Le harcèlement vaincra ! Héhéhé merci à vous petite reviewseuses, ça fait trop plaisir !

Bon eh bien sans plus attendre, voici la suite !

Bonne lecture,


Chapitre 7

Ok. Ce n'était pas du tout dans mon intention d'embrasser Neaffa, ni même dans ma perspective. Il n'y a aucun problème. N'est-ce pas ? C'était la fameuse tradition naine, ni plus ni moins. Kiliorn me frappe le dos avec enthousiasme, brandissant sa pinte.

« Bien joué Silmaril ! »

J'hoche la tête sans grande conviction.

« Mais Bartecelle remporte toujours ! T'me diras elle a de l'entraînement hein mon vieux ?! continue-t-il sur sa lancée.

- Eh Silmaril, glousse soudain Lionaël, on leur montre ce que c'est qu'un vrai roulage de pelle ? »

Je souris et fais mine d'avoir entendu une connaissance m'apostropher. Mais rien à faire, la petite sœur de Kiliorn se colle contre moi, enroulant un bras aussi large que ses cuisses autour du mien. Pas qu'elle soit laide, d'un point de vue nain elle est probablement très acceptable même – les nains ont un faible pour les naines grosses et poilus. A se demander pourquoi elle n'est pas encore mariée… Si on l'écoute c'est parce qu'elle attend expressément que je lui demande sa main. Je soupire, en la regardant rejeter ses cheveux roux en arrière dans un acte probablement à caractère séducteur. Je soupire, je ne vais pas réussir à éviter ses avances aussi discrètes que sa masse corporelles. Enfin…

« Une danse ? proposé-je.

- Je n'attendais que cela ! s'exclame-t-elle en bondissant sur ses pieds. »

Elle m'attrape la main aussi sec et m'entraîne parmi les danseurs. La musique est à peine plus forte que les cris et les rires gras des invités. La moitié de la Moria, enfin toute la Moria puisque l'autre partie viendrait quand même. Lionaël nous fait entrer dans la ronde et je me retrouve à frapper dans mes mains et tourner en rythme – enfin plus ou moins en rythme parce que je suis sûr que même eux ne savent plus bien les pas après tant de litres d'alcool ingurgités. Lionaël chante haut et fort avec ses confrères. Tanguant légèrement sur ses pieds. Ça c'est une fête naine comme il faut, elle suit bien son proverbe-roi « si tous les invités ne sont pas ivres morts à la fin de la fête, ce n'était pas une fête réussie ». Autant dire que les caves du vin et de la bière des nains sont l'une des grandes richesses de leur peuple, avec leurs joyaux et leurs barbes.

Je jette un coup d'œil à nos sièges, remarquant qu'Effa semble passablement fatiguée des rimes et des vers de Léontard à sa droite. Je fais signe à ma cavalière que je reviens et me fraie un chemin jusqu'à elle.

« Excusez moi Léontard, je vous emprunte votre jolie-fleur. Ne vous inquiétez pas elle revient. »

Puis je tends ma main à Neaffa en un clin d'œil, elle s'en empare aussitôt. Et me revoilà dans la danse, on est loin des gestes langoureux, silencieux, gracieux et fragiles des danses elfes. Mais Neaffa n'est pas une elfe et elle se lance avec bonne volonté dans les pas. Léonaël se jette presque sur moi, je ris sans véritablement y mettre du cœur. Soupire. Je pensais vraiment que je serais juste une sorte de fantasme de jeunesse mais visiblement non.

« Et si on allait dans un endroit plus discret… »

J'éclate de rire et éloigne ses mains s'agrippant à mon dos. Soupire… Vive l'opiniâtreté des nains… Une autre de leurs richesses.

OoOo

« Les passerelles sud se sont effondrées ? constaté-je.

- Saletés de gobelins, marmonne Kiliorn en passant son index dans sa barbe rousse, ils montent de plus en plus hauts ces derniers temps.

- Je croyais que votre retour les avait refoulés aux fonds des mines.

