Bonjour tout le monde !
Alors nous voilà encore une fois avec un nouveau chapitre mais dont les évènements sont antérieurs au chapitre précédent d'Etta. Il va vous expliquer un peu ce qu'il s'est passé ;)
Merci à tous, grâce à vous on a dépassé les 100 reviews ! (Youpiiiiie sortons la vodka Clo !) Merci à vous tous T^T
Bonne lecture sinon ^^
PS : Nanou tu as gagné la surprise qui arrivera à la fin de la fic ;)
Chapitre 16 : Emprisonnée
-Alors, tu vas y aller avec Fred ? insiste Dana, butée.
-Je ne sais pas, Dana ! Tu comprends pas l'anglais ou quoi ? s'énerve Lily.
Faut dire, ça fait depuis le début du diner que notre blonde préférée l'harcèle avec la sortie à Pré-au-Lard prévue pour demain. Lily ne veut pas lui répondre avec qui elle compte y aller. Cette conversation et la répétition effrénée du prénom de Fred me font… mal. Je n'ai plus aucune envie de manger.
Lily parle très rarement de Fred, se contentant de disparaitre avec lui quand il vient la voir et de couper tout début de conversation avec Dana, sur ce sujet, par un simple « Je l'aime, c'est tout ».
-Pourquoi tu veux pas nous le dire ? T'as honte de lui ? demande Dana, agacée.
-On se demanderait même pas pourquoi.
Lily tourne vers moi un regard aussi blessé que mauvais et je la regarde avec mépris. Depuis quelques jours, nos rapports se sont encore plus détériorés. Elle n'a de cesse de me demander si j'aime un garçon et si elle est vraiment mon amie pour ne pas avoir le droit à mes confidences. Et je lui réponds de plus en plus froidement. Je sens que je perds le contrôle de notre amitié qui pourtant me tient plus à cœur que n'importe quoi. Mais pas que n'importe qui, on dirait.
Je sens que je détruits tout. Mais c'est un peu mon habitude, un domaine où j'excelle. J'ai d'abord détruit le peu de chance que j'avais avec Fred, j'ai ensuite détruit ma relation secrète mais profonde avec Cassy qui ne veut plus me parler depuis notre dernière discussion… et maintenant, c'est au tour de mon amitié avec Lily. Au fond, c'est Dana qui est la seule à me prendre dans ses bras quand elle voit que je ne vais pas bien, sans rien me demander en retour, ni des confidences, ni d'explication.
-Lâchez-moi ! Quand je ne veux pas répondre à une question, tout le monde me tombe dessus mais quand c'est Catherine Fairfax qui ne nous dit rien, il n'y a que moi pour m'en révolter ! Vous me faîtes tous chier ! Tous ! crache-t-elle, en se levant de table, furieuse.
-C'est pas parce que ton Serpentard te baise mal que tu dois être si insupportable, Evans, raille Sirius, mauvais. Kity t'a rien fait !
-Oh, toi, Black…, commence Lily.
-Il n'a pas tort, la coupe Dana. Personne t'a forcé à sortir avec Fred.
Lily la fusille du regard et s'en va de la Grande Salle, le pas rageur. Dana a l'air tout aussi énervé par le comportement de la rousse et, voyant les regards de la plupart de la salle, je me dis que tous les lieux valent mieux que celui-ci. Je me lève, lance un sourire à la cantonade pour faire bonne figure, et quitte aussi la salle.
Je laisse mes pas me porter et finis par sortir dehors où la neige a tout recouvert. Tiens, un petit lutin coloré sautille comme s'il était fou… ah bah, en fait, c'est normal puisqu'il s'agit d'Henrietta Malefoy. Qui d'autre ? Je souris brièvement avant de déclarer :
-Je veux même pas savoir ce que tu fais.
Elle se retourne vers moi, souriante et euphorique.
