On en vient à plus avoit d'idées novatrices pour nos entrées en matière... Tsss ! Bon alors, on va dire merci à toutes pour vos reviews =) Changez pas de cap mes poussins on vous aime trèèèèès fort !

C'était original hein ? ;)

Allez, bonne lecture !


Chapitre 21 :

-J'ai jamais vu ce film mais t'as eu une trop bonne idée, Katy ! Ce trench-côte me va super bien, il me donne un petit air classe… j'crois que je vais le garder !

Je le vois dans le reflet de mon haut et vieux miroir, décorée de dorures, Louis s'admirer en se enchainant les poses de top-modèles masculins. Je roule des yeux. Je me suis dit qu'il était plus pratique de se préparer pour la fête du nouvel-an chez moi, sachant que ma garde-robe pourrait bien terrasser les jardins suspendus de Babylone comme l'une des sept merveilles du Monde. Et, aussi féminin que peut parfois paraître Louis, il ne pousse quand même pas le vice à se maquiller. En plus, j'ai bien vu dans ses yeux quand on s'est quitté sur le quai qu'il commettrait un acte désespéré si je ne le laissais pas envahir ma maison, au moins une fois, pendant les vacances.

Et si seulement l'acte désespéré en question était le suicide… mais non, connaissant Louis, il serait plutôt du genre à monter une tente magique sur le seuil de ma porte jusqu'à ce que je consente à le laisser entrer. Il serait même capable de me faire la sérénade, cet abruti.

Alors, nous voici, dans ma chambre aux teintes violettes –le genre de violet très sombre-, à nous préparer. Ma chambre n'est pas le parfait refuge pour vampire assoiffé de sang que la population de Poudlard m'attribue, en suivant l'élan stupide des clichés. A vrai dire, ma chambre est l'une des pièces les plus lumineuses de la maison. Certes, un lustre magnifiquement lugubre pend du plafond et un crucifix à l'envers est accroché au-dessus de mon lit, mais, au-delà de ça, je trouve ma chambre plutôt ingénue. Une bonne trentaine de poupée est répartie un peu partout, mon lit est à baldaquin et mon bureau est style Louis XV. Et il y a une porte qui mène à ma salle-de-bain personnelle et à mon dressing.

Et oui, les Collins ne vivent pas dans la misère…

-Evidemment que ce costume est classe, Delacour, tu es Sweeney Todd. Un tueur en série dont l'arme fétiche est un rasoir, exposé-je à Louis avec agacement. Si tu lui arrives un jour à la cheville, je n'aurais plus honte à avouer que j'ai passé mes dernières années à Poudlard avec toi.

-Et toutes les autres après jusqu'à ce qu'on se tienne la main dans notre maison de retraite, à reparler du bon vieux temps !

-Comment tu peux te réjouir à l'idée qu'on finisse en maison de retraite ? m'ahurissé-je. Et après je suis la fille morbide de l'histoire…

-En plus, l'acteur c'est Johnny Depp ! Il est trop sexy !

Il a ce petit rire heureux qui me laisse me demander s'il m'a vraiment écouté et il s'assoit sur mon lit, caressant le couvre-lit en velours noir. Je me reconcentre sur mon maquillage, ajoutant une énième couche de fond-de-teint blanc sur ma peau. Ce à quoi je suis plus qu'accoutumée, pour pouvoir me vanter d'avoir le même teint cadavérique que Mrs Violet de façon quotidienne. Ma coiffure est déjà terminée. J'ai grisé mes cheveux noirs et les aie soulevés en un chignon bordélique parfaitement étudié.

-Tu vas parler à Angel, ce soir ?

-Non.

-Mais Katy… c'est pas parce que vous avez rompu que tu dois plus lui adresser la parole de ta vie.

-Deux choses, claqué-je. Pour rompre, il faut d'abord être un couple. C'est un premier point. Le deuxième étant que si, Mademoiselle-j'incite-l'amour-sous-forme-de-piquou zes-jusqu'à-ce-que-t'en-crèves-d'overdose-plus-vit e-que-Jim-Morrisson, mon plan de ne plus adresser la parole à Angelo Rossi est tout indiqué.

