Voilà, voilà, aujourd'hui est un grand jour… P'tite-Yume est désormais majeure… et oui, Messieurs, Dames !

Un p'tit chap pour fêter ça comme il se doit, hein D. Et merci à tous ceux qui lui ont souhaité =).

Bonne lecture !


Chapitre 23 : Dérapage contrôlée… en principe

Je me réveille aussi lentement que la neige qui blanchit peu à peu le paysage. Je reprends conscience doucement, comme pour ne pas briser mes pensées qui se raniment. Je prends d'abord connaissance de mon corps, fait bouger mes doigts comme pour vérifier qu'ils sont bien là. J'entre-ouvre mes yeux, les referme aussi. C'est trop blanc dehors, il y a trop de lumière, trop de choses que je veux fuir. Je veux retrouver les ténèbres apaisant de l'inconscience. Je veux oublier. Mais mes membres douloureux me rappellent à l'ordre et je gémis lorsque que je sens mon dos ramollo et complètement brisé. Une voix s'élève calme et douce. Pompom.

« Henrietta, chuchote-t-elle alors que j'ouvre les yeux pour me retrouver face à elle penchée sur mon visage. Henrietta ? Comment tu te sens ?

- Comme si un troupeau d'hippogriffes m'étaient passés dessus, je souffle. Par Merlin, ça fait combien de temps que je suis là ?

- Tu es restée inconsciente quatre jours ma chérie, me répond Pompom en sortant un flocon du placard. Tu devrais te sentir nauséeuse, et avoir des douleurs dans le dos et la tête. »

Comme pour répondre, mon ventre se soulève et je me penche vers la bassine sur le côté gauche du lit pour vomir mes trippes. Génial. Ma tête siffle et je gémis. J'ai l'impression que tout mon corps est cassé, détraqué, comme si la machine était rouillée. Je serre les dents, et souffle bruyamment. Elle me fait avaler une cuillère de sa potion verte. C'est infect. Puis, elle m'installe correctement dans le lit, me demande de ne pas bouger. Et me laisse seule face à des paquets de sucreries qui jonchent ma table de chevet. Je me penche lentement pour décrypter les noms, Fred, Oli, Pam et Grace. Comme toujours. J'ai le cœur qui se serre, ils sont toujours là. Puis je vois celui de Kity, celui de James, celui de Lily. Et j'étouffe de bonheur. Ils ne m'ont pas oubliée. A leurs yeux j'existe. C'est pas le moment de pleurer Etta ! Je constate avec un pincement au cœur qu'il n'y a rien de Cassandra, la seule de ma famille de qui j'aurais pu espérer quelque chose. Mais non.

Je n'ai pas de famille apparemment.

« Bonjour Henrietta, fait soudain une voix.

- Professeur Dumbledore, je bafouille surprise de le voir à mon chevet.

- Comment tu te sens aujourd'hui ? Tu nous as fait peur à tous, c'était une chute spectaculaire…, dit-il en déposant une boite de bonbon au citron sur ma table de chevet.

- Ça va, merci, je chuchote légèrement intimidée –légèrement j'ai dit !-.

- Je peux, me demande-t-il la main prête à plonger dans le paquet de choco-grenouilles de Grace.

- Je vous en pris, je fais en le regardant choisir avec plaisir son bonbon, il me fait sourire.

- Henrietta, tu as le don pour créer des scandales avec peu de choses, et pour des choses superflues, fait-il le regard pétillant.

- Je crois bien aussi, je murmure me rendant compte que dans sa bouche à lui mon prénom ne sonne pas comme une calomnie ou une injure.

- Alors pourquoi ne parles-tu pas des choses importantes ? »

Il pose sa main sur mon bras et je constate avec horreur que ma peau est à l'air libre, dévoilant mes cicatrises et anciennes blessures qui ne veulent pas disparaître. Je rabats la couverture sur mes membres, comme pour les dissimuler mais c'est trop tard. Les yeux bleus de Dumbledore me fixent, avec sollicitude. Sans me juger ni me trouver faible. Je me sens si mal, bientôt tout le monde sera qu'Etta n'est qu'une faible, une pauvre fille incapable de se défendre. Qu'elle n'est pas ce qu'elle prétend être. Tout le monde sera que ma famille me hait, que je suis le vilain canard dont on veut se débarrasser. Cassiopéa voudra se venger. Elle m'achèvera !

« Elle ne te touchera plus, me rassure le directeur comme s'il lisait dans mes pensées. Eux non plus, plus jamais.

