Pour fêter les beaux jours, un ptit chap :)
Chapitre 6 :
-C'est… spacieux !
Etheol me lance un coup d'œil amusé tandis que j'avance à petits pas, la tête bougeant en tout sens pour tout voir. Ce qui n'est pas facile ! Tout est en pierre foncée, et le couloir dans lequel on s'est engagé est aussi large que haut et ce n'est pas rien de le dire ! On pourrait y faire passer un mumakil femelle et enceinte, à l'aise ! C'est impressionnant !
Des épaisses colonnes en pierre elles aussi partent du sol dallé et montent jusqu'au plafond grossier et brut, un peu comme une paroi de grotte. D'ailleurs, l'atmosphère humide et fraiche n'est pas sans rappeler celle d'une grotte ! Mais je m'y attendais assez, vu que j'ai lu pleins de livres sur la Moria !
Et Etheol, Léondard et moi sommes les seuls dépassant le mètre quarante, cependant, nous ne sommes pas les seuls présents dans ce couloir ! En effet, d'innombrables nains à la démarche vigoureuse et énergique nous croisent et nous dépassent. Il y en a des roux, des blonds et des bruns, et des plus gros que d'autres, il y a même des enfants ! Ils parlent tous très fort, jusqu'à crier ou s'étouffer quasiment de rire pour certains, ce qui explique le vacarme environnant qui pourtant confère une ambiance très conviviale et accueillante aux lieux !
Ils nous lancent tous des regards étonnés et je ne compte plus ceux qui s'arrêtent pour saluer chaleureusement Etheol qui semble connaître tout et chacun, ici ! Aucun prénom ne lui échappe et il a toujours des questions d'ordre privé à poser qui ne font qu'agrandir le sourire de ses amis, le sentant certainement concerné par eux… je crois bien que l'espèce des nains est celle qu'Etheol préfère ! Il ne fait que m'en parler et m'en vanter les louanges !
Nous sommes arrivés, il y a une dizaine de minutes déjà, et je dois dire que descendre de Murmure a été un de ces soulagements qu'on n'oublie jamais dans une vie ! Ces longues journées de voyage à se taper le derrière contre le cul d'un cheval, en mangeant trois fois rien et dormant par terre, en se gelant gentiment les fesses, ont été certes une expérience mais je ne saurais dire si le terme « gratifiante » est le plus approprié pour la décrire. Enfin, au moins, maintenant, nous y sommes bel et bien et on va même peut-être avoir le droit à un lit pour cette nuit !
Désormais, je saurais apprécier à leur juste valeur les petits apports matériels qui peuvent manquer quand on dévoue sa vie à l'aventure ! Car voilà, ce que j'ai fait. J'ai dévoué ma vie à l'aventure. Je suis une aventurière. Oui, madame.
-Bon, je te laisse faire plus ample connaissance avec les lieux, j'ai deux-trois petites choses à régler qui me prendront certainement l'après-midi, voir la soirée, m'apprend Ethéol.
-D'accord, d'accord, prends ton temps ! m'enthousiasmé-je à l'idée de découvrir tout ça.
-Oui, euh…, semble-t-il hésiter tout à coup. Minute !
Il m'étudie assez longtemps pour m'agacer.
-Rho, quoi ?
-Tu es de loin la plus ravissante créature des environs, jolie fleur, m'indique ce bon Léontard.
Je le regarde un bref instant et, comme à chaque fois, je ne sais comment réagir. C'est pas qu'il est laid ou… enfin, c'est pas qu'il est laid mais c'est assez embarrassant, et crispant, de s'entendre complimenter à tout va sur un ton doucereux et quasiment… je ne sais pas vraiment. Mais j'ai l'impression qu'à chaque fois qu'il me parle, il me dit « quand est-ce que l'on se prouve mutuellement notre amour naissant et fougueux ? ». Et, encore une fois, ce n'est pas qu'il est laid mais je ne me sens pas vraiment prête à emprunter ce genre de terrain avec lui. Déjà, c'est trop tôt et… voilà. Qu'il n'insiste pas comme ça, ça me rend nerveuse !
-Merci, Léon !
Père m'a toujours dit d'être polie. Alors, déjà que je suis partie sans exactement lui dire au revoir… oui, je lui ai dit au revoir mais pas exactement. Enfin, longue histoire. Je vous expliquerai plus tard.
