Hello my good fellows !
Bon alors, on remercie tout d'abord et comme toujours nos reviewseurs :) on vous aime et tout le tralalala
Ensuite, suite à une remarque de Cracky on va mettre ci-dessous la liste des personnages et leurs relations comme ça vous vous y perdrez pas ;)
Les "amis" de Katarina Collins :
Bob Beckett : Serpentard de Septième année. Punk. Ne montre jamais de sentiments et a une grande crète verte dressée sur la tête.
Julian Bones : Serpentard. Meilleur ami de Kate. Beau-gosse. Bad boy de Poudlard, enfreigne les règles, trouble-fêtes et élément perturbateur. Tatoué. Enchaine les relations courtes et sans significations, n'ayant qu'une fille en tête : Erysse.
Scorpius Malefoy : Serpentard, amoureux de Rose Weasley.
Louis Delacour : Gryffondor. Homosexuel. Des rumeurs ont tournés sur lui en Quatrième année disant qu'il avait été trouvé à faire des choses pas nettes avec un garçon plus âgé et c'ets donc retrouvé charié et exclu. Dés lors il est ami avec Kata. Il est gentil et sage.
Les amis d'Ewige Pierce :
Angelo Rossi : Poufsouffle. Meilleur ami de Kyle. Italien. Cheveux et yeux noirs, teint mate. Armoire à glace très calme et posée. Gardien de Quidditch.
Calum MacFarlan : Poufsouffe. Ecossais. Roux aux yeux verts, se prétend descendants des Hightlands. Ne boit que du scotch.
Eric Cho : Gryffondor. Beau-gosse chinois. Demi-frère d'Edwidge. A énormément de succès auprès de la gent féminine mais d'a yeux que pour Erysse. Gentil, prévenant, à l'écoute et sérieux.
Deborah Moore : Serdaigle. Lunettes, faisant très libraire sexy. A un béguin pour Eric Cho.
Kyle Quinn : Poufsouffle. Meilleur ami d'Edwige Brun, yeux marrons-vert et très grand. Est assez mignon mais se prend carrément pour un beau-gosse.
Les autres :
Alvin Brandson : Gryffondor . A couché avec Ed pour un pari.
Erysse Gilbert : Serdaigle, préfète. La reine de Poudlard qui ne semble avoir aucun défaut. Julian Bones et Eric Cho lui courent après.
Bonne lecture ! :)
Chapitre 3 :
Mes dents sont si serrées que je les entends presque grincer. Chacun de mes membres est paralysé, chacun de mes muscles tendus à l'extrême et mes yeux sont grands ouverts, attendant sur le qui-vive une seconde offensive.
-Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? grondé-je, menaçante.
-Mais quoi, Katy ?
Je regarde Louis rouler des yeux et s'assoir à côté de moi pour s'emparer du lait et remplir son bol.
-C'est la nouvelle mode de cette année ! m'explique-t-il. Tout le monde se fait la bise, depuis le premier jour ! Tu n'as rien remarqué ?
-Non, grincé-je. Et j'aurais préféré ne jamais le remarquer ! Je sens encore tes petites lèvres sucrées et molles sur ma pauvre peau !
-Mes lèvres ne sont pas petites, ni molles…, grommelle-t-il, vexé. Et moi, j'aime beaucoup cette idée de faire la bise ! Ca me rappelle les vacances que je passe en France, chez Mamie ! D'ailleurs, ça me donne envie de croissants !
Et il se penche pour s'emparer de ses morceaux de pâte feuilletée luisant de graisse liquide. Je grimace et croque dans ma pomme, en me félicitant une énième fois de choisir toujours un rouge-à-lèvre violet, résistant à tout.
-Et donc, d'où vient cette mode effroyable de salutations baveuses sur les joues ? m'enquis-je.
-C'est Erysse, me répond Julian, coupant nette sa discussion avec ses animaux de compagnie punk. Ca lui revient de ses vacances en France… pendant laquelle son enculé de copain l'a plaquée !
