Bonjour à tous !
Tout d'abord je vous remercie pour m'avoir souhaité mon anniversaire ! :) Je vais essayer de profiter un maximum de ma majorité (mince fini les gamineries ! Heureusement il y a encore les fics pour se lâcher !) Sinon, OH MY GOD ! 193 reviews ! Allez pour ce chapitre romaaaaaaaance on veut passer les 200 !
En tout cas merci beaucoup à tous !
Bonne lecture ^^
Chapitre 24 : ça ne finira jamais... Ah, vraiment ?
Je vois, adossée au grand arbre sans feuille, une silhouette aux couleurs mortes et immobiles, la neige qui tombe par milliers de flocons la recouvrant peu à peu. Mon cœur se sert. Quelle meilleure période que la plus froide saison pour voir son bonheur présent et ses illusions partir en fumée ? Une voix siffle alors dans ma tête… C'est de ta faute, Kity…
Je m'approche de Dana, mes pas laissant leurs traces dans la neige et ma gorge serrée comme jamais. Elle ne bouge pas son regard fixé sur le lac gelé devant elle. Même quand je m'assois à côté d'elle, retenant mon souffle.
-Salut, Kity.
-Dana, murmurais-je. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Une ombre de sourire amer passe sur son beau visage et mon cœur se craquèle encore plus. Tout est de ta faute, Kity… Et plus je remarque la disparition de la joie de vivre de Dana et l'absence des bras de Remus pour la réconforter, plus je me dis que c'est surement vrai… tout est de ma faute.
-Tu te rappelles le jour où on était tous les trois, lui, toiet moi ? Moi, je sens encore ses bras et la vague d'eau qu'il m'a lancée… elle était gelée. Gelée, dit-elle, sans jamais m'accorder un regard.
-Oui, je m'en souviens…
-Une trahison c'est pire que si on te jette un lac entier, en hiver. Encore plus gelé.
Son calme me frigorifie. Son visage caché sous un masque impassible et froid me donne le vertige. Je pose ma main sur l'une des siennes, glacée. De terribles frissons me prennent et je l'attire dans mes bras où elle se love.
-Il a embrassé Malefoy dans l'infirmerie. Il l'a embrassée comme jamais il l'a fait avec moi. Et j'ai compris une chose, Kity… ma mère a raison, aucun homme n'est digne de confiance. Je lui avais donné toute ma confiance et il l'a piétiné. Et après, il est venu s'excuser… j'ai rompu, Kity. Il n'y aura plus jamais rien entre lui et moi. Plus rien entre moi et un autre. Plus jamais.
Ses mots sont froids, prononcés avec un calme et une lenteur qui claque dans l'atmosphère hivernale qui nous entoure. J'ai une envie de plus en plus aigue d'éclater en sanglot… tout est de ma faute. Impossible de garder mon délit, ma trahison pour moi, je décide de l'avouer à Dana :
-Je lui ai imposé deux semaines pour choisir entre toi et Etta, Dana. C'est surement à cause de cet ultimatum si…
-Arrête ! Ne lui donne pas des excuses ! claque-t-elle, en me regardant enfin dans les yeux. Et surtout, ne reporte pas la faute sur toi ! Avec Lily, tu es ma meilleure amie ! Ne te salie pas en défendant cette ordure !
Ordure ? J'ouvre de grands yeux, choquée. La première fois qu'elle insulte ou critique Remus. Par Merlin, je n'ai jamais vu Dana comme ça. J'ai si peur que ce coup dur l'ait faite changer… Dana est une blonde capricieuse, légèrement cinglée, butée, bornée, à la limite du supportable, trop franche et fatigante mais… je ne veux pas qu'elle change ! Je ne veux absolument pas qu'elle change, je ne veux pas qu'elle perde ne serait-ce qu'un seul de ses défauts… et cette possibilité me donne l'envie de me ruer sur Remus pour lui hurler toute mon indignation. Est-ce que je lui ai dit de lui briser le cœur, d'embrasser une autre devant elle ? Est-ce que je lui ai dit qu'il fallait qu'il écrabouille son amour sans retenue pour ensuite, venir comme une fleur et s'excuser ? Mon dieu, mais qu'a Remus Lupin dans sa petite cervelle de moineau pour avoir fait ça, comme ça ?
-Je sais maintenant pourquoi je détestais Malefoy… je me doutais que ça allait finir comme ça sans me l'avouer.
