Bonjouuuuuuur !

Un petit moment où on a eu chaud au coeur en lisant ra review Lo, ça nous a vraiment fait plaisir :) On espère que la fic va te plaire, on a hâte d'avoir tes avis et réactions !

Bonne lecture à tout le monde !


Chapitre 14

"Oh Merlin, c'est trop gentil !" m'extasié-je.

Il me fait un sourire faussement modeste, du genre "oh t'inquiète, c'est rien, c'est juste tout moi, je suis la mignonnerie et l'adorablitude incarnés, voilà, après, bon, c'est tout", et je fonds quand même sur place. Un élève m'a répondu devant toute la classe alors que les autres se sont tous esclaffé en unisson, et j'étais pas bien, j'avais envie de partir m'exiler en Pologne et de changer de nom -toutes mes excuses, mes ancêtres, mais pardonnez-moi, vous savez que je suis faible-, et Kenneth a passé la porte, tel un héros, armé d'un bol fumant de thé noir au citron et de charmantes attentions et de bonté, et je me suis dit : Oui, c'est pour ça que j'aime ce monde !

Même si je n'aime pas le citron, et donc le thé noir au citron, mais je le bois quand même et ça me fait un bien fou à mon ventre qui était encore tout retourné. Et j'ignore mes glandes gustatives qui font la grimace, avec des gros Pouah capricieux, en me demandant si je suis sûre d'aller bien.

Et bien, la réponse est OUI, je vais beaucoup mieux, merci, mes glandes ! Regardez un peu comme je glousse gaiement, ça fait pas plaisir à voir ?

"Je passais par là alors, je me suis dit que je pouvais autant t'apporter un peu de thé ! m'explique-t-il avec un clin d'œil.

-J'en avais vraiment besoin, merci, Kenny !"

C'est lui qui m'a chaleureusement demandée de l'appeler ainsi à la dernière répétition de la chorale. Ah, Kenny... c'est mignon... ça lui va bien.

Et la chorale n'est pas un club si terrible que ça, en définitive. On ne m'a pas encore forcée ni à chanter, ni à faire un concerto à la harpe, alors je pense que je me suis un peu fait des films d'horreurs dans ma tête à partir des vieilles rumeurs qui circulaient à Ilvermony à mon époque. Et les membres ne sont même pas tous moches, anti-sociaux et gros !

C'est presque un mythe qui s'effondre, à vrai dire.

"Du coup, je te laisse mais on se voit à la fin des cours", m'avertit-il.

Ca sonne étrangement comme une invitation, non ? Et je me retrouve à rougir un peu et sourire beaucoup, et je le regarde partir en lui faisant au-revoir de la main. Les papillons dans mon ventre profitent que j'aille m'asseoir près d'une fenêtre pour siroter mon thé pour défaire les nœuds dans mon ventre, et je me mets à réfléchir.

Je n'y ai jamais songé mais se pourrait-il que je plaise à Kenneth ? Il est toujours si gentil avec moi. Cette perspective me fait sourire à la vapeur d'eau qui s'échappe de mon précieux thé au citron.

Puis, je m'en empare et le bois jusqu'à la dernière goutte.

OoOoOo

"Mais t'es vraiment sûre que j'ai le droit d'être là ?" s'inquiéte une énième fois mon frère.

Nous sommes dans la salle des professeurs où nous prenons notre déjeuner et il est persuadé qu'il est un immigrant clandestin, un "simple" jardinier parmi les profs. Du coup, il se courbe un peu et garde sa casquette fermement sur la tête, tout en évitant soigneusement de croiser le regard de qui que ce soit.

"Qu'est-ce que ça peut faire, de toute façon ? Ils vont pas te jeter dehors !

-Le jeter où ?" s'enquit Sib, intriguée.

Elle pose son plateau repas garni de tout un tas de victuailles. Ce qui est bien c'est que, dans les écoles sorcières, les cuisiniers sont toujours vachement généreux ! Je rajoute une deuxième tonne de parmesan sur ma montagne de spaguetti et réponds à Sib :

"Il pense qu'il va se faire expulser de la salle des profs...

-Ah bah, je connais pas le règlement..., plaisante Sib.

-Y'a un règlement pour les employés ?! panique à nouveau Mohvo.

-Ok, Moh, détends-toi ! Et puis, toi aussi t'es un prof ! T'apprends aux plantes à comment pousser !

-Pas sûr que ça compte...

-Et si quelqu'un vient te chercher des noises, laisse-moi m'en occuper ! Ta grande-sœur va te protéger ! promis-je en serrant le poing. Et tu connais mon uppercut du droit qui déboite les mâchoires !