Son sourire en coin diabolique ne cache pas une once de la satisfaction et de la jouissance qu'il ressent à l'idée que sa précieuse Erysse Gilbert soit à nouveau célibataire. Je soupire. Je me suis fait lécher les joues de façon si matinale à cause de la personne que j'exècre le plus, dans cette école. Il y a beaucoup de raisons à ça.
Par la faute de son charme de belle brune innocente et le cœur sur la main, courageuse et fragile à la fois, ça fait à présent deux ans que Julian me rabat les oreilles avec elle. Erysse, ceci… oh, ma Erysse, cela… un jour, elle sera à moi, blablabla… je vais envoyer à l'infirmerie Potter, ça lui apprendra à draguer Erysse…
En plus, si Eric ne s'est jamais dit en me regardant « oh, tiens, le noir lui va si bien, j'aimerais bien plonger dans cette noirceur si intensément sexy… », c'est parce qu'il est déjà hypnotisée par ses battements de cils. Et je déteste –déteste !- les meilleurs amis qui se tournent autour sans conclure, et en assurant à tout le monde « oui, je l'aime mais en amitié, hihihi ! ». Y-a-t-il plus niais que cette phrase ?
Mais je la détestais bien avant que ces crétins ne s'enamourent de la douce fleur. Ca remonte au début de ma troisième année. Je venais d'adopter mon propre style, avec mes Doc Martins noires et vernies, mon maquillage sombre et que je ne sortais pas sans mes gants en dentelle noire. J'avais déjà teint mes cheveux bruns en noir mais je n'y avais pas encore ajouté mes mèches pourpres, et je ne portais pas encore mes lentilles grises. Seulement, mon relooking n'était pas passée inaperçue, ce qui ne me gênait pas vraiment puisque passer aperçu n'a jamais été l'un de mes buts. Je n'ai pas envie de me cacher, ou de me taire. J'ai toujours voulu montrer aux autres ce que je suis et ce que j'aime. Mais bien sûr, il y a toujours des conséquences et un groupe de merdeux de Cinquième années se moquaient de moi. Me traitant de monstre, de laideron ou d'autres adjectifs dans ce goût-là. Ca me laissait assez indifférente puisque je n'étais pas loin de penser la même chose d'eux et que je me suis toujours trouvé magnifique, habillée et maquillée de la façon qui me plait. Et un jour, Gilbert est venue s'assoir à côté de moi à la table de Serpentard et m'a dit, mot pour mot :
-Ces garçons sont des idiots, Kate, ne te laisse pas intimider par eux !
Avec ce sourire et ce regard qui voulaient clairement dire « ne t'inquiète pas, Kaaaate, je sais que c'est dur pour toi mais je te montrerai la force en toi ! ». Comme si cette pimbêche qui me connaissait seulement parce qu'on était dans la même classe pouvait se permettre de me conseiller de « ne pas se laisser intimider ». Avais-je vraiment l'air intimidée ? Faible, fragile ? Délicate ou vulnérable ?
L'insulte est très mal passée mais j'espère que la purée qui s'est logée dans ses narines quand je lui ai enfoncé la tête dans le plat qui trônait sur la table est encore moins bien passée. Peu après, je me suis fait appeler Katarina par tout le monde, faisant regretter au premier qui désobéissait à la règle. Et Gilbert me déteste autant que je la déteste, ce qui est bien plus pratique.
-Je ne pense pas qu'Erysse va vouloir sortir avec toi, Lian, même si elle n'est plus en couple…, lui dit Louis. Tu es…
-Le cliché du Bad Boy, coupé-je. En plus couillon.
