130…130… on n'en revient pas ! On a dépassé les 130 reviews ! Merci à vous tous ! A ceux qui nous encourage, nous montre quelques fautes, rient à nos délires et nous pressent dans les postent *O*. Comment dire… oui… on vous aimeeuh !

Bref, bref ! Ce chapitre, on l'espère, répondra aux quelques questions que vous avez pu vous poser… Si, si, on vous assure D.

Bonne Lecture !

P.S : Finalement –et à votre plus grand plaisir ?-, on n'a pas pu attendre jusqu'à demain pour poster comme on vous l'avait dit… L'impatience est notre plus beau défaut. N'est-il pas ?

Chapitre 18 : Renaitre de ses cendres… enfin, on va essayer !

Je me sens comme étouffée. Passant de la froideur, de l'obscurité, du silence et de la solitude de la pièce où j'étais incarcérée, je suis violemment plongée dans cette chaleur, ces bras qui me secouent, ces voix qui me crient et me hurlent des questions.

Où j'étais ? Pourquoi je n'ai rien dit ? Et pourquoi Etta, elle, est au courant ? Pourquoi elle porte des marques de coups ?

Pourquoi ? Pourquoi ?

Ils m'étouffent, appuient sur mes plaies qui viennent juste de se refermer et en réveillent la douleur. Ma tête commence à tourner et je n'arrive qu'à murmurer… mes forces s'étant à nouveau évanouies.

-Arrêtez. Ecoutez.

Mais ils n'arrêtent, ni n'écoutent. Et Sirius et Dana hurlent, veulent frapper Etta. Et Remus et Lily essayent de les calmer. Et James et Peter ne disent rien, spectateurs muets mais à l'air approbateur. Je comprends à peine leurs paroles.

Mais je vois Etta s'en aller, retenue à moitié par Remus qu'elle repousse. La porte se referme et tous les visages convergent à nouveau vers moi.

-Qu'est-ce que cette salope t'a fait ? Kity, dis nous ! m'ordonne Dana.

-Oui, on lui fera passer l'envie de recommencer ! l'approuve Sirius.

-Elle n'a rien fait, soupirais-je.

-Oh, arrête !

-Moi, je te crois, Kity, claque Lily.

Je relève mon regard vers elle et commence à lui sourire mais son regard est froid et accusateur. J'hausse un sourcil. Je ne comprends pas…

-C'est toi qui l'as frappée, c'est ça ? cingle-t-elle avec une moue de dégoût. C'est pour ça qu'elle était dans cet état… tu l'as frappée. Parce que tu la détestes. Je te pensais pas capable de ça, Kity… tu as tellement changé ! Tu n'es plus celle que je connaissais ! Tu n'es plus Kity ! On s'est inquiété pour toi, on était fous d'inquiétude et en fait, c'est Etta qui avait besoin de notre aide… contre toi !

Sa voix est tranchante et son regard écœuré. Je reçois chaque mot comme un coup, bien plus puissant que ceux que m'avait susurré Siopéa. Elle croit que j'ai frappé une fille seulement parce que je ne l'aimais pas ? Elle trouve que je ne suis plus la vraie Kity… que je suis devenue une autre… elle n'a pas confiance en moi. Je la dégoûte, je le lis dans son regard. Pour elle, j'aurais été réellement tuée par Siopéa, ça n'aurait rien changé puisqu'elle me tient quasiment comme morte. Comme si j'étais une âme voleuse du corps de Catherine Fairfax. Comme si je n'étais plus son amie. Et ça fait bien plus mal que des Doloris.

-T'es complètement cinglée, Lily ! siffle Dana, furieuse. Comment tu peux dire des choses pareilles ?

-Ah ! Vous êtes bien, vous tous, à vouloir hurler sur la victime ! Alors que la seule coupable, c'est Kity ! D'ailleurs, semble-t-elle vraiment avoir été blessée ? Vous trouvez qu'elle a l'air d'avoir reçu des sorts et des coups ? Ah, vous me faites bien rire, grince Lily. Elle…

-La ferme ! la coupe brutalement Sirius.