Ethéol lui lance un regard moyennement avenant mais pas complètement hostile, non plus. Force est de constater qu'il est quand même bien plus beau que Léontard. J'entendais souvent mes compagnons les elfes me dire qu'Etheol était un humain, donc avec un physique grossier, des manières balourdes et maladroites… mais maintenant je saurais quoi leur répondre. Ethéol est quand même le plus bel humain que j'ai croisé jusqu'ici ! Ah oui. Détail qui a quand même son importance, vous en conviendrez.
-Je disais qu'il fallait établir quelques règles concernant ce qui se passera en mon absence, reprend-il.
-Mais je serai là, avec elle, n'ayez crainte ! Je serai son humble et infaillible serviteur !
-Oui, alors là, permettez-moi de vous dire que ça ne me rassure pas d'une manière prodigieuse, réplique Ethéol à Léontard.
Moi non plus, je dois dire. Ca me rassure un peu mais pas prodigieusement. Faut pas pousser.
-Effa, fait-il sans s'occuper de la mine désabusée mais souriante de Léontard qui a l'air de lui dire « ce n'est rien, je te pardonne ». Dés qu'il y a un souci, n'hésite pas à demander aux nains ! Ils sont très bien et t'aideront ! Que tu sois perdue ou quoique ce soi, tu leur précises que tu es mon amie et dis-leur même de te mener à ma chambre !
-Et pourquoi donc à votre chambre, seigneur Ethéol ? s'enquit poliment Léontard.
-Parce que j'aime pas dormir toute seule, rho ! m'agacé-je.
Je n'aime déjà pas qu'on aborde la question donc s'il-vous plait, un peu de considération pour ma pudeur ! Oui, je n'aime pas le noir et la solitude, ni les endroits inconnus, la nuit ! Et oui, j'ai quarante ans mais, et alors ?!
Léontard semble un peu gêné. J'espère bien ! Il en a un, de ces toupets !
-Et je suppose que c'est plus prudent que tu restes avec Léontard…, achève Ethéol à contrecœur.
-Je le pense également ! approuve le concerné avec joie.
-Cependant, cela m'étonnerait fort qu'il t'arrive quoique ce soit, le pire, ici, est que tu t'égares !
-C'est mal connaître mon sens de l'orientation affuté comme une épée !
Ethéol sourit, narquois, que je fais mine de pas voir.
Il est jaloux, voilà tout.
xOxOxO
-OH ! Ton verre est vide, petite ! s'exclame Bartecelle, ma nouvelle copine. Rha, les elfes… toujours si lunaires ! Ils ne se rendent souvent pas compte des grandes choses de la vie !
Je lui souris, ne m'offensant nullement de ce jugement des elfes. Je ne suis pas loin de penser la même chose ! Ils attachent tellement peu d'importance à des choses pourtant essentielles, telle que s'amuser, lier des relations, découvrir le monde ou encore, vivre de grandes aventures ! Se créer des souvenirs et une vie bien consistante. Je crois que le fait d'avoir l'éternité devant soi et des siècles pour vieillir y sont pour beaucoup.
-Je n'ai encore jamais bu d'alcool, lui confié-je. Chez moi, cette activité n'est pas très courante ! Ce qui est bien dommage car, depuis le premier verre, je vous l'avoue que je me sens revigorée et infiniment heureuse ! Pas que je ne sois pas heureuse d'habitude mais… enfin, tu vois !
Bartecelle, blonde, ronde et forte, me sourit en riant. C'est la cousine préférée de Kiliorn, l'ami qui a convié Ethéol ici pour l'inauguration des grandes portes de la Moria. Kiliorn est d'ailleurs lui aussi fort sympathique, il est en ce moment même en pleine discussion avec Ethéol, Léontard et d'autres nains sur le passé tragique de la Moria dont elle doit se reconstruire et, malgré mon intérêt profond pour l'Histoire, ce soir, plus ça va, plus je me trouve incapable de me concentrer sur un tel sujet !
Dés que Léontard et moi avons parvenu à retrouver notre chemin, grâce à un brave nain qui nous est venu en aide, Ethéol et Kiliorn nous sont tombés dessus pour nous dire qu'on nus attendait pour fêter notre arrivée à la Moria. Il n'y a pas à dire mais les nains sont de très bons hôtes ! Je porte mon verre à mes lèvres et commence à boire avec plaisir. Je ne sais pas vraiment ce que c'est mais c'est délicieux !