-Wow… c'était un surnom plutôt long ! s'exclame Louis, impressionné. Et Jim Morrisson aussi était super sexy !

-Obsédé.

On frappe à ma porte et j'autorise l'accès avec irritation. Entre alors ma mère, faisant léviter un plateau débordant de nourriture. Elle sourit avec chaleur à Louis qui lui répond avec enthousiasme.

-Maman…, m'énervé-je. Je t'avais dit qu'on mangeait pas ici.

-Oui, je sais, ma chérie, mais je ne fais pas confiance à toutes ces fêtes d'ados sans nourriture équilibrée, légume et avec de l'alcool et de la drogue dans la moindre miette ou goutte ! débite ma mère avec une vitesse impressionnante.

Je préfère ne rien répliquer. J'adore ma mère, vraiment. Mais elle est insupportable. Elle est paranoïaque, angoissée et ne peut pas s'arrêter deux secondes d'affilée. Elle arrive à m'épuiser pour une semaine avec un seul de ses regards anxieux et vifs qui m'envoient des vagues d'ondes… Ne te fais pas d'autres tatouages… ne te teinds pas le reste de si beaux cheveux en violet… Ne couche pas avec un zombi que tu aurais déterré d'un cimetière… ne traverse pas l'une de ces rues moldues sans regarder à droite et à gauche, et à droite, puis à gauche… hésite pas sur la droite !... Je l'imagine presque bouger ses mains dans le style grand prêtre de secte pour tenter de m'exorciser de toutes mes idées pécheresses et dangereuses qui pullulent dans mon esprit.

-Tu… tu vas sortir comme ça, Kate ? balbutie ma mère en lorgnant ma robe.

-Oui et alors ? soupiré-je avec ennui.

-Bah euh… tu es très jolie, mon sucre, ce n'est pas la question… mais il fait froid dehors et avec ce décolleté plus que plongeant, tu vas attraper du mal et…

-Papa va nous emmener en transplaner, on aura malheureusement pas le temps de crever de froid, rétorqué-je.

-Très bien mais quand même…

Je me retourne attrapant mon petit chapeau, mes gants et, le meilleur pour la fin, mon rasoir. Je vois ma mère aller s'assoir à côté de Louis sur mon lit, en lui tendant un petit-four qu'il mange avec plaisir et j'entends ma mère lui souffler :

-Elle ne s'est pas mise à boire, hein, Louis ? Et elle ne s'est pas fait d'autres tatouages à des endroits non-visibles… ?

-Maman, Louis est gay, lui rappelé-je avec nonchalance. C'est pas avec lui que je partage mes endroits non-visibles.

Et j'apprécie à sa juste valeur le silence gêné qui englobe enfin ma chambre.

xOxOxO

J'expire une longue bouffée de fumée, observant le vent la disperser dans l'atmosphère glacée et nocturne du jardin d'Ed. Je suis adossée contre l'un des murs, pas très loin de la porte extérieure qui donne sur la cuisine dont j'entends les rires d'un trio de filles soûles que je ne préfère pas connaître. Je crois que c'est de la famille d'Eric et Ed, ou du voisinage. Peu importe, je connais déjà bien trop de monde à cette fête que j'aurais dû boycotter.

La partie maquillage et costume était chouette mais les réjouissances n'ont pas fait long feu, une fois que j'ai passé le seuil d'entrée. Déjà, Malefoy a réussi à me faire craquer sur le trajet du Poudlard Express et je l'ai donc fait se faufiler par la porte de derrière, pour qu'il puisse harceler sa Weasley de fille de ses rêves de crétin fini. Et ensuite…

En fait, le problème majoritaire tient en deux mots, deux majuscules, onze lettres, cinq syllabes et disons 80 kilos de muscles, généreusement dilués avec une bonne dose de sex appeal. Monsieur L'Italien veut qu'on parle. Il me semble qu'on a déjà bien assez parlé. Et, de toute façon, dans notre relation, quelle qu'elle puisse être, ça toujours été moi qui prenais les décisions. Et j'ai donc décidé qu'on cessait de parler, s'embrasser, se toucher et remarquer la simple existence de l'autre. C'est tout.

La porte de la cuisine s'ouvre alors à la volée pour cracher une Ed tout agitée et débrayée.