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Je suis trempée jusqu'aux os. Je tremble tellement de froid que je ne marche pas droit. Mes cheveux se sont transformés en stalactites et je suis un bonhomme de neige vivant. Mais, étrangement, je me sens extatique et j'ai presque envie d'embrasser la première personne que je croise…
Rogue me lance un sale regard derrière son rideau de cheveux graisseux en me dépassant.
Bon, peut-être pas la première personne que je croise… je vais attendre la seconde. Merlin, faites que ce soit Fred, faites que ce soit Fred, faites que ce soit… ah oui, merde, c'est vrai. Il est copyright Lily Evans. Ma meilleure amie. Merde et remerde, tiens !
Il y avait quoi dans la neige ? De l'alcool ? Ou alors, c'était de la cocaïne… genre, Dame Nature qui veut en faire passer en fraude, en la déguisant en neige. Tiens, c'est pas con, ça ! Donc, pour votre information, l'abus de boules de neige est mauvais pour la santé… j'ai eu la mauvaise idée d'entraîner une cinglée de Serpentard –Henrietta, pour ne pas la citer- dans une immense bataille de boule de neige. Et je l'avoue, je suis la seule coupable. C'est moi qui aie commencé… vilaine, va !
Et la seconde personne est… son de tambours, s'il vous plait… parfait… Ah bah c'est encore pire que Severus Rogue. J'aurais dû saisir ma chance car ça va en s'aggravant. Cassiopéa Malefoy et son très fidèle toutou-fiancé, j'ai nommé Dolohov. Le Jackpot. Deux abrutis racistes pour le prix d'un. Bon qui j'embrasse en premier ? Le toutou ou sa maîtresse ?
-Siopéaa, chérie ! Comme tu m'as manquée ! m'exclamais-je.
-Pas autant que toi, je t'assure, susurre-t-elle, mauvaise.
Je soupire, consternée. Pourquoi doit-elle toujours arborer son air de méchante en puissance ? Son job n'inclut pas de congés payés ou quoi ? Je ne peux pas embrasser ça, si ? Son chien va me mordre, en plus… je vais attendre encore la personne suivante, tout bien réfléchi. Mais dés que je les dépasse, je me prends les pieds dans quelque chose… et m'étale avec force contre le sol.
Bizarrement, ça suffit pour m'ôter tout sentiment de béatitude. On me traite de glaçon humain mais quand je suis gentille, on me fait un croche-pied –j'ai vite deviné ce qu'était le quelque chose, voyez-vous… on ne m'y reprendra plus, tiens ! Je me retourne, toujours au sol, bien décidée à faire comprendre à ces deux Serpentard ce que ça vaut d'attaquer quelqu'un par derrière quand je sens ma baguette glisser de ma poche. J'essaye de l'attraper au vol mais je ne suis pas assez rapide.
-Alors, Sang-de-bourbe, la position qui correspond à ton rang te plait ? Au sol et soumise à tes maîtres ?... Dolohov, empare-toi d'elle ! claque Siopéa.
Mon genoux qui a durement percuté le sol me faisant mal, je ne me sens pas la force de me relever et vois Dolohov m'approcher avec un sourire mauvais. Quand il se baisse à ma hauteur pour m'attraper, je n'ai toujours pas bougé, mais le regard vainqueur de Siopéa me réveille. J'envois un puissant coup de pied à Dolohov qui pousse un cri de souffrance et de surprise.
Je profite de ce répit pour me relever mais, instantanément, l'extrémité de ma propre baguette est plaquée sans douceur contre ma gorge. Le regard sadique de Siopéa me fait oublier toute idée pour m'enfuir… je n'ai qu'à faire un seul mouvement pour qu'elle me lance un de ses sorts de magie noire qu'elle connait certainement par cœur. Et qu'elle a dû s'entrainer de maintes fois à lancer. Sur une de ses innombrables victimes au sang impur. Sur sa petite sœur rebelle.
