Bonne année, Bonne santé et tous nos voeux de bonheur pour cette année 2011 !

Après cela... ^^ et bien merci aux quelques reviews du chapitre précédents :) Et puis voici le chapitre suivant qui mettra en lieu un grand évènement pour la fic ! Vous nous direz si vous voyez qu'est ce que c'est !

Bonne lecture !


Chapitre 15 : Pressentiment

Les flocons tombent dans une danse féérique, dehors tout est blanc. Le vent est glacial dans les couloirs mal chauffés de Poudlard. Encore plus sous le porche où je me tiens. J'ai froid. Mon écharpe en laine violette s'envole dans la bise tandis que je serre les dents et enfonce mon bonnet rose sur la tête pour ne pas finir en bonhomme de neige. Pourquoi rester dehors par un temps pareil alors qu'à l'intérieur dans la salle commune un feu chaleureux crépite et réchauffe mes amis ? Ils rient et moi je m'enfuis. En fait, ce n'est pas eux que je fuis mais cette étouffante complicité entre Lupin et Samuels qui papotent dans un coin avec Black, Lily et Catherine. Les voir aussi amoureux m'abîme les yeux et met mon cœur en sang. J'ai demandé à Grace et Pam de me laisser en paix avec cette histoire… le temps de digérer. J'ai pas l'impression que ça va en s'arrangeant pourtant.

Au contraire, tout part de travers.

Je suis englué dans mon chagrin, Cassiopéa me suit des yeux à chaque instant et je n'arrive plus à regarder Fred comme quelqu'un de bien. Il y a comme un gène quand il me sourit. Comme quelque chose qui sonne faux. Je ne peux plus m'empêcher de penser qu'il a été le tortionnaire de cette fille qui m'a sauvée. Qu'il a fait du mal à quelqu'un de bien. Je n'ose pas lui en parler, tout d'abord parce que je ne peux pas mais en plus parce que ce ne sont pas mes affaires. L'autre chose qui créé une certaine froideur dans notre relation, c'est son cœur de girouette. Croyez-moi, il me blesse par son comportement. Il a voulut de Catherine, a tenté de la conquérir malgré les méchancetés de leur première année et quand enfin elle a succombé… il est allé voir ailleurs ! La blessant, l'anéantissant ! Je connais la cruauté d'un tel comportement, j'ai envie de hurler devant ça. Mon meilleur ami que je croyais droit et fidèle à certains principes n'est en réalité qu'un goujat. La vérité est une gifle. Mes repères sont chamboulés et je ne sais plus quoi penser.

Une musique atteint mes oreilles gelées, étouffée car elle provient de l'intérieur, mais je reconnais l'air entraînant. « Stay the night » des Bizzar'Sisters. Certainement Pam qui a voulut mettre un peu d'ambiance dans la Grande Salle. Les notes font dansées mes pieds chaussés de ses horribles escarpins. Je ris de me voir me laisser prendre par la mélodie alors que tout en moi n'est que tristesse. Par Merlin, je suis vraiment étrange !

D'un coup je m'élance dans la neige en poussant un cri lorsque le froid me glace les mollets. Je me mets ensuite à rire et danser comme une petite fille. Je tournois sur moi-même, mes boucles imbibés de flocons mouillés. Ravie de ma soudaine euphorie, je lève la tête vers le ciel étoilé et ouvre grand la bouche pour essayer de happer les flocons. Comme une vraie gamine. Je rigole sans savoir pourquoi, quand soudain une voix s'élève.

« Je veux même pas savoir ce que tu fais, dit Catherine les bras autour d'elle pour se réchauffer. »

Je ris encore, pour la première fois depuis des jours. Puis je reviens vers elle pour m'ébrouer comme un chien. Trempée, frigorifiée mais le cœur soudain plus chaud, je lui souris. Quand je vous dis que tout ne tourne pas rond en ce moment. Je remarque la lueur triste dans ses yeux noisette, mon sourire se fane.

« Est-ce que Fred…, commençai-je.

- C'est rien, fait-elle en haussant les épaules, une soudaine envie de prendre l'air.

- C'est étouffant à l'intérieur, j'acquiesce, espérant qu'elle comprendra le sous-entendu, je comprends pourquoi James est parti se coucher tôt.

- Etonnant ! réplique-t-elle cynique mais ses yeux brillants ne me trompent pas. La chaleur est vraiment oppressante !

