Bonjour à tous !
Voici le second chapitre pour les aventures de notre petit Sabo ^^ Vous allez donc voir comment se passe sa rencontre avec deux frangins complètements tarés ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, j'attends avec impatience vos retours :)
Bonne lecture !
Sabo fixait toujours les deux garçons face à lui. Il venait régulièrement ici, mais jamais, au grand jamais il n'avait assisté à ce genre de chose, la plupart du temps étant des bagarres entre adultes alcoolisés. Alors des enfants, avec un fusil et un homme mort…
Ces deux garçons étaient bruns, l'un devait avoir son âge quant à l'autre il était plus jeune et plus petit. Il ne savait pas ce que le premier faisait avec un fusil dans les mains, sa bouche était comme scellée, il n'arrivait pas à parler. Un coup d'œil au cadavre mais il ne pouvait pas en voir plus, un haut le cœur le prit et il détourna la tête, de toute façon, avec tout le sang qu'il y avait, il était impossible de voir quoique ce soit, alors il regarda de nouveau les deux garçons.
C'est le bruit de plusieurs aboiements qui le tira de son observation des deux garçons bruns, le faisant reprendre contact avec la réalité. Et la peur qu'il voyait dans leurs yeux. Alors sans réfléchir à ce qu'il venait de se passer, de ce qu'il pourrait aussi se passer, il saisit les deux bruns par les poignets sans réfléchir, son instinct lui commanda qu'il devait les aider, les emmener ailleurs, les cacher.
-Vite ! Leur dit-il en les tirants à sa suite.
Le jeune noble ne savait pas ce qu'il faisait, il ne réfléchissait même pas à la situation, tout ce qu'il voyait, c'était le chemin à prendre pour s'enfoncer dans le Grey Terminal, s'y enfoncer et semer les chiens qu'il entendait.
Il ignora totalement les personnes vivant ici qui essayaient de les interpeler, soit parce qu'ils leurs rentraient dedans, soit par le simple fait de voir des gosses couverts de sangs. Sabo ne voyait que le chemin à prendre. Et bien qu'il connût en grande partie les lieux, il se savait trop vulnérable ici, trop facilement repérable. Il devait aller dans la cité, c'était le seul moyen de fuir ceux qui les prenaient en chasse.
-Venez, je connais une entrée dérobée, on pourra les semer à l'intérieur.
Le blond ne ralentit qu'une fois face à la grande muraille, se tournant vers celui de son âge qui tenait toujours le fusil. Il aurait aimé qu'il le lâche pendant la poursuite. Une arme dans la cité de Goa ne passait pas inaperçue, mais le brun ne semblait pas prêt de la lâcher.
-On va passer par la place centrale, réfléchit-il à haute voix. C'est jour de marché, on devrait pouvoir mettre le bazar en renversant les étals et en libérant les volailles.
-C'est une bonne idée.
Juste un souffle de la part du plus jeune, il l'entendit à peine et se concentra sur ce qu'ils allaient faire une fois de l'autre côté. Ils n'auraient pas beaucoup d'avance pour pouvoir entrer en ville. Les poursuivants pourraient passer les portes en quelques minutes et aucun doute que si cela remontait à l'oreille du Colonel de la Marine de Goa que des enfants couverts de sang se trouvaient dans la cité, il allait faire retourner tous les pavés pour mettre au clair cette histoire.
Sabo indiqua le passage et passa le premier pour faire le guet de l'autre côté, espérant que les deux bruns le suivraient sans le perdre de vue. Goa était peut-être son terrain de jeux, les règles venaient littéralement de passer en mode difficulté extrême. Ils avançaient donc, se cachant derrière des angles de rues, des caisses de bois et autres buissons jusqu'à la place du marché.
Ce n'est qu'une fois qu'ils entendirent les aboiements qu'ils commencèrent à mettre le bazar dans les étals, Sabo s'excusa intérieurement en libérant les poules et autres oiseaux, les effrayants pour qu'ils s'envolent sur les autres stands. Entendant les garçons faire de même dans son dos, il continua son chemin pour sortir de la place par l'opposée, atterrissant dans les petites rues étroites du bas quartier de Goa. Il dénicha une ouverture dans une petite fenêtre cassée, à hauteur de cave et s'y glissa. Selon ses calculs il devait se trouver sous un immeuble dont la cave ne servait que de stockage aux différentes familles vivant ici. Sabo se laissa tomber contre le mur, essoufflé et le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. L'adrénaline de la situation faisait bourdonner ses oreilles. Il regarda le garçon de son âge, enroulé autour du fusil et le plus jeune l'entourer de ses bras.