- Comme savez-vous que… ?

- Que Cassiopéa et tes parents sont à l'origine de ça ? me coupe-t-il avec malice, tu sais quand on est âgé comme moi, on finit par décoder facilement les énigmes des jeunes.

- Je… J'aurai… J'aurais voulut que, je murmure comme une confidence, qu'ils m'aiment. Qu'ils m'acceptent. Les parents sont forcément obligés d'aimer leurs enfants, n'est-ce pas ? Alors pourquoi pas moi ? Les sœurs sont censées vous épauler, vous défendre…, je suis fatiguée de ça, je veux m'endormir et ne pas me réveiller, laisser tout ça de côté.

- Tu n'es pas seule Henrietta, fait Dumbledore s'asseyant à côté de moi pour mâchonner son caramel en me tapotant la main gentiment. Tes amis sont là. Et puis, toutes tes sœurs ne sont pas des monstres.

- Vous parlez de Cassandra, je m'écrie, elle préfère me voir souffrir pour se préserver.

- Elle n'est peut être pas comme tu l'imagines, fait remarquer doucement le vieil homme, peu être qu'elle aussi veut être aimée par sa famille… Qu'elle ne demande, comme toi, qu'un peu d'attention. »

J'éclate en sanglots. Je ne sais plus quoi penser, j'ai tellement mal à la tête. Tellement mal au cœur. Je ne sais plus quoi dire et c'est lui qui reprend la parole en se levant.

« Cassiopéa sera renvoyer de l'école, annonce-t-il pour ma plus grande horreur –que va-t-elle me faire pour ça quand je rentrerai au manoir ?-, nous trouverons une solution pour les vacances. Tu n'es plus seule Henrietta.

- Je suis faible, je sanglote. Je suis nulle…

- On n'est pas faible quand on défend ses amis au péril de sa vie, faut-il, et on n'est pas nulle quand on a des amis qui se relayent à tour de rôle pour veiller à votre chevet. Quand on compte pour les autres. »

Je lève mes yeux humides, croise les siens d'un bleu profond. Il reprend un caramel, me sourit et à travers mes larmes je le remercie. Je n'ai plus peur. Depuis des années, la peur était omniprésente, devenue mon ombre. Mais maintenant, je n'ai plus peur de Cassiopéa ni de mes parents. Et même si j'ai mal à l'âme de savoir que jamais ma famille ne m'aimera, que jamais ma mère ne se penchera pour m'embrasser ou mon père me féliciter, je garde l'espoir de pouvoir combler ce vide avec ceux qui m'aiment pour ce que je suis. Je panserai mes bleus du cœur et la vie continuera.

Parce qu'elle ne s'arrêtera pas à cause de ça.

« Je crois que tu as de la visite, sourit le directeur en s'écartant.

- Rem… Lupin ! je m'écrie en tentant d'effacer mes larmes et de reprendre contenance.

- Je vous laisse, annonceDumbledore avec un dernier sourire amical, nous reparlerons de tout ça Henrietta. »

Non ! Il peut pas me faire ça ! Revenez professeur, je supplie mentalement. Ça ne sert strictement à rien, il n'est apparemment pas télépathe et s'en va un sourire ravie collé sur les lèvres. Il n'y a que lui que la situation rend joyeux, je fulmine. Je baisse mon regard pour accrocher les yeux de Remus. Euh Lupin je veux dire ! Et inexorablement, les symptômes recommencent… j'ai le cœur qui bat la chamade, les mains moites et le ventre qui se tord d'appréhension. Je n'arrive même pas à répondre à son sourire tant je suis tendue par la perspective d'un tête-à-tête avec lui.

Mais, curieusement, je ne suis pas la seule qui ait l'air gêné. Lui aussi paraît marcher sur des œufs, et joue avec le paquet de choco-grenouilles qu'il a apporté.

« Salut Etta, finit-il par lâcher avant de me tendre les friandises, tiens, c'est pour toi.

- Merci Lupin, je murmure en le recevant.

- Arrête, s'énerve-t-il soudain en s'approchant.

- De quoi ? je fais en évitant de le regarder pour contempler les bonbons.

- De m'appeler Lupin, dit-il comme s'il s'agissait d'une évidence.

- Ah, je réponds simplement -le problème c'est que je DOIS l'appeler ainsi pour mettre de la distance entre lui et moi.- je suis désolée mais… je peux pas arrêter, je dis alors plus fermement.