-Et quoi, Kata ? fait Julian en me lançant un regard agressif. C'est ton Cho qui va réussir à se la taper, c'est ça que tu crois ? T'espères même pas qu'il finisse par te remarquer, c'est ça ? Ah, ma pauvre petite goth malaimée…
Ses amis sourient à son petit discours qu'il me sert, appréciant chacune de ses piques mais je reste impassible. Julian n'a jamais apprécié qu'Eric me plaise, aussi bien que je n'aime pas qu'il soit raide-dingue de Gilbert. Ce n'est pas notre première prise de bec, et certainement pas la dernière.
-T'inquiète pas, c'est moi qui aurai Erysse. Et tu pourras consoler Cho autant que tu le voudras !
-C'est toi que je consolerai, répliqué-je froidement.
On se fixe un moment avant que Louis engage un autre sujet de conversation mais la tension reste présente. Peu importe la force avec laquelle on peut se disputer, au final, ça changera rien.
Tout ne tourne qu'autour de Gilbert.
xOxOxO
Je gribouille sur mon calepin du bout de mon fusain, avachie en travers dans un des fauteuils en cuir vert de notre salle-commune. Mes jambes reposant sur l'accoudoir et mes Doc Martens battant l'air, je suis parfaitement bien installée. Toute seule, en paix, sans présence parasite… j'arrive même à ne pas faire attention au vacarme que font mes idiots de camarades dés que l'occasion se présente.
-Hey, mon cauchemar adoré, tu me laisses une p'tite place ?
Je soupire en levant les yeux vers le sourire charmeur de Julian, accompagné de son couple de fossettes ridicules au creux de ses joues encore bronzées par l'été qui vient de se suis étonnée de le voir tout seul, et non collé par son petit groupe de groupies qui le suit partout comme des caniches tatoués, percés et aux crêtes capillaires.
-Qu'est-ce qu'ya, Juju ? me moqué-je, en prenant une voix de bébé. Tu as été abandonné par tes amiiiis, alors, tu viens te réfugier dans mes jupes ?
-Nope, fait-il en m'attrapant mon poigné avec son bras tatoué pour me lever. Ils sont allés pourrir le rencard de l'ex de Beckett avec un Serdaigle.
Je roule des yeux en le voyant s'assoir dans mon fauteuil et je me rassois sur ses jambes, reprenant exactement la même position. Julian est étrangement câlin et tactile, contrairement à ce qu'on pourrait penser du Bad Boy de Poudlard. Et je reprends mon dessin.
-Encore un cimetière ?
-T'as quelque chose contre les cimetières ? répliqué-je.
-Euhmm, nan, j'ai pas mal de souvenirs plutôt agréables qui se sont passés dans des cimetières, si tu vois ce que je veux dire, répond-il en jouant des sourcils de façon suggestive.
-Trainée.
-Mais t'es vraiment une obsédée des trucs glauques…
-Ya rien de glauque dans un cimetières, m'agacé-je.
-A part des cadavres, tu veux dire ?
-Et en quoi un cadavre est-il glauque ?
Il éclate de rire et me pique mon fusain des mains pour dessiner un fantôme, dans le style des dessins-animées pour gosses, en train de tirer la langue et je soupire, exaspérée. Voilà comment ruiner une œuvre d'art tout en nuances de gris parfaitement bien maîtrisée et une atmosphère mystérieuse…
-Bientôt, je pourrai réaliser un fantasme, commenté-je.
-Ah oui ?
-Ouais. Une nature morte. De toi. Quand je t'aurai tué.
-Mes amis ! MES AMIS ! nous appelle-t-on.
On tourne tous nos têtes vers un grand blond, aux cheveux platine et au nez pointu. C'est une triste réalité mais je suis entourée de blonds, alors que j'aspire au noir et à l'obscurité. Mais, à quoi bon lutter ?
Je regarde alors Scorpius Malefoy, notre petit préfet autoritaire de Sixième année qui a réussi à grimper sur le trône argenté de notre maison. Il se charge plus ou moins des relations inter-Serpentard pour éviter que nos fortes personnalités verte-et-argent ne s'entre-tuent et pour que l'on gagne la coupe des quatre maisons, chaque année. Ca a plutôt bien réussi les deux dernières années. Il faut dire que ce gosse est plutôt malin pour violer discrètement le règlement et caresser le corps professoral dans le sens du poil.