-La petite souillon qui se croit puissante… piégée, commente-t-elle en souriant. Dolohov ! abboit-elle en lançant un regard méprisant à celui-ci.
Deux bras puissants m'enserrent alors la taille et les bras. Il me faudra, cette fois-ci, certainement plus qu'un coup de pied pour envoyer ce gros tas de muscle se faire voir ailleurs… Dommage, je commençais à y prendre du plaisir.
-Tu le quittes pas, dis-moi, ton charmant clebs… mais, quand même, je suis un peu choquée… une famille aussi pure et intègre, si prestigieuse et remarquable que les Malefoy... qui fait dans la zoophilie… j'avoue que je m'attendais à mieux, Siopéa…, remarquais-je, faussement déçue.
La rage frigorifie alors les traits de celle qui me fait face. Et son poing s'enfonce dans mon ventre. La douleur me fait gémir et la force du coup me fait plier… le goût du sang remonte dans ma bouche. Mais je souris. Sardoniquement.
La main froide, gelée et douce de Siopéa m'attrape le menton et ses ongles s'enfoncent dans ma peau. Elle approche son visage du mien et me siffle :
-Je t'interdis, espèce d'immonde souillure, de parler de ma famille.
-Crève, parvenais-je à marmonner malgré la force exercée sur ma mâchoire.
Et, pour faire bonne mesure, je lui crache mon sang à la figure. Son goût acre, métallique et salé m'indisposait… ô comme je suis honteuse de manquer de tant de civilité. En la voyant se reculer, comme brûlée, et s'essuyer son visage d'un coup de manche, écœurée, je souris encore d'avantage… je ne sais pas si vous regardez la télé mais souvent, la stratégie des héros, c'est de gagner du temps. Alors, même si je suis loin d'être une héroïne, gagnons du temps… soyons fin stratège. Et plus je ferai en sorte que Siopéa perde ses moyens dans de forts sentiments –colère, rage…-, plus la situation peut me devenir favorable… enfin, c'est juste une hypothèse mais vu ma position, il ne me reste que ça.
-Comment peux-tu encore avoir cet air arrogant ? Tu n'es pas aussi forte que tu le crois, Sang-de-bourbe, et je vais te faire revenir aux réalités…
µ
Ma tête rebondit violemment contre le mur sur lequel Dolohov vient de me jeter avec force. Etourdie, je me laisse glisser jusqu'au sol et essaye de reprendre mes esprits… garder les pieds sur Terre. J'analyse l'endroit où les deux Serpentard m'ont trainée. Une pièce poussiéreuse et abandonnée. Je vois… exterminer la racaille dans l'ombre.
On me tire avec force les cheveux –toujours trempés- en arrière, si bien que j'ai peur que mon cuir chevelu ne se déchire. Cette fois-ci, un léger cri m'échappe et les lèvres de Siopéa effleurent ma joue. Elles s'entrouvrent et un souffle glacial glisse contre ma peau qui se couvre instantanément de chair de poule… une grimace de dégout me prend. Profitant de la proximité de nos visages, je propulse mon front contre le nez de Siopéa qui se brise en un affreux craquement. Elle me lâche les cheveux en grognant sourdement et je retombe au sol. Je me retourne vers elle et la voyant se tenir son nez dégoulinant de sang, j'éclate de rire comme une folle. Je ne me sens qu'à moitié moi-même et la vue de son sang m'électrise… me remplit d'extase.
-Alors, Siopéa… quel effet ça fait de pisser son sang pur par le nez ? demandais-je, ironique.
Dolohov fait un geste en ma direction, surement pour me faire passer l'envie de rire, mais Siopéa, plus rapide et bien plus furieuse, m'écrase son pied avec un cri rageur en plein dans la figure. Et sous le coup, pour la seconde fois, ma tête percute de plein fouet le mur juste derrière moi. Mais cette fois-ci, la douleur est pire et mes pensées s'emmêlent… quelques tâches floues encombrent ma vision que j'essaye d'éclaircir en clignant des ciles.
