Coucouuuuu,

La grisaille et le froid punaise... l'été nous manque ! Et vous ? ;)

On mord pas, hésitez pas à nous laisser des commentaires 3

Bonne lecture !


Chapitre 16 :

"Alors, je tiens tout d'abord à vous dire une chose, mes amis, ce soir, vous nous avez VENDUS DU RÊVE !"

Le présentateur de la soirée redresse un peu son micro doré -qui ressemble étrangement à la coupe- et son sourire colgate alors qu'on l'applaudit fort, et qu'on siffle de tous nos poumons -quand je dis on, c'est parce que je ne fais qu'un avec la salle, nous sommes bien d'accord, c'est une image, c'est poétique, parce qu'en vrai, bien sûr, je n'ai jamais su siffler sans un sifflet.

Assis juste à côté de moi comme un prince intellectuel, Valérian prétend une arrogante indifférence vis-à-vis des résultats derrière son journal qu'il a sorti magiquement, ce qui lui a récolté une marée de soupirs féminins. C'est désobligeant, sérieux, parce que de une, si moi je me mettais à lire d'un coup un Marie-Claire, Murdok se fouterait de ma gueule, et de deux, il peut ranger sa face de carpe angélique qualité supérieure, parce que c'est NOUS -et quand je dis nous, là je veux dire Murdok, Sib et moi, hein, pas la salle, ne mélangez pas -qui avons allumé le FEU, ce soir !

"Bon, malheureusement, l'heure fatale des résultats est arrivée et il ne peut en rester qu'un... enfin, qu'un groupe ! Mesdames, messieurs, trolls, elfes, nains et fantômes, les gagnants de ce soir sont...

-Tintintin, bruite un elfe aux côtés du présentateur.

-THE GODS OF THE NIGHT !"

Je bondis en hurlant et applaudissant, mais je ne pense pas qu'on m'entende parce que la voix de Murdok est un p'tit peu plus imposante. C'est nous ! The Gods of the night, c'est nous ! On a choisi notre nom en sachant que c'était notre destinée, de toute façon !

Le tour de dragon est à nous, oh Merlin, je vais m'évanouir. Je suis tout de même assez consciente pour me tourner vers Valerian, Wanda et Esteban qui nous observent avec une profonde indignation.

"AHAH ! leur jeté-je avec triomphe. Vous pensiez gagner, hein ? HEIN ?! ET BAH NON !

-Je ne te pensais vraiment pas aussi compétitrice...," remarque Nialh en rigolant.

Mais je suis bien trop euphorique pour l'écouter, je suis plutôt mon équipe sur la scène de la gloire où l'on remet la coupe en forme de micro à Sib. J'embrasse le micro, puis ma coéquipière, ma camarade !

Quelques secondes plus tard, les bras de Murdok nous encerclent alors que nos collègues nous applaudissent -mais je suis persuadée que Valerian n'applaudit pas avec une grande conviction...- et nous soulèvent du sol.

"Ah, je savais que j'avais bien choisi mon équipe ! assure Murdok.

-Tu peux nous reposer sur la terre ferme, peut-être, ou tu comptes faire de nous de la pâté de dragon ?" rigole Sib, rouge tomate, à cause de la pression musculaire de notre compatriote ou de la chaleur de la victoire, je ne saurais le dire.

Face à la petite représentation de force de Murdok, la salle est en délire et on se retourne en riant vers eux pour nous interpréter une petite pirouette de circonstance, digne des stars que nous sommes.

MERCI, PUBLIC !

OoOoOo

Complètement essouflées après avoir poussé le tapis de course à son maximum pour la dernière minute, Sib et moi quittons notre longue agonie, les jambes et les abdominaux heureux et fatigués par l'effort. Après la journée interminable, ce petit défoulage sportif est le bienvenue !

La rentrée est assez loin maintenant, et les élèves de toutes classes ont vraisembablement pris leur marque dans ma classe... Certains la quittent même sans même me demander mon avis quand ils vont aux toilettes -enfin, j'imagine- et d'autres vont s'amuser avec mes jumelles d'astronomie -en plein jour, ce qui est à la fois complètement con et dangereux, à cause du soleil ! Mais bon, je n'ai pas envie de péter une crise toutes les heures alors je les recadre avec tout mon potentiel humour... parfois, ça marche, et parfois...