Mes mains tremblent. Mais ce n'est plus de peur, ce n'est plus de douleur. Ce n'est plus de froid ou de faiblesse. Je me relève, ignorant la douleur qui m'étreigne légèrement dans le crâne… le sort n'est pas assez fort. Tant pis, je prendrai un cachet.

James veut me soutenir pour je-ne-sais-pour quelle raison. Peut-être parce que mes jambes flageolent même si je veux les garder droites. Je le repousse simplement. Sans brutalité. Juste pour lui faire comprendre, ou me le faire comprendre à moi-même, que je dois redevenir la Kity forte. La faiblesse me rend malade. Je me laisse abattre pour quelques coups et des sorts que je suis loin d'être la première à subir. Etta, victime bien plus à plaindre que moi, par exemple.

-Kity…, murmure Remus. Dis-nous.

-Il ne s'est strictement rien passé, répondis-je calmement. Enfin, pour moi. Car, t'as raison, Lily… je suis responsable des blessures d'Henrietta Malefoy. Comme tu lis tellement bien en moi, Lily. Mais, elle, elle ne m'a rien fait alors laissez-la tranquille. Maintenant, je vais dormir.

Je détache mon regard froid de Lily qui semble vibrer de rage. Quoi ? Je lui ai dit ce qu'elle voulait entendre… elle devrait être satisfaite. Je fais volte-face et monte les escaliers qui mènent à mon dortoir. Dormir, oublier et, surtout, ne pas penser au lendemain.

µ

-Des gens t'ont vue, soutenue par cette pauvre fille de Serpentard, dans un sale état… tu t'es faite casser la gueule, Fairfax ? Et à qui on doit ça ? ricane Andrea Wipper, jubilante.

Je soupire. Evidemment, la vision de la forte et froide, cynique et arrogante, Catherine Fairfax qui, cette fois-ci faible et à la limite de l'évanouissement, est trainée par l'une des filles qui l'aiment le moins… ça fait jaser. Je déteste me faire remarquer. Enfin, je déteste aussi la violence, ça ne m'empêche pas d'être activement jetée sur le ring de boxe. D'ailleurs, faut que je m'entraine physiquement parlant parce que je suis une vraie quiche en matière de combat rapproché… et je supporte très mal les coups.

La preuve, je n'ai pas tenu long feu, en y repensant… Siopéa doit jubiler, aussi. Enfin, elle a été enfermée à son tour quelques heures avant que Rusard ne les retrouve, elle et son toutou. La vie est injuste, quand même, sa ronde ne l'a pas menée à cette salle, la nuit où c'était moi qui y était emprisonnée.

-C'était ton cadeau de Noël en avance, ma chérie… mais bon, ça va, ne t'inquiète pas pour moi, Sirius a pansé mes blessures, déclarais-je avec un sourire faussement aimable.

Je sais, c'est mesquin de jouer avec les sentiments de quelqu'un mais disons que j'ai de moins en moins de scrupules à me servir des armes à ma disposition. Le visage d'Andrea se crispe de jalousie et de fureur. Je lui souris toujours avant d'entrer dans la salle-de-bain.

Je touche mon unique boucle d'oreille, un faux diamant carré, du bout des doigts. Une bonne idée que j'ai eu mais qui a servi dans le sens inverse que j'avais prévu… je lui dois quand même une fière chandelle ! Enfin, surtout à Etta qui a répondu à l'appel. Je me demande comment elle répond aux mauvaises langues qui doivent la questionner autant que moi pour cette histoire.

Je suis encore fatiguée malgré ma longue nuit… il est bientôt midi. Merci Siopéa d'avoir choisi un samedi pour me faire ma fête, ça me laisse le temps de me remettre. Et je me vengerai. On verra ce qu'elle vaut en duel singulier. La Kity faible ne s'est pas réveillée ce matin, je l'ai laissée dans mon lit…

Je souris ironiquement avant de me déshabiller. J'allais me glisser sous la douche quand je remarque que le sort de rétablissement que m'a lancé Etta, hier, n'a pas effacé les bleus qui étaient cachés par mes vêtements. Le plus gros est sur mon ventre. Ensuite, quelques uns marquent mes bras, mes épaules et mes cuisses. Qu'est-ce que ça peut être moche, un bleu…

Un coup de baguette plus tard, les derniers bleus s'évaporent. C'est bien mieux ainsi. Je me glisse sous l'eau bouillante. J'ai réfléchi avant de m'endormir… j'ai vraiment cru que j'allais mourir. Et je me suis rendu compte d'une chose. La vie peut vraiment s'arrêter trop brusquement pour qu'on la gâche dans des remords et des doutes, et surtout pour qu'on essaye de se cacher des regards des autres.

