Après Etta, voici Kity, totalement opposée à la première. Nous espérons cependant qu'elle vous plaira :D.

Bonne lecture !


Chapitre 2 : Ya des jours, vaut mieux louper son train !

-Elle a fait ex-plo-ser le toit, Kity ! Putin de bordel de merde, le toit a explosé ! jure Cassy, le souffle court et les joues rouges.

Je retiens un rire avec difficulté. Pas que les conneries de Miss-il-faut-qu'on-me-remarque m'amusent, elles ont plutôt tendance à m'exaspérer, mais j'aime beaucoup la seconde facette de Cassandra Malefoy, fille de bonne famille et toujours bien sur elle, sous tous les plans. Mais dés qu'elle est derrière un pilier du quai 9 ¾, cachée des regards et dans un état de colère indéfinissable, c'est plus du tout la même affaire…

-Et elle a fait ça comment ? En se faisant du pop-corn ? ironisais-je avec un petit sourire en coin.

-Ta compassion laisse à désirer !

-Ecoute, Cassy, tu t'en fais trop pour elle ! Laisse-la tranquille, c'est ses emmerdes, pas les tiennes !

Cassy grimace et je lui souris en retour, m'apprêtant à lui dire qu'un toit, pour une famille de sang-pur, c'est du gâteau à arranger et que l'histoire sera vite classée, quand une voix froide résonne près de nous.

-Petite sœur… tu parles aux Souillures, maintenant ?

Mon sourire disparait et je détourne mon regard de Cassy pour le poser sur sa sœur jumelle, Cassiopée Malefoy. Autant leurs physiques sont semblables, deux belles blondes aux yeux bleus, autant leurs personnalités sont carrément différentes Cassy est gentille, même si peu le pense, plutôt discrète et n'ose pas trop montrer son opinion, sauf en ce qui concerne sa petite sœur, Henrietta Cassiopéa est un peu… bon, imaginez le diable, vous voyez ce type rouge à la queue qui se termine en pointe et deux charmantes petites cornes sur son crâne chauve ? Bah, Cassiopée, c'est sa fille unique et préférée. Sa petite chouchoute, quoi, et elle en profite au-delà de ce qui devrait être permis. Pas spécialement courageuse, elle s'en prend surtout aux plus faibles et n'hésite pas à frapper très fort. Donnez-lui un poignard, et il n'y aura plus un seul sang-impur à Poudlard. Dont moi, ça, c'est fait.

-Quoi ? Euh… tu plaisantes, Siopéa ? Je… Jamais je n'adresserai la parole, si je n'en étais pas obligée, à une Sang-de-bourbe !... Et là, c'est parce que…, bégaye Cassy, horrifiée.

-C'est moi qui l'aie trainée là. Je voulais savoir si votre maison avait vraiment sauté… tu connais les Serdaigle, Malefoy, ils veulent toujours tout savoir ! l'aidais-je avec un grand sourire moqueur à l'adresse de sa sœur jumelle.

Cassy est terrorisée à l'idée de décevoir sa sœur qu'elle admire et chérit plus que tout mais elle n'est pas raciste, comme cette dernière, et s'est liée d'amitié avec Lily et moi… dans l'ombre. Je peux comprendre son attitude après tout, ce n'est que les Gryffondor qui sont sensés être courageux, non ? Et en bonne Gryffondor, Lily n'apprécie pas la lâcheté de notre amie mais elle est bien trop tolérante pour lui en vouloir réellement.

Sans un regard pour Cassy, jouant mon rôle, je frôle Cassiopéa et lui glisse au passage :

-Surtout les Sang-de-bourbe. C'est quand que tu te décides à les exterminer, déjà ? Ah oui, encore trop jeune pour être mangemort ?

Et sans attendre de réponse, je m'en vais.

OµO

Assise sur la banquette du compartiment vide que j'ai choisi, j'attends Lily et Dana. On préfère ne pas s'attendre sur le quai, il est toujours bondé et, soit on voit rien, soit on est écrasé, alors merci bien ! En plus, après, pour se dénicher un compartiment inoccupé… Lily, étant préfète l'année dernière, aurait dû rejoindre le compartiment qui correspond à cette fonction, mais apparemment, il a été infesté de Scrout à Pétard. J'espère juste que, cette fois-ci, Dana ne loupera pas le train. Ses parents ont comme un léger problème avec les horaires. Léger problème qu'ils ont transmis à leur fille, pour faire bonne mesure.