Je pousse un profond soupir en m'adossant contre le miroir mural. Sib me lance un coup d'œil alors qu'elle descend un bon quart de sa bouteille d'eau.

"Et ben, qu'est-ce qui t'arrives ? me demande-t-elle.

-J'ai pas envie d'aller à l'école demain...

-Déjà impatiente pour la retraite ?

-Je me contenterais d'un jour férié !

-C'est bien, tu n'es pas trop capricieuse...

-Pourquoi les élèves ne peuvent pas juste profiter à fond de la récré et des inter-cours ? me lamenté-je. Je devrais installer des tapis comme ici, ils seraient trop crevés pour m'enquiquiner..."

Elle éclate de rire alors que le nouveau hit de Katy Perry retentit grâce aux nombreuses enceintes de la salle de gym.

"On devrait repartir en vacances, imagine Sib.

-Tu crois que la directrice acceptera notre proposition pour un deuxième voyage scolaire avant même que le premier semestre soit fini ?

-Ca se tente ?

-Et si on choisit un endroit... comme les Caraïbes, tu crois qu'elle y trouvera un intérêt éducatif ?

-Euhm... on peut se contenter de Rio de Janeiro, sinon ?"

Je rigole et me décolle du miroir, avec une nouvelle motivation. J'attrape ma serviette que j'avais déposé sur mon épaule et m'avance vers Sib en dansant, et chantonnant les paroles de Katy :

Up there in utopia

Where nothing will ever be enough?

Happily numb

So comfortable, we live in a bubble, a bubble

"Alors, faisons nous des belles fesses pour les plages de Rio !"

D'un coup de serviette, je lui fouette les fesses et elle me hausse un sourcil avant de m'annoncer :

"Challenge Rio-bikini accepted !"

Avec notre paire de regards excessivement déterminés, on regagne nos tapis et le refaisons partir.

Yeah ! we think we're free

Drink, this one is on me

OoOoOo

La sonnerie a retenti il y a quelques minutes désormais, pour annoncer la fin des cours, et ma classe est quasiment déserte, à l'exception de Jane et Hugues qui prennent leur temps pour ranger leurs affaires. Ce qui n'est pas bien grave puisque je suis moi-même occupée à m'appliquer précautionneusement mon rouge à lèvre carmin. J'ai invité Kenneth à dîner dans un restaurant mexicain qui fait d'excellentes margarita, et je suis bien déterminée à apparaître sous mon meilleur jour !

J'ai même sorti ma petite robe verte pâle, et des escarpins fleuris qui peuvent fort bien me faire louper une marche dans les nombreux escaliers de l'école ; mais j'ai décidé de prendre un risque, ce soir !

"Madame ! m'appelle Jane. Est-ce qu'on peut faire l'exposé de jeudi sur le film Gravity ?!

-Et bien, oui, si vous développez bien le côté astronomique du film ! C'est même une bonne idée, ça pourra ouvrir l'esprit de certains élèves qui se refusent à regarder des films moldus !

-Cool, alors !

-Vous avez un rencard ?! me demande Hugues.

-Tout juste, Hughuste !"

OoOoOo

Kenneth est à moitié mort de rire contre le comptoir du bar, et je me demande si ma blague était vraiment si irrésistible ou si j'aurais mieux fait de ne pas proposer qu'on s'improvise un petit apéritif avant de manger. Je ne pensais pas que, dans l'esprit de Kenneth, l'apéro équivalait à quatre margarita... Je lance un petit coup d'œil à ma montre et, ouep, ça fait une heure qu'on est là !

"Oh Merlin, t'es vraiment trop drôle, Ana ! me dit-il.

-Ahah, c'est gentil, répondis-je. C'est parce que j'ai le même humour que mon père, que j'ai moi-même transmis à mon frère... c'est une sorte d'humour familial..."

Il explose à nouveau d'un rire qui se fait se retourner plusieurs têtes et je souris en haussant des épaules, prétendant avoir sorti une nouvelle blague... qui m'a à moi-même échappée ! Je sais que je suis hilarante, hein, ce n'est pas le souci... mais à ce point... à moins qu'un truc chelou me soit poussée à mon insu au milieu du front,...

"Mais les margarita aident à rire à mes blagues, ajouté-je avec diplomatie, hum... d'ailleurs ! On devrait aller à la table que les serveurs nous ont préparé ! Parce que ça fait une heure déjà...