-Qu'est-ce… Qu'est-ce qu'ils ont après vous ? Osa-t-il enfin demander.
-Sais pas, souffla le plus jeune, le seul qui semblait en capacité de parler. Tonton… Tonton nous a dit y'a quatre jours de nous cacher dans la jungle…
Donc ces enfants venaient de l'autre côté du Grey Terminal. Sabo se disait bien qu'il ne les avait jamais vus parmi les montagnes de déchets. Il savait qu'il y avait un village un peu plus loin sur l'île mais il n'y avait jamais été.
-Il nous a apporté tout ce qu'il fallait… mais à midi ils… ils sont arrivés… et…
Et Sabo connaissait la fin de l'histoire. Il ne savait rien de ces deux garçons mais soient leur oncle avait une grosse connerie, ou alors eux, car pour que des enfants soient ainsi poursuivis, cela devait être grave. Pourtant, cela ne l'inquiétait pas, quelque chose en lui, lui disait qu'il avait bien agit, qu'il se devait de les aider. Et plus les jours passaient, plus il comprenait que dans ce monde, si on n'était pas né noble, on n'était à l'abri de rien.
-Moi, c'est Sabo, commença-t-il.
-Luffy, répondit encore une fois le plus jeune. Mon frère, c'est Ace.
-Restez ici, reprit le blond en se redressant. Je vais revenir avec de l'eau, de la nourriture et des vêtements propres. Par contre faîtes pas trop de bruit, que le propriétaire ne vous remarque pas. Je reviens vite.
Et il remonta par là où ils venaient d'entrer. Ce serait plus simple une fois seul dans les rues car il ne doutait pas un instant que toute la Marine de la ville serait à la recherche de jeunes garçons couvert de sang. Sabo connaissait la ville comme sa poche, il pouvait faire les allées et venues sans se faire attraper ni même remarquer une seule fois.
Sabo se fit aussi discret que possible en remontant dans sa chambre. Il était censé étudier dans son bureau et non se balader un peu partout en ville comme il le faisait actuellement. Il attrapa un sac et fouilla dans ses placards pour trouver des vêtements d'enfants le plus simple et neutre possible. Il ne devait pas attirer l'attention sur les deux bruns quand il les ferait sortir, si on les prenait pour des enfants de noble comme lui, pour sûr qu'ils allaient vite se faire attraper. Mais en même temps il ne fallait pas qu'ils soient trop mal habillés et encore moins avec du sang car ils allaient tout autant attirer l'attention.
Il partit ensuite chercher ce qu'il fallait pour nettoyer le sang, Sabo n'osait imaginer ce qu'il se passait dans leurs têtes alors en plus couvert de sang… Il frissonna à cette pensée, s'arrêtant de temps à autre pour écouter les conversations des domestiques dans les couloirs. Personne ne chercherait à entrer dans son bureau, de toute façon, selon les consignes de ses parents, seule Shannah pouvait aller le déranger pendant ses études et aller le voir à n'importe quel moment de la journée, aucune distraction n'était autorisée. Et il savait que la rousse ne ferait rien qui lui poserait des problèmes, tout au contraire.
-Je me disais bien que votre bureau était étrangement vide.
Le blond sursauta et se retourna pour voir justement Shannah, les poings sur les hanches. Il venait de se faire prendre.
-Shannah !
Il l'a pris aussitôt par le poignet et l'emmena à la cuisine. A cette heure-ci de la journée, ils y seraient seuls et dans les couloirs, absolument tous les murs avaient des oreilles. Il vérifia une dernière fois avant de fermer la porte et soupira puis regarda sa gouvernante avec un petit sourire.
-Puis-je savoir ce que vous faites Jeune Maître ? Vous deviez étudier malgré l'absence de votre professeur.
-Ne t'inquiète pas Shannah, je ferais la liste des devoirs qu'il m'a donné tout à l'heure. Pour le moment, j'ai autre chose de prévu !
Il commença alors à remplir le sac de différentes boites de nourriture, privilégiant des gâteaux, fruits et autres aliments qui ne nécessitait pas de les cuire et en quantité suffisante pour les deux garçons qui devaient déjà avoir faim mais aussi pour tenir toute la nuit et au moins jusqu'au lendemain.