- La faim…, crache-t-il par terre, ces saletés en ont assez mal du cannibalisme.

- Hum, hoché-je la tête. »

Sous nos pieds, le vide et le ricochet des pioches sur la roche noire. On peut reprocher ce que l'on veut aux nains, leur entêtement, leur manque de délicatesse, leur comportement bourru et mal-élevé pour certains mais ils sont très travailleurs. Jours et nuits les mines de la Moria résonnent du son des pioches sur les parois noires. Et peu à peu les caves se remplissent de minerais précieux et de joyaux, des rubis principalement.

« Eh Silmaril ! »

Je détourne mon regard des profondeurs sombres et mystérieuses. Kiliorn me lance quelque chose que je rattrape au vol. Lorsque mes doigts s'ouvrent, ils découvrent un rubis brut. J'écarquille les yeux de surprise, c'est bien la première fois qu'un nain m'offre un tel présent.

« Tu m'fais du charme Kil' ? Désolé mais t'es vraiment pas mon genre, je les aime moins poilus !

- Je sais bien comment tu les aimes, rit-il, c'est pas pour toi, c'est pour offrir à jolie-fleur !

- Neaffa ? froncé-je les sourcils. Tu peux lui offrir tout seul, non ? Je suis pas valet que je saches !

- J'ai dans l'idée que ça lui ferait plus plaisir venant de toi. Tu la feras taillé, les elfes aiment bien le raffinement à c'qu'on dit !»

J'éclate de rire et secoue la tête, désabusé. Puis glisse la pierre dans ma poche avant de le rejoindre sur le balcon donnant sur les habitations. Kiliorn reste songeur, portant sa pipe à sa bouche. Tirant lentement un rond de fumée. Je lui frape amicalement l'épaule, portant ma propre pipe aux lèvres. L'odeur de la Comté m'enveloppe, je ferme un instant les yeux, savourant l'instant.

« C'est mauvais signe ces remontées, fait-il enfin. Il y a déjà eu plusieurs morts.

- Vous avez lancé une expédition ?

- Mwouais, ça a rien donné. Cette vermine sait bien se cacher, grogne-t-il.

- Et avec Katrina ? glissé-je.

- Mariée à Ontard.

- Dur.

- Elle sait pas qui elle perd, rit-il. Pense plutôt à jolie-fleur là.

- Tu délires mon vieux, la bière t'a grillé le cerveau.

- Ça s'pourrait bien ! Mais je sais ce que je dis et je suis pas aveugle. »

Je lève les yeux au ciel. Tire un rond de fumée en lui jetant un œil de défi. Kiliorn en tire lui aussi un, plus gros et sourit narquoisement. Oh d'accord… Si on joue comme ça.

OoOo

« Effa ! »

Elle se retourne vers moi, m'offrant un grand sourire. Elle est évidemment flanquée de Léontard et, à ma surprise, de Bratecelle. Une bonne surprise. Neaffa n'a pas beaucoup d'amis et les nains ne sont pas réputés pour leur cordialité vis-à-vis des autres espèces. Je m'approche de l'échoppe près de laquelle ils se tiennent. Une sorte d'armurerie, j'arque un sourcil.

« Tu comptes t'acheter un poignard ? Pourquoi ? Te curer les ongles ? me moqué-je.

- Une femme peut savoir se battre Silmaril, lance Bratecelle. Tu veux en faire les frais peut-être ?

- Oh la non ! je lève les bras, pas contre toi en tout cas, j'ai bien vu comment tu as écrasé Graffato le jour de ton anniversaire ! Pas la peine de faire tes preuves.

- C'est bien ce que j'me disais ! Et Neaffa peut pas voyager sans défense !

- Eh oh ! Je suis quoi ?

- Un petit arrogant, rétorque-t-elle avec un sourire moqueur.