-Et alors ? me demande-t-il. On est pas pressés ! T'es pressée, toi ?

-Ah non ! C'est pas ça... ahah... j'suis pas pressée, oh non, on a toute la soirée !"

J'ai juste un peu faim. Beaucoup. Trop. Mais je rigole et hoche la tête, avant de demander au barman s'il peut nous rapporter un peu de pistache, ou des olives, genre, peut-être... pour aller avec les margarita, bien sûr... un truc comme, une demi-tonne.

"Tu sais, t'es pas seulement drôle mais t'es cool, aussi ! C'est vrai ça, t'es cool, me lance-t-il soudainement, en me regardant de ses beaux yeux bleus légèrement pleins de sincérité, t'es le genre de filles qui... prend la vie comme elle vient, pas vrai ? On se connait pas depuis très longtemps mais ça se voit, c'est quelque chose que j'ai vu direct !

-Oui, c'est pas faux, approuvé-je, flattée, je suis assez cool comme fille ! Mais attends, tu rigoles, ça fait pas mal de temps maintenant qu'on se connait ! réfuté-je. Presque trois mois !"

Il rigole mais plus doucement alors que je me jette discrètement sur les olives. Les dix pauvres olives que le barman nous a servi... mais comment veut-il que je survive avec ça ?!

"Trois mois, c'est rien," fait-il alors.

Je lui lance un coup d'œil en le voyant devenir plus sérieux. Trois mois, c'est rien ? C'est pourtant pas loin de la moyenne de durée de vie de mes amitiés, depuis Ilvermony. Il n'y a que Chad que je connais depuis des années. Trois mois, c'est déjà bien.

Après tout, je ne connais Sib que depuis ce même laps de temps et je me sens plus proche d'elle que beaucoup de filles avec qui j'ai passé toute ma scolarité à Ilvermony.

Il a l'air soudainement déprimé et je ne comprends pas pourquoi, alors je pose une main sur son épaule et lui affirme en souriant :

"C'est juste le début ! Il faut bien un début.

-T'es vraiment cool..."

Et c'est alors qu'il se penche vers moi et je reste un moment figée, l'espace d'un millième de seconde, sentant mon cœur se mettre à cogner comme une furie en cage. Les lumières du bar mexicain sont roses et bleues, et je n'arrive pas bien à lire l'expression de son visage, mais il a toujours l'air sérieux, encore plus qu'avant, et avant même d'avoir pu réfléchir aux quelques options qui s'offrent à moi, j'efface la distance entre nos deux visages et attrape le sien pour l'embrasser.

Mon cœur continue à battre et je me rends compte que, dans mon agitation, j'ai peut-être pressé un peu trop fort mes lèvres contre les siennes parce qu'il se recule soudainement, les yeux exorbités dans la surprise, l'une de ses mains suspendue dans les airs comme pour m'adresser un carton jaune pour conduite un peu trop audacieuse et l'autre...

L'autre dans la petite coupelle d'olives. Oh. Ainsi donc il se penchait pour attraper une olive. Et non pour m'embrasser. Ok, ce n'est pas grave, me rassuré-je aussitôt, c'était une explication comme une autre. Je n'ai rien fait de mal.

Mon cœur bat toujours un peu trop fort, et c'est devenu douloureux. Je n'ai peut-être rien fait de mal, mais... je me sens pas très bien pour autant... sa tête affiche déjà un air désolé et je comprends très bien ce qui est en train de se passer, alors je me mets à rire.

C'est encore ce qui me parait le plus raisonnable.

"Désolé, Anak... je..

-Ah, non, c'est moi, désolée, rié-je encore. je me suis laissée... ah, c'est gênant, ahah...

-J'aime déjà quelqu'un d'autre, je ne pensais pas que tu...

-Ah ? Wow, ok, super ! Peut-être qu'on devrait manger, maintenant..."

OoOoOo

"On est vraiment de bons amis, tu sais, on s'entend super bien, y'a un vrai feeling, m'explique-t-il en faisant tourner la bière dans son verre, mais y'a jamais rien eu de plus..

-Ca fait combien de temps que vous vous connaissez ?"

Je m'engouffre mes tacos avec l'énergie du désespoir pour à la fois m'occuper les mains et m'éviter à trop penser à la situation pesante, ou à Gautier qui s'est certainement retrouvée une autre fille en Australie, ou à tous mes autres exs. Ce n'est pas que j'en ai eu un nombre infini mais j'en ai eu assez pour me décourager de les compter. Et je ne me rappelle pas d'un seul qui ne m'a vraiment aimée. Oh bien sûr, sur le moment, on aurait dit que si mais après coup...