-Ed ? l'appelé-je.

Elle me lance un regard surpris, enlevant ses mains dont elle avait recouvert son visage, avant de se laisser glisser lentement contre le mur. Donc, je disais « agitée et débrayée » et qui sent le sexe à plein nez. Pas que je sois une grande connaisseuse dans ce domaine car, au risque de décevoir tout mon entourage, non, je ne couche pas avec des inféri, hippogriffe et autre spécimens, par pur désir gothique. Seulement, je sais reconnaître quelqu'un qui sort tout droit d'une partie de jambes en l'air quand j'en vois une. Je suis quand même entourée de pas mal de débauchés – Julian et son punk de meilleur ami, en haut de la liste.

Et la coupe boule de nœuds, la chemise mal boutonnée et le souffle court… ben, c'est un peu l'uniforme du criminel sexuel en cavale. Mais, après, moi, je dis ça avec beaucoup d'affection parce que j'ai toujours eu une grande admiration pour les criminels.

-Allez, accouche, lui lancé-je après un moment de silence.

Elle sursaute et s'écrie :

-C'est de ma faute !

-A part si c'est un viol, en effet.

Elle hausse un sourcil surpris et je soupire :

-Katarina sait tout, il va falloir que vous vous y fassiez au bout d'un moment. Alors, raconte-moi donc tes pêchés.

-Je… j'ai couché avec John…, m'avoue-t-elle avec culpabilité. C'était la première fois qu'on le faisait et… et il m'a… en quelque sorte, confessé son amour inconditionnel et éternel, en plein... euh…

Je décide de lui ôter l'embarras de chercher les mots justes, tout en virant pivoine, et la coupe, en faisant la grimace :

-Ecœurant. Et on dit que c'est moi la psychopathe de l'école.

-Alors, j'ai euh… fui ?

-Qu'il te soit reconnaissant de ne pas l'avoir assommé avec le premier objet contendant qui trainait.

Elle rit un peu, moins tendue, et se relève pour s'avancer vers moi. Elle s'adosse au mur, juste à côté de moi. Je lui propose une cigarette et elle refuse. Elle soupire :

-Et, je crois bien que je suis amoureuse de Kyle…

-Sans deeeec ? ironisé-je. Je tombe des nues, là.

-Quoi ? s'étonne-t-elle.

-Euh, excuse-moi de briser tes illusions, ma jolie, mais passer de la Edwige-Pierce-gavée-aux-hormones-et-joyeuse-comme- un-télétubbies qui va au bal avec Quinn à la Edwige-Pierce-croc-mort-et-je-me-la-joue-styliste- en-pleine-nuit-en-rentrant-de-ce-dit-bal qui se met à sortir avec un gentil naze du style d'Amphert, ca passe peut-être comme du p'tit lait avec tes mono-neuronaux d'amis mais pas avec Katarina. Je te répète Katarina sait tout, pour l'amour de Lucifer ! m'irrité-je en levant les yeux au ciel.

Elle m'observe, la bouche ouverte et clignant bêtement des cils, tandis que je tire sur ma cigarette, à la fin de mon discours criant de vérité.

-Donc, euh…, hésite-t-elle.qu'est-ce que t'en penses ?

-Moi ? Que du mal. Je suis contre les sentiments.

xOxOxO

-Elle m'en a encore collée une.

Je regarde Malefoy se laisser tomber dans le canapé, quasiment sur mes genoux, et je le pousse avec agacement. Il espère quand même pas me monter sur les genoux jusqu'à ce que je le berce comme un nourrisson qui réclame son biberon en chialant ? Parfois, je suis médusée de voir ce que certains se permettent avec moi… du style, allez, de Julian, Louis ou Malefoy. Ils me prennent pour leur ours en peluche ou quoi ? JE SUIS DANGEREUSE ! Je ne fais pas de câlins !

-Bien fait pour toi, claqué-je violemment.

Il me lance un regard noir et je lui en renvoie un bien plus convainquant. Il finit par soupirer et détourner le regard vers Rose qui parle avec force à ses copines qui ont l'air toutes profondément d'accord avec ses propos, en particulier sa petite cousine Potter. On entend un « Quel idiot ! Il se croit irrésistible ! ».