-Mais… Que faites-vous ? S'inquiéta aussitôt la rousse de le voir faire. Vous ne comptez tout de même pas partir quelque part ?
-Non, ne t'inquiète pas, répondit-il sans s'arrêter. Je ne compte pas partir.
-Alors, que faites-vous ?
Le jeune noble s'arrêta pour la regarder en faisant la moue. Il se doutait que les apparences étaient contre lui, mais il ne savait pas à quel point Shannah serait de son côté aujourd'hui. Certes, il s'agissait de sa gouvernante, de sa domestique attitrée qui devait obéir à ses ordres et demandes, mais elle restait aussi au service de son père.
-En fonction de ma réponse tu vas en parler à Père ?
-Oui, je suis votre gouvernante, je dois veiller sur votre bien-être et votre sécurité.
-Alors, pour mon bien-être et ma sécurité, je ne te dirais rien. Maintenant, désolé, mais je dois y aller.
Et avec un rapide salut, il fila par la porte arrière, s'enfonçant dans le jardin jusqu'à son coin à lui, filant ensuite par l'écart dans la haie qui lui permettait de fuir la demeure en toute discrétion. Vu que Shannah l'avait vu, il ne pouvait pas passer par la maison, elle le suivrait en l'appelant et alerterait tout le monde sans le vouloir qu'il était hors de son bureau.
Il rejoignit rapidement la cave où il avait laissé les deux bruns un peu plus tôt. Leur donnant aussitôt de quoi se nettoyer et se changer, leur sortant ensuite de quoi manger.
-Je ne peux pas rester longtemps, je dois rentrer chez moi. Il y a de quoi manger pour aujourd'hui, continua-t-il en montrant le contenu du sac.
Il s'assura que les deux garçons mangèrent un peu avant de leur faire un sourire et repartir chez lui. Shannah ne dirait rien pour son absence mais il n'était pas à l'abri qu'un autre domestique ne vende la mèche et là… ce serait vraiment la catastrophe.
C'était le deuxième jour depuis que Sabo avait rencontré Ace et Luffy dans le Grey Terminal. Il n'en savait pas forcément plus sur ce qu'il s'était produit et ne demandait pas plus que cela pourquoi Ace avait dû tuer un marine et pour le moment c'était très bien comme ça.
Quand il y était retourné, la veille après le dîner, Luffy lui avait fait la conversation jusque très tard dans la nuit avant que le plus jeune ne tombe de fatigue et qu'il se décide à rentrer rejoindre son lit. L'aîné, de son âge, n'avait pas pipé un seul mot de toute la soirée.
-Sabo, tu comptes rêvasser encore longtemps ?
Le jeune blond releva la tête, sortit de ses pensées par la voix sifflante de sa mère qui le regardait avec les sourcils froncés. Il était rarement seul en sa compagnie. La seule fois où elle tolérait sa présence était lorsqu'elle l'emmenait faire les magasins ou qu'elle se rendait chez une de ses amies et qu'il devait faire bonne figure pour le bien de sa famille.
Heureusement pour lui, il se trouvait actuellement dans la première situation, n'aimant pas particulièrement passer du temps en compagnie des enfants des autres nobles.
-Si tes vêtements prévus pour les promenades n'étaient pas trop petits, nous n'en serions pas là.
-Je sais Mère, répondit-il par automatisme.
Et il n'avait pas non plus demandé à ce qu'elle l'emmène. D'habitude c'était Shannah ou une autre domestique qui l'accompagnait pour acheter ses vêtements de tous les jours. Mais sa Mère mettait un point d'honneur à ce qu'il ait une tenue à la pointe de la mode lorsqu'elle l'emmenait avec lui ou quand ils participaient à des repas entre nobles.
-J'aime beaucoup la chemise mauve, dit-il en faisant semblant de vraiment s'intéresser aux vêtements.
-Tu as amélioré tes goûts mon fils, mais il s'agit d'un modèle du mois dernier, va essayer celle-ci, la bleue.
Un fugace sourire apparu sur les lèvres de sa génitrice. Il savait que parler chiffon et mode lui faisait plaisir car elle attendait de lui qu'il s'y connaisse parfaitement dans le but de toujours savoir plaire aux autres familles de leur classe sociale et même d'impressionner ceux encore au-dessus.