Alors, je ne compte plus cacher mon amitié avec Etta. Je compte aussi aller m'expliquer avec Cassy. Et pour Lily… je n'en sais rien. Tout ce que je sais c'est que je ne lui dois aucune explication.

µ

-Laissez-moi passer, j'vous dis, bande de macaques sans cervelles ! hurle-t-on.

-T'as rien à faire là, Dana… on t'aime bien mais t'as pas le droit de monter dans les dortoirs.

-Vous me laissez passer ou j'vous tape ? les menace…

… Dana. J'éclate de rire. Décidemment, c'est une manie en ce moment de frapper tout le monde.

En bas des escaliers, Dana essaye de forcer le passage que lui bloquent les deux préfets de ma maison, Corin Douglas et Mikaela Lewis. Assez petite, elle fait une tête de moins que Mikaela et encore plus par rapport à Corin et elle a vraiment l'air ridicule face à eux. Mais ils n'ont pas l'air très rassuré, quand même, et plutôt embarrassés de devoir lui interdire de passer… ah, Dana !

-Je me demandais qui faisait autant de bruit…, commentais-je, amusée.

Elle relève son regard vert dans ma direction et dés qu'elle me voit, un grand sourire illumine son visage. Elle a l'air soulagé.

-Putain, Kity ! J'ai encore cru que t'avais fugué ! s'écrie-t-elle, joyeuse. Vous pouvez me lâcher, maintenant, non ?

-C'était pas contre toi, Dana…

-C'est ça ! claque-t-elle avant de se ruer vers moi.

Elle me bondit dans les bras et me plaque ses lèvres sur la joue dans une bise retentissante.

-Alors, tu veux bien me dire ce que t'as fait cette…

-Dana ! Etta m'a rien fait ! assurais-je.

Elle se recule, comme électrisée et l'air ahurie.

-Etta ? Etta ? Depuis quand c'est Etta pour toi ?

Et merde… je soupire, gênée. Je sais combien Dana déteste Etta. Il va me falloir plus que de la finesse pour faire passer la pilule… et je ne veux pas perdre la seule qui ne m'a jamais lâchée. Pas Dana. Bien que la pensée que Lily peut me haïr, que je peux la dégoûter, me hante mais ce n'est pas comme si je pouvais changer quoique ce soit à ça. Et si elle croyait vraiment en moi, jamais l'hypothèse que j'ai pu frapper Etta ne lui serait venue…

-Etta n'est pas celle que tu crois ou que moi, pendant longtemps, j'ai cru. Tu sais, elle est…

-Ton amie, peut-être ? grince-t-elle.

-Oui, soufflais-je, appréhendant.

-Et nous, Lily et moi ? On est quoi ? crache-t-elle.

-Dana, je t'en pris, pas ça… tu sais très bien que je vous adore, toutes les deux !

Dana a l'air partagé entre l'envie de me hurler dessus et celle de me prendre dans ses bras. C'aurait pu être comique mais j'ai peur qu'elle choisisse la première option. La mâchoire crispée, elle marmonne :

-C'est promis ?

J'éclate de rire avant de lui certifier que c'est bien plus qu'une promesse. Je sais ce que cette concession lui coûte et je lui en suis reconnaissante d'accepter, en serrant les dents, que je sois amie avec la fille qu'elle déteste le plus dans l'école.

µ

Lily m'a ignorée toute la journée. Elle ne m'a pas adressée la parole une seule fois. Elle ne m'a même pas regardée et… ça fait franchement mal. J'ai fait comme si je ne remarquais rien. Au contraire de Dana qui en a marre du comportement de notre amie rousse. Je lui ai dit de ne pas intervenir mais je sens qu'elle ne va pas pouvoir se retenir… Dana est trop franche et spontanée.