-Je suis irrésistible…, grommelle-t-il. Elle dit ça, maintenant, mais avant, c'était pas la même histoire, moi, j'te le dis…

Mais aucune réplique mordante de sarcasme cruel ne me vient car Angelo vient d'apparaitre dans mon champ de vision et passe avec Moore, sa coéquipière de duo de cinéma ringard. Bonnie and Clyde, sérieusement ? Et je ne dis pas ça parce qu'il est furieusement sexy dans son costume et que ça me frustre de ne pas pouvoir lui sauter dessus, entendons-nous bien. Je me demande un instant si Moore a suivi le même parcours que moi, c'est-à-dire de passer d'un béguin pour Eric Cho à un coup de foudre honteusement irréversible pour Angelo Rossi. Si c'est le cas, je vais sans doute très prochainement m'énerver. Sans bien sûr me faire prendre parce que c'est contre mes nouvelles règles ; faire style de ne rien ressentir, outre le plus grand mépris, pour mon italien.

Ok, d'accord, mes pulsions possessives s'attardent un peu.

J'ai l'impression que le canapé a fait un saut d'un mètre sous mes fesses quand je vois l'une des cruches d'amies de Rose héler Angelo et le saluer en flirtant. Je crispe la mâchoire. Quand c'est pas Colbert, c'en est une autre…

-C'est pas la joie non plus avec Rossi, pas vrai ? commente Malefoy. On devrait arrêter de s'engager avec des élèves d'autres maisons… c'est de la mauvaise graine.

-Parle pour toi, Blondine, je me suis engagée avec personne ! aboyé-je.

-Si tu le dis, Kata…

Je fais tourner avec énervement mon rasoir reluisant dans mes doigts et Malefoy me jette un regard légèrement effrayé.

-Euh… Kata, t'es sûr que c'était pas Louis qui devait garder ce rasoir ? Je veux dire, ça va avec son perso et…

-Je suis la préposée des objets tranchants, mon grand !

-Va pas nous crever un œil.

-T'aurais pas des yeux si bleus, j'aurais pas envie de te les crever.

-Pourquoi ?

-C'est irritant.

-Les yeux bleus ?

-Oui.

-C'est quand même pas de ma faute si j'ai des yeux bleus ! De toute façon, c'est toujours de ma faute ! s'exaspère Malefoy. Avec Rose, aussi, ça a toujours été de ma faute…

-Malefoy, tu me gonfles avec tes histoires de cœur fragiles…

-Je t'ai dit pourquoi elle m'a plaquée ? me demande-t-il alors.

Je détache mon regard d'Angelo et Moore qui parlent avec la bande de filles, pour regarder Malefoy qui est maintenant très grave et sinistre. Il ne m'a jamais dit la raison de leur rupture, et pourtant, Malefoy est l'un de ceux qui se croient dans l'obligation de me raconter leur vie à tord et à travers. Et je dois dire que je me suis toujours posée la question.

C'est à ce moment que Louis bondit devant nous.

-J'suis comment ? Mes cheveux sont biens ?! s'excite-t-il. Ya Sam, l'un des amis d'enfance d'Eric et il est canoooon ! Alors, je suis sexy ?

-T'es passable, le rassuré-je.

-Par un respect de ma virilité, mec, je suis désolé mais je vais ignorer cette question, lui dit Malefoy.

-C'est très gay refoulé de refuser de rassurer un pote sur ses capacités de serrer, Blondine.

-KATA ! Je suis pas gay ! s'indigne-t-il.

Mais Louis s'en va en nous remerciant –je me demande bien pourquoi- à la conquête de sa proie. Je retourne donc mon intérêt à Malefoy qui a, me semble-t-il, quelques petits trucs à me dire.

-Rends-moi cette soirée plus réjouissante et parle-moi de tes malheurs Weasleysien.

-J'ai insulté son père de « belette proche de la retraite », pendant les vacances d'été, m'avoue-t-il.

-Pourquoi « belette » ? me moqué-je. Peut mieux faire.

