Bonjours mesdemoiselles (oui parce que cette obligation de dire Mesdames on la refute ca fait vieux !)
On remercie nos reviewseuses comme toujours pour leur entrain, vous pouvez pas savoir combien c'est motivant :D
Allez, bonne lecture les filles !
Chapitre 7 :
Je sors de la douche, appréciant la sensation des gouttes fraiches qui roulent contre ma peau. Je prends toujours mes douches, fraiches. Pas froide mais pas chaude, ni tiède. Fraiche. Pour la majorité des gens, ce serait une raison déjà bien satisfaisante de me traiter de folle. Mais ce n'est pas mon problème.
Les gens ont toujours eu cette écœurante obstination de se gaver de normalité et de banalité pour mourir médiocre et semblable aux autres individus de leur espèce. Suivre les règles, répondre aux attendes de la société.
J'aurais pu faire comme eux, j'aurais pu écouter ma mère quand elle me disait « Rencontre des gens convenables, sois gentille avec les inconnus, souris-leur. Indique-leur la route s'ils sont perdus. Porte du rose, parfois, et ne te perce pas le cartilage de ton oreille. Je voulais bien que tu te tatoues le pouce, mais pas avec cette croix sinistre. Et ces mèches violettes dans tes cheveux si noirs… ils étaient bien plus beaux avant, pourquoi est-ce que tu as fait ça ? Et cesse de porter ce crucifix qui pend à ton cou, c'est morbide ! Et pardonne aux autres, sois compréhensive, compatissante, ma chérie ».
J'aurais pu.
Je me fixe dans le miroir que la fraicheur de ma douche a échoué à recouvrir de buée. Et j'observe avec mépris mes yeux, nus de leurs lentilles grises, qui semblent me narguer avec leur couleur naturelle qui ne me ressemble pas.
J'aurai pu accepter mes yeux tels qu'ils le sont mais je ne veux pas.
Je veux choisir moi-même mon propre reflet.
xOxOxO
-Ca va.
Je le regarde s'assoir à côté de moi en Histoire de la magie et je sais directement qu'il me ment effrontément. Il ne sourit pas, ce qui en dit déjà assez long. Quand Louis Delacour ne vous lance pas son sourire rayonnant du matin, avec ses yeux bleus qui pétillent de candeur et de joie de vous voir, alors c'est qu'il se retient de pleurer.
Et je ne lui avais pas demandé comment il allait. J'en déduis que c'est un appel de détresse. Et c'est bien parce qu'il s'agit de mon blondinet français, que je vais y répondre.
-Qu'est-ce qui va pas, louloute ?
-Tu veux bien me faire un câlin, Katy ?
J'hausse un sourcil.
-Non.
-Katy…
-Plutôt me tailler les veines.
-S'il-te-plait…
-Non.
Son regard s'humidifie et je le regarde se tordre les mains pour essayer d'empêcher les larmes de couler. Je soupire, résignée, et je l'attire lentement dans mes bras alors qu'il me sert à m'en faire craquer les os. Je croise le regard ahuri des inséparables cousin et cousine, Potter et Weasley, et ils ont tôt fait de les détourner illico presto quand je leur lance mon plus beau regard meurtrier.
Faudrait pas qu'on croit que je me ramollis.
-Qu'est-ce qui lui arrive ? s'étonne Julian, derrière nous.
Très bonne question. Je repousse Louis gentiment mais fermement, et il sèche ses pleurs, en reniflant. Je suis sûre qu'il s'est mouché dans ma chemise.
-Rien, dit-il à Julian.
Et Julian roule des yeux, avant de se retourner vers Beckett qui lui raconte ses soirées à se défoncer, de cet été. Je me penche vers Louis tandis que notre fantôme de professeur commence son cours sur une énième révolution débile de créatures magiques qui ont manifestement le don de réfléchir avec leurs pieds. Pour ne pas comprendre au bout du soixante-septième échec de rébellion qu'ils ne font pas les choses de la bonne façon –c'est-à-dire sortir les fourches et les haches, et repeindre les environs en rouge, sans prisonnier, ni sentiment-, c'est la seule solution. Il y a aussi celle qu'ils aiment juste faire des révolutions encore, et encore, et encore…
Je lance un regard que je veux intimidant et effrayant à Louis pour lui faire comprendre qu'il vaut mieux qu'il m'explique à quoi rime toute cette histoire de petit chaton maltraité qui quémande des caresses.
-Tu dis rien à Lian, d'accord ?