-Donc, tu n'aurais pas été amoureuse de Remus, tu l'aurais appré… ?
-On parle d'Henrietta Malefoy, là, Kity ! Jamais de la vie ! me coupe-t-elle en levant les yeux au ciel. Elle va bien avec Remus. Qu'elle ait une belle vie avec lui, après tout… après tout… on se les gèle, là, non ?
µ
Dana parle toujours beaucoup moins qu'à son habitude, est emprisonnée dans des murs glacés qui la tiennent enfermée dans sa tristesse muette et ne rit que très rarement mais… il lui arrive quelque fois de sourire et elle nous répète plus que de raison, à Lily et moi, que nous sommes des « amies vraiment tooop ». On prend ça pour une avancée. De toute façon, c'est bien clair, je lui accorde une semaine pendant laquelle elle a le droit de se morfondre et ensuite, je vais lui remonter le moral. Et pas d'opposition possible de sa part ! C'est moi qui décide, ici, non mais ! Surtout que je me tiens toujours responsable, en partie, de son malheur… et en plus, je suis tiraillée par mon soulagement de savoir Etta dans les bras de son Prince charmant et révoltée par le cœur brisé de Dana. Ça vous arrive d'avoir le cul entre deux chaises ? Bah, moi, c'est entre trois… parce que Remus est mon ami. Alors, qui est-ce qu'il faut que je défende ? Je me retrouve alors à soutenir –bien que j'ai passé un sacré savon à l'handicapé de la vie attitré des Maraudeurs- chacun maladroitement… Merlin est vraiment un sadique avec moi !
J'aperçois alors Dumbledore accompagner une silhouette à la longue chevelure blonde vers la sortie de l'enceinte du château… merde ! Siopéa ! Il ne faut absolument pas que je loupe ça !
Car oui Cassiopéa Malefoy a été renvoyée de Poudlard. Je sais, la vie à Poudlard est carrément exténuante depuis quelques temps. Pas le temps de se reposer, et encore moins de respirer. Je vais vraiment finir asphyxiée… surtout que j'ai l'horrible impression de revenir lors de ma Première-Année. Fred ne peut pas s'empêcher de me foudroyer du regard à chaque fois qu'il me croise. Mais bon, une chose en son temps… j'ai quand même deux-trois mots à dire à Siopéa… en bonne camarade de classe, j'en suis contrainte, non ? Si, si, j'insiste. Bon, au départ, je voulais la faire souffrir… genre la jeter du haut de la tour d'astronomie ou me servir de sa belle tête de blonde pour expérimenter la boxe française… mais à bien y réfléchir, je n'en ai plus aucune envie. La violence, c'est pas mon truc. Manque d'entraînement et de sadisme, peut-être. Et puis, au final, elle m'a juste tabassée et ce n'est pas vraiment sûr qu'elle m'aurait réellement trucidée. Le truc que je ne suis pas prête à pardonner, par contre, c'est ce qu'elle a fait endurer à sa petite sœur, pendant des années, qui n'a –à mon contraire- rien fait pour le mériter.
Je me rue à l'extérieur de mon dortoir, bousculant sans douceur Andrea qui était sur mon passage –bon, ok… j'ai choisi le bon chemin pour la bousculer. Je dévale les escaliers en marbre et courre à toute vitesse pour me lancer à la poursuite de Cassiopéa et du directeur. Avec le bruit du vent sifflant aux oreilles, Cassiopéa n'entend pas mon arrivée et je dois m'exclamer, faussement alarmée:
-Siopéa-chérie ! Tu t'en vas, sans même me dire un seul mot d'adieu… Mais combien de fois aurais-je le cœur brisé ?
Cette question par contre est sincère… Cupidon a fini de s'amuser avec moi comme si j'étais son pantin ou il a encore quelques projets sadiques qui me sont gentiment destinés ? Siopéa se retourne vers moi alors que Dumbledore me regarde, amusé. Ok, il n'est pas dupe. Refoulant une puissante bouffée de rage, elle me toise, mauvaise, tandis que je me poste devant elle, menaçant de lui sauter dans les bras. Oserai-je ?
-Lâche-moi, espèce de sale sang-de-bourbe écœurante et ignoble ! crache-t-elle.
J'ai osé.
Elle tourne un regard méfiant vers Dumbledore qui nous observe telle une statue sage et bienveillante. Elle dut se dire qu'au point où elle en était, elle pouvait bien proférer quelques propos d'intolérance pure et me siffler quelques menaces bien senties… pour marquer le coup.