-Ce soir, dans quelques heures, la majorité d'entre nous seront à la fête de Gilbert qui aspire à la coalition entre les maisons.
Quelques moqueries fusent.
-J'espère qu'Erysse Gilbert emportera ça au paradis, ironisé-je en continuant de dessiner par-dessus le fantôme de Julian. Que je sois damnée s'il faille que je la supporte aussi en Enfer, cette gourde.
-Ce qui est dommage c'est que je doute que ton Cho finira en Enfer avec toi…
-Personne n'est irremplaçable.
Julian sourit à ma remarque et Scorpius rétablit le silence pour poursuivre.
-Je compte sur vous pour faire honneur à Salazar Serpentard. Je ne veux aucun manquement à notre code d'honneur, il est hors de question que vous fassiez honte à notre noble maison.
D'un mouvement circulaire, je dessine une lune bien ronde au-dessus de mon cimetière.
-Si cette soirée ne tourne pas en un véritable désastre avant le premier quart d'heure, je serai terriblement déçu. Et n'épargnez aucun Gryffondor.
Je souris tandis que des acclamations répondent au discours de Malfoy qui a revêtu son regard le plus diabolique. J'en connais un qui a très mal vécu sa rupture avec Rose Weasley… Les cœurs brisés sont toujours à l'origine des situations les plus amusantes. Enfin, de mon point de vue, bien sûr.
Gilbert n'a peut-être pas le même sens de l'humour que moi, ceci étant dit…
xOxOxO
-Elle est… tolérable, non, cette chanson ?
Je fais mine de prendre une seconde de réflexion, en écoutant les boum-boums abrutissants de la musique qui font saigner mes tympans, sans parler de la voix masculine qui visiblement est censée être sexy et sensuelle.
Personnellement, je ne trouve rien de sexy et de sensuelle dans :
Come closer, baby, come closer and dance with me. I want to touch you, yeah, I want you.
Le premier qui me sortirait cette phrase finirait en décoration murale, dans ma chambre. De façon disséminée. Bon, si c'était Eric, peut-être que je le garderais entier. Et vivant. Et dans ma cave. Je souris à cette idée avant de retourner vers mon ami.
-Elle me donne des envies de suicide, répondé-je à Louis.
-Mais, Katy, je veux danser !
-Mais, va donc, petite tourterelle, va donc, je te regarde, lui assuré-je.
-Mais je veux pas danser tout seul ! me sert-il ses jérémiades.
-Va harceler Julian, alors ! Il répond plus à tes standards que moi, si je ne m'abuse…
Il me lance un regard blessé. Et je sais bien que c'est parce que je viens de lui refuser une énième danse et non, parce que je lui ai rappelé son homosexualité. Après tout, ce n'est un secret pour personne, ni une nouveauté. Et il n'en a pas honte, c'est son entourage qui a tendance à avoir honte pour lui. Ou peut-être plus de la façon dont il a fait son coming out.
C'était il y a deux ans, on était en Quatrième année et, à cette époque, je connaissais à peine son nom. Pour moi, c'était qu'un beau blond de plus, un peu efféminé et qu'on n'entendait pas beaucoup. Et pour les autres, il était le petit frère de Dominique et Victoire Delacour, vélanes et magnifiques, et le cousin de la famille Potter-Weasley. Et puis, Jonathan Spielberg a crié à toute l'école qu'il avait surpris mon ami avec le capitaine de l'équipe de Poufsouffle, un Septième année, à faire des trucs pas très catholiques, qui ont choqué les esprits pudibonds. Louis est très vite devenu le gay de l'école, alias la chienne du capitaine qui a réussi à tourner l'histoire de façon à ce qu'il apparaisse comme le gars virile qui ne se fait refuser aucune fellation.