-Hey ! Kity ! s'écrie Lily en débarquant dans le compartiment, sa lourde valise trainant derrière elle.

-Salut, Lil's ! Tes vacances ?

-Génial ! Enfin… les lettres de Potter ont été dix-milles fois plus nombreuses ! grommelle-t-elle en se laissant tomber près de moi.

J'ai bien envie de rire mais l'expérience me dit que ça pourrait me coûter la vie, donc autant tout faire pour être encore sur Terre quand Lily se décidera à dire oui à l'ébouriffé ? Car elle dira oui, c'est inévitable. C'est un peu comme quand on propose une sucette à un gamin après qu'il ait piqué une crise de nerf au départ, obstiné, il la refuse en vous hurlant que vous êtes « une méchante pas belle et pas jolie, en plus ! » mais il finit toujours par vous l'arracher des mains, avec une petite moue d'amour-propre bafoué. Bah, là, Potter est la sucette… Bon, l'exemple n'est peut-être pas super bien choisi…

-Et les tiennes ?

-Super… j'en suis arrivée à traiter George d'abruti congénital et à lui écraser une tartine de Nutella dans sa gueule de singe hurleur, mais ça va, rien de nouveau, marmonnais-je.

Lily éclate de rire. Dix contre un que la scène de la tartine de Nutella s'impose toute seule à son esprit… George est le nouveau petit-copain de ma mère. Ma mère est une mono-parentale assumée, qui considère les hommes comme… des paires d'escarpins on n'en a jamais assez et il suffit d'une saison pour qu'elles soient démodées. Sa dernière paire d'escarpins est un mannequin tout ce qu'il y a de plus cliché. Quinze ans de moins et un Q.I. qui pourrait rivaliser avec un troll des cavernes. Tout ce qu'il a pour lui, c'est sa gueule d'ange… si elle pouvait perdre la faculté de parler, ce serait le bonheur.

La porte s'ouvre alors une seconde fois pour laisser entrer quatre Gryffondor qui forment le groupe star de Poudlard… que voulez-vous, les ados ont besoin d'idoles…

-Tiens, salut, les filles ! Quel hasard, on cherche un compartiment libre et on tombe sur vous…, lance Potter

-… les deux nanas les plus canons de l'école, ajoute Black avec un clin d'œil charmeur.

Ah, donc voici, dans toute leur splendeur, les deux maraudeurs les plus idiots et arrogants. Mais ils ne sont pas méchants, juste profondément agaçants et, pour le cas de Potter, un tantinet trop collant. Je serai quand même injuste de ne pas préciser qu'ils font partie des meilleurs élèves de notre promo, pour ne pas dire les meilleurs. Le pire c'est qu'ils se foutent des cours comme moi, du Quidditch. Mais moi, je suis une carpette au Quidditch, eux ils ont des O dans toutes les matières. N'essayez pas de rendre logique l'illogique, vous perdriez votre temps… j'ai déjà tenté, ça ne marche pas.

-A combien de « nanas » as-tu sorti qu'elles étaient les plus belles de Poudlard, Black ? Je suis prête à parier que tu l'as déjà dit à Mimi-Geignarde !

-C'est vrai mais c'est très rarement aussi vrai que pour toi, Kity, réplique-t-il alors en s'avançant vers moi de sa démarche de mec un peu trop sûr de lui.

Son cas est un peu trop désespéré pour que je lui fasse remarquer qu'il n'a pas nié l'avoir dit au fantôme qui hante les toilettes des filles, n'est-ce pas ? Vaut mieux que je m'abstienne… j'aimerai également assez qu'il cesse de m'appeler Kity, mais qu'il utilise mon prénom en entier Catherine, ou encore mieux Fairfax comme tous ceux que je n'ai pas autorisé à m'être proche –c'est-à-dire, énormément de gens. Mais, il est aussi borné que ma mère quand je lui dis que les mini-jupes, c'est à bannir de ma garde-robe. Ces jupes qu'elle m'a achetée de force –et que je n'ai jamais mises- comporteraient un peu plus de tissu, je pourrais au moins me confectionner une serviette pour essuyer mon chien quand il rentre, un soir pluvieux, après s'être roulé dans la boue toute la sainte journée…

Lily cesse de toiser Potter avec son plus beau regard noir dés que Sirius s'est glissé entre elle et moi. Elle se tourne alors vers lui tandis que le reste de la bande prend place sur la banquette d'en face, sauf Potter qui préfère la place à droite de ma meilleure amie. Lupin et Pettigrow ont l'air extrêmement amusés par la situation.