-C'est mon père qui l'appelait comme ça… en fait, nos pères se détestent franchement et, du coup, ils ont pas trop apprécié que Rose et moi sortions ensemble. Rose a voulu enterrer la hache de guerre en m'invitant à dîner avec ses parents, ça avait plutôt bien marché quand elle était venue chez moi, quelques semaines avant. Sauf que j'ai fini par insulter son père…

Il n'a plus du tout son ton colérique et rancunier mais semble plutôt coupable et pleins de remords. Il se passe une main lasse dans ses cheveux blonds.

-J'ai franchement merdé, pas vrai ? soupire-t-il. Elle m'a dit qu'elle voulait pas sortir avec un crétin prétentieux qui pouvait pas s'empêcher d'insulter la famille de la fille qu'il prétend aimer. Et je sais que j'ai eu tort, si seulement je pouvais… je l'aime vraiment, Kat, et je ferai vraiment des efforts si elle me laissait une deuxième chance.

Et quelque chose me dit qu'il est sincère. Après tout, pourquoi il me mentirait ? Je détourne le regard, croisant celui d'Angelo un bref instant avant d'abaisser mes yeux sur mon rasoir. Je reste silencieuse pendant si longtemps que je suis certaine que Malefoy ne s'attend pas à ce que j'ai la moindre intention de lui répondre quelque chose.

-Et pourquoi tu vas pas tout simplement lui dire ce que tu viens de me dire, Malefoy ? finis-je par lâcher. Ca marcherait bien mieux que de la harceler et de la traquer, en lui pourrissant la vie.

-Tu crois qu'elle m'écouterait ?

-On écoute que les gens qui ont vraiment quelque chose à dire.

Malefoy réfléchit à mes mots tandis que je me fais violence pour ne pas relever le regard et risquer de recroiser celui d'Angelo, ou de le voir en train de se faire draguer. Je ne fais pas vraiment confiance à mes potentielles réactions.

En tenant compte du rasoir présent dans mes mains.

xOxOxOxO

Je trouve Quinn en train de draguer avec une fille complètement beurrée qui tient à peine debout et donc, est littéralement avachie contre lui pour s'empêcher de tomber. Je me décide donc d'aller tenir compagnie à ce charmant petit couple.

Pour dire la vérité, je m'ennuie franchement. Il est trois heures moins le quart du matin. Le compte à rebours du Nouvel An a donc déjà fait vibrer les murs, les niais des environs ont porté leurs toasts à l'amour, la santé et l'amitié. J'ai porté le mien à l'apocalypse et au désespoir, avant que Louis me saute dessus, manquant de s'empaler sur mon rasoir, en me jurant en pleurant que j'étais sa meilleure amie et que je serai la demoiselle d'honneur de son mariage avec le Prince Charmant, la marraine de ses petits asiatiques adoptés que j'aimerais comme mes propres enfants et qu'on finira ensemble au Paradis, pour pouvoir s'aimer comme des sœurs pour l'éternité. Il était bourré… m'enfin, ça n'excuse pas tout.

Toujours est-il que, maintenant, je m'ennuie parce que Louis dort sur le canapé et que Malefoy a réussi à entrainer Rose pour parler en privé, et que je n'ai plus de cigarette et qu'Ed est avec ses amis, et donc avec Angelo. Et que je n'ai pas mes poupées vaudou, que le père d'Ed m'a déjà surprise en train de graver un macchabé rongé par les asticots sur son frigo et qu'il m'a à l'œil maintenant, et que je ne veux pas danser, et que je ne veux pas me souler et que voilà, je n'ai rien à faire.

Donc, j'attrape le verre de Quinn pour en boire une gorgée. Je fais la grimace.

-De la bière-au-beure, t'es sérieux ? m'énervé-je.

-J'aime la bière-au-beurre ! contre-t-il.

-Pas moi ! T'aurais pu avoir la courtoisie de prendre du jus de citrouille glacé, tu sais que j'aime le jus de citrouille glacé ! l'accusé-je. Ou un chocolat chaud.

-Mais c'était mon verre, Katarina !

-Quinn, Quinn, Quinn… mon petit Quinn…, soupiré-je, sévère. Tu sais que ce qui est à toi est en fait à moi.

Il grommelle tandis que je vide le verre dans la plante verte du coin et que sa copine lui fond dans les bras, pliant les genoux.