Je lance un bref regard à Julian qui se marre déjà à gorge déployée avec son pote brushingué à l'iroquois. Mon meilleur ami adore autant que moi Louis –oui, parce qu'il faut bien que je l'admette… j'adore sa princesse Louise Delacour, malgré ses simagrées et gesticulations… c'est ma petite faiblesse… je me repens en taguant les tableaux de l'école- mais Julian Bones est et a toujours été égocentrique. Il ne s'intéresse qu'à ce qui le concerne, le reste n'a pas d'importance dans son petit monde de Bad Boy adulé.
-Y'a pas de risque, grommelé-je.
-D'accord… alors…, fait-il en déglutissant et chassant les nouvelles larmes en battant des cils.
-Delacour, grogné-je. Arrête de chialer ou je me sers d'un de tes orifices comme nouvel encrier. Et je n'ai pas encore choisi quel orifice sera l'heureux élu. Accouche.
Il hoche vivement du menton et rapproche sa chaise de la mienne pour pouvoir me parler sans que personne d'autre n'entende. Je roule des yeux. Si c'est pour me dire que son poussin-éternel (une sorte de bébé piaf tout jaune qui ne vieillit jamais, horripilant) a attrapé un rhume, je le jure sur toutes mes poupées vaudous, je les empaille, lui et sa boule de plumes caquetante.
Et ça fait longtemps que je n'ai pas empaillé quelque chose.
Ca me manque.
-Tu sais, Michael ?
-Non.
-Mais si ! s'écrie-t-il, en ouvrant grand ses yeux innocents. Le garçon dont je t'ai parlé ?
-C'est une chose assez funeste à dire, bichette, mais tu me parles de beaucoup de garçons…, répondis-je avec agacement.
-Celui avec qui je voulais aller, enfin, celui que je voulais inviter au-au bal…
Oh.
Je le regarde retrouver son air triste, mais de la douleur et de la honte se mêlent au tableau. Et je comprends aussitôt ce qui s'est passé. Je me raidis sur ma chaise.
-Il t'a jeté.
Je n'ai même pas besoin de lui demander et il n'a même pas besoin d'opiner du menton. Il baisse simplement les yeux sur notre table et je soupire. Et un bleu en plus sur le petit cœur palpitant de Louis, si bien que je suis sûre qu'il n'est plus rouge mais violet, ou de la couleur d'une vilaine plaie affectée. Avoir Louis dans son entourage a au moins un avantage indéniable ; la prévention.
Un peu comme les images de poumons atrophiés et de dents pourries sur les paquets de clopes, c'est comme si je me baladais toute la journée à côté d'un panneau publicitaire qui dirait en gros et en clignotant :
L'amour vous tente ? Pendez-vous.
… C'était un message de la prévention anti-amour-affection-attachement-mièvrerie-et-comp agnie…
-Il m'a dit… il…, commence-t-il.
Et en moins d'une demi-seconde, des centaines d'atrocités que ce branleur a pu lui dire défilent dans ma tête. J'en ai déjà entendu plus d'une fois à propos de Louis –les auteurs de celles-ci sont surement plus occupés à rechercher des bouts de leur anatomie plutôt que de s'épancher sur le sujet de l'homophobie, au moment où nous parlons- et à propos d'autres homosexuels, présumés ou avérés. L'espèce humaine est très créative quand il s'agit de répandre son venin.
Je pose une main sur l'une des siennes et le coupe :
-Je sais ce qu'il t'a dit.
Et ce Michael me dira lui-même ce qu'il a dit, dans très peu de temps. J'ai moi-même deux-trois choses à lui dire, de mon côté. Louis relève son regard vers moi et une larme coule. Je la montre d'un doigt sévère.
-Qu'est-ce que j'ai dit à propos de pleurer ? Orifice, encrier ?
Il renifle à nouveau et se hâte à balayer sa larme, souriant légèrement. Et je lui souris en retour, serrant un peu plus sa main dans la mienne.
-Tu trouveras un autre cavalier, me forcé-je à lui dire, même si je préférerais qu'il évite d'aller faire sa demande à d'autres petits merdeux de l'école. Et t'auras ton bal plein de clichés romantiques dégoûtants et de souvenirs qui me feront vomir à chaque fois que tu les raconteras.
Il rit franchement, ses yeux encore brillants pétillent à nouveau et il hoche avec détermination du menton.
-Oui, on aura notre bal magique !
-M'inclus pas dans tes délires d'adolescente en jupe plissée.
xOxOxO
-Alors, vous y allez avec qui au bal ? s'excite Louis.
Je ferme pendant une seconde les yeux, me hurlant de crier à la mort. Le bal, bal, cavalier, le bal, cavalière, robe, costard, bal… j'ai l'impression que Louis est devenu une radio branchée sur la station Bal en folie.