-Dégagez ! Maintenant ! Enfin, vous deux ! s'écrie-t-elle en pointant tour à tour Potter et Black.

-Quel favoritisme ! s'offusque Potter. Pour une préfète-en-chef, c'est pas cool.

Lily lui lance un regard plein de mépris avant de se lever et de faire s'envoler nos bagages à toutes les deux des filets. Puis, elle s'apprête à s'en aller et moi à me lever à mon tour… de toute manière, si je ne veux pas voir mes affaires partir trop loin ou mystérieusement jetées par l'une des vitres du train –Lily est très rancunière-, je n'ai pas trop le choix. Mais Potter n'a qu'à légèrement remuer la baguette pour que la porte soit fermée à double tour. Je soupire et me ré-installe.

-Et Dana ? Rouvre cette porte, Potter !

-Et tu restes, Lily-jolie ?

-L'espoir fait vivre…, commentais-je.

Après une série d'insulte et d'essais d'anti-sort de la part de Lily et des petites remarques qui l'irritèrent encore plus venant de Potter, mon amie se rassoit –le plus loin possible de Potter qui marmonne des injures dans son coin. Apparemment, Potter s'est encore inventé un sort pour faire chier le monde. Je sors mon livre dés que je comprends que les conversations qui auront lieu dans ce compartiment, qui a l'instar de celui des préfets était aussi infesté, seraient aussi débiles que sans intérêt. Une question me vient alors qu'est-ce que je préfère entre les Scrout-à-pétard et les Maraudeurs ?

-Weston se tape Nina… genre, il reprend toutes nos exs, à Cornedrue et moi, après qu'on les ait plaquées ! révèle Black avec énervement.

-Que veux-tu, Patmol ? Tu lui inspires de l'admiration…, raille Lupin, derrière son espèce de magazine.

Apparemment, lui aussi ne porte pas beaucoup d'attention à leurs paroles… La lucidité existe donc alors chez les Maraudeurs ? Potter vient alors m'ôter tout doute :

-En même temps, on se fait toutes les belles filles, il va pas sortir avec les moches !

-Que de spiritualité, de sensibilité et de philosophie… en vous voyant, pas étonnant que plus aucune fille ne croit au Prince Charmant ! grince Lily.

-Et c'est con ça, on y perd vraiment ! répliquais-je, sarcastique.

Je sens le regard outré de Lily et un sourire amusé me vient. Elle a beau dire le contraire, Mademoiselle croit bien toujours au Prince Charmant et elle espère de tout son cœur le rencontrer… Et Dana, c'est pire, elle, elle est persuadée de l'avoir déjà trouvé. Et il est juste en face de moi, Remus Lupin. Elle serait jalouse si elle le savait. En fait, je crois bien qu'il n'y a que moi et Cassy qui avons perdu toute illusion sur ce sujet. Enfin, moi, je n'y ai jamais cru. En même temps, ma mère est un excellent exemple de l'amour moderne tu couches avec l'un et, après quelques mois en couple et quelques boîtes de capotes utilisées, tu passes à un autre. Quand tu vois défiler les « beaux-pères », tu te dis vite que seul le mot « beau » est vrai, le second sonne étrangement faux.

- Je sais ! s'écrie alors Lily en bondissant de la banquette.

Elle m'agrippe le bras, me force à me lever puis se rue à la porte, la baguette sortie. Un sortilège informulé plus tard, et la voie est ouverte. Géniale, on va devoir traverser le train en long, en large et en travers, pour se trouver un autre compartiment… et Dana, par la même occasion, si ce n'est pas trop demander à ce ô combien détesté Merlin.

-Hey, Evans ! s'empresse de s'exclamer Potter en nous suivant.