- C'est vrai qu'il fait vraiment chaud, faut dire qu'il y a de quoi…, murmurai-je en songeant à Lupin et Samuels. »

Alors que je m'apprête à sombrer dans la mélancolie, quelque chose de froid m'atteint en plein visage. Je me retourne vers Catherine qui sourit de satisfaction devant ma stupéfaction.

« Je me charge de te faire refroidir, se justifie-t-elle. »

Je reste éberluée. De jour en jour, Catherine m'apparaît un peu plus, me délivrant sa personnalité petit à petit comme le Petit Poucet sème ses miettes de pain. Je me relève, prête à passer à l'attaque, une moue vengeresse sur les lèvres. Ses longs cheveux bruns s'envolent tandis qu'elle m'ordonne de reposer immédiatement cette boule de neige.

Elle peut toujours danser la danse des Hippogriffes !

Tout en mâchonnant ma tartine de pain, mon regard se porte pour la énième fois à la table de Gryffondor. Pas pour observer Lupin et Samuels comme vous pourriez vous y attendre mais pour dévisager Chuck qui m'observe si discrètement que je m'en suis rendue compte presque instantanément. Je lui souris : cet après-midi je vais à Pré-au-Lard avec lui.

« Je croyais que t'aimais Lupin, fait remarquer Fred qui se rend compte de notre échange de regards. Pourquoi tu vas à Pré-au-Lard avec Chuck ?

- Au cas où t'aurais pas compris il m'a jeté ! répliquai-je énervé d'entendre ce prénom qui me meurtri le cœur.

- Zen Etta, tente Pam étonnée de ma violente réaction.

- Non pas de zen ! m'écriai-je, j'en ai marre d'être zen face à ça ! Il me donne des leçons de moral sur les cœurs d'artichaut mais môsieur n'est pas mieux !

- Etta…, commence Grace en se levant pour m'attraper le bras.

- C'est bon ! J'ai rien à dire ! je fais avant de sortir pour aller chercher des vêtements chauds.

- Etta ! »

Je lance un dernier regard furieux à mon meilleur ami qui me fixe, troublé. Je ne sais pas s'il a compris mais ça fait du bien de se lâcher un peu. Je cours me changer et je ne sais pas pourquoi mais soudain en me regardant dans le miroir, j'ai l'impression de voir une étrangère. C'est quelqu'un d'autre, une fille de Serpentard qui n'est pas moi. Mais n'est-ce pas ce que je veux ? Je ne sais plus bien à vrai dire.

Je cours comme une gamine excitée à la veille de Noël. Pré-au-lard regorge de lumières, d'objets plus incroyables les uns que les autres et de rires à l'approche des fêtes. Je regarde un superbe livre de sortilèges anciens, réfléchissant s'il conviendrait à Gracy comme cadeau de Noël. A travers la vitre, je vois Chuck qui me sourit et je lui réponds du mieux que je peux. Je ne comprends pas bien à quoi rîmes ses intentions à mon égard… Ce que je sais c'est qu'il est gentil et ne me juge pas. Je l'entraîne à l'intérieur et la chaleur du magasin nous enveloppe comme une couverture. Je m'extasie devant les dernières nouveautés et il me regarde avec un sentiment de… tendresse ?

« Oh par Merlin ! Regarde ! C'est le dernier Nimbus ! je m'écris avant de me retourner, ils ont sortis le nouveau Grimnt ! C'est incroyable il a deux mois d'avance !

- Tu aimes Grimnt ? me demande-t-il étonné, mais c'est un très vieil auteur allemand… Je croyais être le seul !

- Toi aussi ! Incroyable ! Lequel t'as préféré ? m'excitai-je. »

Tout en discutant avec animation, nous descendons la rue principale en direction des Trois Balaies. Je croise Gracy emmitouflée dans une grande écharpe bleue qui sourit béatement à un Oliver qui fait semblant de ne porter son attention qu'aux vitrines. Tellement adorable. Je sens un pincement au cœur mais décide de l'ignorer. Comment tourner la page si on se complait dans la tristesse ?

Chuck m'ouvre la porte tandis que je m'avance dans l'ambiance joyeuse du bar, chargée de mes paquets cadeaux. Alors que l'on s'assoit je compte mes paquets. Cinq. Un de plus que l'année dernière, pour Catherine. Ne me demandez pas pourquoi. Je ne sais pas. Seule Merlin comprend, et il est bien le seul ! Comme chaque année aucun cadeau pour mes parents et les jumelles. Parce ce que les vacances de Noël ne seront pas chaleureuses, ni familiales. Mon père a certainement appris mes prouesses et la sanction tombera. Aussi dure que celle de Cassiopéa qui le secondera avec joie. Et je regarderai ma mère se complaire de ce spectacle. Et je verrai Cassandra de marbre et stoïque. Pour moi ce ne sera pas Noël. Mais personne ne le sait, ni ne doit le savoir.