- Celui-là est super ! s'exclame alors Neaffa. »

Elle brandit un poignard simple, à la lame acéré. Le pommeau n'est pas particulièrement fin, loin de l'esthétisme elfique. Elle me le montre, je la lui prends pour la soupeser et l'étudier. Bratecelle me lance un petit air narquois, je lève les yeux au ciel.

« T'en penses quoi toi ? me demande-t-elle la mine sérieuse.

- Elle est pas mal, je la lui rends. Un peu lourde, tu penses pouvoir la manier ?

- Bien sûr, sourit-elle, Bracetelle m'a promis de m'entraîner.

- Ce n'est pas vraiment un objet digne de votre beauté, argumente soudain Léontard, il n'est pas très… fin ! »

Neaffa hausse les épaules et je lui lance un regard froid. Jamais il ne s'arrête celui-là, hein ?

« Peut être que… ceci, je sors le rubis, irait bien dessus non ? Ça le rendrait plus fin à votre avis Léontard ? »

Ce dernier a les yeux écarquillés. Je dissimule mon rire, Neaffa me lance un regard étonné et interrogateur. Je lui lance un clin d'œil et la place dans la paume de sa main. Elle la fixe un instant avant de s'exclamer.

« Où tu as eu ça ?!

- C'est un cadeau de Kiliorn pour toi, expliqué-je, c'est un grand timide sous ses airs bourrus tu vois…

- On parle bien de Kiliorn là ? rit Bracetelle. Non parce qu'un instant j'ai cru…

- Mais… c'est… balbutie –t-elle, beaucoup !

- T'inquiète, si tu voyais ses coffres forts… T'as de quoi payé le poignard ?

- Beeeen…

- Laissez moi vous… commence Léontard.

- Cadeau, s'exclame Bracetelle avec un sourire amical. J'te laisse pas partir sans une arme digne de ce nom, une arme naine ! »

A ces mots, elle se frappe la poitrine et me lance un regard de défi. Léontard, penaud, bougonne. Je passe un bras sur les épaules de Neaffa.

« Allez, on va poser cette jolie pierre sur ton arme Effa ! »

OoOo

« Ethéoooooo, Ethéoooo…

- Je suis là Effa, je réponds pour la sixième fois au moins.

- Il n'y pas… pas d'étoiiiiles Ethéoooo…

- Normal on est sous terre.

- Ah… aaaah ouiiii. »

Je la porte, littéralement, à notre chambre chez Kiliorn après une soirée évidemment très arrosé chez Bracetelle, pour fêter son premier entraînement de « guerrière naine ». Un prétexte. De toute façon les nains boivent toujours par prétexte et quand ils n'en ont pas… ils boivent quand même. J'ouvre notre porte et la dépose sur son lit. Elle pousse un petit cris de contentement et enfouis sa tête dans son oreiller.

« Je croyais que les elfes tenaient bien l'alcool, me moqué-je.

- Je suis une… demi ! Demi… demi-elfe ! Dis… elles sont où les étoiles ?

- Endormies.

- Ah… »

Je la déchausse et tire ses draps pour l'y glisser, elle se laisse faire. Molle et imbibée. Je soupire et retire des boucles de son visage. Elle a un sourire lumineux et les yeux qui brillent.

« J'ai envie de… de vomir…

- Ok, respire je vais te chercher de l'eau. »

Je farfouille dans mes affaires et en sort ma gourde que je lui envois. Inerte sur son matelas elle a le regard plongé dans le plafond abruptement sculpté de formes géométriques. Je soupire et me rapproche d'elle pour lui ouvrir et lui tendre. Elle se tourne vers moi, un sourire toujours aussi lumineux que je lui rends en riant.

« Tu tiens bien l'alcool dis moi…

- Tu trouuuuves ?

- Ah oui oui, c'est évident !

- Merciiii. »

Je ris et lui caresse gentiment les cheveux. Elle fronce les sourcils et porte la main à son ventre.

« Je crois que… que ça va… mieux.

- Bien, tu dors maintenant ?

- Hum…

- Tu me lâches le bras ?