-En vrai ?!" s'exclame Sib.

Pas peu fière d'avoir fait mouche, je me recule contre ma chaise et pose mon coude sur le dossier tout en hochant du menton.

"Ah là, oui, un jour peut-être tu en seras témoin, dis-je avec un air mystérieux. Mais ça arrive rarement... il faut que quelqu'un réveille la bête en moi !"

Sib se tourne vers Mohvo et il lui confirme de plusieurs acquiescements graves que c'est la plus pure vérité.

"La dernière fois qu'elle a fait son uppercut, c'était à la fac et on l'a appelé Kung Fu Panda pendant deux mois ! Mémorable !"

Mémorable.

OoOoOo

"C'est pas vrai, ça, où est-ce qu'elles ont bien pu se mettre..."

La longue ligne d'élèves de quatrième année patiente tranquillement à mes côtés alors que, plantée devant la porte, je farfouille mon large sac à main à la recherche des clés de la salle. D'habitude, je les mets dans cette petite poche intérieure pour éviter ce genre de désagrément mais j'ai dû mal viser...

D'un autre côté, je peux prendre mon temps parce que l'attente dans le couloir n'a pas l'air de gêner les élèves qui discutent avec enthousiasme -certains ont même sorti un paquet de cartes.

"Et pourquoi vous lancez pas un Accio ? me demande alors Jacob, les mains à sa taille, avec un air sévère.

-Oh, brillante idée, vraiment brillante ! Alors, où est ma baguette...

-Un problème, ma'dmoiselle ?"

Alors que des gloussements -presque totalement- féminins s'échappent dans les airs à cette interruption à la voix grave et à l'accent hyspanique prononcé, je me retourne avec surprise... et ma surprise ne fait que s'accentuer quand je fais face à l'homme devant moi. Grand, musclé, bronzé, des yeux verts et un sourire charmeur fermement en place, il est tellement beau que je me demande un moment si ce n'est pas un deuxième vélane. Mais non, ça m'a l'air tout à fait banal, comme beauté, si on ignore le fait que ça fait peut-être bien dix secondes que j'ai la bouche ouverte sans rien dire.

"Euh, fais-je en essayant de me reprendre, Non ?

-Elle a perdu les clés, me balance une sale petite peste dont j'oublie tout le temps le prénom mais que je n'aime pas du tout.

-Je ne les ai pas perdu... Catherine, improvisé-je alors qu'elle fait une drôle de tête devant son prénom inventé, elles sont quelque part dans mon sac.

-Ah oui, vous pourriez vous paumer toute entière dans vos sac, vous, les filles ! rigole Esteban avant de sortir un truc de sa poche, j'ai un passe magique qui ouvre toutes les portes ! Ce sera plus rapide !"

Il passe devant moi et je ne peux pas m'empêcher de remarquer que, EN PLUS, il sent super bon ! Il fait je-ne-sais-quoi à ma porte et j'avoue que je ne regarde pas vraiment... enfin, lui, si, mais la porte...

"T'es nouvelle, ici ?

-Je suis arrivée à la rentrée, répondé-je. Mais vous êtes un pro...

-Ohlà, tu vas pas me vouvoyer quand même ?!"

Ah bah, c'est vous qui voyez- tu- bref. Pour toute réponse, je me contente de rire comme une cruche.

"Je suis concierge, ici, donc, non, pas prof ! J'me présente, Esteban.

-Enchantée !"

Il m'attrape la main pour la serrer et je me rends compte une fois qu'il est parti qu'il a bel et bien ouvert ma porte en grand. Honnêtement, je n'ai pas bien compris ce qui vient de se passer...

"Il est trop CANON ! s'exclame une des filles.

-Il y a tout un tas de beaux-gosses ici, maintenant," remarqué-je avec effarement.

Et quand t'as l'impression que tu les as tous vus, il y en a des nouveaux qui sortent de nulle part... ce n'est pas une école de magie pour rien !

"Ce n'était pas du tout comme ça à mon époque ! me scandalisé-je.

-Oui, c'est TROP vrai ! continue Samuella. Mais les plus beaux, c'est Esteban et Mr Kello'han."

Valerian ? Bien sûr...

"Oui, mais il a un caractère vraiment spécial, répliqué-je en faisant la moue.

-Donc, vous êtes team Esteban ?!"

Je serais plutôt team Kenneth, à vrai dire...

"Vous êtes sûre que vous êtes autorisée à parler de ça avec vos élèves ? me questionne Jacob avec scepticisme.

-Quoi, tu crois que c'est interdit ?

-Ca me parait pas légal.

-Tu sais, Jacob, nous aussi, on est des êtres humains..., lui révélé-je.