Il revint avec la chemise et un pantacourt que la couturière lui avait donné en passant, évaluant le résultat dans la glace alors que sa mère jaugeait le tout avec une moue. Il ne pouvait pas nier qu'il aimait bien les vêtements, et il aimait beaucoup porter des chemises, surtout les bleues. Au moins cela changeait du tout au tout de ses cours et ses leçons que son Père l'obligeait à suivre.
-Vous avez raison Mère, elle est beaucoup plus belle.
Il se prêta au jeu des essayages encore un long moment. Osant parfois donner son avis, qui était souvent chassé d'un geste de la main de sa Mère. Puis s'assit dans un fauteuil quand ce fut son tour à elle d'essayer de nouvelles robes. Des robes que Sabo pariait qu'elle ne porterait qu'une seule fois dans toute sa vie. Des robes qui finiront ensuite en chiffon pour le ménage, car après tout, des meubles de grandes valeurs devaient être nettoyé avec des tissus de grande valeur. Alors que cela aurait pu servir à d'autres femmes.
Et quand il regardait sa Mère il s'efforçait de lui sourire. Ne pouvant s'empêcher de se comparer à elle. C'était d'elle qu'il tenait ses yeux bleus et ses cheveux blonds. De ce qu'il savait de son passé c'est qu'elle ne parlait plus à ses parents depuis des années et qu'il n'a jamais pu les rencontrer. Contrairement à son Père, sa Mère était presque une totale inconnue à ses yeux et il ne connaissait vraiment mais alors vraiment rien d'elle. Alors qu'elle était celle qui lui avait donné la vie.
-Où étais-tu ?
-En ville, Père, mentit Sabo le dos droit et les mains croisées dans son dos.
Il fallait bien qu'au bout de deux jours à faire des allers-retours entre sa demeure et la cave dans le quartier commerçant où se cachaient les deux garçons, il allait se faire attraper. Il allait devoir trouver une autre façon de faire pour sortir, et même déplacer les deux autres car il n'était pas à l'abri de se faire suivre par un des domestiques à la botte de son Père.
C'était sans doute l'un d'eux qui avait vendu la mèche, l'ayant vu quitter la maison au plus tôt alors qu'il allait enquêter pour voir si les marines étaient toujours à la recherche des deux bruns. Ce qui faisait donc qu'il était maintenant dans son bureau, près à entendre des remontrances.
-T'ai-je donné l'autorisation de quitter ton bureau ou ta chambre ?
-Non Père.
-Alors pourquoi es-tu sorti ! Comptes-tu devenir un de ses rustres qui vivent à l'autre bout de la cité ?
Par « l'autre bout de la cité » Sabo comprenait bien qu'il parlait de ceux qui étaient banni dans le Grey Terminal ou qui y finissaient après avoir tout perdu. Le petit noble baissa la tête et fixait le sol qu'il trouva fort intéressant, surtout ce joli dessin naturel du parquet. Il était beau ce nœud, d'une finesse et d'une élégance comme il n'en avait jamais vu sur un plancher.
Il valait mieux pour lui de garder le silence cette fois et se retenir de dire qu'il aimerait bien lui, aller à l'autre bout de la cité, voir même de l'île et encore mieux, de cette mer pour voir et découvrir d'autres choses.
-Et tes leçons ? Je ne tolérerais plus aucun écart de conduite de ta part, est-ce clair ?
-Oui, Père, répondit-il en se redressant rapidement.
-Si dorénavant j'apprends que tu es sorti sans autorisation, tes punitions seront à la hauteur de tes actes.
Le petit blond sorti du bureau paternel, comprenant par sa dernière réflexion était la fin de la discussion et qu'il valait mieux pour lui de partir sans demander son reste au risque de finir par un interrogatoire plus poussé de sa promenade et d'obtenir quand même une punition.
Le blond fila en direction de sa chambre, se laissa tomber à genou à côté de son lit, la tête posée dans ses bras sur la couverture. Il en avait plus que marre, ces leçons commençaient vraiment à l'insupporter et il voulait vraiment ne plus voir ce précepteur à la noix. Il n'était pas pressé qu'il revienne de ce colloque d'enseignants qui était donné à l'université de Goa. Non, vraiment, il n'était pas pressé.
Shannah entra discrètement dans la pièce et s'assit sur le lit à ses côtés, passant alors ses doigts dans les courtes mèches blondes du jeune garçon dans un geste réconfortant. Les larmes ne coulaient pas de ses yeux mais Sabo savait qu'il était proche de laisser les perles d'eau sortir. Il soupira en tournant la tête sur le côté pour regarder la demoiselle qui s'était mise à fredonner un petit air.