-Alors, ma bien belle amie, tu nous viens tout droit de Rivendell ?
-C'est bien ça ! C'est pas du tout comme ici !
-Heureusement ! s'écrie Lionaël, la petite sœur de Kiliorn. V'là-t-il pas qu'on se changerait en elfe !
J'éclate de rire, en essayant tout de même de défendre un peu ma race entre deux hoquets. Mais je ne suis pas sûre d'être réellement convaincante !
-Et c'est mon Silmaril qui est venu te chercher ? fait Lionaël avec jalousie. Tu le connais depuis combien de temps ?
Comment ça « son » Silmaril ? Eho, doucement, ma grosse ! Va pas mettre les tridents avant la chaloupe !
-Dix ans ! mentis-je effrontément pour lui clouer le bec. Même p't-être onze-douze, je perds le compte !
C'est tout bonnement impossible, étant donné qu'il y a douze ans, Ethéol ne devait pas être loin de monter encore son poney dans son château et qu'il était bien loin de partir à l'aventure, mais ça a au moins le don de renfrogner Lionaël, sous le sourire amusé de Bartecelle.
-Ca veut rien dire…, grommelle Lionaël.
Je lui offre un sourire hypocrite. Ca veut dire que tu peux ranger tes « mon Silmaril » !
Tout à coup, un nain, un peu plus loin au bout de la grande table en bois sombre, bondit dessus, entre deux pintes de bières. Il lève la sienne, éclaboussant les alentours, et hurle :
-CUL SEC, COMPAGNONS ! A SILMARIL !
-A SILMARIL ! réplique la table toute entière.
Et ce fut mon premier cul-sec !
xOxOxO
-Seigneur Silmaril ! Belle Neaffa ! M'entendez-vous ?
Je grogne de mécontentement. Qui peut-il crier comme ça alors que je dormais ?! C'est un monde, quand même ! Et je faisais un rêve merveilleux dans lequel je parlementais avec le Soleil et la Lune sur la prochaine saison des amours ! C'était très instructif !
Je frotte mon nez contre mon oreiller et m'y accroche que plus fermement, espérant pouvoir me rendormir. En plus, je ne me sens pas l'humeur de me lever tout de suite. Je n'ai strictement pas la force de lever une paupière et mes jambes sont comme en coton, et je suis tellement bien !
Mon oreiller glisse un peu, respirant plus fort, et je comprends alors que ce n'est pas n'importe quel oreiller, mais un torse nu et assez poilu d'ailleurs ! Mais je ne m'inquiète pas du tout car je connais ce torse milles fois plus que n'importe quel autre oreiller et que je lui confierai ma vie –ou mon éternité mais peu importe !- sans même une seconde de réflexion. Mais ce n'est pas compliqué quand le dit oreiller est Ethéol !
Je sens alors une main se faufiler dans mes cheveux comme pour m'inviter à me rendormir et souris, bien déterminée à faire exactement ça !
-Seigneur Silmaril ! Belle…
-Oui ! s'énerve Ethéol. Quoi encore, Léontard ?
-Oh, à merveille ! Bien le bonjour, Seigneur !
Ethéol marmonne un commentaire désobligeant concernant ses « Seigneur » à répétition et j'essaye de faire tout mon possible pour ignorer leurs paroles et me concentrer sur la véritable nécessité, ici ; DORMIR !
-Je venais vous signaler que votre ami, très agréable et, ma foi, vraiment très sympathique pour un nain, a déjà préparé le petit-déjeuner pour vous deux ! nous apprend-il guilleret. Il est dix heures de la matinée !
Et ? Je peux savoir ce qui justifie de venir nous réveiller ? J'agrippe la couette et la tire jusqu'à ce qu'elle vienne recouvrir ma tête qui repose toujours sur Ethéol.
-Très bien, nous arrivons.
-QUOI ?! m'écrié-je. Mais non !
-Je t'attends, jolie fleur, nulle inquiétude !
J'ouvre alors les yeux et bondis hors de la couverture pour partager visuellement mon indignation avec Ethéol. Et aussitôt que la lumière du jour qui perce par les fenêtres est en contact avec mes pupilles, je glapis et retourne sous la couette, un mal de crâne surgissant. Et je me rends alors compte que j'ai la bouche pâteuse et un goût peu raffiné imprégné dans ma salive.