-Profite de ces quelques mois qu'il te reste à passer à Poudlard, Catherine Fairfax, car tu seras ma première victime. La première impureté que j'exterminerai pour purifier ce monde. Je te réserve cette honneur, me susurre-t-elle avec un sourire de cruauté qui me semble tout à fait crédible.
Bon Dieu, j'ai peur. C'est terrible. Je serai sa première victime… un sourire me vient et, me baissant agilement jusqu'au sol, je me relève après avoir ramassé une bonne quantité de neige que j'écrase sur la mine de méchante-de-Walt-Disney de Siopéa. Figée, horrifiée et, je l'imagine, frigorifiée, elle n'a aucune réaction.
-Embrasse tes parents de ma part, mon cœur ! lui demandais-je. Très jolie, l'écharpe, professeur.
-Je te remercie, Catherine, me répond-il en souriant.
Puis, assez fière de moi, je l'avoue, je m'en vais, le pas joyeux. Ah, je sens que je reverrai Siopéa dans pas si longtemps que ça…
µ
-Etta ! Enfin, je…, commençais-je à crier en accélérant le pas.
Mais dés qu'elle se retourne et croise mon regard, elle se dépêche de suivre ses amis jusqu'à disparaître au coin du couloir. Sonnée, je ne prends même pas la peine de répondre au regard noir de Pamela Taylord et ma démarche ralentit en même temps que je sens un goût amer diluer ma salive. Voilà pourquoi depuis qu'elle est sortie de l'infirmerie, malgré toutes les rumeurs qui ont suivi cet évènement, je n'ai pas eu l'occasion de lui parler Etta me fuit.
-Je t'avais prévenue, Kity. Les Serpentard sont tous les mêmes, commente Sirius en ralentissant pour rester à ma hauteur.
Je ne trouve rien à répliquer et je ne cherche pas à m'esquiver quand Sirius me prend par la taille, comme pour me montrer que lui, contrairement à d'autres, ne s'est pas joué de mon amitié. J'ai l'impression d'avoir reçu une puissante gifle et d'avoir perdu toute la bonne humeur qui m'avait habité. Elle s'est servie de moi. Maintenant que tout le monde sait pour les punitions que lui infligeait Siopéa –d'ailleurs, après qu'Etta se soit exhibée, hier, en tenue d'été, bras découverts et short, dévoilant ses cicatrices, comment peut-on ne pas en être au courant ?- et que celle-ci est renvoyée, pourquoi aurait-elle encore besoin de moi ? J'étais bien pour lui venir en aide ou m'assurer qu'elle ne passe pas ses vacances de Noël dans son manoir hanté mais à présent pourquoi rester avec la Serdaigle coincée à l'humour pourri et qui ne sait que pratiquer l'ironie –à merveille ? On se le demande, en effet.
Je devrais être révoltée, indignée et en colère. Je devrais hurler, pleurer ou me ruer à la poursuite d'Etta pour lui arracher les cheveux. Mais je suis fatiguée. Physiquement, sentimentalement et psychologiquement.
-Kity ? Ohé ! m'appelle Sirius, alors que James embrasse Lily, que Remus est absent, que Dana est aussi vivante qu'un fantôme et que Peter se goinfre de bonbons.
-J'ai un cours de Potion dans… onze minutes. J'y vais, les avertis-je, la voix dénuée de sentiments.
Un fichu cours de potion que je vais devoir passer avec le seul qui peut me saper encore plus le moral… Fred Davis et cette foutue potion de désir. J'en rêve.
µ
-Normalement…, murmure l'infirmière avant de jeter un sort. Vous ne devriez pas ressentir l'ardente envie de vous accoupler sans préambule.
Ce serait regrettable, en effet. Je me sens alors redevenir maîtresse de mes membres. Je pousse un soupir d'aise en me redressant dans mon lit d'infirmerie. Je fais craquer mon cou une heure à rester stupéfixée dans un lit, sans même pouvoir cligner des paupières, c'est vraiment lassant, vous pouvez me croire. Pourquoi cette situation ? Oh, c'est très simple… dénichez-vous un certain Fred Davis, nullissime en matière de potions et qui n'a aucun self control, et vous vous retrouverez bien vite dans ma position.