-Pourquoi ?
-Parce que c'est ainsi Sabo. On n'a pas toujours le choix que l'on souhaite dans la vie. Vous encore plus qu'un autre le savez.
Il ne dit rien d'autre, fermant les yeux pour profiter de la présence réconfortante de sa domestique. Essayant d'imaginer une vie, ou plutôt une simple journée où il aurait tous les choix qu'il le souhaite. Peut-être qu'il ne serait pas là, peut-être qu'il serait déjà loin de Goa, peut-être qu'il aurait d'autres parents. Qu'est-ce que cela faisait d'avoir un autre père ? Un père qui écoute son fils, qui passe du temps avec lui, qui lui apprend des choses qui l'intéresse. Un père, tout simplement. Et non un géniteur comme l'était le sien.
-C'est vraiment injuste de me faire faire tout ça. Je n'ai vraiment rien demandé.
-Peut-être que si vous réussissez à prouver à votre Père que vous êtes un bon élève, et que vous voulez travaillez et répondre à ses attentes, il vous laissera peut-être plus de liberté.
-Comment ça ? Se redressa Sabo tout d'un coup intéressé.
-Jeune Maître, vous vivez en opposition à votre père. Essayez un instant de vous mettre à sa place de parent, je ne dis pas à la place de la personne qu'il est, mais du père. Il agit en fonction de ce qu'il estime être un mauvais comportement, expliqua Shannah en levant un doigt. Si vous avez ne serait-ce que le comportement qu'il souhaite, peut-être qu'il changera sa façon de faire avec vous. Comme vous le faites avec votre mère.
Le blond s'assit sur son lit en croisant les bras et les yeux baissés sur le tapis. Effectivement, pour ne pas que sa Mère ne soit trop après lui, il lui accordait ce qu'elle voulait de lui. L'accompagner à ses sorties, aller faire des achats ou ne serait-ce qu'aller se promener dans le parc de la cité. Et de ce fait, elle ne lui demandait rien d'autre. Alors en écoutant le conseil de Shannah…
Il sourit de toutes ses dents à sa domestique et la prit dans ses bras. C'était une merveilleuse idée qu'elle venait de lui donner. Le jeune blond allait devoir peaufiner son plan, en commençant d'abord par aider les deux garçons qu'il cachait plus loin en ville et une fois sûr qu'ils soient hors de danger, il agira.
-Je pense qu'on va pouvoir sortir de la ville ce soir.
Le cri de joie de Luffy qui mit ensuite ses mains devant sa bouche le fit sourire. Le jeune blond avait bien remarqué l'impatience du plus jeune à devoir rester enfermé dans une cave et devoir se tenir tranquille pour ne pas être pris.
-Je n'ai pas vu de marines en ville depuis qu'on est venu ici. Je pense qu'ils ont dû abandonner les recherches.
Et surtout Sabo se doutait que le colonel en faction ici n'aimerait pas que ses hommes perdent son temps à courir après du vent. Il prit les affaires et les regroupa dans un sac qu'il avait laissé là et le mis à son dos. Il le cacherait un peu plus loin en ville avant de le récupérer sur le chemin du retour.
Le petit blond les guida dans les rues avec un peu moins de stress que la première fois. Car cette fois-ci, ils n'étaient pas poursuivis, les trois enfants ne craignaient quasiment rien à part de soulever un peu les soupçons pour être dehors à la tombée de la nuit.
Il les guida par des raccourcis entre les différents quartiers par rapport au trajet de l'allée. Permettant ainsi à lui et ses compères de rejoindre le point de passage sous la grande muraille, la fontaine cassée. Et il fallut moins de temps qu'à le dire pour qu'ils se retrouvent de l'autre côté, hors de la cité et commençant à déambuler parmi les montagnes de déchets.
-Même s'il m'arrive de venir par ici, je connais mal l'endroit passé un certain point.
Surtout la nuit. Avant cela, il n'était jamais sorti le soir, soit par obligation familiale ou simplement parce qu'il était plus risqué pour un enfant de s'aventurer seul la nuit. Et si jamais il se faisait prendre, les risques de se faire enfermer à double-tour dans sa chambre étaient trop grands.
-Cela dit, je sais par où passer pour éviter un maximum de personnes jusqu'à rejoindre la jungle. Mais je ne serais d'aucune aide dedans pour vous aider à rentrer chez vous.