-De toute façon, avec le sac-à-patates que tu te payes, t'aurais pas pu le boire.

-C'est vrai, admet-il. Tu peux m'aider ?

-Bien sûr.

Il me sourit, assez étonné que j'accepte de l'aider aussi vite, et attrape la fille qui pose sa tête sur mon épaule. Puis, je la laisse tomber près de la plante verte.

-Katarina ! s'écrie-t-il. Mais, enfin, t'aurais pu lui faire mal !

-Je suis sûre qu'elle a eu très mal, admis-je en souriant. Alors, tu vas me chercher mon jus de citrouille glacé ?

On voit alors passer Ed devant nous comme si elle avait le feu aux fesses. Elle nous lance un sourire fébrile avant de s'engouffrer dans ce qu'il me semble être un placard à balais. On échange un regard perplexe avec Quinn avant qu'Amphert déboule à son tour, les nerfs à fleur de peau et particulièrement paniqué.

Donc, elle avait vraiment le feu aux fesses.

-Vous-vous avez pas vu Edd-Eddy ? nous demande-t-il, le souffle court.

-Nope.

-Jamais vue.

-Complètement disparue.

-Peut-être en train de pisser.

-Ou d'enterrer un cadavre.

Il nous remercie avant de partir tout aussi vite qu'il est arrivé et Quinn rit avec beaucoup d'euphorie. Je roule des yeux. Il n'y a franchement que moi qui vois clair dans le jeu de ces crétins ? Ca saute tout de même aux yeux que cet idiot est en pleine jouissance, maintenant qu'il a été témoin de la fuite d'Ed. Mais il ne fait rien. Non, non, ce serait trop facile d'agir et d'aller chiper Ed au mollusque. Après tout, Quinn a vu Ed avant. C'est comme ça que ça marche. Si tout le monde comprenait ça alors il n'y aurait pas de souci.

Mais je suis la seule à être saine d'esprit, dans les environs, donc je me dois d'intervenir. Et appuyer sur le petit bouton qui a l'air assez sensible chez Quinn ; la jalousie.

-C'est ça de coucher avec un mollusque, on finit par se cacher dans un placard à balais, déclaré-je.

-Bien dit, Katarina ! s'enthousiasme-t-il. Coucher avec…

Je regarde avec un petit sourire diabolique le visage de Quinn devenir blême, une fois qu'il a réalisé ce que je viens de lui dire. La colère et la trahison s'impriment sur ses traits.

-COUCHER ?!

Ah, faut lui donner le temps, à ce petit, mais, au final, il n'est pas si décevant que ça. Il se met alors à partir, le pas colérique, en se tournant une dernière fois pour me promettre :

-Ca va pas se passer comme ça, Katarina, fais-moi confiance !

-Pense à mon jus de citrouille glacé, mon grand ! lui rappelé-je.

Je continue à sourire, plutôt fière de moi, et lance un coup d'œil à la fille qui s'est mise à ronfler à mes pieds. Je la tripote du bout de mes bottes à talons en ricanant quand elle murmure au Capitaine Crochet d'arrêter de faire tanguer le navire.

-Tu t'amuses bien, Katarina ?

Je roule des yeux, ignorant les cabrioles que fait mon cœur, et lance un regard agacé à Angelo qui m'observe avec les bras croisés. Je ne l'ai même pas entendu arriver. Il s'est décidé de suivre la mode Malefoyienne et de se mettre à me harceler ou quoi ?

-Pourquoi il faut toujours que tu viennes gâcher mes petits plaisirs, Rossi ? marmonné-je. Et arrête de m'appeler Katarina !

-Pourquoi ? s'étonne-t-il.

-Parce que tu fais toujours sonner ça ironique, je déteste ça !

-Tu détestes tout !

On se fusille du regard avant que la fille à nos pieds murmure :

-E'brasse-moi, Cap'taine… Oh oui, com'ça…

Et je devrais être en train de me moquer d'elle, en filmant la scène avec la petite caméra magique qui ne me quitte jamais dans mes Doc Marteens –dans mes bottes, ce soir-, mais voilà qu'Angelo Rossi est là, et ce n'est même pas drôle. Je m'en vais, grognon.

Angelo Rossi a ruiné ma vie !