-Tu n'aurais jamais dû faire ça, Kity… jamais… et tu vas payer ! Pour ton sang mais pour ton effronterie, aussi… tu crois que je n'ai pas remarqué tes liens avec Cassy ? Quelles sottes êtes-vous, toutes les deux ! Si vous vouliez me le cacher, il vous fallait être plus discrètes ! Je vous ai vues par une fenêtre quand elle a pleuré dans tes bras, dans le parc alors qu'il pleuvait des cordes… j'ai vu vos sourires ! crache-t-elle, venimeuse.
J'essaye de me redresser mais le sol est glissant, souillé du sang de Siopéa et du mien. J'extirpe l'air de mes poumons avec difficulté mais je fais de mon mieux pour réfléchir… Cassy va avoir de terribles ennuis. Il faut que j'invente un gros bobard.
-T'es décidément bien assez cinglée pour finir mangemort, Siopéa… ta sœur n'approcherait jamais une Sang-de-bourbe, marmonnais-je, la bouche pâteuse.
-Menteuse ! hurle-t-elle.
Je reste silencieuse, attendant qu'elle me frappe à nouveau, ayant bien trop mal pour tenter ne serait-ce la moindre attitude de défense. Mais elle se calme instantanément et se met à sourire, faussement aimable.
-Mais ça ne fait rien. Demain, au plus tard, tu seras morte. Et mon idiote de sœur n'aura plus que ton immonde cadavre à étreindre.
-Pourquoi attendre demain ? demandais-je.
-Plus le supplice dure, plus il devient intolérable… insupportable… atroce… insoutenable…, susurre-t-elle comme si chaque mot lui procurait un délice inexprimable.
-Je te souhaite de prendre ton pied, chérie, raillais-je.
-Toujours aussi d'aplomb, à ce que je vois ? ria-t-elle, joyeusement. Je me demande quand est-ce que tu perdras ton sens d'humour mordant… qu'en dis-tu, Dolohov ?
Celui-ci éclata de rire. Je vois, le chien n'a pas le don de parole… faut dire Siopéa est bien assez bavarde pour deux. Celle-ci s'agenouille alors près de moi, penchant son visage jusqu'au mien et une lueur s'allume dans son regard bleu.
-Tu sais ce qu'on dit de ta mère, Kity ? Une ignoble catin qui se fait sauter par le premier homme venu… une immonde salope…, susurre-t-elle.
Mon sourire s'efface. Mes poings se serrent. Ma mère n'est peut-être pas la meilleure famille qu'il soit. Pas très à l'écoute, plutôt maladroite dans ses relation avec sa fille unique mais… c'est la seule qui me supporte depuis ma naissance. Celle qui, à l'inverse de ses relations amoureuses changeantes, n'a jamais éprouvé le désir de se débarrasser du poids que je représentais… moi, seule chainette qui empêchait cette femme indépendante d'être véritablement libre.
-Mais le pire, je crois bien que c'est toi, Kity. Derrière tes airs de sainte-nitouche, je suis sûre que tu n'es plus vierge depuis longtemps ! m'accuse-t-elle.
Eeeet… manqué ! Mais bon, ses sous-entendus tombent si bas que je ne vais certainement pas me casser à lui révéler ma vie sexuelle inexistante. Merci bien, mais je préfère encore prendre rendez-vous chez une psy spécialisée dans ce domaine… Cependant, pourquoi passer à côté de l'occasion de m'être en rage, Mademoiselle ?
-Oh, non, démasquée ? C'est toi, Dolohov, mon cœur, qui lui as dit pour notre nuit torride ? déplorais-je, faussement ravagée.
Dolohov a les yeux exorbités un moment puis il s'empresse de nier tout en bloc mais ça ne sert absolument à rien. Ça n'a pas marché. A l'inverse de l'effet escompté, Siopéa est hilare et n'a pas jeté un seul regard à Dolohov. Puis, je ne sais par quel instinct, je tente à nouveau ma chance…
-Ou est-ce Fred Davis ? demandais-je, plus sérieuse que jamais.