A l'inverse de Lily, tous les autres ne font que me regarder. La plupart sont curieux. Les autres, moqueurs. Il y a aussi les Maraudeurs qui murmurent entre eux en me jetant sans cesse des regards, pas très discrets. Ils veulent toujours tout savoir et je suis sûre qu'ils mènent l'enquête. Ils peuvent toujours essayer… ils ne découvriront rien et c'est très bien comme ça ! S'ils savent pour Siopéa, ils voudront régler cette affaire eux-mêmes. Et ce n'est pas à eux de le faire.

A vrai dire, depuis ma première année, je suis la Sang-de-bourbe que Siopéa a toujours voulu exterminer. Au départ, elle s'est contentée de me pourrir la vie et de me faire pleurer. Puis, pendant toutes ces années, elle me suivait de son regard d'aigle qui observe le lapin qui gambade sous son sillage. Je sais que j'ai dû lui donner l'air d'un lapin apeuré, hier, mais… en fait, même si je le devrais car je sais qu'elle n'est pas satisfaite et veut terminer ce qu'elle a commencé, je n'ai pas peur. Je crois même que je n'ai jamais eu peur. Pas une seule seconde. Même quand je pensais que j'allais mourir. Alors, je crois bien que c'est à moi de régler ça moi-même, sans personne. Elle et moi. Et on verra bien qui fera le plus de mal à l'autre. On verra bien.

En attendant, je vais essayer –je dis bien essayer- de remettre de l'ordre dans ma vie. Pour ça, je pense qu'il faut que j'aie une discussion avec Etta.

-Kity !

Alors que je prenais la direction de la salle-commune des Serpentard –pourquoi faire dans la discrétion ?- une main se pose sur mon épaule et je me retrouve face à l'une des aînées de celle que je voulais voir. Cassy. Le plaisir d'entendre sa voix, qui m'a bien manquée pendant tout ce temps, me fait sourire. Simplement.

Elle a un air sérieux collé au visage et semble stressée. Je fronce les sourcils. Siopéa lui a parlé de… ?

-Désolée… pour tout. Je sais que je suis lâche mais tu es vraiment… en fait, je crois que t'es la meilleure amie que j'aie. La seule à m'accepter comme je suis et… j'ai été si nulle de t'en vouloir alors que c'était la première fois que tu me reprochais quelque chose. Je sais que je suis une amie bien merdique mais…, bégaye-t-elle, les yeux embués.

-Raconte pas n'importe quoi, Cassy ! Tu es une excellente amie et bien plus courageuse que tu ne le crois… ce qui te donne pas l'étiquette de l'héroïne pour autant, c'est vrai. Mais, entre nous, c'est gavant les héros ! plaisantais-je en lui lançant un clin d'œil.

Elle rit légèrement à travers ses larmes et je l'attire dans mes bras.

-J'ai eu peur pour toi quand Siopéa a…, commence-t-elle.

-T'occupe pas de ça ! Tu sais bien qu'entre Siopéa et moi, ça toujours été cet amour sauvage et destructeur… J'aimerais juste que tu protèges un peu plus ta petite sœur, murmurais-je.

Elle se détache de moi, étonnée. Elle s'apprête à ouvrir la bouche pour parler, ne comprenant certainement pas comment je peux être au courant des histoires de famille, et je lui dis de se taire. Ça ne sert à rien d'en parler. Maintenant, elle sait que je sais et ça me suffit.

Elle hoche finalement de la tête et je lui souris. Peut-être que je devrais lui en vouloir d'être passive et lâche… oui, peut-être mais dans ce cas, je serais vraiment d'une intransigeance révoltante. On ne choisit pas plus ses défauts que ses qualités… mais on peut les combattre. Et je sais que Cassy le peut. Je le sais.

-Il y a un problème entre toi et Lily ? me demande-t-elle enfin.

-Trois fois rien, répondis-je en commençant à m'éloigner.