-Viens ! Cours ! me lance Lily avant de mettre son ordre à exécution.

Je la regarde, pas du tout l'air convaincu, piquer un sprint dans l'allée du train. Et elle veut que je la suive… bien sûr. Heureusement que l'usage de la drogue est illicite parce que ça ne ferait qu'aggraver son cas. Bon, ça ne changerait rien chez Potter que je vois la pourchasser sans même attendre une seconde réflexion. Qu'il s'étale ! Qu'il s'étale ! Qu'il…

-Kiiiityyy chériiie ! Tu m'as manquée ! hurle-t-on derrière moi.

-Oh, la cinglée, grommelle Black qui m'a rejoint, hors du compartiment.

Dana ! Je n'ai même pas le temps de me retourner qu'on me saute sur le dos et qu'une paire de lèvres plein de glosse –à bas le maquillage tout collant !- se plaque sur ma joue droite. Les deux autres maraudeurs sortent du compartiment et en voyant Lupin débarquer, je gémis… Par Merlin, faites qu'elle ne l'ait pas vu ou qu'elle écarte sa grande gueule de mon oreille droite !

-Mumuuus ! Coucou ! s'écrie-t-elle.

-Dana, bordel ! m'énervais-je.

Voilà, je n'ai plus de tympan à l'oreille droite. Merci, Merlin. Dana descend alors de mon dos et se dépêche d'aller discuter avec son Lupin chéri… qui n'a toujours pas capté qu'elle était folle de lui. Quand je disais que les Maraudeurs étaient aussi lucides que mes pieds.

Je prends la direction dans laquelle Lily est partie, bien déterminée à la retrouver, elle et ma valise… et Potter, parce qu'il vaut mieux que je m'habitue à sa présence puisque comme c'est la sucette, Lily, étant encore et toujours le sale gosse qui a fait une grosse crise de nerf, ne va pas résister longtemps, même si elle a une énorme fierté. Mais j'adore Lily, hein, je l'a-do-re.

-Dis, Kity, elle est où, notre Lily-jolie ? demande Dana, après qu'elle eut bien bavé devant Lupin.

-Avec Potter.

-Avec ? s'étrange-t-elle.

Puis, elle crie de joie et se lance dans une très belle et très gracieuse –ridicule, mais Dana aime le ridicule- danse de la victoire. Ou de la pluie. En tout cas, c'est très ressemblant. Oui, parce que Dana a toujours voulu que Lily dise oui à Potter. Bon, ça n'a jamais rien changé, elle a toujours dit non mais elle l'a bien harcelée quand même. Et je me retrouve toujours la pauvre idiote vers qui elles se retournent quand il y en a une qui hurle « j'te dis de dire oui !» et l'autre « cherche pas, ce sera toujours non ! », l'air de me dire « dis-lui que j'ai raison ! ». Oui mais moi, je m'en fiche donc ma réponse ne leur plait jamais… faut dire, plus elles me font ce coups-là, plus ma réponse est vulgaire.

Alors, est-ce que je lui dis que le petit mot « avec » est tout à fait inopportun et sans aucun sens ambigüe ? Non, hein ?

Alors que l'on passe devant un compartiment, je sens Black me retenir par le bras pour que je cesse d'avancer. Je me tourne vers lui, un sourcil haussé, et, avec un sourire complice, il lance :

-Tiens ! Weston ! Alors, Nina est bonne ? J'espère que mon parfum ne lui colle pas trop à la peau…

Oh non, pitié, j'aurai vraiment le droit à tout, aujourd'hui ? Maintenant, un combat de coq et pourquoi, exactement ? Nina est une salope qui ne sait pas ouvrir la bouche pour sortir un truc intelligent mais s'exerce beaucoup à y faire entrer pleins d'autres trucs… sa mère n'a pas du lui apprendre qu'il ne fallait pas mettre n'importe quoi dans sa bouche. Alors, pourquoi se la disputer comme ça ? Cette fille appartient un peu à tout le monde, il suffit de demander et t'es servi. Mais, à part ça, elle est plutôt gentille… complètement idiote mais gentille.