-Oui mais vous devez faire semblant que non !

-Ah... ah bon ? Mince, je ne suis pas sûre que j'en suis capable, tu sais ça fait plus de vingt ans maintenant que je suis juste humaine...

-L'important c'est de faire votre mieux, m'dame !" m'encourage-t-il.

Je lui souris, un peu penaude, et hoche de la tête.

"D'accord, d'accord, je vais essayer. Allez, fis-je en tapant de mes mains. en classe, maintenant !"

OoOoOo

Quand je descends les escaliers, je m'arrête un instant en voyant Kenneth qui m'attend tout en bas des marches. Je penche un peu la tête avant de me mettre à sourire et à rire toute seule, puis je sautille jusqu'en bas avant d'atterrir à ses côtés et d'entrechoquer son épaule avec la mienne. Il se retourne vers moi et se met à sourire en s'exclamant, ravi :

"T'es là !

-T'étais pas obligé de m'attendre !"

Enfin, si, parce qu'il l'a dit mais ça fait plus cool de dire que non. Secret, les filles, c'est un conseil cadeau.

"Y'a chorale ! Bien sûr qu'il fallait que je t'attende..."

Tss. L'excuse. Le prétexte. Je pouffe intérieurement et fais mine d'y croire.

"D'accord, accepté-je. Mais on a le temps, ça commence pas avant une demi-heure ! Et si on allait au café d'en face, se prendre un verre ?

-C'est une idée," approuve-t-il.

Il se met en route et je me mordille les lèvres d'euphorie. C'était tellement subtile... Ah merlin, je deviens douée..

OoOoOo

"Tu as réfléchi à quelle musique on pourrait réinterprêter pour le spectacle d'Halloween ?

-Pas trop, avoué-je, mais les élèves devaient pas en proposer ?

-Si mais à chaque séance, ils disent qu'ils n'ont pas eu le temps..."

Kenneth a un mouvement d'humeur et il écrase, du bout de sa cuillère, le sucre qui fond déjà dans son thé. Le soleil de fin d'après-midi réchauffe encore un peu la terrasse du café à laquelle on est installés. Je rigole un peu à son agacement. Il prend toujours bien garde à conserver son calme et sa sympathie mais j'ai remarqué qu'il cachait surtout un sale caractère derrière ses sourires et ses bonnes manières.

A me voir rigoler de lui, il hausse un sourcil, suspicieux :

"Qu'est-ce qui te fait rire ?

-Rien ! prétendé-je avec un large sourire. On peut reprendre une musique de Lady Gaga ! Je trouve que ça irait bien pour Halloween !

-Ohlà, j'en sais rien, fait-il, c'est pas trop mon genre de musique...

-Oh, vraiment ? ironisé-je. Qu'est-ce que tu écoutes ? Attends, laisse-moi deviner... de la country ? Ou peut-être bien du blues ?

-J'ai une tête de cowboy ou quoi ?!

-Grave ! Il ne manque plus que le chapeau et le lasso !

-Bah alors, on lâche les copains pour un rendez-vous en amoureux ?!"

On se retourne tous les deux vers Murdok qui, visiblement, passait sur le trottoir d'en face et nous a repérés puisqu'il est en train de traverser la route pour nous rejoindre. Je distingue une silhouette derrière lui mais j'ai le soleil dans les yeux alors, je suis obligée de placer ma main au-dessus de mes yeux pour reconnaître enfin Sib. Ravie de les voir, je les accueille les bras ouverts :

"Oh allez vous cherchez des chaises ! Mon milkshake n'est même pas encore arrivé !

-On doit aller à la chorale ce soir, c'est pour ça qu'on est venu là," se justifie Kenneth.

Et je roule des yeux. Pourquoi doit-il s'expliquer, de toute façon ?

"Ouais, ouais, c'est ça... et toi, tu sens pas une certaine odeur d'eau de rose et de guimauve, ma chère Sib ? lui demande-t-il après qu'il se soit tiré une chaise.

-Oh, tu sais, je n'ai pas l'odorat des nains..., se lamente-t-elle.

-C'pas grave, fais-moi confiance !

-BREF ! conclut Kenneth.Puisque tu viens squatter, Murdok, c'est toi qui paye.

-J'te trouve un peu racho pour un gosse de bonne famille... Un conseil, Nanak, trouve-toi un autre rencard si tu veux des beaux cadeaux pour la Saint-Valentin !"

Alors que Kenneth commence très franchement à tirer la tronche, Sib ne retient pas ses rires et moi non plus.

J'aime bien le côté boudeur de Kenneth, c'est presque trop mignon.


Alors, des pronostics sur la relation Kenny-Nanak ? :)