Elle me sourit, pas dupe pour autant. Mais, tout comme Dana, elle commence à comprendre que quand je ne veux pas parler d'une chose, même les plus puissants coups de fouet ne me feraient pas craquer… un truc de famille. Elle me fait un signe de la main puis s'en va. Et je m'éloigne de mon côté, le cœur bien plus léger. Oui, Cassy est une très bonne amie qui a bien plus de valeurs qu'elle ne le croit… faut juste lui laisser le temps de les découvrir.

µ

-Pardon, dis-je en me faufilant entre un couple de Serpentard qui sort de leur salle commune.

-Hé ! fait le mec en essayant de me retenir par le bras.

Mais je suis plus rapide que lui et arrive à l'esquiver. J'entends la fille demander à son copain si je suis bien la fille qui traine dans les pattes des Maraudeurs. J'ai envie de me retourner pour lui faire remarquer que c'est plutôt les Maraudeurs qui me trainent dans les pattes mais… j'ai plus important à faire !

Je déboule comme une fleur à l'entrée de la Salle Commune verte-et-argent et tous les regards se tournent vers moi. Je me fais la remarque que je suis quand même de plus en plus cinglée… une Sang-de-bourbe qui débarque dans l'antre du dragon. Oui, bon, ok, c'est un peu trop tard pour réfléchir aux conséquences de mes actes…

-Fairfax ? s'étonne Lucius Malefoy. Tu fous quoi, là ?

-Tourisme, répondis-je.

Bon, maintenant que j'y suis, je peux bien quitter le seuil de la salle. Je m'avance et plus je croise de regards mauvais, plus je suis satisfaite de moi. Je repère sans difficulté Etta, Fred et Taylord, et m'avance vers eux comme si ma présence ici n'avait rien de particulier. Je souris avec moquerie à Pamela qui me toise d'un regard infiniment mauvais… je crois bien que dans ses amis, c'est elle qui m'aime le moins. Ça tombe bien… je ne l'aime pas non plus.

-Salut… Etta, fis-je, en accentuant sur son surnom. J'avais besoin de te parler. Ou, je dirais même plus, j'en avais envie.

Taylord tressaille de colère et, par pur instinct suicidaire, je me sens obligée de lui demander, moqueuse :

-ça va, Pam-chérie, les amours, la famille… ?

Ok, je ne sais pas vraiment pourquoi je réagis comme ça mais je pense que les préjugés et l'étroitesse d'esprit des gens me foutent tellement en rogne, que j'en perds toute ma mesure. J'ai juste envie de provoquer tout le monde. Une envie que je n'ai jamais ressenti avant… se faire tabasser dans une salle reculée puis y moisir pendant des heures m'a rendue peut-être un peu… différente. Essayez, vous verrez que vous en sortirez changé !

-Dégage, pétasse, siffle Pam. Etta peut pas te voir en peinture, t'as oublié ?

Je ne réponds rien. Je ne peux pas tout faire. Je regarde Etta dans les yeux et lui fait comprendre que c'est à elle de choisir… soit elle accepte de montrer notre amitié aux autres, soit elle refuse. Elle se lève alors et dit à ses deux amis qu'elle revient. Les regards de Fred et de Pam s'assombrissent et je leur lance un clin d'œil… bon, ok, je lance à clin d'œil à Fred. Et je pense qu'il a saisi toute la raillerie qu'il signifiait, ce clin d'œil, puisqu'il semble réellement énervé.

On sort, toutes les deux de la salle commune, et je remarque enfin l'air anxieux d'Etta. Je n'ai peut-être pas bien fait… peut-être qu'elle n'était pas prête à l'avouer à ses amis… et merde ! Et voilà ce qui arrive quand la Serdaigle cesse de réfléchir… je fais bourde sur bourde. Bon, promis, demain, je fais redémarrer mon cerveau et mon sens de la mesure.

-Désolée… j'ai agis sans réfléchir, m'excusais-je.

-Non ! Enfin, t'as eu raison ! m'assure-t-elle. Mais ne viens pas dans ma salle-commune… je… c'est pas super pour les né-moldus.

-T'inquiète, la rassurais-je.

On se met à marcher le long des couloirs, en silence.