Bon, je vais être plus précise. Dés que je suis arrivée en classe, j'ai vu au regard de Fred que l'heure n'allait pas m'être agréable. Et, comme je ne me trompe jamais –ou presque-, il n'a pas prêté une seule seconde attention à notre chaudron, trop occupé à me grincer des commentaires désobligeants ou d'essayer –avec beaucoup de talents- de m'énerver. Mais j'ai tenu bon. Jusqu'à ce qu'il me dise la phrase de trop…
-ça a dû être vraiment insupportable de voir ta meilleure amie m'embrasser… surtout que Lily est une perfectionniste et ne fait jamais les choses à moitié, à ce que j'ai remarqué.
De la pure et cruelle provocation. Sur le moment, j'ai franchement cru que j'allais lui enfoncer les pinces de scorpions d'Andalousie dans un orifice outrageusement inopportun… mais, contrairement à lui, je sais très bien me contrôler. Et je crois me rappeler que je lui ai répondu que Lily partageait cette qualité avec Sirius, ou un truc dans le même style. Résultat, surement blessé dans son amour propre, Fred a pris rageusement des ingrédients au hasard –les dites pinces de scorpions d'Andalousie, si je me rappelle bien- et les a littéralement balancés dans le chaudron. Pour résumer la suite, ça a été « plouf, flip, flap, floup et BOUM ». En clair, la potion a explosé et on a été recouverts de notre potion de désir, soigneusement personnalisée par Fred Davis. Un vrai chef d'œuvre qui a fait qu'on s'est sauvagement embrassés devant toute la salle… je crois même que j'ai arraché la chemise de Fred… ou son pantalon… enfin, bref, je dois admettre que si Slughorn n'était pas intervenu, on frisait l'accouplement sans préambule. J'ai toujours su, qu'ayant cet équipier là, cette potion de désir partirait en cacahuètes. Mais tout est de la faute de Fred.
-Je peux vous laisser, à présent, sans que vous ne fassiez des choses pas très catholiques ? demande Pomfrèche, amusée malgré elle par la situation –pas si comique si on regarde de plus près…
-Ahah, me contentais-je d'ironiser de mauvaise humeur.
-On va tenter de se tenir, lui assure-t-il de son propre lit.
-Normalement, l'effet de la potion s'est dissipé, déclare-t-elle.
-Oui, bah si vous me voyez sauter par la fenêtre, c'est que votre « normalement », c'est de la foutaise, claquais-je.
Pomfrèche, qui s'était mise à pouffer, renonce bien vite à son hilarité quand je la foudroie du regard. Elle nous promet de revenir rapidement et prend ses jambes à son cou. Bon, je dois être vraiment effrayante, la mine rageuse, les bras croisés sur ma poitrine, le dos bien droit, les lèvres pincés et ma tignasse brune frisant celle de Potter-la-Sucette. C'est-à-dire, plus en pétard, tu meurs. Pourquoi suis-je énervée ? A première vue, j'ai été plus chanceuse que jamais avoir un bon prétexte pour échanger de la salive avec celui que j'aime. Oui, enfin, je me suis surtout ridiculisée devant toute une classe, j'ai failli finir star de porno, je dois avoir un T en potion et, en plus de ça, on était si excités que Fred m'a cassée le nez en essayant de m'embrasser plus vite… alors, franchement, c'est tout, sauf une expérience fructueuse et enviable. Surtout qu'il n'y a rien d'agréable à être guidée par une potion, c'est moi qui vous le dis. Ça parait peut-être romantique et sensuel… mais c'est tout le contraire !
Plongée dans mes pensées noires, je sursaute quand Fred, que je n'ai pas entendu se lever de son lit, vient s'assoir sur le mien, devant moi. Il me sourit et j'ai envie de l'éjecter sans douceur –ou de me jeter sur lui pour l'embrasser… ah, le «normalement » de Pompom, je le retiens ! Surtout qu'il est torse-nu. Bon, son bas –la tenue blanche de l'infirmerie- n'est pas très sexy. Mais il est torse-nu. Et il est plutôt bien foutu… c'est ma veine, tient ! Bon, me changer les idées… penser à autre chose… Slughorn en nuisette… ah, tout de suite, c'est mieux…
-Va-t-en ! lançais-je, peu amène.
-Hé ! J'ai rien fait encore ! se défend-il, indigné.
-Oui, mais je sens que ça va pas tarder…
-T'en es où dans ton projet de m'oublier ? me demande-t-il.
-ça progresse, mentis-je.
-Parfait, marmonne-t-il.