A part elle, mais elle ne sera pas là. Catherine ne sera pas là. Cette pensée m'effraie, j'étouffe de peur. Sa présence me rassure, me réchauffe. Je sais ce qu'elle risque, je lui en suis reconnaissante bien qu'inquiète des représailles de Cassiopéa à son égard. Mieux vaut ne pas y penser maintenant…

« Etta ? m'apostrophe doucement Chuck.

- Hein ? Oh… désolée, je murmure, je ne sais pas quoi offrir à mes parents… Au fait ! Le prochain match est après les vacances ! Se sera toi contre moi ! Prépare-toi bien !

- C'est ce qu'on verra ! J'éviterai d'abimer ton joli sourire…, susurre-t-il. »

Je rougis comme une tomate. Soudain gênée, je vide d'une traite ma deuxième bière-au-beurre. Je me lève rapidement, tente de protester lorsqu'il paye ma part et fonce dehors. Il voulait juste être gentil je suppose… Hein ? Non ?

Soudain, alors que nous remontant en silence il m'arrête. Je lui fais face, étonnée -et un peu les fesses gelées aussi !-. Pam m'appelle, le reste des élèves s'amassent devant Macgonagal. Ni Catherine ni Lily ne sont parmi eux. Par contre, je vois Lupin et Samuels qui se tiennent par la main, brisant ma bonne humeur. Chuck s'avance vers moi et je le fixe, les yeux ronds, médusée par ses lèvres qui s'approchent des miennes. Sa bouche effleure la mienne sonnant une alarme dans mon esprit. Par Merlin ! Mais qu'est ce qui se passe ? Je dévie ma tête et son baiser atterrit sur ma joue froide et rouge. Puis après remerciement et sourire, je file le plus vite possible vers Pam. C'était les bières-au-beurre n'est-ce pas ?... Je ne doute pas que les ragots vont être alimenté vue le nombre de visages tournés vers moi.

Génial, moi qui voulait justement devenir transparente…

« Alors comme ça il ne s'est rien passé… répète Pam nullement convaincue.

- Rien je te dis, répliquai-je excédée.

- Mais il t'intéresse ou pas ? questionne Grace en sirotant son chocolat chaud.

- Ecoutez les filles, soupirai-je, pour l'instant la seule chose qui m'intéresse c'est de sortir Lupin de ma tête alors non, Chuck n'est pas ma priorité ! Il est juste… un ami.

- Ouais c'est ça… Un ami qui t'as smackée ! rétorque Pam.

- Il ne m'a pas smackée !

- Mais bien sûr…

- Au fait, il s'est passé quelque chose avec Fred ? demande Grace pour couper cours à la dispute qui n'annonce.

- C'est pas avec moi qu'il a un problème, crachai-je avant de tourner les talons certaine que Fred a tout entendu même s'il a fait semblant de ne rien écouter en mangeant ses céréales. »

Je n'arrive pus à faire semblant avec Fred, toute ma colère due à ses mensonges me dévore. Elle a besoin de s'exprimer. Je rumine mes répliques non-dites pour arpenter les couloirs à la recherche de Catherine. Oui, c'est bientôt les vacances de Noël et je voudrai lui offrir mon cadeau. Mais aujourd'hui, elle reste introuvable tout comme hier. Alors que depuis qu'elle m'a donnée la boucle d'oreille, il ne se passe pas une journée sans qu'elle me prenne entre quatre yeux pour savoir s'il s'est passé quelque chose. Un affreux sentiment monte en moi alors que je remarque que Cassiopéa et Dolohov ont disparus eux aussi. Oh. Par. Merlin. Mes pieds s'élancent en direction de l'endroit où je préférerai mourir que d'aller. Hélas ce n'est pas moi qui suis en jeu.

« Potter ! m'écriai-je en faisant se retourner vers moi le reste des Maraudeurs, Lily et Samuels. Faut que je te parle !

- Euh…, commençai-t-il désarçonné que je lui adresse la parole ailleurs qu'en retenue. Maintenant ?

- C'est urgent, j'explique avant de l'entraîner dans mon sillage.