- Hum… »

Soupire, je me déchausse alors tant bien que mal et elle fronce les sourcils.

« Tu me fais de la place ? »

Elle hoche la tête, je me plis presque en deux pour rentrer dans le lit. Il faut dire qu'au départ ils sont conçus par des nains, donc à leurs tailles. Plus ou moins. Je continue de lui caresser distraitement le front qu'elle a brulant, faudra un peu freiner sur l'alcool. Elle a pas trop l'habitude de finir ivre-morte tous les soirs, c'est un sacré marathon quand on vit avec des nains.

« Dis Ethéo… elle plonge ses yeux dans les miens.

- Oui ?

- Elles sont… elles sont où les étoiles ? »

OoOo

« On va partir ? Mais…

- Tu croyais qu'on allait y vivre ?

- Ben… on est bien là, et oui il y a une bonne ambiance, non ?

- Tu veux t'arrêter sans avoir vu Minas Tirith ? »

Elle fronce les sourcils, sous la concentration. Jetant aussi un coup d'œil à Bracetelle qui discute avec enthousiaste à une autre naine blonde. Je pose ma main sur son épaule.

« Ce sera toujours ton amie et tu vas t'en faire encore plein d'autres tu vas voir.

- Hum…

- Qui peut résister à ton humour hein ? »

Il faut dire que pour elle c'est plutôt le pied, pas d'animaux qui pourraient malencontreusement l'agresser, bières à volonté tous les soirs et découverte des recoins des forges tous les jours. Entre deux pintes, elle m'explique avec animation à quelle température Kiliorn fond son mitril pour en faire de magnifique cote de maille. Elle lui a même promis de lui en acheter dès qu'elle aurait de l'argent –oui parce qu'elle a eu la bonne idée de partir de chez elle sans un sou en poche. – mais avec aux moins trois bouquins !-.

Je jette un coup d'œil à la besace que lui a offert Lionaël pour son départ, et y reconnait une couverture familière.

« Eh, tu as commencé à écrire ?

- Un peu…

- Je pourrais lire ? je souris en essayant de l'attraper.

- Si t'es sage… m'esquive-t-elle vivement, peut être !

- Très bien, très bien, je me retire.

- Vous partez mes très chers amis ? »

Je grogne d'agacement. Et me retourne pour faire face à mon cher ami. Léontard… je me demande bien ce que j'ai fait aux Valars pour qu'il me punisse de sa lourde présence depuis déjà quinze jours. Quinze jours ! Il est hors de question qu'il nous suive encore plus longtemps, et je sais exactement ce que je vais faire.

« Oui en effet, il nous faut reprendre notre route, je prends un ton dramatique.

- Quelle bonne nouvelle, moi aussi !

- Vraiment ? Quelle coïncidence ! Quand partez-vous ?

- Eh bien…

- Nous dans quatre jours ! »

Neaffa me lance un regard ahuri. Fronce les sourcils avant de me sourire malicieusement, se glissant à côté de moi pour s'adresser affectueusement à Léontard.

« Oui on part dans quatre jours pour Lond Daer !

- C'est également ma direction !

- Quelle coïncidence ! ironisé-je. Voyageons donc ensemble.

- Quelle excellente idée, je vous lierai les quelques vers que vous m'avez inspiré belle Neaffa.

- Avec plaisir, sourit-elle. »

Il tourne les talons, visiblement ravi. J'échange un coup d'œil avec Effa et nous éclatons de rire. Je passe un bras autour de ses épaules et lui fais un clin d'œil.

« Bien joué !

- Mais au fait, on part pas pour Minas Tirih après demain ? feint-elle l'innocence.

- Quel dommage... Il est déjà trop loin.

- Tu sais où il dort toi ?

- Non.

- Quel dommage… »

Ou comment se débarrasser de Léontard, par Neaffa et Ethéol.


Et comme vous êtes merveilleuses et gentilles et extraordinaires, vous ne pouvez décemment pas fermer cette page sans laisser une petite review ! :) N'est-ce paaaas ?