Il n'était jamais encore sorti du Grey Terminal. Il ne le connaissait déjà pas assez par cœur pour oser se risquer dans un nouvel environnement. Tout comme il l'avait fait avec la cité de Goa, il voulait d'abord connaître son nouvel environnement de jeu avant d'aller au niveau suivant.
-Faut juste éviter Dadan et Doudou, c'est tout droit sinon, lui répondit Luffy.
-Que… Pardon ? S'étonna Sabo.
-Dadan est une vieille moche dans les montagnes. Elle et Ace se supportent pas. Et elle n'aime pas tonton Ray. Sais pas si tonton Javier l'a rencontré…
L'innocence de Luffy n'en finissait pas d'étonner Sabo. Tout lui semblait tellement normal qu'il en était déstabilisé. Ils se laissèrent dépasser par Ace alors que le blond était intrigué par les dires du plus jeune.
-… d'accord et ce Doudou ?
-C'est un gros tigre ! s'exclama Luffy en imitant la taille avec ses mains. Ace et moi, on voulait l'adopter mais il nous aime pas et tonton Ray en a marre de venir nous chercher à chaque fois qu'on va le voir.
-… tu sais quoi ? Oublie que j'ai posé cette question. HEY ! Attends, pars pas tout seul !
Sabo s'était exclamé en se retournant et en voyant que l'aîné des bruns avait continué le chemin. Il n'était pas bon de se séparer ici le soir. La journée c'était plus tranquille, la nuit… cette zone regroupait quand même des criminels en tout genre.
Une fois les deux à sa hauteur, le jeune noble sentit une main s'accrocher à son manteau. Il regarda la main de Luffy tenir fermement son vêtement mais ne dit rien.
Leur avancée commençait à les mener à la limite du terrain connu de Sabo et surtout ils commençaient à avoir du mal à éviter les regroupements des habitants du Grey Terminal. Alors il partait par moment en éclaireur, surtout quand il entendait un chien ou des éclats de voix. Et à chaque fois qu'il revenait, la main de Luffy retrouvait sa place sur son manteau queue-de-pie avec un grand sourire sur les lèvres.
A un moment, Luffy n'attrapa pas son manteau mais sa main, et Sabo s'en étonna, regardant cette petite main dans la sienne. Il n'avait pas l'habitude des marques d'affection. Il n'avait pas l'habitude des contacts physiques. Il n'en recevait jamais de la part de ses parents, et des domestiques encore moins. Sauf de Shannah, sa gouvernante, qui de temps en temps le prenait dans ses bras pour le rassurer ou le bordait le soir quand il n'allait pas bien. Pourtant il laissa Luffy faire et lui retint même sa main dans la sienne alors qu'il allait l'enlever, pensant avoir sans doute mal fait. Au final, ce n'était pas tellement désagréable de tenir la main de quelqu'un.
Petite main qu'il tint jusqu'à ce qu'il doive repartir un peu en avant, la reprenant ensuite d'office à son retour. Et le trio déambula un long moment ainsi avant d'apercevoir une lueur bien plus loin, le faisant repartir.
Avec une étoile au-dessus de sa tête car il s'agissait d'un énième regroupement de locaux autour d'un feu. Un homme posant des questions avec une photo dans la main. Le jeune blond était un peu loin pour la voir et bien entendre de quoi il parlait. Il choisit de partir au moment où l'homme se tourna vers lui.
-Attends petit ! Juste un instant.
Avec hésitation, le jeune noble s'arrêta dans son mouvement et le regarda sans rien dire. Il ne voyait pas son visage caché par une capuche mais sans doute d'un certain âge au vu de la barbe et des cheveux blancs qui dépassaient.
-Je cherche mes neveux. Ace a sept ans et Luffy en a quatre. Regarde, ce sont eux. Tu les aurais vus par hasard, jeune homme ?
Et Sabo pu enfin voir la photo sur laquelle figuraient les deux frères qui l'attendaient un peu plus loin. Mais qui pouvait prouver que cet homme disait la vérité ? Il valait mieux en parler directement aux concernés avant de faire quoique ce soit.
-Jamais vus, mentit Sabo avec aplomb. Je dois rentrer.
Excuse bidon. Qui vivant ici à Grey Terminal se souciait si un enfant devait impérativement rentrer chez lui ? Il prit la poudre d'escampette pour rebrousser chemin, jetant par moment de coups d'œil derrière lui pour vérifier qu'il n'était pas suivi. Ne s'arrêtant qu'une fois devant les deux bruns qui l'attendait assit à l'endroit même où il les avait laissés.