J'enfonce l'aiguille dans le visage en paille de ma poupée pour coudre un bouton de chemise. Enfin, un œil.
-On y va ensemble, répondent Marline et Simonie Van Meer en chœur.
-Nooon, c'est pas vrai ? mimé-je la surprise avec moquerie.
Les jumelles Néerlandaises me lancent un regard sans émotion avec leurs yeux marron tout à fait semblables. Je roule des yeux. Ca fait des années que j'essaye de les faire réagir d'une quelconque façon mais elles ne s'énervent jamais, ne rougissent jamais et même, ne rient jamais. Elles ont toujours un air idiot sur leurs deux gueules identiques. Insupportable.
Mais je dois dire que, dans ce petit groupe d'outsider –auquel je n'appartiens pas, je veux que ce soit bien clair entre nous, je suis juste ici en tourisme pour rendre visite à Louis et Julian-, ce sont les membres que je tolère le plus. Elles sont franchement moches, des cheveux roux et filasses qui n'ont rien avoir avec la si magnifiiiique chevelure flamboyante de Lily Potter, qui fait tomber les garçons de son année comme des mouches. Et des grains de beauté mal foutus qui se font la guerre entre leurs bouches trop petites et leurs fronts trop larges. Ce qui les différencie un minimum, c'est leurs nez. Celui de Marline est droit et tient un peu la route mais alors, le pif de Simonie… on dirait qu'il veut gratter son menton. Je lui souhaiterai presque d'avoir un bec de corbeau.
Ces filles sont franchement tordues. Elles ne se lâchent pas. Que ce soit pour petit-déjeuner, s'assoir à côté en cours ou encore, faire un tour au petit-coin. Elles dorment même dans le même lit et une fille de Gryffondor qui partage leur dortoir a juré qu'elles avaient plusieurs fois pris une douche ensemble, et qu'elle avait entendu de drôle de bruit. Mais après c'est surement une rumeur de petite cruche hormonée qui veut s'attirer l'attention de toute une école de merdeux pervers et avides de commérages salaces. Il faut aussi dire que le fait qu'elles passent leur temps dans les bras l'une de l'autre ou à se balader dans Poudlard, main dans la main, n'arrange pas grand-chose…
D'ailleurs, elles sont en ce moment-même, au bord du lac, à remuer leurs jambes dans celui-ci, la tête de Marline sur l'épaule de Simonie qui lui caresse la cuisse par-dessus sa jupe d'uniforme. Alors, allez savoir… Tant que c'est pas moi qu'elles tripotent, qu'elles se fassent plaisir.
-Et vous autres ? enchaîne Louis en s'asseyant dans la pelouse, à côté de moi.
-J'y vais avec une meuf de Serdaigle, répond Beckett avec indifférence.
-C'est qui ? demande Louis et Betinson –avec sa voix de pouffe qui ronronne- d'une même voix.
-J'sais pas mais elle a l'air d'être un assez bon coup, alors j'ai dit oui.
Il a un petit ricanement et échange un check avec Julian. Ca vole haut par ici, ya pas intérêt d'avoir le vertige… J'attrape un bout de tissu dans mon panier Vaudou et lance un coup d'œil à Micheal, l'enfoiré qui a rejeté Louis, qui est assis à l'autre bout du parc. Je vais lui faire une sale touffe brune comme celle qu'il se paye sur sa tête d'abruti, ça va pas trainer.
-Et toi, Julian… t'y vas avec qui ? demande Betinson en faisant style de ne pas y toucher.
-Peu importe, ce bal est naze, répond-il avec nonchalance. J'pense déjà à plusieurs plans pour le pourrir.
-Oh, cool, ment-elle.
Bien sûr, elle rêve d'y aller avec lui. Mais lui, il veut y aller avec sa Gilbert. Les ados sont tellement mélodrames.
-Ah non, Lian, vous pouvez pas saboter le bal ! s'écrie Louis.
-On va se gêner ! Et ma muse satanique va m'aider, pas vrai ? s'exclame mon meilleur ami en passant un bras autour de mon cou.
-Alors, là, continue de te toucher, mon grand, répliqué-je. J'y mettrai pas un pied, à cette connerie de bal.
-Allez, ça va être marrant !
-Non, c'est pas drôle du tout, réplique Louis avant de se tourner vers moi. Et tu dois venir au bal, je veux que tu sois avec moi ! Et puis, les bals, c'est de grands moments dans une vie avec pleins de souvenirs et tout ! Et il faut que tu te trouves ton cavalier, ce sera peut-être l'homme de ta vie !