Je lui lance un regard cinglant avant de le détourner pour observer le trajet sinueux d'une mouche qui vole derrière lui. Au mois, la mouche, ne me donne pas envie de satisfaire des besoins primaires… faut dire combien ça a d'yeux, ces bestioles-là ? Vingt ? Non, plus… euh, quarante ? Cinquante ? Faudrait que je me documente.
-On dirait que ça te gêne de me voir torse-nu, remarque-t-il, sarcastique.
Je ne réponds rien à la provocation et suis toujours la mouche du regard. Malgré son nombre impressionnant de paires d'yeux, elle se prend l'une des vitres de la pièce. L'andouille… Potter-la-Sucette est plus doué sur son balai…
-Etrange pour une fille à qui on vante des exploits sexuels impressionnants. Ya pas si longtemps, une Quatrième Année disait que tu t'étais fait deux mecs dans les vestiaires de Serdaigle, poursuit-il sur le même ton.
Un mince sourire moqueur me vient. Les gens n'ont vraiment que ça à faire que d'inventer une vie à chacun, apparemment. D'ailleurs, franchement, cette Quatrième Année aurait pu trouver plus sensationnel que les vestiaires comme lieu… à sa place, j'aurais honte. Je fixe mon regard dans celui de Fred.
-Richard et Paul auraient pu tenir leurs langues, quand même, fis-je mine de me plaindre.
Son regard se glace d'horreur et je me dis un instant que je suis vraiment douée dans la comédie. Ou que je reste trop impassible et sérieuse quand je raconte une blague…
-Je rigole, pris-je comme une nécessité de préciser.
Tout compte fait, je n'ai pas tellement envie que l'abruti que j'aime me prenne pour une Marie-couche-toi-là. Autant faire ce peu, quand même.
-Ah, le fameux et irrésistible humour de Catherine Fairfax, cingle-t-il, mordant et vexé, apparemment.
-Oui, je sais, m'emportais-je. J'ai un humour pourri et mes grimaces le sont tout autant, merci on me l'a déjà fait remarquer ! Je sais aussi que je suis une saleté de Serdaigle qui se croit forte et au-dessus de tout le monde alors qu'elle n'est qu'une sale Sang-de-bourbe intello que personne ne supporte ! Mais d'un autre côté, je suis une salope inavouée qui se cache derrière ses airs de sainte-nitouche pour se faire le premier mec venu ! Alors, je devrais faire un sondage parce que je n'arrive pas à me décider pour mon futur métier. Clown qui fait rire les moins de cinq ans, bibliothécaire ou stripteaseuse de bar glauque ? achevais-je, amère et tremblante de colère.
Ma tirade me laisse le feu aux joues, essoufflée et les nerfs à bout. Et l'envie d'embrasser Fred me parait encore plus insurmontable… apparemment les fortes émotions enclenchent les effets de la potion. Mais je trouve la force de me retenir. D'un autre côté, mon discours enflammé –et vraiment ridicule – m'a libérée d'un lourd poids. Je crois que j'attendais, depuis des années, ce moment de tout lâcher. Et ça fait un bien fou. Cependant, je n'ai qu'un remord pourquoi devant lui ?
-Tu laisses personne te connaitre et tu sembles si intouchable que c'est normal que tout le monde veuille t'imaginer à sa façon, déclare-t-il, en me fixant avec sérieux. Si tu te laissais approcher…
-… on me blesserait ! terminais-je, la gorge nouée, retenant une larme qui me vient d'on-ne-sait-où.
-J'étais un petit con, Kity, concède-t-il.
-C'est déjà bien de l'admettre mais je ne parlais pas précisément de…, commençais-je, ne désirant vraiment, mais vraiment pas parler de ça.
-Arrête ! claque-t-il. Tu parlais de ça ! Et d'ailleurs, je crois qu'on aurait dû en parler depuis un bail !
-ça date, maintenant, me forçais-je à rire, la voix chevrotante.