Cette fois-ci, j'aurais pu aisément crier à la victoire car Siopéa est figée, horrifiée, écoeurée, devant moi. Puis, ses mains se mettent à trembler et l'une d'elle me gifle avec violence.
-Trainée ! hurle-t-elle, hystérique. Ça te suffit pas qu'il t'ait persécuté pendant une année, il a aussi fallu qu'il te prenne comme une… comme une… trainée !
-Le charme du bourreau, commentais-je, sarcastique.
-La ferme ! Tu m'entends, la ferme !
Et une seconde gifle, bien plus puissante que la première. Apparemment, j'ai des éclairs de lucidité quelques fois… Siopéa est bien amoureuse de Fred depuis notre première année. Ça devait déjà la tuer à petit feu qu'il sorte avec Lily, une Sang-de-bourbe, et maintenant qu'elle croit qu'il a couché avec moi, deuxième Sang-de-bourbe, qu'est-ce que ça doit être ! Je suis assez fière de moi pour ne rien vous cacher… j'ai affreusement mal partout mais je suis très fière de moi ! C'est déjà ça…
Des bruits de pas résonnent en dehors de la salle, la dépassent puis s'évanouissent dans le silence qui nous enveloppe désormais.
-On reviendra, Kity… et cette fois-ci, je t'arracherai la langue, m'avertit Siopéa.
Puis, elle s'en va avec Dolohov. Bloquée au sol par la douleur qui me tiraille de toute part, j'entends la porte se verrouiller et un second sort être jeté… et enfin, c'est le silence complet. Si Siopéa n'est pas idiote, elle m'a enfermée à double tour et lança un sort d'insonorisation à la salle. Et Siopéa est tout sauf idiote.
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Combien d'heures se sont écoulées ? Je n'en sais rien à vrai mais la pièce est sombre. Il fait nuit noire dehors. Pourtant, je n'ai pas dormi une seule seconde même si je ne demanderai que ça…
Je me demande si Lily et Dana se sont réconciliées, dans leur dortoir où elles doivent, à mon contraire, dormir à poings fermés. J'espère que oui. Elles profiteront mieux de leur sortie à Pré-au-Lard. J'ai bien peur que j'aurai un léger empêchement, de mon côté.
J'ai toujours mal et je suis gelée. Et la faim commence à naître dans mon ventre… je n'ai rien mangé dans la Grande Salle. J'aurais su, je me serai empiffrer pour prendre des réserves. Quitte à encaisser les kilos.
Et je suis encore trempée. Ma bataille de boules de neige me revient en mémoire et croyez-le ou pas mais je souris. Je me rappelle du grain de folie qui avait pris la Serpentard qui s'était mise à danser dans la neige quand j'étais arrivée… cette fille était vraiment pleine de joie de vivre malgré toutes les merdes qui lui tombaient dessus. Remus qui lui préfère Dana. Sa famille de racistes en puissance. Sa sœur qui la torture tandis que la deuxième regarde.
J'aimerai la voir se battre contre tout ça. J'aimerai qu'elle fasse face. J'aimerai que sa vie cesse d'être cet Enfer… car la voir ainsi, enveloppée dans cette banalité vestimentaire et ses faux-sourires, me brise. Je ne sais trop comment ça se peut mais je crois que je commence à la supporter…
Est-ce que Siopéa serait capable de me tuer réellement ?
µ
Combien d'autres heures sont venues rejoindre, très généreusement, les premières ? J'ai l'impression que plusieurs jours se sont succédé sans que la nuit ne tombe. Un jour long et infini. Est-ce que j'en sortirai ? Est-ce que j'y échapperai ?