-Onii-chan a dit qu'on devait t'attendre et que tu allais revenir !
Le blond ne releva pas, mais il n'avait pas entendu la voix de l'aîné pendant trois jours, pas même un son, comme s'il n'avait pas de langue. Il se demandait bien comment il avait pu dire quoique ce soit à Luffy. Et la posture d'Ace qui le toisait comme s'il lui demandait ce qu'il avait foutu. Mais pour le moment la situation ne permettait pas qu'il s'interroge plus longtemps, pointant du doigt la direction dont il venait.
-Un étrange vieil homme pose des questions sur vous avec des photos à l'appui en disant que vous êtes ses neveux et qu'il vous cherche.
Il n'eut pas le temps d'ajouter autre chose que les deux frères l'attrapèrent chacun par un bras et l'entrainèrent à leur suite sans demander leur reste. Se retrouvant libérer des mains qu'une fois qu'ils arrivèrent devant l'étrange homme qui attendait toujours au même endroit.
-JI-CHAN !
-Davy Jones soit loué, vous allez bien.
Le comportement de Luffy voulait tout dire. Il n'y avait donc rien à craindre de lui. Et c'est à ce moment qu'il put voir son visage, une cicatrice lui barrait l'œil et il portait un sabre sur le côté. Ils ne devaient pas un oncle ordinaire. Oncle qui se mit à le regarder, il ne put s'empêcher de se sentir petit face à lui.
-Merci de les avoir protégés, jeune…
-Sabo. Je me prénomme Sabo.
-Merci Sabo-kun. Je suis Silvers Rayleigh, le gardien et oncle de ces deux garnements… et Ace, que fais-tu avec un fusil comme celui-ci ?
Sabo se tourna vers Ace qui n'avait pas bougé, comme retenu par quelque chose d'invisible. Il le regarda avec curiosité, lui qui ne lui avait pas adressé un seul mot, qui avait mis Luffy entre eux deux comme d'un tampon et qui maintenant lui avait tenu furtivement le bras pour le tirer jusqu'ici et restait à ses côtés comme s'il était une sorte de rocher auquel il s'accrochait.
Mais sa curiosité fut attirée par un nouveau point alors qu'il fronçait les sourcils, il avait bien entendu ce qu'il avait entendu ?
-Silvers Rayleigh ? Comme… souffla Sabo d'un air abasourdi.
-Je ne suis plus le second de Roger depuis de longues années, tout ceci est derrière moi. Je ne suis plus qu'un paisible vieil homme qui s'occupe de ses neveux.
-Tu es blessé ? demanda Luffy à son oncle.
-Ce n'est rien, je me fais vieux, c'est tout. Allez, nous devrions rentrer.
-D'accooooord… A bientôt Sabo !
Toujours sur le coup de la surprise, il ne sut quoi dire quand Ace se planta devant lui alors que Luffy était toujours accroché à son oncle.
-On se reverra ? demanda l'aîné.
-Oh ! Donc, tu n'as pas perdu ta langue ! Lança le blond avec un rire.
Il croisa les bras, amusé alors qu'il voyait le brun rougir.
-Cela sera avec plaisir, sourit Sabo. A un de ces quatre.
Et avec un signe de la main il regarda le trio partir vers la direction de la jungle puisque d'après Luffy ils devaient la traverser tout droit jusque chez eux. Et avant de lui-même reprendre le chemin de sa maison, l'adulte se retourna vers lui.
-Je vis avec les garçons dans une maison à l'écart du village de Fussha. Si tu souhaites nous rendre visite, n'hésites pas à le faire. Suis la plage ouest, c'est la voie la moins dangereuse pour rejoindre le patelin. A bientôt.
Et ils disparurent, laissant le jeune noble observer la nuit devant lui avant de filer en sens inverse à toute allure. Il se souvenait du chemin qu'il avait emprunté à l'aller et une fois seul, il irait maintenant vite pour rentrer chez lui, passant récupérer le sac qu'il avait laissé dans la fontaine cassée et filant rejoindre son lit.
-J'en reviens pas…
Il se mit à rire tout seul en revenant sur terre, il venait de croiser un des pirates les plus dangereux et puissant de ce monde. Un homme décrit comme la pire des crapules dans tous les livres qu'il devait étudier au sujet des lois et des institutions qui régissaient ce monde.