-Tu as la voix bien rauque, d'ailleurs… tout va-t-il bien ? s'inquiète l'autre.
Il commence à me courir sur le haricot. Je lui ai demandé de s'inquiéter de la sonorité de ma voix ? NON, JE NE CROIS PAS !
-Elle a juste un peu la gueule de bois, rit Ethéol. Et ce n'est pas la peine de nous attendre, Léontard, va donc petit-déjeuner, nous te rejoignons…
-Mais nooon…
J'entends les rires d'Ethéol à l'extérieur de la couette mais ça ne me fait pas rire.
Il est hors de question que je quitte cette couette !
xOxOxO
-Oh non ! Me dis pas que… ? me fait Bratecelle en riant. Oh non !
-Que les elfes sont prudes ! se moque Lionaël.
Je les regarde, menton appuyé dans la paume de mes mains, se payer ma poire avec bonne humeur. Autour de moi, la musique est retentissante et la joie de vivre, omniprésente. Nous sommes à un mariage dont, bien sûr, je ne connais ni le jeune époux, ni son épouse, mais Ethéol aurait sauvé le premier d'une attaque de voyous, sur les routes. Enfin, d'après ce que j'ai compris, à peu près toute la Moria est conviée donc… Le mariage était définitivement très touchant et adorable. Le marié a même pleuré pendant son discours, par contre, la femme était déjà ivre morte pour le sien et a cru bon de comparer les aptitudes sexuelles de ses différents amants, en ayant tout de même la décence de conclure sur le fait que son à présent mari était le plus talentueux. Ce qui, je trouve, est quand même tout à son honneur. Désormais, nous avons entamé ce que je qualifierai d'apéritif ou hors d'œuvres, et les trois quarts de la salle ont déjà vidé une belle quantité de verres !
On nous a placés à la table de Kiliorn, Bratecelle et Lionaël, et je me suis tout de suite assise auprès de Bratecelle qui est vraiment une naine formidable, je trouve ! Mais je me serais bien passée que la conversation prenne ce genre de tournant…
-Mais, attends, en quarante ans, ma jolie, tu as forcément fait deux-trois trucs, quand même ! En plus, tu es toute ravissante, il y a bien eu un bel elfe pour essayer de se faufiler sous tes jupons ! insiste Bratecelle.
-C'est pas… dans nos coutumes, concédé-je platement.
Je ne suis pas vraiment en mesure de m'irriter réellement, j'expérimente ce qu'Ethéol a appelé la « gueule de bois » et ce qui consiste à se traîner une perpétuelle nausée et à avoir mal derrière les yeux. Ce n'est vraiment pas agréable !
-Sans blague ! ricane Lionaël. Voilà qui doit combler Silmaril !
Non mais, ça va cesser ! Et puis, d'abord, Ethéol est mon meilleur ami, je n'ai pas à le combler ! Enfin, si, mais dans les proportions d'une bonne amitié, saine et équilibrée ! Cette Lionaël commence à m'agacer avec ses allusions !
-Aucune importance, Neaffa, intervient Bartecelle. Je vais te dégoter un nain de derrière les fagots qui…
-C'est très gentil à toi, Bartie, mais… je préfère être la plus petite, dans un couple.
-Oh, comme c'est drôle, moi c'est l'inverse ! D'ailleurs, je suis bien contente que Graffato soit d'une hache plus petit que moi.
Oui car les nains mesurent en haches. Ce qui, ma foi, n'est pas plus bête qu'autre chose !
Des acclamations plus bruyantes que la normale captent notre attention et on se retourne vers deux nains hommes qui s'embrassent à pleine bouche, encouragés avec enthousiasme par leurs comparses. Je les applaudis moi aussi, pas plus étonnée que ça. A vrai dire, ça fait maintenant une heure que ça dure. Des couples de nains s'embrassent et c'est à celui qui y met le plus d'énergie, de volonté et de cœur, et j'apprécie beaucoup avec quelle vigueur et détermination ils se prêtent tous au jeu ! Mais c'est bien plus qu'un simple jeu, c'est une tradition naine qui veut que l'on donne sa bénédiction aux nouveaux mariés et leur porte chance en s'échangeant un baiser ! Je trouve ça tout à fait charmant !
A la fin de leur baiser, le plus mince des deux se lève et crie :
-C'était pour toi, Pascard, vieux fripon !