Est-ce que Lily me déteste ? Est-ce qu'elle a remarqué mon absence ? Est-ce qu'elle en est réjouie ? Et Dana ? Elle a surement passé sa journée avec Remus…
J'essaye d'ignorer ma faim qui s'accrue de minute en minute. Je ne sens plus mes membres frigorifiés et le sol me parait plus froid que la banquise. Pourtant, je ne me suis pas levée. Je n'ai pas bougé d'un millimètre de l'emplacement où j'étais. La douleur, je ne sais par quel phénomène, s'est faite de plus en plus intense et j'ai l'impression de frôler l'inconscient sans y avoir droit. Ce serait tellement plus doux d'être évanouie… comme ça, je ne me rendrai même pas compte quand Siopéa me tuera. Car, maintenant que j'y ai songé pendant ces milliers de secondes, j'en suis persuadée. Elle va me tuer.
J'espère qu'Etta se rebellera un jour contre elle, après que je sois morte. J'espère aussi qu'elle trouvera un garçon qui lui conviendra et qui partagera ses sentiments. Enfin, j'espère qu'elle s'achètera une nouvelle écharpe parce que la couleur violette de celle qu'elle a en ce moment est vraiment moche… J'aimerai bien le lui faire remarquer d'ailleurs avant de mourir. Je dirai à Siopéa de lui dire de ma part, tiens.
En fait, je crois que j'aime bien Etta. D'ailleurs, je ne me rappelle plus de son vrai prénom… je deviens folle ou je perds la mémoire mais dans ma tête abîmée par les coups, il n'y a plus que « Etta ». Oui, j'aime bien Etta, finalement.
Avec un cliquetis, la porte s'ouvre sur deux ombres… ma vision est trop troublée pour que les contours ne m'apparaissent clairement mais je crois bien qu'il s'agit de Siopéa et Dolohov.
-Bien dormi, Sang-de-bourbe ? Le sol était confortable, sale chienne ?
-Siopéa…, murmurais-je.
J'ai envie de lui demander si elle a rêvé de Fred mais toutes mes forces se sont envolées. J'ai juste envie de dormir, m'évanouir dans le néant. M'enfuir de ce monde froid, destructeur… de cet Enfer terrestre. Finalement, qu'elle me tue. Oui, finalement, elle peut bien me tuer. Etta trouvera un autre allié. Lily une autre amie qui sera aussi mauvaise et égoïste que moi. Dana, une autre fille à l'humour cynique qui la fera rire. Cassy, une autre personne qui lui crachera des mots blessants au visage. Les Maraudeurs, une autre Serdaigle. Et Fred, une autre intello froide et inintéressante.
-Tes illusions ont disparu à ce que je vois. Tu as compris que tu n'étais rien. Ni forte, ni importante… au moins, tu quitteras ce monde, en connaissance de cause. Et moi, je déguiserai ta mort en accident… et personne ne te regrettera, déclare Siopéa. Doloris !
Des poignards invisibles transpercent ma chair déjà meurtrie. Je gémis. Je n'ai même pas la force de crier.
Personne ne me regrettera car personne n'est irremplaçable. Ce sera facile de trouver une autre Catherine Fairfax. Trop facile.
J'ai une pensée pour ma mère. C'est déjà moins facile de remplacer sa fille unique. Je pense ensuite à mon chien, Chups. Toutes les fois où je l'ai promené. Quand il me lèchait, en remuant la queue. C'est déjà moins facile de remplacer une maitresse. Et une larme, unique, coule sur ma joue.
-Doloris !
-Kity! hurle une voix.
Dans le chapitre suivant il y aura de l'action mes enfants ! ;) Bon bon bon sinon quelques précisions : le chapitre suivant sera en début de semaine (mardi soir ou mercredi soir ou lundi soir) breeeeeeeef c'est approximarif tout ça XD
Chuck est le batteur de Gryffondor, il est en sixième année et aime sincèrement Etta ! (pour ceux qui savaient plus ;))