Alors, écouter Kenneth me parler de son amour à sens unique pour Hanabi a ce talent pour me rassurer un peu, après tout je ne suis pas la seule dans ce traquenard, mais pour aussi me déprimer profondément. Bon, bien sûr, le fait que je l'ai embrassé, il n'y a pas même quarante minutes, doit jouer un petit peu...

"Deux ans. On est arrivé à Ilvermony en même temps...

-Le destin !" commenté-je avec un petit rire archi-forcé.

Allez, c'est pas la fin du monde ! On ne va pas se morfondre toute la soirée !

"Tu parles, elle me voit même pas."

Loupé.

"C'est normal, le rassuré-je. C'est juste qu'elle te considère comme un ami...

-Friendzone.

-Quoi ?

-Si y'avait un putain de trophée pour le mec le plus friendzoné sur cette Terre, il s'rait pour moi. A tous les putains de coups, pour moi.

-Mais non...

-Si, insiste-t-il après avoir descendu son verre de bière. J'suis toujours le bon copain."

Je réfléchis un moment à quoi répondre à ça, à la fois agacée et un peu blasée par la réflexion, mais je me décide à finir mon assiette de tacos. Je n'ai jamais compris la friendzone. Alors, quoi, là, ça voudrait dire que j'y suis en plein dedans ? Enfin, c'est normal, non ? De se montrer amical et sympathique envers quelqu'un qui nous plait, surtout dans les premiers temps ?

Si tu persistes à agir comme un ami, bien sûr que tu es traité comme un ami.

Non, là, je me suis seulement pris un râteau, et lui, bah... il me déprime complètement.

"Pourquoi tu ne lui dis pas ce que tu ressens ? demandé-je.

-Tu crois que j'ai une seule chance ? J'suis trop gentil. Les filles aiment pas les mecs gentils."

Ah bon, je pensais l'avoir embrassé, pourtant.

Je le regarde demander au serveur une autre bière et je me retiens d'intervenir. Il est clairement déterminé à se saouler, et de toute façon, j'ai la bouche pleine de tacos.

OoOoOo

"Chad ! le hêlé-je. J'ai une margarita pour toi !"

Au son de ma voix, il me repère aussitôt, accoudée au comptoir, et il laisse se refermer en claquant la porte du bar. Tout vêtu de noir et de gris, dans un style un peu grunge, il dénote pas mal du dress code aux alentours et ça me redonne aussitôt le sourire. Il reluque un moment le barman qui, lui-même, le regardait avec insistence, mais il reporte bien vite son attention vers moi.

"Où est ton mec ? me demande-t-il.

-Chez lui, en principe, je l'ai mis dans un ubermage tout à l'heure...

-Me dis pas que tu lui a payé un taxi après qu'il t'ait foutu un râteau ?

-Il était bien trop bourré pour rentrer d'une autre façon.

-Rha putain, quel gentleman tu fais, ma biche ! T'as aussi payé le restau ?"

Je rigole dans la paille fluo de ma margarita et mes éclats de rire ironiques forment des bulles dans le cocktail. J'ai pas encore payé l'addition mais elle va être salée avec le nombre de cocktails qu'on a commandé.

"Tu m'vends du cauchemar. Ca te dirait pas de sortir avec moi ? j'suis en mal de tune."

Je ris à nouveau et fais glisser la deuxième margarita que j'ai commandé pour lui après lui avoir envoyé un sms pour qu'il vienne me rejoindre. Il rit à son tour et enlève sa veste en cuir ultra-usée pour s'asseoir sur le bar près de moi.

"Vas-y, Chadinou, j'suis ta sugarmummy pour la soirée.

-J'suis pas assez queutard pour profiter de ma meilleure pote, raille-t-il en lâchant un paquet de billets sur le comptoir et de s'adresser au barman. L'addition est pour moi, ma copine est encore plus ruinée que moi.

-C'est archi-faux ! m'indigné-je. J'ai un salaire maintenant !

-Et t'as un loyer...

-Pff, je m'en fous..."

Il me regarde un moment avant de soupirer et de pousser les billets un peu plus loin sur le comptoir pour que le barman les prenne. Quinze dollars ? Je m'esclaffe à nouveau.

