus avec un brin de sarcasme.

« Je t'emmerde. » sourit-elle en répliquant, un éclat de malice dans la voix.

« Dis-le avec plus de conviction.

— Je t'aime.

— Non là c'est too much.

— Les deux phrases voulaient dire la même chose. » dit-elle en levant un sourcil, le défiant du regard.

Severus la regarde, amusé par ce petit jeu. Il se penche, l'embrasse doucement, goûtant la chaleur de ses lèvres.

« Laquelle dois-je croire alors ? » demande-t-il, joueur.

« Humpf. N'aie aucune conviction, que le doute persiste, il me sera bénéfique. » murmure-t-elle, un sourire en coin.

« Je resterai donc sur mes gardes alors. » dit-il en se glissant derrière elle pour se mettre en cuillère, son corps enveloppant le sien.

« Tu es habitué, ça ne devrait pas trop changer. » réplique-t-elle, sentant son sourire contre son oreille.

— Tais-toi et dors. » rit-il doucement, un souffle chaud contre sa peau.


*Je vous laisse chercher où se trouve ce muscle ;)

** Non Teddy ne chique pas du tabac, mais mâchouille des tiges de fenouil sauvage, ça se trouve facilement en campagne ou sur les littoraux. Je vous laisse chercher, je suis sûre que vous en avez déjà vu. Ça a un goût anisé, donc proche de la badiane.

*** Public switched telephone network, soit le réseau de service téléphonique britannique.

**** Allez lire (j'ai dit lire) "Le journal de Bridget Jones". (Le livre est plus sympa et plus drôle que le film) (Je ne parle que du premier tome)