Et il vivait ici, sur l'île de Dawn, à quelques kilomètres de lui, un enfant qui rêvait de partir loin, de voyager et de voir le monde. Un enfant qui rêvait de Liberté.
Sabo releva la tête de son livre alors qu'il entendait des personnes parler fort dans la rue. Pas que cela le dérangeait, au contraire, c'était une bonne distraction qui pourrait lui faire oublier un instant tous les différents jugements qu'une personne pouvait subir pour non-respect de la loi concernant le fait de mal parler à un officier de la Marine.
Alors c'était sur une autre note qu'il s'accouda sans aucune discrétion à sa fenêtre. Après tout, pour se disputer en pleine ville et en plus dans ce quartier, c'est qu'ils n'avaient rien à cacher. Et puis, il pouvait parier que tous les domestiques des maisons alentours étaient aussi aux fenêtres, prêt à rendre des comptes à leurs maîtres.
-Que faites-vous Sabo ?
Shannah venait d'entrer dans son bureau avec de la nourriture. Parfait pour bien s'installer ! Si la vie de noble et les promenades avec sa Mère lui avaient appris un truc, c'était la bonne façon de faire un commérage parfait. Soit, assis confortablement avec un truc à manger ou à boire.
-Rien, juste des étrangers qui se disputent dans la rue.
-Des étrangers ? S'enquit la domestique.
-Oui, eux là, ils ne ressemblent pas à des personnes vivant à Goa, affirma-t-il en pointant les deux blonds. Et eux, on voit bien qu'ils les connaissent mais si j'avais déjà vu quelqu'un avec les yeux rouges ici, je m'en souviendrais !
Il remarquait bien que les deux hommes semblaient se connaître. Parmi les éclats de voix, il avait pu entendre les mots « South Blue » mais aussi « lycée » avant que le duo de bruns ne se mêle à la discussion et maintenant il jurerait avoir entendu parler de démon, mais il n'était pas sûr.
-Ce n'est pas bien d'écouter aux fenêtres !
-Chut Shannah ! J'entends plus ce qu'il se dit !
Il fronça les sourcils en se concentrant à nouveau sur la rue lorsque la porte se referma sur la domestique qui sortait, mais les deux jeunes filles qu'il n'avait pas trop regardées avant semblaient vouloir en venir aux mains. Pourtant elles ne paraissaient pas beaucoup plus vieilles que lui, quelques années mais pas plus de dix. Elles étaient comme les deux faces d'une même pièce, le yin et le yang, blonde et brune, cela serait vraiment le fruit du hasard si l'une était une pirate et l'autre une marine ! Mais Sabo doutait quand même que le hasard soit aussi parfait à ce point.
Le jeune noble les regarda partir, chacun dans une direction opposée. Il ne savait pas qui ils étaient mais en tout cas s'il avait bien compris, ils pouvaient venir de loin. Après tout, s'ils venaient du South Blue comme il pensait l'avoir bien entendu, ce n'était pas la porte à côté. Qu'est-ce qu'y pouvait ainsi attirer des étrangers dans cette cité aussi pourrie ? Qui pouvait vouloir venir à Goa de son plein grès ? Alors que lui et sans doute tant d'autres personnes n'attendaient qu'une chose… Pouvoir s'en échapper et mettre autant de distance que possible entre leurs personnes et l'île des Déchets.
Sur cette pensée, il retourna s'asseoir à sa place et se mis sans savoir pourquoi à penser à Ace et Luffy, quelque part de l'autre côté de l'île. Est-ce qu'eux aussi pensaient comme lui ? Est-ce qu'eux aussi ils voulaient quitter cette île ? Il faudrait qu'il leur demande la prochaine fois qu'il les verrait.
D'ailleurs, il allait bientôt être l'heure pour lui d'aller faire un tour au Grey Terminal. Après les avoir laissé là-bas il y a cinq jours, il était revenu tous les jours à une heure fixe pour essayer de les y retrouver. Peut-être qu'ils seraient là aujourd'hui !
Alors avec un sourire sur les lèvres, il referma son livre, partit dans sa chambre pour attraper son chapeau et descendre par la fenêtre grâce à la plante grimpante qui montait jusque-là et se mis à courir vers les murailles de la ville. Un sentiment de joie et de liberté sur le cœur.
J'espère que ce nouveau chapitre vous a plu et on se retrouve le mois prochain pour le prochain chapitre !
Votre adorée, Eva'