"Tu couvres même pas l'entrée !

-Tu m'prends pour le roi du pétrole ?"

Je ris encore plus fort et même le barman a du mal à dissimuler ses gloussements.

"Bon, qu'est-ce qui s'est passé ? m'interroge Chad en s'accoudant nonchalamment sur le comptoir. T'as sorti le paquet ce soir, un vrai missile, me fait-il en tapotant du doigt mes genoux recouverts de mes collants. Qu'il veuille pas sortir avec toi, admettons, mais il reste même pas pour le dessert ?

-J'sais pas..., marmonné-je. Il dit que les filles aiment pas les mecs gentils... et qu'il est trop gentil...

-Et où est le rapport ?

-Hum ?

-Le rapport, il est où ?"

Je hausse des épaules et commande une autre margarita, en voyant que la mienne est déjà quasiment finie. C'est une malédiction de bien tenir l'alcool... il faut toujours que je dépense une fortune dans les bars pour me torcher bien comme il faut.

"M'a pas l'air d'être un mec gentil, pourtant, remarque Chad.

-Je sais pas, Chad, j'me suis juste prise un méchant râteau.

-Il aurait au moins pu t'embrasser. J'embrasse toujours après un râteau, pour indemniser.

-T'es trop bon ! me moqué-je.

-Et t'es trop conne !

-Classe, on fait la paire ! Tchiiiin !"

Il rigole en secouant la tête d'une dérision toute affectueuse et il suit le mouvement, cognant sa margarita contre la mienne.

"Tu me ramènes ce soir, le prévins-je.

-Arrête de me faire confiance.

-Jamais !

-S'pèce de cruche."

Allez, vive les cruches !

OoOoOo

J'appuie sur le petit bouton et fais balancer ma tête au rythme des petites clochettes.

"Elle a une jolie sonnerie, dis-je à Chad.

-Ouais, cool. T'es sûre qu'elle va pas nous tuer ?

-Pourquoi ? Elle est SUPER gentille !

-Elle a intérêt de l'être, ouais, pour pas nous buter quand une allumée débarque chez elle à 1h du matin complètement beurrée..."

La main posée sur le porte pour me tenir, je me mets à glousser à la quantité de négativité que Chadounet peut produire en seulement quelques secondes. Il devrait se changer en neutron... ou en électron... enfin, bref, y'a une histoire de négativité là-dedans non ? A moins que ce soit les aimants.

Mon appui disparait complètement, et je me rends compte que ce n'était pas une super bonne idée de s'appuyer contre la porte quand celle-ci s'ouvre et que je tombe tout droit dans les bras de Sib ! Ah Siiiib !

"Sib-BYYYY ! Sibyyyy ! Ca me fait plaisir de te voir !"

Elle porte un magnifique pyjama avec des personnages bizarres dessus, et je devine que ce doit être l'un de ses films de science-fiction absolument kiffants. Baissant des yeux écarquillés sur moi, je devine qu'elle est surprise de me voir !

"SURPRISE ! Ahahaha !

-Euh? fait-elle en regardant Chad.

-Tu la connais, pas vrai ?

-Oui, bien sûr, on est collègues !

-Bien SUR ! m'exclamé-je en levant les yeux au plafond. Chad, enfin !

-Tu m'impressionnes. Tu te rappelles des adresses mêmes bourrée... c'est pour ça que t'es bonne pour les études !

-Ouuuaaais, gros ! D'ailleurs, fais-je les présentations en me détachant de Sib. Chadounet, Sibby. Sibby, Chadounet.

-Chad, rectifit-il avec son air lugubre habituel. Pour la p'tite histoire, elle s'est pris un râteau dans un bar, ce qui naturellement a fini en biture. Et après, elle a voulu aller voir une "copppiiiiine d'écooooole" pour regarder un film. Et j'ai pensé que c'était une EXCELLENTE idée de réveiller une parfaite inconnue pour ça."

Je frappe dans mes mains, impressionnée par les talents de présentateurs de Chad qui a parfaitement fait honneur à ma brillante idée. Un peu mieux réveillée, Sib rigole en hochant la tête, signe qu'elle a compris le message.

"Je suis bien d'accord, confirme Sib, c'est une excellente idée !"


Donnez moi un R ! Donnez moi un E ! Donnez moi un W !... vous avez deviné ;)))))