- Pourquoi, s'étonne-t-il en faisant encore un pas en avant.

- Parce qu'on ne peut pas être amis avec ce qui s'est passé.

- Tu veux parler…

- Du fait que tu m'ais brisée le cœur, je le coupe, retrouvant une assurance que je croyais avoir perdue depuis longtemps en sa compagnie. Oui. C'est trop dur de faire semblant de ne vouloir être que ton amie. Ça fait trop mal. »

Oh. Par. Merlin. Le cognard m'a secouée le cerveau un peu trop fort ! Il faut que me taise ! Par pitié, faîte que ma bouche se taise ! Je ne veux pas me mettre à nue pour me faire rejeter à nouveau ! Tandis qu'en moi tout est en panique générale, lui au contraire semble retrouver son calme habituel. Il me prend la main, et je rougis. La chaleur de sa paume fait s'arrêter de trembler la mienne.

« J'aimais bien quand tu étais mon amie, fait-il. Ça me manque.

- Ah…, je marmonne en fixant avec horreur ma main qui ne veut pas se détacher de la sienne –mon corps ne me répond plus !- Mais ce n'est pas grave, tu sais… Tu as d'autres amis. Et puis, un Maraudeur ami avec une sang pur de Serpentard ça fait désordre…, ma voix est si basse que je me demande s'il entend tout ce que je déblatère, C'est mieux que tu ais tes propres amis. J'ai bien compris que… que les Gryffondor comme Danaelle sont plus… Ton genre. »

Je n'arrive plus à parler, ma gorge est nouée et m'étouffe. Sa présence affole mes sens, son odeur de savon me parvient faisait chavirer ma volonté. Je dois tenir bon. Surtout, surtout, ne pas pleurer.

« Dana est une amie géniale, me sourit-il en caressant ma main –c'est possible de rougir de la main ? Parce que la mienne elle peut !-

- Une amie ? je murmure comme si j'avais mal entendu en plantant mes yeux dans les siens.

- Oui… Une amie. Simplement une amie, affirme-t-il en rapprochant son visage du mien. Etta…, murmure-t-il posant son front sur le mien brûlant, Je me suis trompé.»

Je n'en crois pas mes oreilles. Je me crispe, je veux arracher ma main de la sienne. Mais les battements de mon cœur assourdissent mes pensées, font taire ma raison. Mon sang s'échauffe alors qu'il me sourit et penche ses lèvres vers les miennes. Tous les barrages tombent, je perds le controle. Sa bouche rencontre la mienne en un feu d'artifice. Son odeur envahit mes narines, je reste figée alors qu'il pose ses mains sur mes joues. Mon être s'affole, mon cœur tambourine alors qu'il approfondit notre baiser. Je fonds.

Alors que je succombe, une image s'impose à moi. Tranchante comme la lame d'un rasoir. Mes yeux se rouvrent et je repousse brutalement Remus.

« Non ! je m'écris. »

Il me regarde, étonné, s'apprête à ouvrir la bouche en essayant d'attraper ma main. Mes lèvres portent encore le goût des siennes. Mais plus que toutes les sensations et les émotions qui m'assaillent, il y a l'image de Danaelle qui surpasse tout. Le dégout que j'ai soudain de moi-même me donne envie de vomir. Je me hais. J'ai faillit succomber à Remus qui sort avec elle, j'ai trompé le serment muet que je m'étais promis. Ne pas me mettre entre eux deux s'il la choisissait.

Ses yeux tristes me font mal, je le repousse une nouvelle fois, j'ai l'impression de me déchiqueter le cœur avec une petite cuillère. Mais je sais que c'est le bon choix. Mes larmes menacent quand soudain une voix explose dans l'infirmerie :

« Je vous déteste ! »

Mon cœur est poignardé, son visage couvert de larmes me glace. Danaelle s'enfuit avant que nous n'ayons pu avoir le temps de faire le moindre geste. Je voudrais me lever, lui courir après. Me faire pardonner, m'excuser. Mais je reste plantée dans les draps blancs, à me maudire. Quelques secondes avant j'avais l'impression d'être plus vivante que jamais, les lèvres de Remus sur les miennes, des papillons dorés dans l'âme. Mais maintenant, j'ai envie de mourir. Je suis ignoble. Je me sens si sale. Même si je ne la supporte pas, je ne peux m'empêcher de me trouver horrible vis-à-vis d'elle. J'ai fait à cette fille une chose que j'ai moi-même vécut. Je lui fais vivre mon enfer.