Je ne sais toujours pas pourquoi je suis intervenue quand, en cours de potion, Spielberg et ses potes, les Gryffondor qui partagent encore aujourd'hui leur dortoir avec Louis, demandaient en ricanant si c'était sa première pipe et s'il avalait, et d'autres questions qui arrivaient à faire monter des larmes aux yeux de Louis. Je ne suis franchement pas le genre à voler au secours des demoiselles en détresse, d'habitude ce genre de spectacle a le don de m'amuser ou de me blaser. C'était peut-être parce que ça me rappelait ma troisième année dont je n'étais pas sortie traumatisée parce que je n'ai jamais été une victime. Ou peut-être parce que j'ai toujours eu une sorte de faible pour Louis et que le voir pleurer m'a fait réagir.
Toujours est-il que ce jour-là, j'ai écopé de deux semaines de retenues mais que Spielberg et sa bande ne se sont plus risqués à chercher Louis devant moi. Et que dés le lendemain, Louis s'est mis à me coller et que j'ai fini par arrêter de le menacer de l'écorcher vif s'il continuait de me trainer dans les pattes.
Et aujourd'hui, il arrive même à me faire danser avec lui, sur un malentendu. Triste existence.
-Je ne danserai pas sur cette merde, capiche ? m'impatienté-je.
-Sur la prochaine, alors !
-Satan, donne-moi la force…, marmonné-je.
-Vous avez vu Rose ?
Malefoy vient de se précipiter devant nous, le souffle court et visiblement plus que sur les nerfs. Il semblerait que notre petit roi soit dans tous ses états à cause de son ex.
-Non, désolé, Scorpius…, répond Louis.
-Et on s'en fout.
-De quoi tu te fous pas, Co… ? commence-t-il.
Mais devant mon regard qui s'aiguise, il ne finit pas de prononcer mon nom de famille. Je ne le supporte pas. Savez-vous combien il existe de Collins, seulement à Londres ? Le chiffre est indécent. Rien qu'à Poudlard, on est deux. Il y a un petit merdeux de Troisième année qui s'appelle Mikeal Collins. Ai-je vraiment l'air de quelqu'un qui partage son nom de famille ? Je suis trop extraordinaire pour tolérer ça. Je suis Katarina.
-Katarina, finit-il. Allez, par le caleçon de Salazar, réponds-moi !
-Elle t'aurait pas jeté comme une merde ? m'enquis-je.
-Et je vais me venger ! Et après, je ferai en sorte qu'elle retourne avec moi !
-Débile.
-Je te demande pas ton avis, Kata !
-Et je te le donne quand même, Malefoy. La seule chose chez elle qui est intéressant est qu'elle une Wealsey brune, lui fais-je remarquer. Arrête d'être pathétique et trouve-toi quelqu'un d'autre. Tiens, lui, par exemple, dis-je en désignant Louis du doigt.
Louis est sur le point de s'indigner mais il semble réfléchir à la question et finit par sourire tendrement à Malefoy qui lève les yeux au plafond.
-Merci pour votre aide très utile, vraiment merci ! s'écrie celui-ci en jetant les bras en l'air. Et je le dirai à ta cousine quand on sera nouveau ensemble, Louis, que tu m'as fait de l'œil ! Et tu sais comme elle est jalouse !
Et Malefoy s'en va, furieux, en continuant à passer au laser la salle à la recherche de sa chère et tendre. Zigzaguant entre les élèves qui dansent, boivent, se draguent ou discutent.
-Connaissant Rosie, elle a juste pas voulu violer le règlement pour venir à cette fête, me dit Louis. OH ! s'écrie-t-il en entendant la musique changer. KATY ! S'il-te-plait, cette chanson !
-Et tu me lâches ?
-PROMIS !
-Et tu me sautes pas dans les bras à la fin de la chanson, comme la dernière fois, en espérant que je vais te faire tournoyer ou je-ne-sais quel autre de tes fantasmes d'adolescente nourrie aux hormones ?