- Tu perds pas ton temps Malefoy, se moque Black, d'abord Remus puis Chuckos et maintenant Cornedrue…

- Ta gueule ! je l'insulte avant de lui faire un joli geste avec mon majeur. »

J'entends le reste du groupe murmurait mais pour l'instant ce n'est pas de savoir ce que va dire Rem… Lupin ou Samuels sur moi qui me préoccupe. Leurs ricanements et le regard noir de Lily me brûle la nuque.

« Qu'est ce que tu veux Etta ? me demande-t-il alors qu'on s'arête devant le tableau d'une biche qu'on saigne.

- Tu m'as dit un jour que t'avais toujours un moyen infaillible de retrouver Lily à Poudlard même si elle faisait tout pour t'éviter, j'explique.

- Oui et alors ? s'énerve-t-il certainement à cause du fait que je fasse ressurgir des souvenirs où Lily le jetait.

- J'ai besoin que tu m'expliques comment tu faisais.

- Quoi ? Non ! Tu peux toujours courir ! s'exclame-t-il.

- James… C'est important, je supplie.

- Ah ouais ? Et c'est pour quoi ? Qu'est ce qui est si important pour que je te donne l'un de secrets des Mauraudeurs ?

- Catherine, lâchai-je.

- Q… quoi ? bafouille-t-il sonné, depuis quand Kity est importante pour toi ?

- Je t'expliquerai tout, assurai-je, tu seras tout après mais il me faut ton truc ! »

Le voyant hésiter face à ma détermination et la lueur de vérité dans mes yeux, je soupire. Il ne me fait donc pas confiance ? Après toutes ces heures enfermés tout les deux à trier des documents si poussiéreux qu'on en éternuait ? Je vois… Les préjugés ne changeront pas à mon égard. Serpentard je suis, Serpentard je reste.

« Je te promets de ne rien dire, tentai-je en dernier recours, c'est vraiment, vraiment important…

- T'as intérêt, lâche-t-il avant de sortir de sa poche un parchemin vierge et de lever sa baguette. Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises !

- Par Merlin, soufflai-je fascinée par le parchemin qui s'anime et les noms qui apparaissent. C'est incroyable.

- N'est-ce pas, fait James tout fier, tu diras « Méfaits accomplis » et elle redeviendra normale. Tu me la ramène rapidement. Je te fais confiance.

- Merci, je murmure touchée qu'il me l'accorde. »

Il tourne les talons, et d'une démarche décontractée il s'en retourne vers ses amis et Lily qui s'en va vers l'endroit où j'ai laissé Fred quelques instants plus tôt. Dissimulée derrière un pilier en pierre, j'ouvre en plus grand la carte. Mes yeux s'émerveillent devant un objet aussi extraordinaire. Je repère mes amis dans le parc, Lupin, Samuels, James et Black dans la salle commune de Gryffondor. Je vois Nina Fordland en compagnie du capitaine de Poufsouffle dans les toilettes du troisième étage. Et puis je vois son prénom, Catherine Fairfax. Au quatrième étage normalement réservé à Rusard. Qu'est ce qu'elle fait là-bas, par Merlin ?

C'est à cet instant que j'aperçois les noms de Cassiopéa et Dolohov qui s'approchent d'elle. Je pousse un cri qui fait se retourner les gens aux alentours : ma boucle d'oreille a chauffé. L'appel au secours de sa jumelle qui est victime de sorts. Oh. Par. Merlin.

Non !

Je me rue dans les escaliers, les monte quatre à quatre. L'inquiétude me ronge les trippes, mon cœur bat la chamade tandis que l'horreur bouscule mes pensées. Pas ça ! Pas ça ! Je ne veux pas qu'elle subisse ça à ma place ! Non ! Ma gorge se serre lorsque je me rends compte qu'en fin de compte je considère Catherine comme quelqu'un proche. Dont le destin m'importe non pas par gratitude mais par amitié ?... Depuis quand est-ce que j'apprécie Catherine ?

Depuis quand est-ce que je ne l'appelle plus Fairfax ?

Le quatrième étage est désert, je suis essoufflée mais ne prend pas une seconde pour reprendre ma respiration. Ma boucle d'oreille me brûle : je n'ai plus le temps de songer à la folie de ce que je vais faire. Je n'ai plus le temps d'avoir peur pour moi. Je n'entends aucun cri, et repère le groupe dans une pièce sur ma droite. Soudain, un gémissement me parvient faisant bouillir de colère mon sang. Je sors ma baguette, l'inquiétude collée au corps.

« Kity ! »


On espère que vous avez bien aimé ;) (celui qui mettra la 100ème reviews aura droit à une surprise !)