Il me lance un tel regard que mon rire crispé et surfait meurt dans ma gorge sèche. Je ferme les yeux et comme si on me plantait devant le film de ma vie, mon esprit est balayé par des flashes de ma Première Année… mes livres qu'on jette dans une cheminée… des enfants hurlant de rire, moqueurs… mes devoirs qu'on piétine… mon sac qu'on vide dans le couloir… des mains qui me tirent les cheveux… les mots « L'intello fayote et moche » qui s'inscrivent magiquement sur chaque table où je m'assois… la larme que j'avais retenu coule sur ma joue. Le pire épisode de ma vie, celui que j'avais réussi à oublier, me revient alors. Moi, essayant de revenir à la surface, immergée complètement dans le Lac Noir, gelé par les températures qui caractérisent tout hiver. Où l'on avait percé un assez grand trou pour jeter l'intello de la classe dans l'eau glacée. Il y a toujours un moment dans une vie pendant lequel où souhaite ardemment la mort. Dans ma vie, ça a été ce moment là. J'entends encore les rires de Siopéa, plus perçants que les autres, et ses mains sadiques qui replongeaient ma tête dans l'eau à chaque fois que je parvenais à l'en émerger. J'avais oublié combien je la détestais… ça fait tellement d'années… depuis, j'ai appris à nager et à garder ma respiration plus d'une minute.
-T'as raison, murmurais-je. T'as raison. Je suis coincée à cette période, Fred.
-Tu ne peux pas savoir comme je m'en veux, Kity, dit-il. Si seulement, je pouvais rattraper ce que…
-En voyageant dans le temps, peut-être ? grinçais-je, dictée par un sentiment de rancune qui ne m'a jamais vraiment quittée.
-Je ferais n'importe quoi.
Son ton sincère m'ôte toute envie de répliquer. Je sais que tout est de sa faute. Je sais que s'il ne m'avait pas nommée la tête de turc de la classe, aucun n'en n'aurait pris l'initiative ou aurait désiré me ridiculiser pour lui plaire, à lui. Fred Davis qui était leur leader, leur idole, presque, à cette époque là. Il leur aurait demandés de faire une performance de danse du ventre en tutu rose, ils l'auraient tous fait. Maintenant, bien sûr, tout est différent. Il est beaucoup moins populaire. Les modes passent, après tout… Je crois que c'est surtout parce que, depuis notre deuxième année, il a décidé de ne plus me persécuter.
-Pourquoi ? demandais-je, simplement.
-Parce que… bah, parce que je t'aime, m'avoue-t-il en me regardant droit dans les yeux.
-Tu… m'aimes ? répétais-je incrédule et suspicieuse.
-Oui, soupire-t-il en remarquant ma méfiance.
Je détourne les yeux, peu convaincue et assez agacée à l'idée qu'il me mènerait une énième fois en bateau. Il m'aime ? Non mais vraiment, est-ce que j'ai l'air aussi idiote pour m'y laisser prendre ? Quoique… imaginons que ce soit vrai… qu'est-ce que je risque si je me trompe ? D'être blessée, de chialer comme une madeleine, d'avoir le cœur brisé ? Ouais, bah, ce sera sans doute pire si je décide de ne pas lui laisser de chance alors qu'il dit la vérité, non ? En plus, c'est pas comme si je n'avais pas déjà le cœur brisé, hum ?
Je me penche vers lui, décidée à tenter le coup, et il tire une de ces têtes d'ahurie quand je passe une main sur sa nuque, que je peine à retenir un fou-rire. Ça casserait tout, non ? Est-ce que Juliette glousse bêtement en promettant son amour eternel à Roméo ? Quoique je ne compte pas lui promettre mon amour éternel, non plus… ni me suicider bêtement.
-Si jamais, tu me prends pour une poire, Davis, je t'assure que même en appelant ta maman au secours, tu ne pourras échapper à une mort lente et douloureuse…, le menaçais-je, à un centimètre de ses lèvres.
-Alors, tu auras été la plus délicieuse poire de ma vie, ironise-t-il en souriant et en posant brusquement ses lèvres sur les miennes.
Finalement, j'ai pouffé comme une poire. Je ne suis pas Juliette, ça vous a échappé ? En tout cas, je suis prête à parier que Fred embrasse mieux que cette cruche de Romeo…
-Par Merlin ! J'ai dit pas d'accouplement sans préambule ! hurle Pomfrèche en déboulant, hystérique.
-Le préambule il dure depuis six ans, alors t'es gentille…, réplique Fred en tirant les rideaux autour de mon lit.
Oh, mon réméooooo… nan, je rigole.
XD C'est Kity, on la changera plus au point où on en est ! Voilà voilà, moment très attendu je suppose ? ALORS LACHEZ VOUS ! ^^
Vos prémonitions pour le chap suivant avec Etta qui résoudra les problèmes qui restent !
Celui qui mettra la 200ème aura lui aussi droit à sa surprise ! (Nanou toi t'as déjà la tienne tkt !:))