-JURE !
Je soupire et le laisse m'attraper la main. Ceux qui ne sont pas encore trop bourrés me laissent passer avec appréhension en m'avançant sur la piste de danse, à la main d'un blondinet aux yeux qui pétillent et qui chante déjà les paroles de la chanson. Je leur souris avec moquerie lorsque je me mets à me déhancher langoureusement, au rythme de la musique, et pas un ne soutient mon regard plus de deux secondes.
xOxOxO
La fumée de ma cigarette se mêle au brouillard de vapeur d'eau qui est un mélange des boissons renversées et de transpirations. Je la porte à mes lèvres, assise au bar improvisé, derrière lequel des elfes-libres payés par Gilbert nous servent. Je ne suis pas très alcool. Je déteste l'idée de perdre le contrôle ou d'être potentiellement autre chose que moi-même. Contrairement à ce qu'on peut croire en entendant le mot « gothique », non, vomir en publique, ou même vomir tout-court, n'est pas un de mes plaisirs coupables.
En revanche, la sensation de brûlure au fond de la gorge et le goût âpre de la cigarette me plaisent. Mais je ne fume pas souvent car je tiens à mes dents blanches et à mon endurance. Je fume surtout quand je suis en colère.
Et là, maintenant, je suis furieuse.
Devant moi, à une dizaine de mètres, Gilbert et Eric dansent un slow, la tête angélique de la brune reposant sur l'épaule de mon ancienne obsession. Je me suis faite la promesse que si jamais Eric finissait par réussir à faire tomber Gilbert dans ses bras alors, il cesserait d'avoir la moindre importance pour moi. Et les nombreux baisers humides qu'ils s'échangent depuis maintenant une demi-heure sont autant de signes qui démontrent que ce n'est pas juste une danse entre deux meilleurs amis. Non, Eric est le prochain chevalier servant officiel d'Erysse Gilbert. C'est Julian qui va être ravi.
Eric Cho n'est alors qu'un chiot bavant aux pieds délicats de cette sainte-nitouche et ça ne m'intéresse plus. Je me suis dit qu'il pourrait peut-être revenir à la raison et retrouver son service trois-pièces, et enfin comprendre combien c'est pathétique de courir après une fille qui ne le voit que comme un ami et sort avec tous les autres mecs. Surtout quand ça dure depuis des années. J'attendais donc qu'il passe le test, qui signifierait qu'il me méritait, et envoi aller se faire voir Gilbert, une bonne fois pour toutes. Mais visiblement je l'avais surestimé.
Soit. Ce n'est pas comme si je ressentais quoique ce soit pour lui, c'était purement physique. C'aurait pu devenir plus mais ce n'est pas moi qui perds au change. Je trouverai un vrai mec avec plus d'allure.
Mon regard se plisse. Le couple de la soirée s'est décalé, au fil de la danse, et une silhouette m'a accroché le regard. Il est de l'autre côté de la salle. Bien bâti. Très bien bâti, une véritable armoire à glace. Je reconnais vaguement son visage malgré la distance et l'obscurité. Il est dans ma classe. A Poufsouffle ou à Gryffondor. Rossi, qu'il s'appelle, un italien. C'est étrange que je ne l'ai jamais remarqué plus que ça parce qu'il est indéniablement attirant.
Je souris, satisfaite, et commande un jus de citrouille glacé pour accompagner ma séance matage. Considérons ça comme une vengeance personnelle. Que Cho danse avec sa précieuse Gilbert, ce n'est pas grave, j'ai aussi trouvé de quoi apprécier la soirée. Je trempe mes lèvres pourpres et descends de mon tabouret, ma cigarette continuant de fumer dans ma main. Et je me rapproche de Rossi qui est assis nonchalamment sur un fauteuil, écoutant impassiblement Pierce et Quinn discuter. Alors, c'est un pote de ma nouvelle coéquipière de potion ? Intéressant.