Et le marié fondit en larme d'émotion, sa femme le frappant sans grande douceur dans le dos, hilare et littéralement saoule.
-Et maintenant, honneur aux Grandes Gens ! déclare le nain en se tournant vers notre table.
Oh. Je ne suis pas si Grande Gens que ça ! Je veux dire, pour un elfe, je suis plutôt même carrément naine… donc, il doit se référer à Léontard et Ethéol. Après tout, ils n'ont pas l'air d'être contre les rapports homosexuels, ce que je trouve tout à fait honorable de leur part.
Je fais donc comme si de rien n'était, faisant même tomber ma serviette par mégarde et m'apprête à sauter sous la table pour aller la rechercher, et pourquoi pas, inspecter de ci, de là, les dalles de la salle, histoire de.
-Allez, Neaffa ! bondit alors Bratecelle. C'est le moment de nous montrer que les elfes savent quelques trucs eux aussi !
-Ah, euh… Ah ?
-Oui, oui !
Je croise le regard peu amène de Lionaël devant moi. Quoi ? Si elle croit que ça m'enchante tout ça ! Je n'ai encore jamais embrassé personne de ma vie ! Enfin, je veux dire, embrasser-embrasser, entendons-nous bien. Parce que, voilà, les petites bises, c'est… différent.
Je vois Ethéol, mon voisin de gauche, attraper l'une des épaules de Léontard qui était déjà debout et le faire se rassoir. Ethéol se retourne complètement vers moi et me regarde. Mon cœur loupe un battement avant de repartir de plus belle. Il me sourit, haussant les épaules, l'air de dire que quand faut y aller, faut y aller. Oh. Bon. Euh. D'accord.
En fait, non, pas d'accord ! Comment je vais faire ?!
Bon, jouons la décontracte.
Ainsi, je m'avance vers lui et pose mes lèvres sur les siennes. Deux secondes plus tard, je me recule, la bouche toute drôle et quelques pétillements dans le bas ventre, mais rien d'extraordinaire. Satisfaite, je lui souris et il me le rend mais aussitôt après, des huées retentissent et on nous hurle des obscénités. J'ouvre de grands yeux, horrifiée et un peu nerveux.
Je ne savais pas les nains aussi vulgaires et hargneux !
Mais je ne crus pas si bien penser jusqu'à ce qu'une tomate trop mûre m'atterrisse en pleine figure. Je ferme les yeux et me passe une main sur le visage. Dégueu !
-Les mariés se sentent insultés avec ce bisou de pacotille… on dirait un marmot qui embrasse sa grand-mère ! s'exclame Bratecelle, par-dessus le vacarme qui continue. On veut du bécotage, les jeunes, enfin ! Allez, arrangez-moi ça !
-Oui mais euh, c'est-à-dire que…, commencé-je.
Mais je n'ai pas le temps de poursuivre ma phrase qu'une main se pose sur me joue et me fait tourner la tête. Je plonge un instant dans la mer grise des yeux d'Etheol avant qu'il ne les ferme et plaque sa bouche contre la mienne.
Ok, calme-toi. Bon, que faire ? Est-ce qu'il faut que je sorte la langue ou que je… oh ! Ah… ah oui…
Les doigts d'Etheol sont descendus sur ma nuque et ma main s'agrippe à la table pour ne pas tomber car la chaleur qui se répand dans mon corps est assez… vertigineuse. Sa langue caresse la mienne et je me rapproche de lui. Il y a un tourbillon dans ma tête, des réactions étranges qui se font à la chaîne dans des endroits épars en moi.
Je ne me rends compte qu'après que ses lèvres aient quitté les miennes et que ne subsiste plus que sa main toujours sur ma nuque et son souffle chaud contre mon visage, que j'ai fermé les yeux et qu'autour de nous n'est que cris et applaudissement.
J'ouvre les yeux et il s'écarte, me lâchant la nuque. Je toussote, les joues aussi brûlantes qu'à peu près tout le reste de mon corps, et me réinstalle le plus correctement possible sur ma chaise, essayant d'écouter ce que me raconte Bratecelle.
D'accord. Admettons. Si embrasser-embrasser, c'est ça alors je pourrais être amenée à embrasser-embrasser plus souvent…
Et si vous nousembrassiez-embrassiez par review ? Si, si, on peut le faire :P