-Et tes amis ? Samuels, Lily… les Maraudeurs ? me demande-t-elle.

-Oh, ils sont calmés ! Ils ne viendront plus t'embêter.

-Non, je veux dire… ils savent que… qu'on s'entend plutôt bien…, corrige-t-elle, un peu gênée.

-Dana le sait. Les autres, je n'en sais trop rien… et j'ai vraiment d'autres choses à penser.

Après tout, je choisis mes amis. Nan mais oh ! Et puis, Lily serait surement très heureuse d'apprendre que je suis amie avec Etta… enfin, quoiqu'elle aurait peur pour la Serpentard. Je suis si violente, aussi… un vrai danger pour mon prochain. Amen.

-Oh ! J'ai failli oublier… J'ai un cadeau pour toi ! s'exclame-t-elle.

-Oh… Mon… Dieu ! m'excitais-je. Comment t'as su ? Je suis si émue…

Puis, devant son regard incrédule, je termine, moqueuse :

-… sauf que mon anniversaire c'est en mars. Bah, va, je t'en veux pas… j'espère que tu pourras refourguer ton cadeau à quelqu'un… Si c'est du maquillage, donne à ta Pam, elle aura l'air déjà plus aimable.

Elle éclate de rire avant de me coller un paquet cadeau dans les mains. Je ne comprends toujours pas pourquoi elle m'offre quelque chose…

-C'est pour Noël… et apparemment, c'était temps que j'intervienne ! T'en as vraiment besoin de ce cadeau ! déclare-t-elle, toujours hilare.

Ah… Noël. Merde, je suis à la bourre pour l'achat des cadeaux… oh, je me rattraperai pendant les vacances.

-Si c'est un paquet de chewing-gum à la menthe, autant te dire que je risque de mal le prendre !

-Allez, ouvre ! me presse-t-elle.

Impatiente et infiniment curieuse, je déchire le papier cadeau et… mon air d'enfant béat disparait. Ah bah merci ! Nan mais quel manque de respect pour mon talent…

-« Comment faire des blagues drôles en 10 leçons » ? lisais-je, bougonne. J'aurais mieux pris les chewing-gum, je crois… ingrate, va !

-Je t'en pris, ça me fait plaisir aussi,ironise-t-elle en riant.

-Humpff !

En plus, moi, je me trouve très drôle… bon, ok, mon sens de l'humour est très… personnel. Après tout, chacun le sien, hein.

-Je te l'offre maintenant, parce qu'avec l'approche des vacances… et puis, chez moi, le courrier est assez réglementé, chuchote-t-elle, la mine soudain sombre.

Pour ne parler que du courrier, bien sûr… mon cœur se sert à la vision de sa peine. Je sais bien ce qui l'attend chez elle tandis que moi je cours retrouver ma mère, peut-être pas très attentive et sérieuse, mais aimante et sincère. L'enfer lui ouvre ses portes, à elle… vive Noël, mes amis !

-Tu peux venir chez moi, pendant les vacances, si tu veux…

Elle lève soudainement ses yeux vers moi, n'en revenant pas.

-Ma mère invite toujours n'importe qui à Noël et au nouvel an, alors… et puis, elle est fan du dicton « plus on est de fous, plus on ri ». La maison est assez grande… je pense te caser autre part que dans le grenier, plaisantais-je.

Elle semble croire rêver et me regarde étrangement… quoi, j'ai une araignée au plafond ? Bon, ça tout le monde le savait déjà.

Elle sourit alors et… me bondit dans les bras. Ok… euh, je fais quoi ? Finalement, je choisis de répondre à son étreinte et je crois sentir une larme contre ma joue. Qui n'est pas la mienne.

-Mais… euh, te sens pas obligée d'accepter, hein… tu ne ferai que me briser le cœur une seconde fois…, me sentais-je obligée de sortir.

-Abrutie ! ri-t-elle.

Bon… peut-être que mes blagues sont pourries, finalement. Mais, pour vous le dire franchement…

Je m'en contre balance !

Et vous, comment trouvez-vous l'humour de Kity ? Et à ceux qui avaient deviné qu'elle allait inviter Etta pour les vacances… alors, bravo !