Je suis un monstre.

J'éclate en sanglots, c'est trop d'un coup. J'ai mal à la tête. Remus tente de me prendre dans ses bras mais je me débats.

« Lâche-moi ! Tu sors avec elle ! Comme tu peux faire ça ? Elle te suffi pas ? Faut aussi que tu t'amuses avec moi ! je cris.

- Non ! Enfin si ! Mais Etta ce n'est pas…, commence-t-il complément dépassé par les évènements. Je la considère comme une amie ! Toi c'est pas pareil !

- Arrête de jouer avec moi, je hurle en me libérant de son étreinte, laisse moi !

- Laisse-la, fait alors froidement une voix.

- Chuck, je m'écris sans le voir parce que j'ai du mal identifier quoi que se soit avec mes yeux gonflés de larmes.

- Dégage, crache le batteur à Remus. Va rejoindre ta copine ! »

Remus s'éloigne de moi, comme brûlé. Il ouvre la bouche pour dire quelque chose, se tourne vers moi mais un regard de Chuck le réduit au silence. Il s'en va, la démarche trainante et les épaules courbées par un poids trop lourd pour lui. Il va rejoindre Danaelle. Quant à moi, j'explose, j'ai mal au cœur. J'ai mal partout. Je sanglote, recroquevillée dans mes draps et je sens alors un bras autour de mes épaules. Je m'effondre contre lui.

Je ne dis rien mais je crois qu'il a compris. Il ne dit rien et je crois qu'il sait que ça ne sert à rien. Il me laisse me vider, me dégonfler comme un ballon de baudruche. Tout se mélange en moi, mon dégout, la sensation des lèvres de Remus contre les miennes, Cassiopéa, les paroles qu'elle m'a jetée, la conversation avec Dumbledore, Danaelle. Il veut jouer avec moi c'est ça ? Il voulait me torturer tout en s'amusant un peu ? Il ne m'a pas déjà assez fait mal ?

« Etta ? s'exclame un nouvel arrivant.

- Paaaaam, je chiale en reniflant, de la morve plein le nez.

- Oh ma chérie, s'écrie-t-elle en se jetant sur moi. Qu'est ce qu'il s'est passé Chuck ?

- Aucune idée, il lui répond en me caressant les cheveux pour me calmer. »

Je me sens fatiguée, trop fatiguée pour répondre, trop épuisée pour me battre. Jamais plus je ne pourrais regarder dans les yeux Kity, jamais elle ne voudra parler avec celle qui a brisé le cœur de l'une de ses deux meilleures amies. Elle va me méprisait. Elle voudra que je disparaisse de sa vue.

Je me maudis, crétine ! Crétine ! Crétine ! Je songe alors à ce qu'il va se passer après. J'enfonce mon visage dans le cou de Pam, comme pour fuir l'avenir. Je ferai tout pour éviter Kity et Dana, je ferai tout pour ne plus croiser Remus, je ferais tout pour qu'ils ne me voient plus. Je vais faire comme avant, je vais les ignorer, je vais me cacher de leurs vues. Ils ne me verront plus, c'est promis.

Pompom m'a donné un calmant et je tombe dans une douce léthargie. Déconnectée de mes souvenirs et de mes sensations, je somnole. Fred est venu me voir, m'a fait un câlin où je me suis presque endormie. Il m'a promis que Remus ne m'approcherait plus. Je lui aie ordonné de sortir avec Kity dans la journée, parce que se serait une insulte aux personnes au cœur brisé comme moi, qu'il refuse la chance qu'il lui était donné. Il m'a sourit tout en essayant de me consoler.

J'ai appris que Lily et James sortaient ensemble mais je ne pourrais pas les féliciter. Tant pis. J'ai appris que Pam était intéressée par Tiana Evergreen de Serdaigle, je l'ai encouragée. J'ai chialé devant Grace en déblatérant sur le joli couple qu'elle formait avec Oli. J'ai ordonné à Oliver de prendre soin d'elle, il a parut complètement désarçonné par mon comportement de pleurnicheuse. J'ai tant pleuré que je m'en suis usée les yeux. J'ai tant regretté mon acte et pourtant j'ai tant chérit ce baiser volé, que j'en perds la tête.

Finalement les calmants font effet et je sombre enfin dans le sommeil, seul lieu où mes tourments me laisseront en paix.


Quand on a dit que Mumus allait passer la première, c'était pas des salades, hein ? Alors, Qu'en avez-vous pensé ? =)