Je promène mon regard aussi brun qu'irrité dans le compartiment devant lequel Black m'a forcée de m'arrêter. Toute la bande à la petite sœur des jumelles Malefoy Henrietta. Dévergondée, rebelle et provocatrice, cette fille ne semble rêver que d'une chose, qu'on s'intéresse à elle. En faisant péter sa maison, par exemple… Elle ne m'aime pas, elle me déteste même, je pense, mais bon, en même temps, vu l'estime que j'ai pour elle, c'est aussi bien comme ça. Dana, elle, la déteste vraiment car tout le monde sait que Malefoy en pince pour Lupin et mon amie n'accepte pas trop la concurrence…

-Je pense que je l'aurai senti… C'est un peu comme quand tu marches dans une merde, tu le sais direct ! réplique Weston, mauvais.

-Ah, c'est bizarre alors parce que mon odeur de merde n'a jamais eu l'air de déranger ta sœur… d'ailleurs, elle a plutôt tendance à me désaper le plus vite possible !

Weston bondit de son siège et se rue sur Black mais avant qu'il n'ait pu lui écraser son poing brandi dans la figure, je me poste entre eux d'eux. Je n'aime vraiment pas la violence, surtout ce genre de violence qui ne part de rien… tout le monde sait que la sœur de Weston est sortie avec Black pendant une période et on se doute bien qu'ils n'ont pas passé leurs soirées à jouer au scrabble.

-Hé, les gros durs, vous voulez qu'on vous installe un ring de boxe ou vous comptez juste vous foutre sur la gueule comme ça ? demandais-je, froidement.

-C'est Lily, la préfète, pas toi, même si je suis sûre que t'en crèves de jalousie, Fairfax, alors, mêle-toi de ton cul ! lâche Henrietta en se levant à son tour.

-Il se trouve que mon cul se trouve un peu trop près de la baston que ton copain s'organise… je sais bien que t'as toujours aimé le bordel mais le train n'est pas une arène de combat. Mais si vraiment tu veux voir des coups dans la gueule et du sang, va en Espagne… il s'y déroule de très belles corridas, achevais-je, narquoise.

-Et reviens pas ! claque Dana.

Le silence nous enveloppe alors et Henrietta fixe Dana étrangement. Elle doit se demander pourquoi cette fille qui est gentille et aimable avec tout le monde la déteste autant alors qu'elle ne lui a rien fait personnellement.

Pendant tout le temps qu'a duré la confrontation, un regard n'a pas cessé de me brûler et c'est quand je croise celui vert sapin de Fred Davis que je devine que c'était lui. Indéfinissable. Mon menton se soulève légèrement et je sens mon visage devenir méprisant. Il doit être la seule personne que je déteste vraiment… Il y en a beaucoup qui me gavent, m'énervent ou que je méprise, ou que tout simplement, je n'aime pas. Mais lui, je le déteste. Réellement.

C'est à cause de lui que je n'ai ni eu le droit, ni l'envie de me faire des amies dans mon année. L' « intello », la « Miss-je-sais-tout », le « rat de bibliothèque » ou encore « la fayote », voilà comment il me traitait, parce que j'écoutais en classe, lançais mon doigt vers le plafond à chaque question du prof ou révisait sans cesse. Pendant toute ma première année, ça a duré, me faisant pleurer le soir dans mon lit. Tous mes camardes reprenaient ses surnoms, me les hurlaient, me les marquaient sur mes vêtements ou sur mes devoirs avant que je ne les rende.

Et pendant les vacances allant à ma seconde année, j'ai pris une décision aucune personne qui aurait regardé ou participé au jeu de Davis ne m'approcherait. Aucun lien. Et j'ai rencontré Lily et Dana, d'un an de moins que moi. Cependant, j'ai rompu ma promesse pour Cassy. Elle avait regardé mais elle n'était pas assez courageuse pour intervenir… elle n'y pouvait rien. On ne choisit pas ses défauts, on les accepte et on vit avec. Alors, je suis devenue son amie sans que personne ne soit au courant.

Je détourne le regard de Davis, m'arrache de l'emprise de Black et m'en vais, sans un regard, sans même répondre aux questions lancées soit par les Maraudeurs, soit par Dana qui me suit. J'en ai vraiment ma claque de ce trajet en Poudlard-express, moi, je vous le dis !