-Tu veux me donner envie d'aller me noyer dans le lac ?
-Kaaatyyy ! Tu peux pas ne pas y aller !
-Bah tiens.
-KATY !
-Arrête avec tes Katy.
-Mais s'il-te-plaiiiit ! geint-il. Pense au garçon à qui tu prives de passer la plus belle soirée de sa vie avec toi.
-S'il est tellement frustré, il pouvait très bien venir me demander lui-même, argumenté-je.
-Oh, je sens un peu d'amertume dans ta voix, Katarina, remarque Beckett moqueur. Serais-tu blessée que personne ne t'ait demandée d'être sa cavalière ?
Je lui lance un regard acéré et allait lui faire remarquer que vu sa tronche, celle qui lui avait demandé avait surement été motivée par un pari quand Julian claqua :
-Ta gueule, Beckett ! C'est juste parce que les mecs de ce bahut sont tous des couilles-molles et qu'ils se pissent dessus à l'idée qu'elle puisse les égorger pour lui avoir adressé la parole.
Je ne fais aucun commentaire bien que je suis très agacée qu'il prenne ma défense comme si je ne pouvais pas fermer le clapet de son abruti de copain moi-même. Mais Julian s'est toujours cru dans le devoir de me protéger alors que, soyons lucides deux secondes, de nous deux, la plus dangereuse et agressive, c'est bien moi. Sans blague.
-Ca te dirait pas d'y aller avec Kyle ? demande Louis. Il cherche une copine et il est mignon, et gentil…
-T'as qu'à y'aller avec lui, princesse.
-Katy ! Je peux pas y aller avec n'importe quel garçon ! s'indigne-t-il.
-Et moi, je peux pas y aller tout court.
-Tu dois y aller ! Imagine-nous ! On vivra ce moment ensemble, ce sera fantastique !
Et le voila en train de me ratatiner la main d'excitation. Et je roule les yeux.
-Ok, capitulé-je. Sois mon cavalier alors.
-Mais-mais, je suis gay ! bafouille-t-il.
-J'mettrai pas la langue, va, bichette.
-C'est pas drôleee, chouine-t-il alors que tous les autres –mis à part les jumelles- ricanent. Faut qu'on trouve nos âmes sœurs ! Fais-moi confiance ! Ce sera la première nuit de nos nouvelles vies…
Et il commence à rêver éveiller en bavant à moitié sur le déroulement du bal, tandis que les autres parlementent à comment ils vont bien pouvoir y foutre le bordel. Et voilà que Moidemoiselle Delacour me parlent de la roseur de la rose que m'offrira mon cavalier, du parfum fort et doux qu'il portera et ravira tous mes sens, de la chaleur de ses mains qui passera à travers la robe que lui –Louis- et moi aurons pris soin pendant des heures à choisir, à la façon dont la musique nous englobera… il se met même à parler de la fin de la soirée où il m'embrassera, pleins de promesses d'autres baisers et d'autres caresses sur ses lèvres gonflées de désirs.
Et là, remerciez-moi, parce que ce n'était que le résumé. En réalité, tout ce discours a bien du durer au bas mot trois quarts d'heure. Et moi, j'ai dû le supporter dans son entier et son ensemble, avec toutes les petites câlineries et les exclamations d'enthousiasme et d'euphorie anticipée.
Alors, à un moment donné, j'ai craqué. J'ai lâché mon aiguille et je me suis levée en direction du château, laissant derrière Julian et sa clique de loosers.
J'ouvre en grand les portes du château, lançant un regard mauvais à deux gamins de douze-treize ans qui s'en vont en courant. Il est mignon, le cadet Delacour, mais Merlin qu'il peut être gonflant ! Je me baladais donc dans les couloirs de Poudlard, en direction des cachots, mon panier Vaudou à la main quand je croise un bel italien, grand et aux épaules carrée à faire bander une statue de Dieu Grec hétéro. Angelo Rossi.
Nos regards se croisent et sans réfléchir, je l'attrape par le bras pour le stopper dans sa marche, ne prêtant pas la moindre attention à Quinn et McFarlan qui l'accompagnent.
-Rossi, t'es mon cavalier pour le bal, lui appris-je.
Je n'attends pas sa réponse et ne prends pas la peine d'analyser ce qui peut bien passer dans son regard, et encore moins d'enregistrer ce que peuvent bien sortir ses deux crétins d'amis, et je m'en vais, toujours en direction des cachots.
Et bien voilà, maintenant, elle va me foutre la paix, la Mistinguett Louise.
Et deux de moins sur la liste d'attente des sans partenaire, faites vos jeux mesdemoiselle pour le reste ;D