Je me poste devant leur table, faisant tomber mon mégot encore brûlant dans la boisson de Quinn qui me regarde faire en faisant la moue. Je fixe les yeux sombres de mon italien et il ne bronche pas. Ah, tiens, il arrive à soutenir mon regard gris clair ? Doublement intéressant. Mais je décide de porter mon attention sur la brune rondouillette.
-Salut, Pierce, lancé-je. Je vois que tu vas bientôt devenir la belle-sœur de Gilbert. Quel hommage.
-J'ai vu ça aussi…, grommelle-t-elle.
J'hausse un sourcil.
-Pas folle de joie ?
-Je devrais ? demande-t-elle. Je savais pas que tu l'aimais bien.
-J'aime personne.
-KATYYYY !
Et je n'ai pas le temps de faire un pas de côté pour que Louis atterrisse sur la table plutôt que dans mes bras. Il se courbe à moitié pour me serrer contre lui, faisant une tête et demie de plus que moi.
-Tu vas bien ? s'inquiète-t-il. Je te cherche depuis des heures ! Ne t'en fais pas, je suis sûr qu'il ne va pas rester longtemps avec Erysse… c'est une phase de doute, tu comprends, il va… OH MAIS JE SAIS ! s'écrie-t-il, tout excité.
Il se recule et je me demande si je peux l'étrangler sans finir à Azkaban pour le restant de ma vie. Il ne remarque visiblement la lueur meurtrière dans mon regard puisqu'il continue, en claquant avec enthousiasme des mains comme une collégienne :
-Il faut que tu le rendes jaloux ! On a qu'à faire semblant de sortir ensemble ! Tu sais, comme dans les films !
-Ah oui, c'est vrai, c'est une bonne idée, intervient Quinn. Ca marche toujours dans ces films !
-Oh mais vous avez raison, les filles ! C'est une super idée, hihihi ! m'écrié-je en regardant Louis et Quinn.
-Sérieux ?!
-Non, claqué-je, l'œil meurtrier.
Leurs visages se décomposent de déception tandis que Pierce a un sourire amusé. Je ne vois pas du tout ce qui est amusant dans tout ça. Agacée de la scène, je tourne le regard vers Rossi mais il est plus intéressé par la piste de danse. J'en profite pour le détailler. Il n'a pas les traits délicats et parfaits de Cho mais il n'en reste pas moins ce que les filles décriraient comme « très mignon ». Sa peau est mate, ses cheveux sont noirs et bouclés, ses yeux sont tout aussi sombres, et ses sourcils sont prononcés. Et il n'a pas l'air bavard. Il serait plus pâle qu'il serait parfait !
-Kata !
Qu'on arrête de me héler, diable !
-Quoi ?! m'énervé-je avant de voir un autre blond débarquer. Encore toi, Malefoy ! T'es sûr que c'est de Wealsey que t'es enamouré ?
-T'en fais pas pour ça, Kata, t'es pas mon genre !
-Je parlais de Louis.
-Arrête avec ça ! s'écrit-il, la voix montant dans les aigus. Je suis hétéro !
-Très convainquant.
Il grogne un juron avant de pencher la tête pour me souffler dans l'oreille :
-J'ai balancé la soirée à McGo, elle devrait pas tarder. Ils sont tous niqués. On se barre.
Impassible, je me contente d'opiner du menton et il me lance un dernier coup d'œil avant de se tirer vers d'autres Serpentard pour faire passer le message. Je retourne vers les autres.
-Bon, assez d'échange entre maisons pour aujourd'hui, statué-je. Profitez bien de la soirée.
J'attrape le bras de Louis et l'emmène vers la sortie de la salle. Il fronce les sourcils.
-On s'en va ? s'enquit-il.
-Ouais. McGo arrive.
-Mais faut leur dire ! Pourquoi tu leur as rien dit ? s'étonne-t-il.
-J'sais pas, j'y ai pas pensé.
